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L’armée israélienne annonce une vague imminente de frappes contre les bâtiments d’Al-Qard al-Hassan au Liban

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L’armée israélienne a annoncé ce 2 mars 2026 une série de frappes aériennes imminentes contre des bâtiments affiliés à Al-Qard al-Hassan, une institution financière liée au Hezbollah, à travers tout le Liban. Cette déclaration, faite par le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, lors d’un briefing urgent aux médias internationaux à Tel Aviv, s’accompagne de la publication de cartes détaillées indiquant les emplacements ciblés. Parmi les sites visés figurent des bâtiments situés à Burj al-Barajneh, Labwe, Ain Bourday, Wuhush al-Ghanam, Bednayel, Hermel, Tyr, Mashghara, Deir Qanun al-Nahr, Bint Jbeil, Qana, Maaroub et Nabatieh al-Tahta. Simultanément, 18 avertissements d’évacuation urgents ont été émis pour des structures utilisées par le Hezbollah dans les localités suivantes : Dahiyeh à Burj al-Barajneh, Deir Zahrani, Sultaniyeh, Toul, Habboush, Bint Jbeil, Qana, Maaroub, Nabatieh al-Tahta, Tyr, Mashghara, Deir Qanoun al-Nahr, Bednayel, Hermel, Labweh, Ain Bourday et Hous Ghanam. Ces mesures interviennent dans un contexte d’escalade rapide des tensions à la frontière libano-israélienne, marquée par des échanges de tirs initiés la veille et des ripostes israéliennes qui ont déjà causé des dizaines de victimes au Liban.

Le lieutenant-colonel Shoshani a précisé que ces frappes visent à perturber les réseaux financiers du Hezbollah, qualifiant Al-Qard al-Hassan de « bras financier essentiel du groupe terroriste ». Selon ses déclarations, l’institution sert non seulement à financer les activités quotidiennes du mouvement chiite, mais aussi à soutenir ses opérations militaires, y compris l’acquisition d’armes et le paiement de salaires aux combattants. Les cartes publiées par l’armée israélienne, accessibles via les canaux officiels de Tsahal sur les réseaux sociaux et les sites militaires, montrent des emplacements précis, souvent intégrés dans des zones urbaines densément peuplées, comme les banlieues sud de Beyrouth ou les villages du sud du Liban. Ces documents incluent des coordonnées GPS et des images satellites, destinées à justifier la précision des opérations et à minimiser les dommages collatéraux, bien que des critiques internationales soulignent les risques pour les civils dans ces régions.

Cette annonce survient moins de 24 heures après les tirs de six roquettes lancés par le Hezbollah depuis le sud du Liban vers le nord d’Israël, revendiqués comme une réponse à la mort d’Ali Khamenei. Ces projectiles ont été interceptés en grande partie par le système de défense Dôme de fer, mais ils ont provoqué une riposte israélienne massive dans la nuit du 1er au 2 mars, touchant des centres de commandement à Dahiyeh et un site de stockage d’armes à Tyr. Le bilan libanais, établi par le ministère de la Santé, fait état de 31 morts et 149 blessés, principalement dans les zones chiites de Beyrouth et du sud. Le porte-parole israélien a lié directement ces nouvelles frappes à une stratégie plus large visant à démanteler les infrastructures financières du Hezbollah, affirmant que « Al-Qard al-Hassan masque ses activités sous couvert de bienfaisance, mais finance en réalité le terrorisme ».

Une institution financière au cœur des sanctions internationales

Al-Qard al-Hassan, fondée en 1983 en tant qu’association caritative, opère comme une institution financière islamique offrant des prêts sans intérêt, conformes aux principes de la finance halal. Elle est enregistrée au Liban comme une entité non lucrative, mais elle est largement perçue comme le bras financier du Hezbollah, fournissant des services bancaires alternatifs à une population chiite souvent exclue du système bancaire traditionnel, particulièrement depuis la crise économique de 2019. Avec plus de 30 branches à travers le pays, elle gère des dépôts en or et en espèces, accordant des microcrédits pour des besoins quotidiens comme les frais scolaires, les mariages ou l’achat de véhicules. Des sources officielles libanaises estiment que l’institution dessert plus de 400 000 clients, principalement dans les régions chiites du sud, de la Bekaa et des banlieues de Beyrouth.

Depuis 2007, Al-Qard al-Hassan fait l’objet de sanctions américaines imposées par le Département du Trésor, qui l’accuse d’être un « couverture pour les activités financières du Hezbollah et un moyen d’accès au système financier international ». En juillet 2025, ces sanctions ont été étendues à sept hauts responsables de l’institution, dont des directeurs financiers impliqués dans l’évasion de sanctions via des comptes fantômes. Le secrétaire au Trésor américain avait alors déclaré que ces mesures visaient à « soutenir le nouveau gouvernement libanais dans ses efforts pour limiter l’influence du groupe terroriste ». En octobre 2024, Israël avait déjà ciblé plusieurs branches d’Al-Qard al-Hassan lors d’une vague de frappes aériennes, détruisant des sites à Beyrouth et dans le sud, avec des allégations de stockage de « dizaines de millions de dollars » en espèces destinées au Hezbollah.

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, avait signé un ordre en octobre 2024 désignant l’institution comme organisation terroriste, une classification réaffirmée ce 2 mars par Shoshani. Des rapports du renseignement israélien, cités lors du briefing, indiquent que Al-Qard al-Hassan a servi à financer la reconstitution de l’arsenal du Hezbollah après le conflit de 2024, via des transferts iraniens transitant par la Syrie. Le gouvernement transitoire syrien, en place depuis la chute d’Assad, a coopéré avec Beyrouth pour intercepter plusieurs convois en octobre 2025, saisissant des fonds présumés destinés à l’institution.

Les avertissements d’évacuation et leurs implications immédiates

Les 18 avertissements d’évacuation émis par l’armée israélienne ce 2 mars couvrent des zones urbaines et rurales, souvent imbriquées avec des populations civiles. À Burj al-Barajneh, un quartier densément peuplé des banlieues sud de Beyrouth, les résidents ont reçu des messages vocaux et des alertes par SMS les enjoignant à quitter les bâtiments ciblés dans un délai de deux heures. Des scènes similaires se sont produites à Tyr, où des familles ont évacué des immeubles adjacents à un site d’Al-Qard al-Hassan, craignant des dommages collatéraux. À Hermel, dans la Bekaa, des convois de véhicules ont été observés fuyant vers des zones plus au nord, tandis qu’à Qana, village symbolique marqué par des bombardements passés en 1996 et 2006, les autorités locales ont installé des abris temporaires.

Le commandant de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), le général Aroldo Lázaro Sáenz, a réagi en déclarant que ces avertissements, bien qu’ils visent à protéger les civils, risquent d’exacerber les déplacements de population dans un pays déjà fragilisé. La FINUL, avec ses 10 500 casques bleus déployés le long de la Ligne bleue, a intensifié ses patrouilles conjointes avec l’armée libanaise pour monitorer les mouvements. Un rapport onusien daté du 1er mars 2026 note que plus de 2 000 violations de la résolution 1701 ont été enregistrées depuis novembre 2024, incluant des survols israéliens et des tirs du Hezbollah.

L’armée libanaise, sous les ordres du général Joseph Aoun, a renforcé ses positions dans les zones concernées, installant des barrages à Bednayel et Mashghara pour assister les évacuations. Le ministre de la Défense, Michel Menassa, a confirmé lors d’une réunion d’urgence à Beyrouth que des unités spéciales étaient prêtes à intervenir pour sécuriser les sites, en coordination avec la Croix-Rouge libanaise qui a déployé 80 ambulances dans les régions ciblées.

La réaction du gouvernement libanais face à l’escalade

Le Premier ministre Nawaf Salam a convoqué une session extraordinaire du Conseil des ministres ce 2 mars au palais de Baabda, aboutissant à une déclaration ferme exigeant le désarmement immédiat du Hezbollah et la limitation de ses activités au domaine politique. Salam a qualifié les tirs initiaux du Hezbollah d’« acte irresponsable qui expose le Liban à des représailles disproportionnées », insistant sur le monopole de l’État sur les décisions de guerre et de paix. Le Conseil a ordonné à l’armée de mettre en œuvre sans délai le plan de monopole des armes au nord du Litani, présenté le 16 février 2026, utilisant « tous les moyens nécessaires » pour confisquer les arsenaux.

Le ministre des Affaires étrangères, Joe Rajji, a intensifié les contacts diplomatiques, appelant les pays garants du cessez-le-feu – États-Unis, France, Égypte – à obtenir un engagement israélien pour cesser les agressions. Lors d’un appel avec le secrétaire d’État américain, Rajji a souligné que « le Liban ne peut être tenu responsable des actions unilatérales du Hezbollah ». Le président français Emmanuel Macron, en conversation avec Salam, a réitéré le soutien de Paris à la souveraineté libanaise, proposant une reprise des négociations indirectes via le comité de surveillance.

Le ministre de la Justice, Adel Nassar, suit personnellement les enquêtes sur les tirs de roquettes, avec des raids menés dans le sud où des armes ont été saisies près de Deir Qanoun al-Nahr. Le tribunal militaire examine des preuves balistiques, identifiant des roquettes de type iranien Fajr-3.

Les impacts humanitaires des frappes annoncées

Les avertissements d’évacuation ont provoqué un exode massif dans les zones ciblées. À Nabatieh al-Tahta, plus de 1 200 familles ont été déplacées vers des écoles converties en abris, selon le ministère des Affaires sociales dirigé par Haneen Sayed. En coopération avec la Haute Commission pour le Secours et le Conseil du Sud, des distributions de 5 000 kits alimentaires ont été organisées à Tyr et Bint Jbeil. Le ministère de la Santé, sous Rakan Nasreddine, a rapporté que les hôpitaux de Beyrouth, comme l’hôpital Rafic Hariri, préparent des lits supplémentaires pour anticiper les blessés des frappes imminentes.

Dans la Bekaa, à Labweh et Ain Bourday, des agriculteurs ont abandonné leurs champs, menaçant la récolte d’olives prévue pour avril. L’Unité de gestion des risques de catastrophes a activé des protocoles pour fournir de l’eau potable à 15 000 déplacés, tandis que Médecins sans frontières a déployé des cliniques mobiles à Hermel.

Les dynamiques régionales amplifiées par les tensions financières

La mort d’Ali Khamenei le 1er mars a servi de catalyseur, avec le Hezbollah liant ses tirs à un « assassinat orchestré ». Téhéran a promis une réponse, mais l’affaiblissement iranien post-Khamenei pourrait limiter les soutiens au Hezbollah. La Syrie a renforcé sa frontière, interceptant un convoi le 28 février 2026 près de Qusayr, contenant des fonds pour Al-Qard al-Hassan.

L’Union européenne a condamné les frappes annoncées, appelant à une enquête onusienne. Le Conseil de sécurité se réunit le 3 mars pour discuter des violations de la 1701.

Les répercussions internes sur la scène politique libanaise

Samir Geagea, chef des Forces libanaises, a exhorté à déclarer le Hezbollah « hors la loi », lors d’une déclaration à Meerab. Des manifestations à Tripoli ont rassemblé 3 000 personnes contre le mouvement chiite. Nabih Berri, président du Parlement, a appelé à l’unité, organisant des réunions interconfessionnelles.

Le Hezbollah a défendu Al-Qard al-Hassan comme une « institution caritative vitale », affirmant via Al-Manar que les frappes visent les civils chiites.

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