mercredi, février 4, 2026

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Le président Aoun condamne l’agression israélienne par pulvérisation de pesticides toxiques sur les terres frontalières du sud du Liban

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Le Liban a une nouvelle fois été le théâtre d’une incursion aérienne israélienne, marquée par la pulvérisation de substances toxiques sur des terres agricoles dans plusieurs villages du sud, à proximité de la ligne bleue. Cet acte, survenu dimanche matin dans le secteur ouest frontalier avec les territoires occupés, a provoqué une réaction immédiate et ferme du président de la République, Joseph Aoun, qui y voit une violation flagrante de la souveraineté libanaise et une menace directe pour l’environnement et la santé publique. Dans un communiqué officiel diffusé par l’Agence nationale d’information, le chef de l’État a qualifié cet épisode d’agression continue, appelant la communauté internationale à intervenir pour protéger le territoire libanais. Cet événement s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes à la frontière, malgré le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, et met en lumière les défis posés par l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.

L’incident, rapporté par des sources locales et des observateurs sur le terrain, implique des avions agricoles israéliens ayant survolé à basse altitude les zones agricoles des villages frontaliers, libérant des substances chimiques non identifiées sur des étendues de terres cultivées. Ces opérations, qui se sont étendues sur plusieurs kilomètres le long de la frontière, visent apparemment à éliminer la végétation dense qui pourrait servir de couverture à des infiltrations potentielles, selon des déclarations israéliennes relayées par des médias hébreux. Cependant, du côté libanais, cette pratique est perçue comme une forme d’agression environnementale délibérée, affectant directement les moyens de subsistance des agriculteurs locaux. Les villages touchés incluent des zones comme celles du secteur ouest, où les cultures d’oliviers et d’autres plantations vivrières constituent l’épine dorsale de l’économie rurale. Des témoins oculaires ont décrit des nuages de produits chimiques se déposant sur les sols et les feuilles, avec des odeurs persistantes et des signes immédiats de flétrissement des plantes. Cette méthode n’est pas nouvelle, mais son intensité récente, survenue à peine quelques mois après la formation du nouveau gouvernement libanais, soulève des questions sur la stabilité fragile de la région.

Une agression aérienne aux conséquences immédiates

Dimanche matin, aux alentours de 9 heures, des avions agricoles israéliens ont été observés survolant les terres libanaises à une altitude estimée entre 40 et 50 mètres. Selon des rapports détaillés, ces appareils ont procédé à une pulvérisation systématique le long de la clôture frontalière, couvrant une bande de terrain allant de plusieurs centaines de mètres de largeur. Les substances utilisées, qualifiées de pesticides ou d’herbicides toxiques par les autorités libanaises, ont ciblé des zones agricoles productives, incluant des vergers et des champs cultivés. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent les appareils en action, libérant des jets de liquide jaunâtre sur les terres, avec des vents portant les particules plus loin à l’intérieur du territoire libanais. Cette opération fait partie d’un plan plus large annoncé par le commandement nord de l’armée israélienne, visant à « renforcer la sécurité frontalière » en éliminant toute végétation susceptible de masquer des mouvements hostiles. Des sources israéliennes, comme la chaîne 15, ont confirmé que cette mesure expérimentale utilise des avions conçus pour l’agriculture, adaptés à la pulvérisation d’herbicides pour dégager les abords des clôtures.

Du point de vue libanais, cette intrusion viole non seulement l’espace aérien souverain, mais constitue également une attaque contre les ressources naturelles. Les terres affectées, situées dans des villages comme ceux du secteur ouest, sont essentielles pour la production agricole locale, qui soutient des milliers de familles dans une région déjà fragilisée par les conflits passés. Les agriculteurs ont rapporté des dommages immédiats : feuilles jaunies, sols contaminés et une odeur âcre persistante qui pourrait indiquer la présence de composés chimiques persistants. Des experts en agronomie, consultés par les autorités locales, estiment que ces substances pourraient inclure des herbicides comme le glyphosate ou d’autres dérivés, connus pour leur impact à long terme sur la fertilité des sols. Cette pulvérisation s’ajoute à une série d’incidents frontaliers récents, où des drones et des survols aériens israéliens ont été signalés presque quotidiennement depuis le début de l’année 2026, malgré les engagements pris lors de la prolongation du cessez-le-feu en janvier.

La réaction ferme du président Joseph Aoun

Dans sa déclaration officielle, le président Joseph Aoun a condamné « avec la plus grande fermeté » cette opération israélienne, la qualifiant d’« agression flagrante contre la souveraineté libanaise ». Il a souligné que cet acte représente « une crime environnementale et sanitaire contre les citoyens libanais et leur terre », et s’inscrit dans une série d’attaques répétées d’Israël contre le Liban et son peuple. Le chef de l’État, élu en janvier 2025 après plus de deux ans de vacance présidentielle, a mis en avant les dangers que ces pratiques posent pour les terres agricoles, les sources de revenus des habitants et leur santé, ainsi que pour l’environnement en général. « Ces pratiques dangereuses qui ciblent les terres agricoles et les moyens de subsistance des citoyens, menaçant leur santé et leur environnement, imposent à la communauté internationale et aux organisations onusiennes concernées d’assumer leurs responsabilités pour arrêter ces agressions et protéger la souveraineté libanaise », a-t-il affirmé.

Le président Aoun, ancien commandant en chef des Forces armées libanaises, apporte à cette condamnation une perspective militaire et stratégique. Son élection, survenue le 9 janvier 2025 avec 99 voix sur 128 au second tour, a marqué un tournant dans la politique libanaise, soutenue par une coalition internationale incluant les États-Unis, la France et l’Arabie saoudite. Depuis son investiture, il a insisté sur le renforcement de la souveraineté nationale et l’application stricte de la résolution 1701, qui exige le désarmement des milices au sud du Litani et le déploiement exclusif des forces libanaises et de la Finul dans la zone. Cette agression récente teste sa capacité à mobiliser les institutions libanaises et internationales, alors que le Liban navigue entre une reconstruction post-guerre et des pressions régionales persistantes.

Les implications environnementales d’une pratique récurrente

Les pulvérisations d’herbicides le long de la frontière ne sont pas isolées ; elles font partie d’une stratégie israélienne documentée depuis des décennies, visant à créer une zone tampon dénudée pour des raisons sécuritaires. Historiquement, de telles opérations ont été menées annuellement, particulièrement au printemps, pour empêcher la croissance de la végétation qui pourrait abriter des combattants. En 2024, avant le conflit majeur avec le Hezbollah, des rapports de l’ONU avaient déjà noté des incursions similaires, causant la destruction de plus de 1 000 hectares de terres agricoles libanaises. Les substances utilisées, souvent des herbicides à base de produits chimiques persistants, contaminent les sols et les nappes phréatiques, rendant les terres infertiles pour plusieurs saisons. Des études menées par des organisations comme la Banque mondiale estiment que ces pratiques ont contribué à une perte économique de plusieurs millions de dollars pour les agriculteurs libanais, aggravant la crise alimentaire dans une région où l’agriculture représente jusqu’à 20 % des revenus locaux.

Sur le plan sanitaire, les risques sont multiples. Les pesticides toxiques peuvent causer des irritations respiratoires, des troubles dermatologiques et, à long terme, des problèmes oncologiques chez les populations exposées. Des médecins locaux ont rapporté des cas d’intoxication aiguë chez des résidents des villages frontaliers, avec des symptômes comme des nausées et des vertiges survenant peu après les pulvérisations. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a, dans des rapports passés, alerté sur les dangers de tels produits chimiques dans des zones densément peuplées, soulignant leur potentiel à contaminer les chaînes alimentaires via les cultures et le bétail. Au Liban, où la santé publique est déjà mise à mal par la crise économique depuis 2019, ces agressions environnementales exacerbent les vulnérabilités, forçant les autorités à mobiliser des ressources limitées pour des évaluations et des décontaminations.

Le contexte des tensions régionales post-2024

Cet incident survient dans un climat de fragilité accrue à la frontière libano-israélienne, suite à la guerre de 2024 qui a opposé Israël au Hezbollah, causant des milliers de victimes et des destructions massives. Le cessez-le-feu, négocié sous égide américaine et prolongé en janvier 2025, prévoit un retrait des forces non étatiques et un renforcement de la présence de la Finul, mais les violations persistent. Des rapports de l’ONU indiquent plus de 200 incursions aériennes israéliennes depuis novembre 2024, incluant des survols de drones et des frappes ciblées. Le président Aoun, dans son discours inaugural, avait réaffirmé l’engagement libanais envers la résolution 1701, appelant à un déploiement complet des Forces armées libanaises au sud. Cependant, les pressions israéliennes, justifiées par des craintes d’infiltrations, compliquent cette dynamique, avec des incidents comme des tirs d’artillerie ou des brûlages de terres via du phosphore blanc rapportés en 2024 et 2025.

La formation du gouvernement de Nawaf Salam en février 2025, composé de 24 ministres technocrates pour la plupart, vise à stabiliser le pays et à implémenter des réformes économiques urgentes. Le premier ministre, ancien juge à la Cour internationale de justice, a priorisé la reconstruction et le respect des engagements internationaux, mais les agressions frontalières testent cette nouvelle administration. Les ministres impliqués, comme celui des Affaires étrangères Youssef Raji, un diplomate expérimenté, et celle de l’Environnement Tamara al-Zein, sont chargés de coordonner la réponse. Le cabinet, équilibré confessionnellement avec cinq ministres chiites approuvés par le duo Amal-Hezbollah, reflète les compromis nécessaires dans le système libanais, tout en évitant un blocage tiers qui pourrait paralyser les décisions.

Les mesures diplomatiques enclenchées

En réponse à cette agression, le président Aoun a ordonné à la ministère des Affaires étrangères de préparer un dossier documenté, en collaboration avec les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé publique. Ce fichier, destiné à soutenir des plaintes auprès des instances internationales, inclura des preuves photographiques, des analyses de sol et des témoignages d’agriculteurs. Des équipes techniques ont été dépêchées sur place pour prélever des échantillons, avec l’assistance de la Finul qui monitore la zone. Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raji, a déjà initié des consultations avec des ambassades alliées, visant à porter l’affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Cette approche s’appuie sur des précédents, comme les plaintes libanaises de 2024 contre l’usage de phosphore blanc, qui avaient conduit à des enquêtes onusiennes.

L’appel à la communauté internationale, réitéré par le président, cible particulièrement les Nations unies et l’Union européenne, qui ont historiquement condamné les violations de la ligne bleue. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait, en septembre 2025 lors de l’Assemblée générale, exhorté à une pleine implémentation de la 1701, soulignant les risques d’escalade. Des porte-parole de la Finul ont confirmé des observations d’activités aériennes inhabituelles, sans commenter les substances, mais appelant au respect des accords. Le gouvernement libanais, via son représentant permanent à l’ONU, prépare une session spéciale pour exposer ces faits, cherchant des sanctions ou des mesures dissuasives contre Israël.

Les défis pour la santé publique et l’agriculture libanaise

Les ministères de la Santé et de l’Agriculture ont lancé des évaluations préliminaires, avec des équipes médicales dépêchées dans les villages affectés pour surveiller les symptômes chez les résidents. Le ministre de la Santé, Rakan Nasreddine, a ordonné des tests toxicologiques sur les échantillons prélevés, craignant une contamination des chaînes alimentaires. Des agriculteurs rapportent déjà des pertes de récoltes, avec des oliviers centenaires affectés, essentiels à l’exportation libanaise. L’impact économique pourrait s’élever à des dizaines de millions de dollars, aggravant la dette publique et l’inflation persistante. Des programmes d’aide, soutenus par la FAO, visent à réhabiliter les sols, mais les délais sont critiques pour la saison agricole.

Les dynamiques géopolitiques actuelles

Alors que le Liban consolide son gouvernement sous Nawaf Salam, avec des ministres comme celui du Travail Muhammad Haidar gérant les retombées sociales, les pressions régionales s’intensifient. Israël justifie ces opérations par des menaces sécuritaires, citant des incidents comme des tirs de roquettes sporadiques depuis le sud Liban. Cependant, des analystes notent que ces actes risquent de raviver les tensions avec le Hezbollah, affaibli mais toujours présent. Le président Aoun, dans ses rencontres récentes avec des émissaires américains et saoudiens, a insisté sur la neutralité libanaise, mais les violations frontalières compliquent ce positionnement. Des patrouilles conjointes Finul-Forces libanaises ont été renforcées, avec plus de 10 000 soldats onusiens déployés, observant quotidiennement des anomalies aériennes.

Les implications immédiates sur le terrain

Au cours des derniers jours, des inspections supplémentaires ont révélé une extension des pulvérisations vers des zones syriennes adjacentes, comme al-Quneitra, indiquant une stratégie régionale d’Israël. Les autorités libanaises ont enregistré des plaintes de plus de 50 agriculteurs, avec des dommages estimés à 500 hectares. Des réunions interministérielles, tenues à Beyrouth, coordonnent l’assistance aux victimes, incluant des distributions de semences résistantes et des consultations médicales gratuites. La Finul a rapporté une augmentation des survols, avec 15 incidents en janvier 2026 seul, soulignant les défis pour maintenir la paix. Ces faits récents illustrent les pressions continues sur la souveraineté libanaise, avec des équipes environnementales prélevant des données pour des rapports futurs à l’ONU.

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