Baabda: une séance construite autour d’un rapport militaire et d’un communiqué politique
La séquence commence par une présentation directe de la hiérarchie militaire au Conseil des ministres. Le commandant de l’armée, le général Rudolf Haykal, expose l’état d’avancement de la « planification de limitation des armes » au Sud du Litani. Le compte rendu indique que le gouvernement prend connaissance d’un exposé de la direction de l’armée sur un plan de retrait des armes. Le même compte rendu précise que le Conseil des ministres félicite l’armée pour sa « maîtrise opérationnelle » au Sud du Litani.
Le texte lu après la séance par le ministre de l’Information Paul Morcos détaille le cadre de cette validation. Le gouvernement souligne aussi l’action de l’armée sur plusieurs volets, au-delà du seul Sud. La formule retenue associe la « maîtrise opérationnelle » au Sud du Litani, l’« endiguement » des armes au Nord du Litani, le contrôle des frontières, la prévention de la contrebande, la lutte contre le trafic de drogue et la lutte contre le terrorisme.
Ce choix de formulation est important. Il transforme un dossier ciblé en dossier d’État. Il relie le terrain du Sud à la sécurité intérieure, aux frontières et à la criminalité organisée. Il crée aussi une contrainte. Si l’exécutif met autant d’objectifs dans un même paragraphe, il sera jugé sur la capacité à démontrer des progrès sur plusieurs lignes à la fois.
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La décision de la séance n’ouvre pourtant pas la « phase suivante ». Le compte rendu indique que l’armée doit préparer un plan pour le Nord du Litani et le présenter au Conseil des ministres en février. Le texte ajoute que l’exécutif insiste sur une mise en œuvre « aussi vite que possible », mais sans fixer, à ce stade, une date butoir adoptée par tous.
Le socle juridique et politique: une exécution liée à une décision gouvernementale antérieure
Le dossier est rattaché à des décisions datées et numérotées. Dans la synthèse officielle reprise dans la presse, le Conseil des ministres examine un rapport mensuel relatif à la mise en œuvre d’une décision gouvernementale numérotée 1 et datée du 5 août 2025. Cette décision fonde le mécanisme de suivi mensuel et place l’exécution dans un cadre formel.
L’armée, dans son propre communiqué, rattache son action à cette même base. Elle affirme mettre en œuvre la décision du 5 août 2025. Elle insiste sur une responsabilité « exclusive » de maintien de la sécurité et de la stabilité, en coordination avec les autres services de sécurité. Elle ajoute que cette responsabilité est exercée « surtout » au Sud du Litani, conformément aux devoirs constitutionnels, aux lois, et aux engagements liés aux décisions internationales pertinentes.
Le même texte précise l’objectif politique recherché: le retour de la sécurité à la frontière sud et l’interdiction d’utiliser le territoire libanais comme point de départ d’actions militaires. Il présente l’action de l’armée comme une traduction de la décision de l’État de « déployer son autorité par ses propres forces » sur l’ensemble du territoire.
Ce socle explique pourquoi le débat ne se limite pas au terrain. Il porte aussi sur le rythme, sur la capacité matérielle de l’armée et sur les obstacles extérieurs. Un autre compte rendu évoque un retard dans l’arrivée des capacités militaires promises à l’armée, présenté comme un facteur qui ralentit la mise en œuvre.
Ce que la « phase 1 » contient: objectifs affichés, tâches inachevées et zones hors contrôle
Le communiqué de l’armée donne des éléments concrets sur le contenu de la phase 1. Il affirme que le plan de limitation des armes est entré dans une phase avancée après l’atteinte des objectifs de la première phase, décrite comme « effective » et « visible sur le terrain ».
Les objectifs de cette phase sont listés de façon opérationnelle. Le texte évoque l’élargissement de la présence de l’armée sur le terrain, la sécurisation des zones vitales, et l’extension de la maîtrise opérationnelle sur des terres placées sous son contrôle dans le secteur du Sud du Litani. Il ajoute une réserve explicite: cette maîtrise ne couvre pas les terres et sites qui restent sous occupation israélienne.
Le même document décrit ce qui reste à faire. Il parle d’un travail en cours jusqu’à l’achèvement du traitement des munitions non explosées et des tunnels. Il évoque aussi des demandes d’actions à entreprendre pour consolider la maîtrise. L’objectif est explicite: empêcher des groupes armés de reconstruire leurs capacités, de manière irréversible.
Un autre compte rendu confirme ces mêmes éléments et précise que l’armée prévoit un bilan général de la phase 1. Ce bilan doit servir de base pour définir le chemin des phases suivantes. Le texte mentionne le nom interne de la planification, traduit ici comme « Bouclier de la patrie », et insiste sur un « bilan global » avant d’aller plus loin.
Ces éléments donnent un contour plus précis que la simple expression « maîtrise opérationnelle ». Ils indiquent des tâches de dépollution, la question des tunnels, la consolidation par actions ciblées, et une logique d’évaluation formelle avant la phase suivante.
Les acteurs nommés et les positions affichées: Morcos, Haykal, Aoun, Berri, Salam
La communication du gouvernement met en avant le rôle du ministre de l’Information Paul Morcos comme lecteur du communiqué officiel. La même séquence confirme que Rudolf Haykal présente le rapport mensuel en personne, ce qui donne à la séance un caractère de pilotage direct.
Sur le plan politique, plusieurs responsables valident publiquement la phase 1. Un compte rendu indique que Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam soutiennent le contenu du communiqué de l’armée relatif à l’achèvement de la première phase de collecte d’armes au Sud du Litani. Ils insistent aussi sur la nécessité d’une pression internationale pour un retrait israélien des zones occupées, l’arrêt des attaques, et un soutien à l’armée pour achever ses missions.
Nawaf Salam est également cité sur une autre ligne. Il souligne les efforts de l’armée, officiers et soldats, dans l’achèvement de la phase 1 et rappelle l’objectif de limitation des armes et de déploiement de l’autorité de l’État par ses propres forces. Il insiste sur l’urgence d’un soutien logistique et matériel pour permettre la phase 2, décrite comme s’étendant entre le Litani et l’Aouali, puis les étapes suivantes, « dans les plus brefs délais ».
Joseph Aoun, de son côté, développe une condition politique qui encadre tout le dossier. Il affirme que la stabilité durable dépend du traitement des dossiers en suspens qui bloquent l’autorité complète de l’État. Il cite en tête la poursuite de l’occupation israélienne de parties du territoire, l’établissement de zones tampon à l’intérieur, et des violations continues de la souveraineté par terre, mer et air.
Dans une autre déclaration rapportée, Joseph Aoun associe aussi l’application du cessez-le-feu à des conditions pratiques. Il mentionne la nécessité d’un retrait complet, le respect de l’arrêt des hostilités, la libération de prisonniers, et le retour sûr des civils déplacés. Il lie enfin ces éléments au lancement d’un processus organisé de reconstruction des zones du Sud touchées. Il précise que les questions de terrain doivent être traitées via les cadres disponibles, dont des réunions techniques dans le mécanisme de suivi de l’arrêt des hostilités.
Ces passages donnent des noms, des responsabilités et une logique de chaîne. L’armée exécute. Le gouvernement valide. La présidence encadre et conditionne par la question de l’occupation, des violations et des mécanismes techniques.
La fracture interne: la proposition du 31 mars 2026, les ministres concernés et la phrase d’Adil Nassar
Le point de tension le plus net porte sur une date. Des ministres des Forces libanaises présentent, durant la séance, une proposition qui demande de fixer une échéance au 31 mars 2026 pour achever les étapes restantes du plan. Le texte proposé remercie l’armée pour ses efforts, en particulier sur la collecte des armes illégales au Sud du Litani, l’extension de l’autorité de l’État et le renforcement de sa présence dans la zone. Il demande ensuite à la direction de l’armée d’achever les étapes restantes du plan avant le 31 mars 2026, au nom de la souveraineté, de la sécurité et de la stabilité.
Plusieurs éléments de contexte sont donnés sur ce refus. Un compte rendu indique que le président, avec certains ministres décrits comme appartenant au « duo chiite », ne retient pas la proposition. Le texte précise aussi que les ministres des Forces libanaises « se réservent » sur la formulation adoptée, faute d’une échéance intégrée au texte final.
Un autre compte rendu ajoute que le ministre des Kataëb se joint à l’objection sur l’absence de délai clair. Ce même passage affirme que l’objection ne porte pas seulement sur la date. Elle porte aussi sur l’idée d’un manque de coopération et de remise d’armes par le parti visé.
Le ministre de la Justice Adil Nassar est cité après la séance. Il explique que sa position et celle des Forces libanaises visent à confirmer toutes les étapes du plan et à obtenir une exécution plus rapide. Il dit explicitement que « nous voulions que l’opération soit plus rapide ». Un autre passage ajoute qu’un premier rapport de l’armée sur le début de mise en œuvre au Nord du Litani est attendu « au début de mars ».
Cette phrase est un marqueur politique. Elle montre que le conflit est autant un conflit de méthode qu’un conflit d’objectif. Le but affiché est le même, la vitesse ne l’est pas.
Le « Nord du Litani » comme test du calendrier: février, rapport mensuel, et extension technique de la phase 1
Le gouvernement retient une méthode qui retarde l’ouverture complète de la phase 2. Le communiqué officiel indique que l’armée doit élaborer un plan de retrait des armes au Nord du Litani et le présenter au Conseil des ministres en février.
Un autre compte rendu décrit ce choix comme une prolongation « technique » de la phase 1. Il indique que le Conseil des ministres ne déclare pas l’ouverture de la phase 2. Il donne à l’armée une période additionnelle jusqu’au début de février pour établir un plan détaillé. Le texte mentionne que la phase 1 n’est pas achevée en raison d’une faiblesse de capacités et du fait qu’Israël ne s’est pas retiré de points frontaliers, tout en poursuivant des attaques.
Le même passage relie aussi cette extension aux capacités matérielles. Il évoque un retard dans l’arrivée des moyens militaires promis, qui affecte le rythme d’exécution. Il insiste toutefois sur la poursuite de la coordination avec les forces internationales et avec le mécanisme de surveillance de l’arrêt des hostilités.
Un compte rendu gouvernemental plus détaillé précise le fil de travail prévu. Il mentionne un « bilan général » que l’armée prépare. Il précise que la planification du Nord du Litani sera bâtie sur ce bilan et discutée dans le cadre du rapport mensuel que Rudolf Haykal doit présenter en février.
Dans cette architecture, février devient un verrou. Il n’est pas seulement une date de réunion. Il devient la date qui doit transformer une phase en une autre, avec un texte, un plan, et une discussion formelle.
La pression extérieure: contestation israélienne, exigence de désarmement complet et accusation de réarmement
Le récit externe contredit le récit libanais. Un compte rendu rapporte la réaction du bureau de Benjamin Netanyahu. Il qualifie les efforts du gouvernement libanais et de l’armée de « encourageants mais insuffisants ». Il affirme que l’accord de cessez-le-feu exige le désarmement complet du parti visé et présente cela comme essentiel pour la sécurité d’Israël et l’avenir du Liban. Le même passage évoque des efforts de réarmement avec un soutien iranien.
Le texte ajoute d’autres éléments. Il cite une position du ministère israélien des Affaires étrangères qui considère que l’objectif de désarmement au Sud reste « loin d’être atteint ». Il cite aussi une position de l’armée israélienne affirmant que le parti visé serait toujours présent au Sud du Litani. Enfin, il rapporte une réponse qui rejette la compatibilité entre l’affirmation libanaise de limitation des armes au Sud et la « réalité » telle que décrite par Israël.
Cette contestation a deux effets. Elle augmente la pression sur l’exécutif libanais, car elle vise à disqualifier la notion de « maîtrise opérationnelle ». Elle nourrit aussi le débat interne sur la vitesse. Ceux qui réclament une date y voient une preuve que le temps joue contre l’État. Ceux qui défendent une progression encadrée y voient une preuve qu’il faut d’abord renforcer les capacités et régler les obstacles extérieurs.
Scénarios d’exécution construits uniquement à partir des éléments posés
Un premier scénario repose sur la méthode du rapport mensuel. La phase 1 continue au Sud, avec finalisation du traitement des munitions non explosées et des tunnels. Le bilan global de la phase 1 est produit. La phase Nord est ensuite soumise au Conseil des ministres en février, comme annoncé. Dans ce scénario, la vitesse dépend d’abord de la capacité à consolider la maîtrise, puis de l’adoption d’un plan au Nord sur base d’évaluation.
Un deuxième scénario est celui réclamé par les ministres demandeurs de date. L’architecture est identique sur le fond, mais le calendrier est verrouillé par le 31 mars 2026. Le texte proposé lie directement la poursuite des étapes restantes à cette date. L’objectif est de transformer la méthode en obligation datée. Le risque interne est aussi explicite, car la proposition n’a pas obtenu l’accord du président et d’autres ministres décrits dans le compte rendu.
Un troisième scénario se lit dans le discours présidentiel. Il lie la réussite interne à des conditions externes: retrait complet, fin des violations, respect du cessez-le-feu, traitement via réunions techniques, retour sûr des civils déplacés, et reconstruction. Dans ce scénario, l’agenda interne reste poussé, mais la durabilité de la stabilité reste conditionnée à l’évolution des dossiers « en suspens » liés à l’occupation et aux zones tampon.
Ces scénarios ne sont pas des projections hors-sol. Ils reprennent trois logiques déjà présentes dans les textes: une logique de séquençage par rapport mensuel, une logique de date butoir, et une logique de conditionnalité externe fixée par la présidence.
Indicateurs de réussite: ce qui est vérifiable à court terme dans les textes disponibles
Un premier indicateur est documentaire. Le plan pour le Nord du Litani doit être présenté en février. Le bilan global de la phase 1 doit servir de base. L’existence d’un document discuté au Conseil des ministres, et la cohérence entre ce document et le rapport mensuel, constituent un test immédiat.
Un deuxième indicateur est opérationnel. La phase 1 est dite avancée, mais le texte souligne des tâches en cours: munitions non explosées et tunnels. La capacité à annoncer la finalisation de ces deux chantiers, ou au minimum à préciser leur traitement, sert de preuve de consolidation.
Un troisième indicateur est capacitaire. Plusieurs passages évoquent un retard dans l’arrivée de moyens promis à l’armée. Le rythme d’exécution est directement lié à cette question. Un signal de stabilisation de ces capacités, ou l’absence de progrès, influence la crédibilité du calendrier annoncé.
Un quatrième indicateur est politique. La date du 31 mars 2026 est déjà un point de fracture. La capacité à stabiliser une formule commune, même sans date butoir, est un test d’unité. L’inverse l’est aussi. Si la coalition reste divisée, chaque rapport mensuel risque de relancer la bataille interne.
Un cinquième indicateur est externe. La contestation israélienne est formulée en termes nets, avec exigence de désarmement complet et accusation de réarmement soutenu par l’Iran. La trajectoire diplomatique sera influencée par la capacité du Liban à opposer une cohérence de discours et un cadre technique, notamment via le mécanisme de suivi évoqué par la présidence.
Pression extérieure: une contestation structurée autour de trois accusations
Le discours venu d’Israël est présenté comme une remise en cause de la séquence libanaise telle qu’elle est annoncée à Baabda. Une première ligne consiste à reconnaître des efforts jugés « encourageants » tout en les déclarant insuffisants. Cette formulation installe une lecture de transition. Le Liban est décrit comme ayant entamé un mouvement, mais sans avoir atteint l’objectif attendu.
La deuxième ligne est l’exigence de désarmement complet du camp ciblé, présentée comme une obligation découlant de l’accord de cessez-le-feu. Dans ce récit, le désarmement est posé comme une condition centrale, non comme un élément parmi d’autres. Le texte insiste sur l’idée que cet objectif serait déterminant à la fois pour la sécurité d’Israël et pour l’avenir du Liban.
La troisième ligne est l’accusation de réarmement, avec une mention d’un soutien iranien. Cette accusation joue un rôle précis. Elle vise à disqualifier la notion même d’un « endiguement » ou d’une limitation des armes, en suggérant qu’un mouvement inverse est en cours.
À ce triptyque s’ajoute une déclinaison institutionnelle. Une position attribuée au ministère israélien des Affaires étrangères affirme que l’objectif de désarmement au Sud du Litani resterait loin d’être atteint. Une position attribuée à l’armée israélienne indique que le camp visé demeurerait présent au Sud du Litani. L’ensemble construit un même message, mais via des voix différentes, afin de consolider l’idée que la version libanaise ne correspond pas à la réalité décrite par Israël.
Dans la séquence libanaise, cette contestation pèse sur deux plans. Elle nourrit d’abord la demande interne d’accélération, puisqu’elle transforme le facteur temps en argument contre le gouvernement. Elle renforce ensuite le cadrage présidentiel qui insiste sur l’occupation de sites et sur les violations, car ces éléments deviennent la réponse politique à une lecture extérieure centrée sur le seul désarmement.
Le rendez-vous de février: ce que le gouvernement doit produire pour verrouiller la méthode
Le choix gouvernemental, tel qu’il ressort des comptes rendus, ne consiste pas à déclarer immédiatement la phase 2. Il consiste à demander à l’armée un plan spécifique pour le Nord du Litani et à le soumettre au Conseil des ministres en février. Cette étape est annoncée comme adossée au rapport mensuel présenté par le commandant de l’armée.
La logique interne de cette décision repose sur un élément préalable: un bilan général de la phase 1. Ce bilan est présenté comme la base de la planification suivante. Le point clé est que la phase 1 est décrite comme avancée, mais pas totalement clôturée, notamment en raison de chantiers techniques et de contraintes de terrain. Dans cette architecture, février sert de point de bascule documentaire. Le gouvernement attend un texte de planification, pas seulement une intention.
Ce rendez-vous est aussi un mécanisme de gestion de coalition. L’échéance du 31 mars demandée en séance ne s’impose pas dans le texte final. Le compromis retenu contourne la date en privilégiant la production d’un plan détaillé à court terme. Cela ne supprime pas la fracture. En revanche, cela déplace le conflit. La bataille ne porte plus immédiatement sur “fixer une date ou non”, mais sur “ce que contient le plan” et “si le plan inclut un calendrier”.
Le dossier de février est en outre rattrapé par la question des moyens. Des passages signalent un retard dans l’arrivée de capacités militaires promises à l’armée. D’autres insistent sur la poursuite d’une occupation de points et sur la poursuite d’attaques, présentées comme des facteurs qui empêchent de considérer la phase 1 comme définitivement achevée. Cette combinaison a un effet direct sur le rythme. Elle sert aussi d’argument pour refuser une date butoir unique, car l’exécution est décrite comme dépendante de paramètres matériels et sécuritaires.
Le débat interne introduit enfin une seconde échéance, distincte du 31 mars. Une déclaration mentionne l’attente d’un premier rapport de l’armée sur le début de mise en œuvre au Nord du Litani au début de mars. Cette mention crée un jalon intermédiaire. Il peut devenir un test politique, car il offre un moment où l’opinion et les ministres pourront juger si le dossier Nord avance réellement ou s’il reste au stade de la préparation.
Dans ce cadre, la séquence de février doit produire trois choses, toutes vérifiables dans le fonctionnement de l’État. D’abord, un plan formalisé et discuté en Conseil des ministres. Ensuite, un lien clair entre bilan de phase 1 et choix opérationnels pour la suite. Enfin, une articulation cohérente entre calendrier interne et contraintes externes, notamment les points encore occupés et les violations évoquées dans les déclarations présidentielles. Si l’un de ces éléments manque, la polémique sur la vitesse et sur les dates reviendra, sous une forme plus frontale.



