Les États-Unis et Israël ont réaffirmé leur position sur le désarmement du Hezbollah, en demandant à l’État libanais de prendre ses responsabilités face au groupe soutenu par l’Iran. Lors d’une déclaration conjointe à Jérusalem, le sénateur américain Marco Rubio et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont insisté sur la nécessité d’un Liban fort, capable de démanteler le Hezbollah.
Cette prise de position intervient alors que l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban, négocié par les États-Unis et la France, prévoit un retrait des forces israéliennes le 18 février. Cependant, des divergences persistent sur le terrain, notamment sur le maintien israélien dans certaines zones frontalières.
Par ailleurs les sources israéliennes estiment que le Hezbollah sort affaibli du dernier conflit, ayant perdu plusieurs hauts commandants ainsi que son chef historique, Hassan Nasrallah, lors des frappes israéliennes.
Les États-Unis et Israël réclament un État libanais fort face au Hezbollah
Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, Marco Rubio a souligné la nécessité pour le Liban de se renforcer et d’assumer ses responsabilités en matière de sécurité.
« Nos objectifs sont alignés. Nous voulons un État libanais fort, capable d’affronter et de désarmer le Hezbollah« , a déclaré le sénateur républicain, affirmant que les États-Unis attendent une action concrète de la part des autorités libanaises.
Le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par Washington, reste une force politique et militaire majeure au Liban. Son influence sur le gouvernement libanais et son alliance avec Nabih Berri, président du Parlement, compliquent toute initiative visant à son démantèlement.
Netanyahu met en garde : Israël fera respecter le cessez-le-feu
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé qu’Israël préférerait voir l’armée libanaise mener cette opération, mais qu’en cas d’inaction, son pays prendrait lui-même les mesures nécessaires.
« Hezbollah doit être désarmé. Israël préférerait que l’armée libanaise s’en charge, mais personne ne doit douterqu’Israël fera ce qu’il faut pour appliquer les accords du cessez-le-feu et défendre sa sécurité », a averti Netanyahu.
Ces déclarations traduisent une volonté israélienne de surveiller l’application de l’accord et de garder la main sur la situation sécuritaire à la frontière.
Israël prêt à se retirer, mais des désaccords persistent
L’accord de cessez-le-feu, négocié par les États-Unis et la France, prévoit un retrait israélien du Liban le 18 février. Toutefois, des tensions subsistent quant aux modalités de ce retrait.
Jeudi dernier, un haut responsable de la sécurité israélienne a confirmé que l’armée israélienne était prête à se retirer « dans les délais prévus » par l’accord. Pourtant, Nabih Berri, président du Parlement libanais et allié du Hezbollah, a révélé que Washington lui avait indiqué qu’Israël resterait dans cinq positions stratégiques le long de la frontière après la date du retrait.
Cette annonce a immédiatement été rejetée par les responsables libanais, qui refusent toute présence israélienne prolongée sur leur territoire.
Le Hezbollah affaibli après la guerre
Le dernier conflit entre Israël et le Hezbollah a laissé le mouvement chiite dans une situation fragilisée. Plusieurs de ses hauts commandants ont été éliminés par des frappes israéliennes, affaiblissant sa structure de commandement.
La mort de son chef historique, Hassan Nasrallah, lors d’une frappe israélienne, a marqué un tournant majeur dans l’histoire du Hezbollah. Ce décès pourrait créer des divisions internes au sein du mouvement, déjà confronté à des défis politiques et militaires.
L’affaiblissement du Hezbollah pourrait-il faciliter son démantèlement par l’État libanais ? Cette hypothèse, soutenue par Israël et les États-Unis, semble toutefois difficile à concrétiser. Le mouvement reste profondément ancré dans le paysage politique et militaire libanais, et toute tentative de l’affaiblir risque de provoquer une nouvelle instabilitédans le pays.
Un Liban sous pression
Le gouvernement libanais se retrouve une fois de plus sous forte pression internationale. D’un côté, Israël et les États-Unis demandent un désarmement du Hezbollah et une prise de contrôle par l’armée libanaise. De l’autre, le Hezbollah, affaibli mais toujours influent, refuse de céder du terrain et conserve un important soutien populaire dans certaines régions du pays.
L’application du cessez-le-feu et du retrait israélien sera déterminante pour l’avenir du Liban. Un échec dans la gestion de cette transition pourrait conduire à une nouvelle escalade militaire, alors que la région reste marquée par des tensions permanentes.



