lundi, février 23, 2026

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Nabih Berri clarifie ses propos sur l’atmosphère du Quintet concernant le report des élections parlementaires

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Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, a émis un communiqué officiel ce lundi pour rectifier des informations parues dans la presse, notamment dans le quotidien Asharq Al-Awsat, relatives à un éventuel report des élections parlementaires prévues pour le 10 mai prochain. Dans ce texte diffusé par son bureau médiatique, Berri précise que ses déclarations se limitaient à décrire une « atmosphère » au sein du Quintet – le groupe des cinq ambassadeurs représentant les États-Unis, la France, l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Qatar – qui serait favorable à un ajournement du scrutin. Il insiste toutefois sur le fait qu’il n’a mentionné aucun ambassadeur spécifique, ni du Quintet ni d’ailleurs, et que toute interprétation contraire relève d’une déformation des faits. Cette mise au point intervient dans un climat de tensions croissantes autour de la préparation des élections, alors que des voix au sein de la classe politique et diplomatique évoquent des obstacles sécuritaires et logistiques qui pourraient justifier un délai.

Ce communiqué, émis en réponse à des articles publiés ce matin même, souligne la sensibilité du dossier électoral au Liban, où le calendrier constitutionnel est souvent mis à l’épreuve par les dynamiques internes et les influences régionales. Berri, figure centrale de la scène politique libanaise depuis des décennies en tant que leader du mouvement Amal et président du Parlement depuis 1992, a toujours affiché une position ferme sur le respect des délais légaux. Sa déclaration récente réaffirme cette ligne, tout en révélant des divergences potentielles avec certains acteurs internationaux impliqués dans la stabilisation du pays. Le texte exact du communiqué indique : « Ce que j’ai dit, c’est que l’atmosphère du Quintet est favorable au report des élections, et je n’ai mentionné aucun ambassadeur du Quintet ou d’ailleurs. Cela nécessitait une clarification. »

Cette intervention de Berri n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une série de prises de position publiques où il a systématiquement écarté toute idée de report, qu’il soit technique ou politique. Par exemple, lors d’une déclaration à la chaîne NBN le 16 février, Berri a affirmé que « la loi est en vigueur » et qu’il n’y aurait « aucun report, ni technique ni pour d’autres raisons ». Il a même accusé une « certaine partie » d’essayer de forcer un ajournement, sans nommer explicitement qui que ce soit, mais en sous-entendant des motivations partisanes. Ces propos font écho à des débats intenses au sein du Parlement, où des propositions d’amendement à la loi électorale – notamment concernant le vote des expatriés – ont été bloquées, alimentant les spéculations sur un possible glissement du calendrier.

Le contexte des élections parlementaires imminentes

Les élections parlementaires libanaises, fixées au 10 mai 2026 pour les résidents et aux 1er au 3 mai pour les expatriés selon les pays de résidence, représentent un enjeu majeur pour la stabilité du pays. Elles interviennent un an après l’élection, le 9 janvier 2025, du général Joseph Aoun à la présidence de la République, qui a mis fin à plus de deux ans de vacance présidentielle. Cette élection, survenue après douze tentatives infructueuses au Parlement, a marqué un tournant avec le soutien inattendu de factions traditionnellement opposées, y compris le Hezbollah et le mouvement Amal, qui ont voté pour Aoun au second tour avec 99 voix sur 128. Ce consensus, fruit de pressions internationales et d’une faiblesse momentanée du Hezbollah suite à la guerre avec Israël, a permis de relancer les institutions.

Depuis son investiture, le président Aoun, ancien commandant en chef des Forces armées libanaises, a multiplié les initiatives pour consolider l’État. Lors d’une réunion avec une délégation de Tripoli le 10 février 2026, il a insisté sur la nécessité d’un développement équilibré des régions, en soulignant les efforts pour traiter les bâtiments fissurés et les risques pour la sécurité publique dans la ville d’Al-Fayhaa. Il a rejeté les accusations de négligence envers Tripoli, affirmant que des mesures étaient en cours pour mobiliser les fonds nécessaires. De même, dans un discours prononcé lors de la messe de Saint-Maron le 9 février à la cathédrale Saint-Georges à Beyrouth, en présence de Berri et du Premier ministre Nawaf Salam, Aoun a réaffirmé son engagement pour la paix, déclarant : « Pas de développement sans paix, pas de paix sans justice, et pas de justice sans droits de l’homme. »

Le gouvernement, dirigé par Nawaf Salam depuis février 2025, opère dans un cadre transitoire mais actif. Salam, ancien juge à la Cour internationale de Justice et figure respectée pour son passé diplomatique, a été chargé de former un cabinet après l’élection de Aoun. Le 12 janvier 2026, il a rencontré les ambassadeurs du Quintet pour discuter des réformes économiques, du contrôle des armes, des élections et de la stabilité au sud du pays. Le cabinet, réuni le 30 janvier sous la présidence de Aoun, a approuvé un accord avec la Syrie sur le transfert de personnes condamnées et une méthodologie pour la reconstruction post-conflit. Ces décisions reflètent les priorités immédiates : la mise en œuvre de la résolution 1701 des Nations unies, qui exige le désarmement au sud du Litani, et la préparation des élections.

Cependant, des controverses persistent autour du vote des expatriés. Une majorité de députés a poussé pour un amendement permettant aux Libanais de la diaspora de voter pour l’un des 128 sièges dans leurs districts d’origine, plutôt que pour les six sièges dédiés. Berri a refusé de soumettre cette proposition au vote, arguant du respect de la loi en vigueur. Des sources diplomatiques, citées par MTV le 20 février, indiquent que au moins deux ambassadeurs du Quintet estiment préférable de ne pas tenir les élections avant de régler la question des armes, craignant un manque de clarté sur les résultats. Gebran Bassil, président du Courant patriotique libre et député, a critiqué ces approches le 5 février, accusant certains de préparer un report de deux mois sous prétexte de faciliter le vote des expatriés en été, tout en soulignant l’impossibilité logistique d’un tel afflux en un seul jour.

Le rôle du Quintet dans les dynamiques électorales

Le Quintet, formé en 2023 pour faciliter l’élection présidentielle, joue désormais un rôle pivotal dans les discussions sur les élections parlementaires. Composé des ambassadeurs des États-Unis (Michel Issa), de la France (Hervé Magro), de l’Arabie saoudite (Walid al-Bukhari), du Qatar (Saud bin Abdulrahman al-Thani) et de l’Égypte (Alaa Moussa), ce groupe vise à soutenir la stabilité sans imposer de candidats. Berri a confirmé, lors d’une rencontre avec eux en février 2024, un alignement sur le principe d’un président choisi localement, sans veto externe. Cependant, des fuites récentes suggèrent que le Quintet penche pour un report, motivé par des préoccupations sécuritaires au sud, où des frappes israéliennes persistent malgré le cessez-fire de novembre 2024.

Le 21 février 2026, Aoun a condamné des frappes aériennes israéliennes sur la Bekaa et Saïda, ainsi que l’utilisation de pesticides toxiques sur les villages frontaliers du sud le 4 février. Ces incidents, documentés par l’armée libanaise, soulignent les risques pour le processus électoral dans les régions chiites, bastions d’Amal et du Hezbollah. Le commandant des Forces armées libanaises, Rodolphe Haykal, a rencontré les ambassadeurs du Quintet le 18 février pour préparer la conférence de Paris du 5 mars, visant à renforcer l’armée avec un soutien politique, financier et technique. Le président français Emmanuel Macron, dans une invitation adressée à Aoun, a réaffirmé ce engagement, coordonné avec les partenaires internationaux.

Des tensions internes émergent également. Le 24 janvier, le bureau médiatique de Berri a qualifié un article du journal Al-Akhbar – proche du Hezbollah – de « pure invention et tromperie », révélant des fissures au sein du « duo chiite ». Berri, qui a soumis sa candidature pour le district de Tyre-Zahrani le 13 février, devenant le premier à le faire, envoie un signal clair : les élections se tiendront. Des députés comme Georges Atallah, du bloc du Changement, ont rejeté tout report le 16 janvier, accusant des influences étrangères de compromettre la souveraineté.

Implications pour la politique libanaise et la stabilité régionale

Ces débats électoraux s’entremêlent avec des défis économiques persistants. Le Liban, toujours en convalescence de la crise de 2019 aggravée par la guerre de 2024-2025, fait face à une dette colossale et une inflation rampante. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale exigent des réformes pour débloquer l’aide, mais le gouvernement Salam, avec un mandat limité jusqu’aux élections, priorise la reconstruction. Le 2 février, lors d’une visite en Espagne, Aoun a discuté avec le roi Felipe VI et le Premier ministre Pedro Sanchez d’un soutien international, saluant l’appui espagnol à la résolution 1701.

Au Parlement, les préparatifs avancent malgré les controverses. Le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar a déclaré le 16 février que rien ne pourrait arrêter les élections sauf une décision parlementaire, et que les tensions sur le vote diaspora ne visaient pas le désaccord. Des coalitions se forment : les Forces libanaises de Samir Geagea ont lancé leur campagne le 21 février à Bcharre, nommant la députée Setrida Tawk, tout en reconnaissant le risque de report. Le Hezbollah, affaibli, insiste sur le maintien de ses armes au nord du Litani, mais accepte leur retrait au sud, comme décidé par le cabinet en août 2025.

Le député Adib Abdel Massih a proposé un projet de loi pour reporter le scrutin d’un an, citant des problèmes sécuritaires, légaux et logistiques. Aoun et Berri s’y opposent fermement, illustrant les divisions profondes. Bassil, le 21 janvier depuis Baabda, a réitéré le respect des délais constitutionnels, avertissant contre un « complot » pour priver les expatriés de leurs droits. Une coalition d’organisations de la diaspora a remis une lettre à l’ambassadrice libanaise aux États-Unis le 22 février, plaidant pour un vote complet dans les districts d’origine.

Les dynamiques confessionnelles ajoutent à la complexité. Les élections pourraient devenir un référendum sur la position du Liban vis-à-vis d’Israël et le rôle futur du Hezbollah, ravivant des lignes de fracture datant de la guerre civile. Des sources proches du Quintet, citées par Al-Joumhouria le 20 février, estiment que un report pourrait éviter un basculement majeur du pouvoir, profitant au duo chiite. Berri, lors d’une rencontre avec le chef du barreau de Beyrouth Imad Martinous le 13 février, a déclaré : « Il n’est pas permissible, au début d’une nouvelle ère, d’entraver son lancement en perturbant, reportant ou prolongeant l’entitlement constitutionnel le plus important, qui est la base pour former les autorités et produire la vie politique. »

Les préparatifs logistiques progressent. Le ministère de l’Intérieur a fixé l’ouverture des candidatures au 10 février et leur clôture au 10 mars. Peu de candidatures ont été déposées, mais Berri et Amal mènent la charge. Le pape Léon XIV, dans un message à Aoun le 4 février, a exprimé sa proximité avec le peuple libanais, priant pour le renforcement du président dans ses devoirs.

Au sud, la stabilité reste précaire. Le 10 février, des sources ont rapporté des tensions entre Hezbollah et Amal sur la nomination d’un civil au comité de surveillance du cessez-fire, reflétant des écarts croissants. Ali Fayyad, député du Hezbollah, a qualifié une réunion conjointe de « très positive », notant que Berri insistait sur des élections à temps. Le gouvernement, conscient de ces enjeux, prépare la conférence de Paris pour coordonner l’aide à l’armée, essentielle pour appliquer la résolution 1701.

Les implications immédiates de ces débats se manifestent dans les rencontres diplomatiques. Le ministre des Affaires étrangères Youssef Raji, lors de discussions avec son homologue espagnol José Manuel Albares le 2 février, a loué le soutien de l’Espagne à la cause palestinienne et aux efforts pour le Liban. Aoun, de retour d’Espagne, a reçu des accréditations de quatre nouveaux ambassadeurs le 4 février, renforçant les liens internationaux.

Dans ce cadre, la clarification de Berri sur le Quintet met en lumière les pressions extérieures. Des rapports indiquent que le groupe prépare une réunion au Caire le 24 février pour affiner les positions avant Paris. Le Liban, avec un gouvernement en place mais fragile, navigue entre réformes urgentes et risques d’instabilité. Le 19 février, Aoun a assisté à un iftar chez le mufti Abdul Latif Derian à Dar al-Fatwa, symbolisant l’unité interconfessionnelle. Le 22 février, il a félicité le roi Salman d’Arabie saoudite pour le 299e anniversaire de la fondation, soulignant les relations bilatérales.

Ces événements récents, marqués par des condamnations d’actions israéliennes et des appels à la justice, illustrent les défis persistants. Le 21 février, Aoun a également félicité l’Église melkite catholique pour la béatification du père Beshara Abu Murad. Pendant ce temps, les forces politiques se mobilisent : le Courant patriotique libre critique les tentatives de report, tandis que les Forces libanaises préparent leurs listes malgré les doutes. Des observateurs, comme ceux de Crisis Group en novembre 2025, avertissent que les élections, si tenues, pourraient approfondir les divisions sur le désarmement du Hezbollah et les alliances internes.

Le paysage électoral reste fluide, avec des candidatures comme celle de Berri pour Tyre-Zahrani signalant une détermination. Le ministère de l’Intérieur, via une circulaire, a détaillé les délais pour les retraits et enregistrements de listes, marquant un pas administratif concret. Au milieu de ces préparatifs, les tensions sur les armes persistent : le plan d’action de l’armée, présenté en septembre 2025, vise à retirer les arsenaux du Hezbollah au sud du Litani, phase qui devait s’achever en janvier 2026. Salam, lors de sa rencontre avec le Quintet, a examiné ces avancées, ainsi que les réformes économiques exigées par les bailleurs internationaux.

Les statistiques économiques, croisées avec des rapports de la Banque mondiale, montrent une dette publique dépassant 150 milliards de dollars et une inflation annuelle autour de 50 % en 2025, rendant impérative une stabilité politique pour attirer les investissements. Le Gallup World Poll de septembre 2025 note une hausse de l’approbation du leadership, reflétant un optimisme post-élection présidentielle, mais fragile face aux élections à venir.

Enfin, les dynamiques régionales influencent le débat. La révolution syrienne a réduit l’influence iranienne, affaiblissant le Hezbollah et facilitant l’élection de Aoun. Des analyses, comme celle du CSIS en janvier 2025, soulignent que cette élection manifeste la faiblesse du groupe, avec des pressions arabes et occidentales pour un président non vetoé par l’Iran. Salam, conscient de ces enjeux, évite une confrontation directe avec le Hezbollah, priorisant la reconstruction économique. Le 15 janvier, dans une interview, Mirna Mneimneh a listé les défis pour les prochains mois : désarmement, élections et réformes, avec un horizon jusqu’en mai 2026.

Ces éléments factuels, ancrés dans les déclarations officielles et les événements diplomatiques récents, mettent en évidence les enjeux immédiats pour le Liban, où le respect du calendrier électoral reste un test pour la résilience institutionnelle.

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