Le Moyen-Orient connaît une escalade majeure entre Israël et l’Iran, marquée par des frappes militaires d’envergure. Dans la nuit du 12 au 13 juin 2025, Israël a lancé l’opération « Rising Lion » contre des cibles iraniennes, suivie de représailles iraniennes par missiles balistiques et drones les 13 et 14 juin. Des missiles israéliens ont survolé le Liban, et des débris d’interception sont tombés au Liban-Sud. Voici un point factuel sur la situation en Israël, en Iran, et les réactions internationales et régionales au 14 juin 2025 à 9h00.
Situation en Israël
Dans la nuit du 12 au 13 juin 2025, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont initié l’opération « Rising Lion », ciblant des sites nucléaires et militaires en Iran. Environ 200 avions de combat, incluant des F-15, F-16 et F-35, ont frappé des installations à Natanz, Ispahan, Fordo, Téhéran, Arak, et Kermanshah. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré que l’opération visait à neutraliser le programme d’enrichissement d’uranium iranien, affirmant que l’Iran était à quelques jours de produire une arme nucléaire. Les FDI ont rapporté que tous les pilotes sont rentrés sains et saufs.
En réponse, l’Iran a lancé plusieurs salves de missiles balistiques contre Israël. Une première attaque, dans la soirée du 13 juin, a visé Tel-Aviv, Jérusalem, Haifa, Beersheba, le Néguev, et la Galilée. Une deuxième salve, tôt le 14 juin, a inclus environ 100 missiles, selon l’agence de presse iranienne IRNA. Channel 12 Israel a rapporté trois morts et 64 blessés, dont deux grièvement atteints à Ramat Gan près de Tel-Aviv, où un missile a endommagé un immeuble résidentiel. Des dégâts ont été signalés à Rishon LeZion et dans la zone militaire de Kirya à Tel-Avi ou se situent le ministère de la défense et le siège du Mossad.
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Des sirènes d’alerte ont retenti dans de nombreuses régions, incluant la Haute-Galilée, le Golan, et la vallée de Beit Shean. Les FDI ont intercepté la majorité des missiles à l’aide des systèmes Dôme de fer, Fronde de David, et Arrow, avec l’assistance de forces américaines, britanniques, et jordaniennes. Trois drones venant de l’est, possiblement de l’Iran ou du Yémen, ont été abattus près d’Eilat, sans déclencher de sirènes. Le Home Front Command a ordonné aux civils de rester près des abris jusqu’à nouvel ordre, levant temporairement cette consigne à 4h35 le 14 juin.
Un état d’urgence a été déclaré en Israël dès le 12 juin. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a interdit les rassemblements publics, annulant une manifestation anti-Netanyahou prévue le 14 juin et la Pride de Tel-Aviv le 15 juin. Les écoles ont été fermées, l’espace aérien israélien suspendu, et des réservistes mobilisés. Les hôpitaux, comme l’hôpital Hadassah de Jérusalem, sont passés en mode urgence, transférant les services vers des zones protégées. Le Conseil national de sécurité a recommandé aux Israéliens et aux communautés juives à l’étranger d’éviter tout signe distinctif d’identité juive face à des menaces potentielles.
Des missiles iraniens ont été observés depuis Tyr, au Liban, tombant sur Haifa, selon des rapports locaux et des vidéos partagées sur Telegram. Channel 12 Israel a confirmé des impacts à Haifa, avec des dommages à des infrastructures, mais aucun bilan spécifique pour cette ville n’a été détaillé au-delà des chiffres nationaux.
Situation en Iran
Les frappes israéliennes, lancées dans la nuit du 12 au 13 juin 2025, ont ciblé plusieurs régions iraniennes, incluant Téhéran, Natanz, Ispahan, Fordo, Arak, Kermanshah, Hamadan, Tabriz, et Karaj. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a rapporté que le site de Natanz, où l’Iran enrichissait de l’uranium à 60 %, a été gravement endommagé, avec la destruction de la partie en surface de l’usine pilote d’enrichissement. Rafael Grossi, directeur de l’AIEA, a indiqué que la contamination radioactive était contenue, sans victimes signalées à Natanz. Les sites de Fordo et d’Ispahan, essentiels au programme nucléaire, ont également été touchés.
Des explosions ont été signalées près de l’aéroport de Mehrabad à Téhéran, avec des colonnes de fumée visibles, selon une vidéo de l’agence Isna. L’agence Fars a rapporté deux projectiles tombant près de l’aéroport. D’autres frappes ont visé des bases militaires à Hamadan, Tabriz, et Kermanshah, où une installation souterraine de stockage de missiles balistiques a été touchée. Une explosion à Karaj a endommagé une installation radar, et un site d’entraînement aérien à Nazarabad a été ciblé.
L’Iran a rapporté un bilan de 78 morts et plus de 320 blessés, selon son ambassadeur à l’ONU, Amir Saeid Iravani, qui a précisé que la majorité des victimes étaient des civils. Parmi les morts figurent des hauts responsables des Gardiens de la révolution, dont le commandant Hossein Salami, bien que des médias d’État aient démenti certaines informations. Six scientifiques nucléaires auraient également été tués, selon des rapports non confirmés de la BBC. Un canal Telegram, Infos Guerre Liban, a mentionné la capture d’un pilote israélien, mais cette information n’a pas été vérifiée par des sources officielles.
En réponse, l’Iran a lancé des missiles balistiques depuis Karaj, Shiraz, et d’autres sites, visant tout Israël. L’IRNA a rapporté l’utilisation de missiles hypersoniques Fattah et de plus de 100 drones Shahed. Les défenses aériennes iraniennes ont été activées à Téhéran, Ispahan, et Kermanshah, abattant un drone israélien près de Fordo, selon les médias iraniens. L’aéroport Imam Khomeini de Téhéran a été fermé, et des restrictions d’accès à Internet ont été imposées.
Réactions internationales
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné l’escalade militaire, appelant à la retenue pour éviter un conflit régional plus large. Il a exprimé sa préoccupation face aux frappes israéliennes sur les sites nucléaires iraniens, notant leur impact sur les négociations nucléaires en cours entre l’Iran et les États-Unis. Rafael Grossi a déclaré que les installations nucléaires ne doivent jamais être attaquées, soulignant les risques pour la sécurité régionale.
Le président américain Donald Trump a indiqué, dans une interview à Reuters, que les États-Unis étaient informés des frappes israéliennes mais n’y ont pas participé. Il a ajouté que les négociations nucléaires prévues le 15 juin restaient à l’agenda, bien qu’incertaines. Un haut responsable américain, McCoy Pitt, a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU que les États-Unis cherchaient une solution diplomatique, avertissant l’Iran de « conséquences désastreuses » en cas d’attaque contre des citoyens ou bases américaines. Les États-Unis ont évacué le personnel non essentiel des ambassades en Irak, à Bahreïn, et au Koweït.
Le président français Emmanuel Macron, selon un canal WhatsApp, aurait déclaré que la France participerait à la défense d’Israël en cas d’attaque iranienne, bien que cette déclaration n’ait pas été confirmée officiellement. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a appelé à la désescalade et a réaffirmé l’engagement de la France à reconnaître un État palestinien. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a reconnu le droit d’Israël à se défendre, tout en insistant sur une solution diplomatique.
Le président russe Vladimir Poutine a proposé une médiation, offrant des « initiatives concrètes » pour la paix, selon le Kremlin. L’envoyé russe à l’ONU a accusé le Royaume-Uni d’avoir dissimulé des avions israéliens à Chypre, une allégation non confirmée. L’Oman, médiateur des négociations nucléaires, a qualifié les frappes israéliennes de violation du droit international. L’Irak a dénoncé les survols israéliens de son espace aérien comme une violation de sa souveraineté.
Réactions au Moyen-Orient
Le ministre saoudien des Affaires étrangères a dénoncé les frappes israéliennes comme une violation de la souveraineté iranienne, qualifiant l’Iran de « pays frère ». La Jordanie a intercepté des drones iraniens dans son espace aérien, activant des sirènes à Amman. Le Hezbollah libanais a revendiqué des attaques sur le nord d’Israël le 13 juin, incluant Haifa, en soutien à l’Iran. Les Houthis yéménites ont lancé un missile balistique sur Gush Etzion, près de Jérusalem, blessant trois enfants palestiniens à Sa’ir, selon le Croissant-Rouge.
L’Irak a fermé son espace aérien, et des missiles israéliens ont été observés au-dessus de villes irakiennes en direction de la Jordanie. La Syrie a abattu des missiles d’interception israéliens, et des bases syriennes ont subi des pertes matérielles. L’Égypte n’a pas commenté les événements du 14 juin, mais le président Abdel Fattah Al-Sissi avait proposé un cessez-le-feu à Gaza en octobre 2024.
Contexte et impacts économiques
Les frappes israéliennes font suite à l’échec des négociations nucléaires à Oman en avril 2025, où l’Iran a rejeté une proposition américaine de démantèlement de son programme nucléaire. Le 12 juin 2025, l’Iran a annoncé une intensification de l’enrichissement d’uranium, provoquant la résolution de l’AIEA dénonçant ses violations.
Les cours du pétrole ont augmenté de 7 % le 13 juin, atteignant un pic de 11 %, selon Reuters. Le dollar s’est apprécié, le bitcoin a chuté à 103 000 dollars, et l’or a gagné plus de 1 %. Les compagnies aériennes, dont Air France, Lufthansa, Emirates, et Qatar Airways, ont suspendu leurs vols au-dessus des espaces aériens d’Israël, d’Iran, d’Irak, de Jordanie, et du Liban, entraînant une baisse de leurs actions de 3 à 5 %. L’aéroport de Beyrouth reste fermé, impactant l’économie libanaise déjà fragile.



