dimanche, février 22, 2026

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Raid israélien sur Beyrouth : un haut responsable de Hezbollah ciblé 

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Une opération ciblée dans la banlieue sud

Le mardi 1er avril 2025, à 3h30 du matin, des avions de chasse israéliens ont effectué une frappe précise dans la banlieue sud de Beyrouth, un secteur connu pour sa forte présence du Hezbollah. L’attaque a visé un immeuble dans le quartier de Sfeir, situé entre la rue Moawad et le complexe Al-Kazem. Selon un journaliste d’Al-Jadeed présent sur les lieux, deux étages du bâtiment ont été détruits, laissant place à des décombres que les équipes de secours ont immédiatement commencé à fouiller. Le ministère libanais de la Santé publique, par le biais de son centre d’opérations d’urgence, a publié un bilan révisé : trois morts et sept blessés, contre une première estimation de trois morts et quatre blessés. Les opérations de secours, appuyées par des engins lourds, se sont déroulées dans une zone résidentielle densément peuplée, où les ambulances ont convergé pour prendre en charge les victimes et évacuer les blessés vers les hôpitaux voisins.

Une cible liée à une opération contre Chypre

L’armée israélienne a justifié cette frappe par la nécessité d’éliminer une menace imminente. Selon un communiqué officiel, l’opération, dirigée par le Service de sécurité générale, ciblait un membre influent du Hezbollah suspecté d’avoir planifié une attaque contre un avion israélien à Chypre. Channel 14, une chaîne israélienne, a rapporté que des informations de renseignement avaient permis d’identifier ce projet, bien que les autorités n’aient pas divulgué de détails supplémentaires sur la nature exacte de l’opération déjouée. Plus tard dans la journée, l’agence « Akhbar Al-Youm » a révélé l’identité des personnes tuées : Amer Al-Dabbas, chef de l’unité 190 de navigation aérienne du Hezbollah, et Sameeh Dalool, commandant du bataillon Samaher au sein d’Al-Qassam, la branche militaire du Hamas. Cette action s’inscrit dans une stratégie israélienne visant à neutraliser les responsables de groupes armés jugés dangereux pour ses intérêts, une approche qui s’est intensifiée ces derniers mois. Par ailleurs, des drones israéliens ont été observés à basse altitude au-dessus de Nabatieh, suggérant une surveillance accrue dans d’autres régions du Liban.

Condamnation libanaise et appel à l’unité

Le président libanais, le général Joseph Aoun, a réagi avec fermeté à cette frappe, la qualifiant d’ »agression israélienne » et d’entorse flagrante à l’accord de cessez-le-feu signé le 26 novembre 2024. Cet accord, négocié sous médiation internationale, avait mis fin à plus d’un an de violences le long de la frontière sud du Liban. Dans une déclaration officielle, Aoun a souligné que cette attaque, la deuxième sur les environs de Beyrouth depuis novembre, révélait des « intentions hostiles » d’Israël à l’égard de son pays. Il a mis en avant le timing de l’opération, survenue quelques jours après un accord signé à Djeddah, sous l’égide de l’Arabie saoudite, pour sécuriser la frontière libano-syrienne. Faisant référence à sa récente rencontre avec Emmanuel Macron à Paris, où les deux dirigeants ont partagé une vision commune sur la stabilité régionale, Aoun a appelé à une mobilisation internationale pour protéger la souveraineté libanaise. Il a également insisté sur la nécessité d’une unité nationale face aux « violations extérieures » et aux « risques internes » qui pourraient justifier de nouvelles interventions israéliennes.

Intervention diplomatique française

Cette frappe survient dans un contexte diplomatique marqué par une tentative de désescalade. Le dimanche 30 mars 2025, Emmanuel Macron s’est entretenu avec Benjamin Netanyahu, appelant à un arrêt immédiat des bombardements sur Gaza, où un cessez-le-feu fragile s’est effondré ces dernières semaines. Dans un message diffusé sur X, le président français a insisté sur la nécessité de rétablir l’accès humanitaire à Gaza et de relancer un processus politique basé sur la solution à deux États, qu’il considère comme la seule garantie de paix durable. « Toute tentative d’annexion ou de déplacement forcé irait à l’encontre de cet objectif », a-t-il averti, tout en réaffirmant l’engagement de la France pour la sécurité d’Israël et la libération des otages. Concernant le Liban, Macron a exigé un respect strict du cessez-le-feu de novembre, une demande formulée à l’attention de toutes les parties. Il a également plaidé pour un renforcement des mécanismes de contrôle afin d’assurer le retrait complet des forces israéliennes du territoire libanais, condition essentielle à la restauration de la souveraineté de Beyrouth.

Fragilité du cessez-le-feu de novembre 2024

L’accord du 26 novembre 2024 avait instauré une trêve précaire entre Israël et le Hezbollah, prévoyant un retrait israélien du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans la région, et une limitation des activités militaires du Hezbollah au sud du fleuve Litani. Cependant, les deux camps se sont accusés mutuellement de violations répétées. La frappe du 1er avril, en ciblant des cadres présumés du Hezbollah et du Hamas, semble refléter la détermination d’Israël à agir de manière préventive, même au prix d’une rupture de cet accord. Joseph Aoun a dénoncé une « persistance de l’agressivité israélienne », tandis que des analystes estiment qu’une riposte du Hezbollah pourrait précipiter la fin officielle du cessez-le-feu. Pour l’instant, le groupe n’a pas annoncé de réaction, mais le survol de drones israéliens à Nabatieh, une ville clé du sud, est perçu comme une provocation potentielle, accentuant les risques d’escalade.

Liens avec la situation à Gaza

L’opération à Beyrouth s’inscrit dans un contexte régional plus large, marqué par une reprise des hostilités à Gaza. Depuis l’effondrement d’un cessez-le-feu en janvier 2025, Israël a multiplié les frappes sur l’enclave, aggravant une crise humanitaire déjà dramatique. Lors de son échange avec Netanyahu, Macron a suggéré qu’une désescalade à Gaza pourrait apaiser les tensions au Liban, établissant un lien entre les deux fronts. Cependant, le gouvernement israélien maintient une ligne dure, conditionnant toute pause militaire à la libération des otages et à l’élimination des capacités opérationnelles du Hamas et du Hezbollah. Cette politique, visant à sécuriser ses frontières, suscite des critiques, notamment de la France, qui y voit un obstacle à la paix régionale. L’accord de Djeddah, récemment conclu pour stabiliser la frontière libano-syrienne, risque d’être éclipsé par cette nouvelle flambée de violence.

Enjeux internes au Liban

Au niveau national, cette frappe a ravivé les appels à la cohésion face à une menace extérieure. Joseph Aoun a insisté sur la nécessité de soutenir le gouvernement de Najib Mikati pour contrer toute tentative de déstabilisation. Cependant, des tensions subsistent, notamment autour des élections municipales et facultatives prévues dans les prochains mois. Face aux spéculations sur un éventuel report, le bureau du Premier ministre Nawaf Salam a publié un démenti, réaffirmant l’engagement du gouvernement à respecter le calendrier électoral. Cette clarification vise à maintenir la confiance dans un pays fragilisé par des crises économique et politique persistantes, où chaque événement sécuritaire menace de faire dérailler les efforts de redressement.

Un risque d’embrasement régional

L’absence de préavis avant la frappe a amplifié l’inquiétude des habitants de la banlieue sud, habitués à des opérations parfois annoncées. Sur les réseaux sociaux, des images montrent des bâtiments endommagés et des familles évacuant les lieux dans la précipitation. Une réponse militaire du Hezbollah pourrait marquer la fin du cessez-le-feu et replonger le Liban dans un conflit ouvert avec Israël. Pour l’heure, la communauté internationale, avec la France et les États-Unis en première ligne, est appelée à intensifier ses efforts pour éviter une escalade incontrôlable dans une région déjà sous haute tension.

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Newsdesk Libnanews
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