Décisions gouvernementales et cap affiché
Le 9 août 2025, l’exécutif libanais a franchi une étape décisive en adoptant deux résolutions majeures : le retrait des armes détenues en dehors de l’autorité de l’État, incluant celles du Hezbollah, et l’approbation des objectifs d’une « feuille de route » américaine présentée par l’émissaire Tom Barrack. Al Joumhouriyat (9 août 2025) rapporte que cette double décision a provoqué « une crise majeure sans échappatoire » dans un pays déjà traversé par des tensions chroniques. Le journal souligne que l’équipe gouvernementale dirigée par le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam entend appliquer ces décisions « sans se laisser impressionner par les menaces », en fixant un cap irréversible. Cette orientation, selon la même source, repose sur la conviction que « ce qui vient après ne ressemblera pas à ce qui précédait », traduisant une volonté de changement structurel. Al Sharq (9 août 2025) estime que ces résolutions visent à montrer à la communauté internationale que le Liban est capable de mener un processus ordonné de désarmement, même dans un environnement interne instable.
Soutiens internes et extérieurs
Pour Al Sharq Al Awsat (9 août 2025), la décision est « historique » et marque « une ligne de partage entre l’État et le non-État », selon le député Ahmad El-Kheir. Les partisans de la mesure, dont plusieurs figures souverainistes, insistent sur la nécessité d’affirmer l’autorité exclusive des institutions étatiques. Washington a exprimé son appui en encourageant l’armée libanaise à jouer un rôle central dans la mise en œuvre, Donald Trump réitérant son soutien. Paris a également salué ce « tournant décisif », appelant à un dialogue inclusif pour éviter toute marginalisation politique. Nida’ Al Watan (9 août 2025) rappelle que l’objectif fixé est clair : remettre toutes les armes à l’État d’ici fin 2025.
Opposition structurée et calculée
En face, Al Bina’ (9 août 2025) décrit un Hezbollah et un mouvement Amal déterminés à explorer toutes les options. S’ils écartent pour l’instant la démission du gouvernement, ils privilégient une participation sélective aux réunions, un enregistrement systématique de leurs objections et la possibilité d’un retrait ciblé de certaines instances. La ministre de l’Environnement Tamara Zain a affirmé que la « feuille américaine » portait atteinte à la souveraineté et nécessitait un consensus national. Al Quds (9 août 2025) fait état d’une forte mobilisation dans la banlieue sud de Beyrouth, avec des cortèges de motos aux drapeaux du Hezbollah et d’Amal, scandant des slogans hostiles au Premier ministre Nawaf Salam et au chef des Forces libanaises Samir Geagea. Des feux ont été allumés près de l’aéroport, et l’armée a installé de multiples points de contrôle pour éviter toute escalade vers des zones sensibles comme Ain el-Remmaneh.
Lecture géopolitique et accusations d’alignement
Al Akhbar (9 août 2025) interprète cette séquence comme une étape dans un processus régional dicté par les États-Unis et Israël, visant à intégrer le Liban dans une architecture inspirée des accords d’Abraham. Selon ce quotidien, la feuille de route n’est pas un document technique mais une pièce stratégique destinée à modifier l’équilibre des forces régionales. Cette perception alimente un discours de méfiance envers le rôle des partenaires internationaux et nourrit la mobilisation d’une partie de l’opinion contre le plan.
Le rôle central de l’armée et les contraintes opérationnelles
Al Quds (9 août 2025) précise que l’armée, tout en étant appelée à exécuter la mission, ne dispose pas de marge de manœuvre autonome et doit agir sous couverture politique. Deux voies sont évoquées : un accord préalable avec le Hezbollah sur les modalités d’accès et de récupération des armes, ou l’usage de renseignements collectés et consolidés pour décision au Conseil des ministres. Al Sharq Al Awsat (9 août 2025) note que Washington presse l’armée d’avancer rapidement, tout en restant sous contrôle civil.
Fractures internes et absence de consensus
Ad Diyar (9 août 2025) rapporte que l’absence du tandem chiite lors de certaines réunions ministérielles illustre un refus net, sans rupture formelle. Al Joumhouriyat met en garde contre une dérive vers « la langue de la rue » et le risque d’affrontements directs. Les clivages actuels semblent se cristalliser autour d’une question centrale : comment appliquer le désarmement sans provoquer une explosion interne.
Pression internationale et calendrier imposé
Al Sharq Al Awsat (9 août 2025) rapporte que Tom Barrack a accordé au Liban jusqu’au 1er décembre pour progresser, maintenant une pression constante. Le Conseil de coopération du Golfe, selon Al Quds (9 août 2025), a salué la décision, y voyant une opportunité de renforcer la sécurité régionale. Ce calendrier contraint l’exécutif à avancer tout en gérant les résistances internes.
Opinion publique polarisée
Al Sharq (9 août 2025) observe que des citoyens favorables à l’autorité de l’État expriment des doutes sur la faisabilité du calendrier, pointant le manque de clarté sur les mécanismes de collecte des armes. À l’inverse, Al Bina’ souligne que certains craignent qu’un désarmement non accompagné de garanties sécuritaires ne fragilise le pays face aux menaces extérieures. Ces divergences reflètent une polarisation profonde, où chaque camp se revendique défenseur de la stabilité.
Politique locale : recomposition des alliances et tensions gouvernementales
Réorganisation interne au sein de l’exécutif
Le 9 août 2025, les journaux libanais s’accordent à décrire un exécutif en pleine recomposition stratégique. Selon Al Joumhouriyat (9 août 2025), le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam ont tenu plusieurs réunions élargies avec leurs conseillers pour affiner la feuille de route politique des prochains mois. L’objectif affiché est de maintenir l’unité du gouvernement tout en faisant avancer des dossiers sensibles, notamment le désarmement, la réforme judiciaire et la relance économique. Le quotidien précise que Joseph Aoun souhaite instaurer une méthode de suivi rigoureuse des décisions du Conseil des ministres, avec des rapports hebdomadaires transmis directement à la présidence. Cette centralisation vise à réduire les risques de blocage administratif et à assurer la cohérence des politiques publiques dans un climat politique tendu.
Tensions autour de la participation ministérielle
Pour Al Bina’ (9 août 2025), la présence ou l’absence des ministres du tandem Hezbollah-Amal aux réunions du Conseil reste un indicateur clé de l’état de la coalition. Le journal rapporte que, depuis l’adoption de la décision sur le désarmement, les représentants de ces partis alternent entre participation active et boycott partiel. Cette stratégie permet au tandem de maintenir une influence tout en exprimant son désaccord. Des sources citées par le journal expliquent que cette approche « graduée » vise à préserver des leviers politiques, notamment dans les négociations budgétaires et les discussions sur les nominations dans la haute fonction publique.
Rivalités partisanes et repositionnements
Ad Diyar (9 août 2025) souligne que la décision gouvernementale sur la feuille de route américaine a exacerbé les rivalités entre formations politiques. Les Forces libanaises, par la voix de Samir Geagea, y voient une « victoire de l’État » et un affaiblissement stratégique du Hezbollah. Le Courant patriotique libre, en revanche, exprime des réserves sur la rapidité du processus et appelle à des « garanties pour toutes les communautés ». Ces divergences, selon le quotidien, pourraient influer sur les alliances en vue des prochaines élections municipales et législatives. Al Sharq (9 août 2025) ajoute que plusieurs figures politiques envisagent des rapprochements tactiques temporaires pour peser sur les votes à venir, notamment sur les lois de décentralisation administrative.
Réformes institutionnelles et blocages persistants
Le dossier des réformes institutionnelles reste un terrain miné. Nida’ Al Watan (9 août 2025) note que la proposition de réforme judiciaire, visant à renforcer l’indépendance des magistrats, est soutenue par la présidence mais rencontre l’opposition de certains blocs parlementaires. Les points de friction portent sur la nomination des membres du Conseil supérieur de la magistrature et sur le rôle du ministre de la Justice dans la discipline judiciaire. La réforme de la fonction publique, également à l’agenda, suscite des débats similaires, chaque camp craignant de perdre des positions acquises.
Mobilisations locales et pression de la rue
Al Quds (9 août 2025) rapporte que plusieurs mouvements citoyens ont organisé des rassemblements devant le siège du gouvernement pour demander la mise en œuvre rapide des réformes anti-corruption. Ces manifestations, bien que limitées en nombre, bénéficient d’une couverture médiatique importante et exercent une pression morale sur les décideurs. Des slogans dénonçant « les retards calculés » et « l’impunité » ont été scandés, reflétant une frustration croissante face aux lenteurs politiques. Al Liwa’ (9 août 2025) précise que certaines associations envisagent de déposer des recours devant le Conseil d’État pour obliger l’exécutif à appliquer des lois déjà votées mais non promulguées.
Gestion sécuritaire et relations avec les municipalités
La coordination entre le ministère de l’Intérieur et les municipalités est au cœur des discussions. Selon Al Sharq Al Awsat (9 août 2025), le gouvernement souhaite déléguer davantage de responsabilités sécuritaires aux autorités locales, notamment dans la gestion des manifestations et le contrôle de certaines zones sensibles. Ce transfert de compétences, inspiré par des modèles étrangers, suscite des réserves parmi les préfets et gouverneurs, inquiets de la capacité des municipalités à assumer ces nouvelles charges sans budget additionnel.
Relations entre exécutif et Parlement
Al Akhbar (9 août 2025) observe que les débats parlementaires sont marqués par une tension croissante entre les blocs favorables à la présidence et ceux qui cherchent à freiner l’adoption de certaines réformes. Des échanges vifs ont eu lieu autour du projet de loi électorale, certains députés réclamant un redécoupage des circonscriptions pour mieux représenter les zones rurales, tandis que d’autres défendent le statu quo. Al Joumhouriyat (9 août 2025) rapporte que Joseph Aoun a convoqué une réunion interparlementaire pour tenter de dégager un consensus minimal avant la session extraordinaire prévue fin août.
Communication politique et image publique
La stratégie de communication du gouvernement évolue. Al Sharq (9 août 2025) indique que le Premier ministre Nawaf Salam a intensifié ses apparitions publiques et ses entretiens avec la presse, cherchant à défendre les réformes en cours et à rassurer sur la stabilité politique. Des conseillers en communication travaillent à harmoniser les messages émis par les différents ministères, afin d’éviter les contradictions qui pourraient être exploitées par l’opposition. Nida’ Al Watan(9 août 2025) note toutefois que cette offensive médiatique peine à convaincre les sceptiques, surtout dans les zones à forte implantation de l’opposition.
Citation et discours des personnalités politiques : déclarations fortes et lignes de fracture
Joseph Aoun et l’affirmation de l’autorité de l’État
Al Joumhouriyat (9 août 2025) rapporte que le président Joseph Aoun, lors d’une réunion élargie au palais de Baabda, a réaffirmé la détermination du gouvernement à appliquer la décision sur le désarmement « jusqu’à son terme, sans dévier du chemin tracé ». Dans un ton ferme, il a souligné que « le temps des demi-mesures est révolu » et que l’armée « est prête à exécuter le mandat qui lui est confié dans le cadre légal et constitutionnel ». Cette déclaration, relevée également par Al Sharq (9 août 2025), a été saluée par plusieurs partis souverainistes, y voyant une rare clarté dans l’expression présidentielle sur un dossier sensible.
Nawaf Salam et l’appel au consensus national
Pour Nida’ Al Watan (9 août 2025), le Premier ministre Nawaf Salam a adopté un ton conciliateur en déclarant que « le désarmement doit être l’occasion de réunir les Libanais autour d’une vision commune ». Lors d’une conférence de presse, il a mis en garde contre « toute exploitation partisane de cette décision » et insisté sur le respect des équilibres communautaires. Ses propos ont été interprétés par Al Liwa’ (9 août 2025) comme une tentative d’ouvrir la porte à un compromis avec le tandem chiite, tout en maintenant l’objectif fixé.
Tamara Zain et la critique de la feuille de route américaine
La ministre de l’Environnement, Tamara Zain, citée par Al Bina’ (9 août 2025), a déclaré que la « feuille de route américaine touche à la souveraineté nationale et ne peut être acceptée sans l’aval de toutes les composantes politiques ». Elle a accusé les promoteurs du plan de vouloir « imposer un calendrier dicté de l’extérieur » et a averti que « toute précipitation pourrait avoir des conséquences irréversibles sur la stabilité interne ». Ses propos ont été repris par plusieurs médias comme illustration de la fracture au sein même du gouvernement.
Ahmad El-Kheir et la défense de la décision
Selon Al Sharq Al Awsat (9 août 2025), le député Ahmad El-Kheir a qualifié la décision sur le désarmement de « ligne de partage historique entre l’État et le non-État ». Il a affirmé que « l’heure est venue de mettre fin à la dualité des armes » et a félicité le président et le Premier ministre pour « leur courage politique ». Cette prise de position, rapportée avec insistance par Al Sharq (9 août 2025), a été perçue comme un signal fort adressé à la base électorale souverainiste.
Samir Geagea et la dénonciation du Hezbollah
Ad Diyar (9 août 2025) rapporte que le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a salué la décision gouvernementale comme « la seule voie possible pour restaurer l’autorité de l’État », tout en critiquant vivement le Hezbollah, qu’il accuse « d’entretenir un État parallèle armé ». Dans un discours prononcé à Meerab, il a exhorté les Libanais à « soutenir sans réserve la mise en œuvre » de la décision, avertissant que « tout recul serait une trahison du mandat populaire ».
Ihab Hammadeh et la contestation constitutionnelle
Pour Al Sharq Al Awsat (9 août 2025), le député Ihab Hammadeh a dénoncé une décision « inconstitutionnelle » et « contraire aux principes de représentativité ». Il a déclaré que « l’exécutif outrepasse ses prérogatives » et que « toute mesure touchant aux armes de la résistance doit être négociée dans un cadre national inclusif ». Ces propos traduisent la ligne de défense juridique du tandem chiite.
Tom Barrack et le soutien américain
Al Sharq Al Awsat (9 août 2025) rapporte que l’émissaire américain Tom Barrack a salué la décision comme « une promesse tenue », affirmant que « le Liban a choisi la voie de l’État de droit ». Dans un entretien accordé au quotidien, il a souligné que « les États-Unis resteront aux côtés des autorités libanaises tant que la mise en œuvre avancera selon le calendrier convenu ».
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Diplomatie : appuis internationaux et équilibres régionaux
Soutien américain à la feuille de route
Al Sharq Al Awsat (9 août 2025) rapporte que l’émissaire américain Tom Barrack, en visite à Beyrouth, a réaffirmé l’appui de Washington aux décisions libanaises sur le désarmement. Il a déclaré que « le Liban a choisi la voie de l’État de droit » et a salué « un engagement ferme qui mérite un soutien total ». Selon le quotidien, cette déclaration s’accompagne de promesses d’assistance logistique et technique à l’armée libanaise pour garantir la mise en œuvre de la feuille de route. Al Sharq (9 août 2025) précise que les États-Unis ont fixé au 1er décembre la date limite pour constater des progrès tangibles, tout en maintenant un dialogue constant avec l’exécutif libanais.
Position française et appel au dialogue inclusif
Selon Al Sharq (9 août 2025), Paris a salué la décision du gouvernement libanais, la qualifiant de « tournant décisif ». Le ministère français des Affaires étrangères a appelé à un dialogue inclusif impliquant toutes les forces politiques afin d’éviter une marginalisation d’une partie de la population. La France insiste sur le fait que la réussite du processus dépendra de l’adhésion de l’ensemble des composantes libanaises. Al Quds (9 août 2025) souligne que l’ambassadeur de France à Beyrouth a multiplié les rencontres avec des représentants de différents blocs parlementaires pour encourager une dynamique consensuelle.
Réaction des pays du Golfe
Al Quds (9 août 2025) rapporte que le Conseil de coopération du Golfe a exprimé son soutien à la décision libanaise, estimant qu’elle constitue « une chance de renforcer la sécurité régionale ». Le communiqué souligne l’importance d’une mise en œuvre ordonnée pour éviter toute escalade interne. Al Liwa’ (9 août 2025) ajoute que plusieurs chancelleries du Golfe envisagent d’augmenter leur aide économique au Liban si les réformes politiques et sécuritaires avancent de manière crédible.
Israël et perception régionale
Pour Al Akhbar (9 août 2025), Israël voit dans la feuille de route un pas vers une reconfiguration régionale favorable à ses intérêts, inscrite dans la continuité des accords d’Abraham. Ce quotidien affirme que des contacts indirects entre Tel-Aviv et certaines capitales arabes viseraient à coordonner les étapes de ce processus. Al Bina’ (9 août 2025) met en garde contre une « normalisation déguisée » et accuse les États-Unis de chercher à redessiner les équilibres de sécurité dans la région à travers ce plan.
Relations avec les Nations unies
Al Joumhouriyat (9 août 2025) indique que le gouvernement libanais a transmis un rapport préliminaire au Secrétaire général de l’ONU détaillant les mesures prévues pour appliquer la décision sur le désarmement. Ce document, selon la même source, souligne la volonté du Liban de respecter ses engagements internationaux, notamment au titre de la résolution 1701. Al Sharq Al Awsat (9 août 2025) mentionne que le Département des opérations de maintien de la paix suit de près la situation et évalue l’impact potentiel sur la mission de la FINUL dans le Sud-Liban.
Contacts bilatéraux et initiatives diplomatiques
Ad Diyar (9 août 2025) rapporte que le ministre des Affaires étrangères libanais a entamé une série d’entretiens avec ses homologues arabes et européens pour expliquer les objectifs et le calendrier de la feuille de route. Ces échanges visent à rassurer sur la capacité du Liban à gérer ce processus sans déstabilisation interne. Nida’ Al Watan (9 août 2025) précise que le Liban cherche également à obtenir des garanties financières pour accompagner la phase de transition, notamment par le biais de programmes de coopération technique.
Médiation et diplomatie parallèle
Selon Al Liwa’ (9 août 2025), des diplomates arabes tentent d’ouvrir un canal de discussion discret entre le gouvernement et le tandem Hezbollah-Amal afin de réduire les tensions. Ces efforts, menés en marge des initiatives officielles, visent à éviter un blocage complet qui compromettrait la feuille de route. Al Sharq (9 août 2025) note que cette diplomatie parallèle se heurte à la méfiance réciproque des parties.
Politique internationale : repositionnements régionaux et alliances mouvantes
Les États-Unis et la stratégie régionale
Al Akhbar (9 août 2025) analyse la feuille de route américaine présentée au Liban comme un élément d’une stratégie plus large visant à réorganiser les rapports de force au Moyen-Orient. Selon ce quotidien, Washington cherche à intégrer le Liban dans un cadre régional inspiré des accords d’Abraham, en réduisant l’influence des acteurs non étatiques armés. Al Bina’ (9 août 2025) voit dans cette initiative une tentative de remodelage sécuritaire au profit des alliés américains, notamment Israël. Les États-Unis, par l’intermédiaire de Tom Barrack, multiplient par ailleurs les contacts bilatéraux dans la région pour rallier des soutiens au plan.
Réactions des capitales arabes
Pour Al Quds (9 août 2025), le Conseil de coopération du Golfe a accueilli favorablement la décision libanaise de s’engager sur la voie du désarmement, estimant qu’elle pourrait réduire les tensions interarabes et favoriser la stabilité. Le journal rapporte également que plusieurs États du Golfe envisagent de coordonner leurs politiques de sécurité avec Beyrouth, dans la perspective d’une coopération renforcée. Al Liwa’ (9 août 2025) indique que cette ouverture diplomatique pourrait se traduire par un accroissement des échanges économiques et une hausse des investissements.
Israël et ses calculs stratégiques
Al Akhbar (9 août 2025) affirme qu’Israël perçoit les décisions libanaises comme une opportunité de sécuriser sa frontière nord et de consolider sa position régionale. Selon le quotidien, Tel-Aviv suit de près les évolutions à Beyrouth et cherche à influencer indirectement le processus par l’intermédiaire de ses alliés régionaux. Al Bina’ met en garde contre des « manœuvres diplomatiques » visant à préparer une normalisation progressive, que ses opposants qualifient de « dangereuse pour la souveraineté arabe ».
Rôle de la France et de l’Union européenne
Al Sharq (9 août 2025) rapporte que la France défend une approche équilibrée combinant soutien au désarmement et dialogue inclusif. Paris, tout en appuyant la position américaine sur le renforcement de l’État libanais, insiste sur la nécessité d’éviter une marginalisation politique. L’Union européenne, selon Nida’ Al Watan (9 août 2025), s’aligne sur cette ligne et prépare un programme de soutien technique à la réforme du secteur sécuritaire au Liban.
Le dossier syrien et ses implications
Ad Diyar (9 août 2025) évoque les répercussions des décisions libanaises sur les relations avec la Syrie. Damas observe la situation avec prudence, craignant que l’affaiblissement du Hezbollah ne modifie les équilibres régionaux au détriment de ses intérêts. Des diplomates syriens, cités par le quotidien, estiment que toute modification de la configuration militaire dans le Sud-Liban pourrait avoir des effets indirects sur la frontière syro-libanaise.
L’ONU et la dimension multilatérale
Al Joumhouriyat (9 août 2025) indique que le Liban a soumis un rapport à l’ONU sur ses engagements dans le cadre de la résolution 1701, suscitant un suivi attentif du Département des opérations de maintien de la paix. Al Sharq Al Awsat(9 août 2025) précise que la FINUL évalue déjà l’impact des décisions sur sa mission et pourrait adapter son dispositif en fonction de l’évolution de la situation.
La Turquie et l’ombre des rivalités régionales
Pour Al Liwa’ (9 août 2025), la Turquie surveille de près les évolutions au Liban, notamment en raison de ses liens économiques et de ses intérêts en Méditerranée orientale. Bien que n’ayant pas exprimé de position officielle sur la feuille de route, Ankara pourrait chercher à renforcer son influence dans un contexte de recomposition régionale.
Économie : l’essor attendu grâce à la diaspora et aux réformes structurelles
Le rôle central de la diaspora dans la relance
Selon Al Sharq (9 août 2025) et Ad Diyar (9 août 2025), la diaspora libanaise demeure le moteur économique le plus stable face à l’effondrement des dernières années. Le président Joseph Aoun, lors de l’ouverture du quatrième « Congrès de l’économie diasporique » à Beyrouth, a souligné que les transferts financiers, estimés à 6,5 milliards de dollars au début de la crise, ont représenté jusqu’à 33 % du PIB à leur pic. Outre ce soutien monétaire, les expatriés sont perçus comme des investisseurs, des diffuseurs de savoir-faire et des partenaires dans la planification économique, avec une capacité à générer des opportunités d’emploi et à soutenir les petites entreprises locales.
Réformes et cadre législatif
Les journaux Ad Diyar et Al Sharq Al Awsat (9 août 2025) détaillent une série de réformes en cours : loi sur les zones économiques spéciales pour les industries technologiques, restructuration du secteur bancaire avec suppression du secret bancaire, loi de partenariat public-privé et renforcement de l’indépendance judiciaire. Ces mesures visent à instaurer un environnement transparent, stable et sécurisé, capable de restaurer la confiance des investisseurs et d’attirer des capitaux arabes et étrangers.
Investissements et diplomatie économique
Le président Aoun a insisté, dans Al Sharq (9 août 2025), sur l’importance de réintégrer le Liban dans un rôle productif au niveau régional, notamment dans les projets de reconstruction et les grandes transformations économiques du Moyen-Orient. La stratégie inclut une diplomatie économique active pour ouvrir des marchés au-delà de la diaspora, dans des secteurs comme l’énergie, l’économie verte, l’intelligence artificielle et les technologies avancées.
Effet saisonnier du retour des expatriés
Comme le rapporte Ad Diyar (9 août 2025), l’été 2025 a vu un afflux important de visiteurs libanais de l’étranger et de touristes arabes, créant une dynamique positive sur les marchés, le secteur hôtelier et le commerce de détail. Les milieux économiques y voient un indicateur encourageant pour la reprise, même si cette impulsion reste saisonnière et nécessite des mesures structurelles pour devenir durable.
Appel à la modernisation de la loi sur l’investissement
Dans Al Sharq et Ad Diyar (9 août 2025), plusieurs intervenants du congrès économique ont insisté sur la nécessité de mettre à jour la loi sur l’investissement afin de l’adapter aux mutations économiques mondiales et de renforcer l’attractivité du Liban. L’objectif : établir une « feuille de route » claire précisant les opportunités sectorielles, les avantages fiscaux et les partenariats potentiels avec la diaspora et les investisseurs internationaux.
Justice : affaires en cours et tensions dans l’appareil judiciaire
Enquête sur les falsifications d’actes de naissance dans le Nord
Al Joumhouriyat (9 août 2025) révèle une vaste affaire de falsification d’actes de naissance dans le Nord du Liban impliquant des médecins, des mokhtars et des employés hospitaliers. Selon le quotidien, plusieurs certificats de naissance auraient été délivrés illégalement à des enfants nés hors du pays ou à des personnes fictives, en échange de sommes importantes. Les enquêteurs estiment que ces faux documents pourraient avoir été utilisés pour obtenir la nationalité libanaise ou faciliter des opérations de fraude. Le parquet a ordonné des arrestations et perquisitions dans plusieurs localités, et des documents saisis devraient permettre de remonter aux commanditaires.
Sanctions disciplinaires contre le juge Walid Al-Maal
D’après Al Akhbar (9 août 2025), le Conseil supérieur de la magistrature a confirmé la sanction disciplinaire contre le juge Walid Al-Maal, accusé de manquement à l’honneur judiciaire et de comportement incompatible avec ses fonctions. La décision prévoit son transfert vers un poste administratif dépourvu de prérogatives juridictionnelles, ainsi que l’ouverture de poursuites pénales. Les débats internes au Conseil ont été vifs, certains magistrats estimant que la sanction aurait dû se limiter à un avertissement, tandis que d’autres ont plaidé pour sa révocation pure et simple.
Arrestations pour vols et trafic à Tyr
Ad Diyar (9 août 2025) rapporte que les forces de sécurité ont arrêté à Tyr un ressortissant palestinien soupçonné d’avoir commis plusieurs vols de motos et d’être impliqué dans un trafic de drogue. Selon les enquêteurs, les véhicules volés étaient échangés contre des stupéfiants, puis revendus sur le marché noir. Le suspect, déjà connu pour des antécédents criminels, a été placé en détention préventive et devrait être déféré devant la justice militaire.
Divergences politiques sur les nominations judiciaires
Pour Al Akhbar (9 août 2025), les Forces libanaises et les Kataëb s’opposent sur la répartition des postes clés au sein de l’appareil judiciaire. Les Forces libanaises défendent la nomination de juges qu’elles considèrent comme « intègres et indépendants », tandis que les Kataëb accusent leur rival de chercher à contrôler le pouvoir judiciaire à des fins politiques. Cette querelle retarde la finalisation des nominations et alimente un climat de méfiance au sein du Parlement.
Avancée dans le dossier Moussa Sadr
Ad Diyar (9 août 2025) rapporte que la justice libanaise poursuit ses investigations sur la disparition de l’imam Moussa Sadr en Libye en 1978. De nouveaux témoignages recueillis auprès d’anciens responsables sécuritaires libyens pourraient relancer l’affaire. Le parquet a sollicité l’assistance judiciaire internationale afin d’obtenir l’accès à des archives officielles et d’interroger des témoins résidant à l’étranger.
Société : tensions sociales et défis dans les services publics
Hausse des tarifs hospitaliers et contestations
Selon Al Quds (9 août 2025), l’adoption d’une nouvelle grille tarifaire dans les hôpitaux publics spécialisés en santé mentale et traitement des addictions a suscité une vague de critiques. Le coût journalier d’hospitalisation est passé de 150 à 550 livres égyptiennes, hors frais médicaux, ce qui alourdit considérablement la charge financière pour les familles déjà fragilisées. Des parlementaires et des associations estiment que cette mesure contrevient au droit constitutionnel à la santé et risque de priver les plus démunis d’accès aux soins essentiels.
Crise dans le corps médical
Toujours selon Al Quds (9 août 2025), huit des quinze gynécologues de l’hôpital universitaire de Tanta ont présenté leur démission collective. Elles dénoncent des conditions de travail éprouvantes, un manque chronique de matériel et de personnel, ainsi qu’une absence de perspectives d’amélioration. Les syndicats médicaux y voient le signe d’une dégradation structurelle du système de santé publique et craignent une aggravation de la pénurie de spécialistes.
Appels à l’unification du système de santé
Al Sharq (9 août 2025) rapporte que le bureau de santé central du Rassemblement national démocratique et le comité du syndicat des médecins ont demandé au gouvernement d’unifier les régimes d’assurance maladie. Leur proposition inclut la création d’une carte de santé unique, gérée par la Caisse nationale de sécurité sociale, couvrant tous les citoyens, y compris les personnes âgées de plus de 60 ans. L’objectif est d’éliminer les disparités de traitement entre les assurés et d’optimiser l’allocation des ressources.
Mobilisations pour les droits sociaux
Dans un autre registre, Al Joumhouriyat (9 août 2025) fait état de manifestations à Tripoli contre la cherté de la vie et les coupures d’électricité prolongées. Les organisateurs, issus de collectifs citoyens, réclament un plan d’urgence pour garantir un minimum de services publics et dénoncent la corruption dans la gestion des ressources énergétiques. Ces mobilisations témoignent d’un ras-le-bol croissant dans les régions marginalisées.
Solidarité et initiatives communautaires
Face aux défaillances de l’État, Ad Diyar (9 août 2025) souligne l’émergence de réseaux solidaires. Des associations locales organisent des distributions alimentaires, des collectes de médicaments et des actions de soutien scolaire pour les enfants déscolarisés. Ces initiatives pallient partiellement les manquements institutionnels, mais leurs organisateurs avertissent que leur capacité reste limitée sans soutien officiel.
Culture : initiatives artistiques, patrimoine et scènes en mouvement
Appel à candidatures pour représenter le Liban aux Oscars 2026
Selon Al Sharq (9 août 2025), le ministère de la Culture a annoncé la poursuite de la réception des candidatures pour représenter le Liban dans la catégorie du meilleur film international aux Oscars 2026. La date limite a été fixée au 2 septembre 2025. Les réalisateurs ou producteurs intéressés peuvent déposer leur dossier auprès de la Direction générale des affaires culturelles au palais de l’UNESCO durant les heures de travail officielles, ou l’envoyer par courriel à l’adresse officielle fournie par le ministère. Le dossier doit comprendre plusieurs documents : une lettre de candidature adressée à la direction, un résumé d’une page du film, des supports de communication disponibles, un plan promotionnel détaillé, ainsi qu’une preuve des projections cinématographiques effectuées si le film est retenu. Les œuvres doivent respecter les critères établis par l’Académie des arts et sciences du cinéma, notamment en matière de durée, de format et de dates de projection. Ce processus vise à garantir la représentation de la production cinématographique libanaise sur la scène internationale, malgré un contexte local marqué par des contraintes budgétaires et un marché intérieur limité.
Peinture en plein air à Deir el-Qamar
Al Akhbar (9 août 2025) rapporte que la ville historique de Deir el-Qamar a accueilli l’événement artistique « Tableau en plein air », réunissant des peintres libanais qui ont installé leurs chevalets dans les rues et les places de la vieille ville. Les participants, venus de plusieurs régions, ont travaillé sous les yeux du public, créant des œuvres inspirées de l’architecture ottomane et des paysages environnants. Cette initiative vise à rapprocher l’art des citoyens et à animer la vie culturelle locale. Les organisateurs soulignent que ce type d’événement contribue à la valorisation du patrimoine bâti tout en offrant aux artistes un espace d’expression en dehors des galeries traditionnelles. Les visiteurs ont pu échanger directement avec les peintres, observer les techniques employées et même acquérir certaines œuvres sur place, renforçant ainsi l’économie artistique régionale.
Valorisation du patrimoine de Tripoli : le projet Oscar Niemeyer
D’après Ad Diyar (9 août 2025), un projet ambitieux de restauration et de valorisation du « Salon International » de Tripoli, conçu par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est en préparation. L’objectif est de transformer ce site, resté inachevé depuis la guerre civile, en un pôle culturel, touristique et économique. Les travaux prévus incluent la réhabilitation des pavillons, l’aménagement d’espaces pour expositions, concerts et festivals, ainsi que la création d’un centre de congrès. Le projet est soutenu par plusieurs acteurs locaux et internationaux, mais des questions subsistent sur le financement et la gouvernance du futur complexe. Les défenseurs du patrimoine estiment que cette initiative pourrait redonner à Tripoli une place centrale dans la vie culturelle libanaise et renforcer l’attractivité de la ville auprès des visiteurs étrangers.
Exposition d’art pour enfants et adolescents à Baakline
Toujours selon Ad Diyar (9 août 2025), la localité de Baakline, dans le Chouf, a accueilli la clôture de l’exposition « Quand les mains des jeunes incarnent les œuvres des grands », organisée par l’artiste Dima Dhaybian en collaboration avec une association culturelle locale. L’événement, qui s’est déroulé sur plusieurs jours, a permis à des enfants et adolescents de présenter des créations inspirées de maîtres libanais et internationaux. Les œuvres exposées allaient de la peinture à la sculpture, en passant par la photographie. Les organisateurs ont insisté sur l’importance de sensibiliser les jeunes à l’art dès le plus jeune âge, afin de nourrir leur créativité et leur esprit critique. Des ateliers pratiques ont été proposés en marge de l’exposition, permettant aux participants de s’initier à différentes techniques artistiques sous la supervision de professionnels.
Agenda culturel et perspectives
Les journaux du 9 août 2025, notamment Al Sharq, Al Akhbar et Ad Diyar, signalent plusieurs événements à venir dans les semaines suivantes. Outre l’échéance du dépôt des candidatures aux Oscars, des expositions photographiques sont prévues à Beyrouth, ainsi que des concerts de musique classique dans des sites historiques comme Beiteddine et Byblos. Des festivals de théâtre amateur sont également programmés dans le Sud et la Békaa, offrant une vitrine aux talents locaux. Les acteurs culturels interrogés insistent sur la nécessité d’un soutien accru de l’État pour pérenniser ces initiatives, souvent fragilisées par le manque de financements et les incertitudes politiques. Les perspectives pour la saison culturelle restent contrastées : d’un côté, un dynamisme indéniable porté par des initiatives privées et communautaires ; de l’autre, des difficultés structurelles qui freinent le développement d’une offre culturelle accessible à tous.



