Le refus d’Israël de se retirer totalement du territoire libanais, malgré l’accord de cessez-le-feu, suscite une vive réaction au Liban et à l’international. La situation sur le terrain reste tendue alors que le gouvernement libanais intensifie ses efforts diplomatiques pour obtenir un retrait total des forces israéliennes avant l’échéance prévue du 18 février 2025.
Israël maintient ses forces dans le sud du Liban
Selon Al Joumhouria (13 février 2025), l’armée israélienne a informé la commission de surveillance de la trêve qu’elle comptait prolonger son déploiement dans plusieurs points stratégiques du sud du Liban, notamment dans les localités de Tallet al-Awida, al-Hamamiss, al-Aziyeh, al-Labouneh et Jabal Balat. L’argument avancé par Israël repose sur des « nécessités sécuritaires » et la crainte d’une résurgence des affrontements. Cette annonce a immédiatement été perçue comme une violation des termes du cessez-le-feu et a provoqué une réaction ferme des autorités libanaises.
Réaction libanaise et pression diplomatique
Le président libanais Joseph Aoun a réaffirmé la position officielle du Liban, exigeant un retrait immédiat et total des troupes israéliennes. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), le chef de l’État a transmis un message clair aux gouvernements américain et français, les appelant à exercer une pression plus forte sur Tel-Aviv pour éviter toute prolongation de l’occupation de ces territoires. Il a également mis en garde contre toute tentative israélienne de modifier la donne sur le terrain en usant de prétextes sécuritaires pour retarder son départ.
Les États-Unis et la France, garants de l’accord de cessez-le-feu signé en janvier dernier, ont été sollicités pour clarifier leur position face à cette prolongation. Al Sharq Al Awsat (13 février 2025) rapporte que des discussions ont eu lieu au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, où plusieurs pays arabes ont exigé une réunion d’urgence pour examiner la question. L’Union européenne a également réagi en appelant Israël à respecter ses engagements et à finaliser son retrait sans conditions supplémentaires.
Le Hezbollah en état d’alerte
Face à cette situation, le Hezbollah a intensifié sa vigilance. D’après Nahar Int’l (13 février 2025), le mouvement chiite considère le maintien israélien sur certaines positions du sud comme une « provocation » et un « chantage militaire ». Des sources proches du parti ont indiqué que toute tentative israélienne d’établir une présence prolongée entraînerait une réponse immédiate sur le terrain. Le Hezbollah affirme être en contact avec ses alliés régionaux, notamment l’Iran et la Syrie, pour discuter des mesures à adopter en cas d’escalade.
Des sources militaires citées par Al 3arabi Al Jadid (13 février 2025) signalent également une recrudescence des vols de reconnaissance israéliens au-dessus du Liban, notamment dans la région de Beyrouth et de la Bekaa, ce qui alimente davantage les craintes d’une détérioration rapide de la situation sécuritaire.
Manœuvres israéliennes et tensions régionales
L’annonce israélienne intervient dans un contexte plus large de tensions régionales. Selon Al Quds (13 février 2025), Israël maintient que son déploiement prolongé vise à garantir la sécurité de ses frontières nord face à la « menace persistante du Hezbollah ». L’article souligne que le Premier ministre israélien, lors d’une déclaration officielle, a évoqué la nécessité de « préserver la stabilité et de prévenir toute infiltration hostile », justifiant ainsi la poursuite des opérations de surveillance dans certaines zones libanaises.
Dans un développement connexe, Ad Diyar (13 février 2025) rapporte que des forces israéliennes ont intensifié leur présence dans le Golan occupé, signalant ainsi une volonté d’étendre leur dispositif militaire en prévision d’éventuels affrontements.
Réactions internationales : condamnation et silence ambigu
Si plusieurs pays arabes, notamment la Jordanie et l’Égypte, ont exprimé leur opposition au maintien israélien sur le sol libanais, les réactions des grandes puissances restent plus mesurées. Al Sharq (13 février 2025) note que Washington a appelé Israël à « honorer ses engagements », sans toutefois brandir de sanctions ou de mesures coercitives en cas de non-respect de l’accord.
De son côté, Moscou a saisi cette opportunité pour critiquer la gestion américaine du conflit. Selon El Sharq Newspaper (13 février 2025), la diplomatie russe a dénoncé un « deux poids, deux mesures » et appelé à une intervention plus ferme du Conseil de sécurité de l’ONU pour forcer Israël à se retirer totalement.
Vers un report de l’échéance du 18 février ?
Alors que la date butoir approche, des rumeurs circulent sur une possible extension tacite de la présence israélienne dans certaines zones contestées. Al Joumhouria (13 février 2025) mentionne que des négociations sont en cours entre les représentants israéliens et américains pour discuter d’une « période transitoire » qui pourrait repousser le retrait définitif jusqu’à fin février, voire mars. Cette perspective est rejetée en bloc par le gouvernement libanais et par plusieurs partis politiques locaux, qui y voient une tentative déguisée d’établir de nouvelles lignes de démarcation favorables à Israël.
L’incertitude demeure quant aux développements des prochains jours. La diplomatie libanaise continue d’exercer une pression maximale pour éviter toute prorogation, tandis que l’opposition politique et les forces armées restent sur le qui-vive, prêtes à réagir en cas de nouvel affrontement.
Politique locale : Formation du gouvernement de Joseph Aoun et nouveaux défis politiques au Liban
Un gouvernement enfin formé après des mois de blocage
Après plusieurs mois d’impasse, le Liban a enfin un nouveau gouvernement dirigé par Joseph Aoun, le chef de l’armée devenu une figure de consensus pour sortir de la crise. Sa nomination et la formation de son cabinet marquent une nouvelle étape politique dans un pays en proie à des tensions profondes et une détérioration économique alarmante. Selon Nahar (13 février 2025), ce gouvernement, bien que perçu comme une solution temporaire, doit affronter des défis immédiats et structurels, allant de la stabilisation économique aux tensions interconfessionnelles.
Joseph Aoun, qui jouit d’une grande popularité au sein de l’armée et d’une certaine neutralité politique, a été choisi comme figure de consensus après l’échec des partis à s’accorder sur un Premier ministre issu du monde politique traditionnel. Al Joumhouria (13 février 2025) souligne que sa nomination a été rendue possible grâce à une médiation intense impliquant la France, les États-Unis et certains pays du Golfe, qui ont poussé à une solution « technique » pour éviter l’implosion du pays.
Un gouvernement de transition entre technocrates et figures politiques
La composition du gouvernement reflète une tentative d’équilibre entre technocrates et personnalités politiques influentes. Selon Al Sharq Al Awsat (13 février 2025), Joseph Aoun a insisté pour inclure des ministres compétents issus de la société civile et des experts économiques, afin de rassurer les bailleurs de fonds internationaux et de répondre aux attentes de la population. Cependant, les partis traditionnels ont réussi à conserver des postes clés, notamment dans les ministères de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères, assurant ainsi leur influence sur les grandes décisions du pays.
Cette situation soulève des interrogations sur la marge de manœuvre réelle de Joseph Aoun, dont la mission principale est de préparer le pays à des élections législatives anticipées et de relancer les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Al 3arabi Al Jadid (13 février 2025) note que si ce gouvernement est perçu comme une avancée, il pourrait aussi être rapidement paralysé par les mêmes tensions politiques qui ont bloqué ses prédécesseurs.
Les premières décisions du gouvernement et les défis à relever
Dès son entrée en fonction, le gouvernement Joseph Aoun a pris plusieurs mesures d’urgence pour répondre aux crises immédiates. Selon Al Quds (13 février 2025), la priorité a été donnée à la stabilisation monétaire, avec un plan visant à limiter la chute de la livre libanaise et à freiner l’inflation. Un renforcement des subventions pour les produits de première nécessité a également été annoncé, en attendant une restructuration plus profonde du secteur bancaire.
Cependant, les défis restent immenses :
- Rouvrir les négociations avec le FMI pour débloquer l’aide financière nécessaire à la relance économique.
- Lancer un plan de réformes structurelles pour lutter contre la corruption et rétablir la confiance des investisseurs.
- Réformer le secteur énergétique, alors que le pays subit toujours des coupures d’électricité chroniques.
- Maintenir l’ordre public et éviter une montée des tensions sociales, dans un contexte où les grèves et manifestations continuent.
Nida’ Al Watan (13 février 2025) souligne que la population libanaise reste sceptique quant à la capacité de ce gouvernement à réellement mettre en œuvre ces réformes, après des années de promesses non tenues.
Une opposition divisée mais toujours influente
Si Joseph Aoun bénéficie d’un soutien relatif pour stabiliser le pays, l’opposition à son gouvernement se fait déjà entendre. Selon El Sharq Newspaper (13 février 2025), plusieurs blocs politiques dénoncent un cabinet qui reste sous l’influence des partis traditionnels, malgré l’image technocratique qu’il tente de projeter.
Le Hezbollah, qui s’est montré pragmatique face à la nomination de Joseph Aoun, surveille attentivement les décisions du gouvernement, notamment en ce qui concerne la coopération avec l’Occident et les négociations avec le FMI. De son côté, les forces pro-occidentales espèrent que ce gouvernement de transition servira à affaiblir l’influence du Hezbollah sur l’État.
Ad Diyar (13 février 2025) rapporte que des tensions existent déjà sur la question des réformes judiciaires et économiques, certains acteurs politiques voyant dans ces réformes une menace pour leurs propres intérêts. Cette opposition interne risque de ralentir ou de bloquer certaines initiatives du gouvernement, limitant ainsi ses marges de manœuvre.
Un contexte social toujours explosif
Malgré la formation du gouvernement, la situation sociale reste extrêmement tendue. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), les syndicats et les mouvements de contestation continuent d’appeler à des manifestations, estimant que ce cabinet ne changera pas fondamentalement la réalité des citoyens.
Plusieurs secteurs, notamment l’éducation et la santé, sont au bord de l’effondrement en raison du manque de financement et de la fuite des compétences. L’insécurité reste également une préoccupation majeure, avec une hausse des crimes violents et des enlèvements contre rançon, accentuée par la crise économique.
L’impact régional et international du gouvernement Joseph Aoun
La nomination de Joseph Aoun a également des implications au niveau régional et international. Selon Nahar Int’l(13 février 2025), plusieurs pays, dont la France et les États-Unis, espèrent que ce gouvernement servira à réduire l’influence du Hezbollah et à faciliter la mise en place de réformes pro-occidentales. Cependant, l’Iran et la Syrie surveillent également de près cette évolution politique, cherchant à préserver leurs intérêts au Liban.
Le Liban reste donc un terrain de jeu pour les rivalités internationales, et la réussite du gouvernement Joseph Aoun dépendra de sa capacité à équilibrer les influences étrangères tout en répondant aux attentes internes.
Vers une stabilisation ou un nouvel échec ?
Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer la capacité du gouvernement Joseph Aoun à répondre aux attentes. Trois scénarios principaux se dessinent :
- Une stabilisation temporaire avec la mise en œuvre de quelques réformes économiques et un apaisement des tensions sociales.
- Un blocage progressif en raison des résistances internes et des divisions politiques, limitant l’action du gouvernement.
- Une crise politique majeure si le gouvernement échoue rapidement à répondre aux attentes, entraînant un retour aux manifestations massives et à un possible effondrement institutionnel.
Al 3arabi Al Jadid (13 février 2025) conclut que le succès de Joseph Aoun dépendra de sa capacité à imposer une dynamique de changement rapide, tout en évitant les jeux politiques classiques qui ont paralysé ses prédécesseurs.
Politique Internationale : Intensification des tensions au Moyen-Orient et en Afrique
L’escalade entre Israël et l’Iran : un conflit de plus en plus ouvert
Selon Al Sharq Al Awsat (13 février 2025), les tensions entre Israël et l’Iran ont franchi un nouveau seuil critique. L’armée israélienne a mené plusieurs frappes aériennes en Syrie, visant des positions tenues par des milices pro-iraniennes. Ces attaques sont perçues comme une réponse aux récentes annonces de Téhéran concernant le développement de nouvelles capacités balistiques avancées.
D’après Al Joumhouria (13 février 2025), l’Iran a qualifié ces frappes d’« actes de guerre » et a promis une réponse « stratégique et asymétrique ». Téhéran pourrait mobiliser ses alliés régionaux, notamment les forces chiites en Irak et au Yémen, pour exercer une pression accrue sur Israël et ses partenaires occidentaux.
Les États-Unis ont réagi en renforçant leur présence militaire en Méditerranée orientale. Al Liwa’ (13 février 2025) souligne que Washington a envoyé plusieurs navires de guerre supplémentaires dans la région, dans une démonstration de force destinée à dissuader toute escalade majeure. La situation reste volatile et pourrait entraîner des répercussions sur l’ensemble du Moyen-Orient.
L’Arabie saoudite et la question palestinienne : entre diplomatie et pression internationale
D’après El Sharq (13 février 2025), l’Arabie saoudite continue de réaffirmer son engagement en faveur de la cause palestinienne malgré les pressions de Washington pour une normalisation totale avec Israël. Riyad maintient que la solution à deux États, basée sur les frontières de 1967, reste la seule option viable pour une paix durable.
Cependant, selon Al Diyar (13 février 2025), l’administration américaine pousse activement l’Arabie saoudite à formaliser des accords de coopération avec Israël, notamment dans le domaine de la sécurité et de l’économie. Ces pressions interviennent dans un contexte de réorganisation stratégique au Moyen-Orient, où plusieurs pays arabes ont déjà signé des accords avec Israël sous l’égide des Accords d’Abraham.
Toutefois, Riyad semble vouloir temporiser. Al Sharq Al Awsat (13 février 2025) rapporte que le prince héritier Mohammed ben Salmane a récemment déclaré que toute avancée significative dans les relations avec Israël dépendra des progrès réalisés en faveur des Palestiniens. Cette position met l’Arabie saoudite en porte-à-faux avec les États-Unis, qui espèrent une annonce avant la fin de l’année.
Base militaire russe au Soudan : un nouveau levier d’influence pour Moscou en Afrique
Selon Al Sharq Al Awsat (13 février 2025), la Russie et le Soudan ont signé un accord stratégique autorisant Moscou à établir une base navale sur les côtes soudanaises. Cette installation pourra accueillir jusqu’à quatre navires militaires, dont des bâtiments à propulsion nucléaire, et déployer 300 soldats russes sur place.
D’après Al Joumhouria (13 février 2025), cet accord vise à renforcer la présence russe en mer Rouge, une zone stratégique où les États-Unis et la Chine sont déjà très actifs. Le Soudan espère obtenir en échange un soutien logistique et des livraisons d’armes russes pour moderniser son armée.
L’administration américaine s’inquiète de cette expansion. Al Diyar (13 février 2025) rapporte que Washington tente de convaincre Khartoum de reconsidérer cet accord en proposant une alternative sous forme d’aide économique et militaire. Cependant, la Russie semble déterminée à s’ancrer durablement dans la région, profitant des tensions internes au Soudan et du besoin d’appuis sécuritaires du gouvernement en place.
Le plan controversé de Donald Trump pour Gaza suscite l’indignation arabe
D’après Al Joumhouria (13 février 2025), l’ancien président américain Donald Trump continue de défendre un projet visant à relocaliser une partie de la population de Gaza vers d’autres pays, principalement en Égypte et en Jordanie. Cette proposition, qui s’inscrit dans sa stratégie pour un retour en politique, est vivement rejetée par les pays arabes.
Selon El Sharq (13 février 2025), Le Caire et Amman ont catégoriquement refusé ce plan, considérant qu’il pourrait provoquer une déstabilisation interne. Le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré que son pays n’acceptera jamais une telle mesure, soulignant qu’il s’agirait d’une violation des droits des Palestiniens.
L’Égypte, pour sa part, insiste sur la nécessité d’un règlement politique garantissant la souveraineté palestinienne. Al Liwa’ (13 février 2025) ajoute que Le Caire a proposé une alternative : un vaste plan de reconstruction de Gaza financé par les pays du Golfe et supervisé par l’ONU, afin d’empêcher tout déplacement forcé de populations.
Cette initiative vise à contrer les ambitions de Trump, qui continue de prôner une approche économique du conflit israélo-palestinien, plutôt qu’une solution politique.
Économie : Crise persistante et incertitudes sur l’avenir financier du Liban
Une situation économique toujours critique
L’économie libanaise continue de souffrir d’une crise prolongée, avec des indicateurs qui restent au rouge malgré les tentatives du gouvernement de stabiliser la situation. Selon Al Joumhouria (13 février 2025), le pays enregistre un taux de contraction économique de 9,2 %, d’après un rapport publié par le Programme des Nations unies pour le développement (UNDP). Cette récession s’explique par une baisse drastique de l’activité économique, des pertes massives dans les secteurs industriels et commerciaux, ainsi que par la détérioration des infrastructures publiques.
La dépréciation continue de la livre libanaise reste un problème majeur. Selon Nahar (13 février 2025), la monnaie nationale a atteint de nouveaux records de faiblesse, entraînant une hausse des prix et une érosion rapide du pouvoir d’achat des ménages. L’inflation galopante a atteint plus de 140 % sur un an, impactant tous les secteurs, notamment l’alimentation et les services de base.
Face à cette crise, le gouvernement tente de relancer les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) afin d’obtenir une aide financière d’urgence. Cependant, selon El Sharq (13 février 2025), les discussions butent sur des désaccords concernant les réformes économiques et la restructuration du secteur bancaire.
Un système bancaire en faillite structurelle
Le secteur bancaire libanais reste l’un des principaux foyers de la crise économique. Depuis 2019, les banques sont incapables de restituer les dépôts des épargnants, ce qui a conduit à une perte de confiance massive de la population. Selon Nahar (13 février 2025), la Banque du Liban travaille actuellement sur un projet de modification des circulaires 158 et 166 afin d’élargir l’accès des déposants à leurs fonds, mais ces mesures restent insuffisantes pour restaurer la stabilité du secteur.
Le gouverneur par intérim de la Banque centrale a récemment déclaré que la réforme du secteur bancaire était une priorité absolue. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), il envisage un plan de restructuration qui inclurait la fermeture ou la fusion de plusieurs banques en difficulté, ainsi que l’introduction d’une nouvelle réglementation visant à garantir une plus grande transparence financière.
Toutefois, ces mesures sont loin de rassurer les investisseurs et les agences de notation internationales, qui continuent d’abaisser la note du Liban. Selon Ad Diyar (13 février 2025), le pays est actuellement classé parmi les économies les plus risquées du monde, ce qui complique davantage l’accès aux financements internationaux.
Le poids croissant de la dette publique
La dette publique libanaise a atteint un niveau insoutenable, dépassant 170 % du PIB, selon Nahar (13 février 2025). Cette situation est aggravée par l’absence de réformes structurelles et par la persistance d’un modèle économique basé sur l’endettement et la dépendance aux financements extérieurs.
Le gouvernement a présenté un plan de restructuration de la dette qui prévoit une réduction progressive des engagements de l’État, mais ce plan est jugé insuffisant par plusieurs experts. Selon Al Joumhouria (13 février 2025), les créanciers internationaux exigent des réformes fiscales plus rigoureuses, notamment en matière de lutte contre la corruption et d’amélioration de la gouvernance publique.
Secteurs en crise et difficultés des entreprises
Le secteur privé libanais est lui aussi durement touché par la crise. De nombreuses entreprises ont fermé leurs portes ces dernières années en raison des difficultés d’accès aux devises étrangères et de la baisse de la consommation intérieure. Selon Al 3arabi Al Jadid (13 février 2025), la plupart des petites et moyennes entreprises (PME) fonctionnent à perte, et les grandes sociétés peinent à maintenir leurs activités.
Le secteur immobilier, autrefois moteur de l’économie libanaise, traverse également une période difficile. Selon El Sharq (13 février 2025), la baisse des investissements étrangers et la dévalorisation des actifs immobiliers ont entraîné un effondrement des prix de l’immobilier de près de 50 % depuis 2019.
Le commerce et le tourisme, deux piliers traditionnels de l’économie libanaise, ne sont pas épargnés. La baisse du nombre de visiteurs étrangers, couplée aux restrictions bancaires sur les transactions internationales, a considérablement affaibli ces secteurs. Selon Ad Diyar (13 février 2025), les revenus du tourisme ont chuté de plus de 60 % par rapport aux niveaux d’avant-crise.
Quelles perspectives pour l’économie libanaise ?
Malgré ces défis, certaines initiatives visent à relancer l’économie. Le gouvernement libanais mise sur l’exploitation des ressources en hydrocarbures offshore pour attirer des investissements étrangers. Selon Al 3arabi Al Jadid (13 février 2025), des négociations sont en cours avec des compagnies internationales pour accélérer les opérations d’exploration gazière et pétrolière.
Par ailleurs, certains économistes plaident pour une refonte totale du modèle économique libanais. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), des propositions ont été faites pour encourager la production locale et réduire la dépendance aux importations, notamment dans les secteurs agricoles et industriels.
Toutefois, la reprise économique du Liban reste conditionnée à plusieurs facteurs :
- Stabilité politique : la formation d’un gouvernement fonctionnel capable de mettre en œuvre des réformes est indispensable.
- Accords avec le FMI : un soutien financier international permettrait de stabiliser les réserves de change et de restaurer la confiance des investisseurs.
- Réformes structurelles : la lutte contre la corruption et la refonte du secteur bancaire sont des priorités incontournables.
Le Liban traverse l’une des pires crises économiques de son histoire. L’absence de mesures rapides et efficaces risque d’aggraver encore la situation, mettant en péril l’avenir du pays et de ses citoyens.
Justice : Affaires judiciaires en cours au Liban
L’affaire Riad Salamé : Un procès sous haute tension
L’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, est toujours au cœur d’une vaste enquête judiciaire portant sur des accusations de corruption, blanchiment d’argent et détournement de fonds publics. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), il reste sous le coup de plusieurs mandats judiciaires, tant au Liban qu’à l’international, alors que ses avocats tentent d’obtenir sa libération conditionnelle.
L’affaire Salamé a pris une dimension internationale, avec des enquêtes ouvertes en France, en Suisse et en Allemagne, où il est accusé d’avoir détourné des fonds publics vers des comptes bancaires à l’étranger. Selon El Sharq(13 février 2025), les preuves accumulées montrent un réseau complexe de transactions financières suspectes, impliquant notamment des sociétés écrans et des placements immobiliers en Europe.
Face à ces accusations, le procureur financier libanais, Jean Tannous, a réaffirmé que « les preuves recueillies par la justice sont suffisantes pour une inculpation ferme ». Cependant, des blocages politiques ralentissent le processus judiciaire, certains acteurs influents cherchant à éviter une condamnation qui pourrait révéler l’implication d’autres hauts responsables libanais dans ces détournements de fonds.
Enquête sur les détournements de fonds publics
En parallèle de l’affaire Salamé, plusieurs enquêtes sont en cours sur la gestion des finances publiques libanaises. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), la justice enquête sur des subventions publiques suspectes qui auraient été accordées à des entreprises fictives, notamment dans le secteur de l’énergie et des infrastructures.
Le gouvernement libanais avait alloué des fonds d’urgence pour atténuer la crise économique, mais des soupçons de détournement planent sur ces aides, qui auraient été utilisées à des fins privées par certains responsables. Le procureur général a convoqué plusieurs anciens ministres et fonctionnaires de haut rang, parmi lesquels l’ex-ministre des Finances et l’ex-ministre de l’Énergie, accusés d’avoir autorisé des paiements douteux.
Une source judiciaire a révélé que l’enquête s’oriente vers la récupération des sommes détournées et la mise en place de sanctions contre les personnes impliquées. Cependant, comme pour l’affaire Salamé, des ingérences politiques freinent l’avancement des procédures judiciaires.
L’affaire des explosions du port de Beyrouth toujours bloquée
L’enquête sur les explosions du port de Beyrouth, qui ont causé plus de 200 morts et 6 500 blessés en août 2020, est toujours dans l’impasse. Depuis plusieurs années, des blocages politiques et juridiques entravent le travail du juge d’instruction.
Selon Al Joumhouria (13 février 2025), le juge Tarek Bitar, chargé du dossier, continue de subir de fortes pressions de la part de la classe politique. Plusieurs ministres et députés soupçonnés d’avoir négligé les avertissements sur la dangerosité du nitrate d’ammonium stocké dans le port refusent toujours de coopérer avec la justice, invoquant leur immunité parlementaire.
Les familles des victimes, soutenues par des ONG internationales, réclament une enquête indépendante sous supervision de l’ONU, estimant que le système judiciaire libanais est incapable de rendre justice. Selon El Sharq (13 février 2025), plusieurs pays occidentaux ont récemment menacé d’imposer des sanctions contre les responsables politiques bloquant l’enquête, mais aucune mesure concrète n’a encore été prise.
Affaires de corruption : l’impunité toujours présente
En dehors des grandes enquêtes en cours, de nombreuses affaires de corruption continuent d’émerger, témoignant de l’ampleur de la crise de gouvernance au Liban. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), plusieurs marchés publics accordés dans les secteurs du bâtiment et des infrastructures sont actuellement sous investigation, en raison de soupçons de surfacturation et de détournements de fonds.
Les experts estiment que la corruption endémique est l’un des principaux obstacles à la relance économique du Liban. Tant que la justice ne sera pas en mesure de sanctionner les responsables politiques impliqués dans ces affaires, il est peu probable que le pays puisse regagner la confiance des investisseurs et de la communauté internationale.
Quelles perspectives pour la justice libanaise ?
Malgré la multiplication des enquêtes, l’indépendance du système judiciaire reste fragile, et les ingérences politiques empêchent souvent les magistrats d’agir librement. Selon El Sharq (13 février 2025), de nombreux juges ont été remplacés ou écartés après avoir tenté d’ouvrir des dossiers sensibles.
Les réformes judiciaires promises par le gouvernement sont encore à l’état de projet, et les organisations internationales de défense des droits de l’homme continuent de dénoncer l’absence de progrès en matière de lutte contre l’impunité. Selon Al Joumhouria (13 février 2025), certains observateurs espèrent que la pression internationale finira par forcer les autorités libanaises à respecter les engagements pris en matière de transparence et de justice.
Toutefois, tant que les institutions resteront sous le contrôle des élites politiques et que les juges seront soumis à des pressions, il est peu probable que le Liban assiste à une réelle transformation de son système judiciaire.
La précarisation croissante et l’effondrement des services publics
La crise économique prolongée au Liban a entraîné une dégradation alarmante des conditions de vie, frappant de plein fouet les classes moyennes et populaires. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), plus de 80 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, une situation sans précédent qui témoigne de l’échec total des politiques économiques et sociales du gouvernement.
L’inflation incontrôlée et la chute de la livre libanaise ont multiplié par sept le coût de la vie en seulement quelques années. Un simple panier alimentaire coûte aujourd’hui l’équivalent de plusieurs fois le salaire minimum, forçant des millions de Libanais à se tourner vers les ONG et les aides internationales pour leur survie. Les quartiers populaires de Beyrouth, autrefois animés par une classe moyenne dynamique, sont désormais marqués par des files d’attente devant les associations caritatives distribuant des repas et des médicaments.
Les services publics, déjà fragiles avant la crise, sont aujourd’hui en ruine. Selon El Sharq (13 février 2025), le système de santé est au bord de l’effondrement, avec des hôpitaux qui ferment ou réduisent leurs services faute de financement. Les pénuries de médicaments et la fuite des médecins vers l’étranger aggravent encore la situation, rendant les soins inaccessibles pour une majorité de la population.
L’éducation n’est pas en reste. Les enseignants du secteur public, payés en livres libanaises dévaluées, peinent à survivre et multiplient les grèves. Résultat : les écoles publiques sont de plus en plus désertées, et de nombreux enfants se retrouvent sans accès à l’éducation, accentuant les risques de décrochage scolaire et de marginalisation.
Une crise du logement qui pousse à l’exode
Avec l’effondrement de l’économie et l’inflation galopante, le marché du logement est devenu inaccessible pour une grande partie des Libanais. Les loyers, souvent indexés sur le dollar, ont explosé, forçant de nombreuses familles à quitter les grandes villes ou à vivre dans des conditions précaires. Selon Al Joumhouria (13 février 2025), de nombreux propriétaires exigent désormais d’être payés en dollars frais, excluant ainsi une majorité de locataires piégés par la dévaluation de la monnaie nationale.
Cette crise du logement est directement liée à l’exode massif des Libanais. Face à l’impossibilité de vivre dignement dans leur pays, de plus en plus de jeunes et de familles cherchent à partir, souvent vers l’Europe ou le Canada. Selon El Sharq (13 février 2025), le nombre de demandes de visas pour l’émigration a été multiplié par trois en trois ans, un indicateur clair du désespoir qui s’est emparé de la population.
Les Libanais qui restent dans le pays s’organisent pour survivre, multipliant les initiatives communautaires pour assurer l’entraide et la solidarité. Des associations locales ont vu le jour pour fournir des repas, des soins médicaux et même des solutions de logement d’urgence. Mais ces initiatives, aussi louables soient-elles, ne suffisent pas à compenser l’absence totale de soutien de l’État.
L’effondrement du contrat social et la montée de la colère populaire
L’un des effets les plus inquiétants de la crise actuelle est l’effondrement total du contrat social entre les citoyens et l’État. Les Libanais ne font plus confiance à leurs institutions, perçues comme corrompues et incompétentes. Les services publics sont devenus un luxe, et l’État est incapable d’assurer même les besoins les plus élémentaires de la population.
Selon Al Joumhouria (13 février 2025), les mouvements de contestation sociale se sont multipliés ces derniers mois, avec des manifestations spontanées contre la pauvreté, la corruption et la hausse du coût de la vie. Les blocages de routes et les affrontements sporadiques entre manifestants et forces de l’ordre sont devenus fréquents, illustrant le désespoir grandissant de la population.
Le phénomène des « hold-up citoyens », où des Libanais armés entrent dans des banques pour récupérer leurs propres économies gelées, est un autre symptôme de cette désintégration du contrat social. Selon El Sharq (13 février 2025), plusieurs dizaines de cas ont été recensés ces derniers mois, certains aboutissant à des affrontements avec la police.
Vers une radicalisation de la société ?
Face à cette situation sans issue, certains analystes craignent une radicalisation des mouvements sociaux, voire une montée de la violence politique. Le mécontentement populaire, combiné à l’absence de solutions politiques et économiques, pourrait déboucher sur une instabilité accrue.
Selon Al Liwa’ (13 février 2025), les jeunes Libanais, en particulier, sont de plus en plus nombreux à rejoindre des groupes activistes, certains prônant la désobéissance civile et l’action directe contre les symboles du pouvoir. La colère grandit également contre les banques, perçues comme complices du vol des économies des citoyens.
Dans ce contexte explosif, le Liban pourrait être confronté à une nouvelle vague de soulèvements populaires, avec des conséquences imprévisibles sur la stabilité du pays. Si aucune solution politique et économique n’est trouvée rapidement, la situation pourrait encore empirer, alimentant un cercle vicieux de révoltes et de répression.
Culture : La scène culturelle libanaise en pleine effervescence malgré la crise
Malgré la crise économique et politique qui paralyse le Liban, la scène culturelle reste un espace de résistance et d’expression pour les artistes et créateurs. Alors que de nombreux secteurs sont en souffrance, l’art et la culture continuent de prospérer, portés par une volonté inébranlable de préserver l’identité libanaise et de transmettre un message d’espoir.
Selon Al Joumhouria (13 février 2025), plusieurs initiatives artistiques ont vu le jour ces derniers mois, notamment des expositions d’art contemporain, des festivals de musique et des performances théâtrales qui attirent un public toujours plus nombreux. Les artistes libanais, confrontés à des conditions économiques précaires, utilisent leur travail comme un moyen de dénoncer la situation du pays, de raviver la mémoire collective et d’offrir un espace d’évasion à une population éprouvée.
L’un des événements majeurs cette année est le Festival de Beyrouth des Arts Visuels, qui s’est ouvert en janvier et met en lumière les nouveaux talents de la scène artistique libanaise. Selon Al Liwa’ (13 février 2025), ce festival est l’un des rares espaces où les artistes peuvent encore s’exprimer librement, en abordant des thèmes aussi variés que la mémoire collective, la crise économique et la résilience du peuple libanais. Cette année, l’exposition phare intitulée « Fragments d’un Liban oublié » rassemble des œuvres qui illustrent le contraste entre l’héritage culturel du pays et les ruines laissées par la crise.
De nombreux artistes choisissent de s’exprimer à travers le street art et les installations urbaines, qui permettent de toucher un large public sans les contraintes des galeries traditionnelles. À Beyrouth, les façades des immeubles racontent désormais l’histoire du pays à travers des fresques engagées, dénonçant la corruption, la crise sociale et l’exode massif des jeunes talents. Les graffeurs libanais, inspirés par des figures comme Yazan Halwani, utilisent l’espace urbain comme une toile vivante, où chaque mur devient un message de révolte ou d’espoir.
La photographie documentaire est également en plein essor, avec plusieurs expositions mettant en avant le quotidien des Libanais dans un pays en crise. Selon Al Joumhouria (13 février 2025), l’exposition « Chroniques d’un pays en suspension », qui s’est tenue en janvier, a attiré un large public en présentant des clichés poignants de la vie quotidienne sous les coupures d’électricité, la pauvreté et l’incertitude.



