La visite à Beyrouth d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a cristallisé les divisions au sein de la classe politique libanaise. Selon Ad Diyar du 14 août 2025, cette visite a été interprétée comme une démonstration de force de l’axe Téhéran-Hezbollah. Larijani, connu pour son ton modéré et son rôle central dans les politiques régionales de l’Iran, a affirmé lors de ses rencontres avec les dirigeants libanais que « la République islamique d’Iran reste engagée auprès du Liban dans le respect de sa souveraineté » (Ad Diyar, 14 août 2025). Cependant, derrière cette posture diplomatique, les discussions ont porté principalement sur la question du désarmement du Hezbollah, thématique qui demeure au cœur des polémiques internes.
Le président Joseph Aoun, dans ses échanges avec Larijani, a exprimé une position ferme sur la nécessité de contenir toute influence étrangère dans les décisions nationales. « Le Liban n’acceptera jamais que sa souveraineté soit conditionnée par les intérêts d’une puissance extérieure, quelle qu’elle soit », a-t-il déclaré selon Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025. Le Premier ministre Nawaf Salam, de son côté, a insisté sur le respect des institutions constitutionnelles comme seule voie de coopération légitime avec l’Iran (Al Sharq Al Awsat, 14 août 2025).
Dans une tribune publiée par Al Akhbar le 14 août 2025, le chroniqueur politique Karim Hadad a critiqué la décision du gouvernement d’approuver la feuille de route du médiateur américain Tom Barrack concernant la stratégie nationale de défense. Selon lui, cette décision a été prise sans consensus confessionnel, violant ainsi la règle du vivre-ensemble et de la représentativité équilibrée. Il qualifie la décision de « non conforme à la Constitution libanaise » et de « tentative d’imposer par la force un schéma étranger dans la politique sécuritaire du pays » (Al Akhbar, 14 août 2025).
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La situation s’est aggravée lorsque plusieurs ministres issus des principales formations chiites ont annoncé qu’ils suspendaient leur participation aux travaux du Conseil des ministres. Ce boycott, rapporté par Al Joumhouriyat du 14 août 2025, a mis en lumière l’enracinement du désaccord sur la question du monopole de la violence légitime. Le quotidien note que le gouvernement risque la paralysie si cette fronde se poursuit, d’autant plus qu’aucune alternative viable n’a été présentée pour maintenir la cohésion exécutive.
Pressions diplomatiques et positions contradictoires
Sur le plan international, la position de l’Iran semble s’inscrire dans une logique de réaction préventive à la recomposition des alliances régionales. D’après An-Nahar du 14 août 2025, les services diplomatiques iraniens auraient perçu la visite à Beyrouth comme une contre-offensive à la préparation du sommet Trump-Poutine en Alaska. Ce sommet, dont les contours restent flous, est perçu à Téhéran comme un risque de marginalisation stratégique, notamment si une feuille de route américano-russe concernant le Moyen-Orient devait être proposée sans consultation préalable de l’Iran (An-Nahar, 14 août 2025).
Dans ce contexte, les analystes du Al Bina’ du 14 août 2025 estiment que l’intervention de Larijani est à lire comme un signal destiné à Washington autant qu’à Moscou : « Nous restons un acteur incontournable sur le théâtre libanais. » Ce message, adressé indirectement au sommet d’Alaska, s’accompagne d’un rappel à l’ordre destiné aux partenaires libanais : l’Iran maintient ses canaux de communication et son influence au sein des structures informelles du pouvoir libanais.
Toutefois, l’initiative iranienne n’a pas trouvé un écho favorable dans toutes les capitales régionales. Selon Al Liwa’ du 14 août 2025, l’Arabie saoudite aurait exprimé, par voie diplomatique, son inquiétude quant au timing et au contenu de la visite, la considérant comme un obstacle aux efforts de normalisation en cours entre Beyrouth et plusieurs capitales du Golfe. Le journal rapporte également que l’émissaire saoudien au Liban, en poste temporaire, aurait écourté une série de réunions prévues avec des responsables libanais, en guise de désapprobation tacite.
À l’échelle locale, les réactions divergent profondément. Tandis que les partisans du Hezbollah saluent l’initiative iranienne comme un « acte de solidarité face à l’agression occidentale », des voix critiques montent au sein de la société civile. D’après un article d’Al Sharq du 14 août 2025, plusieurs ONG ont dénoncé « l’interférence persistante de puissances étrangères dans les décisions nationales libanaises », appelant à la réaffirmation d’une souveraineté pleine et entière sans tutelle politique ni militaire.
Blocage institutionnel et menaces sur la stabilité
Le contexte politique libanais reste marqué par l’absence d’un véritable dialogue national. La question du désarmement, en particulier, semble cristalliser l’impossibilité d’un compromis. Selon Al Akhbar du 14 août 2025, le gouvernement aurait envisagé d’introduire dans son programme législatif une clause prévoyant l’ouverture d’un débat au Parlement sur la stratégie de défense. Cette proposition, présentée comme un compromis technique, a aussitôt été rejetée par plusieurs partis, dont le Courant patriotique libre et le mouvement Amal, qui la considèrent comme une tentative d’imposer un agenda conflictuel sans fondement consensuel.
Les conséquences de cette impasse sont multiples. Sur le plan sécuritaire, les services de renseignement redoutent une recrudescence des incidents communautaires. Comme le note Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025, plusieurs affrontements mineurs ont été signalés dans des zones mixtes du sud du pays et de la Bekaa. Bien que maîtrisés, ces événements traduisent une fragilisation du tissu social face à la polarisation politique exacerbée.
L’autre grand risque identifié est celui de la paralysie économique. Le quotidien Al Sharq du 14 août 2025 rapporte que le ministère des Finances a été contraint de repousser plusieurs échéances budgétaires en raison de l’incertitude sur les fonds alloués par le Conseil des ministres. Par ailleurs, la Banque du Liban, dirigée par Karim Souaid, a exprimé ses inquiétudes sur la stabilité monétaire, soulignant que « l’immobilisme institutionnel compromet gravement la confiance des investisseurs et la planification à moyen terme » (Al Sharq, 14 août 2025).
L’impact s’étend aussi aux relations avec les institutions financières internationales. D’après Al Bina’ du 14 août 2025, le Fonds monétaire international aurait demandé des garanties écrites sur l’engagement du gouvernement à procéder à des réformes structurelles, notamment en matière de fiscalité et de lutte contre la corruption. Or, en l’absence de majorité claire au Parlement, ces garanties n’ont pas pu être délivrées.
Risque de vide politique et contestation populaire latente
Enfin, une crainte se répand dans les cercles diplomatiques : celle d’un vide politique prolongé. Al Joumhouriyat du 14 août 2025 mentionne l’éventualité d’une démission collective du bloc ministériel mené par les alliés du Hezbollah si aucune clarification n’est apportée sur les prérogatives sécuritaires. Ce scénario ouvrirait la voie à un gouvernement intérimaire sans légitimité parlementaire claire, ravivant les tensions de la rue.
Les manifestations populaires, bien qu’encore sporadiques, pourraient s’intensifier. Al Akhbar du 14 août 2025 souligne que plusieurs collectifs citoyens envisagent de relancer les mobilisations de masse entamées en 2019, cette fois-ci contre l’« instrumentalisation des institutions par des agendas étrangers ». Dans ce climat de tension, les forces de sécurité redoublent de vigilance. Le journal évoque un plan d’urgence de la Sûreté générale pour sécuriser les axes principaux reliant Beyrouth à Tripoli et à la frontière sud, en prévision de possibles troubles.
Politique locale : escalade des clivages autour de l’équilibre confessionnel et des compétences gouvernementales
Blocages autour du Conseil des ministres et rupture du consensus
La scène politique libanaise est actuellement dominée par une crise de confiance au sein même de l’exécutif. Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam traverse une impasse majeure, alimentée par une série de décisions jugées unilatérales par plusieurs formations politiques. Selon Al Akhbar du 14 août 2025, la validation de la feuille de route américaine sur la stratégie de défense a cristallisé la rupture entre les membres du Conseil des ministres. La feuille, présentée par le médiateur Tom Barrack lors de son passage à Beyrouth, prévoit un processus de désarmement progressif sous supervision internationale. Plusieurs ministres, représentant les courants chiites, ont quitté la salle en signe de protestation, jugeant cette validation contraire au pacte national.
Dans sa couverture, Al Joumhouriyat du 14 août 2025 détaille la position du président de la République Joseph Aoun, qui aurait demandé que toute décision sur ce sujet soit précédée d’un consensus interconfessionnel. Il a rappelé que « toute initiative touchant à la souveraineté et à la sécurité nationale doit être approuvée par l’ensemble des composantes du pays ». La phrase, reprise largement dans la presse, vise à contenir les accusations de partialité portées contre le chef de l’État depuis sa récente prise de position favorable à une limitation du rôle sécuritaire du Hezbollah. Le journal signale également que des négociations parallèles se poursuivent entre le Palais de Baabda et les représentants de plusieurs partis afin de trouver une issue au blocage.
Sur le plan institutionnel, Ad Diyar du 14 août 2025 souligne la dislocation du front ministériel autour des prérogatives sécuritaires, mais aussi économiques. Le journal révèle que plusieurs ministres, notamment ceux affiliés au Mouvement Amal et au Courant patriotique libre, menacent de suspendre leur participation à l’exécutif si la décision sur la feuille de route est maintenue. Cette position pourrait mener à une paralysie institutionnelle totale, privant l’État des moyens d’adopter le budget 2026 et d’enclencher les réformes attendues par le Fonds monétaire international.
Dissensions autour du rôle des institutions et crispations communautaires
Le clivage ne se limite pas aux débats de politique sécuritaire. Al Liwa’ du 14 août 2025 met en avant les critiques adressées par plusieurs chefs religieux aux réformes constitutionnelles proposées par le gouvernement. Selon le journal, ces critiques visent notamment une réforme du mode de nomination au Conseil constitutionnel, perçue comme une tentative d’affaiblir la représentation chrétienne dans les institutions. Un évêque maronite, cité sans nom, dénonce une manœuvre politique visant à déséquilibrer le pacte de 1943. En réponse, plusieurs figures sunnites ont rappelé que « la neutralité confessionnelle des nominations administratives est une exigence de long terme pour une modernisation de l’État ».
De son côté, Al Sharq du 14 août 2025 documente les tensions dans l’administration publique, notamment autour du ministère des Finances, dirigé par une figure proche du 14 Mars. Des accusations de marginalisation de fonctionnaires issus de certaines confessions ont été relayées par le journal. Il indique qu’une série de nominations en attente depuis plusieurs mois n’a toujours pas été entérinée, faute d’accord entre les blocs parlementaires. La situation bloque le bon fonctionnement des administrations régionales, en particulier dans les régions du Akkar, du Sud et de la Békaa.
Par ailleurs, An-Nahar du 14 août 2025 mentionne la contestation grandissante au sein des syndicats de la fonction publique. Selon des sources syndicales anonymes, les disparités dans les primes et les augmentations salariales entre différents ministères seraient devenues insoutenables. Le quotidien précise que cette situation accentue la défiance entre fonctionnaires, alimentant un sentiment de communautarisation rampante de l’appareil d’État. Une source gouvernementale, citée dans le même article, reconnaît que « le climat est délétère et compromet la cohésion de l’administration, même sur les questions techniques ».
Recomposition des alliances et enjeux électoraux en toile de fond
La recomposition du paysage politique libanais se fait en grande partie à travers ces débats institutionnels. Selon Al Bina’ du 14 août 2025, plusieurs partis d’opposition, dont Kataëb et les Forces libanaises, envisagent de former une nouvelle coalition parlementaire centrée sur la défense des institutions et la neutralité du Liban. Cette initiative viserait à contrer l’influence croissante du Hezbollah et de ses alliés dans les décisions de l’État. L’idée d’un front souverainiste reconfiguré pour les élections municipales de 2026 est également évoquée.
À ce propos, Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 signale que la scène politique libanaise se prépare à un nouveau cycle électoral, avec un retour progressif des anciens leaders du 14 Mars sur le devant de la scène. Le journal cite plusieurs sondages internes, non publiés, montrant un regain de popularité pour les figures historiques du mouvement, notamment dans le Nord et le Metn. Cependant, des divisions persistent entre les factions chrétiennes et les centristes sur la stratégie à adopter face à la polarisation sécuritaire.
Dans le même temps, Nahar du 14 août 2025 indique que plusieurs députés indépendants tentent de jouer les médiateurs dans le conflit institutionnel actuel. Le journal rapporte une initiative confidentielle menée par trois parlementaires, dont un ancien ministre de l’Éducation, pour relancer une conférence de dialogue national. Cette conférence, envisagée à Baabda ou dans un cadre neutre à Aley, viserait à réactiver les mécanismes de concertation suspendus depuis les événements de l’automne 2024.
Enfin, sur le terrain municipal, Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025 évoque des élections locales prévues à Tripoli et dans la banlieue sud de Beyrouth, où les tensions entre partisans du courant du Futur et ceux du Hezbollah sont palpables. La compétition électorale, dans ces zones sensibles, est susceptible de servir de test grandeur nature pour les futures alliances nationales.
Crise de représentativité et retour du débat sur la réforme institutionnelle
Au-delà des clivages partisans, un malaise plus profond transparaît : celui de la représentativité démocratique. Al Liwa’ du 14 août 2025 publie une enquête sur la perception de la population vis-à-vis du fonctionnement des institutions. Plus de 60 % des personnes interrogées estiment que le gouvernement actuel ne reflète pas fidèlement la composition sociopolitique du pays. Ce chiffre atteint 74 % chez les jeunes de moins de 30 ans, traduisant une perte de confiance générationnelle inquiétante.
Parallèlement, Al Akhbar du 14 août 2025 revient sur le débat autour de la réforme du système électoral. Des propositions sont actuellement en discussion pour revoir la loi de 2017, jugée trop favorable aux appareils traditionnels. Parmi les options évoquées figurent l’introduction d’un quota de femmes, la réduction du seuil électoral ou encore la transformation de certaines circonscriptions en districts proportionnels. Le débat reste cependant enlisé, faute de majorité parlementaire stable.
Enfin, Al Joumhouriyat du 14 août 2025 pose la question du rôle du Conseil économique et social, dont les recommandations sont systématiquement ignorées par le pouvoir. Le journal rappelle que cette instance, censée faire le lien entre société civile et institutions, est devenue une coquille vide depuis la démission de plusieurs de ses membres en avril dernier. Le blocage institutionnel a aussi eu raison des comités techniques chargés de la réforme de l’éducation et de la santé, pourtant cruciaux à moyen terme.
Diplomatie : négociations régionales et arbitrages internationaux sur fond de repositionnement libanais
Entre médiations américaines et équilibres iraniens
La diplomatie libanaise se trouve à la croisée des chemins, tiraillée entre une pression internationale accrue pour la réorganisation de sa stratégie sécuritaire et les influences régionales persistantes. Selon Al Akhbar du 14 août 2025, la visite du conseiller spécial américain Tom Barrack à Beyrouth s’inscrit dans une volonté de Washington de restructurer l’équilibre des forces internes via une feuille de route sécuritaire. Ce document, examiné lors d’un Conseil des ministres et partiellement approuvé malgré les tensions internes, comporte des propositions de désarmement graduel et une coopération renforcée avec les forces internationales stationnées au Liban-Sud.
Al Joumhouriyat du 14 août 2025 rapporte que cette initiative américaine est perçue par plusieurs acteurs libanais comme une tentative de neutralisation de la capacité militaire du Hezbollah, sans contrepartie politique claire. Le journal précise que les contacts entre l’ambassade américaine et les forces de sécurité libanaises ont été multipliés au cours des deux dernières semaines, dans un souci de coordination institutionnelle. L’ambassade aurait également intensifié ses échanges avec le ministère de la Défense, bien que ce dernier reste divisé sur la question.
Dans le même contexte, Al Bina’ du 14 août 2025 souligne la réponse immédiate de l’axe iranien à cette démarche occidentale. Le quotidien note que la visite de Ali Larijani, haut responsable du Conseil de sécurité nationale iranien, a permis de réaffirmer le soutien de Téhéran au Liban et au Hezbollah. Il a publiquement affirmé que « la souveraineté d’un État ne saurait être troquée contre une sécurité imposée de l’extérieur », une déclaration qui vise directement les pressions occidentales exercées sur Beyrouth. Selon le journal, cette déclaration a été transmise également lors d’un entretien confidentiel avec Joseph Aoun, lequel a réitéré que « le Liban ne saurait être un champ de conflit indirect entre puissances régionales ».
Dans sa couverture, Ad Diyar du 14 août 2025 détaille les mécanismes diplomatiques en cours, évoquant une possible mission conjointe russo-chinoise à Beyrouth dans les prochaines semaines, dans l’objectif de proposer une alternative au plan américain. Le Liban, selon cette source, devient progressivement un terrain de négociations stratégiques élargi, où s’affrontent visions de sécurité concurrentes.
Positionnement diplomatique officiel et logiques parallèles
La diplomatie officielle libanaise, conduite par le ministre des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib, tente de maintenir une ligne d’équilibre face à ces pressions croisées. Al Sharq du 14 août 2025 rapporte que Bou Habib a convoqué les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité à Beyrouth pour une série de consultations bilatérales. Ces rencontres avaient pour objectif de recueillir les positions de chacun sur la feuille de route sécuritaire et sur l’avenir du mandat de la FINUL au Liban-Sud, renouvelé dans un climat tendu.
Selon les informations publiées par An-Nahar du 14 août 2025, le chef de la diplomatie libanaise a réitéré que « toute décision concernant le dispositif militaire libanais ou la sécurité intérieure relève exclusivement de la souveraineté de l’État libanais ». Cette déclaration a été suivie d’un appel à l’Union européenne pour soutenir une réforme diplomatique « non alignée » capable de favoriser la stabilité régionale sans sacrifier les équilibres internes.
Par ailleurs, Al Liwa’ du 14 août 2025 évoque l’activation d’un canal diplomatique informel entre le Liban et l’Arabie saoudite, via la médiation du Qatar. Cette médiation discrète aurait pour but de réduire la tension entre Riyad et Beyrouth après les récentes critiques émanant de responsables saoudiens sur la situation politique libanaise. Le journal précise que le ministre des Affaires étrangères du Qatar aurait transmis des propositions saoudiennes à ses homologues libanais portant sur des garanties institutionnelles en matière de neutralité politique.
Dans le même registre, Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025 confirme que des diplomates arabes de haut rang ont tenu une réunion confidentielle à l’ambassade d’Égypte à Beyrouth. Cette réunion aurait permis de dégager une position commune des capitales arabes sur la nécessité de réintégrer le Liban dans les circuits diplomatiques du monde arabe, tout en réclamant des réformes crédibles sur la gouvernance locale. Cette démarche reflète un regain d’intérêt régional pour le dossier libanais après plusieurs années d’indifférence.
Le rôle croissant du Vatican et les appels à la neutralité
Une autre dimension diplomatique mise en lumière dans la presse concerne le rôle du Vatican. Selon Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025, l’ambassadeur du Saint-Siège au Liban a tenu plusieurs entretiens avec les chefs spirituels des communautés chrétiennes libanaises. Le but de ces échanges serait de promouvoir une position unifiée sur la question de la neutralité du Liban. Le journal rapporte que le pape François aurait transmis un message au président Joseph Aoun par voie diplomatique, insistant sur « la nécessité pour le Liban de redevenir un espace de dialogue et non de confrontation régionale ».
Al Joumhouriyat du 14 août 2025 signale que cette démarche du Vatican intervient alors que plusieurs prélats maronites expriment des inquiétudes croissantes sur le glissement sécuritaire du pays. Le patriarche Raï aurait, selon le journal, réaffirmé que la solution passe par une neutralité institutionnelle constitutionnalisée, proposition déjà portée lors des précédents synodes orientaux. Bien que cette position ne fasse pas l’unanimité parmi les acteurs politiques, elle gagne en audience dans les milieux diplomatiques occidentaux.
Parallèlement, Al Akhbar du 14 août 2025 nuance cette approche en rappelant que la neutralité peut devenir, dans certains contextes, un vecteur d’exclusion politique. Le journal cite des sources proches du Hezbollah qui considèrent cette campagne comme un prétexte pour réduire le rôle de la « résistance » dans le champ institutionnel. D’après ces sources, le Vatican ne peut ignorer le contexte régional dans lequel s’inscrit le Liban, ni faire abstraction des rapports de force qui structurent sa politique de défense.
Diplomatie parlementaire et relations avec les diasporas
Au-delà des canaux gouvernementaux, plusieurs initiatives diplomatiques parallèles sont rapportées par la presse. Nida’ Al Watan du 14 août 2025 mentionne un déplacement prévu de députés de la diaspora vers les capitales européennes afin de mobiliser les soutiens parlementaires en faveur d’une relance du programme d’aide au Liban. Le journal note que ces démarches visent notamment à conditionner les aides à des garanties de réforme judiciaire, sujet encore en suspens à Beyrouth.
Al Bina’ du 14 août 2025 revient sur une rencontre tenue à Paris entre des représentants du bloc souverainiste libanais et des sénateurs français. Ces derniers auraient exprimé leur inquiétude face à la « marginalisation de l’opposition parlementaire » au Liban et à l’absence d’un processus de dialogue structuré entre les différents blocs. Le quotidien précise que cette réunion n’a pas été relayée par les canaux diplomatiques officiels, mais qu’elle a fait l’objet d’un rapport transmis à l’Élysée.
Enfin, Al Liwa’ du 14 août 2025 souligne l’importance croissante des réseaux diplomatiques communautaires, en particulier les représentations chiites en Afrique de l’Ouest. Ces relais, historiquement liés à la communauté libanaise installée dans les pays du Golfe et du Sahel, jouent un rôle actif dans la diffusion d’une image plus équilibrée de la scène politique libanaise à l’étranger. Plusieurs associations de la diaspora libanaise ont ainsi publié des tribunes dans les journaux locaux pour défendre « le pluralisme politique et la souveraineté partagée ».
Politique internationale : tensions, alignements et positionnements autour du Liban
Pressions américaines et intérêts stratégiques dans la région
Les États-Unis renforcent leur présence diplomatique au Liban à travers une série d’initiatives concertées visant à structurer un nouvel équilibre sécuritaire dans la région. Selon Al Akhbar du 14 août 2025, l’envoyé spécial Tom Barrack a présenté une feuille de route sécuritaire visant à désarmer les factions militaires non étatiques et à renforcer la coopération avec les institutions officielles libanaises. Ce plan, soutenu par une partie de l’exécutif libanais, fait partie d’une stratégie plus large de stabilisation régionale menée par Washington depuis la réélection de Donald Trump.
Dans ce cadre, Al Joumhouriyat du 14 août 2025 rapporte que des diplomates américains ont intensifié leurs échanges avec les ambassades occidentales à Beyrouth, notamment celles du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la France. L’objectif affiché serait de former un front diplomatique uni en faveur du renforcement des institutions libanaises face à ce que les Américains considèrent comme une « emprise armée parallèle ». Ce positionnement américain s’accompagne de promesses de soutien économique, sous réserve de réformes structurelles et de garanties politiques.
Le journal Al Bina’ du 14 août 2025 détaille toutefois les réticences de certaines chancelleries européennes, notamment la France, à s’engager pleinement dans un processus qui pourrait provoquer une escalade interne. Selon des sources diplomatiques relayées par le quotidien, Paris insiste sur une approche « inclusive et progressive », respectueuse des équilibres communautaires et du pacte national libanais. Cette prudence française contraste avec le ton plus direct adopté par les représentants américains.
Par ailleurs, An-Nahar du 14 août 2025 note que la Maison-Blanche considère le Liban comme un maillon stratégique dans la gestion de ses intérêts dans l’Est méditerranéen, notamment en matière de surveillance des flux énergétiques et de contrôle des voies maritimes. La présence de groupes armés au Liban-Sud est perçue comme une menace potentielle pour les installations offshore israéliennes, ce qui explique l’insistance de Washington sur un désarmement ordonné.
Réaction de l’axe iranien et consolidation régionale
Face à ces pressions américaines, l’Iran réaffirme son soutien inconditionnel au Hezbollah et critique ouvertement les initiatives occidentales. Al Bina’ du 14 août 2025 revient sur la visite d’Ali Larijani à Beyrouth, soulignant que cette mission diplomatique visait à renforcer l’axe de la résistance. Le responsable iranien a dénoncé « les tentatives de fragmentation de l’unité libanaise par le biais de projets de désarmement sélectifs ». Cette position, largement relayée dans les médias proches de Téhéran, s’inscrit dans une logique régionale de confrontation indirecte avec Washington.
Selon Al Akhbar du 14 août 2025, l’Iran cherche à maintenir une présence politique et symbolique au Liban, non seulement à travers le Hezbollah, mais aussi via des partenariats économiques émergents. Le journal cite des propositions de coopération dans les domaines énergétique et pharmaceutique, transmises au gouvernement libanais par l’intermédiaire de l’ambassade iranienne. Cette initiative vise à contourner les sanctions économiques et à asseoir une influence durable dans les institutions locales.
Al Sharq du 14 août 2025 note que cette posture iranienne bénéficie du soutien discret de plusieurs États alliés, dont la Syrie, qui voit dans le maintien du statu quo libanais un gage de stabilité pour sa propre reconstruction. Le journal évoque également des échanges entre les délégations diplomatiques iraniennes et russes à Beyrouth, axés sur la coordination des positions dans les forums internationaux, notamment à l’ONU, au sujet de la prorogation du mandat de la FINUL.
Dans ce contexte, Ad Diyar du 14 août 2025 met en avant une stratégie de consolidation régionale de l’axe Iran-Syrie-Hezbollah, fondée sur le rejet des ingérences occidentales et la préservation des acquis militaires obtenus dans les années précédentes. Le journal signale que plusieurs experts militaires iraniens auraient été récemment observés à Beyrouth, bien que cette information ne soit pas confirmée par les autorités libanaises.
Réactions des capitales arabes et repositionnement stratégique
Du côté arabe, la question du Liban est redevenue un enjeu de concertation entre plusieurs capitales. Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025 rapporte une réunion informelle tenue à l’ambassade d’Égypte à Beyrouth, à laquelle ont participé des diplomates saoudiens, émiratis, jordaniens et tunisiens. Cette rencontre visait à formuler une position commune face aux récents développements internes libanais. Selon le journal, le consensus se dégage autour de la nécessité de préserver la stabilité libanaise sans encourager des ruptures institutionnelles brutales.
Par ailleurs, Al Liwa’ du 14 août 2025 évoque des pressions saoudiennes exercées sur les bailleurs internationaux pour conditionner les aides financières à une plus grande neutralité du Liban dans les conflits régionaux. Riyad aurait également exprimé, par le biais du Conseil de coopération du Golfe, son souhait de voir émerger un gouvernement libanais « capable de restaurer les équilibres politiques et économiques, sans interférence des armes ». Cette position rejoint celle des États-Unis, bien qu’elle soit exprimée avec plus de retenue.
Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 revient sur la médiation active du Qatar, qui aurait transmis plusieurs propositions à Beyrouth en coordination avec la Turquie. Ces propositions porteraient notamment sur un mécanisme de garantie arabe pour les prochaines échéances électorales au Liban, avec la mise en place éventuelle d’une mission d’observation régionale. Le journal note que cette initiative reste conditionnée à un accord préalable entre les principaux blocs politiques libanais.
Al Bina’ du 14 août 2025 insiste de son côté sur le fait que les États arabes restent divisés sur la stratégie à adopter vis-à-vis du Hezbollah. Si certains appellent à son désarmement immédiat, d’autres – notamment l’Algérie et Oman – privilégient une approche progressive, fondée sur le dialogue et l’inclusion. Cette division empêche pour l’instant l’émergence d’un plan arabe unifié.
Enjeux multilatéraux et rôle des puissances européennes
L’Union européenne, quant à elle, maintient une approche prudente fondée sur l’accompagnement institutionnel et la pression financière conditionnée. Selon Al Joumhouriyat du 14 août 2025, une délégation de la Commission européenne a récemment rencontré plusieurs représentants ministériels libanais pour discuter du renouvellement des aides structurelles au Liban. Ces aides sont désormais indexées sur des indicateurs de performance administrative et de lutte contre la corruption.
An-Nahar du 14 août 2025 rapporte que la France s’est montrée particulièrement impliquée dans les discussions sur le prolongement du mandat de la FINUL. Le Quai d’Orsay a transmis un projet de résolution au Conseil de sécurité incluant une clause de renforcement du rôle d’observation des troupes internationales. Cette clause, si elle était adoptée, permettrait aux contingents présents dans le Sud de surveiller plus activement les mouvements militaires non étatiques. Le journal précise que cette proposition est soutenue par l’Allemagne mais contestée par la Chine et la Russie.
Dans le même registre, Al Sharq du 14 août 2025 indique que des négociations discrètes sont en cours entre Beyrouth et Rome pour un partenariat sécuritaire incluant la formation de cadres militaires libanais en Italie. Cette initiative s’inscrit dans une logique de diversification des partenariats européens au Liban, notamment dans le domaine de la formation et du renseignement.
Enfin, Nida’ Al Watan du 14 août 2025 souligne la crainte croissante exprimée par les chancelleries européennes de voir le Liban basculer dans une nouvelle spirale d’instabilité institutionnelle. Cette inquiétude a conduit à l’élaboration d’un document de position interne, transmis aux États membres, appelant à « maintenir la pression diplomatique tout en évitant les mesures qui pourraient précipiter une rupture interne ».
Économie : indicateurs sous tension et initiatives de relance contrariées
Budget en souffrance et blocage de la relance fiscale
Le budget 2025, qui devait marquer un tournant après cinq années de gestion provisoire, est toujours bloqué. Selon Al Akhbar du 14 août 2025, le Conseil des ministres n’a pas pu entamer son examen détaillé en raison du boycott du tandem Amal-Hezbollah. Le projet présenté par le Premier ministre Nawaf Salam ne couvre que six mois, avec une estimation de dépenses courantes de 5,8 trillions de livres, sans intégration d’une stratégie de relance.
An-Nahar du 14 août 2025 précise que le ministère des Finances n’a pas intégré dans le projet de budget un plan de redressement économique global. Les crédits alloués aux ministères régaliens, comme l’Énergie ou les Télécommunications, restent à 25 % de leur niveau d’avant 2019, ce qui paralyse toute perspective de reprise. Le déficit structurel se maintient autour de 10,5 % du PIB, selon une note interne évoquée par le journal, tandis que la dette publique atteint 165 % du PIB, soit environ 97 milliards de dollars.
Le journal Ad Diyar du 14 août 2025 fait état de pressions du FMI pour inclure dans le budget un volet de réforme fiscale intégrale. Les propositions incluent l’élargissement de la TVA à 15 %, l’instauration d’un impôt sur les plus-values et la taxation des biens immobiliers vacants. Ces mesures se heurtent à un double refus : d’une part des partis politiques, qui les jugent électoralement risquées, et d’autre part des syndicats, qui les dénoncent comme antisociales.
De son côté, Al Liwa’ du 14 août 2025 rapporte que plusieurs administrations publiques ont déjà entamé une réduction des effectifs et des heures de service. Ainsi, la Caisse nationale de sécurité sociale fonctionne désormais à mi-temps, faute de crédits suffisants. Le manque de liquidité empêche également le paiement régulier des salaires, notamment pour les enseignants, les juges et les employés municipaux.
Instabilité monétaire et fragilité des équilibres financiers
Sous la direction de Karim Souaid, la Banque du Liban a engagé une politique d’intervention sur les marchés parallèles pour tenter de contenir l’envolée du dollar. Al Joumhouriyat du 14 août 2025 indique que près de 120 millions de dollars ont été injectés en deux semaines pour stabiliser le taux de change autour de 89 000 livres libanaises pour un dollar. Cette opération, qualifiée de « coûteuse mais nécessaire » par le gouverneur, vise à éviter une nouvelle spirale inflationniste.
Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025 précise que cette politique monétaire repose sur des réserves en or et des droits de tirage spéciaux transférés par le FMI. La BDL n’a cependant pas publié de bilan mensuel depuis avril 2025, ce qui alimente les soupçons de manipulation comptable. Un expert financier cité par le journal évoque une dévaluation « masquée » de 12 % sur les réserves réelles de change.
Le journal Al Bina’ du 14 août 2025 confirme l’absence d’un plan de restructuration bancaire. Le secteur bancaire libanais continue de fonctionner en dehors des normes internationales, avec des taux de change multiples (officiel, Sayrafa, marché noir) et des restrictions continues sur les retraits en devises. Plusieurs banques refusent de restituer les dépôts supérieurs à 5 000 dollars, en violation des décisions de justice, selon des sources judiciaires mentionnées par le journal.
Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 note que le pouvoir d’achat a chuté de 82 % depuis janvier 2020. Une famille moyenne de cinq personnes a besoin de 42 millions de livres par mois pour couvrir ses besoins essentiels, soit environ 470 dollars au taux du marché. Cette situation pousse de nombreuses familles à se tourner vers les ONG ou à émigrer, comme l’illustre une hausse de 18 % des demandes de visa vers le Canada et l’Allemagne enregistrée entre juin et août 2025.
Exportations paralysées, inflation importée, croissance en berne
La balance commerciale reste déficitaire. An-Nahar du 14 août 2025 signale une chute de 34 % des exportations agroalimentaires vers les pays du Golfe, principalement en raison de l’augmentation du coût du fret et de la dégradation des infrastructures portuaires. Le port de Tripoli fonctionne à seulement 22 % de sa capacité, selon un rapport du ministère de l’Économie cité par le journal.
Al Akhbar du 14 août 2025 souligne que la part des importations dans la consommation nationale reste supérieure à 70 %. Les produits pharmaceutiques, en particulier, ont connu une inflation de 19 % en un mois, entraînant des pénuries dans les hôpitaux publics. L’union des importateurs de médicaments évoque une situation « au bord du chaos » en l’absence de régulation des prix et de subventions ciblées.
Al Liwa’ du 14 août 2025 révèle que le secteur de la construction est à l’arrêt dans 9 districts sur 14, en raison du coût élevé du ciment (multiplié par 12 depuis 2019) et de la rareté du matériel importé. Cette crise affecte aussi bien les grands chantiers que l’habitat individuel, bloquant ainsi tout espoir de relance par le BTP.
Ad Diyar du 14 août 2025 indique que le taux de croissance prévu pour 2025 ne dépasse pas 0,7 %, selon une estimation non officielle du ministère des Finances. Cette stagnation, après une récession prolongée, souligne l’absence de levier économique actif. La Banque mondiale a suspendu ses financements jusqu’à la mise en œuvre d’une loi anticorruption, toujours bloquée à la Chambre des députés.
Retards dans les réformes, instabilité sociale, tensions à venir
Le programme de réforme proposé par le ministère de l’Économie peine à s’imposer. Nida’ Al Watan du 14 août 2025indique que le plan de soutien aux PME, doté de 40 millions d’euros en ligne de crédit fournie par la BEI, n’a toujours pas été débloqué. Les conditions techniques posées par l’Union européenne, notamment en matière de transparence des critères d’attribution, sont restées sans réponse.
Al Sharq du 14 août 2025 évoque le gel des réformes structurelles dans les secteurs vitaux. Le projet de loi sur l’indépendance de l’Autorité de régulation de l’électricité, qui devait permettre l’ouverture à la concurrence, n’a pas été voté. Le contrat avec Siemens pour la rénovation de la centrale de Jiyeh est suspendu depuis mai 2025. Le ministère de l’Énergie évoque une « instabilité politique » pour justifier ces retards.
Al Joumhouriyat du 14 août 2025 signale la recrudescence des mouvements sociaux. Le 12 août, une manifestation de retraités a bloqué la route de l’aéroport pour réclamer la revalorisation de leurs pensions. Les employés du port de Beyrouth menacent de suspendre les activités à partir du 20 août si leur prime de productivité n’est pas versée. Le journal note que les syndicats reprennent progressivement leur rôle, après une période de forte désorganisation.
Enfin, Al Bina’ du 14 août 2025 alerte sur une « fracture fiscale » entre les régions. Les municipalités du Sud et de la Bekaa ont reçu moins de 5 % des fonds du budget d’investissement local en 2024, selon les chiffres rapportés par la Cour des comptes. Cette inégalité territoriale risque d’alimenter des tensions communautaires, en l’absence d’un plan de péréquation efficace.
Justice : lenteurs, blocages et affaires sensibles au cœur du malaise institutionnel
Blocages politiques persistants dans la réforme judiciaire
La justice libanaise traverse une phase de paralysie structurelle, aggravée par l’absence de consensus politique sur les réformes. Al Akhbar du 14 août 2025 rapporte que plusieurs sessions du Conseil supérieur de la magistrature ont été annulées au cours des dernières semaines, faute de quorum. Cette situation découle directement de tensions entre le président Joseph Aoun et certaines formations politiques qui souhaitent contrôler les nominations au sein de la hiérarchie judiciaire.
An-Nahar du 14 août 2025 souligne que le projet de réforme de l’indépendance du pouvoir judiciaire, inscrit à l’ordre du jour depuis plus d’un an, n’a toujours pas été voté. Ce projet, proposé par des députés réformateurs, prévoit de transférer la nomination des juges du ministère de la Justice à un conseil autonome élu. Toutefois, les partis traditionnels, notamment Amal et le CPL, s’y opposent, estimant que cette réforme « affaiblirait l’équilibre communautaire ».
Al Liwa’ du 14 août 2025 met en lumière la frustration grandissante au sein du corps judiciaire. Plusieurs magistrats ont adressé une lettre ouverte au ministre de la Justice, dénonçant le gel des promotions, le manque de moyens et la pression politique. Le journal note que sur 538 postes de magistrats au Liban, plus de 120 sont vacants. Cette carence ralentit considérablement le traitement des dossiers, notamment ceux à caractère financier et pénal.
Selon Al Bina’ du 14 août 2025, la plupart des tribunaux de province fonctionnent à effectif réduit, parfois à seulement un juge pour trois juridictions. Cette situation rend impossible la tenue régulière des audiences et provoque des reports répétés. Le journal indique que plusieurs procès sont renvoyés depuis plus d’un an, notamment dans les districts de Nabatiyé, Akkar et Baalbek.
Enquêtes judiciaires sensibles : blocages et manipulations
Al Sharq du 14 août 2025 revient sur l’affaire de l’explosion du port de Beyrouth, en signalant que l’instruction reste suspendue. Le juge Tarek Bitar, chargé de l’enquête, est toujours empêché d’auditionner des responsables politiques et sécuritaires, dont certains sont protégés par des immunités parlementaires ou ministérielles. Le journal précise que les recours déposés contre ses décisions n’ont pas encore été examinés par la Cour de cassation, qui est elle-même paralysée par des démissions internes.
Al Joumhouriyat du 14 août 2025 indique que plusieurs familles des victimes de l’explosion ont organisé une veillée de protestation devant le Palais de justice de Beyrouth, exigeant la reprise immédiate de l’enquête. Elles dénoncent « une justice sélective, soumise à des intérêts partisans ». Le journal mentionne que des ONG internationales, comme Human Rights Watch, ont adressé un nouveau rapport aux Nations unies réclamant une enquête indépendante.
Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 souligne que d’autres affaires majeures sont en suspens, comme celle du détournement de fonds au sein de l’Électricité du Liban. Le juge chargé du dossier a demandé l’accès aux comptes bancaires de plusieurs anciens directeurs, mais cette demande est bloquée par le secret bancaire encore partiellement en vigueur. Le journal cite une source judiciaire anonyme évoquant des « interférences politiques directes pour protéger des personnalités influentes ».
De son côté, Ad Diyar du 14 août 2025 note que l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, reste l’objet de mandats d’arrêt internationaux, notamment de la part d’Interpol. Cependant, le Liban n’a toujours pas transmis ces mandats aux autorités judiciaires suisses ou françaises, invoquant des irrégularités de procédure. Le journal considère que cette inertie « témoigne du refus persistant d’appliquer la coopération judiciaire internationale ».
Multiplication des actes criminels non élucidés
Al Akhbar du 14 août 2025 recense une recrudescence des crimes non résolus à travers le pays. Depuis le début de l’année, plus de 420 cas de vols à main armée ont été enregistrés, principalement dans les banlieues de Beyrouth, au Mont-Liban et dans la Békaa. Le journal indique que dans 70 % des cas, les auteurs n’ont pas été arrêtés, ce qui renforce le sentiment d’impunité.
Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025 rapporte un double homicide dans la région de Saïda, où un père et son fils ont été tués par balles à leur domicile. L’enquête est en cours, mais les autorités locales évoquent une affaire liée à une dette impayée dans un conflit foncier. Le journal note qu’aucune arrestation n’a été faite quatre jours après les faits, ce qui suscite la colère des habitants.
Al Liwa’ du 14 août 2025 mentionne l’augmentation des féminicides : 17 cas documentés depuis janvier 2025. Le journal cite l’association KAFA qui déplore l’absence de cellules judiciaires spécialisées dans les violences faites aux femmes. Les dossiers sont souvent traités par des juges généralistes sans formation spécifique, entraînant des délais excessifs et des décisions jugées inefficaces.
Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 met en lumière les lacunes du système pénal : dans le cas du meurtre d’un chauffeur de taxi à Tripoli, les suspects arrêtés ont été relâchés en raison de l’absence de preuves matérielles suffisantes, et d’un vice de procédure dans la garde à vue. Le journal évoque un rapport du barreau de Beyrouth dénonçant la dégradation des conditions d’enquête, en raison du manque d’équipements, d’expertise médico-légale et de personnel qualifié.
Institutions pénitentiaires et défaillances systémiques
Al Bina’ du 14 août 2025 signale que les prisons libanaises sont actuellement surpeuplées à 250 % de leur capacité. La prison de Roumieh, conçue pour 1 500 détenus, en accueille aujourd’hui plus de 3 800. Les conditions de détention sont jugées inhumaines par plusieurs associations, qui évoquent la promiscuité, l’absence d’accès régulier à l’eau potable, et la multiplication des violences internes.
Al Joumhouriyat du 14 août 2025 mentionne que plusieurs cas de tuberculose et de gale ont été recensés dans les prisons de Zahle et de Tripoli. Le syndicat des médecins pénitentiaires déplore l’absence de médicaments et de tests de diagnostic. Le journal souligne également que les salaires des surveillants pénitentiaires sont gelés depuis mars, ce qui provoque des grèves intermittentes.
Al Sharq du 14 août 2025 rapporte que le projet de construction d’un nouveau centre de détention à Sahel Alma est suspendu. Le financement de 18 millions de dollars, qui devait être assuré par un don européen, n’a pas été débloqué en raison de la non-conformité des documents administratifs. Cette situation bloque tout espoir de désengorgement des établissements pénitentiaires avant 2027.
Enfin, Nida’ Al Watan du 14 août 2025 consacre un article à l’évasion récente de trois détenus dangereux de la prison de Zahlé. Les premiers éléments de l’enquête font état de complicités internes, mais aucune mesure n’a été annoncée à ce stade. Le journal évoque « une faillite complète de l’autorité pénitentiaire », aggravée par l’absence de contrôle centralisé.
Société : crises multiples, fractures sociales et dynamiques de résilience
Pénurie de services publics et paupérisation croissante
La société libanaise continue de subir les conséquences d’une dégradation marquée des services publics. Al Akhbar du 14 août 2025 indique que plusieurs régions, notamment au Nord et dans la plaine de la Békaa, ne reçoivent plus que deux à trois heures d’électricité par jour. Le ministère de l’Énergie n’a pas renouvelé ses contrats d’achat de carburant pour les centrales, en raison de l’absence de budget alloué. La population dépend donc massivement des générateurs privés, dont les coûts mensuels atteignent entre 4 et 6 millions de livres libanaises par foyer, selon le journal.
Al Liwa’ du 14 août 2025 souligne que l’approvisionnement en eau potable est également perturbé. À Baabda, Zahlé et Nabatiyé, des familles doivent acheter des citernes à prix fort, certaines payant jusqu’à 80 dollars par mois pour se ravitailler. Le journal indique que les réseaux de distribution sont devenus obsolètes, et que les fuites représentent jusqu’à 40 % des volumes pompés.
Selon Al Bina’ du 14 août 2025, les établissements scolaires publics sont confrontés à une grave pénurie de personnel. À moins d’un mois de la rentrée scolaire, le ministère de l’Éducation n’a pas encore validé le renouvellement des contrats d’enseignants temporaires. Certains établissements fonctionnent avec un effectif réduit de 50 %. Le journal évoque également l’absence de manuels scolaires dans 65 % des écoles publiques.
Al Joumhouriyat du 14 août 2025 rapporte que l’accès aux soins reste inégal. Plusieurs hôpitaux publics, notamment à Tripoli et Tyr, refusent d’admettre les patients n’ayant pas les moyens de régler leurs factures. Le journal cite le cas de trois enfants atteints d’asthme sévère, dont l’hospitalisation a été retardée de deux jours par manque de place et de traitement adapté. Cette situation aggrave la défiance envers le secteur hospitalier public.
Crises alimentaires, insécurité et dépendance humanitaire
Ad Diyar du 14 août 2025 signale une recrudescence des files d’attente devant les coopératives alimentaires, en particulier dans les quartiers populaires de Beyrouth et de Saïda. Les prix des produits de première nécessité ont augmenté de 12 % en un mois, notamment le riz, l’huile, le sucre et le lait. Selon une étude citée par le journal, 62 % des ménages libanais sont aujourd’hui classés sous le seuil de vulnérabilité alimentaire.
Al Sharq du 14 août 2025 note que les ONG internationales ont accru leur aide d’urgence au cours de l’été. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué 58 000 colis alimentaires entre juin et juillet. Le Croissant-Rouge libanais a étendu son programme de repas chauds à 12 nouvelles municipalités. Le journal mentionne toutefois des cas de détournement de l’aide, notamment dans certaines zones contrôlées par des municipalités affiliées politiquement.
Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 évoque une flambée des délits liés à la précarité, notamment les vols à l’arraché, les cambriolages de pharmacies et les agressions dans les transports. Le journal cite un responsable sécuritaire affirmant que 60 % des vols constatés ces dernières semaines sont motivés par le besoin de médicaments ou de nourriture. Des unités de la Sûreté générale auraient reçu instruction de renforcer la surveillance autour des dépôts de vivres des ONG.
An-Nahar du 14 août 2025 mentionne un climat de tension sociale dans les quartiers densément peuplés, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et à Tripoli. Des affrontements ponctuels ont été signalés entre groupes de jeunes autour de points de distribution de carburant ou d’eau. Le journal indique que les forces de sécurité peinent à contenir ces tensions, faute de moyens logistiques.
Dégradation du tissu familial et migration sociale
Selon Al Akhbar du 14 août 2025, les pressions économiques ont provoqué un éclatement progressif du tissu familial. Le journal recense une hausse significative des séparations et divorces, notamment chez les couples jeunes. Le coût de la vie, l’incapacité à subvenir aux besoins des enfants, et l’exil économique d’un des conjoints sont les principales causes citées.
Al Liwa’ du 14 août 2025 évoque une hausse des cas de travail des enfants dans les rues de Beyrouth, Saïda et Zahlé. Le ministère des Affaires sociales estime que plus de 8 000 enfants sont aujourd’hui impliqués dans des activités économiques informelles, souvent dans des conditions dangereuses. Le journal mentionne également l’utilisation croissante des mineurs dans la vente de produits de contrebande ou le transport de marchandises illicites.
Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025 rapporte une augmentation des demandes d’émigration. Les consulats de France, d’Allemagne et du Canada ont enregistré une hausse de 22 % des dépôts de dossiers en juillet par rapport à mai. Ce mouvement concerne principalement des professionnels du secteur médical, des ingénieurs et des enseignants. Le journal précise que le ministère du Travail a publié une circulaire incitant à « retenir les talents locaux par des incitations fiscales », sans effet à ce stade.
Al Joumhouriyat du 14 août 2025 cite une étude menée par une ONG libanaise révélant que 39 % des jeunes âgés de 18 à 25 ans envisagent de quitter définitivement le pays. La majorité invoque l’absence de perspectives professionnelles et le sentiment d’insécurité. Le journal conclut que le Liban vit un exode lent mais continu de sa jeunesse éduquée.
Résilience communautaire et mobilisation associative
Al Bina’ du 14 août 2025 met en lumière l’action d’associations locales dans les zones défavorisées. À Bourj Hammoud, l’ONG Tahaddi a ouvert un centre de soutien psychologique pour enfants en difficulté. Dans le Sud, des associations communautaires assurent la scolarisation alternative de plus de 400 élèves privés d’enseignement public. Ces initiatives restent toutefois limitées face à l’ampleur des besoins.
Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 souligne que des initiatives citoyennes émergent dans plusieurs régions. À Zahlé, un collectif de jeunes a réhabilité un parc public abandonné, en organisant des levées de fonds locales. À Nabatiyé, des comités de quartiers gèrent la distribution d’eau à tour de rôle entre les blocs d’immeubles, en l’absence de régulation municipale. Ces actions témoignent d’une solidarité horizontale malgré l’effondrement des structures centrales.
Ad Diyar du 14 août 2025 rapporte que plusieurs municipalités ont commencé à relancer les activités sportives et culturelles pour maintenir une cohésion locale. À Tyr, un tournoi de football interquartiers a rassemblé 14 équipes d’adolescents en juillet. À Jbeil, des concerts gratuits sont organisés en plein air. Ces événements, bien que modestes, sont salués comme des bouffées d’oxygène sociale.
Nida’ Al Watan du 14 août 2025 conclut que les ONG sont devenues des acteurs essentiels de la survie sociale. En l’absence de politiques publiques, elles suppléent les missions de l’État. Le journal évoque néanmoins le risque d’une fragmentation croissante, chaque groupe communautaire ou local organisant sa propre survie sans coordination nationale, ce qui accentue les inégalités régionales et confessionnelles.
Culture : résilience artistique et initiatives malgré l’effondrement des infrastructures
Scènes musicales et artistiques en résistance
La scène culturelle libanaise, malgré la crise économique persistante, continue d’afficher une vitalité remarquable, portée par des artistes, musiciens et structures indépendantes. Al Akhbar du 14 août 2025 souligne que plusieurs festivals musicaux ont été organisés en août, en dépit d’un financement institutionnel quasi nul. À Beyrouth, le festival « Beats of Resistance », qui a réuni plus de 1 200 personnes dans un ancien hangar désaffecté de Karantina, a mis en avant des groupes alternatifs comme Adonis et Who Killed Bruce Lee, en partenariat avec des ONG locales.
Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 salue l’émergence d’un mouvement de rap libanais en langue arabe, porté par des artistes de Tripoli, Saïda et Nabatiyé. Ce mouvement, fortement ancré dans la réalité sociale, aborde les thèmes de la migration, de la corruption et des inégalités. Le rappeur Tripolitain D3iss, dont les clips cumulent plusieurs centaines de milliers de vues sur les réseaux sociaux, déclare : « Le micro est notre tribunal, la rue notre scène. »
Al Liwa’ du 14 août 2025 met en lumière l’initiative du collectif culturel « Min al Shaab », qui organise chaque semaine des concerts de musique classique en plein air dans des lieux publics. À Zahlé, le parc municipal a accueilli un concert du violoncelliste Elias Fakhri, devant un public intergénérationnel. Le collectif revendique une approche populaire de la musique classique, « loin des salons élitistes ».
Ad Diyar du 14 août 2025 note également que plusieurs lieux alternatifs se substituent aux infrastructures institutionnelles. L’espace artistique Station à Jisr el Wati, bien que privé de subventions, a accueilli en juillet une série d’expositions photographiques sur la mémoire urbaine post-guerre. L’un des fondateurs affirme : « Nous sommes la dernière ligne de front face au silence de l’État culturel. »
Littérature et poésie : miroir d’un pays en crise
Al Sharq du 14 août 2025 revient sur la sortie du nouveau recueil de poésie de Zeina Hashem Beck, intitulé « The Eighth Line of the Horizon ». Ce recueil, salué par la critique, explore l’expérience du déracinement, de la maternité et de la perte. La poétesse, résidant entre Dubaï et Beyrouth, déclare : « Je n’ai pas quitté Beyrouth, c’est Beyrouth qui s’efface de mes vers. »
An-Nahar du 14 août 2025 consacre un long article à la maison d’édition Dar al-Jadeed, qui malgré les difficultés logistiques, a publié cinq nouveaux titres cet été. Parmi eux, le roman « Azraq » de Hala Kodmani, qui raconte l’histoire d’un couple séparé par la crise économique. Le journal souligne que le prix du papier a été multiplié par huit depuis 2019, ce qui rend les publications locales de plus en plus rares et coûteuses.
Al Joumhouriyat du 14 août 2025 met en avant l’initiative de la librairie « The Little Bookstore » à Hamra, qui organise des lectures publiques et des ateliers d’écriture gratuits chaque samedi. L’espace accueille des auteurs confirmés et de jeunes plumes. Ranim, 17 ans, y a lu un texte sur la disparition de l’enfance dans le Liban d’aujourd’hui : « Nos jeux se sont noyés dans le silence des adultes. »
Al Bina’ du 14 août 2025 mentionne l’essor de la microédition numérique, notamment via les plateformes comme Kitabna ou Waraq. Ces outils permettent à de jeunes auteurs d’auto-publier leurs nouvelles ou poèmes, sans passer par les circuits classiques. Le journal note que cette pratique, bien que marginale, permet de contourner les blocages de distribution.
Expositions, galeries et initiatives plastiques
Al Sharq Al Awsat du 14 août 2025 rapporte que la galerie Tanit à Mar Mikhael a rouvert ses portes avec l’exposition « Silhouettes de feu », une série de sculptures de l’artiste Bassam Geitani, inspirée des fragments métalliques de l’explosion du port. L’installation principale, une silhouette de cinq mètres en acier tordu, symbolise « la mémoire mutilée mais debout ».
Al Liwa’ du 14 août 2025 salue l’exposition collective « Drapeaux d’oubli » au centre Art Lab, qui réunit dix artistes visuels autour de la question de l’amnésie collective. Le curateur, Riad Itani, explique que l’exposition tente de « documenter l’absence de mémoire comme une forme de mémoire ».
Al 3arabi Al Jadid du 14 août 2025 met en lumière les artistes de la diaspora libanaise qui exposent à Beyrouth, malgré les difficultés. Maya Chami, installée à Berlin, a présenté à Station un projet numérique interactif sur les frontières invisibles du Liban contemporain. L’artiste déclare : « Il n’y a pas de pays, il n’y a que des pixels et des souvenirs. »
An-Nahar du 14 août 2025 souligne que les musées publics restent fermés ou partiellement accessibles. Le Musée national n’ouvre que trois jours par semaine. Le musée Sursock, gravement endommagé en 2020, n’a pas encore été restauré malgré les dons internationaux promis. Un employé affirme : « Nous gardons les œuvres dans l’obscurité, en attendant une lumière budgétaire. »
Agenda culturel : entre débrouille et programmation citoyenne
Nida’ Al Watan du 14 août 2025 publie un agenda des événements culturels à venir :
- Du 15 au 20 août : Festival du court-métrage indépendant à Beyrouth, à l’espace Zico House.
- 16 août : Soirée poésie urbaine organisée par « Beirut Spoken Word » au théâtre Monnot.
- Du 17 au 24 août : Exposition « Cendres et encres » à Saïda, organisée par l’association Dar Qamar.
- 18 août : Concert acoustique du trio Elie Nassar à Byblos.
- Du 19 au 21 août : Festival de théâtre expérimental « Hors cadre » à Tyr.
Ad Diyar du 14 août 2025 précise que plusieurs événements sont organisés sans appui institutionnel, parfois via crowdfunding. L’artiste Reem Moukarzel, qui monte un spectacle solo au théâtre al-Madina, a lancé une campagne sur les réseaux sociaux qui a récolté 3 200 dollars en 10 jours. Elle confie : « On ne joue pas pour être vus, on joue pour ne pas disparaître. »
Al Bina’ du 14 août 2025 rapporte que des écoles de danse indépendantes reprennent leurs activités. À Nabatiyé, l’école « Danser pour vivre » propose des cours gratuits deux fois par semaine pour enfants et adolescents. La directrice, Nour S., explique que « la danse reste un exutoire plus fort que les sirènes politiques ».
Al Akhbar du 14 août 2025 conclut que la culture libanaise « refuse le silence ». Malgré l’effondrement des structures, l’absence de politique culturelle, les coûts prohibitifs et les pressions sociales, une partie vivante et inventive de la société continue de produire, d’imaginer et de partager. Le journal conclut par une phrase du plasticien Khalil Bitar : « L’effondrement n’a pas eu notre peau, mais il a trempé nos pinceaux dans le feu. »



