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Revue de presse du 16/07/25: Escalade militaire dans la Békaa, des frappes aux conséquences humaines lourdes

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Les journaux du 16 juillet 2025 donnent une image très tendue de la situation au Liban et dans la région. Les frappes israéliennes dans la Békaa, les pressions américaines sur la question du désarmement de Hezbollah, ainsi que l’instabilité persistante en Syrie dominent l’actualité, dessinant une scène géopolitique de plus en plus explosive.

Selon Al 3arabi Al Jadid du 16 juillet 2025, une frappe aérienne israélienne a visé le secteur de Wadi Faara dans le district de Baalbek, provoquant la mort de 12 personnes, dont 7 ressortissants syriens et 5 Libanais. Cette opération militaire, considérée comme l’une des plus meurtrières depuis l’arrêt des hostilités du 27 novembre 2024, a également causé neuf blessés dans les gouvernorats de la Békaa et de Baalbek-Hermel. Le journal cite des sources sécuritaires libanaises affirmant que les victimes libanaises étaient membres de Hezbollah, tués dans un entrepôt d’armes utilisé par l’unité Radwan du parti.

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Al Sharq Al Awsat du même jour confirme cette information, indiquant que les frappes ont ciblé ce que l’armée israélienne décrit comme « des entrepôts d’armement et des centres d’entraînement » appartenant à Hezbollah. Le mouvement a dénoncé dans un communiqué une « tuerie horrible contre des citoyens syriens et libanais », soulignant que les raids constituaient une violation manifeste de la souveraineté libanaise et des accords de cessez-le-feu.

Les frappes interviennent alors que Beyrouth finalisait sa réponse à une proposition américaine concernant le désarmement progressif des milices, proposition relayée par l’émissaire Thomas Barak. Al Akhbar du 16 juillet 2025 révèle que Washington exige du gouvernement libanais qu’il élabore une feuille de route détaillée, assortie d’un calendrier strict pour le retrait des armes lourdes de toutes les factions armées non étatiques, à commencer par Hezbollah, d’ici la fin de l’année 2025.

Pressions internationales et débat national sur la souveraineté

Toujours selon Al Akhbar, un émissaire militaire américain doit prochainement rencontrer les hauts gradés de l’armée libanaise pour superviser la mise en œuvre de cette feuille de route. Il est demandé aux forces armées libanaises de documenter chaque phase du démantèlement des infrastructures militaires et du transfert d’armes, sous supervision internationale. Plusieurs officiers du sud du Liban ont cependant exprimé leur opposition à la destruction de ces installations, préférant qu’elles soient désactivées sans être livrées à des puissances étrangères.

La visite de Janine Hennis-Plasschaert, coordonnatrice spéciale de l’ONU au Liban, dans le sud du pays pour inspecter les mesures prises par l’armée libanaise, illustre l’imbrication grandissante des instances internationales dans les affaires sécuritaires locales. Al Liwa’ du 16 juillet 2025 rapporte qu’un consensus gouvernemental se construit difficilement autour de cette question, entre la volonté de rassurer les partenaires occidentaux et la crainte d’une perte de souveraineté nationale.

Al Joumhouriyat rapporte que la session parlementaire du 15 juillet n’a pas permis de surmonter les divisions internes. Le Premier ministre Nawaf Salam a appelé à un consensus national autour de la stratégie sécuritaire, mais plusieurs blocs parlementaires ont dénoncé un « alignement sur des exigences extérieures au détriment de l’indépendance nationale ». Certains députés ont exigé que toute démarche de désarmement s’inscrive dans une stratégie globale de défense, incluant la dissuasion face aux menaces israéliennes.

Soutien à l’armée et dénonciation d’une « feuille de route imposée »

Dans ce climat de forte tension, Ad Diyar évoque une intensification des discussions au Palais présidentiel à Baabda. Le président Joseph Aoun et ses conseillers étudient avec attention la réponse américaine, tout en s’efforçant de préserver les lignes rouges de souveraineté fixées par les autorités. Un haut responsable anonyme y déclare que « l’Amérique cherche à imposer un nouveau Sykes-Picot déguisé, transformant les entités nationales en protectorats militarisés ».

Ce même quotidien ajoute que les frappes israéliennes dans la Békaa ont coïncidé avec une série d’attaques menées contre les forces gouvernementales syriennes dans la ville de Soueida, laissant planer le doute sur une coordination stratégique régionale visant à affaiblir l’axe Iran-Syrie-Hezbollah.

Soueida en Syrie : entre guerre de territoires et recomposition régionale

L’instabilité en Syrie a été largement couverte par plusieurs journaux. Al Sharq Al Awsat rapporte que les forces gouvernementales syriennes ont pénétré dans la ville de Soueida pour y mettre fin aux affrontements entre milices locales et forces de sécurité. Le ministre de la Défense, Marhaf Abou Qasra, a annoncé un cessez-le-feu et l’installation de forces de police militaire dans la région. Pourtant, Al Bina’ affirme que des affrontements violents ont repris quelques heures plus tard et que des drones israéliens auraient frappé des positions syriennes près du centre-ville.

Les rapports d’Al 3arabi Al Jadid révèlent que la situation sur le terrain reste très fluide, avec des zones de la ville toujours sous contrôle de groupes armés. Les autorités syriennes tentent de reprendre le contrôle en invoquant la légitimité étatique, tandis que des analystes comme dans Ad Diyar y voient le début d’un projet israélien de mise en place d’un cordon de sécurité au sud de la Syrie, à l’image de celui qu’Israël avait imposé au Sud-Liban dans les années 1980.

Lien entre pressions sécuritaires et agenda économique et monétaire

Parallèlement aux dossiers militaires, An-Nahar du 16 juillet 2025 revient sur la décision de la Banque du Liban de prohiber toute transaction financière avec l’organisation Al-Qard Al-Hassan, considérée comme un bras économique de Hezbollah. La mesure est présentée par les autorités comme un pas vers la conformité avec les exigences du Trésor américain, mais Al Akhbar y voit une « criminalisation de la résistance sociale » en soulignant que de nombreux bénéficiaires sont des enseignants, des étudiants ou des commerçants.

Le gouverneur Karim Souaid a justifié la décision comme une « étape nécessaire pour préserver la stabilité du secteur financier face aux sanctions ». Al Sharq souligne que cette mesure a suscité un débat dans les milieux politiques libanais sur l’indépendance de la Banque centrale et sur la coordination avec les États-Unis dans le cadre d’une stratégie de désarmement global.

Une pression stratégique régionale aux effets combinés

Al Sharq Al Awsat fait état d’un climat d’anxiété grandissante à Beyrouth, alors que les délais pour présenter un plan de désarmement se raccourcissent. Le gouvernement cherche à négocier des contreparties tangibles : retrait israélien de zones contestées, libération des prisonniers et financement international pour la reconstruction. Un officiel cité par le journal affirme que « la balle est désormais dans le camp de Washington, qui doit prouver qu’il n’agit pas comme l’extension militaire d’Israël dans la région ».

Al Joumhouriyat ajoute que les discussions entre le ministre des Affaires étrangères et l’ambassadrice américaine se poursuivent en marge des débats parlementaires. Une source proche du dossier évoque des « ajustements à venir dans la formulation des engagements » afin d’éviter un blocage diplomatique et de ménager les partis politiques locaux.

Les conséquences de la frappe sur Wadi Faara ont trouvé un écho immédiat dans le discours du Hezbollah. Dans son édition du 16 juillet 2025, Al 3arabi Al Jadid rapporte que le parti a dénoncé une « boucherie ciblée contre des civils et des résistants », en insistant sur le fait que la population locale est exposée aux « bombes et aux calculs géopolitiques d’Israël ». Le communiqué du Hezbollah y est reproduit en partie, insistant sur la « barbarie de l’ennemi sioniste qui cherche à imposer un rapport de force par le feu au moment même où se discutent les conditions d’une trêve durable ».

Dans Al Joumhouriyat, un éditorial anonyme affirme que les frappes israéliennes visent aussi à tester la capacité du Liban à réagir sous contrainte, alors que le pays est plongé dans une triple crise : économique, politique et sécuritaire. Le quotidien souligne que cette opération intervient alors que les pourparlers indirects entre Israël et le Hezbollah via des médiateurs européens et qataris ont enregistré une « progression modeste », notamment sur la délimitation des règles d’engagement le long de la frontière sud.

L’édition de Nahar confirme l’intensité des frappes et donne des détails sur la réunion tenue par le Conseil supérieur de défense. Le président Joseph Aoun a convoqué d’urgence les chefs de services de renseignement pour évaluer les implications de l’attaque sur la sécurité nationale. Il aurait, selon le journal, insisté sur la nécessité de ne pas laisser le Liban devenir un théâtre de messages militaires échangés entre Tel-Aviv et Téhéran.

Washington hausse le ton : désarmement ou isolement

Le dossier du désarmement reste au cœur de l’agenda imposé par Washington. D’après Al Akhbar, la nouvelle feuille de route américaine ne prévoit aucune latitude de négociation : un calendrier court, une supervision directe par une entité tierce et une exclusion explicite de toute prolongation au-delà de décembre 2025. Ce que le quotidien décrit comme un « diktat diplomatique » a été présenté par l’émissaire Thomas Barak lors de sa dernière visite à Beyrouth.

Le journal révèle que les forces armées libanaises ont reçu pour mission de dresser un inventaire géolocalisé des dépôts d’armes et des infrastructures souterraines utilisées par les factions armées. Une partie de la mission serait confiée à une task force conjointe entre le commandement du renseignement militaire et la FINUL. Mais plusieurs officiers, toujours selon Al Akhbar, ont exprimé leurs craintes de devenir des « agents d’un désarmement unilatéral » qui ne garantirait ni protection ni stabilité face à une éventuelle escalade avec Israël.

Al Sharq Al Awsat apporte un éclairage complémentaire en citant un diplomate européen en poste à Beyrouth : « Les États-Unis cherchent à verrouiller le dossier libanais avant les élections israéliennes, pour éviter tout dérapage. Mais leur plan n’intègre pas assez les dynamiques internes du Liban, ce qui risque de provoquer des résistances. »

L’arène syrienne en mutation : Soueida au centre des recompositions

En parallèle, la situation à Soueida fait l’objet d’une couverture abondante. Selon Ad Diyar, les combats entre l’armée syrienne et des groupes armés druzes ont connu un retournement de situation en quelques heures. Alors que le ministre de la Défense syrien annonçait dans la matinée du 15 juillet le rétablissement du contrôle total sur la ville, des frappes israéliennes ont visé des convois militaires syriens, permettant à certains groupes rebelles de reprendre le centre-ville.

Le journal cite également des sources du « Syrian Observatory for Human Rights » affirmant que plus de 19 morts ont été enregistrés dans les combats de rue à proximité de l’hôpital national. L’armée syrienne aurait été contrainte de se replier temporairement, avant de lancer une contre-offensive en fin de soirée.

Al Sharq met en avant les liens possibles entre ces développements et la réactivation de lignes de communication entre Israël et certaines factions syriennes via l’Azerbaïdjan. Selon les informations publiées, des réunions secrètes auraient eu lieu entre des représentants israéliens et des intermédiaires druzes pour discuter d’un accord local de sécurité, à l’image de celui mis en place dans le sud libanais dans les années 1980.

Stratégies concurrentes de dissuasion : la ligne rouge de la souveraineté

La juxtaposition des fronts libanais et syrien suscite des interrogations sur la stratégie régionale d’Israël. Al Bina’ insiste sur la dimension symbolique de l’intervention à Soueida : frapper en territoire à majorité druze serait une manière pour Israël de semer la division parmi les minorités. L’analyse publiée évoque un parallèle avec la période 1982-1985 au Liban, où les conflits intra-communautaires avaient été instrumentalisés pour affaiblir la résistance libanaise.

En écho, Al Sharq Al Awsat publie un article affirmant que les États-Unis veulent coupler le désarmement libanais à un processus de pacification régional. L’objectif serait de convaincre le Liban d’adhérer à un accord de normalisation indirecte avec Israël, en échange de garanties de non-agression et d’investissements dans la reconstruction. Mais ces intentions restent pour l’heure au stade de spéculations, aucun projet concret n’ayant été officiellement présenté aux autorités libanaises.

Dans ce contexte, Al Joumhouriyat note que plusieurs leaders politiques libanais, dont certains membres du Courant patriotique libre, ont commencé à évoquer la nécessité d’une « stratégie de défense consensuelle » qui intègrerait à la fois l’armée régulière et les forces de résistance, dans un cadre institutionnel unique. Toutefois, les divergences restent profondes, notamment entre les partis pro-occidentaux et ceux proches de l’axe iranien.

L’équation économique : levier ou otage de la diplomatie sécuritaire

Enfin, la dimension financière de cette crise est incontournable. Al Akhbar et Nahar rapportent que l’interdiction des activités d’Al-Qard Al-Hassan n’est pas seulement un signal politique, mais aussi un message adressé aux banques et aux acteurs économiques : ceux qui maintiendront des liens avec des entités sanctionnées risquent des mesures de rétorsion. La décision du gouverneur Karim Souaid de geler les avoirs de l’association est perçue par certains comme un geste de bonne volonté à destination de Washington.

An-Nahar publie en encadré les chiffres des prêts affectés par la suspension des activités de cette institution : près de 120 000 dossiers de prêts en cours, dont plus de 35 % concernent des achats de matériel scolaire, de produits médicaux ou de rénovations de logement. Le quotidien souligne que cette interdiction risque de renforcer les inégalités sociales, surtout dans les régions les plus marginalisées comme la Békaa, le Hermel ou le Sud.

Politique locale : débat parlementaire et fracture institutionnelle face aux injonctions internationales

La scène politique libanaise a été marquée, le 15 juillet 2025, par la tenue d’une séance parlementaire publique consacrée à l’examen des orientations générales du gouvernement. Plusieurs journaux, dont NaharAl JoumhouriyatAd DiyarAl Liwa’ et Al Sharq, s’en font l’écho dans leur édition du 16 juillet 2025. Cette session a révélé un clivage profond entre les forces politiques sur les questions de souveraineté, de désarmement et de réponse aux propositions américaines, en pleine montée des tensions militaires dans la Békaa.

La séance parlementaire du 15 juillet : entre affrontements verbaux et paralysie tactique

Selon Al Joumhouriyat, la session a été dominée par des interventions qualifiées de « répétitives » et « prévisibles », illustrant le fossé persistant entre les blocs politiques. Le journal note que « les interventions n’ont révélé aucune proposition concrète de sortie de crise », mais ont essentiellement servi de tribunes à des formations politiques désireuses de réaffirmer leur position idéologique. Le président du Parlement Nabih Berri a été décrit comme jouant un rôle de modérateur, imposant un rythme mesuré aux débats, sans permettre de débordements.

Al Liwa’ rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam, présent à la session, a tenté de recentrer les échanges sur les enjeux concrets de la période actuelle, notamment les défis économiques et sécuritaires. Il a réaffirmé la nécessité de répondre « de façon unifiée » à la proposition américaine sur le désarmement des groupes armés. Mais cette position s’est heurtée à une vive opposition de la part de députés issus de blocs alliés au Hezbollah, qui accusent le chef du gouvernement de céder aux pressions étrangères.

Dans Ad Diyar, un article de Michel Nassar précise que cette opposition ne s’est pas traduite par des démissions ou un vote de défiance, mais par une stratégie d’évitement, évitant toute escalade parlementaire immédiate. Le journal évoque une « paralysie sous contrôle », nourrie par le sentiment que toute initiative institutionnelle serait vite neutralisée par des équilibres politiques rigides.

Les lignes de fracture : souveraineté, armement et équilibres communautaires

L’un des sujets les plus débattus reste la réponse officielle du Liban à la feuille de route américaine, qui exige un désarmement des factions armées sous supervision internationale. D’après Al Sharq, plusieurs interventions ont souligné que cette exigence constitue une atteinte à la souveraineté nationale, et pourrait déséquilibrer le fragile compromis communautaire libanais.

Al Liwa’ indique qu’un consensus partiel a émergé autour de l’idée de discuter d’une stratégie nationale de défense. Toutefois, les désaccords portent sur la temporalité, les modalités d’application et surtout le statut du Hezbollah au sein de cette architecture sécuritaire. Les députés de la formation Amal ont défendu une « approche graduelle » fondée sur la concertation nationale, tandis que des députés du bloc Kataëb ont réclamé la « fin immédiate de la prolifération des armes en dehors de l’armée nationale ».

Al Joumhouriyat précise que le ministre de l’Intérieur, interrogé sur la capacité de l’État à assurer la sécurité en cas de retrait du Hezbollah, a répondu que « l’État peut assumer toutes ses responsabilités si les moyens politiques, juridiques et logistiques lui sont donnés », soulignant ainsi l’ampleur des contraintes auxquelles font face les institutions.

Rôle du président Aoun et crispations autour de Baabda

Dans ce contexte, Ad Diyar consacre une large partie de sa couverture à l’implication du président Joseph Aoun. Le journal souligne que le chef de l’État suit personnellement le traitement du dossier sécuritaire avec ses conseillers. Il aurait convoqué une série de réunions techniques à Baabda pour examiner le texte de réponse aux Américains. Les discussions porteraient sur la préservation d’une « marge de manœuvre souveraine », sans rejeter en bloc les suggestions de désescalade.

Le journal ajoute que certains députés reprochent au président un « pilotage solitaire » du dossier, alors que celui-ci réclame en retour une « unité de commandement exécutif » pour répondre aux crises multiples. Un haut fonctionnaire cité anonymement évoque un « déficit de coordination » entre les institutions, aggravé par la méfiance entre les pôles exécutif, législatif et sécuritaire.

Incidences régionales et atmosphère de défiance dans les camps politiques

Les répercussions régionales de la situation syrienne et des frappes israéliennes dans la Békaa alimentent l’inquiétude au sein des partis libanais. Dans Nahar, un compte-rendu de la session indique que plusieurs députés ont cité la situation à Soueida pour souligner les risques d’un effondrement sécuritaire régional. Ils ont mis en garde contre toute tentative israélienne de déstabilisation via les minorités, en référence aux tentatives historiques de division confessionnelle dans le Liban des années 1980.

Dans Al Sharq, une tribune de Nadim Koteich analyse les déclarations du président du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt. Celui-ci aurait exprimé son opposition à toute stratégie de désarmement imposée « depuis l’extérieur », affirmant que « le seul désarmement possible est celui qui résulte d’un accord libanais complet, non d’un ultimatum étranger ».

Le journal cite également une source du Courant du futur affirmant que « la position de silence de Saad Hariri sur cette affaire reflète une volonté d’éviter la polarisation, mais cela ne saurait durer si des affrontements éclataient dans le Sud ». Ces nuances témoignent de la difficulté des partis à construire un discours clair dans un contexte marqué par la crainte d’un embrasement.

Les syndicats et ONG en retrait mais attentifs

Al Joumhouriyat note que les syndicats de fonctionnaires et les organisations de la société civile sont restés en retrait lors de cette phase parlementaire, préférant observer les rapports de force. Toutefois, certains communiqués, publiés à la marge, ont évoqué la nécessité de garantir « les droits constitutionnels de résistance à l’occupation » tout en appelant à la protection des institutions publiques.

Le Syndicat des enseignants du secondaire, par exemple, a rappelé que « la priorité du moment est de garantir la stabilité sociale et les services de base, et non de livrer le pays à une confrontation armée ou à une tutelle internationale ». Ces prises de position restent peu relayées dans les grands médias, mais traduisent une vigilance croissante des corps intermédiaires.

Bilan politique et perspectives incertaines

Au terme de cette session parlementaire, aucun consensus institutionnel clair n’a émergé. Nahar conclut dans son analyse que « le Liban se trouve à la croisée des chemins, incapable de dire oui ou non à l’Amérique, tout en étant pris en étau entre les menaces israéliennes et l’impératif de stabilité intérieure ». Cette équation impossible nourrit une forme d’immobilisme stratégique, qui pourrait à terme se transformer en crise de gouvernance.

Ad Diyar résume la situation comme suit : « Les institutions fonctionnent, mais elles n’exercent plus le pouvoir ; les responsables débattent, mais ne décident plus ; le peuple observe, mais ne participe plus. » Dans ce climat de suspension politique, la moindre étincelle pourrait déclencher des conséquences systémiques majeures.

Citation et discours des personnalités politiques : entre souveraineté, désarmement et mémoire historique

Le 16 juillet 2025, plusieurs figures politiques libanaises ont livré des déclarations qui témoignent de la nervosité institutionnelle face aux pressions internationales et aux développements militaires récents. Les prises de parole, aussi bien en séance parlementaire que dans des tribunes ou lors d’interviews, révèlent des lignes de fracture claires sur les notions de souveraineté, d’équilibre communautaire et de désarmement des groupes armés. Les journaux Al JoumhouriyatAd DiyarAl SharqNahar, et Al Akhbar relaient ces positions de manière détaillée.

Nawaf Salam : appel à l’unité face aux exigences internationales

Le Premier ministre Nawaf Salam, présent au Parlement lors de la séance du 15 juillet, a déclaré que « le moment requiert de nous plus qu’un débat idéologique : il requiert une unité nationale face à une pression stratégique majeure ». Ces propos, rapportés par Nahar, s’inscrivent dans le cadre d’un effort de l’exécutif pour maintenir une ligne cohérente de négociation avec les puissances internationales, notamment les États-Unis, dans le dossier du désarmement.

Dans Al Liwa’, le chef du gouvernement ajoute que « la feuille de route américaine n’est pas un ultimatum, mais une base de discussion possible si elle respecte les fondements de notre souveraineté et les équilibres internes ». Il appelle les parlementaires à « reconnaître la complexité de la situation sécuritaire régionale sans tomber dans des réflexes de blocage automatique ».

Cependant, ce ton modéré a été perçu par une partie de l’opposition comme une forme de capitulation implicite. Ad Diyar cite un député du bloc Fidélité à la Résistance, affirmant que « Nawaf Salam est en train de transformer la table du Conseil des ministres en une salle de transmission des messages américains ».

Joseph Aoun : défense de l’autorité présidentielle et équilibre stratégique

Le président Joseph Aoun, selon les sources rapportées par Ad Diyar, a choisi une approche discrète mais ferme dans sa gestion de la réponse à l’initiative américaine. Il aurait déclaré, lors d’une réunion restreinte à Baabda, que « la défense de l’intérêt national passe par un dialogue lucide avec nos partenaires, mais aussi par des lignes rouges non négociables, notamment sur le rythme et la méthode du désarmement ».

Il a insisté sur le fait que « toute stratégie sécuritaire viable doit associer les acteurs légitimes, sans exception, à l’élaboration des plans d’exécution ». Cette déclaration, bien que non rendue publique, a été rapportée par Ad Diyarcomme une tentative présidentielle de repositionnement stratégique, face aux accusations d’inaction.

Al Sharq affirme également que le président Aoun souhaite organiser une « conférence nationale de défense » dans les prochaines semaines, réunissant les chefs des principaux partis et mouvements armés. L’objectif serait d’élaborer une feuille de route alternative à celle proposée par les États-Unis, fondée sur les priorités internes.

Walid Joumblatt : méfiance à l’égard des scénarios extérieurs

Dans une déclaration publiée dans Al Sharq et attribuée à Walid Joumblatt, celui-ci affirme que « le Liban ne peut pas être la scène d’un nouveau désengagement militaire sans garantie réelle de protection ». Il évoque le risque d’un vide sécuritaire dans le Sud en cas de désarmement précipité de Hezbollah, et met en garde contre « la tentation de transformer notre pays en zone tampon entre les volontés israélienne et iranienne ».

Joumblatt souligne que « l’histoire nous a appris que les désarmements imposés par la pression internationale finissent souvent en guerre civile ». Il appelle au renforcement du rôle de l’armée, mais à condition que cela se fasse « dans un cadre national, non dicté par des calendriers extérieurs ».

Nabih Berri : la souveraineté n’est pas à négocier

Le président du Parlement Nabih Berri, selon Al Joumhouriyat, a utilisé la séance du 15 juillet pour rappeler que « la souveraineté n’est pas une carte de négociation, elle est la base de toute discussion possible ». Il a dénoncé « les tentatives de certains ambassadeurs étrangers de transformer le Parlement libanais en bureau d’approbation de décisions extérieures ».

Berri a ajouté que « le Liban a toujours su négocier dans la dignité. Nous avons accepté les résolutions internationales dans le passé, mais jamais sous la forme de conditions humiliantes ». Cette posture a été saluée par plusieurs députés de formations proches de la résistance, qui y ont vu un rempart contre « les dérives de capitulation », selon Al Akhbar.

Échos dans les médias : divergences tactiques au sein du camp souverainiste

Al Joumhouriyat rapporte également les propos du député Antoine Habchi (Forces Libanaises), qui accuse le Hezbollah de « prendre en otage l’agenda national avec son armement illégal ». Il a déclaré que « tant que des groupes armés existeront en dehors de l’autorité de l’État, toute négociation sera viciée dès le départ ».

En réponse, le député Hassan Fadlallah (Hezbollah) a affirmé que « la résistance est un droit constitutionnel, reconnu même dans les textes fondateurs de la République ». Selon Al Akhbar, il a accusé les Forces Libanaises de vouloir « ramener le Liban à l’époque des milices chrétiennes subventionnées par l’étranger ».

Cette passe d’armes souligne l’incapacité persistante du Parlement à établir une lecture commune des rapports de force internes. Dans un éditorial publié par Al Akhbar, l’analyste السياسي علي الأمين déplore « la transformation du Parlement en agora de légitimation de l’impuissance nationale ».

Discours indirects mais lourds de sens : le cas Thomas Barak

Même si l’émissaire américain Thomas Barak n’est pas une figure libanaise, ses déclarations ont été abondamment commentées comme si elles étaient prononcées depuis l’intérieur du pays. Ad Diyar cite un extrait de sa dernière intervention à propos de Hezbollah : « Toute faction armée en dehors du cadre de l’armée nationale est une menace structurelle pour la paix régionale ».

Ces propos ont été interprétés par plusieurs partis comme une ligne rouge imposée, sans marge de discussion. Al Liwa’note que certains députés considèrent que ces déclarations pourraient pousser les partisans de la résistance à la radicalisation. L’un d’entre eux affirme anonymement que « le langage de la menace ne fait que retarder une solution durable ».

Les voix marginales et le rôle des anciens présidents

Al Sharq mentionne également une lettre ouverte publiée par Michel Sleiman, ancien président de la République, dans laquelle il exprime son « inquiétude face à la perte de repères du dialogue national ». Il y affirme que « les paramètres de souveraineté, d’indépendance judiciaire et d’unité militaire doivent être défendus par tous les moyens institutionnels disponibles ».

Enfin, Nahar rapporte que le général à la retraite Chamel Roukoz, ancien député, a déclaré dans une interview radiophonique que « le pays est sur une ligne de crête : soit il se refonde autour d’un projet commun, soit il bascule dans la gestion de crises successives sans horizon ».

Politique internationale : recompositions en chaîne au Moyen-Orient et tensions globales

Les développements géopolitiques dans la région du Moyen-Orient ont occupé une place centrale dans la presse du 16 juillet 2025. Plusieurs titres, notamment Al Sharq Al AwsatAl 3arabi Al JadidAd DiyarAl Bina’ et Al Sharq, ont documenté l’intensification des interventions militaires, les repositionnements stratégiques en Syrie, les évolutions politiques en Israël et les tensions persistantes entre les grandes puissances. Ces éléments dessinent une carte régionale en redéfinition, dans laquelle le Liban reste un acteur passif mais exposé.

Soueida, nouvel épicentre des recompositions militaires en Syrie

L’événement le plus largement relayé concerne les affrontements dans la ville de Soueida, au sud de la Syrie. Selon Al Sharq Al Awsat, les forces gouvernementales syriennes ont pénétré dans la ville à majorité druze dans le but de rétablir l’ordre, à la suite de plusieurs jours de combats entre des milices locales et des groupes tribaux armés. Le ministre syrien de la Défense, Marhaf Abou Qasra, a annoncé un cessez-le-feu immédiat et a ordonné l’installation de la police militaire pour superviser le désarmement partiel de certains groupes.

Toutefois, Ad Diyar rapporte que la situation s’est rapidement retournée. Moins de six heures après l’annonce du rétablissement du calme, des drones israéliens ont ciblé des colonnes militaires syriennes, facilitant la reprise de certaines zones par des groupes armés. Le journal cite des rapports du Syrian Observatory for Human Rights, selon lesquels « des zones entières du centre-ville ont échappé à tout contrôle officiel », relançant les hypothèses de création d’une zone de sécurité israélienne à la frontière syro-israélienne, sur le modèle du sud Liban dans les années 1980.

Al Bina’ établit un lien direct entre ces événements et un prétendu « accord de Baku » entre des représentants israéliens et des officiers du nouveau gouvernement syrien, médié par l’Azerbaïdjan. Le journal affirme que certaines factions druzes auraient reçu l’assurance qu’elles seraient protégées contre les représailles de Damas si elles acceptaient de collaborer avec les forces d’occupation israéliennes. Cette hypothèse est renforcée par la couverture de Al Sharq, qui évoque « des signaux indirects » entre Tsahal et certains notables de la région, à travers des émissaires européens.

Israël : fractures internes et préparation d’un nouveau cycle électoral

La politique israélienne fait également l’objet d’une analyse détaillée dans Al 3arabi Al Jadid. Un article de Moutans Shihada retrace les tensions croissantes au sein du gouvernement de coalition dirigé par Benjamin Netanyahou. Depuis les élections de 2022, le Premier ministre a renforcé son alliance avec l’aile radicale du Likoud et les partis ultraorthodoxes, mais les sondages récents révèlent une baisse de popularité, notamment en raison de la gestion de la crise sécuritaire dans le nord et à Gaza.

Le journal explique que le parti d’extrême droite « Israël Beytenou », allié dans la coalition actuelle, pourrait se désolidariser pour soutenir un nouveau bloc emmené par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett. Celui-ci envisagerait, selon des analystes cités, de fonder une nouvelle formation centriste capable de défier Netanyahou lors d’élections anticipées. Cette perspective inquiète l’entourage du chef du gouvernement, qui multiplie les initiatives militaires pour consolider son image d’homme fort.

Dans ce contexte, Al Sharq Al Awsat note que les frappes en Syrie, à Soueida, mais aussi dans la Békaa libanaise, s’inscrivent dans une stratégie de démonstration de puissance à usage électoral. Le journal rapporte que le ministre israélien de la Défense Yoav Galant a déclaré publiquement : « Nous continuerons à frapper toutes les menaces, d’où qu’elles viennent, pour garantir la sécurité de l’État d’Israël. »

Gaza : blocages diplomatiques et escalade ciblée

Al 3arabi Al Jadid consacre plusieurs pages aux négociations sur Gaza, en cours à Doha. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar y est cité affirmant que « les discussions progressent, malgré les apparences de blocage ». Il souligne que les cartes militaires israéliennes remises à la délégation qatarie incluent désormais des propositions de retrait partiel de certaines zones de Rafah, ce qui constituerait, selon le diplomate, « un tournant symbolique dans la dynamique de négociation ».

Mais en parallèle, Al Sharq Al Awsat rapporte une intensification des assassinats ciblés dans la bande de Gaza. Plusieurs dirigeants de la branche militaire de Hamas, les Brigades al-Qassam, ont été tués par des frappes israéliennes, de même que des ingénieurs impliqués dans le développement de drones et de roquettes. Le journal cite des sources palestiniennes affirmant que ces attaques « sapent les efforts qataris de désescalade », et renforcent l’idée que Tel-Aviv ne cherche pas à négocier une trêve durable, mais à imposer une soumission militaire progressive.

Ukraine : réactivation de la ligne de confrontation russo-américaine

Au-delà du Moyen-Orient, les tensions entre les États-Unis et la Russie occupent une place importante dans la presse arabe. Al Sharq publie une tribune du juriste Ossama Al Arab, consacrée à l’évolution de la relation entre Donald Trump et Vladimir Poutine. L’article souligne que, malgré une certaine proximité lors du premier mandat de Trump, les relations entre Moscou et Washington sont désormais marquées par une nouvelle phase de « conflit stratégique asymétrique ».

Al Sharq Al Awsat évoque une conversation confidentielle entre Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, durant laquelle l’administration américaine aurait proposé un appui logistique à des opérations ukrainiennes ciblées contre des infrastructures militaires russes en Crimée. Cette information, non confirmée officiellement, alimente les spéculations sur une réactivation de l’axe atlantiste à l’approche des élections américaines de mi-mandat.

Le Kremlin, selon le journal, aurait convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité national pour évaluer la pertinence d’un message de dissuasion diplomatique. Un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, cité dans l’article, affirme que « la Russie se réserve le droit de répondre par tous les moyens appropriés à toute menace contre ses intérêts vitaux ».

Europe et Iran : pressions croisées et échéances diplomatiques

Enfin, plusieurs journaux rapportent la montée des tensions entre l’Union européenne et l’Iran. Al Sharq Al Awsatindique que Bruxelles envisage de réactiver les sanctions économiques suspendues depuis 2021, en raison des manquements de l’Iran à ses engagements sur l’enrichissement d’uranium. Une décision formelle pourrait intervenir d’ici la fin août, à l’issue du prochain Conseil des ministres européens des Affaires étrangères.

En réaction, Al Bina’ évoque une série d’exercices militaires iraniens dans le détroit d’Ormuz, présentés comme une « démonstration de souveraineté » face à ce que Téhéran qualifie d’« intimidation occidentale ». Le journal cite le commandant de la marine iranienne, qui affirme que « l’Iran est prêt à répondre à toute violation de ses frontières économiques et stratégiques par une riposte immédiate ».

Dans ce climat, Al Sharq revient sur la disparition temporaire du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, durant la guerre de douze jours avec Israël. Le journal affirme qu’il s’est réfugié dans un « bunker sécurisé » pour échapper à une tentative présumée d’assassinat. Cette absence aurait provoqué, selon les sources iraniennes, « un flou politique au sommet de l’État », jusqu’à sa réapparition publique lors de la cérémonie d’Achoura.

Économie : sanctions financières, accès au crédit et stratégies de survie des institutions

Les journaux du 16 juillet 2025 placent au cœur de leurs pages économiques l’affaire Al-Qard Al-Hassan, la question de l’accès aux prêts immobiliers et les débats autour des sanctions imposées par les États-Unis. Des éléments de classement des entreprises, les performances du secteur bancaire et les ajustements réglementaires de la Banque du Liban sont également couverts, notamment dans NaharAd DiyarAl Liwa’Al Bina’, et Al Akhbar.

Gel des comptes d’Al-Qard Al-Hassan : un bras de fer financier aux enjeux politiques

Selon Al Akhbar, la Banque du Liban a officiellement gelé tous les comptes bancaires liés à Al-Qard Al-Hassan, une organisation considérée comme le bras financier du Hezbollah. Cette décision a été notifiée aux banques locales et institutions de microfinance, leur interdisant toute opération de dépôt, de retrait ou de virement liée à cette entité. Le journal affirme que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la stratégie coordonnée avec le Trésor américain, visant à assécher les ressources économiques des structures affiliées à des groupes armés.

Dans Nahar, le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, défend cette décision en évoquant « la nécessité de mettre le secteur bancaire en conformité avec les standards internationaux de transparence et de lutte contre le blanchiment ». Il rappelle que toute entité soumise à des sanctions internationales doit être automatiquement exclue du système bancaire national, sous peine de voir la place financière libanaise entièrement déconnectée des circuits de compensation globaux.

Mais Al Akhbar adopte une lecture très critique de cette politique. Le journal cite des responsables communautaires du sud et de la Békaa qui dénoncent une « punition collective » infligée à des milliers de familles modestes ayant contracté des prêts auprès de cette structure. Selon des chiffres rapportés par Al Liwa’, plus de 120 000 prêts sont en cours d’exécution auprès d’Al-Qard Al-Hassan, dont 35 % concernent l’achat de médicaments ou de fournitures scolaires.

Réactions des acteurs politiques et sociaux : entre soutien institutionnel et dénonciation communautaire

Dans Ad Diyar, un député du mouvement Amal qualifie la mesure de « sabotage social », expliquant que de nombreux ménages pauvres utilisent les services d’Al-Qard Al-Hassan en raison de l’exclusion bancaire dont ils sont victimes depuis la crise de 2019. Le journal ajoute que cette décision pourrait déclencher une réorganisation informelle du crédit dans certaines régions, avec le recours accru à des systèmes de financement hors banque, y compris par des marchands ou des notables locaux.

Pour sa part, Al Bina’ analyse l’événement comme « une manœuvre visant à redessiner le rapport de force socio-économique entre les régions ». L’article affirme que les sanctions financières contre le Hezbollah ne produisent pas seulement des effets politiques, mais contribuent aussi à renforcer le contrôle des classes dominantes sur les circuits de financement. Cette lecture est renforcée par une interview d’un ancien responsable de la Banque centrale, qui soutient que « l’indépendance monétaire du Liban est désormais une fiction ».

Accès aux crédits immobiliers : stagnation et encadrement restrictif

Dans un autre registre, Nahar consacre une page entière à la question des prêts immobiliers. Le quotidien rapporte que, depuis le mois de mars 2025, seules 7 380 demandes de prêts ont été validées par la Public Housing Corporation, soit une baisse de 38 % par rapport à la même période l’an passé. Les causes évoquées sont multiples : durcissement des conditions de solvabilité, instabilité juridique des actes fonciers et forte volatilité du taux de change.

La Banque du Liban aurait, selon le journal, proposé un mécanisme de garantie partielle des prêts pour relancer le secteur, sans que cela ne soit encore officialisé. L’article cite le président de l’Ordre des ingénieurs et architectes, qui plaide pour un plan de relance du logement combinant garanties étatiques et libération de terrains publics. Toutefois, aucun projet législatif n’a été transmis au Parlement à ce jour.

Al Liwa’ ajoute que certains promoteurs immobiliers, notamment dans les régions de Metn et de Kesrouan, ont gelé leurs projets depuis avril 2025, en raison de l’incertitude sur les délais de remboursement et l’absence de couverture en devises des fonds engagés. Le journal met en lumière le paradoxe d’un marché où la demande reste forte, mais où les canaux de financement se sont contractés jusqu’à devenir quasiment inaccessibles pour les jeunes ménages.

Sanctions américaines et effets sur les flux de capitaux

L’effet des sanctions américaines sur le système bancaire libanais continue de faire l’objet d’analyses dans plusieurs journaux. Ad Diyar publie un rapport d’experts financiers selon lequel les transferts en devises vers les banques libanaises ont baissé de 11,2 % au deuxième trimestre 2025. Le gel de certains comptes et la surveillance renforcée par le réseau SWIFT de toutes les opérations provenant de certaines régions (sud Liban, Dahieh, Hermel) ont provoqué une contraction de la liquidité, qui pèse désormais sur les délais de traitement des crédits documentaires.

La Banque du Liban, dans une circulaire confidentielle reprise par Al Akhbar, aurait demandé aux banques d’augmenter leurs réserves en dollars de 3 % supplémentaires sur les comptes de correspondance. Cette mesure viserait à rassurer les agences de notation, en prévision d’un rapport de Fitch Ratings attendu fin juillet.

Al Bina’ affirme que cette politique provoque une pression accrue sur les petits épargnants, dont les marges de retrait sont déjà sévèrement limitées. Le journal cite plusieurs clients de banques de Tripoli et de Nabatieh qui se disent incapables de transférer des fonds pour des soins médicaux à l’étranger. Ces blocages renforcent, selon l’analyse, le sentiment d’abandon des régions périphériques par l’État central.

Classement des entreprises et redéploiement stratégique dans le secteur privé

Un volet économique plus institutionnel est abordé dans Nahar, qui publie les résultats d’un classement interne des 50 plus grandes entreprises libanaises selon leur résilience post-crise. En tête du classement figurent la société Ogero pour les télécommunications, Liban Lait pour l’agroalimentaire et Fransabank pour le secteur bancaire. Ce classement, établi par la Lebanese Economic Observatory, évalue la performance sur trois critères : stabilité de la trésorerie, maintien de l’emploi et taux de diversification des produits.

Al Liwa’ souligne que ce classement est accueilli avec prudence dans les milieux d’affaires, certains acteurs estimant que les critères ne prennent pas en compte la réalité de l’économie informelle, qui représenterait désormais 44 % du PIB libanais selon des données non officielles.

Dans le même esprit, Al Akhbar consacre un article à l’évolution du groupe Byblos Bank, qui aurait redéployé 70 % de ses actifs hors du Liban au profit de ses filiales à Chypre, au Ghana et à Erbil. La banque aurait justifié ce repositionnement comme une « stratégie d’anticipation du risque réglementaire ». L’article suggère que ce mouvement pourrait annoncer une nouvelle vague de désengagements d’acteurs financiers du marché libanais.

Banque du Liban : communication stratégique et ajustements réglementaires

Enfin, Al Bina’ évoque une campagne de communication lancée par la Banque du Liban pour restaurer la confiance. Intitulée « Notre Banque, votre Avenir », elle vise à sensibiliser la population à l’importance de maintenir une infrastructure monétaire stable. Des affiches ont été déployées dans les principales artères de Beyrouth, et un spot radiophonique est diffusé chaque matin sur les principales chaînes FM.

Dans le même temps, une nouvelle circulaire technique impose aux banques de détailler dans leurs états financiers trimestriels les opérations transfrontalières supérieures à 50 000 dollars. Cette mesure, selon Ad Diyar, aurait été suggérée par le Fonds monétaire international lors de sa dernière mission exploratoire à Beyrouth, sans qu’aucun accord formel ne soit signé.

Sport : résilience des athlètes libanais et ambitions régionales entre handisport, football et arts martiaux

La couverture sportive du 16 juillet 2025, selon les journaux Al JoumhouriyatAl Liwa’Al Bina’Ad Diyar, et Al Sharq, met en lumière la diversité des disciplines dans lesquelles les athlètes libanais sont engagés. Le sport au Liban est perçu comme une force de cohésion nationale dans un climat marqué par les tensions politiques. Des performances individuelles aux compétitions collectives, en passant par les initiatives en faveur du sport pour personnes handicapées, les pages sportives révèlent des dynamiques porteuses d’espoir.

Jeux paralympiques de la jeunesse arabe : deux médailles pour le Liban à Manama

Selon Al Liwa’, le Liban a remporté deux médailles lors des Jeux paralympiques de la jeunesse arabe qui se déroulent actuellement à Manama, au Bahreïn. Ces distinctions ont été obtenues dans les disciplines de l’athlétisme handisport et de la natation. L’article consacre un encadré à l’athlète Roula Khoury, qui a décroché l’argent au lancer de poids F44. Entraînée par Jihad Salameh, Khoury représente le club sportif de Zahlé et a été félicitée par le Comité olympique libanais.

Ad Diyar publie également un portrait du nageur Elias Ghanem, 16 ans, médaillé de bronze sur 50 mètres dos catégorie S10. Son entraîneur, Sami Rahmeh, affirme que cette performance est d’autant plus remarquable que Ghanem ne dispose pas de piscine adaptée dans son district de Aley et doit s’entraîner dans des infrastructures privées à Beyrouth. Le journal souligne que ces performances placent le Liban parmi les dix premières délégations du monde arabe dans les disciplines handisport.

Coupe de l’Amitié de football : l’équipe de jeunes de Tripoli crée la surprise

Dans un tout autre registre, Al Joumhouriyat se félicite de la victoire inattendue de l’équipe de football U18 du Club Ahli Tripoli face à l’équipe jordanienne Al Faisaly lors de la Coupe de l’Amitié organisée à Amman. La rencontre s’est terminée sur le score de 2-1, avec un but décisif marqué à la 88e minute par l’attaquant Omar Zein. Ce dernier, formé à la Khaldeh Football Academy, a été repéré par des recruteurs du club Al Masry (Égypte), selon Al Bina’.

L’entraîneur libanais Rabih Dandachli, interrogé par Al Sharq, a déclaré : « Nos jeunes prouvent que la volonté et la passion peuvent compenser l’absence de moyens. Tripoli peut devenir un réservoir de talents pour le football libanais, à condition de structurer les académies. » Le quotidien évoque les infrastructures limitées de la ville, avec seulement deux terrains homologués, mais souligne l’importance croissante du soutien local, notamment de la municipalité.

Taekwondo : succès libanais à l’Open d’Asie de l’Ouest

Ad Diyar accorde une large couverture au retour de la délégation libanaise de Taekwondo, qui a participé à l’Open d’Asie de l’Ouest à Doha. L’équipe a remporté trois médailles, dont une en or grâce à la performance de Chadi Ibrahim dans la catégorie -68 kg. Il a battu en finale un adversaire qatari, dans un combat décrit comme « tactiquement maîtrisé et discipliné ».

Le président de la Fédération libanaise de Taekwondo, Hani Richa, cité par Al Bina’, a félicité l’ensemble des entraîneurs et accompagnateurs, soulignant que « malgré l’absence de subventions publiques depuis trois ans, la fédération maintient un niveau de performance honorable grâce aux dons privés et à l’engagement des familles ». Ce commentaire met en lumière l’autonomie croissante de certaines disciplines sportives au Liban vis-à-vis des institutions officielles.

Athlétisme : relance du Grand Prix de Beyrouth et soutien des instances internationales

Dans une initiative saluée par plusieurs journaux, le Grand Prix international d’athlétisme de Beyrouth a été relancé après six ans d’interruption. Al Sharq rapporte que l’événement a réuni plus de 250 athlètes de 14 nationalités dans le stade Camille Chamoun, dont des représentants du Maroc, d’Algérie, de Turquie et de France. Le Liban y a aligné 35 coureurs, sauteurs et lanceurs, avec trois podiums obtenus en relais et saut en hauteur.

La Fédération internationale d’athlétisme, par l’intermédiaire de son délégué régional Daniel Rizk, a salué l’initiative, affirmant que « le Liban montre sa capacité à accueillir des compétitions d’envergure malgré la conjoncture difficile ». Al Joumhouriyat indique que cet événement a bénéficié du soutien logistique du ministère de la Jeunesse et des Sports, mais aussi de sponsors privés tels que Bank of Beirut et Libatel.

Basket-ball : tensions internes à la fédération et avenir incertain pour la sélection

Si certaines disciplines connaissent un dynamisme croissant, le basket-ball libanais traverse une période de turbulences. Al Bina’ publie une enquête sur les dissensions internes au sein de la Fédération libanaise de basket, révélant des conflits entre le président actuel, Tony Khalil, et plusieurs clubs de la ligue élite, notamment Sagesse et Riyadi. Le litige porte sur l’annulation du championnat 2024-2025, officiellement en raison de problèmes budgétaires, mais aussi sur des soupçons de favoritisme dans l’attribution des licences de joueurs étrangers.

Al Liwa’ précise que l’entraîneur de l’équipe nationale, Fouad Abou Khadra, a remis sa démission en protestation contre l’instabilité structurelle et le manque de visibilité sur les compétitions internationales. Il aurait affirmé que « la sélection mérite mieux que des réunions de crise improvisées tous les deux mois ». Des discussions sont en cours pour confier provisoirement l’encadrement de l’équipe à un coach étranger basé à Dubaï.

Sport féminin : percées significatives malgré un environnement fragile

Plusieurs journaux rendent hommage aux performances des sportives libanaises. Ad Diyar mentionne la participation de la karatéka Zeina Kassem à l’Open international de Bucarest, où elle a atteint les demi-finales dans la catégorie -55 kg. Elle est décrite comme « l’une des révélations du karaté régional, malgré un entraînement en conditions précaires dans une salle communautaire de Nabatiyeh ».

De son côté, Al Liwa’ évoque le tournoi universitaire de volley-ball féminin de l’Université Saint-Joseph, qui a vu la victoire de l’équipe de la LAU Beyrouth. Ce succès est attribué à une meilleure préparation tactique, mais aussi à l’arrivée de deux joueuses internationales en échange Erasmus.

Enfin, Al Sharq publie une tribune sur le rôle du sport féminin dans la transformation sociale, signée par la sociologue Najwa Maalouf. Elle y affirme que « les performances des Libanaises sont des actes de résistance pacifique dans une société encore structurée par la différenciation genrée ».

Technologie : cybersécurité, innovation régionale et fracture numérique au Liban

La presse libanaise du 16 juillet 2025 consacre plusieurs articles aux enjeux technologiques, notamment dans les domaines de la cybersécurité, de l’innovation régionale et de la transition numérique des institutions publiques. Les journaux Al JoumhouriyatAl Liwa’Ad Diyar et Al Sharq abordent aussi bien les initiatives privées que les défaillances structurelles, révélant une tension croissante entre modernisation nécessaire et inégalités d’accès.

Cybersécurité : montée des attaques ciblées contre les administrations libanaises

Selon Al Joumhouriyat, un rapport confidentiel du ministère des Télécommunications signale une recrudescence des cyberattaques contre les infrastructures publiques. Le ministère de l’Économie, le cadastre, ainsi que les systèmes informatiques du ministère de la Justice ont été la cible de tentatives d’intrusion depuis le 4 juillet. Ces attaques, attribuées à des groupes non identifiés, auraient visé à collecter des données sensibles sur les transactions foncières et les décisions judiciaires.

Un expert cité anonymement dans le journal affirme que « le manque de mise à jour des systèmes et l’absence de redondance sécurisée rendent l’administration extrêmement vulnérable ». Le rapport recommande la création d’une agence nationale de cybersécurité, dotée d’un budget autonome et de moyens juridiques renforcés.

Ad Diyar complète cette information en évoquant une réunion d’urgence entre les représentants de la Banque du Liban et les opérateurs de télécommunications, au cours de laquelle le gouverneur Karim Souaid aurait insisté sur la nécessité d’un audit complet des systèmes de communication bancaire. Selon le journal, des signaux d’écoute et de redirection des flux de données ont été détectés sur plusieurs réseaux locaux, suggérant une tentative de sabotage économique.

Intelligence artificielle : partenariats éducatifs et retard national

Dans un autre registre, Al Liwa’ met en lumière la signature d’un accord de partenariat entre l’Université Américaine de Beyrouth (AUB) et une société émiratie spécialisée dans l’intelligence artificielle, pour le développement de modules de formation continue. Ce projet, intitulé « AI for Governance », vise à initier les cadres du secteur public à l’usage de l’IA dans les processus décisionnels, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la fiscalité.

L’article souligne que le Liban accuse un retard significatif en matière de recherche appliquée dans ce secteur. Aucun institut de recherche libanais ne figure dans les 50 premières institutions régionales en termes de publications scientifiques sur l’IA, selon une étude du Gulf Knowledge Index citée dans le même journal. Le professeur Elias Habbal, directeur du département informatique de l’AUB, affirme que « la priorité est désormais de reconnecter la formation universitaire à des besoins réels du marché régional ».

Al Sharq ajoute que plusieurs entreprises libanaises du numérique, installées à Dubaï ou à Erbil, participent activement à des projets de modélisation de données et d’analyse prédictive pour le compte de sociétés financières du Golfe. Le journal évoque un « exil technologique » des talents libanais, en raison de l’absence de perspective professionnelle locale.

Transformation numérique des services publics : lenteurs et dépendances

Sur le plan institutionnel, Al Joumhouriyat consacre un article à la digitalisation des services publics. Le ministère des Finances a lancé un projet pilote de déclaration fiscale en ligne pour les PME, dans trois mohafazat (Beyrouth, Mont-Liban, Nord). Ce projet, soutenu techniquement par l’Union européenne, a permis à environ 7 800 entreprises de déposer leurs états financiers sans déplacement physique.

Cependant, des dysfonctionnements techniques ont été rapportés, notamment des erreurs de synchronisation et des pannes de serveurs. Le responsable du projet, cité par le journal, reconnaît que « les serveurs sont hébergés à l’étranger en raison de l’obsolescence du parc informatique national », ce qui pose des questions de souveraineté numérique.

Al Liwa’ révèle également que le projet de numérisation de l’état civil, prévu depuis 2018, est toujours bloqué par l’absence de cadre juridique sur la protection des données. Le comité interministériel chargé du dossier n’a pas réussi à se réunir depuis février 2024. Une source du ministère de l’Intérieur affirme que « sans législation claire sur la confidentialité, aucune entreprise ne veut prendre le risque de traiter des données aussi sensibles ».

Télécommunications : ralentissements structurels et fragmentation concurrentielle

L’état du réseau internet et mobile libanais est un autre sujet de préoccupation. Selon Ad Diyar, les vitesses de connexion à Beyrouth ont chuté de 23 % en moyenne au cours du deuxième trimestre 2025, en raison de coupures électriques et de tensions entre les fournisseurs de services. Le journal précise que l’opérateur Ogero fait face à des retards de paiement de l’État, ce qui affecte l’entretien des stations relais et la fourniture de bande passante.

Al Sharq indique que certains fournisseurs privés, notamment Touch et Alfa, ont été autorisés à augmenter leurs tarifs pour les forfaits data et voix de 17 % à compter du 1er août. Cette décision, justifiée par la hausse des coûts d’importation, a suscité des critiques de la part d’associations de consommateurs, qui y voient une « privatisation déguisée d’un service public essentiel ».

Al Joumhouriyat ajoute que le taux de couverture en 5G, annoncé comme prioritaire en 2023, reste inférieur à 6 %, concentré dans les quartiers de Hamra, Achrafieh et Dbayeh. Le ministère des Télécommunications reconnaît que « les priorités budgétaires ont été revues » en raison de la crise économique, repoussant toute généralisation de la 5G à l’horizon 2027 au plus tôt.

Innovation locale : dynamique entrepreneuriale mais absence d’écosystème de financement

En dépit de ces difficultés, plusieurs journaux relèvent des initiatives prometteuses portées par la jeunesse libanaise. Al Liwa’ consacre un article à la start-up GreenCircles, fondée par trois ingénieurs de Tripoli, qui développe des applications de monitoring environnemental basées sur l’IoT (Internet des objets). L’entreprise a remporté le prix « Tech for Sustainability » lors du Salon régional de l’innovation tenu à Doha, et cherche désormais des partenaires pour déployer ses capteurs intelligents dans les zones rurales libanaises.

Cependant, Ad Diyar pointe les obstacles à la pérennisation de ces projets. L’absence de fonds d’investissement locaux, la volatilité du taux de change et la rigidité administrative sont autant de freins à la croissance. Le journal rapporte que 64 % des start-ups fondées entre 2020 et 2022 ont cessé leur activité en moins de deux ans, faute de trésorerie suffisante.

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