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Revue de presse du 18/11/25: recomposition des équilibres autour du Liban

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Le plan Trump pour Gaza et ses répercussions régionales

Le débat sur la place du Liban dans l’équation régionale se déroule alors que New York s’apprête à entériner un tournant dans la guerre de Gaza. Selon Al Bina’, 18 novembre 2025, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2803 qui accueille favorablement la feuille de route de Donald Trump pour un cessez-le-feu durable, avec la création d’une force internationale chargée de stabiliser le territoire et d’un cadre politique ouvrant la voie, à terme, à une éventuelle reconnaissance d’un État palestinien. Cette dynamique internationale se superpose à un front sud libanais encore instable et à une scène intérieure en attente des messages que le président Joseph Aoun doit délivrer à l’occasion de la conférence « Beyrouth 1 » puis de la fête de l’Indépendance, comme le relève Nahar, 18 novembre 2025. 

Al Quds Al Arabi, 18 novembre 2025, insiste sur le caractère structurant de ce vote au Conseil de sécurité, en rappelant que le projet américain adosse la résolution à un « Conseil de paix » chargé de superviser la reconstruction de Gaza et la transition politique. La dernière mouture du texte prévoit que les États membres puissent contribuer à une force internationale dotée d’un double mandat : assurer la sécurité sur le terrain et conduire le démantèlement de l’infrastructure militaire à Gaza, en intégrant la feuille de route de Trump en vingt points comme annexe à la résolution. En contrepartie, la perspective d’un État palestinien reste conditionnée à la capacité de l’Autorité palestinienne à répondre à une série de critères sécuritaires et institutionnels, ce qui amène Al Bina’, 18 novembre 2025, à considérer que le texte ressemble davantage à un mécanisme de gestion du conflit qu’à un outil de règlement final, les dossiers du droit au retour et des frontières demeurant différés. 

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Dans ce contexte, la dimension libanaise du dossier est lue à travers un double prisme. D’un côté, Al Quds Al Arabi, 18 novembre 2025, rappelle que les instances onusiennes continuent de dénoncer l’extension des opérations israéliennes en Syrie et au sud du Liban, ainsi que le nombre inédit de personnels médicaux tués ou blessés sur ce front en 2024. De l’autre, plusieurs journaux libanais relèvent que l’idée d’une force internationale renforcée à Gaza peut nourrir des comparaisons avec le dispositif de la FINUL au Liban-Sud et rouvrir des débats internes sur le statut de l’armement de la résistance. Al Bina’, 18 novembre 2025, souligne toutefois que la structure envisagée pour Gaza, fondée sur l’accord explicite des parties concernées, rend peu probable un simple copier-coller de ce modèle vers le théâtre libanais. 

La bataille financière et la question de la conformité

Pendant que le Conseil de sécurité discute de Gaza, la bataille financière se déplace vers Beyrouth. Al Akhbar, 18 novembre 2025, détaille le dernier train de mesures de « conformité » imposé par la Banque du Liban aux sociétés financières, tenues désormais de remplir un formulaire « connais ton client » pour toute opération en espèces supérieure à mille dollars ou l’équivalent. Le quotidien inscrit ces obligations dans la continuité d’un processus engagé au début des années 2000 sous la pression de la lutte internationale contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, processus qui a progressivement arrimé le système financier libanais aux normes du GAFI, de la « communauté d’Egmont » et des régimes d’échange d’informations fiscales. 

Al Akhbar, 18 novembre 2025, rappelle aussi que la phase ouverte par la loi 44 de 2015 et les textes qui l’ont complétée a élargi le champ des obligations au-delà du seul blanchiment, en y incluant la lutte contre la corruption, la transparence fiscale et l’évaluation des risques de financement du terrorisme. Cette évolution a renforcé le rôle des unités d’information financière libanaises au sein des réseaux internationaux, mais elle a aussi rendu plus sensibles les effets politiques des sanctions et des listes noires, qui peuvent frapper des institutions ou des segments entiers de l’économie.

Cette montée en puissance de la surveillance est perçue par la direction du Hezbollah comme un outil de pression. Dans un discours relayé par Ad Diyar, 18 novembre 2025, le secrétaire général Naim Kassem appelle le gouvernement et le gouverneur Karim Souaid à cesser les « concessions » financières, en visant les dispositifs qui compliquent l’activité des structures proches du parti, au premier rang desquelles l’association Al Qard Al Hassan. Selon le quotidien, il met en garde contre l’usage du prétexte de la conformité internationale pour cibler la base sociale de la résistance au moment où les négociations sur la mise en œuvre du cessez-le-feu avec Israël restent ouvertes. 

Nahar, 18 novembre 2025, souligne que cette intervention intervient à la veille du lancement de la conférence « Beyrouth 1 », première vitrine économique majeure du mandat de Joseph Aoun et du gouvernement dirigé par Nawaf Salam. Pour le journal, la superposition du débat sur le durcissement des règles financières, de l’entrée en fonction du nouveau gouverneur et du discours du Hezbollah traduit la volonté de ce dernier de peser sur le périmètre des réformes acceptables, alors que les engagements pris envers le Fonds monétaire international imposent de nouvelles contraintes au secteur bancaire. 

Une offensive diplomatique à plusieurs niveaux

Parallèlement à ce bras de fer financier, la scène diplomatique est en mouvement. Al Joumhouriyat, 18 novembre 2025, met en avant l’arrivée à Beyrouth du nouvel ambassadeur américain Michel Issa, d’origine libanaise, qui a présenté ses lettres de créance au président Aoun en transmettant les salutations de Donald Trump et en réaffirmant la volonté de Washington de renforcer la coopération bilatérale dans tous les domaines. Le quotidien précise que le diplomate a ensuite rencontré le président de la Chambre Nabih Berri puis le Premier ministre Nawaf Salam, avec un message central : les États-Unis entendent suivre de près l’application de l’accord de cessez-le-feu avec Israël et le rythme des réformes économiques promises dans le cadre du plan de redressement. 

Al Bina’, 18 novembre 2025, indique que le dossier libanais a été formellement confié par l’administration Trump à une équipe emmenée par la diplomate Morgan Ortagus, tandis que Michel Issa bénéficierait d’une marge de manœuvre élargie liée à sa proximité personnelle avec le président américain. Dans cette configuration, l’ambassade des États-Unis apparaît comme l’un des centres de gravité de la phase qui s’ouvre, qu’il s’agisse de la surveillance de la frontière sud, de la mise en œuvre de la résolution 1701 ou de l’évaluation des efforts du gouvernement en matière de lutte contre la corruption et de restructuration du secteur bancaire, note encore Al Akhbar, 18 novembre 2025. 

Dans le même temps, la dimension régionale prend une nouvelle épaisseur avec la visite à Beyrouth du ministre saoudien Yazid ben Farhan. Al Bina’, 18 novembre 2025, rapporte que l’émissaire du royaume a rencontré les trois pôles de l’exécutif libanais et salué les mesures prises récemment pour sécuriser l’aéroport de Beyrouth et les passages frontaliers, dans la perspective d’une levée graduelle de l’embargo imposé aux exportations agricoles et industrielles libanaises. Nahar, 18 novembre 2025, précise que Nawaf Salam a demandé à « toutes les parties concernées » d’accélérer la levée des obstacles restants et a réaffirmé l’engagement du Liban à ne pas servir de plateforme de contrebande ou de déstabilisation de la sécurité des pays arabes. 

Cette séquence s’inscrit dans un contexte plus large de resserrement du partenariat entre Riyad et Washington. Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, met en avant la visite du prince héritier Mohammed ben Salman aux États-Unis, présentée comme une étape stratégique pour approfondir la coopération et préparer des annonces importantes en matière d’investissements, d’énergie et de sécurité régionale. Le journal relève que la Maison Blanche souhaite faire de cette séquence un moment de reconnaissance du rôle central de l’Arabie saoudite dans la stabilisation du Moyen-Orient, alors que la guerre de Gaza se poursuit et que les tensions avec l’Iran restent vives. 

La loi électorale, l’Indépendance et les prêts internationaux

Sur le plan intérieur, la journée est également marquée par un geste politique lourd. Plusieurs quotidiens, dont Ad Diyar, 18 novembre 2025, et Nahar, 18 novembre 2025, rapportent que le président Joseph Aoun a signé le décret numéro 1832 daté du 17 novembre, qui transmet au Parlement un projet de loi urgent visant à modifier et suspendre certaines dispositions de la loi électorale 44 du 17 juin 2017. Le texte, approuvé en Conseil des ministres le 6 novembre, porte les signatures du chef du gouvernement Nawaf Salam et des ministres des Finances, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice, comme le souligne également Al Quds Al Arabi, 18 novembre 2025. 

Selon Nahar, 18 novembre 2025, cette initiative vise notamment à corriger les dysfonctionnements du vote des expatriés et à éviter que l’élection des cent vingt-huit députés ne soit perturbée par des lacunes techniques ou juridiques, alors que le nombre de Libanais enregistrés à l’étranger reste en deçà des attentes. Le quotidien estime que le transfert du dossier au bureau de Nabih Berri place désormais la responsabilité politique de tout blocage dans le camp du président de la Chambre, ce qui pourrait raviver les tensions entre blocs souverainistes, députés du changement et forces dites de résistance autour du calendrier électoral et des modalités de participation de la diaspora. 

Ad Diyar, 18 novembre 2025, décrit de son côté un climat de forte polarisation, dans lequel les formations proches du Hezbollah accusent les forces d’opposition de chercher à faire capoter un prêt de la Banque mondiale de deux cent cinquante millions de dollars destiné à la remise en état des infrastructures de base, tandis que des députés souverainistes répliquent que la véritable cause de l’enlisement législatif réside dans la stratégie de blocage de l’actuelle majorité. En cas d’échec, rappelle le journal, le Liban perdrait un financement présenté comme crucial pour la restauration des services essentiels et la gestion des décombres dans les zones touchées par le conflit. La pression sur les institutions reste donc particulièrement forte.

Politique locale: tensions autour de la loi électorale et des équilibres communautaires

Les lignes de fracture autour de la loi électorale

La scène politique intérieure reste dominée par les répercussions du décret présidentiel numéro 1832, signé le 17 novembre 2025 par Joseph Aoun et transmis au Parlement pour modifier et suspendre certaines dispositions de la loi électorale 44 de 2017. Le texte, approuvé en Conseil des ministres le 6 novembre et contresigné par le chef du gouvernement Nawaf Salam ainsi que les ministres des Finances, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice, vise explicitement l’organisation du scrutin et le vote des expatriés pour les cent vingt-huit députés. Cette initiative place le Parlement, et en particulier son président Nabih Berri, au centre d’un débat sur le calendrier électoral, la représentation de la diaspora et les rapports de force entre blocs.

Les journaux relèvent que la question des Libanais de l’étranger est devenue un terrain de confrontation politique plus que technique. Nahar, 18 novembre 2025, note que seulement 87 000 expatriés se sont enregistrés à la date du 17 novembre via la plateforme du ministère des Affaires étrangères, soit un chiffre inférieur aux attentes de ceux qui avaient fait de ce vote un levier stratégique pour redistribuer les équilibres parlementaires. Dans ce contexte, toute modification des modalités d’inscription ou de répartition des sièges est interprétée comme une tentative de limiter l’influence des voix de la diaspora ou, au contraire, de la concentrer dans des circonscriptions ciblées.

Al Joumhouriyat, 18 novembre 2025, insiste sur le fait que la transmission du projet au Parlement transforme le débat juridique en enjeu politique direct pour Nabih Berri. Si la Chambre ne se prononce pas à temps, c’est l’ensemble du processus électoral qui pourrait être perturbé, avec le risque d’un contentieux sur la validité du vote des expatriés et, par ricochet, sur la légitimité de la future assemblée.

Le bras de fer autour de Nabih Berri

Parallèlement au débat institutionnel, Ad Diyar, 18 novembre 2025, met en lumière une autre pression visant le président du Parlement, cette fois-ci venue de l’extérieur. Le quotidien rapporte que Washington a adressé des messages à plusieurs interlocuteurs libanais pour leur demander de cesser les campagnes de « dénigrement » et les appels à des sanctions contre Nabih Berri, considérés comme un facteur de fragilisation de la scène intérieure. Dans cette lecture, les attaques publiques menées par certains milieux se réclamant de la souveraineté seraient perçues comme un risque de fracture supplémentaire dans un pays traversé par des lignes de faille.

Cette situation nourrit un climat de suspicion entre les acteurs politiques. Al Joumhouriyat, 18 novembre 2025, évoque ainsi l’existence d’un « réseau du poison » composé de personnalités et de groupes actifs entre le Liban et les États-Unis, accusés de pousser discrètement à la mise sous sanctions de responsables, dont le président de la Chambre. Le journal rapporte que les protagonistes de cette campagne se renverraient désormais les responsabilités, chacun démentant être à l’origine des démarches, ce qui traduit un malaise face à une stratégie susceptible de se retourner contre ses instigateurs.

Dans ce contexte tendu, le discours du Hezbollah se place résolument dans la défense de Nabih Berri. Nahar, 18 novembre 2025, relève que Naim Kassem, présenté comme le numéro un du parti, a utilisé son intervention pour dénoncer ceux qui cherchent à « empoisonner » la relation entre les deux composantes de la dualité chiite et pour affirmer que l’attaque contre Berri est considérée comme une attaque contre la stabilité du pays. Cette convergence d’intérêts renforce la centralité du président du Parlement dans les équilibres internes, mais rend également plus coûteux tout affrontement frontal avec son camp.

La stratégie de Samir Geagea en vue de 2026

Sur un autre front de la politique intérieure, la scène chrétienne est animée par le repositionnement assumé des Forces libanaises à l’approche des législatives de 2026. Lors d’un dîner annuel du parti à Bcharré, Samir Geagea a expliqué que la seule manière de peser sur la vie publique est de disposer d’un bloc parlementaire suffisamment important, évoquant la nécessité de rassembler de quinze à trente députés pour infléchir le cours des décisions nationales. Il a insisté sur le fait qu’en l’absence d’un tel poids, les efforts déployés localement restent voués à n’avoir qu’un impact limité.

Ad Diyar, 18 novembre 2025, rapporte que Geagea a également mis l’accent sur la discipline électorale interne, en promettant une gestion « scientifique » de la distribution des voix dans chaque circonscription afin d’éviter les erreurs observées lors des précédents scrutins. L’objectif affiché est de transformer chaque bulletin en outil d’optimisation de la représentation parlementaire, en assumant une approche de plus en plus technicisée de la bataille électorale, fondée sur les chiffres, les sondages et la segmentation sociologique des électorats.

Al Liwa’, 18 novembre 2025, confirme cette ligne en notant que le leader des Forces libanaises a présenté son parti comme la force la mieux à même de « protéger le Liban » et de défendre la souveraineté, en appelant les habitants de Bcharré et des autres régions chrétiennes à se mobiliser en faveur de ses listes. La présence de la députée Strida Geagea, qui a insisté sur la volonté de rester « enracinés dans cette terre » et de continuer à « respirer la liberté », illustre la dimension identitaire que le parti entend associer à sa démarche électorale.

Le discours de Naim Kassem et la défense de la base chiite

Face à cette offensive, le Hezbollah développe un narratif centré sur la défense de sa base sociale et sur la dénonciation de ce qu’il présente comme une « guerre financière » conduite contre lui. Al Joumhouriyat, 18 novembre 2025, retranscrit un passage du discours de Naim Kassem dans lequel celui-ci décrit la période actuelle comme « le temps de la force et de la fabrication de l’avenir », en appelant les partisans à ne pas céder au découragement malgré les pressions économiques. Il affirme que la société qui entoure le parti est « plus forte que jamais » et que les adversaires seraient déstabilisés par cette résilience.

Dans le même discours, la défense de l’association Al Qard Al Hassan occupe une place majeure. Kassem qualifie cette structure de « poumon social » dédié à l’ensemble des Libanais, en particulier les plus pauvres, et affirme qu’« aucun pouvoir n’a le droit d’empêcher le bien, l’entraide et la solidarité ». En s’adressant directement au gouvernement et au gouverneur de la Banque du Liban Karim Souaid, il les invite à arrêter les mesures qui restreignent l’activité de l’association, qu’il présente comme injustes non seulement pour le parti, mais aussi pour les familles qui dépendent de ses mécanismes de crédit.

Nahar, 18 novembre 2025, insiste sur le timing de cette intervention, qui intervient à la veille de conférences économiques considérées comme des signaux positifs pour l’investissement au Liban. Pour certains milieux gouvernementaux, la prise de parole de Kassem est perçue comme une manière de rappeler les lignes rouges que le Hezbollah ne souhaite pas voir franchies dans le cadre des réformes financières, au moment même où l’exécutif cherche à rassurer les partenaires étrangers sur sa détermination à appliquer les engagements pris envers les institutions internationales.

Un président en quête de marge de manœuvre

Au milieu de ces tensions, Joseph Aoun tente de maintenir une image d’arbitre institutionnel tout en soutenant certaines initiatives économiques. Ad Diyar, 18 novembre 2025, rapporte qu’il a reçu le secrétaire général de l’Union des banques arabes pour discuter du prochain congrès bancaire arabe consacré à la reconstruction et au rôle des institutions financières, et qu’il a présenté cet événement comme une « lueur d’espoir » et une preuve renouvelée de la confiance arabe dans le Liban. Parallèlement, il préside à la prestation de serment de Karim Souaid comme gouverneur de la Banque du Liban et de nouveaux membres du conseil de l’Autorité des marchés financiers, chargés de remettre de l’ordre dans un secteur ébranlé. 

Cette activité institutionnelle vise à montrer que la présidence entend accompagner l’effort de redressement sans se laisser enfermer dans les clivages partisans. Al Quds Al Arabi, 18 novembre 2025, souligne que Joseph Aoun a réaffirmé son engagement en faveur de la poursuite des réformes financières et administratives, en reconnaissant que le chemin restait long après des décennies d’accumulation, mais en insistant sur la clarté de la volonté politique et sur la coopération avec le Parlement et les institutions constitutionnelles. 

Dans le même temps, Nahar, 18 novembre 2025, relève que le président prépare deux discours jugés décisifs : l’un pour l’ouverture de la conférence « Beyrouth 1 », l’autre pour la veille de la fête de l’Indépendance, dans un contexte où les conditions sécuritaires ne permettent pas l’organisation de parades militaires ni de grandes réceptions officielles. Cette combinaison d’initiatives économiques, de gestes institutionnels et de messages politiques place la présidence au cœur d’un paysage fragmenté, où chaque mot et chaque décret peuvent être interprétés comme un signal en direction des différentes composantes de la classe politique libanaise.

Citation et discours des personnalités politiques: messages croisés entre défi et prudence

La tonalité des discours politiques de ce 18 novembre 2025 est dominée par un jeu complexe entre affirmation de fermeté, recherche de légitimité populaire et volonté de rassurer les partenaires étrangers. Au centre de cette scène verbale, les propos de Naïm Kassem, Samir Geagea, Nabih Berri, Joseph Aoun et Nawaf Salam dessinent des lignes de fracture mais aussi quelques points de convergence autour de trois thèmes récurrents: la gestion du conflit avec Israël, la bataille institutionnelle interne et la confiance internationale.

La rhétorique de Naïm Kassem face à l’escalade

Dans Al Bina’, 18 novembre 2025, le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem place d’abord le registre national avant le registre partisan en affirmant que l’unité du front libanais est, selon lui, le seul moyen de dissuader l’agression israélienne et de récupérer les droits. Il insiste sur le retrait complet d’Israël du territoire libanais, l’arrêt des violations et la libération des prisonniers, tout en mettant en avant la capacité des Libanais à s’entendre entre eux sans ingérence étrangère, présentée comme le meilleur rempart contre les pressions extérieures. 

Ad Diyar, 18 novembre 2025, restitue un autre versant de son intervention, prononcée lors de la commémoration de l’assassinat de Mohammad Afif et de ses compagnons. Naïm Kassem y met directement en garde le gouvernement, dont son parti fait partie, contre ce qu’il appelle la politique des concessions, jugée inefficace face à Israël. Il interpelle l’exécutif en rappelant que les offres unilatérales et les gestes de bonne volonté n’ont, selon lui, jamais permis d’aboutir à la fin de l’agression. Le déploiement élargi au sud du Litani, l’acceptation de principes inspirés de la « feuille de Barak » et l’ouverture à des négociations sont rangés par lui dans la catégorie des reculs plutôt que dans celle des compromis pragmatiques. 

Ce discours ne se limite pas au champ militaire ou diplomatique. Dans le même contexte, Ad Diyar souligne que Naïm Kassem s’adresse aussi au gouverneur de la Banque du Liban Karim Souaid, l’exhortant à ne pas céder aux pressions américaines et à ne pas cibler indirectement les structures économiques de la résistance, notamment l’association Al Qard Al Hassan, décrite comme un instrument vital d’entraide. Il présente cette dernière comme un « poumon social » au service des pauvres et des plus vulnérables, et affirme que personne n’a la légitimité d’interdire la solidarité ou l’entraide. La critique des mécanismes de conformité financière prend ainsi la forme d’un plaidoyer moral qui dépasse le seul cadre des sanctions pour toucher à la protection de la base sociale du parti.

Cependant, la perception de cette rhétorique n’est pas uniforme. Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, lit dans certains passages une tentative de rassurer l’opinion israélienne par l’affirmation qu’il n’y aurait pas de danger direct sur les colonies du nord, alors même que le sud du Litani reste un espace très militarisé et vulnérable. Cette lecture extérieure insiste sur le décalage entre la défense de la résistance comme garantie de sécurité pour le Liban et l’expérience concrète des habitants du Sud, souvent pris au piège des bombardements et des déplacements forcés. Le même propos peut ainsi être reçu comme un acte de résistance par la base du Hezbollah et comme une source d’inquiétude par une partie de la population qui en subit les conséquences.

Samir Geagea et la grammaire de la force parlementaire

Sur le versant opposé du spectre politique, le discours de Samir Geagea, rapporté par Ad Diyar, 18 novembre 2025, lors du dîner annuel des Forces libanaises à Bcharré, se concentre sur la reconstruction de l’État par les urnes. Il affirme que la protection de Bcharré et des autres régions passe par l’édification d’un État souverain, fort, transparent et capable d’imposer ses décisions à tous les groupes armés. Il appelle explicitement les électeurs à voter pour les listes de son parti, présenté comme le plus apte à garantir cette vision d’un État maître de son territoire. 

Geagea développe un argument arithmétique très assumé. Il explique que pour influer sur le cours des événements, il faut disposer d’un bloc parlementaire allant de quinze à trente députés. En deçà de ce seuil, les efforts politiques restent, selon lui, cantonnés à la symbolique et ne permettent pas de peser sur les grandes décisions. Ce langage quantifié traduit une conception de la politique comme rapport de forces mesurable, où chaque siège au Parlement devient une unité de pouvoir dans la construction d’une « masse critique » capable de bloquer ou de promouvoir des lois. 

L’autocritique organisationnelle occupe aussi une place importante dans son intervention. Ad Diyar cite le chef des Forces libanaises lorsqu’il insiste sur la nécessité de ne plus commettre d’erreurs dans la distribution des voix entre les listes, en promettant une gestion précise et disciplinée de la machine électorale. Il demande aux militants de suivre à la lettre les instructions de la direction, en présentant cette rigueur comme la clé de la victoire et en soulignant que « le jeu est très fin » et que le respect des détails conditionne l’issue du scrutin. La politique est ainsi décrite comme un exercice de coordination technique qui vient compléter le registre plus émotionnel de l’appel à la défense de la souveraineté.

La dimension identitaire n’est pas absente de la soirée. La députée Strida Geagea, citée par le même quotidien, évoque la volonté de rester enracinés dans la terre de Bcharré, de vivre dans la dignité et de continuer à « respirer la liberté ». Cette formule, qui renvoie à un imaginaire chrétien de persévérance, inscrit le discours partisan dans un horizon plus large que la seule bataille électorale. Elle suggère que la défense de la liberté passe par la continuité du leadership actuel et cherche à renforcer la loyauté locale autour du couple dirigeant, en liant l’identité du lieu à la présence du parti.

Nabih Berri, entre diabolisation et légitimation

Dans Ad Diyar, 18 novembre 2025, une analyse signée Abdel Hadi Hafez revient sur la campagne de critiques visant le président de la Chambre Nabih Berri, et sur les appels plus ou moins explicites à son inscription sur des listes de sanctions américaines. Le texte souligne que des responsables américains auraient demandé à plusieurs interlocuteurs libanais de cesser les campagnes de dénigrement contre Berri, au motif qu’elles fragilisent davantage le paysage interne qu’elles ne servent une réforme réelle, et que Washington préfère préserver un interlocuteur capable de maintenir les équilibres parlementaires. Selon cette lecture, l’administration Trump chercherait à conserver un canal fonctionnel avec une figure jugée centrale pour la stabilité institutionnelle et pour la gestion de la relation avec le Hezbollah. 

Le même article insiste sur le style de communication du président de la Chambre, décrit comme direct et franc, et sur sa fidélité à une conception du Liban comme espace de coexistence. L’auteur rappelle que Berri se réfère volontiers à la pensée de l’imam Moussa Sadr, pour qui le mal libanais vient de la confessionnalisation de la politique et de la hiérarchie implicite entre citoyens, et souligne qu’il se dit dépositaire de la formule « des citoyens dans une patrie, non des citoyens dans des communautés ». Les citations rapportées insistent sur sa volonté déclarée d’éviter l’émergence d’un système dominé par une seule communauté ou par une alliance restreinte de groupes, au détriment des minorités.

Cette défense du rôle de Nabih Berri n’efface pas les critiques qui lui sont adressées par d’autres camps. Des sources parlementaires dites souverainistes, relayées par Ad Diyar dans le même numéro, estiment que la majorité actuelle, à laquelle il appartient, porte la responsabilité du blocage législatif qui menace un prêt de la Banque mondiale destiné à la reconstruction, soit 250 millions de dollars pour les infrastructures de base et la gestion des décombres dans les zones touchées par le conflit. Elles rejettent l’idée que les députés du changement soient les principaux responsables de l’enlisement. Là où ses partisans valorisent son rôle de médiateur et de gardien de l’équilibre, ses adversaires le présentent comme le pivot d’un système qui empêche toute alternance réelle et bloque des financements jugés vitaux.

Joseph Aoun et Nawaf Salam, une parole institutionnelle sous surveillance

À côté de ces voix partisanes, la parole institutionnelle du président Joseph Aoun occupe une place singulière. Nahar, 18 novembre 2025, insiste sur le fait que le chef de l’État a signé le décret 1832, transmettant au Parlement un projet de loi électorale amendé, approuvé en Conseil des ministres le 6 novembre, et portant les signatures de Nawaf Salam et des ministres des Finances, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice. Le même journal souligne que Joseph Aoun s’apprête à prononcer deux discours jugés très importants, l’un lors de l’ouverture de la conférence économique « Beyrouth 1 », l’autre à la veille de la fête de l’Indépendance, dans un contexte où les conditions sécuritaires imposent l’annulation des défilés militaires et des réceptions officielles habituelles. 

Al Quds Al Arabi, 18 novembre 2025, met l’accent sur un autre aspect du message présidentiel: la promesse de poursuivre les réformes financières et administratives en coopération avec le Parlement et les institutions constitutionnelles. Joseph Aoun y affirme que la volonté politique est désormais claire, que le gouvernement a « parcouru un chemin important » avec le concours de la Chambre et que l’objectif est de répondre aux critères du plan de redressement et aux exigences du Fonds monétaire international, tout en reconnaissant l’ampleur des accumulations héritées. Ce type de discours vise à rassurer les partenaires internationaux mais aussi à montrer à l’opinion que la présidence assume une part de la charge des réformes.

Le Premier ministre Nawaf Salam, quant à lui, intervient surtout à travers des déclarations à caractère économique et diplomatique. Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, rapporte qu’il a assuré une délégation économique saoudienne de l’engagement total de l’État libanais à ne plus permettre l’utilisation de son territoire pour nuire à la sécurité des pays arabes ni pour le trafic de stupéfiants, et qu’il a demandé à toutes les administrations concernées de travailler rapidement à la levée des obstacles qui retardent la reprise des exportations libanaises vers l’Arabie saoudite. Il a présenté ce flux commercial comme un « apport important » pour l’économie nationale et comme une priorité du gouvernement.

Cette combinaison de messages illustre la dualité de la parole gouvernementale actuelle. D’un côté, elle doit afficher une fermeté suffisante pour convaincre les partenaires régionaux que le Liban peut contrôler ses frontières, ses infrastructures et ses circuits de commerce; de l’autre, elle doit composer avec des forces politiques internes qui se méfient de toute concession pouvant être interprétée comme un alignement excessif sur les demandes étrangères. La marge de manœuvre rhétorique de Nawaf Salam reste donc étroitement conditionnée par ces contraintes croisées, pendant que Joseph Aoun cherche, par ses décisions et ses futures interventions, à maintenir une image d’arbitre institutionnel engagé dans les réformes mais soucieux de préserver la cohésion interne.

Diplomatie: recomposition des équilibres autour du Liban

Un nouvel ambassadeur américain au centre du jeu

La séquence diplomatique du jour est marquée par l’entrée en scène officielle du nouvel ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, d’origine libanaise. Selon Nahar, 18 novembre 2025, il a d’abord remis une copie de ses lettres de créance au ministre des Affaires étrangères Youssef Raji, avant de se rendre à Baabda pour présenter ses lettres signées par Donald Trump au président Joseph Aoun. Le quotidien souligne que l’ambassadeur a exprimé sa « joie » d’être affecté au Liban, a transmis les salutations du président américain et a insisté sur la volonté de « renforcer les relations libano-américaines dans tous les domaines ». 

Al Joumhouriyat, 18 novembre 2025, insiste sur la portée politique de cette arrivée. Le journal rappelle que Michel Issa a présenté ses lettres de créance lors d’une cérémonie protocolaire au palais de Baabda, puis a enchaîné les rencontres avec les trois têtes de l’exécutif, Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam. La présidence a mis en avant l’importance des liens entre le Liban et les États-Unis et le fait que l’ambassadeur soit de souche libanaise, élément jugé de nature à faciliter la compréhension du contexte local. 

Ad Diyar, 18 novembre 2025, fournit des éléments plus précis sur le mandat confié à Michel Issa. D’après des sources diplomatiques citées par le journal, le nouveau représentant bénéficierait de « prérogatives d’ambassadeur extraordinaire » en raison de sa proximité personnelle avec Donald Trump et du rôle central que Washington entend lui confier dans le suivi de la situation libanaise et de l’application de l’accord de cessez-le-feu avec Israël. Le même article souligne que l’ambassadeur en Turquie, Tom Barak, jusqu’ici chargé du dossier syrien et associé au suivi du Liban, a été écarté de ce dernier, tandis que la diplomate Morgan Ortagus voit sa mission réduite à la seule supervision du mécanisme de suivi du cessez-le-feu. 

Al Bina’, 18 novembre 2025, confirme ce repositionnement. Le quotidien indique que la gestion du dossier libanais a été formellement transférée à Michel Issa, sous la supervision d’une équipe où Morgan Ortagus conserve un rôle mais dans un cadre plus technique, limité au contrôle de la trêve. Le journal rapporte aussi que, lors de contacts informels, l’ambassadeur aurait exhorté ses interlocuteurs libanais à cesser les « justifications » et à profiter de la « fenêtre d’espoir » offerte par la phase politique actuelle, message interprété comme une invitation à accélérer les réformes et à clarifier les positions internes. 

Une offensive saoudienne sur le terrain libanais

En parallèle, la diplomatie saoudienne s’active sur deux niveaux complémentaires. D’une part, un émissaire politique, le ministre Yazid ben Farhan, mène une visite à Beyrouth centrée sur des rencontres avec les trois présidences et sur le dossier des exportations libanaises vers le Royaume. D’autre part, une délégation économique saoudienne participe au sommet « Beyrouth 1 » et enchaîne les réunions avec les responsables libanais. Nahar, 18 novembre 2025, note que l’arrivée concomitante du nouvel ambassadeur américain et du délégation saoudienne, dans les heures précédant la conférence, donne à cette dernière une dimension de test pour la capacité du Liban à regagner la confiance arabe et internationale. 

Al Bina’, 18 novembre 2025, précise que la visite de Yazid ben Farhan est vue comme un soutien politique à la tenue de la conférence économique et comme un signal de disponibilité de Riyad à examiner une levée graduelle de l’embargo sur les produits agricoles et industriels libanais, sous réserve de garanties en matière de contrôle des frontières et de lutte contre le trafic. Le journal souligne que la rencontre avec les responsables libanais porte aussi sur l’application de l’accord de cessez-le-feu avec Israël et sur la nécessité d’éviter toute escalade au Sud qui compromettrait les flux commerciaux et les investissements. 

Dans Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, cette dimension économique apparaît avec netteté. Le quotidien saoudien rapporte que le Premier ministre Nawaf Salam a reçu un « important » groupe d’hommes d’affaires et de responsables saoudiens, et leur a réaffirmé l’engagement de l’État à ne pas laisser son territoire être utilisé pour porter atteinte à la sécurité des pays arabes ou servir de voie au trafic de stupéfiants. Il explique avoir demandé à « toutes les parties concernées » de travailler rapidement à lever les obstacles qui empêchent la reprise des exportations vers le Royaume, qualifiées de « levier essentiel » pour l’économie libanaise. 

Le même article souligne que Nawaf Salam a profité de cette rencontre pour renouveler, devant ses interlocuteurs, la promesse que le Liban ne sera ni plateforme de déstabilisation, ni couloir pour des marchandises illicites, et pour présenter la coopération avec Riyad comme un axe central de la stratégie de relance du gouvernement. 

Le retour de Mohammed ben Salman à Washington

Au-delà de la scène libanaise, la relation entre Riyad et Washington forme le décor stratégique des discussions régionales. Al Joumhouriyat, 18 novembre 2025, consacre un article à la prochaine rencontre entre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman et Donald Trump à la Maison-Blanche, la première visite du dirigeant saoudien aux États-Unis depuis 2018. Le journal rappelle qu’au cours de sa précédente tournée américaine, Mohammed ben Salman avait multiplié les réunions avec des responsables politiques, des universitaires et des producteurs de cinéma, pour promouvoir ses projets de transformation interne. 

Selon Al Joumhouriyat, 18 novembre 2025, la Maison-Blanche voit cette visite comme une occasion de consolider un « partenariat stratégique » à un moment où la guerre de Gaza, la tension avec l’Iran et les chantiers énergétiques régionaux imposent une coordination renforcée. Le quotidien rapporte que Trump souhaite pousser l’idée d’un rapprochement diplomatique entre Riyad et Israël, même si des sources proches du dossier jugent une normalisation formelle encore « très improbable » dans le contexte actuel. 

Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, ajoute que le programme de la visite inclut des discussions sur les investissements bilatéraux, les grands projets immobiliers et énergétiques, ainsi que sur les dossiers de sécurité régionale. Le journal présente ces échanges comme une étape décisive dans la construction d’un cadre de coopération à long terme, susceptible d’influencer indirectement la façon dont Washington et Riyad abordent la question libanaise et le partage des rôles dans la gestion des crises au Levant. 

Un ballet de délégations européennes et internationales à Beyrouth

La présence américaine et saoudienne s’inscrit dans un ballet plus large de visites internationales. Al Joumhouriyat, 18 novembre 2025, signale l’arrivée récente d’une délégation européenne à Beyrouth, dont le programme a toutefois été perturbé par des cas de Covid parmi ses membres, et annonce l’arrivée prochaine d’un autre groupe européen. Les sources citées par le journal expliquent que ces visites visent à « pousser le processus de règlement et de désescalade » sur le front libanais, en privilégiant l’écoute des différents acteurs et le soutien aux efforts de stabilisation. 

Le même article parle d’un « mouvement diplomatique intense » qui associe ces délégations européennes au renforcement de la présence saoudienne et au renouvellement de la représentation américaine. Il décrit une dynamique où Beyrouth redevient un lieu de passage obligé pour les émissaires internationaux soucieux de prévenir une extension du conflit et de tester les marges de compromis entre les forces locales.

Dans cette perspective, Nahar, 18 novembre 2025, insiste sur le fait que la coïncidence entre ce ballet diplomatique et la tenue de la conférence « Beyrouth 1 » confère à cette dernière un poids symbolique particulier, comme vitrine de la capacité du Liban à accueillir des initiatives économiques malgré un contexte sécuritaire fragile. 

La diplomatie onusienne autour de Gaza et ses répercussions

Sur le plan multilatéral, la journée est dominée par le calendrier du Conseil de sécurité autour du projet de résolution américain sur Gaza. Al Quds Al Arabi, 18 novembre 2025, rappelle que le Conseil devait voter dans la soirée un texte soutenant la feuille de route de Donald Trump pour mettre fin à la guerre et autoriser l’envoi d’une force internationale chargée de stabiliser le territoire palestinien. Le projet prévoit que les États membres puissent participer à un « Conseil de paix » doté d’un mandat de transition pour superviser la reconstruction et la relance économique du territoire. 

Le même quotidien précise que la dernière mouture du texte permet la création d’une force internationale chargée du maintien de la sécurité et du processus de désarmement à Gaza, avec destruction des infrastructures militaires. La feuille de route de Trump, en vingt points, est annexée à la résolution comme cadre politique de référence. La Russie a exprimé des réserves et a présenté un projet concurrent qui demande à l’ONU d’examiner d’autres options pour la mise en place d’une force internationale, ce qui laisse planer une incertitude sur l’issue finale du vote. 

Dans un autre article, Al Quds Al Arabi met en lumière le lien entre ce débat et la situation libanaise. Une commission onusienne chargée d’enquêter sur les pratiques israéliennes dans les territoires occupés alerte sur l’extension des opérations de Tel-Aviv en Palestine, en Syrie et au sud du Liban. Selon le rapport cité, Israël continue de violer régulièrement le cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et maintient l’occupation de cinq collines au Sud du Liban ainsi que d’autres zones libanaises occupées depuis des décennies. 

En inscrivant le dossier libanais dans le même cadre d’analyse que Gaza et le Golan, ce rapport renforce l’idée d’un théâtre régional unique où les décisions prises à New York influencent les marges de manœuvre de chacun des acteurs. Il encourage les États membres à envisager des sanctions et un embargo sur les armes pour imposer à Israël le respect du droit international et des cessez-le-feu. 

Autres signaux régionaux: le cas syrien et la Chine

À côté de ces enjeux, Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, signale un autre mouvement diplomatique dans la région, avec la visite à Pékin du ministre syrien des Affaires étrangères. Le journal indique que la Syrie et la Chine ont convenu de renforcer leur coopération dans le domaine de la « lutte contre le terrorisme » et de reconstruire des liens politiques et économiques mis à mal par des années de conflit. 

Cette séquence sino-syrienne s’inscrit dans une recomposition plus large des alignements, où Damas cherche à diversifier ses appuis au-delà du seul binôme russo-iranien, tandis que Pékin consolide sa présence au Moyen-Orient par des accords de sécurité, d’énergie et d’infrastructures. Même si le Liban n’est pas directement mentionné dans cette rencontre, le rapprochement sino-syrien pèse sur la marge de manœuvre de Beyrouth, pris entre des partenaires occidentaux, des interlocuteurs arabes et des voisins intégrés à d’autres axes.

Politique internationale : conflits, sanctions et diplomatie économique

Conflit à Gaza et projet de force internationale

La scène internationale reste largement structurée par la guerre à Gaza et par le rôle du Conseil de sécurité. Selon Al Bina’, 18 novembre 2025, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2803 qui accueille favorablement la feuille de route présentée par Donald Trump pour mettre fin aux hostilités dans la bande de Gaza. Le quotidien souligne que le texte mentionne la perspective d’un État palestinien, mais dans des termes jugés vagues, sans calendrier ni mécanismes précis, alors que les volets sécuritaire et économique sont décrits de manière beaucoup plus détaillée. Al Bina’ insiste sur le fait que la résolution envisage la création d’une force internationale placée sous le chapitre VI de la Charte, donc tributaire du consentement des parties, ce qui rend, selon le journal, pratiquement impossible la mission de désarmement complet des mouvements de résistance sur le terrain.

Al Quds, 18 novembre 2025, rappelle que le Conseil devait se prononcer en soirée sur un projet de texte rédigé par les États-Unis et soutenant la « planification » de Donald Trump pour Gaza, en autorisant l’envoi d’une force internationale chargée de stabiliser le territoire palestinien. La dernière version de la résolution prévoit la possibilité pour les États membres de participer à un « Conseil de paix » appelé à jouer le rôle d’autorité de transition, responsable de la reconstruction et du redémarrage économique. Le même journal indique que la Russie a introduit un projet concurrent demandant aux Nations unies d’étudier d’autres options pour la mise en place d’une force internationale, tout en laissant planer la menace d’un veto.

Nahar, 18 novembre 2025, met en avant la réaction de responsables israéliens face à ce projet. Le journal cite l’ancien chef du commandement sud de l’armée israélienne, qui plaide pour affamer ou encercler les combattants du Hamas retranchés dans les tunnels de Rafah afin de les pousser à la reddition, et relève que le ministre de la Défense Israel Katz voit la future force internationale comme un outil destiné prioritairement à désarmer le mouvement palestinien et à détruire son réseau de tunnels. Selon le quotidien, il existe un consensus, au gouvernement comme dans une large part de l’opposition, pour rejeter la création d’un État palestinien, et la référence à un « chemin vers l’autodétermination » incluse dans le projet américain est perçue comme un geste symbolique plus que comme une perspective politique concrète.

Commission onusienne et responsabilité israélienne

Au-delà du seul jeu diplomatique autour de la résolution, Al Quds, 18 novembre 2025, consacre un long développement à un rapport d’une commission des Nations unies chargée d’enquêter sur les pratiques israéliennes dans les territoires occupés. Le rapport décrit un renforcement de la mainmise israélienne en Palestine, en Syrie et au Liban, et dénonce des discours qualifiés de racistes et expansionnistes au sommet de l’appareil politique israélien, notamment à propos de la colonisation du Golan et du maintien à long terme de positions occupées à l’intérieur de la Syrie.

La commission pointe aussi la situation au Liban, en relevant que les opérations militaires israéliennes ont entraîné la mort et la blessure de milliers de personnes, dont un nombre sans précédent de personnels soignants tués ou blessés dans un même conflit sur l’année 2024. Elle appelle la communauté internationale à agir et recommande, comme première mesure, un régime de sanctions et un embargo total sur les armes à destination d’Israël, afin d’obtenir le respect du cessez-le-feu à Gaza et l’évacuation de l’ensemble des territoires occupés.

Dans le même dossier, Al Quds rend compte d’une mobilisation de la société civile palestinienne et d’organisations de défense des détenus contre un projet de loi israélien visant à instaurer la peine de mort pour certains prisonniers. Les mouvements impliqués appellent les États à se conformer aux avis consultatifs de la Cour internationale de justice, à refuser toute coopération avec des institutions israéliennes qui appliqueraient une telle législation et à renforcer les mécanismes de responsabilisation pour les violations commises dans les prisons et centres de détention.

Ukraine, coopération militaire et financement européen

La guerre en Ukraine continue de peser sur l’agenda international, mais sous un angle de plus en plus structurel. Ad Diyar, 18 novembre 2025, rapporte la signature à Paris, sur une base aérienne près de la capitale française, d’une « déclaration de volonté » entre Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron. Le texte ouvre la voie à l’achat par l’Ukraine d’avions de combat Rafale français, pour un nombre pouvant atteindre une centaine d’appareils, ainsi qu’à l’acquisition de systèmes de défense aérienne de nouvelle génération, dont le système SAMP T, et de plusieurs types de drones. Le journal souligne qu’il s’agit de la première fois que Kiev se voit proposer un paquet de ce type, à la fois en volume et en niveau technologique.

Selon le même article, la visite de Zelensky à Paris, la neuvième depuis le début de l’invasion russe en février 2022, a pour but de renforcer les capacités défensives de son pays à l’approche d’un nouvel hiver sous les frappes russes visant les infrastructures énergétiques et d’autres objectifs. Des industriels français ont présenté à la délégation ukrainienne un Rafale complet avec ses armements, ainsi que le système SAMP T et plusieurs systèmes de drones, avant la signature de l’accord, ce qui traduit une dimension très opérationnelle de la coopération.

Al Quds, 18 novembre 2025, cite pour sa part un communiqué de l’Élysée indiquant que l’accord s’inscrit dans un horizon d’environ dix ans et qu’il ouvre la voie à des contrats futurs pour l’acquisition d’environ cent Rafale, avec leur panoplie d’armes, de systèmes de défense aérienne, de radars et de drones. L’objectif mis en avant est de mettre « le savoir-faire français dans l’industrie de défense au service de la protection de l’espace aérien ukrainien » face à l’agression russe.

Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, souligne la dimension industrielle de cette relation. Le quotidien indique que Paris souhaite utiliser ce partenariat pour renforcer l’intégration entre bases industrielles européennes et ukrainiennes, en privilégiant les équipements européens dans les programmes d’armement de Kiev. L’article relève que Volodymyr Zelensky a évoqué la possibilité de produire certaines pièces des Rafale sur le territoire ukrainien et a insisté sur l’idée que les avoirs russes gelés en Europe pourraient servir à financer une partie de ces investissements, à condition de respecter le droit international et les mécanismes collectifs mis en place par l’Union européenne.

Nahar, 18 novembre 2025, rappelle en toile de fond qu’un document de la Commission européenne estime les besoins financiers de l’Ukraine à plus de soixante-dix milliards d’euros pour l’année à venir, ce qui donne la mesure du défi pour les budgets européens et alimente les discussions sur l’utilisation possible des avoirs russes immobilisés.

Bangladesh et usage contesté de la peine de mort

Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, fait état d’un choc politique majeur au Bangladesh. Une cour de Dacca a condamné à mort, par contumace, l’ancienne première ministre Sheikh Hasina, pour des crimes qualifiés de crimes contre l’humanité en lien avec la répression sanglante du mouvement étudiant qui avait entraîné sa chute en août 2024. Le quotidien précise que Hasina se trouve à l’étranger et dénonce une décision qu’elle considère comme motivée politiquement, tandis que les Nations unies expriment leur « regret » devant le recours à la peine capitale, y compris dans des affaires de cette gravité.

Al Quds, 18 novembre 2025, rapporte les propos du juge qui a rendu la décision. Celui-ci indique que tous les éléments constitutifs de crimes contre l’humanité étaient, selon lui, réunis dans les faits retenus contre l’ancienne dirigeante, et qu’en conséquence la cour a décidé d’infliger la peine maximale prévue par la loi, en l’occurrence la peine de mort. Ce cadrage juridique est cependant contesté par des organisations de défense des droits humains, mentionnées dans la presse, qui critiquent à la fois les violations commises lors de la répression de 2024 et les insuffisances des garanties de procès équitable dans le dossier actuel.

Soudan, guerre prolongée et crise des déplacés

Al Quds, 18 novembre 2025, consacre une page à la dégradation continue de la situation humanitaire au Soudan. S’appuyant sur des chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations, le journal indique que le nombre de personnes déplacées à partir de la ville d’El Fasher et des villages environnants, dans l’État du Darfour du Nord, a atteint 100 537 individus depuis la prise de contrôle de la ville par les Forces de soutien rapide fin octobre 2025. Les déplacés se sont dispersés dans vingt-trois localités réparties sur neuf États soudanais, ce qui complique l’organisation de l’aide et la mise en place de structures d’accueil.

Le journal souligne que la ville de Debba, dans le nord du pays, est devenue un centre majeur pour l’afflux de déplacés, la Commission des Nations unies pour les réfugiés indiquant que de nouveaux arrivants rejoignent la localité « chaque heure ». Les équipes sur le terrain font état d’une insécurité extrême le long des routes de fuite, susceptible de freiner ou d’empêcher les mouvements de population vers des zones plus sûres. En parallèle, l’armée soudanaise revendique des avancées dans l’État voisin du Kordofan du Nord, avec la reprise de plusieurs localités et une tentative de redéploiement après une série de revers, mais la presse note que ces évolutions militaires ne se traduisent pas encore par une amélioration tangible pour les civils.

Syrie, Chine et reconstruction sous contrôle

La relation entre Damas et Pékin constitue un autre volet important de l’actualité internationale. Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, rapporte qu’à l’issue d’entretiens officiels à Pékin, les ministres des Affaires étrangères syrien et chinois ont publié un communiqué conjoint affirmant leur intention de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme et de consolider le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie.

Le communiqué indique que la Chine examinera sérieusement sa participation à la reconstruction syrienne, dans le cadre notamment de l’initiative des Nouvelles routes de la soie. Les deux parties mettent l’accent sur l’amélioration des conditions de vie, le soutien aux efforts de paix selon le principe d’un processus « conduit et possédé par les Syriens eux-mêmes » et la promotion d’un dialogue politique inclusif. Al Sharq Al Awsat précise qu’un texte commun a été signé à l’issue des discussions, formalisé par les deux ministres, et que la Chine rappelle avoir déjà envoyé plusieurs délégations économiques et diplomatiques à Damas depuis le début de la nouvelle phase de normalisation régionale.

Nahar, 18 novembre 2025, place cette séquence dans un contexte où la Russie renforce aussi sa présence en Syrie, à travers des visites de hauts responsables militaires et l’annonce de nouvelles coopérations avec les autorités locales. Le journal souligne que la question de la justice transitionnelle dans certaines régions, comme la côte syrienne ou la province de Soueida, fait l’objet d’initiatives nationales, avec l’ouverture d’enquêtes et l’annonce de poursuites contre des responsables de violations, dans le but de rassurer à la fois les communautés locales et les partenaires internationaux sur l’évolution de l’État de droit.

Venezuela, pressions américaines et ouverture conditionnelle

Sur le continent américain, Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, décrit une stratégie américaine combinée de pression et d’ouverture à l’égard du Venezuela. Le journal rapporte que Donald Trump a proposé « d’engager certaines discussions » avec le président Nicolas Maduro, alors même que Washington renforce ses moyens militaires dans la région en déployant le porte-avions Gerald Ford dans la mer des Caraïbes.

Parallèlement, le secrétaire d’État Marco Rubio annonce des démarches visant à classer un important cartel de la drogue basé au Venezuela comme organisation terroriste étrangère, ce qui ouvrirait la voie à un régime de sanctions encore plus dur. La presse souligne que cette combinaison de signaux illustre une approche conditionnelle : la porte reste officiellement ouverte à un dialogue, mais sur fond de menaces explicites et de pression économique, sécuritaire et judiciaire accrue sur le régime de Caracas.

Arabie saoudite, Cityscape et diplomatie économique

Enfin, Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, met en avant la dimension économique de la présence saoudienne sur la scène internationale à travers le salon immobilier « Cityscape 2025 ». Le journal indique que l’événement, organisé dans le royaume, est présenté comme une vitrine majeure de la stratégie de développement saoudienne, avec des transactions immobilières attendues d’une valeur dépassant quarante-trois milliards de dollars, soit environ cent soixante et un milliards de riyals.

Ces chiffres sont interprétés comme le signe d’un marché immobilier en pleine expansion et comme un instrument de « puissance douce » pour Riyad, qui cherche à attirer capitaux et partenaires dans le cadre de ses plans de diversification économique. Le quotidien souligne que ce type de salon renforce la visibilité des projets saoudiens à l’échelle régionale et mondiale, au moment où le Moyen-Orient reste marqué par les conflits à Gaza, en Ukraine et au Soudan, mais où certains États tentent de se présenter comme des pôles de stabilité et d’investissement.

Économie : relance affichée et contraintes du siège financier

Un pari sur la conférence Beirut 1

La journée du 18 novembre 2025 voit se cristalliser autour de la conférence Beirut 1 une grande partie des attentes économiques. Selon Nahar, 18 novembre 2025, le premier ministre Nawaf Salam présente cette réunion comme un moment clé pour montrer aux partenaires étrangers que le pays peut encore attirer des capitaux et des projets, malgré la crise prolongée. Il reçoit à cette occasion une grande délégation de la société Morgan Stanley, venue participer à la conférence, et insiste devant ses interlocuteurs sur le fait que leur présence traduit une confiance réelle dans la capacité de la main-d’œuvre libanaise et dans le potentiel de reconstruction et de croissance.

Dans le récit de Nahar, 18 novembre 2025, Nawaf Salam souligne que le Liban cherche à tracer un nouveau chemin basé sur la réforme globale, la transparence et un modèle de croissance inclusif. Il met aussi en avant un objectif de modernisation des institutions publiques, de renforcement du partenariat entre les secteurs public et privé, et de relance de l’investissement dans les infrastructures essentielles.

Al Quds, 18 novembre 2025, rapporte les mêmes messages en insistant sur la dimension politique de ces rencontres. Le journal rappelle que Joseph Aoun remercie les représentants de Morgan Stanley pour leur participation à la conférence et insiste sur l’ouverture du Liban à toute initiative d’investissement susceptible de soutenir la croissance et de créer des emplois. Il confirme aussi que l’État reste engagé sur la voie de la réforme financière et administrative, en coopération avec le Parlement et les institutions constitutionnelles, tout en reconnaissant que le chemin reste long après des décennies d’accumulation.

Le retour des exportations vers l’Arabie saoudite

La dynamique autour de Beirut 1 se nourrit d’un autre signal positif pour l’économie libanaise, celui de la reprise partielle du dialogue avec l’Arabie saoudite sur les exportations. Nahar, 18 novembre 2025, indique que le responsable saoudien Yazid ben Farhan arrive à Beyrouth à la tête d’une délégation, tandis qu’une commission technique spécialisée dans le dossier de la levée de l’embargo sur les produits libanais rencontre Nawaf Salam au Grand Sérail. Le journal précise que cette délégation doit également participer à la conférence, ce qui renforce la dimension régionale de l’événement.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux et repris par Nahar, 18 novembre 2025, le premier ministre explique avoir demandé à toutes les administrations concernées de travailler rapidement à la suppression des obstacles qui entravent la reprise des exportations vers le royaume. Il décrit ce flux commercial comme un apport essentiel pour l’économie du pays et relie cette évolution aux entretiens qu’il a menés, avec Joseph Aoun, avec le prince héritier saoudien. Il assure en même temps que le Liban ne sera pas utilisé comme plateforme pour déstabiliser la sécurité des pays arabes ni comme couloir pour le trafic de stupéfiants ou d’autres marchandises illicites.

Al Bina’, 18 novembre 2025, confirme que la visite du responsable saoudien est perçue comme un appui politique au conférence Beirut 1 et comme un signal d’encouragement à poursuivre les réformes sécuritaires et douanières. Le journal souligne que les pas accomplis pour contrôler l’aéroport de Beyrouth et les points de passage frontaliers sont cités comme des éléments positifs par la délégation saoudienne, qui voit dans ces mesures l’ouverture de plusieurs fenêtres pour des solutions et une progression sur la voie des réformes et du redressement.

Les symboles de la réforme et le calendrier budgétaire

Au-delà de la vitrine de la conférence, la presse insiste sur le travail plus discret mais structurant autour de la loi de finances. Al Bina’, 18 novembre 2025, rapporte que la commission des Finances et du Budget a terminé un premier volet de l’examen de la nouvelle loi, en se concentrant sur les articles relatifs aux avances de trésorerie, aux prêts, aux dons et aux dépenses exceptionnelles, avec l’objectif déclaré de les soumettre à un contrôle plus strict de la Cour des comptes.

Selon le même article, le président de la commission, Ibrahim Kanaan, affirme que l’orientation générale consiste à respecter pleinement la Constitution et la législation sur la comptabilité publique, en renforçant les mécanismes de contrôle de la dépense et de transfert des crédits. Il annonce que la réunion suivante est repoussée en raison de la conférence économique de Beyrouth et que les travaux reprendront avec l’étude des chapitres portant sur les lois programmes et sur les modifications proposées en matière de taxes et de droits.

Al Bina’, 18 novembre 2025, souligne aussi les propos du directeur général du ministère des Finances, qui reconnaît que le contexte sécuritaire ne permet pas de formuler des prévisions précises sur l’évolution des indicateurs financiers. Il affirme toutefois que le pays reste déterminé à reprendre sa place sur les scènes régionale et internationale, et qu’il applique des politiques qu’il présente comme réalistes pour y parvenir.

La contrainte de la conformité et le siège financier

Al Akhbar, 18 novembre 2025, propose une lecture beaucoup plus critique de la conjoncture économique. Le quotidien consacre un long dossier au durcissement des règles de conformité financière et à ce qu’il qualifie de siège financier croissant visant le Liban. Il rappelle que le concept de conformité est né comme un instrument imposé aux États souhaitant s’intégrer au système financier mondial, et qu’il s’est structuré autour d’organisations comme le Groupe d’action financière, le réseau Egmont pour les unités de renseignements financiers et les mécanismes de l’Organisation de coopération et de développement économiques pour l’échange d’informations fiscales.

Selon Al Akhbar, 18 novembre 2025, les normes dévoilées dans ce cadre ont progressivement été transformées en outils politiques entre les mains des grandes puissances, en particulier des États-Unis, capables d’exclure des institutions ou des pays entiers du réseau des transactions en devises. Le journal souligne que ce processus s’est déroulé en parallèle avec l’accumulation de sanctions visant d’abord le Hezbollah, puis des segments entiers du système bancaire et, plus largement, des acteurs économiques libanais, au nom de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Dans ce contexte, la conférence Beirut 1 est présentée par Al Akhbar comme une tentative d’écrire une nouvelle narration économique. Le journal indique que les organisateurs affirment vouloir rompre avec la logique des conférences internationales précédentes, comme Paris 1, qui avaient consacré un modèle dans lequel le Liban apparaissait comme un simple receveur d’aides conditionnelles. Ils disent vouloir passer à un modèle de partenariat, fondé sur des projets, des performances et des alliances, et affirment que la conférence doit servir à relancer les réformes et à reconstruire un tissu économique productif.

Al Akhbar reste toutefois sceptique sur la capacité de cette approche à protéger le pays contre les effets du siège financier. Le dossier rappelle que la multiplication des obligations en matière de déclaration des clients, de suivi des flux en espèces et de partage d’informations place les banques libanaises face à un risque permanent de rupture de leurs relations correspondantes si elles ne respectent pas à la lettre les critères définis à l’étranger. Il souligne aussi que ces contraintes sont ressenties comme un instrument de pression politique, en particulier par les milieux proches de la résistance, qui y voient un moyen indirect de cibler leurs réseaux sociaux et financiers.

Pouvoir d’achat et déséquilibres tarifaires

À côté de ces dossiers institutionnels, la question du quotidien des ménages apparaît en filigrane dans les pages économiques. Al Akhbar, 18 novembre 2025, relaie les propos d’un spécialiste des politiques tarifaires, qui décrit une situation qu’il juge intenable pour la majorité des salariés. Selon les calculs présentés, la part du revenu consacrée à l’électricité aurait atteint plus de la moitié du salaire dans certains cas, tandis que les dépenses de télécommunications représenteraient environ un tiers supplémentaire, ne laissant qu’une faible fraction des revenus pour l’alimentation, le logement et les autres besoins. L’expert estime que ce partage n’est pas cohérent avec une logique économique saine et parle d’un risque de catastrophe si ces politiques se prolongent sans correction.

L’article insiste sur le fait que le problème ne vient pas seulement du niveau général des prix, mais aussi de la manière dont les grilles tarifaires ont été définies par rapport aux revenus réels. Il accuse les autorités d’avoir ignoré la capacité contributive des ménages en concevant les nouveaux tarifs et souligne que l’absence d’une politique sociale structurée amplifie les effets de la crise sur les catégories les plus vulnérables. Dans ce cadre, l’appel à attirer de nouveaux investissements et à restaurer la confiance des partenaires internationaux ne suffit pas, selon cette analyse, à répondre à l’urgence sociale. La précarité demeure au centre du débat.

Justice : affaires judiciaires et responsabilisation en mutation

Procès de masse en Syrie et mise en scène de la transparence

Selon Ad Diyar, 18 novembre 2025, les autorités syriennes annoncent l’ouverture du procès de cinq cent soixante-trois personnes accusées d’avoir commis des violations graves contre des civils et contre des membres des forces de sécurité lors des événements survenus dans la région côtière le 6 mars 2025 et les jours suivants. Le président de la commission nationale d’enquête et de recherche des faits, le juge Jomaa Al Anzi, indique dans un message publié sur le réseau X que les premières audiences publiques doivent se tenir le matin même dans une salle accessible aux médias locaux et internationaux. Il présente ce moment comme une étape charnière dans l’histoire du pays et comme une illustration d’une Syrie qui chercherait à établir les fondements de la justice, de la transparence et du renforcement de la confiance dans le système judiciaire.

Ad Diyar, 18 novembre 2025, précise que ces poursuites concernent des faits qualifiés d’atteintes contre des civils et des membres des services de sécurité lors de troubles survenus dans le littoral syrien. Les audiences sont annoncées comme publiques et ouvertes, ce qui permet aux autorités de mettre en avant un discours de rupture avec les pratiques secrètes et opaques du passé. Le journal souligne que la tenue de ce procès a lieu alors que le pays tente de normaliser progressivement ses relations avec plusieurs capitales arabes et de se repositionner sur la scène internationale, ce qui donne à cette opération judiciaire une dimension à la fois interne et diplomatique.

Condamnation à mort de Sheikh Hasina au Bangladesh

Nahar, 18 novembre 2025, rapporte qu’un tribunal spécial à Dacca a condamné à mort l’ancienne première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, reconnue coupable de crimes qualifiés de crimes contre l’humanité en lien avec la répression sanglante de la révolte étudiante qui avait provoqué sa chute en août 2024. Le jugement est rendu par contumace, l’ex-dirigeante se trouvant à l’étranger. Le quotidien souligne que la cour a retenu contre elle des chefs d’incitation au meurtre et d’ordre donné aux forces de sécurité d’utiliser des armes létales contre des manifestants, après cinq mois d’audiences.

Al Quds, 18 novembre 2025, précise que le juge président, nommé Ghulam Murtaza Mozumder, estime que tous les éléments constitutifs du crime contre l’humanité sont réunis, et déclare que le tribunal a décidé d’infliger la peine maximale prévue par la loi, à savoir une seule peine de mort couvrant l’ensemble des faits retenus. Selon le journal, au moins mille quatre cents personnes ont été tuées lors des manifestations de l’été 2024, dont une grande majorité de civils, ce qui donne à cette affaire un poids symbolique majeur dans la société bangladaise.

Al Sharq Al Awsat, 18 novembre 2025, met en avant la réaction de Sheikh Hasina, qui affirme depuis son exil en Inde que le verdict est dicté par des considérations politiques et émanerait d’un tribunal qu’elle qualifie de non légitime et nommé par un gouvernement transitoire sans mandat démocratique. Le journal rappelle que la dirigeante sortante fait face à plusieurs autres plaintes pour homicides, enlèvements et exactions alléguées durant ses quinze années au pouvoir, et qu’elle continue de revendiquer un bilan qu’elle présente comme positif en matière de développement et de droits.

Campagne palestinienne contre la peine de mort pour les détenus

Al Quds, 18 novembre 2025, relate le lancement par le ministère palestinien des Affaires étrangères et des Expatriés, en coopération avec des institutions de défense des prisonniers et des organisations de droits humains, d’une campagne nationale destinée à contrer le projet de loi israélien visant à instaurer la peine de mort pour certains détenus palestiniens. Le journal indique que les participants à cette campagne exigent que les États se conforment à l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur l’illégalité de l’occupation et demandent le démantèlement complet du système de justice militaire israélien, accusé de violations systématiques.

Dans la même édition, Al Quds mentionne que les organisations présentes recommandent la saisine de la Cour pénale internationale pour qualifier les exactions documentées comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, et appellent à l’activation de la compétence universelle des tribunaux nationaux afin de poursuivre les responsables politiques, sécuritaires et administratifs associés à ces violations. Elles affirment que le projet de loi sur la peine de mort légaliserait de facto des exécutions extrajudiciaires et renforcerait une culture d’impunité déjà dénoncée par de nombreuses enquêtes internationales.

Tunisie : procès de conspiration et critiques d’organisations de droits humains

Une autre affaire judiciaire importante est suivie en Tunisie. Al Quds, 18 novembre 2025, rapporte que la chambre spécialisée dans les affaires de terrorisme de la cour d’appel de Tunis a décidé de renvoyer au 27 novembre l’audience dans le dossier connu sous le nom de « complot contre la sécurité de l’État ». Cette affaire vise trente-sept personnes, parmi lesquelles des militants des droits humains et plusieurs figures de l’opposition comme Jawhar Ben Mbarek, Issam Chebbi, Abdelhamid Jlassi et Ridha Belhaj, dont certains sont en grève de la faim depuis plusieurs jours pour protester contre leur détention.

Le quotidien précise que les juges ont invoqué la nécessité de laisser davantage de temps aux avocats pour préparer leurs moyens de défense et pour examiner les demandes déposées, y compris les requêtes de libération et de convocation des coaccusés laissés en liberté. Les peines prononcées en première instance vont, selon le journal, de quatre à soixante-six ans de prison pour des chefs d’accusation liés à la conspiration contre la sécurité interne et externe de l’État, à la formation d’un groupement qualifié de terroriste et à des tentatives de modification violente de la forme de l’État.

Al Quds signale par ailleurs que la coordination des familles des détenus et la coalition appelée Front du salut national ont organisé un rassemblement devant le tribunal pour soutenir les grévistes de la faim et contester la procédure. L’article rappelle qu’une organisation internationale de défense des droits humains, citant ce dossier comme exemple, a dénoncé ce qu’elle décrit comme une « farce judiciaire » et dénonce une répression plus large visant les opposants politiques dans le pays.

Fonctionnement quotidien de la justice au Liban et mémoire de la collaboration

Au Liban, la rubrique judiciaire des journaux donne un aperçu de la justice ordinaire à travers une série d’annonces et de décisions. Ad Diyar, 18 novembre 2025, publie plusieurs avis émis par les tribunaux civils et les bureaux du registre foncier, concernant des litiges sur des actes de propriété ou des demandes de délivrance de titres de remplacement pour des biens immobiliers à Kesrouan, Jbeil et d’autres régions. Ces avis invitent des propriétaires ou des héritiers à se présenter dans des délais précis pour régulariser leur situation ou contester des demandes, faute de quoi les décisions pourront être affichées au greffe et deviendront exécutoires.

Cette activité tranche avec la gravité des grands procès internationaux mais rappelle que la justice libanaise continue de traiter un volume important de contentieux civils, malgré les contraintes matérielles et la pression de la crise économique. Les annonces publiées soulignent également que les jugements de condamnation et les délais de comparution restent toujours opérationnels, ce qui montre clairement le maintien des mécanismes classiques de l’exécution forcée.

Al Akhbar, 18 novembre 2025, consacre de son côté un article à la trajectoire d’un Libanais condamné par la justice militaire pour collaboration avec Israël et libéré récemment après avoir purgé sa peine. Le journal rappelle que l’affaire avait fait l’objet d’une large couverture médiatique au moment de son arrestation et de sa condamnation, et qu’elle revient aujourd’hui dans le débat public à travers un reportage télévisé qui lui donne la parole. Le texte souligne que la libération du condamné, après accomplissement de la peine prononcée, ne fait pas disparaître les blessures symboliques liées à la question de la collaboration, ni les interrogations sur la manière dont la société gère la réinsertion de personnes jugées coupables d’avoir travaillé pour une puissance ennemie.

Al Akhbar souligne aussi que la diffusion d’éléments incomplets ou inexacts sur ce dossier par certains médias et sites d’information a relancé un débat sur la responsabilité des acteurs médiatiques lorsqu’ils traitent d’affaires judiciaires sensibles, en particulier celles qui touchent à la sécurité nationale. Le ministère de la Justice est présenté comme menant une enquête interne sur la divulgation de documents liés au dossier et rappelle que la loi autorise les autorités à conserver certaines pièces sous scellés tant que l’instruction est en cours, afin de protéger à la fois la vérité judiciaire et les droits des personnes concernées.

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