Le 5 juillet 2025, la situation au Proche-Orient continue d’évoluer dans un climat de tension extrême. Selon Al Quds (05 juillet 2025), la guerre menée par Israël contre la bande de Gaza est entrée dans son vingtième mois, sans avoir mis fin à la capacité de résistance du Hamas. Le journal rapporte que, malgré la perte d’une grande partie de sa direction militaire, l’organisation islamiste maintient sa capacité d’action sur le terrain et continue de détenir des otages. Deux revendications majeures structurent sa position : un cessez-le-feu total et le retrait complet des forces israéliennes de la bande de Gaza.
Al Akhbar (05 juillet 2025) détaille que les négociations, menées sous l’égide du Qatar et de l’Égypte, visent à obtenir une trêve de soixante jours. Celle-ci pourrait permettre la libération partielle des prisonniers, en échange d’un arrêt des frappes israéliennes. Le journal note que le Hezbollah, tout en réitérant son soutien à la cause palestinienne, maintient la pression militaire sur la frontière sud du Liban. Cette stratégie vise à créer un front de distraction afin d’alléger l’étau autour de Gaza.
Fracture stratégique au sein de l’exécutif israélien
La guerre ne divise pas uniquement la région mais affecte également la cohésion du pouvoir israélien. Al Quds (05 juillet 2025) cite des tensions internes entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et certains membres de son cabinet, notamment Yoav Gallant. Ce dernier aurait exprimé son opposition à un élargissement des opérations militaires en territoire libanais, jugeant la manœuvre risquée en l’absence d’un appui américain franc.
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Le journal indique par ailleurs que Benny Gantz, ex-ministre de la Défense et rival politique de Netanyahu, milite pour une sortie de crise politique rapide. Il s’agirait d’éviter l’isolement croissant d’Israël sur la scène diplomatique, notamment en Europe. Ces divisions internes se manifestent également sur le plan sécuritaire, avec une multiplication des ordres contradictoires adressés aux forces de défense israéliennes.
Al Bina’ (05 juillet 2025) ajoute que les dernières opérations de Tsahal, notamment à Rafah et Khan Younès, ont entraîné de lourdes pertes humaines, notamment parmi les civils. Selon les sources du journal, plus de 300 personnes auraient été tuées en une semaine. L’ONU et plusieurs ONG internationales évoquent un usage disproportionné de la force et appellent à une enquête indépendante.
Une guerre qui ne dit pas son nom au Liban Sud
En parallèle, Ad Diyar (05 juillet 2025) rapporte que le Liban Sud continue de subir des frappes israéliennes ciblées. Dans la nuit du 4 au 5 juillet, des unités spéciales israéliennes ont pénétré dans le village de Meiss El-Jabal pour y faire exploser un site industriel soupçonné d’appartenir à une structure affiliée au Hezbollah. Le journal mentionne également le bombardement répété d’habitations à Aita al-Chaab, provoquant des dégâts matériels importants. L’armée israélienne justifie ces opérations comme des actions préventives contre des stocks d’armement.
Les sources citées par Ad Diyar (05 juillet 2025) évoquent une possible reconfiguration du dispositif militaire du Hezbollah. Sous la pression de son propre électorat et de la population du Sud, le parti chiite envisagerait de réduire ses démonstrations de force en journée, tout en conservant des capacités opérationnelles nocturnes. Cette évolution pourrait indiquer un changement de stratégie, privilégiant la dissuasion silencieuse à l’affrontement direct.
Al Liwa’ (05 juillet 2025) revient sur la position officielle du Hezbollah à ce sujet. Le secrétaire général adjoint, Naïm Kassem, aurait affirmé que « les actions actuelles sont des réponses ciblées et calculées ». Il aurait également insisté sur le fait que le parti n’a aucun intérêt à provoquer une guerre ouverte, mais qu’il n’hésitera pas à répondre à toute agression.
Condamnations internationales et manœuvres diplomatiques
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) souligne la gêne croissante des chancelleries occidentales face à l’ampleur des pertes civiles à Gaza. L’administration américaine, désormais dirigée par Donald Trump, maintient son soutien officiel à Israël mais s’efforce en coulisse de pousser à une désescalade. Selon le journal, des conseillers proches du président américain auraient tenté d’obtenir un engagement discret de cessez-le-feu conditionnel de la part du gouvernement israélien.
De son côté, l’Iran hausse le ton. Al Bina’ (05 juillet 2025) rapporte que Téhéran a suspendu sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en représailles aux accusations formulées à son encontre. Le journal indique que cette rupture intervient alors que plusieurs responsables iraniens sont convaincus que l’objectif d’Israël n’est plus la défense territoriale, mais un changement de régime indirect via l’asphyxie de ses alliés régionaux.
L’Iran a également intensifié ses canaux de coordination avec le Hamas et le Jihad islamique palestinien. Des réunions se sont tenues à Damas et à Bagdad, selon Al Akhbar (05 juillet 2025), pour préparer une éventuelle phase de riposte régionale. Toutefois, les divergences stratégiques entre les factions chiites et sunnites persistent, limitant la capacité à établir une riposte unifiée.
Gaza, champ de ruines et d’enjeux humanitaires
L’aspect humanitaire est mis en avant par plusieurs publications. Al Quds (05 juillet 2025) rapporte que les hôpitaux de Gaza sont débordés. Le manque d’électricité, de carburant et de médicaments empêche les équipes médicales de traiter les blessés dans des conditions acceptables. L’OMS aurait demandé un corridor humanitaire immédiat, mais les négociations à ce sujet sont dans l’impasse.
Al Akhbar (05 juillet 2025) fait état d’un appel lancé par Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, à un cessez-le-feu immédiat. Il déclare : « La souffrance humaine à Gaza dépasse ce que les mots peuvent décrire. Il est temps d’agir. » Ce cri d’alarme a été soutenu par plusieurs capitales européennes, dont Berlin et Paris, mais est resté lettre morte du côté de Washington et Tel-Aviv.
Al Quds (05 juillet 2025) ajoute que des convois de nourriture et de matériel médical sont actuellement bloqués à Rafah, côté égyptien, en raison de désaccords entre les autorités israéliennes et les ONG sur les modalités de distribution.
Un basculement régional redouté
Le journal Al Bina’ (05 juillet 2025) avertit que la poursuite de la guerre pourrait provoquer une reconfiguration géopolitique durable. L’Arabie saoudite, qui avait montré des signes d’ouverture envers Israël ces dernières années, aurait suspendu toute coopération non militaire depuis début juin. Riyad aurait même conditionné la reprise des discussions à un arrêt complet des opérations à Gaza.
Dans le même temps, Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) affirme que des factions armées irakiennes soutenues par l’Iran menacent d’attaquer des intérêts américains si la guerre se poursuit. Des bases militaires américaines à Erbil et en Syrie auraient déjà renforcé leurs mesures de sécurité.
Ad Diyar (05 juillet 2025) conclut que l’embrasement régional n’est plus une hypothèse mais une probabilité, si aucun accord de trêve n’intervient dans les jours à venir.
Politique locale : repositionnement sous pression et équilibres précaires
Le Liban entame une semaine cruciale à l’ombre d’une tension diplomatique aiguë. L’arrivée à Beyrouth de Thomas Barak, émissaire spécial des États-Unis, a ravivé les divisions internes autour du désarmement du Hezbollah, des réformes structurelles, et du tracé des frontières avec Israël. Ad Diyar (05 juillet 2025) indique que Barak est porteur d’une « feuille de route sécuritaire » prévoyant une réduction significative de l’arsenal militaire du Hezbollah, condition sine qua non selon Washington pour débloquer l’aide financière et les négociations avec le FMI. Les discussions, menées sous un strict secret, devraient aboutir avant mercredi, date prévue du départ de l’envoyé américain.
Une équation de souveraineté face à des injonctions extérieures
Ad Diyar (05 juillet 2025) rapporte que la délégation libanaise chargée de préparer une réponse à la proposition américaine inclut des représentants de la présidence, du gouvernement, et de l’armée. Joseph Aoun, président de la République, y joue un rôle central. Selon le journal, le chef de l’État a insisté pour que toute décision sur le désarmement soit strictement conditionnée à un retrait israélien total du Liban Sud et à une reconnaissance formelle de la souveraineté libanaise sur toutes ses frontières.
Dans un article séparé, Al Bina’ (05 juillet 2025) dévoile des extraits de la position libanaise, qui oppose au calendrier américain de désarmement un « plan symétrique » conditionné à des engagements fermes d’Israël. Le journal précise que Beyrouth demande également la relance des négociations sur les frontières maritimes, ainsi que le financement de la reconstruction dans les zones sinistrées par les frappes israéliennes.
Al Liwa’ (05 juillet 2025) note de son côté que plusieurs figures politiques libanaises redoutent une perte de marge de manœuvre. Le Premier ministre Nawaf Salam aurait exprimé, selon une source citée par le journal, sa crainte que « l’accélération des concessions sans garantie n’ouvre la voie à une perte de souveraineté réelle sous habillage diplomatique ». Cette déclaration, bien que non confirmée officiellement, reflète les tensions croissantes au sein du cabinet.
Le Hezbollah à la croisée des chemins
Les discussions en cours réactivent la question du rôle militaire du Hezbollah. Ad Diyar (05 juillet 2025) indique que le parti chiite envisage la possibilité de se dessaisir d’une partie de ses missiles à courte portée et de ses drones, en échange d’un engagement international garantissant l’intégrité territoriale du Liban. Selon des sources citées dans le journal, cette éventualité serait envisagée non comme une reddition, mais comme un repositionnement stratégique imposé par le contexte régional.
Al Akhbar (05 juillet 2025), traditionnellement proche du Hezbollah, présente une lecture différente. Le journal évoque une manœuvre américaine destinée à vider le parti de sa substance dissuasive tout en laissant intacte la menace israélienne. Il souligne que les négociateurs américains n’ont donné aucun gage concret quant à la fin des survols aériens israéliens ou des incursions terrestres ponctuelles au Sud.
Dans le même temps, Al Sharq (05 juillet 2025) affirme que le Hezbollah, tout en restant officiellement silencieux, s’emploie en coulisses à mobiliser ses alliés au sein du Parlement pour barrer la route à toute réforme constitutionnelle qui affaiblirait sa position. Le journal mentionne des rencontres entre des députés du bloc de la fidélité à la Résistance et des représentants de partis chrétiens du Nord, dans le but de constituer un front parlementaire de blocage.
Un Parlement en tension
Le débat sur le désarmement s’inscrit dans un contexte parlementaire tendu. Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) note que plusieurs projets de loi, dont celui sur l’indépendance de la justice et la réforme de la loi électorale, sont bloqués depuis des semaines en commission. Le président du Parlement, Nabih Berri, refuse d’inscrire ces textes à l’ordre du jour tant que le gouvernement n’aura pas clarifié sa position sur les demandes américaines.
Cette paralysie nourrit les accusations de blocage volontaire. Al Liwa’ (05 juillet 2025) rapporte que les députés réformateurs, en particulier ceux du groupe « Changement », dénoncent un sabotage organisé visant à empêcher toute évolution du système politique. Le député Michel Douaihy aurait déclaré en séance : « Chaque réforme suspendue est une victoire pour ceux qui vivent de l’effondrement ».
Al Bina’ (05 juillet 2025) évoque un autre point de crispation : la réforme de la loi sur l’électricité, exigée par le FMI pour débloquer les lignes de crédit. Le projet, qui prévoit une autonomie renforcée de l’EDL (Électricité du Liban), se heurte à l’opposition de plusieurs partis qui y voient une menace pour les équilibres clientélistes.
Le président Joseph Aoun dans un rôle d’équilibriste
Dans ce contexte, Joseph Aoun tente d’affirmer un leadership de compromis. Ad Diyar (05 juillet 2025) décrit un président « préoccupé par l’image du Liban à l’international », qui souhaite apparaître comme un interlocuteur crédible sans se heurter frontalement au Hezbollah. Le journal note que le chef de l’État a multiplié les contacts avec des ambassadeurs européens, dont celui de la France et de l’Allemagne, pour plaider en faveur d’un « mécanisme de garanties réciproques ».
Selon Al Sharq (05 juillet 2025), le président aurait par ailleurs rejeté toute idée de référendum sur le désarmement, estimant que cela reviendrait à « fracturer davantage une opinion publique déjà épuisée par les divisions ». Le journal mentionne un entretien confidentiel entre Joseph Aoun et l’ambassadrice américaine, au cours duquel il aurait plaidé pour « une approche pragmatique qui tienne compte des réalités communautaires et sécuritaires ».
Une pression sociale en arrière-plan
Au-delà des enjeux géopolitiques, Ad Diyar (05 juillet 2025) rappelle que la situation sociale reste explosive. Le journal avertit que « l’explosion sociale est inévitable, si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain », en référence aux mouvements de grève des fonctionnaires et aux tensions sur les salaires. Le gouvernement n’a toujours pas mis en œuvre les mesures d’ajustement prévues dans le plan de redressement, ce qui alimente la colère dans plusieurs secteurs de la fonction publique.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) souligne aussi le rôle croissant des syndicats dans la contestation. Plusieurs d’entre eux ont appelé à une journée de grève générale dans les services publics si aucun progrès n’est constaté d’ici au 10 juillet. Cette pression s’ajoute aux attentes de la population, épuisée par l’inflation, les coupures d’électricité et l’effondrement du système de santé.
Al Akhbar (05 juillet 2025) conclut que la stratégie actuelle du pouvoir, qui consiste à négocier à huis clos avec les grandes puissances, pourrait rapidement se heurter à une révolte populaire si elle ne débouche pas sur des mesures concrètes pour la vie quotidienne des Libanais.
La réforme électorale, point de cristallisation politique
La réforme de la loi électorale, relancée sous la pression des négociateurs occidentaux, constitue un autre point de tension majeur. Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) signale que plusieurs scénarios ont été soumis au comité parlementaire mixte, dont une proposition visant à élargir la représentation des expatriés et à réduire le poids communautaire dans les circonscriptions actuelles. Le texte, porté par des députés du bloc des Forces libanaises, prévoit un découpage plus équilibré et une hausse du nombre de sièges accordés à la diaspora.
Ce projet est rejeté par le Hezbollah, qui y voit une tentative de minorer ses bastions dans le Sud et la Békaa. Al Sharq (05 juillet 2025) rapporte que des négociations ont eu lieu entre les blocs parlementaires pour tenter d’introduire une clause de consensus communautaire dans le mécanisme d’adoption. Le journal précise que Nabih Berri refuse catégoriquement que le texte soit voté sans un accord global, jugeant qu’« aucune réforme ne peut se faire contre un segment de la population ».
Al Bina’ (05 juillet 2025) souligne que cette impasse pourrait provoquer le report des élections législatives prévues pour mai 2026. Des rumeurs circulent au sujet d’une prorogation du mandat actuel, notamment si la conjoncture sécuritaire au Sud continue de se détériorer. Le journal évoque également un possible recours au Conseil constitutionnel si le gouvernement décide de forcer la main au Parlement sur ce dossier.
Blocages institutionnels et perte de confiance
Dans un tel contexte, la confiance des citoyens envers leurs institutions continue de s’éroder. Al Liwa’ (05 juillet 2025)publie un sondage indiquant que 73 % des Libanais estiment que « le Parlement est incapable de répondre aux besoins urgents de la population ». Le même pourcentage estime que les réformes promises par le gouvernement resteront lettres mortes. Ce scepticisme s’explique par la lenteur des débats, mais aussi par la conviction que les intérêts privés bloquent tout changement.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) rappelle que le plan de redressement proposé par Nawaf Salam au printemps, comprenant la rationalisation des dépenses publiques, la lutte contre la corruption et la création d’un fonds souverain, n’a toujours pas dépassé le stade du conseil des ministres. La mise en place d’un mécanisme de transparence pour les appels d’offres publics, saluée par les ambassadeurs occidentaux, reste bloquée en commission parlementaire.
Face à cette paralysie, Ad Diyar (05 juillet 2025) indique que plusieurs partenaires internationaux envisagent de revoir à la baisse leur engagement financier. Le journal cite des sources diplomatiques selon lesquelles « le Liban doit montrer des preuves de réforme avant septembre, faute de quoi les crédits seront redirigés vers d’autres pays plus engagés ».
Citations et discours des personnalités politiques : déclarations publiques et lignes de fracture
La presse libanaise du 5 juillet 2025 met en lumière une série de déclarations et de prises de position émanant de hauts responsables politiques, reflétant les lignes de fracture et les tentatives de repositionnement dans un contexte de pressions croissantes. Le président de la République, le Premier ministre, ainsi que les principaux leaders de partis, notamment le Hezbollah, ont tous exprimé des positions précises, parfois divergentes, sur les grands dossiers sécuritaires, institutionnels et sociaux.
Joseph Aoun : défendre la souveraineté sans rompre les équilibres
Selon Ad Diyar (05 juillet 2025), Joseph Aoun a tenu une série de réunions à huis clos avec des ambassadeurs européens et arabes, au cours desquelles il aurait déclaré que « la souveraineté du Liban ne peut être négociée par correspondance ». Cette phrase, rapportée anonymement mais confirmée par des sources proches de la présidence, a été interprétée comme une réponse directe aux injonctions américaines sur le désarmement du Hezbollah.
Dans un autre échange rapporté par Al Sharq (05 juillet 2025), le président aurait précisé que « toute solution durable doit passer par un double engagement : la sécurisation des frontières du Sud et le respect de l’équilibre interne du Pacte national ». Il aurait souligné que les discussions en cours avec l’envoyé américain Thomas Barak « doivent prendre en compte la réalité du terrain et non l’illusion d’un ordre imposé de l’extérieur ».
Le ton ferme de ces déclarations tranche avec la prudence généralement observée par Joseph Aoun. Al Akhbar (05 juillet 2025) y voit une tentative de montrer que la présidence n’est pas inféodée aux agendas étrangers. Selon le journal, cette posture cherche à rassurer l’opinion publique sur la capacité de l’État à gérer les négociations sans céder sur les principes fondamentaux.
Nawaf Salam : préserver la stabilité institutionnelle
Le Premier ministre Nawaf Salam, plus discret médiatiquement, a toutefois laissé filtrer plusieurs éléments de langage à travers ses collaborateurs. Al Liwa’ (05 juillet 2025) rapporte qu’il aurait déclaré en conseil restreint : « Nous ne pouvons réformer sans stabilité, mais nous ne pouvons prétendre à la stabilité sans réforme ». Cette formulation met en lumière le dilemme du gouvernement, pris entre les exigences des bailleurs de fonds et les résistances internes.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) indique que Nawaf Salam, lors d’un échange avec des responsables de l’ONU, aurait exprimé son attachement à une « justice indépendante, fonctionnelle, et à l’abri des interférences partisanes ». Le journal précise qu’il aurait également insisté sur la nécessité d’accélérer la réforme de l’électricité, tout en reconnaissant les « limites de la coalition gouvernementale » sur ce point.
En réponse aux critiques sur l’inaction du gouvernement, Al Bina’ (05 juillet 2025) cite un proche de Salam : « Le Premier ministre sait que le moment est délicat, mais il préfère l’efficacité silencieuse aux effets d’annonce ». Cette approche pragmatique, quoique peu lisible pour l’opinion, vise à ménager les équilibres parlementaires tout en poursuivant les négociations internationales.
Naïm Kassem : la résistance ne sera pas désarmée
Le discours le plus net de la journée du 5 juillet 2025 est venu de Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah. Dans un discours retranscrit intégralement par Al Akhbar (05 juillet 2025), il déclare : « Ceux qui pensent qu’il est possible de désarmer la Résistance par pression ou par promesse se trompent d’époque et de peuple. Le Liban n’est pas à vendre ». Il ajoute que « le Hezbollah est un acteur national, né de l’occupation et de l’injustice, et il ne sera pas sacrifié pour des crédits ou des postes ».
Al Bina’ (05 juillet 2025) reprend également cette intervention en soulignant que Kassem a dénoncé un « complot international visant à délégitimer la résistance pour ouvrir la voie à une normalisation de facto avec Israël ». Il aurait aussi affirmé : « Nous ne cherchons pas la guerre, mais nous ne nous laisserons pas désarmer sans garantie de sécurité totale pour nos citoyens ».
Ces déclarations, largement diffusées, ont été perçues comme une réponse directe à l’offre américaine relayée par Thomas Barak. Ad Diyar (05 juillet 2025) note que le discours de Kassem a été prononcé devant un public restreint mais hautement symbolique, composé de cadres du parti, de représentants religieux et de journalistes étrangers triés sur le volet.
Gebran Bassil : entre défense des chrétiens et stratégie parlementaire
Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, s’est exprimé depuis Batroun lors d’un rassemblement local. Al Liwa’ (05 juillet 2025) rapporte qu’il a déclaré : « Nous ne pouvons pas accepter qu’un seul groupe détienne les armes quand l’État est affaibli. La Résistance est un choix, pas un monopole. » Cette phrase a été interprétée comme une tentative de concilier la base chrétienne de son parti avec les exigences de ses alliés chiites.
Selon Al Sharq (05 juillet 2025), Bassil a aussi affirmé que « toute réforme électorale doit garantir la représentation équitable des Libanais de l’extérieur, qui restent la colonne vertébrale de notre économie et notre diplomatie ». Il milite pour un projet de loi élargissant les droits politiques des expatriés, tout en évitant une refonte complète du système électoral.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) souligne que Bassil manœuvre activement pour faire échouer un vote rapide sur les réformes voulues par le FMI. Il aurait confié à ses proches : « On ne réforme pas sous la menace des sanctions ni sous la dictée de l’extérieur ». Cette posture ambiguë lui permet de rester au centre du jeu sans s’aliéner ni Washington ni le Hezbollah.
Walid Joumblatt : la voix de la prudence
Bien que retiré de la vie politique active, Walid Joumblatt continue d’influencer les débats. Al Akhbar (05 juillet 2025)cite un extrait d’un entretien donné à une chaîne locale, où il affirme : « Le Liban est comme un navire sans boussole. Si nous ne trouvons pas un cap commun, nous sombrerons ensemble. » Il y appelle à un compromis entre toutes les forces pour sauver le pays de la faillite politique et sociale.
Dans un ton plus allusif, il aurait ajouté : « L’histoire a montré que les armes protègent parfois les peuples, mais souvent elles les enterrent ». Al Quds (05 juillet 2025) souligne que cette déclaration, volontairement ambiguë, vise probablement à pousser le Hezbollah à la retenue, sans confrontation directe.
Marwan Hamadé : le verbe de l’opposition
De l’autre côté de l’échiquier, Marwan Hamadé a donné une conférence de presse virulente, dont les propos sont reproduits dans Ad Diyar (05 juillet 2025). Il y déclare : « Nous sommes pris en otage par un pouvoir qui utilise l’État comme un paravent à ses intérêts régionaux. Si nous voulons rester un pays, il faut désarmer tous les groupes armés. » Il demande l’intervention directe du Conseil de sécurité de l’ONU pour « garantir une neutralité active du Liban ».
Dans une phrase remarquée, il affirme : « Si la neutralité n’est pas une option, alors l’indépendance n’est plus qu’un souvenir. » Ce positionnement l’isole dans le Parlement mais lui donne une visibilité médiatique croissante.
Nabih Berri : le silence tactique
Contrairement à ses habitudes, le président du Parlement Nabih Berri n’a fait aucune déclaration publique ce jour-là. Al Bina’ (05 juillet 2025) précise qu’il aurait annulé une conférence prévue à Tyr en raison de la « sensibilité des dossiers en cours ». Selon une source parlementaire citée par Al Akhbar (05 juillet 2025), Berri préfère « peser en silence » et ne veut pas « interférer avec les efforts présidentiels pour maintenir l’équilibre institutionnel ».
Al Sharq (05 juillet 2025) suggère toutefois que Berri continue de jouer un rôle actif dans les coulisses, en réunissant régulièrement les chefs de blocs parlementaires pour éviter une rupture frontale entre le Hezbollah et le gouvernement.
Diplomatie : Pressions croisées et jeux d’équilibre autour de la souveraineté libanaise
Le 5 juillet 2025, l’ensemble des titres de la presse libanaise et régionale consacrent une large part de leurs colonnes à l’intensification des pressions diplomatiques exercées sur le Liban. Les visites successives de représentants étrangers, notamment celle très attendue de Thomas Barak, émissaire américain, s’inscrivent dans un contexte où la souveraineté nationale se heurte aux exigences de partenaires internationaux soucieux de redéfinir les équilibres sécuritaires et politiques dans la région.
L’offensive diplomatique américaine et ses ramifications
Selon Ad Diyar (05 juillet 2025), la présence à Beyrouth de Thomas Barak marque un tournant dans la stratégie américaine à l’égard du Liban. L’émissaire, accompagné d’experts en sécurité et en diplomatie, aurait remis au gouvernement libanais une feuille de route détaillée comprenant des mesures de désarmement partiel du Hezbollah, une refonte de la gouvernance institutionnelle et l’activation de réformes économiques supervisées par des représentants de la communauté internationale.
Le journal précise que Barak a rencontré successivement le président de la République, le Premier ministre, le président du Parlement, ainsi que des chefs religieux et des représentants de la société civile. Il aurait insisté sur le caractère non coercitif de son mandat, mais Al Sharq (05 juillet 2025) révèle que les entretiens ont parfois tourné à l’épreuve de force verbale, notamment lorsque la question du retrait des armes lourdes du Hezbollah a été abordée.
Al Bina’ (05 juillet 2025) souligne que Washington considère la neutralité du Liban comme un objectif stratégique, en lien avec l’apaisement souhaité du front sud. Le journal rapporte qu’un document de travail confidentiel propose de placer certaines zones sous supervision internationale conjointe, y compris le renforcement du mandat de la FINUL. Cette proposition aurait suscité de fortes réticences au sein du gouvernement libanais.
Le retour de la France dans l’équation
En parallèle de l’initiative américaine, Al Liwa’ (05 juillet 2025) indique que Paris a réactivé ses canaux diplomatiques. Le journal évoque une conversation téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et Joseph Aoun, au cours de laquelle la France aurait proposé d’accueillir une conférence internationale sur la stabilité du Liban. Le Quai d’Orsay souhaite repositionner la diplomatie française comme médiatrice entre les différentes factions libanaises, dans un rôle déjà esquissé en 2020 après l’explosion du port de Beyrouth.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) précise que l’ambassadrice de France à Beyrouth a rencontré plusieurs chefs religieux et politiques, notamment le patriarche maronite Béchara Raï et des représentants du Courant patriotique libre, pour évoquer une possible feuille de route consensuelle. Ces efforts sont coordonnés avec l’Union européenne, qui envisage d’envoyer une mission d’observation en cas d’élections anticipées.
Pressions régionales : Riyad, Téhéran et la gestion du rapport de force
La dimension régionale des pressions diplomatiques est également largement évoquée. Al Akhbar (05 juillet 2025)revient sur le rôle actif de l’Arabie saoudite, qui pousse en faveur d’un alignement plus net du gouvernement libanais sur les positions du Golfe. Le journal rapporte que Riyad aurait promis une reprise de son aide économique, suspendue depuis 2021, si Beyrouth s’engageait à limiter l’influence du Hezbollah et à renforcer la coopération sécuritaire avec les pays voisins.
Dans un registre opposé, Al Quds (05 juillet 2025) rapporte que Téhéran multiplie les messages de soutien aux partis pro-iraniens au Liban, en particulier après la reprise des hostilités dans le sud. Le ministre iranien des Affaires étrangères aurait transmis au gouvernement libanais « un message de solidarité contre les tentatives de démantèlement de la Résistance ». Cette posture s’inscrit dans la volonté de l’Iran d’afficher son rôle de protecteur des forces anti-israéliennes de la région.
Selon Ad Diyar (05 juillet 2025), ces deux pôles diplomatiques exercent une influence parallèle sur la scène politique libanaise, en finançant des relais locaux, en activant des ONG, et en conditionnant leurs aides au respect de lignes rouges politiques, notamment en matière de désarmement et de neutralité.
Multiplication des émissaires et des leviers d’influence
L’intensification des initiatives diplomatiques ne se limite pas aux États-Unis, à la France ou aux puissances régionales. Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) rapporte que des représentants de l’Union européenne ont également été dépêchés à Beyrouth dans le cadre d’une mission de consultation préalable à un projet de soutien budgétaire. Les Européens conditionnent leur engagement à des avancées concrètes sur la réforme judiciaire et à des garanties sur la transparence des marchés publics. Une réunion technique aurait eu lieu entre la délégation européenne et le ministère libanais des Finances.
Selon Al Liwa’ (05 juillet 2025), l’ambassadrice d’Allemagne a fait savoir que Berlin envisage de doubler son aide humanitaire au Liban à condition que le pays entame des négociations sérieuses avec le FMI. L’Allemagne insiste également sur la nécessité d’assurer un accès libre aux zones sinistrées dans le Sud, où les frappes israéliennes ont détruit plusieurs infrastructures civiles. Cette condition vise implicitement les zones contrôlées par le Hezbollah.
Par ailleurs, Al Bina’ (05 juillet 2025) mentionne la venue à Beyrouth d’un représentant spécial du Vatican, qui aurait rencontré le patriarche Raï pour s’enquérir de la situation des communautés chrétiennes. Le Saint-Siège exprime des inquiétudes croissantes quant à l’exode des chrétiens libanais, aggravé par la crise économique. Le diplomate aurait plaidé pour un « dialogue national authentique exempt de toute logique d’exclusion ».
Le Liban dans l’ombre des pourparlers régionaux
L’attention diplomatique portée au Liban s’inscrit dans un cadre plus large de tractations régionales. Ad Diyar (05 juillet 2025) affirme que les négociations indirectes entre Israël et le Hamas, parrainées par l’Égypte et le Qatar, incluent une clause informelle sur la sécurisation de la frontière nord d’Israël. Le journal souligne que le Liban est concerné de manière implicite, puisque toute réduction de la menace au Sud conditionnerait une éventuelle trêve à Gaza.
Al Quds (05 juillet 2025) révèle que le Caire aurait proposé un arrangement tripartite incluant Israël, le Liban et le Hezbollah via un canal diplomatique informel, sans reconnaissance officielle. Le dispositif impliquerait un gel des activités militaires du Hezbollah en échange d’un arrêt des frappes israéliennes dans le Sud-Liban. Cette proposition, appuyée discrètement par les Nations unies, aurait été rejetée par la partie israélienne pour l’instant.
Al Sharq (05 juillet 2025) cite des sources diplomatiques selon lesquelles l’Iran et la Turquie observent attentivement l’évolution de ces discussions. Téhéran chercherait à éviter que le Liban soit entraîné dans un accord régional qui limiterait son influence, tandis qu’Ankara propose d’endosser un rôle de médiateur, à la faveur de ses bons rapports avec plusieurs camps rivaux.
Résistances internes aux ajustements diplomatiques
Malgré l’intensité de l’activité diplomatique, de nombreuses forces politiques libanaises expriment leur scepticisme. Al Akhbar (05 juillet 2025) publie une tribune signée par des intellectuels proches du Hezbollah, affirmant que « la diplomatie occidentale ne vise pas la paix mais la capitulation politique ». Le texte dénonce une tentative de transformation du Liban en État tampon désarmé au service d’un équilibre imposé de l’extérieur.
Al Bina’ (05 juillet 2025) rapporte que plusieurs partis de l’opposition dénoncent la méthode utilisée par les diplomates étrangers, qu’ils accusent de contourner les institutions en menant des négociations directes avec certains ministres ou conseillers présidentiels. Le député Ghassan Skaff aurait déclaré : « Ce qui se passe relève d’une diplomatie parallèle qui viole la souveraineté du processus institutionnel ».
Dans un autre registre, Al Liwa’ (05 juillet 2025) cite des membres de la société civile qui appellent à une diplomatie plus transparente. Des ONG ont adressé une lettre ouverte aux ambassades présentes à Beyrouth pour demander que toute aide ou initiative passe par le Parlement, « seul garant de la légitimité démocratique ».
Les risques de l’alignement diplomatique
Enfin, plusieurs titres alertent sur les dangers d’un alignement unilatéral du Liban. Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025)analyse que si Beyrouth s’aligne trop visiblement sur les demandes occidentales, elle risque de perdre ses marges de manœuvre avec les autres puissances régionales, notamment l’Iran, la Syrie et même la Russie. Le journal avertit que cette perte d’équilibre pourrait provoquer des tensions internes majeures, notamment au sein de la majorité parlementaire.
De son côté, Al Akhbar (05 juillet 2025) estime que l’adhésion aux exigences américaines sans contrepartie sécuritaire ou économique substantielle constituerait une erreur stratégique. Il évoque la possibilité d’un retour à un cycle d’instabilité, semblable à celui de 2005-2008, si les équilibres communautaires ne sont pas respectés.
Ad Diyar (05 juillet 2025) conclut que le Liban se trouve à un moment charnière : s’il parvient à capitaliser sur cette attention diplomatique pour renforcer ses institutions, il pourrait entamer une sortie de crise. En revanche, si cette séquence aboutit à des décisions imposées de l’extérieur sans concertation interne, le risque de déstabilisation à court terme reste très élevé.
Politique internationale : Multiplication des foyers de crise et réalignement diplomatique global
Intensification du conflit à Gaza et divergences internationales
Le 5 juillet 2025, la presse régionale rapporte une nette intensification des combats à Gaza. Al Quds (05 juillet 2025)indique que les forces israéliennes ont procédé à des frappes aériennes d’une rare intensité dans les quartiers de Zeitoun, Shujaiya et Rafah. Selon le journal, ces attaques visent à neutraliser les dernières poches de résistance armée du Hamas, qui continue de tirer des roquettes en direction du centre et du sud d’Israël. Le ministère de la Santé à Gaza a rapporté au moins 74 morts en 24 heures.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) souligne que l’armée israélienne a franchi un seuil symbolique en ciblant l’un des hôpitaux encore fonctionnels du sud de Gaza, provoquant l’indignation de plusieurs chancelleries européennes. L’article évoque des critiques virulentes du ministre allemand des Affaires étrangères, qui appelle à une « désescalade immédiate » et à une enquête indépendante. En parallèle, l’Égypte et le Qatar poursuivent leurs efforts de médiation.
Al Sharq Al Awsat (05 juillet 2025) révèle que les discussions en cours entre le Hamas et le Caire incluraient la possibilité d’un cessez-le-feu temporaire en échange d’une ouverture conditionnée de deux points de passage pour l’aide humanitaire. Le journal insiste sur les tensions internes au sein du Hamas entre les ailes politiques et militaires, qui divergent sur l’opportunité d’accepter les conditions israéliennes.
Les Nations unies en quête de légitimité opérationnelle
Dans ce contexte de crise, Al Quds (05 juillet 2025) rapporte une déclaration du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, appelant à une « cessation immédiate des hostilités » et à « un accès sans entrave de l’aide humanitaire ». Selon le journal, Guterres aurait également dénoncé les frappes contre des infrastructures civiles et appelé à la reprise du dialogue sous l’égide de l’ONU.
Cependant, Al Akhbar (05 juillet 2025) note que cette déclaration est accueillie avec scepticisme par plusieurs acteurs régionaux, qui estiment que l’ONU a perdu toute capacité de médiation effective. Le journal publie une analyse critique soulignant que « l’inaction du Conseil de sécurité dans les dernières semaines a affaibli l’autorité morale de l’organisation ».
Par ailleurs, Ad Diyar (05 juillet 2025) souligne les divergences entre les membres permanents du Conseil de sécurité, notamment entre les États-Unis et la Chine. Washington continue de défendre le « droit d’Israël à se protéger », tandis que Pékin appelle à une résolution globale du conflit israélo-palestinien par l’application du droit international et la création d’un État palestinien viable.
Multiplication des foyers de tension : Iran, Ukraine, mer de Chine
Outre le conflit à Gaza, la presse du 5 juillet 2025 rend compte d’une série de tensions internationales affectant les équilibres diplomatiques. Al Sharq Al Awsat (05 juillet 2025) évoque les tensions entre les États-Unis et l’Iran autour de la question nucléaire. L’article rapporte que Téhéran a refusé l’accès à deux sites militaires à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en invoquant des considérations de souveraineté nationale. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité iranien a déclaré : « Nous n’acceptons pas que notre sécurité soit soumise à des inspections biaisées. »
Les États-Unis ont immédiatement réagi. Al Quds (05 juillet 2025) rapporte que l’administration Trump a annoncé une série de nouvelles sanctions contre des entités iraniennes soupçonnées de participer à la production d’uranium enrichi. Washington affirme que Téhéran est désormais à moins de six mois d’un seuil critique de capacité militaire nucléaire, une estimation contestée par la Chine et la Russie.
Dans un autre registre, Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) signale un regain de tension en mer de Chine méridionale, où la marine américaine a mené des exercices conjoints avec le Japon et l’Australie. Pékin a protesté contre ces manœuvres, les qualifiant de « provocation directe contre la souveraineté chinoise ». Le journal analyse que cette démonstration de force vise autant à contenir l’influence chinoise qu’à rassurer les alliés asiatiques de Washington.
Enfin, Al Bina’ (05 juillet 2025) traite de la situation en Ukraine, où les affrontements se poursuivent entre les forces ukrainiennes et les séparatistes soutenus par Moscou. Le journal note que les négociations menées sous l’égide de l’OSCE à Vienne n’ont pas permis de faire avancer un cessez-le-feu global. La Russie insiste sur la reconnaissance de l’autonomie du Donbass, tandis que Kiev exige un retrait total des troupes étrangères avant toute concession politique.
Réalignements diplomatiques et positions émergentes
Alors que les grandes puissances s’affrontent sur plusieurs théâtres, des puissances régionales adoptent des positions plus affirmées. Al Quds (05 juillet 2025) rapporte que l’Arabie saoudite, bien que traditionnellement alignée sur les positions américaines, adopte une posture plus prudente concernant les frappes israéliennes sur Gaza. Dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères saoudien, Riyad appelle à une « désescalade immédiate » et à un « dialogue régional coordonné ». Cette formulation, selon le journal, vise à maintenir une image de médiateur régional, tout en évitant une confrontation directe avec Washington.
La Turquie, quant à elle, s’investit de manière plus active dans la diplomatie régionale. Al Sharq Al Awsat (05 juillet 2025) indique que le président turc a tenu des entretiens séparés avec les dirigeants du Qatar et de l’Iran, visant à coordonner une position commune sur Gaza. Ankara propose également une reprise des pourparlers à Astana, élargis aux questions de sécurité régionale, y compris le Liban. Le journal note que cette proposition turque est encore en cours d’évaluation par les autres acteurs.
Par ailleurs, Al Bina’ (05 juillet 2025) met en lumière le rôle grandissant du Brésil, qui préside actuellement le Conseil de sécurité de l’ONU. Le ministre brésilien des Affaires étrangères aurait exprimé son intention de relancer une initiative de paix régionale fondée sur les résolutions existantes et le droit humanitaire international. Le Brésil propose d’envoyer une mission d’observation multinationale dans les territoires palestiniens occupés, proposition saluée par plusieurs pays sud-américains et africains.
Les implications pour le Liban dans la configuration globale
La presse libanaise observe avec inquiétude les conséquences potentielles de ces recompositions sur l’équilibre national. Al Akhbar (05 juillet 2025) met en garde contre les effets en chaîne d’une escalade à Gaza, qui pourrait provoquer une extension du conflit au Sud-Liban. Le journal évoque une possible coordination entre le Hezbollah et les factions armées de Gaza, bien que cette hypothèse soit jugée prématurée par d’autres titres.
Al Liwa’ (05 juillet 2025) mentionne que des responsables militaires israéliens ont évoqué l’éventualité d’une action préventive contre les infrastructures du Hezbollah si celui-ci s’implique davantage dans le conflit. Le journal cite des sources sécuritaires selon lesquelles l’armée israélienne aurait intensifié ses vols de reconnaissance au-dessus du Liban-Sud.
Du côté libanais, la diplomatie tente de maintenir une ligne de neutralité active. Ad Diyar (05 juillet 2025) rapporte que le président Joseph Aoun a contacté plusieurs chancelleries européennes pour leur demander de « ne pas entraîner le Liban dans des équilibres régionaux qui ne tiennent pas compte de sa fragilité interne ». Le journal souligne que cette position est soutenue par plusieurs ambassades arabes à Beyrouth, soucieuses de préserver la stabilité du pays.
Initiatives diplomatiques croisées et réactions institutionnelles
L’ONU, malgré les critiques sur son efficacité, poursuit ses efforts pour instaurer un cessez-le-feu durable à Gaza. Al Quds (05 juillet 2025) indique que l’envoyé spécial pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a entamé une tournée diplomatique au Caire, à Amman et à Doha afin de réconcilier les positions divergentes entre les médiateurs. Il chercherait notamment à obtenir un consensus sur une résolution humanitaire immédiate qui permettrait l’évacuation de blessés civils et l’acheminement de nourriture dans les zones assiégées.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) rapporte que cette mission de l’ONU bénéficie d’un appui discret de l’Union africaine, qui voit dans ce conflit une opportunité de renforcer son rôle de médiateur global. L’Algérie et l’Afrique du Sud auraient proposé d’accueillir une conférence interpalestinienne sur leur territoire pour tenter de faire émerger une nouvelle dynamique d’unité nationale entre le Hamas, le Fatah et d’autres factions.
En parallèle, Al Sharq (05 juillet 2025) consacre un article aux réactions des grandes institutions internationales, dont la Banque mondiale et le FMI, qui s’inquiètent des répercussions économiques du conflit sur la région. Le journal cite un rapport interne avertissant que la destruction des infrastructures à Gaza, la fermeture de certains postes frontières et la hausse du risque géopolitique pourraient ralentir la croissance régionale de 1,3 point au second semestre 2025.
Selon Al Akhbar (05 juillet 2025), le FMI redoute également une perte de contrôle monétaire dans plusieurs pays proches du conflit, notamment en Jordanie et au Liban, si l’instabilité persiste. Le journal estime que la solidité du tissu bancaire libanais est déjà mise à mal par les anticipations de marché sur une contagion régionale.
Économie : Persistance de la crise et pression sur les réformes
Les journaux du 5 juillet 2025 dressent un constat alarmant de la situation économique au Liban, marquée par la stagnation, la montée des tensions sociales et l’absence de progrès décisif dans les négociations avec les bailleurs de fonds. Le tableau reflète une économie en quête de stabilité dans un contexte régional et national sous haute tension.
Dégradation persistante des indicateurs économiques
Dans Ad Diyar (05 juillet 2025), plusieurs articles mettent en évidence l’aggravation continue de la situation économique, qualifiée de « pré-catastrophique » par un économiste anonyme cité par le journal. Le Liban continue de faire face à une contraction de son activité économique, avec une baisse généralisée de la demande intérieure et une hausse inquiétante du taux de chômage, notamment chez les jeunes. Le journal souligne que les plans gouvernementaux pour endiguer la crise sont jugés inopérants par de nombreux observateurs.
Les tensions sociales, elles, se cristallisent à travers une série d’appels à la grève dans la fonction publique, y compris chez les retraités et les contractuels. Ad Diyar (05 juillet 2025) rapporte que ces mouvements, largement motivés par l’effondrement du pouvoir d’achat, risquent de paralyser plusieurs secteurs administratifs si des réponses concrètes ne sont pas apportées dans les jours à venir. Le journal avertit que « l’explosion sociale est certaine, sinon aujourd’hui, demain ».
Parallèlement, les entreprises du secteur privé expriment une profonde inquiétude quant à l’évolution du climat économique. Selon une étude relayée par Ad Diyar (05 juillet 2025), 53 % des sociétés sondées anticipent une baisse significative de leur chiffre d’affaires dans les douze prochains mois, en raison notamment d’une chute continue des commandes et d’une perte de confiance généralisée.
Négociations avec les bailleurs : peu d’avancées, beaucoup d’obstacles
Les discussions entre le Liban et le Fonds monétaire international (FMI) stagnent, comme le souligne Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025). Le quotidien indique que les exigences de réformes structurelles formulées par le FMI sont toujours en suspens, faute d’un consensus politique interne. Le journal met en avant l’absence de décisions courageuses de la part du gouvernement, freiné par des partis politiques réfractaires à toute réforme qui affecterait leurs intérêts directs, notamment dans le secteur bancaire.
Le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, cité dans Ad Diyar (05 juillet 2025), a informé le président Joseph Aoun du contenu de ses récents entretiens avec les ministères des Finances américain et français, ainsi qu’avec les représentants du FMI. Le ton est prudent : Souaid parle d’un « processus lent mais structurant » visant à restaurer la confiance des partenaires internationaux. Il insiste sur la nécessité d’un calendrier clair de réformes, notamment en matière de restructuration bancaire, et d’un mécanisme de contrôle fiscal renforcé.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) évoque également une réunion technique qui s’est tenue à Paris, durant laquelle une délégation libanaise a présenté une ébauche de feuille de route pour réorganiser le secteur bancaire. Cette proposition prévoit une reprise graduelle des paiements aux déposants, conditionnée à une amélioration des recettes fiscales et à une baisse du déficit public.
Banque du Liban : stratégies de stabilisation et défis persistants
La Banque du Liban joue un rôle central dans la gestion de cette phase critique. Ad Diyar (05 juillet 2025) revient en détail sur la stratégie de son gouverneur Karim Souaid, qui a mis en œuvre une série de mesures destinées à contenir la dévaluation de la livre libanaise. Parmi celles-ci, le maintien d’un taux de change semi-flottant indexé sur les recettes en devises permet d’éviter des pics de volatilité, mais selon plusieurs économistes interrogés par le journal, cela ne suffira pas à endiguer l’érosion du pouvoir d’achat si l’inflation n’est pas maîtrisée.
Al Akhbar (05 juillet 2025) signale que la banque centrale continue d’intervenir sur le marché des devises via la plateforme Sayrafa, bien que la disponibilité en dollars reste fortement contrainte. Le journal critique la transparence de cette politique, notant que les volumes et les bénéficiaires des opérations de change ne sont pas publiés en temps réel. Cette opacité nourrit des soupçons de favoritisme, notamment dans l’octroi de devises aux importateurs alimentaires et pharmaceutiques.
En réponse à ces critiques, Ad Diyar (05 juillet 2025) indique que Souaid a annoncé une série de consultations avec les principaux acteurs du secteur financier pour harmoniser les taux de change pratiqués entre les banques commerciales et le marché parallèle. Il a également affirmé que la banque centrale soutiendra toute réforme législative visant à renforcer le contrôle parlementaire sur ses opérations.
La question des réserves en devises reste également centrale. Selon Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025), les réserves brutes de la Banque du Liban se situeraient autour de 9,2 milliards de dollars, mais une grande partie de cette somme est jugée « inutilisable » car déjà engagée dans des lignes de crédit ou des garanties à l’importation. Le journal met en garde contre une surestimation des capacités d’intervention monétaire de l’institution.
Marché immobilier et disparités sociales
Outre les tensions monétaires, les journaux abordent également la situation du marché immobilier, devenu l’un des marqueurs les plus visibles des inégalités croissantes. Al Akhbar (05 juillet 2025) analyse que le secteur connaît une forme de « bulle sélective », alimentée par les investissements de la diaspora et des Libanais fortunés cherchant à convertir leurs dépôts bloqués en actifs tangibles. Selon le journal, les prix ont augmenté de 17 % en moyenne dans les quartiers huppés de Beyrouth depuis janvier 2024, alors que les zones périphériques ou rurales stagnent, voire déclinent.
Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) évoque également cette dynamique, soulignant que la demande se concentre sur les biens de petite taille en centre-ville, alimentant une forme de spéculation résidentielle. Ce phénomène exclut de plus en plus de ménages des possibilités d’accès à la propriété, d’autant que les crédits immobiliers restent pratiquement gelés depuis 2020.
Le journal souligne que cette polarisation du marché contribue à la fragmentation du tissu urbain. Des ONG citées dans l’article mettent en garde contre l’exclusion croissante des familles à revenus moyens et faibles, contraintes à des déplacements vers des zones de plus en plus éloignées des centres de services et d’emploi. La dimension sociale de la crise immobilière est donc de plus en plus manifeste, selon plusieurs économistes interrogés.
Reprise économique : entre incertitude et résilience sectorielle
Malgré ce contexte alarmant, quelques signaux mitigés émergent dans certains secteurs. Ad Diyar (05 juillet 2025)rapporte que l’industrie agroalimentaire connaît une timide reprise, soutenue par une hausse des exportations vers les pays du Golfe. Cette dynamique reste toutefois marginale à l’échelle macroéconomique, représentant moins de 4 % du PIB. Le journal précise que le secteur reste vulnérable aux perturbations logistiques et à la dépendance vis-à-vis des devises étrangères pour l’achat de matières premières.
Par ailleurs, Al Akhbar (05 juillet 2025) souligne une relative stabilité des transferts de la diaspora, qui représentent toujours plus de 6 milliards de dollars annuels selon les dernières estimations. Ces envois d’argent constituent un filet de sécurité essentiel pour de nombreux ménages, mais leur impact structurel sur la croissance reste limité en l’absence d’un cadre d’investissement clair et sécurisé.
Enfin, Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) note que plusieurs entreprises du secteur technologique continuent de recruter, notamment dans les domaines du développement web, de la cybersécurité et du design graphique. Ces postes, souvent externalisés par des entreprises étrangères, offrent des opportunités pour une jeunesse diplômée mais sous-employée. Toutefois, ces niches restent étroites et inaccessibles à une majorité de la population active.
Perspectives à court terme et incertitudes structurelles
Face à cette complexité, les journaux ne prévoient pas de redressement économique significatif à court terme. Ad Diyar (05 juillet 2025) cite plusieurs experts financiers selon lesquels l’année 2025 s’achèvera avec une croissance quasi-nulle, un déficit budgétaire supérieur à 10 % du PIB, et une inflation toujours supérieure à 80 % en rythme annuel. Ces chiffres traduisent, selon eux, une absence de cap stratégique et une défiance persistante vis-à-vis des institutions étatiques.
La question de la dette publique demeure centrale. Al 3arabi Al Jadid (05 juillet 2025) mentionne que le stock de dette dépasse désormais 100 milliards de dollars, dont plus de la moitié est détenue par des créanciers locaux. Cette concentration crée une vulnérabilité systémique qui freine toute tentative de restructuration sans un accord politique préalable. Le journal ajoute que les discussions autour d’un allègement partiel de la dette sont au point mort, les négociateurs internationaux exigeant un audit complet des comptes publics comme préalable.
Dans ce climat, les initiatives du secteur privé restent limitées. Al Akhbar (05 juillet 2025) évoque un projet d’incubateur technologique soutenu par une fondation libanaise à Sin El Fil, mais reconnaît que ce type d’initiative demeure l’exception. Les entrepreneurs dénoncent la complexité administrative, l’instabilité juridique et l’absence de financement comme des freins majeurs à toute relance productive. Le journal appelle à une réforme immédiate du cadre réglementaire et à une simplification drastique des procédures de création d’entreprise.
Pour finir, les journaux convergent sur un constat : sans un sursaut politique majeur, assorti d’un plan de réformes crédible, l’économie libanaise risque de rester enfermée dans un cycle de crise prolongée. La reconstruction d’un tissu productif et institutionnel passe par une refonte complète des politiques fiscales, monétaires et industrielles, mais aussi par une reconquête de la confiance, tant au niveau interne qu’international.
Justice : tensions autour des enquêtes sensibles et opacité institutionnelle
L’actualité judiciaire au Liban, selon les éditions du 5 juillet 2025, se concentre sur la persistance de blocages dans les grandes enquêtes nationales, la montée des tensions autour des procédures sensibles, et les préoccupations croissantes concernant l’efficacité de l’appareil judiciaire.
L’un des sujets les plus évoqués est celui de l’affaire du port de Beyrouth. Al Liwa’ (05 juillet 2025) consacre un encadré à la paralysie persistante de l’enquête sur l’explosion du 4 août 2020, citant des sources judiciaires selon lesquelles les auditions attendues pour le mois de juillet pourraient être à nouveau reportées. Le quotidien évoque un ensemble de pressions politiques croissantes sur le juge d’instruction chargé du dossier, sans pour autant mentionner son nom, et fait état de dissensions internes entre les différents corps de l’appareil judiciaire.
La même source rapporte que les convocations délivrées à plusieurs responsables de sécurité n’ont pas été suivies d’effet, en raison d’une série de recours suspensifs introduits par leurs avocats. Ces recours invoquent l’absence de garanties de procédure équitable dans le climat politique actuel, que Al Liwa’ qualifie d’« inflammable ». Le journal fait également état de fuites organisées sur des pièces du dossier, relayées par certains médias proches de partis influents, ce qui contribuerait à décrédibiliser l’enquête.
Parallèlement, Al Akhbar (05 juillet 2025) s’intéresse à une autre affaire judiciaire impliquant des accusations de détournement de fonds publics au sein du ministère des Finances. Le journal affirme qu’une enquête administrative interne aurait révélé un ensemble de contrats frauduleux impliquant des sociétés de production audiovisuelle proches de certains députés affiliés au bloc du Changement. Selon les informations recueillies par Al Akhbar, ces contrats auraient été signés sans appel d’offres ni contrôle préalable, en contournant les procédures prévues par la Cour des comptes.
Cette affaire est également évoquée sous un angle plus politique par Al Sharq (05 juillet 2025), qui souligne que les députés concernés par ces soupçons bénéficient toujours de leur immunité parlementaire, ce qui empêche toute inculpation directe. Le journal cite un ancien magistrat selon lequel cette situation reflète une défaillance structurelle de la justice libanaise, incapable de surmonter les entraves législatives et les protections institutionnelles dont jouissent certaines personnalités publiques.
Réactions judiciaires et crispations institutionnelles
En réaction à ces blocages, des voix s’élèvent au sein même de la magistrature. Al Akhbar (05 juillet 2025) cite une déclaration anonyme d’un juge du conseil judiciaire qui évoque une « crise de confiance profonde entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif ». Cette crise se manifesterait par la réticence croissante des magistrats à engager des procédures sensibles sans garanties institutionnelles, par peur de représailles ou de marginalisation. Le même article indique que le Conseil supérieur de la magistrature n’a pas pu se réunir au complet depuis plus de trois mois, faute de consensus politique sur certaines nominations.
Du côté du ministère public, Al Sharq (05 juillet 2025) signale qu’un projet de refonte de l’organisation interne du parquet financier serait à l’étude. Ce projet viserait à limiter les interférences politiques en dotant le parquet d’une autonomie budgétaire et hiérarchique accrue. Toutefois, le journal note que ce plan reste à l’état d’ébauche et n’a pas encore été présenté au Conseil des ministres. Des sources judiciaires interrogées par Al Sharq affirment que sans appui politique explicite, cette réforme n’a aucune chance d’aboutir.
Un autre dossier, bien que moins médiatisé, fait également l’objet d’un intérêt particulier de la presse : les nominations judiciaires en suspens. Al Akhbar (05 juillet 2025) rappelle que la Cour de cassation ne fonctionne plus qu’avec une composition partielle, faute de nominations validées par le Conseil supérieur de la magistrature. Le journal indique que cette situation provoque un engorgement croissant des dossiers, certains restant bloqués depuis plus de deux ans.
Selon un rapport cité par Al Akhbar, plus de 3800 recours seraient actuellement en attente d’examen, tous niveaux confondus. Cette saturation du système alimente le sentiment d’impunité, notamment dans les affaires de corruption et de blanchiment d’argent. Des ONG locales interrogées dans le même article insistent sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle judiciaire, en particulier dans les juridictions de première instance souvent confrontées à des pressions politiques directes.
Accusations croisées et blocages judiciaires
La complexité des affaires en cours se traduit également par une multiplication des accusations croisées entre les différentes institutions. Al Liwa’ (05 juillet 2025) consacre un article à l’affaire de la gestion des déchets dans le Nord du Liban, où un contrat de collecte conclu en 2022 aurait été renouvelé de manière irrégulière. Le journal cite des responsables municipaux affirmant qu’ils n’avaient pas été consultés lors du renouvellement et dénoncent une manœuvre du ministère de l’Environnement, soupçonné d’avoir favorisé une entreprise affiliée à un parti politique.
Dans le même registre, Al Sharq (05 juillet 2025) revient sur l’affaire d’un divorce très médiatisé à Tripoli impliquant un entrepreneur et une personnalité médiatique. Bien que cette affaire semble relever du droit privé, le journal révèle que des pressions auraient été exercées pour influencer le jugement au niveau de la Cour religieuse, ce qui relance les débats sur l’indépendance des juridictions religieuses vis-à-vis du pouvoir politique.
Par ailleurs, la presse note une recrudescence des affaires de violence domestique non suivies de condamnations effectives. Al Akhbar (05 juillet 2025) mentionne plusieurs cas où les plaignantes, bien qu’ayant fourni des certificats médicaux, se heurtent à une inertie judiciaire souvent motivée par des considérations claniques ou confessionnelles. Le journal appelle à la création d’un parquet spécialisé pour les violences de genre, doté de prérogatives renforcées.
Cette situation soulève également des préoccupations du côté des associations civiles. L’organisation « Legal Agenda », citée par Al Akhbar, dénonce dans une tribune l’instrumentalisation de la justice à des fins de règlement de comptes politiques. Elle appelle à une révision intégrale du statut de la magistrature et à une mise en conformité avec les standards internationaux d’indépendance judiciaire.
Revendications des magistrats et grèves administratives
Face à ce climat de tension, les magistrats ne cachent plus leur mécontentement. Al Sharq (05 juillet 2025) rapporte qu’une réunion extraordinaire de l’Association des magistrats libanais s’est tenue à Beyrouth pour discuter des atteintes à leur indépendance et de la dégradation de leurs conditions de travail. Lors de cette réunion, plusieurs magistrats auraient évoqué la possibilité d’une grève partielle dans les tribunaux de Beyrouth, Zahlé et Tripoli si les nominations bloquées ne sont pas validées avant la fin du mois.
Dans le même esprit, Al Akhbar (05 juillet 2025) souligne la solidarité affichée par certains syndicats d’employés judiciaires, qui dénoncent un sous-effectif chronique et un retard récurrent dans le versement des salaires. Le quotidien affirme que certaines greffes ne disposent plus de fournitures de base pour assurer l’enregistrement des audiences. Des témoignages rapportés par le journal font état d’un recours croissant à des logiciels informatiques obsolètes, faute de budget pour en assurer la mise à jour.
Les avocats, pour leur part, expriment également leur frustration. Toujours selon Al Akhbar, plusieurs barreaux régionaux envisagent de boycotter certaines audiences symboliques pour protester contre les lenteurs du système judiciaire. Le bâtonnier de Tripoli aurait ainsi écrit une lettre ouverte au Conseil supérieur de la magistrature dénonçant « une paralysie organisée » et appelant à une réforme structurelle.
Le journal indique que la crise pourrait atteindre un nouveau seuil critique si les réformes annoncées par le ministre de la Justice ne sont pas concrétisées avant la fin du mois de juillet. D’après Al Akhbar, ce dernier aurait promis une série de mesures destinées à faciliter la numérisation des procédures judiciaires et à rationaliser l’accès aux greffes. Toutefois, aucun décret d’application n’a encore été signé, ce qui suscite des doutes sur la volonté réelle du gouvernement d’agir sur ce dossier.
Inertie législative et absence de cadre anticorruption
Enfin, les journaux soulignent un vide juridique persistant en matière de lutte contre la corruption. Al Liwa’ (05 juillet 2025) rappelle que le Parlement n’a toujours pas adopté la loi-cadre sur la transparence du secteur public, bien qu’elle ait été soumise à l’étude depuis près de trois ans. Cette législation, qui devait introduire des mécanismes de contrôle des marchés publics, de protection des lanceurs d’alerte et de transparence du patrimoine des responsables, est aujourd’hui gelée dans les commissions parlementaires.
Al Akhbar (05 juillet 2025) va plus loin en affirmant que cette inertie législative serait volontairement entretenue par certains blocs parlementaires, soucieux d’éviter une ouverture systémique des dossiers sensibles. Le journal cite un ancien député selon lequel la seule manière de débloquer le processus serait de conditionner les aides internationales à l’adoption immédiate de cette loi.
Cette absence de cadre juridique robuste empêche également la mise en œuvre des recommandations formulées par la Cour des comptes. Al Sharq (05 juillet 2025) précise que cette dernière a récemment transmis au ministère de la Justice un rapport dénonçant des irrégularités dans la gestion des fonds destinés aux municipalités. Le ministère n’a à ce jour pas réagi officiellement, ce qui alimente les soupçons de collusion entre certaines directions administratives et des intérêts politiques locaux.
Société : Mobilisation hospitalière, élections professionnelles et tensions locales
Des avancées médicales d’envergure ont récemment été annoncées au Liban, en particulier dans le domaine de la chirurgie robotique. Le journal Al Sharq (05 juillet 2025) rapporte qu’au sein de l’Hôpital Français du Levant, le lancement d’un programme de chirurgie robotique spécialisé dans le traitement des maladies du foie et du pancréas a été officialisé lors d’un événement réunissant plusieurs figures du secteur médical. Le professeur Antoine Maalouf, président du centre IRCAD Liban, a insisté sur la portée stratégique de cette initiative, soulignant qu’elle s’inscrivait dans le cadre d’une politique de mise en réseau internationale, en lien notamment avec le centre IRCAD France à Strasbourg. Le projet ambitionne de positionner le Liban comme un pôle régional dans le domaine de la chirurgie minimalement invasive. Selon le même journal, des chirurgiens venus de France et des États-Unis ont mené des opérations retransmises en direct dans le cadre de ce lancement, témoignant du niveau élevé des compétences mobilisées.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de fragilité du système de santé public, comme le rappelle Ad Diyar (05 juillet 2025), qui évoque les difficultés de financement des hôpitaux publics et les retards persistants dans le paiement des salaires du personnel hospitalier. Le ministère de la Santé, par la voix du docteur Joseph El Helo, a toutefois indiqué que des réformes étaient en cours pour transformer le ministère en une autorité de régulation dotée de compétences de financement, plutôt que de rester un simple organe assureur. Ce repositionnement viserait à stabiliser le secteur et à fixer durablement les professionnels de santé au Liban. L’objectif affiché est aussi de favoriser le retour de la diaspora médicale libanaise en offrant un environnement de travail à la hauteur des standards internationaux.
Sur le terrain social, Al Bina’ (05 juillet 2025) consacre plusieurs articles aux mobilisations syndicales en cours. Une série d’élections est prévue au sein des syndicats du secteur pétrolier, de la construction et de la distribution cinématographique. L’Union des syndicats des employés du pétrole et de la construction a annoncé que le scrutin se tiendra le 21 juillet 2025 au siège de l’Union générale des travailleurs libanais à Beyrouth. Ces élections, ouvertes à partir du 7 juillet, visent à renouveler les instances dirigeantes, dans un contexte marqué par de nombreuses critiques sur le manque de représentativité des structures syndicales. Plusieurs candidats ont d’ores et déjà exprimé leur volonté de redonner aux syndicats un rôle actif dans les négociations sociales.
En parallèle, des tensions communautaires persistent dans certaines localités, à en croire un reportage de Al Akhbar (05 juillet 2025) consacré à la région de Naameh et Haret Naameh, où la fin de mandat des mokhtars a soulevé des critiques liées au partage confessionnel des postes. Selon le journal, deux mokhtars musulmans et deux mokhtars chrétiens avaient été désignés lors du dernier renouvellement. Cette répartition, qui devait assurer un équilibre, est aujourd’hui remise en cause, certains acteurs locaux estimant que cette logique confessionnelle empêche toute dynamique de gouvernance inclusive. Cette situation ravive les inquiétudes sur les blocages institutionnels dans les zones mixtes, où les enjeux identitaires demeurent centraux dans la gestion des affaires locales.
Société : Mobilisation hospitalière, élections professionnelles et tensions locales
Des avancées médicales d’envergure ont récemment été annoncées au Liban, en particulier dans le domaine de la chirurgie robotique. Al Sharq (05 juillet 2025) rapporte qu’au sein de l’Hôpital Français du Levant, le lancement d’un programme de chirurgie robotique spécialisé dans le traitement des maladies du foie et du pancréas a été officialisé lors d’un événement réunissant plusieurs figures du secteur médical. Le professeur Antoine Maalouf, président du centre IRCAD Liban, a insisté sur la portée stratégique de cette initiative, soulignant qu’elle s’inscrivait dans le cadre d’une politique de mise en réseau internationale, en lien notamment avec le centre IRCAD France à Strasbourg. Le projet ambitionne de positionner le Liban comme un pôle régional dans le domaine de la chirurgie minimalement invasive. Selon le même journal, des chirurgiens venus de France et des États-Unis ont mené des opérations retransmises en direct dans le cadre de ce lancement, témoignant du niveau élevé des compétences mobilisées.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de fragilité du système de santé public, comme le rappelle Ad Diyar (05 juillet 2025), qui évoque les difficultés de financement des hôpitaux publics et les retards persistants dans le paiement des salaires du personnel hospitalier. Le ministère de la Santé, par la voix du docteur Joseph El Helo, a toutefois indiqué que des réformes étaient en cours pour transformer le ministère en une autorité de régulation dotée de compétences de financement, plutôt que de rester un simple organe assureur. Ce repositionnement viserait à stabiliser le secteur et à fixer durablement les professionnels de santé au Liban. L’objectif affiché est aussi de favoriser le retour de la diaspora médicale libanaise en offrant un environnement de travail à la hauteur des standards internationaux.
Sur le terrain social, Al Bina’ (05 juillet 2025) consacre plusieurs articles aux mobilisations syndicales en cours. Une série d’élections est prévue au sein des syndicats du secteur pétrolier, de la construction et de la distribution cinématographique. L’Union des syndicats des employés du pétrole et de la construction a annoncé que le scrutin se tiendra le 21 juillet 2025 au siège de l’Union générale des travailleurs libanais à Beyrouth. Ces élections, ouvertes à partir du 7 juillet, visent à renouveler les instances dirigeantes, dans un contexte marqué par de nombreuses critiques sur le manque de représentativité des structures syndicales. Plusieurs candidats ont d’ores et déjà exprimé leur volonté de redonner aux syndicats un rôle actif dans les négociations sociales.
En parallèle, des tensions communautaires persistent dans certaines localités, à en croire un reportage de Al Akhbar (05 juillet 2025) consacré à la région de Naameh et Haret Naameh, où la fin de mandat des mokhtars a soulevé des critiques liées au partage confessionnel des postes. Selon le journal, deux mokhtars musulmans et deux mokhtars chrétiens avaient été désignés lors du dernier renouvellement. Cette répartition, qui devait assurer un équilibre, est aujourd’hui remise en cause, certains acteurs locaux estimant que cette logique confessionnelle empêche toute dynamique de gouvernance inclusive. Cette situation ravive les inquiétudes sur les blocages institutionnels dans les zones mixtes, où les enjeux identitaires demeurent centraux dans la gestion des affaires locales.
Crise de l’éducation et désengagement de l’État
L’état du système éducatif libanais reste une source majeure de préoccupation. Ad Diyar (05 juillet 2025) consacre un article à la situation des établissements publics, où les enseignants déplorent une année scolaire marquée par les interruptions successives, les grèves prolongées et l’absence de planification ministérielle. Le syndicat des enseignants du public a notamment critiqué le manque de réponse aux revendications salariales et l’absence d’un cadre contractuel clair pour les enseignants vacataires. Selon le journal, plusieurs écoles publiques dans les districts de la Békaa et du Akkar n’ont pas pu assurer plus de 80 jours de cours effectifs au cours de l’année 2024-2025.
Cette situation alimente une fuite des élèves vers les établissements privés, eux-mêmes confrontés à des défis croissants. Toujours selon Ad Diyar (05 juillet 2025), les frais de scolarité dans les grandes institutions privées ont augmenté de 20 % à 35 % pour la rentrée prochaine, ce qui rend l’accès difficile pour une part grandissante des familles de la classe moyenne. Le journal cite plusieurs responsables d’écoles privées qui affirment que cette hausse est inévitable en raison de l’augmentation du coût de la vie et du maintien des standards éducatifs. Toutefois, des voix s’élèvent, notamment parmi les parents d’élèves, pour dénoncer l’absence de régulation et l’inaction du ministère de l’Éducation.
Al Bina’ (05 juillet 2025) rapporte par ailleurs une recrudescence des protestations d’étudiants dans plusieurs facultés de l’Université libanaise. À la faculté des sciences de Hadath, des sit-in ont été organisés contre la suppression de certaines matières au programme du semestre d’été. Les étudiants dénoncent une dérive vers une privatisation partielle, évoquant des tentatives de transfert de programmes vers des établissements partenaires privés. Le président de l’université n’a pas souhaité commenter publiquement ces accusations.
Santé mentale et isolement social
Au-delà des enjeux structurels, les effets de la crise économique sur la santé mentale des Libanais sont de plus en plus visibles. Al Akhbar (05 juillet 2025) consacre un reportage à l’augmentation des consultations psychiatriques à Beyrouth et dans les régions périphériques. Le journal cite des chiffres transmis par l’Ordre des psychiatres du Liban, qui font état d’une hausse de 38 % du nombre de consultations en cabinet entre juin 2024 et juin 2025. Cette tendance serait liée à la combinaison de l’insécurité économique, des difficultés relationnelles accrues et d’un accès restreint aux soins spécialisés.
Des praticiens interrogés évoquent une souffrance psychologique diffuse, notamment chez les jeunes de 18 à 30 ans. Beaucoup évoquent un sentiment de perte de repères et d’angoisse liée à l’avenir. Al Akhbar souligne également que cette demande accrue ne s’accompagne pas d’un renforcement des dispositifs de prise en charge publique. La majorité des hôpitaux psychiatriques opèrent avec un budget gelé depuis 2021, et seuls deux centres de santé mentale communautaire sont encore pleinement fonctionnels selon les données officielles.
Des ONG citées dans le même article insistent sur le lien entre précarité économique et isolement social. L’association Embrace, spécialisée dans la prévention du suicide, signale que sa ligne d’écoute a enregistré une moyenne de 22 appels par jour au premier semestre 2025, contre 12 sur la même période en 2023. Cette évolution traduit, selon les responsables, une intensification des états de détresse face à un sentiment d’abandon des institutions. Le journal appelle à une stratégie nationale intégrée pour la santé mentale.
Criminalité et désorganisation des services de sécurité
L’insécurité quotidienne est un autre thème récurrent dans la presse. Ad Diyar (05 juillet 2025) rapporte une recrudescence des actes de vol et de braquage dans les périphéries de Saïda, Zahlé et Tripoli. Le journal donne l’exemple d’un vol à main armée survenu à Aabra, où deux individus non identifiés ont dévalisé un commerce de téléphonie mobile en pleine journée, avant de prendre la fuite à moto. Selon la gendarmerie citée par Ad Diyar, les enquêtes se heurtent à un déficit de moyens et à l’inadéquation du matériel de surveillance.
Le manque de coordination entre les différents corps de sécurité est souligné comme une cause structurelle de cette inefficacité. Al Akhbar (05 juillet 2025) critique notamment l’absence de partage de données entre les Forces de sécurité intérieure (FSI) et la Sûreté générale, ce qui entraîne des doublons dans les opérations et des pertes d’informations essentielles. Le journal cite une source sécuritaire anonyme affirmant que « chaque appareil agit selon ses propres priorités, sans vision d’ensemble ni coordination opérationnelle ».
Le journal Al Bina’ (05 juillet 2025) aborde aussi la question des quartiers à forte concentration de déplacés syriens, qui concentreraient selon plusieurs rapports une part importante des actes de petite délinquance. Le journal prévient toutefois contre les généralisations, affirmant que les difficultés sociales, plus que l’origine nationale, sont le moteur de cette délinquance. L’article appelle à des politiques intégrées de prévention, de médiation communautaire et de création d’emploi ciblé.
Par ailleurs, les réseaux de drogues suscitent de nouvelles inquiétudes. Toujours selon Al Akhbar, les saisies de captagon auraient triplé en un an, notamment dans les zones frontalières du nord de la Békaa. Ces substances, produites localement et destinées à l’exportation, circuleraient désormais en quantités non négligeables sur le marché libanais. Plusieurs arrestations récentes auraient mis au jour la participation de figures locales influentes dans ces trafics. Le journal appelle à un renforcement des douanes, à la révision du dispositif judiciaire antidrogue et à une meilleure coopération interservices.
Vie quotidienne, pénuries et adaptations locales
Dans ce contexte, la vie quotidienne des Libanais est marquée par des pénuries chroniques et une organisation sociale alternative. Al Sharq (05 juillet 2025) revient sur les pénuries d’eau dans le Chouf et le Metn, où de nombreuses familles dépendent désormais de camions-citernes privés. Le coût de ces livraisons, souvent exorbitant, accentue les inégalités d’accès à ce bien essentiel. Des municipalités, notamment à Aley et Broummana, ont lancé des appels à la rationalisation de l’usage domestique, sans pouvoir toutefois proposer de solution durable.
Le journal Ad Diyar (05 juillet 2025) décrit la résilience des circuits d’entraide communautaire dans certains quartiers de Beyrouth. À Bourj Hammoud, des initiatives portées par des ONG arméniennes permettent la distribution régulière de produits alimentaires de base à plus de 300 familles. Ces actions pallient l’effondrement partiel des filets sociaux étatiques. Le même journal cite une responsable d’association affirmant que « sans le tissu associatif local, une large part de la population ne pourrait plus assurer sa survie ».
Al Akhbar (05 juillet 2025) met en avant des formes de solidarité intergénérationnelle dans le Nord, où des groupes de jeunes se sont organisés pour livrer des médicaments et effectuer des démarches administratives pour les personnes âgées. Ces pratiques, bien que marginales, témoignent d’une tentative de réponse collective à la fragmentation des services publics.
Enfin, l’évolution des modes de consommation est un autre indice de l’adaptation forcée des ménages. Toujours selon Al Bina’ (05 juillet 2025), les commerces de seconde main et les marchés de troc ont connu une expansion sans précédent depuis le début de l’année. À Tripoli, les échoppes de friperie ne désemplissent pas, et certaines plateformes numériques de vente d’objets usagés enregistrent une fréquentation record. Cette mutation est analysée par le journal comme une forme de reconversion sociale, à défaut de solutions économiques systémiques.
Logement, loyers et précarité résidentielle
Un autre enjeu social majeur concerne la précarité résidentielle. Al Akhbar (05 juillet 2025) souligne que dans plusieurs quartiers de Beyrouth, notamment à Basta, Tariq el-Jdideh et Bourj el-Barajneh, des expulsions massives ont eu lieu ces dernières semaines. Le journal évoque des conflits entre propriétaires et locataires liés à l’ajustement brutal des loyers au dollar. Faute de réglementation claire, de nombreux bailleurs fixent unilatéralement leurs prix, obligeant des familles entières à quitter leur logement ou à s’entasser dans des habitations vétustes.
L’absence d’un cadre juridique actualisé pour encadrer les baux locatifs aggrave cette instabilité. Le ministère des Affaires sociales, sollicité par Al Akhbar, n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissement. Le journal appelle à une réforme immédiate de la législation sur le logement locatif et à la création d’un fonds de soutien aux familles en situation de précarité résidentielle.



