Intensification des frappes israéliennes sur le territoire libanais
Le 9 juillet 2025, plusieurs journaux libanais et arabes rapportent une intensification des frappes israéliennes visant des zones au nord et au sud du Liban. Le quotidien Annahar daté du 9 juillet 2025 rapporte qu’une frappe de drone a ciblé une voiture dans la région d’al-Ayrouniya, au nord de Tripoli. Trois personnes ont été tuées et treize blessées selon le ministère libanais de la Santé. Le véhicule en feu a également provoqué l’incendie de plusieurs magasins avoisinants. Al Quds, dans son édition du même jour, identifie une des victimes comme étant un responsable du Hamas, décrit comme chef de la planification militaire de la faction palestinienne au Liban. Cette opération constitue la première frappe de ce type dans le nord libanais depuis des mois.
Le même jour, Al Akhbar évoque une opération parallèle dans le sud du pays, à Deir Kifa. Selon ce journal, l’aviation israélienne aurait visé un cadre de la force al-Ridwan affiliée au Hezbollah. Le nombre de victimes n’a pas été précisé, mais l’impact stratégique est jugé significatif. Des sources sécuritaires anonymes rapportent à Al Quds que le Hezbollah a immédiatement procédé à un redéploiement massif de ses combattants depuis plusieurs villages du sud et de la plaine de la Békaa vers des zones jugées plus sûres. Les communications électroniques des cadres de la formation chiite auraient été coupées dans le cadre d’un protocole d’urgence activé à cette occasion.
Répercussions humanitaires et mesures de sécurité internes
Les conséquences humanitaires de ces frappes sont documentées par plusieurs médias. Al Quds indique que des familles ont quitté précipitamment leurs habitations dans le Akkar et la Békaa, par crainte d’une extension des frappes. Des axes secondaires ont été encombrés par des véhicules de particuliers fuyant vers les hauteurs. Annahar précise que des écoles et des commerces ont été fermés dans plusieurs villages affectés. Le ministère de l’Intérieur, cité par Al Sharq Al Awsat, a annoncé l’activation d’une cellule de crise régionale à Tripoli, destinée à coordonner l’action des secours et la gestion hospitalière. Le Croissant-Rouge libanais, selon Al Joumhouriyat, a déployé plusieurs équipes de premiers soins sur les lieux des attaques pour l’évacuation des blessés vers les hôpitaux publics de Tripoli et de Batroun.
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Dans le même temps, l’armée libanaise a été mobilisée sur plusieurs axes stratégiques. Al Liwa’ note que des patrouilles mixtes entre forces de sécurité intérieure et armée ont été visibles dans les zones frontalières du sud, notamment autour de Marjayoun et de Bint Jbeil. Des véhicules blindés ont également été observés dans les entrées nord de Saïda. Aucune information officielle n’a été communiquée sur le redéploiement général des forces régulières, mais les mouvements semblent s’inscrire dans un effort de dissuasion coordonné.
Visite diplomatique de Thomas Barak à Beyrouth
La visite de l’émissaire américain Thomas Barak constitue un autre point majeur de l’actualité nationale. Selon Al Akhbar (9 juillet 2025), Barak a rencontré le président Joseph Aoun au palais de Baabda dans le cadre d’une mission diplomatique visant à évaluer la stabilité politique du Liban et à promouvoir le désarmement progressif des groupes armés non étatiques. Le journal rapporte que Barak a remis une note confidentielle au président contenant plusieurs points relatifs à la réaffirmation du monopole de l’État sur la force militaire. Une rencontre avec les conseillers présidentiels aurait également eu lieu le matin même, suivie d’une réunion avec des députés proches de la majorité.
Al Joumhouriyat signale que Barak a également échangé avec des représentants de partis politiques libanais, notamment au Parlement, dans une atmosphère qualifiée de constructive mais prudente. Le message transmis par l’émissaire américain, selon les propos relayés dans la presse, repose sur la nécessité d’un dialogue libanais inclusif pour traiter la question de l’armement illégal. Aucune mention explicite du Hezbollah n’aurait été faite, mais plusieurs analystes interprètent la mission comme directement ciblée contre cette formation. Le quotidien précise que Barak a insisté sur l’importance d’une approche « libano-libanaise » pour éviter l’internationalisation du débat.
Al Liwa’ indique que le président de la Chambre Nabih Berri, interrogé sur la visite, aurait déclaré que les échanges sont « positifs » mais doivent être suivis d’une coordination interinstitutionnelle. Le patriarche maronite Bechara Raï, cité dans le même journal, a rappelé que toute réforme sécuritaire doit émaner d’un consensus interne, tout en soulignant que l’État doit être seul à détenir les armes.
Ambiguïtés américaines sur le rôle d’Israël
La visite de Barak a également été l’occasion pour plusieurs responsables libanais de dénoncer un déséquilibre dans les exigences internationales. Al Sharq Al Awsat rapporte que l’émissaire américain a refusé d’évoquer toute contrainte applicable à Israël. Selon une phrase attribuée à Barak lors d’un point de presse informel, « si les Libanais ne veulent pas de changement, nous ne les y forcerons pas ». Cette position a été interprétée par Al Bina’ comme un désengagement des États-Unis de toute obligation de réciprocité dans l’application de la résolution 1701.
Le même journal critique la diplomatie américaine pour son absence de pression sur Tel Aviv concernant les violations répétées de l’espace aérien libanais, ainsi que pour son silence sur la présence militaire israélienne dans plusieurs zones disputées. Plusieurs éditorialistes évoquent une diplomatie asymétrique visant à modifier unilatéralement l’équilibre interne au Liban, sans engager Israël sur des obligations équivalentes.
Dans ce contexte, les déclarations de responsables libanais s’inscrivent dans un registre de prudence. Le président Joseph Aoun, selon des propos rapportés dans Al Akhbar, aurait insisté en réunion restreinte sur la nécessité de préserver l’unité nationale dans un contexte de forte pression extérieure. Le Premier ministre Nawaf Salam, selon Al Liwa’, a exprimé le soutien du gouvernement à la mission de l’émissaire américain, tout en soulignant l’importance de maintenir un dialogue ouvert avec toutes les composantes politiques.
Contexte régional et enjeux de coordination
En toile de fond de cette visite, les négociations entre Israël et les représentants de Hamas se poursuivent à Doha, selon les informations rapportées par Al Sharq Al Awsat. Le président américain Donald Trump a reçu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche. Les discussions, toujours en cours, viseraient à instaurer un cessez-le-feu de soixante jours à Gaza. Le journal mentionne que l’émissaire spécial Thomas Barak pourrait être chargé de coordonner une extension régionale de cette trêve, notamment en incluant les volets libanais et syriens, bien que cette information n’ait pas été confirmée officiellement par les autorités américaines.
Plusieurs journaux mentionnent une possible synchronisation des efforts diplomatiques américains sur différents théâtres du Moyen-Orient. Al Bina’ évoque une stratégie globale de désescalade pilotée depuis Washington, qui consisterait à imposer une série d’arrangements sécuritaires parallèles, sans passer par une négociation multilatérale. Cette approche est jugée risquée par certains analystes, dans la mesure où elle exclut des acteurs régionaux clés tels que l’Iran ou la Russie.
Al Quds, pour sa part, indique que le Qatar aurait proposé de jouer un rôle de médiateur dans les discussions entre le Liban et Israël sur la ligne de démarcation sud. Cette information n’a pas été confirmée, mais plusieurs sources diplomatiques à Beyrouth, citées par Al Sharq Al Awsat, évoquent des échanges en cours entre Doha, Paris et Washington pour assurer une coordination des initiatives en Méditerranée orientale.
Politique locale : citations, tensions et positionnements stratégiques
Échos parlementaires et prise de parole du président de la République
La presse du 9 juillet 2025 met en avant les récentes déclarations du président Joseph Aoun lors d’une réunion restreinte à Baabda. Selon Al Akhbar, le président aurait souligné la nécessité de maintenir une cohésion politique dans un contexte régional sous tension. Il aurait affirmé que le Liban dispose encore de leviers diplomatiques efficaces, à condition que le débat public ne soit pas monopolisé par les divisions partisanes. Al Liwa’ rapporte que Joseph Aoun aurait insisté auprès de ses ministres sur la continuité institutionnelle, en dépit des menaces de déstabilisation. Le président a évoqué les efforts diplomatiques en cours, notamment la coordination avec les représentants français et qataris sur des canaux parallèles à ceux dirigés par les États-Unis.
Parallèlement, le président de la Chambre Nabih Berri s’est exprimé à propos des échanges avec Thomas Barak, l’émissaire américain. Selon Al Joumhouriyat, Berri a souligné que le Liban « écoute tout mais n’accepte que ce qui respecte son équilibre interne ». Cette déclaration intervient alors que plusieurs partis de l’opposition ont critiqué l’absence de réponse institutionnelle claire à la visite de Barak. Annahar cite un conseiller parlementaire affirmant que les positions de Berri et du président Aoun ne sont pas divergentes mais complémentaires, l’un parlant depuis la logique du consensus parlementaire, l’autre depuis la logique de la souveraineté exécutive.
Opposition politique et critique du pouvoir exécutif
Al Bina’ rapporte les propos de plusieurs députés affiliés au bloc de l’opposition souverainiste qui accusent le gouvernement de Nawaf Salam de manquer de clarté dans la gestion de la sécurité nationale. L’un d’eux, cité anonymement, affirme que l’exécutif « attend les décisions venues de l’étranger plutôt que de construire une stratégie nationale ». Cette critique vise aussi la lenteur du Conseil des ministres à réagir aux frappes israéliennes dans le nord, alors que les ministères concernés n’ont pas encore communiqué de plan de protection civile ou de sécurisation des infrastructures.
Le journal Al Sharq ajoute que certains partis de la majorité parlementaire ont exprimé leur malaise face à la concentration des décisions entre Baabda et le Grand Sérail. Un député centriste évoque « une coordination verticale excessive entre présidence et gouvernement, au détriment du Parlement ». Cette remarque intervient alors que plusieurs projets de lois urgents, notamment celui relatif à la réforme des douanes, sont bloqués en commission.
Selon Annahar, un débat s’est également tenu au sein du courant des Forces libanaises sur la ligne à adopter face aux propositions américaines. Une frange du parti serait favorable à une participation active au dialogue sécuritaire prôné par Barak, tandis qu’une autre insiste sur le respect préalable de la souveraineté nationale, notamment sur la question du retrait israélien du Sud.
Mobilisation des collectivités locales et initiatives régionales
La gouverneure du Mont-Liban, citée par Al Quds, a annoncé la mise en place de cellules locales d’évaluation de la sécurité dans plusieurs municipalités. Ces structures doivent permettre une remontée rapide des informations vers le ministère de l’Intérieur. Cette mesure, saluée par plusieurs ONG, s’inscrit dans une logique de prévention des risques en période de tension militaire. Al Quds précise que des alertes ont été émises pour les communes proches des installations critiques comme les réservoirs d’eau, les postes électriques et les centres de communication.
Al Joumhouriyat mentionne une réunion de crise tenue au siège du gouvernorat de la Békaa, en présence de députés, d’officiers de l’armée et de représentants de la société civile. Le but de cette réunion était de coordonner les actions humanitaires en cas d’escalade. Le journal note que ces initiatives locales ont été encouragées par le ministère de la Défense, qui veut éviter une centralisation excessive dans la gestion sécuritaire.
Al Liwa’ met en avant la mobilisation du gouverneur de Beyrouth, qui a appelé les municipalités à faire remonter toute information sur les mouvements inhabituels dans leurs quartiers. Il précise que ces alertes sont traitées par une cellule mixte composée de forces de sécurité et d’éléments de l’armée.
Blocages institutionnels et tensions entre les ministères
Al Akhbar aborde les tensions persistantes entre le ministère de l’Énergie et celui des Finances à propos de la gestion des centrales thermiques dans le contexte de crise. Le journal rapporte que le ministre de l’Énergie souhaite prioriser les zones à haute densité en cas de rationnement, tandis que le ministre des Finances propose une clé de répartition budgétaire liée aux recettes douanières. Ces désaccords bloquent la mise en œuvre du plan d’urgence électrique adopté en 2024.
Le même journal révèle que le ministre de la Justice aurait refusé de signer une série de nominations judiciaires soumises par le Conseil supérieur de la magistrature. Ce blocage, selon Al Akhbar, retarde le traitement de plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux liés à la corruption dans les appels d’offres publics. Des députés de la majorité affirment dans Al Bina’ que cette paralysie fait le jeu de certains réseaux d’influence encore actifs dans les rouages judiciaires.
Al Sharq rapporte que le Conseil des ministres, réuni la veille, n’a pas pu adopter l’ordre du jour prévu, plusieurs ministres ayant boycotté la séance en protestation contre l’absence de débat sur les nominations administratives. Ce climat de blocage renforce l’idée d’un effritement de la solidarité gouvernementale, selon des sources citées dans le journal.
Dialogue national à l’arrêt et perspectives de médiation
Selon Annahar, le dialogue national lancé en mars 2025 est au point mort. Les divergences entre les principaux partis sur les priorités du processus – sécurité d’abord ou économie d’abord – empêchent toute progression. Une source du courant du Futur, citée dans Al Quds, affirme que « tant que la question du désarmement ne peut pas être abordée sereinement, le reste n’est que façade ». D’autres voix appellent à une refondation complète du processus.
Al Bina’ signale qu’une délégation du Parti socialiste progressiste aurait rencontré des représentants de la mission des Nations Unies au Liban pour évoquer la possibilité d’un soutien externe au dialogue interlibanais. Cette initiative reste informelle, mais elle montre l’inquiétude croissante face à la paralysie politique actuelle.
Citation et discours des personnalités politiques : positionnements stratégiques et lectures nationales divergentesDéclarations du président de la République Joseph AounLa presse du 9 juillet 2025 revient sur plusieurs propos tenus par le président de la République Joseph Aoun au cours de réunions à Baabda avec des représentants diplomatiques et politiques. Selon Al Akhbar, le président a affirmé lors d’une session restreinte que « le Liban dispose encore de moyens pour défendre sa souveraineté, mais l’essentiel est que les décisions stratégiques soient prises ici, et non à l’extérieur ». Le journal souligne que cette phrase, prononcée à huis clos, visait indirectement les critiques de l’opposition concernant la coordination avec l’émissaire américain Thomas Barak.Al Liwa’ rapporte que Joseph Aoun a insisté sur la « nécessité de maintenir la stabilité politique sans entrer dans un cycle de surenchère rhétorique ». Cette posture vise à préserver une marge de manœuvre institutionnelle dans un contexte de forte pression diplomatique. Al Sharq indique que lors de sa rencontre avec l’ambassadrice de France, le président a souligné que « l’équilibre interne libanais repose sur la retenue de chacun et sur la confiance dans les institutions ».Annahar souligne une phrase prononcée par le président lors de sa rencontre avec une délégation parlementaire : « L’armée joue son rôle, le gouvernement fait ce qu’il peut. L’essentiel est de garder le cap ». Cette formule a été analysée par plusieurs éditorialistes comme un appel à la continuité de l’État malgré les divisions internes.Positionnement de Nabih Berri sur la diplomatie sécuritaireLe président de la Chambre des députés, Nabih Berri, s’est exprimé sur la visite de l’émissaire américain Thomas Barak dans plusieurs échanges relayés par la presse. Al Joumhouriyat rapporte qu’il a déclaré : « Nous n’avons rien contre les médiations, mais la condition est qu’elles respectent notre souveraineté et notre équilibre institutionnel ». Le journal note que Berri a insisté sur le rôle du dialogue national comme seul cadre légitime pour évoquer des sujets sensibles tels que le désarmement des groupes armés.Dans Al Liwa’, Berri est cité comme ayant évoqué un « climat politique ouvert, mais nécessitant de la lucidité ». Ce choix de mots a été perçu comme une mise en garde contre toute précipitation dans les négociations sécuritaires avec les partenaires internationaux. Al Akhbar indique que le président de la Chambre considère que « toute discussion sur la sécurité doit d’abord passer par une clarification des responsabilités internes ».Al Sharq précise qu’au sein de son bloc parlementaire, Berri a affirmé que le Liban « n’a pas les moyens d’ouvrir plusieurs fronts à la fois, et qu’il faut éviter d’ajouter des conflits internes à un environnement déjà explosif ». Cette phrase a été interprétée comme une allusion à la possibilité d’un débat houleux autour du désarmement.Déclarations de Nawaf Salam sur la coordination interinstitutionnelleLe Premier ministre Nawaf Salam, selon Al Liwa’, a rappelé lors d’une conférence de presse que « l’État libanais s’exprime par ses institutions, et toute médiation doit se faire par leur intermédiaire ». Cette déclaration visait à recadrer les critiques qui reprochent à l’exécutif de laisser l’initiative à la présidence de la République. Le journal rapporte aussi que Salam a insisté sur l’indépendance de l’armée par rapport à toute logique partisane.Al Akhbar précise que le Premier ministre a salué l’engagement des Forces armées libanaises dans la protection des frontières et a souligné que « la stabilité intérieure est une priorité non négociable ». Dans le même article, une source gouvernementale anonyme affirme que le chef du gouvernement cherche à préserver la collégialité tout en assurant un pilotage ferme de l’action sécuritaire.Al Sharq Al Awsat note également que Salam a eu un échange téléphonique avec l’émissaire américain Barak, au cours duquel il aurait insisté sur « la nécessité d’une compréhension réaliste des équilibres internes libanais ». Le journal évoque une volonté de Salam de maintenir une communication diplomatique sans alignement automatique sur les positions américaines.Intervention de Bechara Raï sur la souveraineté nationaleLe patriarche maronite Bechara Raï a multiplié les prises de parole ces derniers jours. Selon Al Liwa’, lors de la messe dominicale à Bkerké, il a affirmé que « seule l’autorité de l’État peut garantir l’unité nationale et la paix civile ». Cette phrase a été largement reprise dans la presse et commentée comme une mise en garde contre les factions armées non étatiques.Al Bina’ rapporte que le patriarche a déclaré dans une entrevue avec un média catholique européen que « le Liban ne peut pas vivre en paix tant que les décisions vitales ne sont pas prises dans un cadre légal et démocratique ». Cette déclaration a été interprétée par plusieurs observateurs comme une critique indirecte du rôle du Hezbollah dans les décisions stratégiques du pays.Al Quds évoque également une réunion à Bkerké avec plusieurs ambassadeurs européens, durant laquelle le patriarche a réaffirmé son attachement au dialogue interconfessionnel et à l’équilibre des institutions. Il aurait insisté sur le rôle stabilisateur de l’armée et sur la nécessité d’un retour à l’ordre constitutionnel dans toutes les décisions exécutives.Relevés de position de l’opposition et de figures indépendantesPlusieurs députés de l’opposition ont également pris la parole dans les médias. Selon Annahar, un député affilié au bloc de l’opposition a affirmé dans une interview télévisée que « le désarmement ne peut pas être une faveur ni un chantage, il doit être le fruit d’un consensus complet ». Cette déclaration a été critiquée par des représentants de la majorité, qui estiment qu’elle élude la question de la pression internationale actuelle.Dans Al Joumhouriyat, une ancienne ministre aujourd’hui députée indépendante a rappelé que « la véritable souveraineté commence par la transparence dans les décisions ». Elle a appelé à la publication de tous les échanges officiels avec les envoyés étrangers. Al Sharq ajoute qu’un autre député du centre a proposé la création d’une commission parlementaire d’observation des négociations sécuritaires, chargée de produire un rapport public mensuel.Al Bina’ rapporte également les propos d’un responsable syndical proche de l’opposition appelant à la vigilance face à une éventuelle « dérive sécuritaire du pouvoir exécutif ». Le journal évoque une réunion de plusieurs figures politiques indépendantes appelant à relancer le dialogue national suspendu depuis avril.
Diplomatie : initiatives américaines, réseaux européens et arbitrages multilatéraux
Mission de Thomas Barak : offensive diplomatique américaine à Beyrouth
Les journaux du 9 juillet 2025 accordent une large place à la visite de l’émissaire américain Thomas Barak à Beyrouth. Al Akhbar indique que Barak a rencontré le président Joseph Aoun au palais de Baabda dans le cadre d’un entretien privé suivi d’un échange élargi avec les principaux conseillers diplomatiques. Selon le journal, la discussion a porté sur les mécanismes de coordination entre les forces régulières libanaises et les dispositifs sécuritaires régionaux proposés par Washington.
Al Liwa’ rapporte que Barak aurait souligné l’importance d’un cadre commun permettant de désamorcer les tensions actuelles dans le sud du pays. Il aurait présenté un document diplomatique proposant une approche progressive de désescalade, conditionnée à l’engagement des différentes parties à respecter une période de non-agression. Le même journal note que Barak a précisé que les États-Unis « ne peuvent pas garantir seuls un accord durable », mais sont disposés à faciliter le dialogue.
Annahar mentionne que le diplomate américain aurait transmis une série de propositions non contraignantes au président Joseph Aoun, parmi lesquelles figure l’idée de confier à la FINUL un mandat renforcé d’observation. Al Sharq ajoute que Barak a insisté sur le fait que cette mission doit rester purement technique, sans interférence avec la souveraineté nationale. Ces éléments montrent une volonté d’impliquer les partenaires multilatéraux dans une logique de réduction des risques, sans pour autant imposer un cadre rigide.
Positionnement européen : initiatives françaises et coordination avec le Qatar
Al Quds fait état d’une série de réunions organisées en parallèle de la visite de Barak, impliquant des diplomates européens en poste à Beyrouth. Le journal précise que l’ambassadrice de France aurait rencontré le ministre des Affaires étrangères du Liban dans le but d’évaluer les marges de coordination autour d’une médiation multilatérale. Elle aurait souligné que « la France soutient toute initiative qui respecte la souveraineté du Liban et favorise la désescalade régionale ». Al Bina’ indique que cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un axe franco-qatarien informel visant à réactiver les canaux diplomatiques traditionnels sans interférence américaine directe.
Al Sharq Al Awsat rapporte que des échanges ont eu lieu entre les représentations diplomatiques de la France, du Qatar et de l’Union européenne autour de la question du rôle futur de la FINUL. La perspective d’un élargissement technique de son mandat est évoquée, bien qu’aucune proposition officielle n’ait été communiquée au Conseil de sécurité. Annahar signale que plusieurs responsables libanais ont salué cette initiative franco-qatarienne, estimant qu’elle pourrait servir de levier pour relancer le dialogue suspendu entre le Liban et Israël sur les questions de démarcation maritime et de zones contestées.
Al Akhbar précise que le Qatar s’est engagé à soutenir logistiquement une éventuelle reprise des négociations à Naqoura, à condition qu’un accord préalable de désescalade soit atteint. Le journal note que cette initiative bénéficie du soutien implicite de la présidence libanaise, qui y voit une alternative crédible aux efforts américains.
Dialogue indirect avec Israël et efforts de stabilisation régionale
Selon Al Sharq Al Awsat, la visite de Thomas Barak au Liban est directement liée aux discussions en cours entre Israël et les représentants du Hamas à Doha. Le journal indique que les autorités américaines souhaitent inclure le Liban dans une architecture régionale de trêve coordonnée. Cette approche repose sur la mise en place d’un mécanisme de communication indirecte entre les autorités libanaises et Israël via des médiateurs tiers, notamment la France et les Nations Unies.
Al Joumhouriyat souligne que cette stratégie est perçue avec circonspection à Beyrouth, en particulier par les partis politiques qui considèrent toute ouverture à une coordination indirecte comme une reconnaissance implicite d’une cohabitation avec les violations israéliennes de la souveraineté libanaise. Une source gouvernementale citée dans Al Liwa’ précise que le Liban reste attaché à la résolution 1701 et refuse toute modification de ses modalités d’application sans débat parlementaire préalable.
Annahar rapporte qu’au sein des cercles diplomatiques européens, l’idée d’un groupe de contact régional incluant le Liban, Israël, le Qatar, la France et l’Égypte a été évoquée, sans toutefois faire l’objet d’un consensus. Ce groupe serait chargé d’établir des lignes de communication d’urgence et de documenter les incidents frontaliers. Le journal ajoute que l’Allemagne aurait exprimé des réserves sur cette initiative, préférant une solution dans le cadre des Nations Unies.
Attitudes divergentes des chancelleries arabes
Al Bina’ s’attarde sur le positionnement des pays arabes à l’égard de la situation libanaise. Selon le journal, l’Arabie saoudite reste prudente et n’envisage pas d’engagement diplomatique direct tant que le Hezbollah conserve un rôle opérationnel dans les décisions sécuritaires. Un diplomate arabe en poste à Beyrouth aurait déclaré que « toute aide saoudienne sera conditionnée à des signes clairs de distanciation par rapport aux groupes armés ». Cette position est confirmée par Al Quds, qui note également l’absence de communication officielle entre Riyad et le gouvernement libanais sur les sujets militaires depuis plusieurs mois.
En revanche, le Koweït et Oman ont exprimé leur disponibilité à soutenir des efforts humanitaires liés aux conséquences des frappes israéliennes. Al Liwa’ rapporte que le ministre koweïtien des Affaires étrangères a contacté son homologue libanais pour proposer une aide médicale d’urgence et la mise en place d’un corridor de distribution de médicaments vers les régions du nord. Cette démarche a été saluée par le ministère de la Santé, qui y voit un signe d’engagement constructif sans ingérence politique.
Al Sharq mentionne également une proposition jordanienne visant à organiser une réunion régionale des ministres des Affaires étrangères pour discuter de la situation au Liban. Le projet serait en cours d’examen par la Ligue arabe, mais certains pays redoutent qu’il ne soit perçu comme un soutien indirect à la ligne américaine.
Mobilisation onusienne et défis multilatéraux
La mission des Nations Unies au Liban, à travers son bureau de liaison, a intensifié ses contacts avec les autorités libanaises ces derniers jours. Al Quds signale que la cheffe de mission adjointe a rencontré des membres du Conseil supérieur de la défense pour évoquer les incidents frontaliers et les options de renforcement du mandat d’observation. Cette réunion a permis de dresser un état des lieux des violations de l’espace aérien libanais par Israël au cours des trente derniers jours.
Al Akhbar indique que le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix a transmis une note confidentielle au Conseil de sécurité sur la situation au Liban. Cette note recommande une révision du rôle de la FINUL pour inclure un mécanisme d’alerte rapide sur les activités transfrontalières. Annahar note que cette proposition divise les membres permanents, certains y voyant une extension excessive des prérogatives de la mission onusienne.
Al Bina’ conclut que le Liban devra trouver une position équilibrée entre les propositions américaines, les initiatives européennes et les exigences onusiennes, afin de préserver sa souveraineté diplomatique tout en assurant la sécurité de son territoire.
Politique internationale : reconfigurations régionales et stratégies globales
Pourparlers à Doha : trêve partielle et arbitrages entre Israël et le Hamas
La presse du 9 juillet 2025 couvre largement les négociations en cours à Doha entre Israël et le Hamas, sous l’égide du Qatar et avec la participation indirecte des États-Unis. Al Sharq Al Awsat indique que ces discussions ont pour objectif la mise en place d’un cessez-le-feu temporaire d’une durée de soixante jours dans la bande de Gaza. Cette trêve viserait à interrompre les hostilités tout en permettant l’acheminement de l’aide humanitaire et la libération progressive de prisonniers.
Selon Al Quds, les pourparlers sont menés dans un climat tendu. Le Hamas insiste sur des garanties internationales, notamment un engagement israélien à ne pas reprendre les opérations militaires après la trêve. Le journal souligne que le Qatar joue un rôle central dans l’élaboration d’un cadre de garanties bilatérales, tandis que les États-Unis s’emploient à coordonner les concessions israéliennes. Al Akhbar rapporte que Benjamin Netanyahu, dans une déclaration relayée par la presse israélienne, aurait accepté le principe d’une suspension temporaire des frappes, à condition que les tunnels frontaliers soient détruits avant toute pause opérationnelle.
Al Joumhouriyat précise que l’Égypte a envoyé une délégation sécuritaire à Doha pour assurer la médiation technique entre les délégations. Cette présence est perçue comme un retour du Caire dans le rôle de stabilisateur régional, aux côtés du Qatar et de l’ONU. Al Bina’ indique que cette réunion s’inscrit dans une architecture plus large d’accords régionaux visant à découpler les conflits, notamment entre Gaza, la Cisjordanie et la frontière libano-israélienne.
Réunion à Washington : concertation stratégique entre les États-Unis et Israël
En parallèle, Al Sharq Al Awsat et Al Quds rapportent que le président américain Donald Trump a reçu le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche. Cette rencontre intervient dans un contexte de tensions croissantes et de pressions diplomatiques multiples. Selon Al Sharq Al Awsat, l’un des sujets abordés a été la consolidation d’un front diplomatique commun en vue d’une possible résolution du Conseil de sécurité sur la trêve. Le journal indique que les deux dirigeants ont évoqué un calendrier de réduction progressive des tensions, qui inclurait Gaza, le Liban et la Syrie.
Al Liwa’ signale que Trump aurait déclaré que « les États-Unis sont prêts à soutenir toute initiative qui protège Israël et stabilise la région ». Cette déclaration a été interprétée comme un feu vert à une série d’accords bilatéraux, sans attendre une validation multilatérale. Al Akhbar, de son côté, critique cette position, estimant qu’elle écarte les partenaires européens et arabes du processus de paix régional. Le journal cite une source diplomatique affirmant que « Washington préfère imposer une trêve par étapes plutôt que de construire un cadre régional inclusif ».
Annahar précise que la Maison-Blanche a réaffirmé son soutien à l’intégration d’Israël dans un pacte régional de sécurité incluant les États du Golfe, sous l’égide du Commandement central américain. Cette perspective, selon le journal, suscite des inquiétudes chez plusieurs acteurs arabes qui redoutent une marginalisation des dynamiques multilatérales historiques.
Recomposition du rôle de la Russie au Moyen-Orient
Al Bina’ consacre une page entière à l’évolution du rôle russe dans les équilibres régionaux. Le journal rapporte que Moscou a intensifié ses contacts avec Téhéran et Damas pour coordonner une position commune face aux récentes frappes israéliennes en Syrie. Une réunion tripartite aurait eu lieu à Lattaquié entre des représentants militaires syriens, iraniens et russes. Al Quds ajoute que la Russie cherche à réaffirmer son influence dans la région en maintenant un canal de communication avec Israël tout en consolidant sa présence navale en Méditerranée orientale.
Al Akhbar cite un expert militaire russe selon lequel le Kremlin entend envoyer un signal clair sur sa capacité à équilibrer les rapports de force dans la région, notamment en positionnant des systèmes de surveillance maritime à proximité des côtes libanaises et syriennes. Cette démonstration de force serait également un message aux puissances occidentales, selon le journal.
Al Sharq Al Awsat mentionne que le ministre russe des Affaires étrangères aurait proposé une réunion à Moscou réunissant l’Iran, le Qatar, l’Égypte, la Syrie et le Liban pour évoquer la stabilité régionale. Aucune réponse officielle n’a encore été donnée, mais le projet témoigne d’une volonté de Moscou de s’imposer comme arbitre alternatif à Washington.
Tensions en mer Rouge et implication des puissances navales
Les tensions en mer Rouge font également l’objet d’une large couverture médiatique. Al Liwa’ et Al Bina’ rapportent une série d’incidents entre navires militaires américains et iraniens dans le détroit de Bab el-Mandeb. Selon Al Quds, un navire iranien aurait tenté d’approcher un bâtiment de la flotte américaine, ce qui aurait conduit à une manœuvre d’évitement d’urgence. Le Pentagone a publié un communiqué évoquant une « provocation inacceptable » de la part des forces navales iraniennes.
Al Sharq indique que ces incidents coïncident avec une augmentation de la présence chinoise dans la zone. Pékin aurait envoyé un navire de surveillance pour protéger ses lignes commerciales vers Djibouti et la Méditerranée. Cette situation, selon le journal, illustre une militarisation croissante des routes maritimes régionales, avec des risques accrus de confrontation entre puissances majeures.
Al Akhbar évoque les efforts de médiation du sultanat d’Oman, qui aurait proposé un canal de dialogue naval régional sous l’égide de l’ONU. Le projet vise à établir des protocoles de signalement et de non-agression entre navires militaires, mais il peine à convaincre les États-Unis et l’Iran.
Position diplomatique de la Chine et développement d’alliances alternatives
Al Sharq Al Awsat publie un article sur la montée en puissance de la diplomatie chinoise au Moyen-Orient. Le journal rapporte que le ministre chinois des Affaires étrangères a entamé une tournée régionale comprenant l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Iran et l’Égypte. Cette initiative vise à renforcer le projet chinois de sécurité collective, présenté comme une alternative aux alliances militaires occidentales.
Al Quds souligne que Pékin propose un cadre de coopération sécuritaire fondé sur le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence et le développement économique. Cette approche, selon le journal, trouve un écho favorable dans certains pays arabes qui redoutent l’instabilité générée par les coalitions militaires traditionnelles. Al Akhbar relève toutefois que ce projet reste flou dans ses modalités pratiques et dépend largement du rapport de force commercial entre la Chine et les États-Unis.
Al Liwa’ précise que la Chine a signé plusieurs protocoles d’accord sur la cybersécurité et la surveillance des infrastructures critiques avec des États du Golfe. Cette dynamique illustre une volonté de Pékin de s’insérer durablement dans l’architecture sécuritaire régionale, sans pour autant assumer un rôle militaire direct.
Dossiers africains et implication des puissances du Golfe
Plusieurs journaux abordent enfin les enjeux diplomatiques liés à l’Afrique. Al Bina’ rapporte que l’Éthiopie et l’Égypte ont repris leurs discussions à propos du Grand Barrage de la Renaissance, sous médiation africaine. La question du partage des eaux du Nil demeure au centre des tensions, avec un risque de reprise des hostilités. Al Quds mentionne que les Émirats arabes unis auraient proposé leur soutien logistique à une solution négociée, dans le cadre de leur stratégie d’influence africaine.
Al Joumhouriyat évoque également la situation au Tchad, où une délégation saoudienne aurait proposé un programme de reconstruction post-conflit en échange d’un soutien politique à Riyad dans les forums panafricains. Cette initiative s’inscrit dans une compétition croissante entre les États du Golfe pour l’accès aux ressources africaines et aux corridors stratégiques.
Économie : indicateurs en recul, restructuration bancaire et tensions sur les importations
Recul de l’activité industrielle et stagnation des investissements
La presse économique du 9 juillet 2025 met en évidence un net ralentissement de l’activité industrielle au Liban. Selon Al Liwa’, les derniers chiffres publiés par le ministère de l’Industrie font état d’un recul de 4,7 % du volume de production manufacturière au deuxième trimestre de l’année en cours. Cette contraction est principalement liée à l’instabilité sécuritaire dans le sud du pays et à la hausse du coût des intrants importés, comme le souligne également Al Joumhouriyat.
Annahar précise que le secteur agroalimentaire est l’un des plus touchés, avec une baisse de 8 % des exportations par rapport à la même période en 2024. Plusieurs industriels cités dans le journal évoquent des retards logistiques, la volatilité du dollar sur le marché parallèle, ainsi que l’augmentation des prix des matières premières. Le quotidien ajoute que certains sites de production, notamment dans la Békaa et dans le Metn, ont réduit leurs heures d’activité pour limiter les coûts énergétiques.
Al Quds souligne que cette tendance pèse directement sur l’attractivité des investissements. Les flux entrants d’investissements directs étrangers auraient reculé de 12 % au premier semestre 2025. Le journal précise que de nombreux projets suspendus depuis 2021 n’ont pas encore repris, en l’absence de garanties bancaires claires. Le Conseil pour le développement et la reconstruction n’a signé aucun nouveau contrat majeur depuis février, selon Al Sharq.
Performances contrastées du secteur bancaire
Al Akhbar consacre une analyse à la situation du secteur bancaire, toujours marqué par une perte de confiance structurelle. Selon des chiffres cités dans le journal, les dépôts en devises ont diminué de 5 % depuis janvier, malgré les efforts du gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid, pour rassurer les épargnants. Al Quds note que plusieurs banques ont continué à restreindre les retraits en dollars et que les transferts vers l’étranger restent soumis à des autorisations spécifiques.
Al Bina’ rapporte que les discussions sur la restructuration du secteur bancaire, lancées en mars 2025, sont toujours au point mort. Le projet de loi sur la répartition des pertes n’a pas été voté, en raison de désaccords persistants entre les ministères des Finances et de la Justice. Selon Al Sharq, certains établissements souhaitent une reprise partielle de leurs opérations internationales, mais se heurtent au refus de plusieurs régulateurs étrangers, notamment européens.
Al Liwa’ signale que les institutions de microfinance enregistrent une progression de leurs encours, soutenues par des fonds arabes et européens. Ces structures, moins exposées aux crises systémiques, apparaissent comme une alternative pour le financement des petites entreprises et des ménages. Le journal cite un rapport de l’Agence française de développement affirmant que les institutions libanaises de microcrédit sont devenues « un pilier de résilience » dans un système bancaire défaillant.
Pression sur les importations et crise du commerce extérieur
Le commerce extérieur libanais fait face à de fortes pressions logistiques et monétaires. Al Joumhouriyat rapporte que les importations ont diminué de 6,5 % en volume au cours du premier semestre 2025, principalement en raison de la dépréciation de la livre libanaise et des restrictions douanières imposées sur certains produits de luxe. Al Quds précise que les produits pharmaceutiques et les équipements médicaux figurent parmi les rares postes en augmentation, en raison des besoins urgents des hôpitaux.
Annahar révèle que plusieurs entreprises importatrices rencontrent des difficultés à obtenir des lettres de crédit, faute de garanties suffisantes. Les chambres de commerce régionales ont tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué relayé par Al Akhbar, dénonçant la « paralysie financière » qui bloque les opérations de transit et affecte directement les chaînes d’approvisionnement. Al Bina’ ajoute que des stocks stratégiques de blé, d’huile et de carburant sont en baisse dans plusieurs entrepôts gérés par des consortiums privés.
Selon Al Sharq, la fermeture temporaire du port de Saïda pour des raisons de maintenance a aggravé les délais de livraison des marchandises. Le port de Beyrouth n’absorbe plus entièrement les flux depuis la reprise des frappes israéliennes, ce qui entraîne une hausse des frais de stockage. Le journal précise que des discussions sont en cours pour réactiver certains terminaux secondaires, notamment à Tripoli et Tyr.
Énergie, carburants et tensions sur l’approvisionnement
Le secteur énergétique reste sous forte tension. Al Akhbar rapporte que le ministère de l’Énergie a annoncé un plan de rationnement préventif de l’électricité, avec une réduction de 20 % des heures de service dans les zones résidentielles. Cette décision vise à préserver les stocks de carburant pour les établissements stratégiques comme les hôpitaux et les stations de pompage d’eau.
Al Quds précise que cette mesure intervient après un retard dans les livraisons de carburant iranien, en raison de problèmes logistiques au niveau du terminal de Banias en Syrie. Al Liwa’ souligne que les alternatives proposées, notamment l’importation via le port de Tripoli, n’ont pas encore produit les effets escomptés. Des négociations sont en cours avec l’Égypte pour une fourniture ponctuelle de fioul via des accords triangulaires.
Annahar note que la facture énergétique du pays est en hausse de 18 % par rapport au premier semestre 2024. Cette augmentation est principalement due à la dépréciation monétaire et à la hausse des cours internationaux. Al Bina’ signale que le prix du kilowattheure facturé par les compagnies privées dépasse désormais celui pratiqué par Électricité du Liban, ce qui provoque un mécontentement croissant chez les consommateurs.
Tentatives de réforme budgétaire et impasses fiscales
Le projet de budget 2025, en discussion depuis le mois de mai, suscite de vives réactions dans la presse. Al Akhbar indique que le ministère des Finances envisage une augmentation des taxes indirectes pour compenser le recul des recettes douanières. Le projet propose notamment une hausse de 1 % de la TVA sur les biens importés hors produits de première nécessité. Al Joumhouriyat souligne que cette mesure est contestée par plusieurs députés, qui craignent un effet inflationniste supplémentaire.
Al Liwa’ rapporte que le gouvernement compte également réviser les barèmes de l’impôt sur le revenu, avec une nouvelle tranche imposable pour les hauts salaires. Cette réforme vise à accroître l’assiette fiscale, mais reste bloquée au Parlement par les désaccords sur l’affectation des recettes. Al Quds ajoute que le déficit budgétaire attendu pour 2025 pourrait dépasser les 9 % du PIB si aucune mesure de correction n’est adoptée d’ici septembre.
Annahar mentionne aussi le blocage des discussions avec le Fonds monétaire international, faute d’avancées sur la restructuration du secteur bancaire et sur la transparence des comptes publics. Une source proche des négociations affirme dans Al Sharq qu’un retour à la table des discussions nécessite au préalable l’adoption de la loi sur le capital contrôlé, toujours absente de l’ordre du jour parlementaire.
Justice : affaires sensibles, blocages judiciaires et tensions autour des nominations
Affaire de corruption au ministère des Travaux publics
Le 9 juillet 2025, plusieurs journaux reviennent sur une affaire de corruption présumée impliquant des fonctionnaires du ministère des Travaux publics. Al Akhbar rapporte que le juge d’instruction de Beyrouth a lancé une procédure judiciaire à l’encontre de trois directeurs de services administratifs soupçonnés d’avoir surfacturé des contrats d’entretien de routes secondaires dans le nord du pays. Les documents examinés par le parquet incluent des factures falsifiées et des marchés conclus sans appel d’offres.
Al Bina’ précise que l’enquête a été ouverte à la suite d’un rapport confidentiel transmis par la Cour des comptes, qui aurait identifié des écarts de facturation atteignant près de 3,4 milliards de livres libanaises. Une source judiciaire citée dans Al Joumhouriyat indique que plusieurs entreprises de travaux publics auraient collaboré avec les autorités dans le cadre d’un accord de clémence.
Al Quds révèle que le ministre des Travaux publics a été auditionné à titre de témoin et qu’il a nié toute implication personnelle, tout en s’engageant à suspendre les responsables concernés dans l’attente des résultats de l’enquête. Al Sharq souligne que cette affaire pourrait relancer le débat sur l’indépendance de l’Inspection centrale, dont les prérogatives ont été affaiblies ces dernières années.
Meurtre d’un officier dans la Békaa : avancées et interrogations
L’assassinat d’un officier de l’armée libanaise dans la Békaa continue de susciter une forte attention médiatique. Selon Annahar, le corps de l’officier a été retrouvé le 6 juillet près d’un point de contrôle frontalier informel. Le journal rapporte que le militaire aurait été tué par balle, probablement dans le cadre d’un conflit avec des trafiquants de carburant opérant à la frontière syro-libanaise.
Al Liwa’ mentionne que le parquet militaire a ouvert une enquête contre X pour homicide volontaire. Plusieurs suspects ont été interpellés, dont deux ressortissants syriens et un Libanais déjà connu pour des faits de contrebande. Al Akhbar souligne que les enquêteurs s’interrogent sur l’éventuelle complicité de membres des forces de sécurité locales, en raison de l’absence de traces de lutte ou d’alerte immédiate au moment des faits.
Al Quds révèle que l’armée a renforcé sa présence dans la zone et a imposé une série de points de contrôle mobiles. Un commandant cité dans le journal affirme que « l’armée considère tout acte contre l’un de ses membres comme une attaque contre l’autorité de l’État ». Al Joumhouriyat précise que cette affaire pourrait être requalifiée en acte terroriste si l’enquête révèle un mobile politique ou idéologique.
Blocage des nominations judiciaires et tensions au sein du Conseil supérieur de la magistrature
Les nominations au sein de la magistrature libanaise font l’objet de vives tensions institutionnelles. Al Akhbar rapporte que le ministre de la Justice refuse de contresigner une liste de nominations transmise par le Conseil supérieur de la magistrature. Le journal précise que les blocages concernent notamment les postes clés de procureur financier et de juge d’instruction près la Cour de cassation.
Al Bina’ indique que ce différend serait lié à des divergences sur les critères de sélection, certains membres du Conseil exigeant une ancienneté minimale de dix ans pour les magistrats promus, tandis que le ministre prône une approche fondée sur la spécialisation thématique. Cette impasse bloque le fonctionnement de plusieurs juridictions, notamment celles en charge des dossiers de corruption financière.
Al Liwa’ révèle que plusieurs organisations syndicales de magistrats ont appelé à une journée d’arrêt de travail pour dénoncer les ingérences politiques. Une source judiciaire citée dans Al Quds affirme que cette paralysie institutionnelle favorise l’impunité dans plusieurs affaires sensibles en attente de traitement.
Al Joumhouriyat mentionne que le président Joseph Aoun aurait rencontré le ministre de la Justice pour tenter de débloquer la situation. Le président aurait rappelé « l’importance de préserver l’autorité judiciaire comme pilier de l’État ». Aucune avancée n’a été signalée à la date du 9 juillet, selon les sources concordantes.
Affaires liées à la Banque du Liban : enquêtes en cours
Les enquêtes ouvertes autour de la Banque du Liban continuent d’alimenter les débats. Al Sharq Al Awsat rapporte que le juge financier a convoqué un ancien directeur du département de la trésorerie pour l’interroger sur la gestion des réserves en devises au cours de l’année 2020. Cette convocation s’inscrit dans une série d’investigations lancées par le parquet financier visant à établir les responsabilités dans l’effondrement du système bancaire.
Al Akhbar précise que des documents transmis par la commission d’enquête spéciale sur les transferts suspects ont permis d’identifier plusieurs mouvements de fonds vers des comptes bancaires en Europe et en Asie. Les juges cherchent à déterminer si ces transferts ont été autorisés par la hiérarchie de la Banque du Liban ou s’ils relèvent de décisions unilatérales.
Annahar souligne que le gouverneur actuel, Karim Souaid, a affirmé devant le Parlement que son administration « coopère pleinement avec la justice » et qu’aucune décision n’a été prise sans en référer au comité de direction. Al Liwa’ ajoute que cette enquête est surveillée de près par plusieurs partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, qui conditionne une partie de son aide à la transparence financière.
Al Quds note que cette affaire pose un défi institutionnel majeur, dans la mesure où elle implique des responsables encore en poste et pourrait déboucher sur des poursuites pénales à haut niveau.
Société : vulnérabilités sociales, initiatives citoyennes et crispations communautaires
Crise des soins médicaux et accès inégal à la santé
Les journaux du 9 juillet 2025 dressent un tableau préoccupant de l’accès aux soins médicaux dans plusieurs régions du Liban. Selon Al Liwa’, les hôpitaux publics du nord et de la Békaa enregistrent des pénuries importantes de médicaments essentiels, notamment les traitements pour maladies chroniques et les antibiotiques de base. Le journal cite une note interne du ministère de la Santé mentionnant une rupture de stock pour 27 molécules depuis plus de deux semaines.
Annahar rapporte que plusieurs établissements hospitaliers ont réduit leurs services de consultation, certains fermant même temporairement leurs unités d’urgence, faute de carburant pour alimenter les générateurs. À Saïda, une maternité publique a cessé d’accepter de nouveaux accouchements, selon Al Quds. Le directeur de l’établissement affirme que cette mesure vise à garantir la sécurité des patientes et du personnel, dans un contexte de tension énergétique aiguë.
Al Bina’ précise que les compagnies d’assurance refusent de couvrir certains soins hospitaliers en raison de la non-régularisation de leurs contrats avec les établissements. Cette situation pénalise surtout les classes moyennes qui ne bénéficient ni de la couverture publique ni des aides humanitaires. Al Joumhouriyat ajoute que des ONG médicales, notamment la Croix-Rouge libanaise et Médecins du Monde, multiplient les interventions d’urgence, mais peinent à faire face à la demande croissante.
Insécurité alimentaire et mobilisation des réseaux d’entraide
L’insécurité alimentaire s’étend dans plusieurs zones rurales et périurbaines. Al Sharq souligne une augmentation de 17 % des demandes d’aide alimentaire enregistrées par les municipalités au cours du mois de juin. Le journal précise que la hausse du prix du pain et des produits de base alimente un mécontentement croissant. Selon Al Akhbar, le kilo de sucre a atteint un nouveau record de 89 000 livres libanaises, tandis que le prix de l’huile a doublé en trois mois.
Al Quds cite le président d’une coopérative agricole de la Békaa qui déplore l’effondrement de la chaîne de distribution : « Nous avons des produits, mais les intermédiaires monopolisent les prix et les coûts de transport explosent. » Plusieurs ONG rapportent des cas de malnutrition infantile dans les banlieues de Tripoli et dans certaines zones de la plaine de l’Akkar.
Face à cette situation, Al Liwa’ met en lumière la mobilisation de réseaux de solidarité locaux. Des cantines communautaires ont été relancées dans plusieurs églises, mosquées et écoles désaffectées. À Beyrouth, le programme « Kilo khobz » distribue du pain à 600 familles par jour, grâce à des donations privées. Al Bina’ note toutefois que ces initiatives, bien que précieuses, ne remplacent pas un dispositif de sécurité alimentaire coordonné à l’échelle nationale.
Tensions communautaires et violences urbaines
Plusieurs journaux signalent une recrudescence d’incidents à caractère communautaire dans des zones mixtes. Al Akhbar rapporte des affrontements entre jeunes de différents quartiers à Aïn el-Remmaneh et dans le secteur de Tariq el-Jdideh. Ces heurts, souvent déclenchés par des disputes anodines, prennent une dimension politique en raison du contexte local. Le journal cite un responsable sécuritaire affirmant que « certains acteurs locaux exploitent le vide institutionnel pour attiser les tensions ».
Al Joumhouriyat indique que les forces de sécurité ont procédé à vingt-deux interpellations au cours de la semaine écoulée, dans le cadre d’un plan de sécurisation ciblée. Al Quds rapporte également des tensions entre résidents libanais et réfugiés syriens à Zahleh, à propos de l’accès aux services de base. Plusieurs habitants se plaignent de l’absence de contrôle administratif sur les campements informels.
Al Sharq souligne que ces crispations communautaires sont renforcées par la précarité économique et par les discours clivants tenus dans certains médias ou sur les réseaux sociaux. Une étude citée dans le journal, réalisée par un centre de recherche de l’Université libanaise, montre une corrélation directe entre la fréquence des violences urbaines et les périodes de coupure électrique prolongée.
Problématiques éducatives et fracture scolaire
La rentrée scolaire prévue pour septembre 2025 suscite de nombreuses incertitudes. Al Liwa’ mentionne que plusieurs écoles privées risquent de ne pas rouvrir, en raison d’une baisse du nombre d’inscriptions et d’un endettement croissant. Selon une enquête citée dans Annahar, 23 % des établissements privés auraient accumulé plus de deux trimestres de salaires impayés aux enseignants.
Le secteur public n’est pas épargné. Al Akhbar rapporte que le syndicat des enseignants du public envisage une grève illimitée si les primes de présence ne sont pas versées avant fin août. Le ministère de l’Éducation affirme qu’il n’a pas encore reçu les crédits nécessaires pour relancer le programme de transport scolaire. Al Joumhouriyat indique que les parents d’élèves demandent un plafonnement des frais d’inscription et une surveillance renforcée sur les cahiers de charges des établissements.
Al Quds révèle que plusieurs élèves de milieux défavorisés n’ont pas accès aux cours de rattrapage estivaux proposés par certaines ONG. Les coûts de transport et l’absence de cantines rendent ces programmes inaccessibles à de nombreuses familles. Al Sharq insiste sur le risque d’une « génération sacrifiée » si aucun plan d’urgence n’est mis en œuvre rapidement.
Mobilisations citoyennes et initiatives de résilience
Face à la crise sociale, plusieurs mouvements citoyens tentent d’apporter des réponses concrètes. Al Bina’ consacre un reportage à une coopérative de femmes dans le Chouf qui fabrique des conserves alimentaires à partir de produits locaux. Le projet, soutenu par une fondation suisse, emploie vingt-deux femmes et distribue ses produits dans les marchés de quartier. Le journal souligne que ce modèle pourrait être reproduit ailleurs avec un soutien logistique minimal.
Al Akhbar évoque également des collectifs de jeunes qui organisent des opérations de nettoyage dans des quartiers laissés à l’abandon. À Tripoli, l’initiative « Baladi Ahlé » regroupe des étudiants, des commerçants et des retraités qui participent à la réhabilitation d’espaces publics. Ces actions, bien que modestes, ont un fort impact symbolique et contribuent à recréer du lien social.
Al Quds met en avant un programme de médiation de quartier à Tyr, où des volontaires interviennent pour prévenir les conflits familiaux ou de voisinage. Ce dispositif, appuyé par des associations religieuses et des juristes bénévoles, aurait permis d’éviter plusieurs expulsions et de résoudre des litiges fonciers. Al Joumhouriyat affirme que ces modèles de médiation communautaire pourraient être intégrés dans un plan national de prévention de la violence.



