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Tensions autour de la FINUL : patrouilles entravées, mandat contesté

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La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a dénoncé mardi 10 juin 2025 la recrudescence d’incidents visant ses patrouilles dans le sud du Liban. Un communiqué officiel a qualifié d’« inacceptables » les attaques répétées contre ses troupes, après qu’une patrouille a été agressée dans les environs de la localité d’al-Hallousiyeh. Selon les informations disponibles, un des soldats de la mission a été giflé, et des échanges verbaux ont dégénéré en affrontement physique avec des résidents locaux.

Un incident symptomatique d’une tension croissante dans le Sud
Selon des sources locales, les tensions ont éclaté lorsqu’un groupe de jeunes hommes a intercepté une patrouille de la FINUL non accompagnée par l’armée libanaise. Cette absence aurait été perçue comme une violation tacite d’une règle informelle imposée de facto par certaines communautés locales. Un échange verbal s’est ensuivi, avant qu’un affrontement physique éclate. L’armée libanaise est intervenue pour désamorcer la situation et a escorté les membres de la FINUL hors de la zone. Ce type d’événement, désormais fréquent, illustre l’environnement de plus en plus complexe dans lequel opèrent les forces onusiennes.

La FINUL réaffirme son mandat et ses droits de circulation
Dans sa déclaration, la FINUL a précisé que la patrouille en question avait été dûment coordonnée avec les autorités militaires libanaises. Elle a rappelé que la liberté de circulation fait partie intégrante de son mandat, tel que défini par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. La mission a insisté sur le fait qu’elle dispose du droit de se déplacer avec ou sans accompagnement de l’armée libanaise. Elle a appelé les autorités libanaises à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour garantir que ses opérations puissent s’effectuer « sans obstacles ni menaces ».

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Une multiplication des incidents depuis plusieurs semaines
Les incidents visant la FINUL se sont multipliés ces dernières semaines. Des habitants de localités du Sud exigent systématiquement que toute patrouille soit accompagnée par des unités de l’armée libanaise. Ce climat de méfiance découle en partie de soupçons persistants à l’égard de la mission onusienne, accusée par certains de mener des observations indépendantes dans des zones sensibles. La perception d’un déséquilibre dans le comportement de la FINUL — considérée par ses détracteurs comme complaisante vis-à-vis d’Israël et intrusive dans les zones sous influence du Hezbollah — alimente cette défiance.

Les accusations croisées entre Hezbollah et Israël
Le Hezbollah, par le biais de figures locales ou d’actions non revendiquées, exprime régulièrement son opposition à la présence autonome de la FINUL. Il l’accuse de coopérer indirectement avec Israël, notamment en relayant des informations sur les mouvements dans certaines zones frontalières. De son côté, Israël critique la FINUL pour ce qu’il qualifie de passivité face à la reconstitution d’infrastructures militaires appartenant au Hezbollah dans le sud du Liban. Ce double reproche place la mission dans une position précaire, exposée à des critiques contradictoires qui fragilisent son autorité opérationnelle.

Un mandat sous pression diplomatique croissante
Au-delà des incidents locaux, l’avenir du mandat de la FINUL est également menacé sur la scène diplomatique. Des sources proches du dossier indiquent que les États-Unis et Israël envisagent d’exercer un veto au Conseil de sécurité contre le renouvellement du mandat de la mission. Ce projet s’inscrirait dans une stratégie de redéfinition du dispositif sécuritaire au Sud, en vue de réduire la présence onusienne perçue comme inefficace ou inadaptée au contexte actuel. Cette perspective est interprétée par plusieurs acteurs libanais comme une tentative de désengagement multilatéral au profit d’un contrôle bilatéral plus direct de la région.

La position des autorités libanaises : entre prudence et volonté de coopération
Face à ces évolutions, les autorités libanaises adoptent une ligne prudente. Elles réaffirment leur attachement à la résolution 1701 du Conseil de sécurité et reconnaissent le rôle stabilisateur que peut jouer la FINUL. Toutefois, elles doivent également composer avec une opinion publique locale réticente à certaines pratiques de la mission, et avec des acteurs politiques influents qui rejettent toute opération non coordonnée sur le terrain. Cette ambivalence complique la mise en œuvre d’une collaboration fluide entre les forces armées libanaises et les unités onusiennes.

La question de l’accompagnement systématique des patrouilles
La question de l’accompagnement des patrouilles de la FINUL par l’armée libanaise reste l’un des points les plus sensibles. Bien que non exigée par les textes onusiens, cette pratique s’est imposée dans plusieurs zones comme une norme de facto, imposée par la pression sociale locale. En refusant d’en faire une obligation légale, le gouvernement libanais tente de préserver un équilibre entre l’autonomie formelle de la mission et la réalité du terrain. Mais cette position intermédiaire est difficile à maintenir face à l’augmentation des incidents.

Les risques d’escalade et la crainte d’un vide sécuritaire
Le retrait ou l’affaiblissement du mandat de la FINUL pourrait engendrer un vide sécuritaire dans des zones frontalières déjà marquées par des tensions. Plusieurs analystes estiment que la présence onusienne, bien qu’imparfaite, joue un rôle de tampon psychologique et diplomatique entre les forces israéliennes et les acteurs armés présents au Liban. En son absence, les frictions risqueraient de se multiplier, sans médiateur international reconnu pour désamorcer les crises.

Les enjeux pour les relations libano-onusiennes
L’évolution du dossier FINUL pourrait aussi avoir des répercussions plus larges sur les relations du Liban avec les Nations unies. Un blocage au Conseil de sécurité ou un retrait partiel de la mission serait perçu comme un affaiblissement du soutien international à la stabilité du pays. Le gouvernement libanais cherche donc à éviter un tel scénario, tout en exprimant des réserves sur certaines pratiques jugées inadaptées ou contre-productives sur le terrain.

Une mission de paix confrontée à un environnement hostile
Créée en 1978 pour superviser le retrait israélien du Liban, la FINUL a vu son mandat évoluer au fil des décennies. Elle est désormais chargée de surveiller le respect du cessez-le-feu, de soutenir l’armée libanaise dans ses déploiements, et de contribuer à la stabilisation du Sud. Mais dans un contexte où les lignes de front sont mouvantes, où les pressions diplomatiques se renforcent, et où les incidents se multiplient, la mission doit redéfinir son rôle pour continuer à opérer efficacement.

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Newsdesk Libnanews
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