mardi, février 24, 2026

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Ursula von der Leyen et António Costa attendus à Beyrouth le 9 janvier pour rencontrer le président Joseph Aoun

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, entameront une tournée au Moyen-Orient les 8 et 9 janvier 2026, avec des étapes en Jordanie, en Syrie et au Liban. Cette visite, annoncée par l’Union européenne, marque un engagement renouvelé de Bruxelles dans une région marquée par des transitions politiques et des défis sécuritaires persistants. Le point d’orgue de ce déplacement au Liban sera la rencontre, le 9 janvier, avec le président de la République libanaise, Joseph Aoun, à Beyrouth. Cet échange bilatéral intervient à un moment où le Liban navigue entre une relative stabilisation post-électorale et des tensions frontalières récurrentes avec Israël.

Cette initiative diplomatique s’inscrit dans un calendrier chargé pour les dirigeants européens, qui inclut également une participation à un sommet UE-Jordanie à Amman le 8 janvier, avant de se rendre en Syrie et au Liban. Selon les communiqués officiels, la tournée vise à consolider les partenariats stratégiques dans un contexte de reconstruction régionale, particulièrement après la chute du régime syrien en 2024. Pour le Liban, cette visite représente une opportunité de discuter des soutiens européens en matière de sécurité et d’économie, deux domaines où Beyrouth fait face à des défis structurels profonds.

Les détails de l’agenda au Liban restent centrés sur la rencontre avec le président Aoun, élu en janvier 2025 après plus de deux ans de vacance présidentielle. Ancien commandant en chef de l’armée libanaise, Joseph Aoun a pris ses fonctions dans un contexte de crise multiforme, marquée par la nécessité de restaurer l’autorité de l’État face aux groupes armés non étatiques. La présence conjointe de von der Leyen et Costa souligne l’importance accordée par l’UE à ce leadership, perçu comme un pivot pour la stabilité libanaise.

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Une tournée au cœur des dynamiques moyen-orientales

Le déplacement des deux hauts responsables européens s’ouvre sur un sommet inédit entre l’Union européenne et la Jordanie, prévu le 8 janvier à Amman. Ce rendez-vous, le premier du genre, met l’accent sur le renforcement des relations bilatérales, avec un focus sur le partenariat politique et économique tel que défini dans l’accord UE-Jordanie. Les discussions porteront sur des thèmes comme la coopération en matière de commerce, de sécurité et d’investissements, dans un contexte où la Jordanie joue un rôle stabilisateur régional, notamment vis-à-vis des flux migratoires et des tensions frontalières.

De là, von der Leyen et Costa se rendront en Syrie, une étape symbolique marquant la première visite officielle de la présidente de la Commission depuis la chute du régime Assad en 2024. Cette visite intervient alors que l’UE a levé les sanctions économiques imposées sous l’ancien régime en mai 2025, et engagé un programme d’aide de 2,5 milliards d’euros pour 2025-2026. Les objectifs incluent le soutien à la phase de transition syrienne, avec un accent sur la stabilité régionale et l’intégration de la Syrie dans des cadres de coopération plus larges. Des représentants européens ont déjà multiplié les déplacements à Damas, annonçant des paquets d’assistance pour la reconstruction et la gouvernance.

Le Liban, dernière étape le 9 janvier, s’inscrit dans cette logique de consolidation régionale. La rencontre avec le président Aoun à Beyrouth permettra d’aborder les enjeux spécifiques au pays des Cèdres, où l’UE joue un rôle clé en tant que partenaire historique. Cette visite coïncide avec des efforts diplomatiques pour renforcer les institutions libanaises, au moment où Beyrouth cherche à consolider son autorité sur l’ensemble du territoire.

Les objectifs stratégiques de l’Union européenne au Liban

Au cœur de cette visite se trouvent les priorités de l’UE pour le Liban : soutenir la stabilité, promouvoir les réformes et renforcer les forces de sécurité internes. L’Union européenne étudie actuellement des options pour renforcer les Forces de sécurité intérieure libanaises, afin de libérer l’armée libanaise pour se concentrer sur ses missions frontalières. Des experts européens sont attendus au Liban fin 2026 pour évaluer les besoins sur le terrain, y compris les sites d’entraînement. Cette initiative vise à alléger la pression sur l’armée, particulièrement dans le sud du pays, où les tensions avec Israël persistent malgré le cessez-le-feu de novembre 2024.

Les discussions à Beyrouth porteront également sur le conditionnement de l’aide internationale à un parcours clair de réformes. L’UE a réaffirmé son engagement aux côtés du Liban lors de la 9e réunion du Conseil d’association UE-Liban à Bruxelles en décembre 2025, où les ministres des Affaires étrangères des États membres ont convergé sur le soutien à la stabilité et au renforcement des institutions étatiques. Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a souligné l’engagement du Liban pour la souveraineté de l’État, l’autorité exclusive de l’État et le désarmement des acteurs non étatiques, en ligne avec la Constitution et les résolutions internationales. L’UE a salué ces efforts, notamment pour rétablir le monopole de l’État sur les armes et soutenir le désarmement du Hezbollah, comme l’a indiqué l’ambassadrice de l’UE au Liban, Sandra De Waele.

Sur le plan économique, l’UE vise à appuyer la reprise libanaise, conditionnée à des avancées en matière de restructuration bancaire et de transparence. Le Liban a adopté en décembre 2025 une loi dite « gap law » visant à rembourser les déposants jusqu’à 100 000 dollars, une mesure destinée à clore la crise financière initiée en 2019. Cependant, les défis persistent, et l’UE insiste sur un accord crédible avec le Fonds monétaire international (FMI) pour restaurer la confiance et débloquer des soutiens internationaux.

La situation sécuritaire au Liban : un cessez-le-feu fragile sous tension

Le contexte sécuritaire au Liban reste marqué par des violations récurrentes du cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, sous médiation américaine. Depuis l’entrée en vigueur de cet accord, au moins 335 personnes ont été tuées et 973 blessées au Liban, avec des attaques concentrées entre novembre 2024 et septembre 2025 ayant causé 258 décès. Israël continue de mener des frappes quasi quotidiennes contre des cibles du Hezbollah et du Hamas dans le sud et l’est du Liban, y compris dans des villes comme Sidon, la troisième plus grande du pays.

Le 6 janvier 2026, des frappes israéliennes ont visé plusieurs sites, blessant au moins une personne dans le sud du Liban. Ces opérations, menées par l’armée de l’air israélienne, ciblent des infrastructures présumées du Hezbollah, malgré les avertissements d’évacuation émis par Israël. Le 7 janvier, deux personnes ont été tuées et une troisième blessée dans des frappes sur le sud du Liban, à la veille d’une réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu.

Le président Joseph Aoun a condamné ces attaques, affirmant qu’elles visent à saper les efforts locaux et internationaux pour empêcher une escalade. Il a insisté sur le fait que l’armée libanaise exerce son autorité sur le sud du Liban, malgré les ciblages répétés par Israël contre le Hezbollah et le Hamas. Ces incidents soulèvent des questions sur la viabilité du cessez-le-feu, alors que l’accord prévoyait un retrait des forces israéliennes du sud du Liban d’ici janvier 2025, un délai non respecté.

Dans ce cadre, des efforts pour le désarmement du Hezbollah se poursuivent. Une réunion ministérielle récente sur ce sujet a été précédée par le déploiement de 1 200 jeunes hommes libanais, formés au combat urbain, devant 18 ministères et institutions clés, dont l’Intérieur, les Finances et la Banque centrale. Cette mesure illustre la sensibilité du débat, alors que le Liban vise à restaurer le monopole de l’État sur les armes, conformément aux résolutions de l’ONU.

Les dynamiques régionales influencent également la sécurité libanaise. Le ministre des Affaires étrangères iranien est attendu à Beyrouth le 8 janvier, dans un contexte où Téhéran cherche à maintenir son influence malgré l’affaiblissement du Hezbollah. Parallèlement, des pourparlers indirects entre représentants libanais et israéliens se tiennent à Naqoura, sous égide de l’ONU, pour discuter d’agriculture, d’infrastructures et de commerce, sans drapeaux ni protocoles formels. Israël propose un paquet économique en échange du démantèlement du Hezbollah, soulignant que sans souveraineté pleine au sud du Litani, des opérations militaires pourraient être envisagées.

La crise économique persistante : défis et perspectives de réforme

Le Liban entre en 2026 avec une économie toujours fragilisée par la crise entamée en 2019. La livre libanaise a perdu plus de 98 % de sa valeur, l’économie s’est contractée d’environ 45 %, et près de 80 % de la population vit dans la pauvreté. Le PIB actuel reste nominalement 20 % inférieur à celui de 2019, qui s’élevait à 53 milliards de dollars. L’inflation galopante, la paralysie bancaire et l’absence de réformes structurelles ont exacerbé ces difficultés.

Le gouvernement prépare un plan pour adresser les pertes du crash financier, estimées initialement à 70 milliards de dollars, un chiffre qui a probablement augmenté au fil des six dernières années. La « gap law » adoptée fin 2025 vise à rembourser les déposants jusqu’à 100 000 dollars, marquant une tentative de clore la crise des dépôts gelés. Cependant, le secteur bancaire reste paralysé, et l’économie informelle, alimentée par la corruption, affaiblit le contrôle étatique.

Les projections pour 2026 sont contrastées. Le ministre de l’Économie, Amer Bisat, anticipe une croissance de 5 %, citant un rebond dans le tourisme et les transferts de la diaspora. Pourtant, la vulnérabilité persiste, aggravée par la crise alimentaire aiguë affectant toutes les couches de la population, due à la crise économique persistante, à la lente reconstruction et aux manques de financement. Le taux de chômage est estimé à 11,5 %, la dette publique à 164,1 % du PIB, et le déficit du compte courant à 28,1 % du PIB.

Les réformes prioritaires incluent la restructuration du secteur public, la modernisation des services publics comme l’électricité et les télécommunications, et la lutte contre l’économie souterraine. Le président Aoun a appelé l’UE à organiser une conférence européenne-arabe pour reconstruire le Liban, et à lever les sanctions européennes imposées au pays. Dans un discours à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, il a insisté sur la nécessité de ne pas sacrifier la souveraineté libanaise au nom de la lutte contre le terrorisme, écho aux préoccupations sécuritaires.

Les enjeux de la coopération internationale pour la stabilité libanaise

La visite de von der Leyen et Costa s’inscrit dans une série d’initiatives internationales visant à soutenir le Liban. L’UE a engagé des fonds pour les forces de sécurité, avec des missions d’évaluation prévues pour déterminer les besoins en formation et en équipements. Parallèlement, des pays comme la Hongrie ont réorienté leur contribution au Fonds européen pour la paix vers les forces armées libanaises, priorisant la stabilité au Moyen-Orient.

Sur le plan régional, le Liban cherche à compléter la démarcation de ses frontières avec Israël, la Syrie et Chypre, pour assurer son intégrité territoriale. Les élections parlementaires prévues en 2026, avec la participation de la diaspora, constituent un test pour la démocratie libanaise. Le gouvernement technocratique, en place depuis un an, fait face à des défis comme l’influence du Hezbollah et les demandes publiques de réforme.

Les implications immédiates de cette visite incluent des discussions sur l’aide humanitaire, particulièrement après les tempêtes hivernales qui ont endommagé des infrastructures temporaires et des routes d’aide. L’ONU rapporte que ces intempéries ont compliqué l’acheminement de fournitures essentielles dans un pays où la crise humanitaire persiste. La Banque mondiale finance des projets au Liban, avec un budget estimé à 13 millions de dollars pour 13 initiatives, incluant le soutien au ministère des Finances. Ces efforts soulignent les besoins immédiats en reconstruction, alors que le Liban navigue entre calme monétaire et paralysie bancaire, plaçant l’économie à un carrefour critique en 2026.

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