Une conférence intitulée « l’hydrodiplomatie, la sécurité hydrique et le Nexus : leçons apprises – MENA » a été organisée à l’initiative de M. Fadi Comair, Directeur Général des Ressources Hydrauliques et Electriques, à l’Hôtel «  Le Royal » Dbayyé le 6 Juin 2018.

Cette conférence a rassemblé sous un même toit plusieurs experts et éminentes personnalités.

Le Directeur Général des Ressources Hydrauliques et Electriques, M. Fadi Comair a assuré l’ouverture de ce colloque et a salué la présence de S.E. M. Miguel Angel Moratinos, du  Directeur de l’AFD M. Olivier Ray et du président de la Fondation Fouad Chehab l’ancien ministre de la Justice M. Charles Rizk.

Il a ensuite parlé de l’hydrodiplomatie des grands bassins tout en mettant l’accent sur le colloque sur l’hydrodiplomatie organisé chaque année au Sénat.

  1. Fadi Comair a continué son discours en insistant sur les problèmes auxquels on fait face tels que la démographie galopante et le risque de sécheresse, et partant de là la nécessité d’appliquer les textes anti-crises nécessaires pour établir la paix dans la région concernée.

Il faut gérer et trouver des solutions. C’est pour cela qu’il faut travailler sur l’idée de créer une autorité indépendante de l’énergie et de l’eau au Proche-Orient.

Il a ensuite rappelé qu’il est primordial que dans ce monde interdépendant, la coopération pacifique telle que l’initiative du bassin du Nil, se développe (IBN)car c’est un élément vital pour la résolution des conflits.

Enfin M. Fadi Comair a affirmé qu’il est important de trouver des solutions durables pour palier à la pénurie d’eau et offrir aux générations futures une paix durable pour la région sachant que les réflexions d’aujourd’hui pourraient constituer une base commune pour la consolidation d’un processus dynamique de partage des ressources en eau au Proche-Orient.

  1. Nassif Hitti, Directeur de l’Institut Supérieur des Sciences Politiques –USEK etle modérateur de cette conférence a vu que l’hydrodiplomatie peut être une chance surtout avec une médiation relative.

Il mentionne que certains des conflits ne sont pas des conflits hydriques, ils sont des conflits de message, en d’autres termes par le biais du conflit on fait passer un message.

  1. Samir Nasr, économiste et consultant, ECE 
  2. Nasr a vu que la stratégie de l’eau doit être structurée et menée par le Gouvernement, mais souvent il y a les problèmes de gestion et les problèmes financiers surtout dans les pays qui ont des déficits budgétaires importants.

C’est quoi un PPP ?

Un PPP est un partenariat public privé; un partenariat simple à dire et extrêmement difficile à faire.

Il s’est ensuite demandé : « pourquoi on a évoqué cette nécessité? »

C’est simple :

  • Aller vite et réaliser rapidement,
  • Réglementer au lieu de gérer,
  • Demander des extensions de services.

Il s’agit de mentionner dans ce contexte que seule une autorité responsable pourrait réaliser un PPP réussi tout en sachant que la propriété finale dans le PPP reviendrait à l’Etat.

Quant à la question de l’eau, ce sujet doit être étudié sur les différents plans économiques, sociaux et financiers….

Il faut que les accords avec le Gouvernement soient clairs et transparents prenant en considération le fait que les modifications potentielles n’aboutissent pas à un conflit.

  1. Fadi Comair a ajouté qu’un projet à multifonction tel que le Red-Dead inspire la confiance aux pays concernés. Partant de là, il faut changer le concept de la gestion hégémonique et passer à la coopération.

S.E.M.  Miguel Angel Moratinos, ancien ministre espagnol des Affaires Etrangères

 S.E.M. Miguel Angel Moratinos  a remercié M. Fadi Comair pour son invitation ainsi que tous les participants pour leur précieuse présence.

Il a parlé de l’hydrodiplomatie et de son importance tout en mettant l’accent sur le besoin d’agir et la nécessite de concrétiser les débats et les réflexions en vue d’aboutir à la coopération requise.

Ensuite, il a ajouté que pour travailler en diplomatie il faut prendre en compte la géographie et l’histoire d’un pays donné.

S.E.M. Moratinos pense qu’au Proche-Orient il y a une mémoire collective qui nous empêche d’avancer mais les enjeux sont toujours les mêmes : l’eau, le climat, l’énergie, le pétrole et l’alimentation.

Tous les enjeux mentionnés sont essentiels à notre existence.

« s’il y a de l’eau, il y a de la démocratie ».

Le paradoxe c’est que les hommes politiques essayent de trouver des solutions dans les différentes zones du monde en négligeant la sécurité alimentaire et le maintien d’un climat en conformité avec notre société.

Le ministre a ensuite parlé de l’importance de l’intervention que M. Fadi Comair a fait sur les conflits explosifs des barrages qui représentent un sujet vital qui nécessite un engagement majeur pour trouver des solutions.

Le problème est qu’on ignore la cause et la qualité profonde des problèmes et on souffre des répercussions.

Le ministre clôture en disant que peut être le temps est venu pour changer l’approche traditionnelle et pour signer les accords nécessaires pour travailler dans le futur.

La réalité est complexe, il faut savoir négocier, savoir résoudre les problèmes etc…

Faire la guerre est facile et ne coûte pas beaucoup mais faire la paix est difficile !

Faisons la paix !

Hervé Piglowski