Le président américain Donald Trump a révélé, dans une interview qu’il s’apprête à engager des discussions avec les dirigeants iraniens. Cette annonce survient moins de vingt-quatre heures après des frappes aériennes menées conjointement par les États-Unis et Israël, qui ont entraîné la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et de plusieurs hauts responsables du régime. Trump a indiqué que la nouvelle direction iranienne a exprimé son désir de dialoguer, et qu’il a accepté cette proposition, tout en regrettant le délai pris par Téhéran.
Dans cette déclaration, le président républicain, réélu en novembre 2024 pour un second mandat non consécutif, a souligné la rapidité des événements. « Ils veulent parler, et j’ai accepté de parler, donc je leur parlerai », a-t-il affirmé au journaliste Michael Scherer, depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. Il a ajouté : « Ils auraient dû le faire plus tôt. Ils auraient dû proposer plus tôt ce qui était pratique et très simple. Ils ont attendu beaucoup trop longtemps. » Ces mots reflètent la fermeté habituelle de Trump face à l’Iran, un adversaire qu’il a souvent qualifié de « régime vicieux » lors de sa première présidence entre 2017 et 2021.
Cette ouverture au dialogue marque un tournant inattendu dans une escalade qui a culminé avec les opérations militaires lancées le 28 février. Les frappes, qualifiées par la Maison Blanche de « défensives et proportionnées », visaient des sites stratégiques en Iran, incluant des installations nucléaires et des centres de commandement. Selon des rapports confirmés par le Pentagone, ces actions ont éliminé non seulement Khamenei, mais aussi une quarantaine d’autres figures clés du régime, dont des généraux des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) et des conseillers militaires. Trump, dans une vidéo postée sur sa plateforme Truth Social le soir même des frappes, a déclaré : « Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes posées par le régime iranien, un groupe de personnes très dures et terribles. »
Les tensions entre Washington et Téhéran, qui couvent depuis des décennies, ont connu une accélération brutale ces derniers mois. Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, l’administration américaine a multiplié les sanctions économiques et les déploiements militaires dans le Golfe persique, en réponse à des attaques présumées iraniennes contre des intérêts alliés. Parmi les incidents récents, une frappe iranienne rapportée à Dubaï le 1er mars 2026 a été citée par des sources du Département d’État comme un acte de représailles, bien que Téhéran n’ait pas officiellement revendiqué l’action.
Les origines de cette crise remontent à l’accord nucléaire de 2015, connu sous le nom de Plan d’action global commun (JCPOA), que Trump avait retiré unilatéralement en 2018, imposant alors des sanctions maximales. Sous la présidence de Joe Biden (2021-2025), des tentatives de renégociation avaient échoué, laissant l’Iran poursuivre son enrichissement d’uranium à des niveaux proches de ceux nécessaires pour une arme nucléaire. En février 2026, des rapports de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) indiquaient que l’Iran avait accumulé suffisamment de matière fissile pour plusieurs bombes, provoquant une alarme internationale.
Le rôle d’Israël dans ces opérations est central. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, allié de longue date de Trump, a salué les frappes comme une « victoire historique contre la menace existentielle » posée par l’Iran. Des sources du ministère israélien de la Défense ont confirmé que les renseignements fournis par le Mossad ont été cruciaux pour localiser Khamenei, décrit par Trump comme « incapable d’échapper à notre intelligence et à nos systèmes de traçage hautement sophistiqués ». Dans un message sur Truth Social, Trump a précisé : « Travaillant en étroite collaboration avec Israël, il n’y avait rien qu’il, ou les autres leaders tués avec lui, pouvait faire. »
Les frappes du 28 février
Les opérations militaires lancées le 28 février 2026 ont été décrites par le secrétaire à la Défense américain comme une « phase initiale » d’une campagne plus large visant à neutraliser les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran. Selon un communiqué du Pentagone, plus de 200 cibles ont été touchées en une seule nuit, incluant des bases souterraines à Natanz et Fordow, des sites de production de missiles à Téhéran, et des installations pétrolières dans le sud du pays. Des drones Reaper et des bombardiers B-52, soutenus par des F-35 israéliens, ont été déployés depuis des bases au Qatar et en Arabie saoudite.
Le bilan humain reste sujet à controverses. Téhéran a rapporté plus de 500 morts civils, qualifiant les frappes d’« agression barbare », tandis que Washington maintient que les cibles étaient exclusivement militaires. Trump, dans une interview accordée à Fox News le 1er mars, a affirmé que « 48 leaders sont partis en un seul coup », soulignant la rapidité de l’opération : « Cela avance rapidement. Personne ne peut croire le succès que nous avons. » Il a ajouté que les opérations sont « en avance sur le calendrier », indiquant que des frappes supplémentaires pourraient suivre si nécessaire.
Ces actions ont été justifiées par la Maison Blanche comme une réponse à des menaces imminentes. Un rapport du renseignement américain, déclassifié partiellement le 27 février, accusait l’Iran de préparer des attaques contre des navires américains dans le détroit d’Hormuz et des bases alliées en Irak. Le porte-parole du Département d’État a déclaré : « Les États-Unis ne toléreront pas que l’Iran menace la stabilité régionale ou développe des armes nucléaires. »
Les implications pour le détroit d’Hormuz
Le détroit d’Hormuz, passage obligé pour un tiers du pétrole mondial, est au cœur des préoccupations économiques liées à cette crise. Malgré l’intensité des frappes, Trump s’est montré confiant quant aux répercussions potentielles. Dans son interview à The Atlantic, il a indiqué ne pas être inquiet des impacts sur les flux maritimes ou les prix du pétrole, affirmant que les opérations militaires n’affecteraient pas durablement le commerce international. « Je ne suis pas inquiet quant aux répercussions de l’opération militaire contre l’Iran sur le détroit d’Hormuz et les prix du pétrole », a-t-il déclaré, soulignant la capacité des États-Unis à sécuriser les routes maritimes.
Les marchés ont réagi avec volatilité. Le 1er mars, le prix du baril de Brent a grimpé à 95 dollars, un pic non vu depuis 2022, avant de se stabiliser autour de 90 dollars en fin de journée. Des analystes de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estiment que les exportations iraniennes, déjà réduites par les sanctions, pourraient chuter de 1,5 million de barils par jour si les frappes se prolongent. Cependant, des réserves stratégiques américaines et une augmentation de la production saoudienne pourraient compenser ces pertes, selon un rapport du Département de l’Énergie publié le 28 février.
La marine américaine a renforcé sa présence dans le Golfe, avec le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de destroyers équipés de systèmes antimissiles. Le commandant du Centcom a confirmé que des patrouilles conjointes avec des alliés arabes assurent la liberté de navigation. Malgré des menaces iraniennes de bloquer le détroit, aucun incident majeur n’a été rapporté depuis les frappes initiales.
Les réactions internationales face à l’annonce
L’annonce de discussions par Trump a suscité des réactions mitigées sur la scène internationale. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à une « désescalade immédiate » lors d’une session d’urgence du Conseil de sécurité le 1er mars. « Toute opportunité de dialogue doit être saisie pour éviter une guerre régionale », a-t-il déclaré, citant la résolution 2231 qui endorse l’accord nucléaire de 2015. La Chine et la Russie, alliées de l’Iran, ont condamné les frappes comme une violation du droit international, avec le ministère des Affaires étrangères chinois qualifiant l’action de « provocation unilatérale ».
En Europe, le président français Emmanuel Macron a exprimé son soutien à une approche diplomatique, tout en soulignant la nécessité de sanctions renforcées. « Les discussions annoncées par le président Trump pourraient ouvrir une voie vers la paix, mais elles doivent inclure des garanties sur le programme nucléaire iranien », a-t-il indiqué dans un communiqué. Le Royaume-Uni, par la voix de son Premier ministre, a salué l’initiative, rappelant les alliances atlantiques forgées sous Trump.
Au Moyen-Orient, les monarchies du Golfe, comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont accueilli favorablement l’annonce. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a déclaré que « toute mesure affaiblissant l’Iran renforce la stabilité régionale ». En revanche, des manifestations ont éclaté à Téhéran et à Bagdad, où des milices pro-iraniennes ont promis des représailles.
Le cadre des futures discussions
Bien que Trump n’ait pas précisé la date ni les interlocuteurs des discussions, des sources du Département d’État indiquent que des contacts préliminaires ont eu lieu via des intermédiaires omanais, un canal traditionnel pour les négociations US-Iran. Le sultanat d’Oman, neutre dans les conflits régionaux, a hébergé des pourparlers secrets en 2013 menant au JCPOA. Des rapports suggèrent que des représentants iraniens, issus du Conseil suprême de la sécurité nationale, ont approché Washington dès les heures suivant la mort de Khamenei.
Trump a insisté sur la nécessité d’un accord « significatif », évoquant un délai d’environ dix jours pour l’Iran. Dans une déclaration à CBS News le 28 février, il a affirmé que la diplomatie est désormais « beaucoup plus facile » après les frappes, qui ont affaibli la position de Téhéran. « Je sais exactement qui tire les ficelles en Iran maintenant, mais je ne peux pas vous le dire », a-t-il ajouté, laissant planer le mystère sur la nouvelle hiérarchie iranienne.
Les enjeux nucléaires restent prioritaires. L’AIEA a rapporté en janvier 2026 que l’Iran enrichissait de l’uranium à 90 %, un seuil militaire. Toute négociation devra aborder le démantèlement de ces installations, en échange d’un allègement des sanctions. Trump, qui a promis lors de sa campagne de 2024 un « accord plus fort » que le JCPOA, pourrait exiger des inspections illimitées et des restrictions sur les missiles balistiques.
Les opérations militaires en cours
Alors que les discussions se profilent, les opérations militaires se poursuivent. Le 1er mars, des frappes supplémentaires ont visé des sites houthistes au Yémen, soutenus par l’Iran, dans le cadre d’une campagne élargie contre les proxies régionaux. Trump a déclaré sur Truth Social que les Houthis « ont été décimés par les frappes incessantes des deux dernières semaines », avec de nombreux combattants et leaders éliminés. « Nos attaques continueront jusqu’à ce qu’ils ne soient plus une menace pour la liberté de navigation », a-t-il averti.
Le Centcom a confirmé des bombardements sur des dépôts d’armes à Sanaa, capitale yéménite, causant des pertes estimées à plusieurs dizaines de miliciens. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à isoler l’Iran de ses alliés, incluant le Hezbollah au Liban et les milices en Irak. Des sources militaires américaines indiquent que plus de 500 sorties aériennes ont été effectuées depuis le 28 février, avec un soutien logistique israélien.
Les implications immédiates pour la région incluent une mobilisation accrue des forces alliées. L’Arabie saoudite a fermé ses frontières avec le Yémen, tandis que les Émirats ont renforcé leurs défenses aériennes. À Téhéran, le gouvernement intérimaire, dirigé par le président par intérim Mohammad Mokhber, a appelé à l’unité nationale, tout en signalant une volonté de dialogue pour éviter une escalade totale. Des observateurs notent que les frappes ont perturbé les chaînes de commandement iraniennes, forçant une réorganisation rapide qui pourrait favoriser des modérés au sein du régime.
Dans ce contexte, les patrouilles navales dans le Golfe persique se multiplient, avec des navires iraniens maintenus à distance par des avertissements américains. Le 1er mars au soir, un destroyer US a intercepté un drone iranien près du détroit d’Hormuz, sans incident majeur. Ces mesures visent à sécuriser les approvisionnements énergétiques, alors que les prix du gaz naturel en Europe ont augmenté de 15 % en réponse à la crise.
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