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Explosion d’un bâtiment à Yaroun et incendie près de Maroun al-Ras : nouvelles incursions israéliennes au sud du Liban

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Au petit matin du 9 janvier 2026, une force israélienne a pénétré dans le quartier d’Al-Bayader, à Yaroun, dans le district de Bint Jbeil, au sud du Liban. Les soldats ont piégé un bâtiment avant de le faire exploser, le réduisant à l’état de ruines. Quelques heures plus tard, une roquette éclairante israélienne a atterri près du jardin de Maroun al-Ras, provoquant un incendie qui s’est propagé dans la zone environnante. Ces actes, survenus dans un contexte de tensions persistantes le long de la Ligne bleue, illustrent la fragilité du cessez-le-feu établi fin 2024 entre Israël et le Hezbollah. Ils s’inscrivent dans une série d’incidents qui, depuis le début de l’année, ont vu une multiplication des violations, des survols de drones et des bombardements, malgré les engagements internationaux pour une désescalade.

Le sud du Liban, région frontalière marquée par des décennies de conflits, reste un foyer d’instabilité. Les événements de ces dernières heures à Yaroun et Maroun al-Ras ne sont pas isolés. La veille, le 8 janvier, trois drones hostiles ont survolé à très basse altitude la localité de Kfarmelki, dans la région d’Iqlim al-Tuffah, avant de s’étendre à Bisariyeh. Ces appareils, souvent utilisés pour des missions de reconnaissance ou d’attaque, ont maintenu une présence intrusive, soulignant la persistance des opérations aériennes israéliennes au-dessus du territoire libanais. Parallèlement, une frappe aérienne israélienne a visé un véhicule sur la route reliant Zita à Bnaafoul, dans le district de Saïda. Selon le centre d’opérations d’urgence de la santé publique, rattaché au ministère de la Santé publique, cette attaque a entraîné la mort d’un civil libanais, qualifié de « martyr » dans le communiqué officiel.

Ces incidents interviennent alors que l’armée libanaise annonce avoir achevé la première phase de son déploiement au sud du fleuve Litani, visant à établir un monopole étatique sur les armes dans la région. Le 8 janvier, les forces armées libanaises ont déclaré avoir pris le contrôle opérationnel du sud, un pas censé répondre aux exigences de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2006 pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah. Cette résolution appelle au désarmement des groupes armés non étatiques au sud du Litani et au retrait des forces israéliennes des territoires occupés. Pourtant, Israël a qualifié ces efforts d’« encourageants mais insuffisants », arguant que le Hezbollah continue de reconstituer ses capacités militaires. Des sources officielles israéliennes ont indiqué que des frappes préventives resteraient nécessaires pour empêcher toute réarmement.

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Les dynamiques régionales

La frontière libano-israélienne, longue de plus de 100 kilomètres, est surveillée par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui compte environ 10 000 casques bleus issus de plus de 40 pays. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 27 novembre 2024, la Finul a enregistré des centaines de violations, majoritairement attribuées à des incursions israéliennes. Par exemple, fin décembre 2025, des tirs de mitrailleuse lourde provenant de positions israéliennes ont touché un véhicule de patrouille de la Finul près de Bastarra, sans faire de victimes mais endommageant le matériel. Un mois plus tôt, le 10 décembre 2025, un char Merkava israélien a ouvert le feu sur des peacekeepers près de Sarda, avec des rafales de mitrailleuse passant à quelques mètres des soldats. Ces actes ont été condamnés par le secrétaire général des Nations unies, qui a rappelé que « toute attaque contre les forces de maintien de la paix constitue une violation grave du droit international humanitaire ».

Au-delà de ces incidents impliquant la Finul, les opérations militaires israéliennes se sont intensifiées depuis le début de 2026. Le 6 janvier, des frappes aériennes ont ciblé plusieurs sites dans le sud et l’est du Liban, y compris dans la troisième plus grande ville du pays, Sidon. Au moins une personne a été blessée lors de ces raids, qui visaient selon l’armée israélienne des infrastructures liées au Hezbollah. Le 7 janvier, deux personnes ont été tuées dans le sud du Liban par des forces israéliennes, à la veille d’une réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu. Ces morts portent à plus de 1 000 le nombre de victimes civiles et combattants au Liban depuis l’escalade d’octobre 2023, lorsque le Hezbollah a commencé à lancer des roquettes en solidarité avec le Hamas lors de l’offensive israélienne à Gaza.

Le contexte du cessez-le-feu

Le cessez-le-feu de novembre 2024, négocié sous les auspices des États-Unis et de la France, prévoyait un retrait progressif des forces du Hezbollah au nord du Litani et un déploiement accru de l’armée libanaise dans le sud. En échange, Israël s’engageait à cesser ses opérations terrestres et aériennes. Cependant, les violations ont été nombreuses. Du 29 décembre 2025 au 4 janvier 2026, les forces israéliennes ont mené des opérations qui ont tué deux membres du Hezbollah et blessé quatre autres personnes. Ces actions étaient justifiées par Jérusalem comme des réponses à des tentatives de réarmement du groupe chiite. Le Hezbollah, de son côté, a accusé Israël de plus de 1 900 violations du cessez-le-feu en 2025, incluant des survols de drones et des incursions terrestres.

La pression internationale s’est accrue sur le Liban pour désarmer les milices non étatiques. Le 1er janvier 2026, des messages d’avertissement provenant d’Égypte, du Qatar et de Turquie ont été transmis au Hezbollah, l’exhortant à remettre ses armes à l’État libanais pour éviter une escalade qui pourrait isoler politiquement et économiquement le pays. Des sources ministérielles libanaises ont indiqué que ces avertissements soulignaient le risque d’un approfondissement des divisions internes, le Hezbollah étant perçu par une large partie de la société libanaise comme un facteur de déstabilisation. Malgré cela, le groupe maintient sa posture défensive, arguant que sa présence armée est nécessaire face à la menace israélienne persistante.

Les implications sécuritaires

Les événements récents à Yaroun et Maroun al-Ras soulignent les défis posés par les incursions terrestres. Yaroun, située à proximité de la frontière, a déjà été le théâtre de destructions massives lors de la guerre de 2006. L’explosion du bâtiment dans le quartier d’Al-Bayader, survenue à l’aube, a été menée par une unité infiltrée, démontrant la capacité des forces israéliennes à opérer en profondeur sans détection immédiate. L’incendie provoqué par la roquette près de Maroun al-Ras, un village emblématique de la résistance libanaise, a nécessité l’intervention des pompiers locaux pour contenir les flammes, évitant une propagation aux habitations voisines. Ces actes visent, selon des analystes, à démanteler toute infrastructure potentiellement utilisée par le Hezbollah pour stocker des armes ou coordonner des opérations.

Plus au nord, les survols de drones à Kfarmelki et Bisariyeh le 8 janvier indiquent une surveillance accrue des zones agricoles et résidentielles d’Iqlim al-Tuffah. Cette région, riche en vergers de pommes, a souvent été survolée par des appareils israéliens pour recueillir des renseignements sur les mouvements du Hezbollah. La basse altitude des drones augmente le risque d’incidents, comme en témoigne un événement du 26 octobre 2025, où un drone israélien a largué une grenade près d’une patrouille de la Finul à Kfar Kila, suivi d’un tir de char.

La frappe sur le véhicule entre Zita et Bnaafoul représente un autre aspect de cette escalade. Le ministère de la Santé publique a confirmé dans un communiqué que « la frappe ennemie israélienne sur une voiture sur la route Zita-Bnaafoul, dans le district de Saïda, a conduit au martyre d’un citoyen ». Ce type d’attaques ciblées, souvent menées par drones armés, vise des individus soupçonnés d’affiliation au Hezbollah. Depuis octobre 2023, plus de 500 frappes de ce genre ont été recensées au Liban, causant des centaines de morts et des dommages collatéraux importants.

Les bombardements d’artillerie

Le soir du 8 janvier, Maroun al-Ras a également été la cible de tirs d’artillerie intermittents provenant de positions israéliennes frontalières. Ces obus, lancés depuis des sites opposés, ont touché les abords du village sans causer de victimes immédiates, mais renforçant la peur parmi les résidents. Maroun al-Ras, perché sur une colline dominant la frontière, est stratégique pour sa vue sur le nord d’Israël. Lors de la guerre de 2006, il a été le site de combats intenses, et sa population, majoritairement chiite, reste attachée au Hezbollah.

D’autres villages ont subi des tirs similaires. Le 8 janvier, des obus d’artillerie israéliens ont visé les environs d’Aitaroun avec trois projectiles, tandis que quatre obus ont atterri près de Kfar Kela et Deir Mimas, dans le quartier d’Al-Azieh. Plus à l’ouest, des obus ont touché la vallée d’Alma al-Shaab en direction d’Al-Dhaira. Ces bombardements, souvent qualifiés de « préventifs » par Israël, visent à empêcher tout regroupement de forces hostiles. Ils violent toutefois la résolution 1701, qui interdit les hostilités armées de part et d’autre de la Ligne bleue.

Les incursions terrestres

Les opérations au sol, comme celle à Yaroun, rappellent les incursions d’octobre 2025, lorsque des forces israéliennes ont pénétré à Blida, violant la souveraineté libanaise. La Finul a qualifié ces actes de « violations graves » et a appelé à un retrait immédiat. À Houla, le 9 janvier, un bâtiment résidentiel de trois étages a été démoli par des forces ennemies, ajoutant à la liste des destructions. À Marwahin, une maison a été explosée, forçant les habitants à fuir.

Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large. Depuis le cessez-le-feu, Israël a mené des opérations pour détruire des tunnels et des dépôts d’armes présumés. Le 2 janvier 2026, des frappes aériennes ont ciblé un camp d’entraînement des forces d’élite Radwan du Hezbollah à Wadi al-Akhdar, ainsi que des sites de stockage d’armes dans Iqlim al-Tuffah et les collines de Sajed. Plus de cinq avions de chasse israéliens ont été repérés au-dessus du sud du Liban ce jour-là.

Les défis pour l’armée libanaise

L’armée libanaise, déployée dans le sud depuis fin 2024, fait face à des contraintes logistiques et politiques. Avec environ 5 000 soldats supplémentaires positionnés au sud du Litani, elle vise à imposer l’autorité de l’État. Le 8 janvier, elle a annoncé la fin de la première phase de son plan, mais a admis que le travail reste inachevé. Le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, navigue entre les pressions internes et externes. Les influences confessionnelles – sunnites à Tripoli, chiites au sud – compliquent la tâche, le Hezbollah conservant un soutien fort dans les régions frontalières.

Les impacts humanitaires

Les incidents récents aggravent la crise humanitaire. Plus de 100 000 personnes restent déplacées du sud du Liban depuis 2023, avec des villages comme Yaroun et Maroun al-Ras partiellement abandonnés. Les incendies, comme celui près de Maroun al-Ras, menacent les terres agricoles, vitales pour l’économie locale. Le ministère de la Santé publique rapporte une augmentation des cas de traumatismes psychologiques parmi les civils exposés aux survols de drones et aux explosions.

Les violations aériennes

Les survols de drones persistent. Le 9 janvier, des drones ont été observés au-dessus des banlieues sud de Beyrouth et de Sidon. Ces appareils, opérant à basse altitude, collectent des renseignements mais créent une atmosphère de terreur constante. En novembre 2025, des frappes aériennes ont été observées à Tayr Dibbah, Taibe et Ayta al-Jabal, qualifiées de violations de la résolution 1701 par la Finul.

Les tensions avec la Syrie

Les événements au Liban s’étendent parfois à la Syrie voisine. Le 7 janvier, des forces israéliennes ont avancé entre Saïda al-Hanout et Al-Razaniya dans le Quneitra, soulignant les liens régionaux. Au Liban, une frappe aérienne a ciblé un véhicule à Jouaiyya, tuant un présumé membre du Hezbollah.

Les destructions continues

À Adaisseh, le 1er janvier, des forces israéliennes ont détruit des bâtiments résidentiels après une avancée. Ces actes, documentés par des sources locales, illustrent l’absence de protection pour les civils. Le gouvernement libanais, soutenu par l’ONU, appelle à une enquête internationale, mais les progrès sont lents.

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