Mercredi 25 février 2026, Israël n’a envoyé aucun représentant à la réunion du comité du mécanisme de cessez-le-feu dirigé par les États-Unis, une instance créée pour veiller à l’application de l’accord de cessation des hostilités conclu en novembre 2024 entre les deux pays. Cette absence constitue la première du genre depuis la mise en place de ce panel pentalatéral, selon des informations concordantes publiées le lendemain. Le président du comité, le général américain Joseph Clearfield, était par ailleurs absent pour la deuxième fois consécutive et a été remplacé par un officier de son équipe adjointe. La séance s’est soldée par un résultat nul, répétant le scénario de la précédente rencontre tenue le 7 décembre.
Des sources à Beyrouth proches du côté américain ont justifié ces développements en indiquant que les généraux des États-Unis sont actuellement absorbés par les plans de déploiement dans la région et n’ont pas le temps de suivre un dossier qualifié de gelé. Ces mêmes sources ont ajouté que les Américains ne cachent pas leur souhait d’abandonner le cadre actuel et qu’ils discutent avec l’armée libanaise de la nécessité de surmonter les complexités liées au lieu des réunions et à la participation des Nations unies pour passer à des rencontres directes plus fructueuses.
Ce boycott intervient dans un contexte de tensions persistantes le long de la Ligne bleue, cette ligne de démarcation établie par les Nations unies en 2000 à la suite du retrait israélien du Sud-Liban. La localité de Naqoura, siège du quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), a traditionnellement accueilli ces rencontres militaires dans un bâtiment sécurisé situé à quelques kilomètres de la frontière. Le mécanisme, hébergé par la FINUL et présidé par Washington avec la participation de la France, du Liban et d’Israël, constitue l’outil principal de vérification et d’assistance à l’application des engagements pris en novembre 2024.
Le mécanisme de cessez-le-feu, pilier fragile d’un accord conclu sous égide américano-française
L’accord de cessation des hostilités, entré en vigueur le 27 novembre 2024 à 4 heures du matin, a été négocié sous l’impulsion des États-Unis et de la France afin de mettre fin à plus d’un an d’escalade militaire entre Israël et le Hezbollah. Le document officiel, transmis au Conseil de sécurité des Nations unies sous la référence S/2024/870, définit des engagements précis pour les deux parties. Du côté libanais, il est stipulé que Beyrouth empêchera toute opération militaire ou paramilitaire à partir de son territoire contre Israël. Du côté israélien, les forces de défense israéliennes s’engagent à ne pas mener d’opérations offensives sur le sol libanais.
L’accord prévoit en outre un retrait israélien au sud de la Ligne bleue dans un délai qui ne devrait pas dépasser soixante jours, parallèlement au déploiement de l’armée libanaise au sud du fleuve Litani. Seules les forces armées de l’État libanais sont autorisées à porter des armes dans cette zone, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité adoptée en 2006 au terme de la guerre de juillet-août de cette année-là. Le texte insiste également sur la destruction des infrastructures militaires non étatiques au sud du Litani et sur la mise en place d’un mécanisme de notification des violations présumées.
Le mécanisme réformé, parfois qualifié de pentalatéral, a succédé au dispositif tripartite qui existait depuis 2006 sous l’égide exclusive de la FINUL. Sa présidence a été confiée aux États-Unis, avec un rôle d’assistance dévolu à la France. La FINUL assure l’hébergement et la logistique des réunions à Naqoura, tandis que les représentants de l’armée libanaise et de l’armée israélienne y participent directement. Le mandat du mécanisme est triple : surveiller l’application des engagements, vérifier les mesures prises sur le terrain et assister les parties dans la résolution des différends. Le général Joseph Clearfield, qui a pris ses fonctions à l’automne 2025, dirige ces travaux en sa qualité de commandant des forces américaines dans la région.
Depuis la mise en place de cet outil, les réunions se sont succédé à un rythme régulier, d’abord à cadence hebdomadaire puis plus espacée au gré des avancées et des blocages. Les premières sessions ont porté sur la coordination du retrait israélien et du déploiement libanais. Des progrès ont été enregistrés, notamment avec le retour progressif des habitants du Sud-Liban dans leurs villages, bien que des poches d’occupation israélienne persistent sur au moins cinq positions élevées, selon les déclarations libanaises répétées.
Des violations persistantes et un retrait incomplet qui compliquent la mise en œuvre
La mise en application de l’accord n’a pas été linéaire. Des incidents ont été rapportés à plusieurs reprises, tant du côté israélien que libanais. L’armée libanaise a signalé des survols, des tirs et des opérations aériennes israéliennes au-dessus de son territoire, tandis que Tel-Aviv a fait état de tentatives de réarmement ou de mouvements suspects au sud du Litani. La FINUL, forte de plus de dix mille casques bleus provenant d’une cinquantaine de pays contributeurs, a documenté ces incidents dans ses rapports réguliers au Conseil de sécurité.
En janvier 2026, la FINUL a confirmé le redéploiement de l’armée libanaise sur cent soixante-cinq positions au sud du pays, une avancée notable dans le cadre du plan national de renforcement de la souveraineté étatique. Ce plan, connu sous le nom de « Bouclier de la patrie » ou Dir al-Watan, comporte cinq phases successives visant à étendre le monopole de l’État sur les armes et à démanteler les infrastructures non autorisées, en commençant par la zone située au sud du Litani. Le Premier ministre Nawaf Salam, à la tête d’un gouvernement de vingt-quatre ministres formé le 8 février 2025, a réaffirmé à plusieurs reprises que l’armée libanaise est en mesure de mener à bien les phases restantes, y compris au nord du Litani, dans un délai de quatre mois si elle bénéficie du soutien nécessaire.
Le président de la République, le général Joseph Aoun, ancien commandant en chef de l’armée, a lui aussi insisté sur la nécessité de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. Le ministre de la Défense, Michel Menassa, ancien officier supérieur des forces armées, coordonne ces efforts en lien étroit avec les partenaires internationaux, notamment les États-Unis qui ont accordé une aide de deux cent trente millions de dollars à l’armée libanaise à l’automne 2025.
Le rôle central du général Joseph Clearfield et les défis logistiques des réunions à Naqoura
Le général Joseph Clearfield, qui cumule ses fonctions à la tête du mécanisme avec celles de commandant des forces marines américaines pour la région du CentCom, a multiplié les déplacements entre Beyrouth, Naqoura et Tel-Aviv depuis sa nomination en octobre 2025. Il a rencontré à plusieurs reprises le président Aoun, le Premier ministre Salam et le président de la Chambre, Nabih Berri, pour souligner l’engagement américain en faveur de la stabilité. Son absence lors de la réunion du 25 février n’est pas la première ; elle intervient alors que les États-Unis font face à des priorités régionales multiples, notamment en matière de déploiement de forces dans un environnement sécuritaire volatile.
Les réunions se tiennent traditionnellement dans les locaux de la FINUL à Naqoura, un site choisi pour sa neutralité et sa proximité de la frontière. Ce choix présente toutefois des contraintes protocolaires : la présence de représentants des Nations unies impose un cadre multilatéral qui, selon certaines sources américaines citées à Beyrouth, peut compliquer la recherche de solutions directes et opérationnelles. Le passage à un format bilatéral entre armées, sans intermédiaire onusien, est précisément l’une des options évoquées dans les discussions en cours avec les responsables libanais de la défense.
L’évolution du dispositif depuis la résolution 1701 de 2006
Le mécanisme actuel s’inscrit dans la continuité de la résolution 1701 adoptée le 11 août 2006. Ce texte, fruit d’un compromis international au terme de trente-trois jours de guerre, exigeait déjà le déploiement exclusif de l’armée libanaise et de la FINUL au sud du Litani, le désarmement de tous les groupes armés non étatiques et le respect de la Ligne bleue. Dix-huit ans plus tard, force est de constater que l’application demeure partielle. Le mécanisme tripartite qui fonctionnait sous l’égide de la FINUL depuis 2006 a été jugé insuffisant face à l’ampleur des défis posés par la guerre de 2024.
L’accord de novembre 2024 a donc reformulé et renforcé ce cadre en y intégrant une présidence américaine et une participation française accrue. Les réunions ont permis, à plusieurs reprises, d’échanger des informations sur des tunnels découverts ou des infrastructures suspectes, comme en décembre 2025 lorsque l’armée libanaise a procédé à des fouilles à la demande du mécanisme. Le général Clearfield a salué à l’époque le travail accompli par les forces libanaises, soulignant la coopération technique entre les parties.
Les efforts du gouvernement Salam pour restaurer la souveraineté étatique dans le Sud
Le gouvernement formé par Nawaf Salam en février 2025 a placé la restauration de l’autorité de l’État au cœur de son programme. Le Premier ministre, ancien juge à la Cour internationale de justice, a effectué plusieurs visites dans les villages frontaliers, réaffirmant que l’armée est le seul garant de la sécurité au sud du Litani. Le plan en cinq phases prévoit un désarmement progressif qui commence par la collecte volontaire d’armes, se poursuit par des opérations ciblées et s’achève par le contrôle total des frontières et des axes de communication.
L’armée libanaise a déjà atteint des objectifs significatifs dans la première phase, selon les déclarations officielles. Le déploiement sur cent soixante-cinq positions a permis de sécuriser des axes stratégiques et de faciliter le retour des déplacés. Cependant, la présence israélienne résiduelle sur certaines hauteurs empêche un contrôle complet de la zone. Les autorités libanaises ont à maintes reprises demandé le retrait total, estimant que toute occupation prolongée constitue une violation de l’accord.
Les discussions avec l’armée libanaise et la perspective d’un cadre alternatif
Les sources américaines à Beyrouth ont insisté sur le fait que les généraux des États-Unis explorent avec leurs homologues libanais des modalités nouvelles. L’idée est de dépasser les contraintes liées à la présence de la FINUL et au format multilatéral pour permettre des échanges plus directs et plus rapides sur les questions de sécurité. Cette approche ne signifie pas l’abandon de l’accord de novembre 2024, mais plutôt une adaptation aux réalités du terrain où la rapidité de réaction peut s’avérer décisive.
Le ministre de la Défense Michel Menassa, fort de son expérience au sein des forces armées, est le principal interlocuteur de ces échanges. Les contacts portent notamment sur les procédures de vérification des violations, la coordination des patrouilles et la gestion des incidents frontaliers. L’objectif affiché est de préserver la cessation des hostilités tout en rendant le dispositif plus opérationnel.
La situation immédiate le long de la Ligne bleue et les derniers développements rapportés
Au lendemain de la réunion du 25 février, la FINUL a continué ses activités de monitoring habituelles malgré les incidents signalés dans la zone de Marjayoun. Le porte-parole des Nations unies a évoqué, lors d’un point de presse, un épisode survenu le 24 février où des casques bleus ont été exposés à des tirs sans être directement visés. L’armée libanaise a maintenu ses positions et poursuivi ses opérations de sécurisation.
Le Premier ministre Nawaf Salam a présidé, le 25 février, une réunion au Grand Sérail consacrée aux préparatifs d’une session parlementaire extraordinaire. Il a réitéré l’engagement du gouvernement à soutenir l’armée dans l’achèvement du plan de souveraineté. Parallèlement, les discussions techniques avec les responsables américains sur les modalités futures des échanges sécuritaires se sont poursuivies à Beyrouth.
La FINUL, dont le mandat a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2026 avant un retrait progressif, maintient plus de dix mille hommes sur le terrain. Ses patrouilles couvrent la zone entre la Ligne bleue et le Litani, documentant tout mouvement suspect. L’armée libanaise, forte de son redéploiement récent, coordonne ses actions avec les casques bleus tout en affirmant sa capacité à assumer pleinement ses responsabilités.
Les contacts entre l’armée libanaise et ses homologues américains ont porté ces derniers jours sur les défis logistiques posés par le format actuel des réunions. Les sources proches du côté américain ont souligné la volonté de trouver un cadre qui permette des avancées concrètes sans les lourdeurs protocolaires liées à la présence onusienne. Ces échanges restent cantonnés au niveau militaire et ne remettent pas en cause le rôle central de la FINUL sur le terrain.
Le général Clearfield, malgré son absence à la dernière session, demeure le principal interlocuteur américain pour les questions de cessez-le-feu. Son équipe continue de suivre le dossier depuis son quartier général régional, en lien permanent avec les autorités libanaises et israéliennes. Les plans de déploiement mentionnés par les sources beyrouthines concernent l’ensemble de la zone d’opérations du CentCom et ne sont pas spécifiques au seul théâtre libanais.
L’armée libanaise a pour sa part confirmé le maintien de ses positions sur l’ensemble des cent soixante-cinq sites redéployés, tout en poursuivant les travaux de fortification et de contrôle des axes. Le ministre de la Défense Michel Menassa a reçu, ces dernières semaines, des délégations techniques américaines pour évoquer les besoins en équipements de surveillance et de communication.
Les villages du Sud-Liban, de Aita al-Chaab à Kafr Kila en passant par Marjayoun, demeurent au cœur des préoccupations. Le retour des habitants se poursuit par étapes, conditionné à la sécurisation effective des zones frontalières. Les autorités locales, en coordination avec le gouvernement central, gèrent la reconstruction des habitations endommagées tout en veillant au respect des dispositions de l’accord.
La Ligne bleue, longue d’une centaine de kilomètres, reste le point de référence pour toutes les vérifications. Des bornes de démarcation, installées par les Nations unies en 2000, servent de repères quotidiens aux patrouilles de la FINUL et de l’armée libanaise. Toute incursion au-delà de cette ligne fait l’objet d’une notification immédiate au mécanisme, même en l’absence de réunion plénière.
Les discussions bilatérales entre l’armée libanaise et les responsables américains se sont concentrées ces derniers jours sur les procédures à suivre en cas d’incident majeur. L’objectif est de disposer d’un canal direct permettant une désescalade rapide sans passer systématiquement par le cadre multilatéral de Naqoura. Ces échanges restent techniques et n’impliquent pas, à ce stade, de modification formelle de l’accord de novembre 2024.
Le gouvernement Salam, composé de ministres issus de différentes sensibilités politiques, maintient une ligne constante : l’armée est l’unique garant de la sécurité intérieure et frontalière. Le Premier ministre a visité à plusieurs reprises les unités déployées dans le Sud, saluant leur professionnalisme et leur engagement. Le président Aoun, de son côté, reçoit régulièrement des rapports détaillés sur l’état d’avancement du plan de souveraineté.
La FINUL continue de publier des déclarations régulières sur les incidents observés. Le 2 février 2026, elle avait déjà alerté sur une activité aérienne israélienne qui avait contraint les casques bleus à annuler des patrouilles. Le 3 février, un survol de drones avait été signalé près de Kafer Kela. Ces faits illustrent la persistance de tensions même en période de cessez-le-feu formel.
Les sources proches du côté américain ont insisté sur le caractère temporaire du gel actuel du dossier au sein du mécanisme. Elles ont indiqué que les priorités de déploiement régional ne signifient pas un désengagement, mais plutôt une réallocation temporaire des ressources humaines et matérielles. Les discussions avec l’armée libanaise visent précisément à maintenir la dynamique de coopération pendant cette période.
L’armée libanaise a renforcé ses dispositifs de communication avec la FINUL, assurant ainsi une continuité opérationnelle malgré l’absence de réunion plénière du mécanisme. Les officiers de liaison des deux côtés maintiennent des contacts quotidiens pour gérer les incidents mineurs et prévenir toute escalade.
Le fleuve Litani, qui serpente sur plus de cent quarante kilomètres avant de se jeter en Méditerranée au nord de Tyr, demeure la ligne de démarcation administrative et sécuritaire clé. Au sud de son cours, l’armée libanaise exerce un contrôle renforcé, avec des points de contrôle fixes et des patrouilles mobiles. Les villages chiites majoritaires de la région, historiquement attachés à leur terre, ont vu leurs habitants reprendre progressivement le chemin des champs et des maisons reconstruites.
Les cinq positions israéliennes encore occupées font l’objet de négociations permanentes au niveau militaire. L’armée libanaise les considère comme des violations flagrantes de l’accord, tandis que la partie israélienne les présente comme des mesures de sécurité temporaires. Le mécanisme, même en mode réduit, sert de canal pour échanger sur ces points sensibles.
Le général Clearfield, lorsqu’il est présent, préside les sessions en veillant à l’équilibre des échanges. Son remplacement par un officier adjoint lors de la réunion du 25 février n’a pas permis d’avancer sur les dossiers en suspens, confirmant le caractère technique et limité de la séance.
Les autorités libanaises ont transmis, via les canaux habituels, leurs observations sur les violations présumées. La FINUL a accusé réception et procède à ses vérifications indépendantes, conformément à son mandat. Ces procédures restent actives malgré le boycott israélien.
Le gouvernement libanais, par la voix du Premier ministre Nawaf Salam, a réaffirmé son attachement à l’accord de novembre 2024 et à la résolution 1701. Il a appelé à une mise en œuvre complète et équilibrée de tous les engagements. Le ministre de la Défense Michel Menassa a pour sa part insisté sur la nécessité de coordonner étroitement avec les partenaires internationaux tout en préservant la souveraineté nationale.
Les discussions techniques entre l’armée libanaise et les responsables américains se poursuivent à Beyrouth, portant sur les modalités pratiques d’un éventuel cadre alternatif. Ces échanges incluent des aspects logistiques, de communication et de vérification, sans remettre en cause le rôle de la FINUL sur le terrain.
La situation reste donc marquée par une activité militaire soutenue de l’armée libanaise dans le Sud, des patrouilles continues de la FINUL et des contacts maintenus entre les parties malgré l’absence israélienne à la dernière réunion du mécanisme. Les priorités de déploiement régional des États-Unis influencent temporairement le rythme des travaux, tandis que les négociations directes avec l’armée libanaise visent à préserver l’efficacité du dispositif de cessez-le-feu.
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