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L’armée israélienne déploie des troupes au sud du Liban tandis que l’armée libanaise évacue des positions frontalières

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Les tensions à la frontière libano-israélienne ont franchi un nouveau seuil ce mardi 3 mars 2026, avec l’annonce par l’armée israélienne d’un déploiement de troupes en plusieurs points au sud du Liban. Cette mesure, qualifiée de tactique par les autorités militaires, s’inscrit dans un contexte d’escalade rapide après les tirs de missiles et de drones lancés par le Hezbollah en direction du nord d’Israël. Parallèlement, des rapports indiquent que l’armée libanaise a procédé à un retrait de plusieurs positions dans le sud du pays, marquant un repli stratégique face à l’intensification des opérations israéliennes. Ces développements interviennent alors que les frappes aériennes israéliennes se multiplient sur Beyrouth et d’autres régions, provoquant des destructions massives et un exode massif de civils.

Le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l’armée israélienne, a précisé lors d’un briefing avec la presse étrangère que ce déploiement ne constitue pas une opération terrestre d’envergure. « Ce n’est pas une opération terrestre. C’est une mesure tactique destinée à assurer la sécurité de notre peuple », a-t-il déclaré. Les soldats sont positionnés en plusieurs points près de la zone frontalière, renforçant une posture défensive avancée. L’armée maintient par ailleurs des troupes sur cinq positions stratégiques en territoire libanais, occupées depuis le cessez-le-feu de novembre 2024. Ce renforcement vise à empêcher le Hezbollah d’attaquer les civils israéliens, selon les termes du porte-parole, qui a ajouté : « Nous avons positionné des soldats dans la zone frontalière à des points supplémentaires pour défendre nos civils et empêcher le Hezbollah de les attaquer ».

Cette avancée tactique fait suite à une série d’attaques menées par le Hezbollah tôt ce matin. Le groupe chiite, soutenu par l’Iran, a revendiqué le lancement d’un essaim de drones vers 5 heures locales, ciblant la base aérienne de Ramat David, la base de Meron et un autre site militaire non spécifié en Israël du nord. Ces actions ont été présentées comme une riposte à l’assassinat de l’ayatollah Ali Khamenei lors des frappes américano-israéliennes sur Téhéran samedi dernier, ainsi qu’aux bombardements répétés sur les bastions du Hezbollah au Liban. L’armée israélienne a confirmé l’interception de deux drones, sans signaler de dommages ni de victimes sur son territoire. En réponse, des frappes aériennes simultanées ont été lancées sur Beyrouth et Téhéran, visant des centres de commandement, des dépôts d’armes et des infrastructures liées au Hezbollah et au régime iranien.

Du côté libanais, le retrait de l’armée de plusieurs positions dans le sud du pays a été rapporté peu après l’annonce israélienne. Ce mouvement, qui concerne des sites proches de la frontière, semble refléter une volonté de désengagement pour éviter une confrontation directe avec les forces israéliennes. Des sources officielles libanaises n’ont pas encore commenté ce repli, mais il intervient dans un climat de condamnation ferme des actions du Hezbollah par le gouvernement de Beyrouth. Le Premier ministre libanais a qualifié les tirs du groupe d’« irresponsables », exposant le pays à une destruction accrue. Ce retrait pourrait également être lié aux ordres d’évacuation massifs émis par Israël, qui ont vidé de nombreux villages frontaliers, laissant l’armée libanaise dans une position vulnérable.

Les frappes israéliennes sur les banlieues sud de Beyrouth

Les banlieues sud de Beyrouth, considérées comme des fiefs du Hezbollah, ont été particulièrement visées ce matin. Vers 7 heures locales, des explosions ont retenti dans le quartier de Hadath, où un bâtiment spécifique avait fait l’objet d’un avertissement d’évacuation urgent. La fumée s’élevait encore des sites bombardés la veille, où des quartiers entiers ont subi des dommages collatéraux. Le ministère libanais de la Santé a actualisé son bilan à 52 morts et 154 blessés pour les attaques du lundi 2 mars, avec une majorité de victimes dans le sud du pays et les environs de la capitale. Parmi elles, plusieurs civils ont été touchés dans des zones résidentielles adjacentes aux cibles militaires présumées.

Les équipes de la Défense civile libanaise, épaulées par des scouts de l’organisation Risala, ont été mobilisées pour éteindre les incendies persistants et dégager les routes obstruées par les débris. Des branches de l’institution financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, ont été détruites dans plusieurs villages, comme Kfar Tebnit, Deir Habouch et Qana. Ces bâtiments multi-étages ont été rasés, endommageant les réseaux d’électricité, de téléphone et d’eau environnants. À Tyre, deux structures ont été anéanties par des raids aériens vers 18h09 la veille, provoquant des incendies dans des commerces adjacents et un supermarché. Les vitres des bâtiments voisins ont volé en éclats, et les infrastructures locales ont été sévèrement affectées.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a justifié ces opérations en affirmant qu’elles ciblaient des infrastructures soutenant les activités militaires du Hezbollah. Des avertissements préalables ont été diffusés via Telegram, enjoignant aux civils de s’éloigner d’au moins 300 mètres des sites visés. Dans le quartier de Bir el-Qandil à Nabatieh, un édifice abritant une branche d’Al-Qard al-Hassan a été détruit vers 16h40, après un préavis similaire. Ces attaques systématiques contre le réseau financier du Hezbollah visent à affaiblir sa capacité opérationnelle, selon les déclarations militaires israéliennes.

Évacuations massives et crise humanitaire au Liban

L’armée israélienne a émis des ordres d’évacuation urgents pour 59 zones au Liban, principalement dans le sud, appelant les résidents à s’éloigner d’au moins 1 000 mètres de leurs villages en raison des activités du Hezbollah. Ces avertissements couvrent des localités comme Ghobeiry, Haret Hreik et Hadath dans les banlieues sud de Beyrouth. Un troisième bâtiment à Hadath a été signalé ce matin comme cible imminente. Le gouvernement libanais a rapporté plus de 28 586 personnes déplacées internes, regroupées en 5 397 familles, avec 168 abris ouverts mais une capacité d’accueil limitée à 92 unités.

Cet exode massif rappelle les scènes de septembre 2024, lorsque des frappes israéliennes avaient déplacé plus d’un million de personnes en une seule journée. Les routes menant au nord sont encombrées, avec des familles fuyant vers Beyrouth et le Mont-Liban. L’ONU a exprimé sa préoccupation pour la sécurité des civils, rappelant la résolution 1701 qui exige le désarmement des milices au sud du Litani et un retrait complet des forces israéliennes des territoires occupés. Le ministère libanais des Affaires étrangères a réitéré que les actions du Hezbollah sont illégales et exposent le pays à des risques accrus, exigeant le dépôt des armes par le groupe.

Dans la vallée de la Bekaa, des bombardements ont touché des sites stratégiques, comme à Sohmor, avec des explosions audibles à des kilomètres. Les résidents fuient vers la capitale, augmentant la pression sur les infrastructures déjà fragiles. Des hôpitaux rapportent un afflux de blessés graves, avec des appels à des dons de sang. Le bilan pourrait s’alourdir, car de nombreux villages isolés n’ont pas encore transmis leurs rapports complets.

Le Hezbollah riposte et élargit le front

Le Hezbollah a intensifié ses ripostes, revendiquant des attaques contre trois bases militaires israéliennes en réponse aux frappes sur ses bastions. Le groupe a décrit ces opérations comme une vengeance pour la mort de Khamenei et les agressions répétées d’Israël. Des images diffusées par la télévision Al-Manar, affiliée au Hezbollah, ont confirmé une frappe israélienne sur l’un de ses bureaux à Beyrouth, avec des colonnes de fumée visibles dans la capitale.

Des sirènes d’alerte ont retenti dans des villes du nord d’Israël, comme Haïfa, suite à des tirs de roquettes renouvelés depuis le Liban pendant la nuit. L’armée israélienne a intercepté quatre roquettes, sans victimes rapportées. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a approuvé l’avancée des troupes et marqué le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, comme cible prioritaire. « Hezbollah paiera un lourd prix », a déclaré un responsable militaire israélien.

Ces échanges maintiennent une tension élevée, avec des résidents israéliens confinés dans des abris pendant environ une heure aux premières heures de la matinée. L’opération israélienne, baptisée « Lion rugissant », s’appuie sur des unités de la 91e division « Galilée », opérant au-delà des positions tenues depuis 2024. Des chars et des forces terrestres ont été observés près de la ligne de démarcation, avec des infiltrations rapportées vers la vallée de Wadi Hounin, adjacente aux villes libanaises de Hula et Markaba.

Contexte régional et implications des frappes sur l’Iran

Cette escalade au Liban s’inscrit dans un conflit plus large avec l’Iran, où des frappes simultanées ont visé Téhéran ce matin, touchant des sites près de la télévision d’État IRIB et du complexe pénitentiaire central. Le Croissant-Rouge iranien a actualisé son bilan à 555 morts depuis le début des hostilités. Les Gardiens de la Révolution islamique ont annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, contestée par le Commandement central américain, entraînant une hausse de plus de 5 % des prix du pétrole.

Des missiles iraniens ont causé 11 morts en Israël et touché des installations énergétiques dans le Golfe. Le palais du Golestan à Téhéran a subi des dommages, avec des fenêtres et portes affectées par les ondes de choc. Le régime iranien défie les attaques, niant toute négociation avec Washington.

À Riyad, deux drones ont frappé l’ambassade américaine, causant des dommages mineurs sans victimes. En Irak, une milice soutenue par l’Iran a revendiqué un essaim de drones sur un hôtel abritant des troupes américaines à Erbil. Des explosions ont été rapportées en Irak, au Koweït, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn, affectant l’aéroport de Dubaï et le quartier général de la 5e flotte américaine à Bahreïn.

Les Houthis au Yémen ont lancé des drones vers des cibles saoudiennes en solidarité avec l’Iran, tandis que des milices syriennes se mobilisent près de la frontière israélienne. À Bahreïn, des troubles parmi la majorité chiite ont été réprimés par des troupes saoudiennes.

Réactions américaines et renforts militaires

Le président américain Donald Trump a déclaré que la campagne contre l’Iran durera quatre à cinq semaines, avec la capacité de la prolonger. « Nous détruisons la capacité missile de l’Iran, et nous le faisons heure par heure », a-t-il affirmé. Les objectifs incluent la destruction de la marine iranienne et l’arrêt du soutien aux groupes militants.

Le département d’État a ordonné l’évacuation du personnel non essentiel de Bahreïn, Jordanie, Irak, Qatar et Koweït. Trump n’a pas exclu l’envoi de troupes au sol en Iran, avertissant d’une riposte massive aux attaques sur les intérêts américains. Le secrétaire d’État Marco Rubio a justifié les frappes en affirmant qu’elles prévenaient une action israélienne qui aurait exposé les forces américaines.

Le Pentagone a rapporté une supériorité aérienne totale sur l’Iran et l’élimination de 49 leaders du régime, dont Khamenei. Des renforts, incluant des escadrons F-35, ont été déployés. Trump s’est adressé au peuple iranien via Truth Social : « J’appelle tous les patriotes iraniens qui aspirent à la liberté à saisir ce moment, à être courageux, audacieux, héroïques et à reprendre votre pays. L’Amérique est avec vous. »

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