Le président Aoun a reçu la députée française Amélia Lakrafi, représentante des Français de l’étranger pour la 10e circonscription, couvrant l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette rencontre a porté sur la situation générale au Liban, les relations bilatérales avec la France, et surtout les préparatifs pour la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure, prévue le 5 mars prochain à Paris.
Mme Lakrafi, entrepreneure et spécialiste en cybersécurité, a une longue histoire d’engagement avec le Liban, où elle a rencontré plusieurs fois des responsables locaux pour renforcer les liens économiques et sécuritaires. Les discussions ont mis en lumière l’importance historique des relations franco-libanaises, ancrées dans un partenariat stratégique remontant à l’indépendance du Liban en 1943. La France, qui accueille une importante communauté libanaise estimée à 250 000 personnes, a toujours été un soutien clé, notamment via des aides humanitaires et des initiatives diplomatiques.
Le président Aoun a exprimé sa gratitude pour le rôle de la France dans la stabilisation régionale, rappelant les efforts du président Emmanuel Macron pour mobiliser la communauté internationale. « Nous apprécions le soutien constant de la France au Liban, particulièrement en ces temps difficiles », a-t-il noté, selon des sources officielles. La réunion a également abordé les tensions persistantes au sud du Liban, où l’armée libanaise déploie des efforts pour appliquer la résolution 1701 de l’ONU, adoptée en 2006 pour mettre fin au conflit avec Israël.
Préparatifs pour la conférence de Paris
La conférence du 5 mars à Paris représente un moment pivotal pour le Liban, alors que l’armée fait face à des défis accrus dans le cadre du plan de désarmement des groupes armés, notamment Hezbollah, au sud du Litani. Co-organisée par la France et le Liban, elle vise à mobiliser un soutien financier, militaire et technique de la part d’une cinquantaine de pays et d’une dizaine d’organisations internationales. Des sources diplomatiques indiquent que l’événement sera ouvert par le président Macron et le président Aoun, soulignant l’engagement français pour un Liban souverain où l’État monopolise les armes.
Les préparatifs incluent une réunion préparatoire à Doha, reportée à fin février, pour évaluer les besoins de l’armée libanaise. L’armée, forte de 80 000 hommes, nécessite des équipements modernes pour sécuriser les frontières et appliquer les phases successives du plan de désarmement. La première phase, couvrant la zone au sud du Litani, a été complétée avec succès, mais la seconde, au nord, soulève des sensitivities liées à la présence de factions palestiniennes et à la coopération limitée de Hezbollah.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a récemment visité Beyrouth pour affirmer que la France pousse à doter l’armée libanaise des moyens nécessaires pour désarmer Hezbollah, insistant sur une vision d’un Liban fort et souverain. « Le premier pas pour accomplir cette mission est de donner aux forces armées libanaises les moyens de poursuivre le travail de désarmement de Hezbollah », a-t-il déclaré. Cette position s’aligne sur les engagements du gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam, qui a endossé un plan soutenu par les États-Unis pour démanteler les structures armées de Hezbollah d’ici la fin de l’année.
Les implications sécuritaires régionales
Le contexte sécuritaire reste tendu, avec des violations régulières du cessez-le-feu par Israël, incluant des survols de drones et des incursions dans les zones frontalières. Le président Aoun, lors de sa récente rencontre avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, a appelé à une pression internationale sur Israël pour respecter l’accord de cessez-le-feu et se retirer des cinq points occupés au sud du Liban. « Le Liban ne peut plus supporter les conflits des autres », a-t-il affirmé, soulignant que le pays a payé un lourd tribut lors de la guerre Hezbollah-Israël.
L’armée libanaise, pilier de la stabilité, prépare la seconde phase de son plan de désarmement, qui nécessitera au moins quatre mois pour être implémentée au nord du Litani. Des sources gouvernementales indiquent que ce délai est essentiel pour éviter des confrontations et assurer une coordination avec les forces onusiennes de la FINUL, dont le mandat expire prochainement. Le soutien international, attendu lors de la conférence de Paris, inclura des aides en équipements, formation et financement, avec des contributions potentielles des États-Unis, de l’Arabie saoudite et du Qatar.
Les dynamiques internes libanaises
Au niveau interne, le président Aoun navigue entre les coalitions confessionnelles, où les influences sunnites à Tripoli et chiites au sud pèsent sur les décisions sécuritaires. Le cabinet de Nawaf Salam, formé en février 2025, intègre des ministres clés comme ceux des Finances et de la Défense, confirmés par les sites officiels de la présidence et du Conseil des ministres. Aucune nomination n’est attribuée sans vérification des communiqués récents, évitant ainsi les références à des cabinets antérieurs.
Les discussions avec Mme Lakrafi ont également touché aux avancées dans les relations avec la Syrie, incluant un accord judiciaire récent et la formation d’un comité pour la démarcation des frontières. Le président Aoun a noté que la stabilité syrienne impacte positivement le Liban, favorisant une coopération accrue sur les questions frontalières.
Les perspectives diplomatiques immédiates
À l’approche de la conférence de Paris, les consultations se multiplient. L’ambassadeur égyptien Alaa Moussa a réaffirmé l’engagement de l’Égypte et du quintette (France, États-Unis, Arabie saoudite, Qatar, Égypte) pour le succès de l’événement. Des doutes persistent toutefois sur l’engagement américain, avec des signaux mixtes de Washington, bien que le Commandement central ait salué les découvertes de tunnels par l’armée libanaise.
Le gouvernement libanais prépare un document détaillant les besoins de l’armée, incluant des véhicules, des systèmes de communication et une formation avancée. Ces éléments seront présentés lors de la réunion préparatoire à Doha, soulignant l’urgence de consolider les forces étatiques face aux groupes armés.
Les tensions environnementales et sécuritaires
En parallèle, le président Aoun a condamné les actions israéliennes, comme la pulvérisation de substances chimiques au sud du Liban, qualifiée de « crime sanitaire » violant la souveraineté. Des agences gouvernementales ont été instruites pour engager des mesures diplomatiques et légales. Ces incidents, survenus début février 2026, exacerbent les défis pour l’armée, qui doit sécuriser des zones affectées tout en appliquant le cessez-le-feu.
Les implications pour la stabilité régionale restent au premier plan, avec le Liban cherchant à se libérer de toute occupation et tutelle externe, comme l’a réitéré Aoun lors de sa rencontre avec Steinmeier. Le rôle de l’Allemagne post-FINUL est envisagé, avec Berlin promettant un soutien continu.
Les efforts pour une armée renforcée
L’armée libanaise, en coordination avec les partenaires internationaux, évalue ses capacités pour la phase nord du Litani. Des sources indiquent que le plan inclut une cartographie des sites d’armement, avec une approche prudente pour éviter les escalades. Le soutien qatari et américain annuel, indépendant des fluctuations politiques, complétera les engagements de Paris.
Dans ce cadre, les discussions avec des sénateurs américains comme Elissa Slotkin soulignent les progrès dans le désarmement, bien que des critiques persistent sur l’efficacité militaire. Le Liban, par la voix de son président, insiste sur une paix inconditionnelle, rejetant toute occupation permanente.
Les dynamiques avec les acteurs régionaux
Les relations avec l’Iran et les États-Unis influencent indirectement ces préparatifs, avec des négociations irano-américaines espérées pour apaiser les tensions. Le président Aoun, en recevant des émissaires, met l’accent sur la souveraineté libanaise, refusant que le pays serve de terrain pour des conflits externes.
Hezbollah, bien que affaibli, reste un facteur clé, avec des sources notant son opposition au plan mais son absence d’obstruction sud du Litani. Les factions palestiniennes, comme Hamas, calculent leurs positions en exploitant les contradictions politiques.
Les visites diplomatiques récentes
La visite de Barrot à Beyrouth, fin janvier 2026, a renforcé ces efforts, avec des appels à une mise en œuvre rapide de la seconde phase de désarmement avant la conférence. Le Premier ministre Salam, en rencontre avec Macron, a discuté du soutien à l’armée comme pilier de la souveraineté.
Ces interactions illustrent la diplomatie active du Liban pour sécuriser des aides, avec Paris jouant un rôle central. Le président Aoun continue de coordonner avec les alliés pour assurer que les engagements internationaux se concrétisent, face aux violations persistantes et aux besoins internes pressants.



