lundi, février 2, 2026

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Le président libanais Joseph Aoun rencontre le roi Felipe VI à Madrid et salue le soutien espagnol face aux tensions régionales

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Le président de la République libanaise, le général Joseph Aoun, a achevé sa visite officielle de deux jours en Espagne par un entretien avec le roi Felipe VI au palais de la Zarzuela, ce lundi 2 février 2026. Arrivé la veille à l’aéroport militaire de Torrejón, le chef de l’État libanais a été accueilli par des représentants officiels espagnols, marquant le début d’une série de rencontres destinées à renforcer les liens entre les deux pays. Au cours de l’audience royale, qui s’est déroulée à 13h30 heure locale (14h30 à Beyrouth), le président Aoun a souligné « l’ampleur des relations historiques reliant le Liban à l’Espagne, traduites par le respect mutuel entre les deux pays et leurs peuples, ainsi que par le soutien continu de l’Espagne au Liban et à ses causes ». Le roi Felipe VI a, de son côté, insisté sur « l’amitié historique liant les deux nations, les relations diplomatiques remontant à de longues années ».

Un accueil protocolaire au palais de la Zarzuela

À son arrivée au palais de la Zarzuela, résidence officielle du souverain espagnol, le président Aoun a été reçu par le roi Felipe VI en personne. Les deux dirigeants ont ensuite procédé à une séance de salutations avec les membres des délégations respectives. Du côté libanais, la suite comprenait le ministre des Affaires étrangères et des Émigrés, Youssef Rajji, ainsi que le conseiller personnel du président, le brigadier André Rahal. La partie espagnole était représentée par l’ambassadeur d’Espagne au Liban, Jesús Ignacio Santos, et le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Diego Martínez. Cette rencontre, qui a duré environ une heure, a été suivie d’un déjeuner privé offert par le roi, prolongeant les échanges dans un cadre plus informel. Les discussions ont porté sur le renforcement des relations bilatérales dans tous les domaines, avec une emphase particulière sur la coopération sécuritaire et le rôle de l’Espagne dans la stabilisation du Liban.

Les entretiens avec le Premier ministre Pedro Sánchez au palais de la Moncloa

La veille de l’audience royale, le président Aoun s’était entretenu avec le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, au palais de la Moncloa. Cette réunion, qui a eu lieu dans un contexte de tensions accrues au Proche-Orient, a permis d’aborder les voies de renforcement des relations économiques et sécuritaires. Selon les déclarations officielles, le président libanais a exprimé son appréciation pour le soutien espagnol au Liban, notamment à travers la participation de Madrid à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Il a détaillé les efforts déployés par l’armée libanaise pour consolider la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire, en conformité avec les résolutions internationales. Pedro Sánchez a réaffirmé l’engagement de l’Espagne en faveur de la stabilité libanaise, soulignant que son pays « soutient les mesures prises par le Liban pour renforcer sa sécurité et sa stabilité ». Les discussions ont également porté sur la possibilité de maintenir des unités militaires espagnoles dans le sud du Liban après un éventuel retrait de la FINUL, ainsi que sur la participation espagnole à la conférence internationale prévue en mars à Paris pour soutenir les forces armées et de sécurité libanaises.

Le soutien espagnol à la FINUL, pilier de la coopération sécuritaire

L’Espagne joue un rôle central dans la FINUL depuis 2006, suite au conflit de l’été entre Israël et le Hezbollah. Avec plus de 600 soldats déployés dans le secteur est de la zone d’opérations, sous le commandement du général Aroldo Lázaro Sáenz depuis février 2022, Madrid assure le leadership de cette mission onusienne prolongée jusqu’au 31 août 2025 par la résolution 2749 du Conseil de sécurité. Ce contingent, basé à la base « Miguel de Cervantes » près de Marjayoun, contribue non seulement à la surveillance de la Ligne bleue mais aussi à des projets humanitaires et de développement auprès des populations locales. Le président Aoun a remercié l’Espagne pour son engagement auprès de l’armée libanaise, notant que cette participation traduit « l’intérêt porté par l’Espagne à la stabilité et à la sécurité du Liban ». Dans le cadre des discussions avec Sánchez, il a été question de renforcer cette coopération bilatérale post-FINUL, avec des propositions pour une présence militaire espagnole indépendante si nécessaire, afin de soutenir le monopole de l’État libanais sur les armes et la sécurité frontalière. Ce partenariat s’inscrit dans une longue tradition : depuis la conférence de Madrid en 1991 et le processus de Barcelone en 1995, l’Espagne a investi dans la reconstruction libanaise, avec une aide accrue ces dernières années via l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (AECID).

Signatures d’accords : un renforcement concret des liens bilatéraux

Au cours de la visite, trois mémorandums d’entente ont été signés entre les deux pays, marquant un nouveau chapitre dans leur coopération. Le premier porte sur la collaboration entre les écoles diplomatiques, visant à établir des relations en matière de formation et de qualification des cadres diplomatiques et consulaires, ainsi que des spécialistes en politique étrangère, relations internationales, droit international et économie internationale. Ce protocole, signé en présence des deux dirigeants, inclut des échanges dans d’autres domaines connexes pour favoriser une diplomatie plus robuste face aux défis régionaux.

Le deuxième accord concerne le secteur agricole, valable pour trois ans et renouvelable. Il met l’accent sur le développement des politiques agricoles, la santé animale et végétale, la coopération scientifique et en laboratoire, ainsi que les systèmes de commercialisation. Il prévoit une assistance pour aligner les normes libanaises sur les standards internationaux et européens, renforçant les échanges entre autorités compétentes, centres de recherche et laboratoires. Des initiatives en matière de renforcement des capacités, via des formations, ateliers, visites d’études et échanges d’experts, sont au programme. L’accord aborde également la transformation numérique du secteur agroalimentaire, l’amélioration des systèmes d’irrigation pour une utilisation efficace de l’eau et de l’énergie, la promotion de la sécurité alimentaire et la transparence des chaînes d’approvisionnement. Il encourage la création de coopératives et d’associations agroalimentaires pour organiser les producteurs, et prévoit la conception d’un système d’assurance agricole.

Enfin, le troisième mémorandum porte sur la coopération en matière de bibliothèques, impliquant la Bibliothèque nationale d’Espagne et la Bibliothèque nationale du Liban pour les quatre prochaines années. Il vise l’échange de livres et de publications, la promotion de la recherche en patrimoine, archives et bibliographie, ainsi que le partage de connaissances et de meilleures pratiques en conservation documentaire. Des engagements mutuels en conseil pour la numérisation, la préservation des collections et le dépôt légal sont inclus. Ces accords, signés au palais de la Moncloa, reflètent l’ambition de Pedro Sánchez de donner « un nouvel élan aux relations bilatérales » et de approfondir la coopération économique avec le Liban.

Contexte historique des relations libano-espagnoles

Les liens entre le Liban et l’Espagne remontent à des siècles, marqués par des échanges culturels, éducatifs et économiques. Dès le Moyen Âge, des connexions via les routes commerciales méditerranéennes ont favorisé des interactions, renforcées au XXe siècle par l’établissement de relations diplomatiques formelles. L’Espagne a ouvert une ambassade à Beyrouth et le Liban à Madrid, facilitant un dialogue constant. Au cours des décennies, Madrid a soutenu Beyrouth lors de crises, comme lors de la guerre civile libanaise (1975-1990), en fournissant aide humanitaire et en participant à des initiatives de paix. Plus récemment, l’engagement espagnol s’est cristallisé avec l’entrée dans la FINUL renforcée après la résolution 1701 du Conseil de sécurité en 2006, qui a mandaté la force pour confirmer le retrait israélien, restaurer la paix et assister le gouvernement libanais dans l’extension de son autorité au sud. L’Espagne, avec la France et l’Italie, fournit la moitié des effectifs de la FINUL, veillant à maintenir le Hezbollah au nord du Litani et à prévenir les violations. Ce rôle a été prolongé en août 2025, malgré les tensions persistantes.

Les défis sécuritaires actuels au sud du Liban

La visite du président Aoun intervient dans un climat de tensions renouvelées à la frontière libano-israélienne. Depuis l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024, des violations ont été rapportées, avec des frappes israéliennes intensifiées sur le sud du Liban. Lors de ses entretiens avec Sánchez, le président libanais a appelé l’Espagne à exercer une pression au sein de l’Union européenne pour que Israël respecte pleinement cet accord. Il a exprimé l’espoir que Madrid soutienne un partenariat stratégique global entre le Liban et l’UE, incluant des aspects sécuritaires et économiques. Les discussions ont mis en lumière les efforts de l’armée libanaise pour appliquer les engagements internationaux, face à des incursions aériennes et terrestres israéliennes qui compliquent la stabilisation. La FINUL, sous commandement espagnol, documente ces incidents, fournissant protection et assistance humanitaire aux populations locales affectées par les bombardements quotidiens. Le général Lázaro Sáenz, chef de la mission, a récemment souligné l’importance de coordonner avec l’armée libanaise pour maintenir la paix dans cette zone volatile.

Implications économiques de la coopération renforcée

Au-delà de la sécurité, les accords signés ouvrent des perspectives économiques cruciales pour le Liban, confronté à une crise financière persistante depuis 2019. L’accord agricole, par exemple, pourrait aider à moderniser un secteur vital, représentant environ 5% du PIB libanais, en intégrant des technologies numériques et des pratiques durables. L’Espagne, avec son expertise en irrigation et en agroalimentaire, offre un modèle pour optimiser l’utilisation des ressources hydriques, essentielles dans un pays souffrant de pénuries d’eau. Les échanges d’experts et les ateliers prévus pourraient booster les exportations libanaises vers l’Europe, alignant les normes sanitaires sur celles de l’UE. Sur le plan culturel, la coopération en bibliothèques favorise la préservation du patrimoine libanais, riche en manuscrits arabes et ottomans, via des techniques de numérisation avancées. L’AECID a quadruplé son aide au Liban en janvier 2024, portant les engagements à 30 millions d’euros sur trois ans, couvrant des projets en éducation et en développement rural. Beyrouth abrite un Institut Cervantes, deux salles Cervantes et des programmes académiques, renforçant les liens éducatifs.

La délégation libanaise et les aspects protocolaires

La délégation accompagnant le président Aoun incluait, outre le ministre Rajji, l’ambassadeur du Liban en Espagne, Hani Chemaitelly, qui a rejoint le groupe à Madrid. Les protocoles ont été scrupuleusement respectés, avec des échanges de poignées de main et des revues des gardes d’honneur. Le déjeuner privé avec le roi a permis d’aborder des sujets plus personnels, comme les défis posés par la situation régionale au quotidien des Libanais. Le président a réitéré son aspiration à approfondir les relations dans tous les secteurs, pour des intérêts mutuels, et a salué les positions espagnoles face aux défis du Moyen-Orient. Cette visite, la première d’État de Joseph Aoun en Espagne depuis son élection, souligne l’importance accordée par Beyrouth à Madrid comme partenaire européen fiable.

Perspectives sur la conférence de Paris et l’avenir post-FINUL

Les échanges ont également porté sur la conférence internationale prévue en mars à Paris, dédiée au soutien à la qualification et à la formation des forces armées libanaises. L’Espagne s’est engagée à y participer au niveau ministériel, confirmant son rôle dans le renforcement des capacités de l’armée libanaise. Le président Aoun a exprimé sa gratitude pour cet appui, essentiel dans le contexte d’une possible évolution de la FINUL. Les discussions sur une présence militaire espagnole bilatérale post-retrait onusien visent à assurer une transition fluide, maintenant la stabilité au sud du Liban. Ces engagements immédiats, ancrés dans les récents accords, illustrent les implications directes de la visite pour la sécurité et le développement libanais, face aux violations persistantes du cessez-le-feu et aux besoins en reconstruction.

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Newsdesk Libnanews
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