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Les États-Unis demandent un report des élections législatives au Liban, révèle Nabih Berri

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Au cœur des débats politiques libanais, une révélation faite le 23 février 2026 par le président du Parlement, Nabih Berri, met en lumière des pressions extérieures sur le calendrier électoral. Berri a affirmé publiquement que l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, lui avait personnellement demandé de reporter les élections législatives prévues pour le 10 mai 2026. Cette demande, selon les propos de Berri, a été catégoriquement refusée, le président du Parlement insistant sur le respect strict de l’échéance constitutionnelle. Il a ajouté avoir informé les autres ambassadeurs accrédités à Beyrouth de ce même rejet, refusant tout report technique ou prolongation du mandat parlementaire actuel. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions accrues, où le Liban navigue entre impératifs internes de stabilité et influences internationales, particulièrement marquées depuis le cessez-le-feu avec Israël en novembre 2024.

Cette intervention de Berri n’est pas anodine. Elle survient alors que le pays du Cèdre prépare activement son scrutin, avec l’ouverture des candidatures fixée au 10 février 2026 et leur clôture au 10 mars 2026, comme l’a précisé une directive du ministère de l’Intérieur. Berri, figure emblématique de la communauté chiite et allié du Hezbollah, a lui-même annoncé sa candidature pour le district de Tyr-Zahrani dans le sud du Liban, devenant le premier à déposer officiellement sa demande. Il a également encouragé les membres de son mouvement Amal à se porter candidats, y compris pour un siège chiite dans la seizième circonscription dédiée aux sièges de l’émigration. Ces gestes visent à démontrer un engagement ferme en faveur du processus électoral, contrecarrant les accusations de complaisance envers un ajournement.

Pressions internationales et rôle du quintette

La demande américaine s’inscrit dans un cadre plus large impliquant le comité quintette, regroupant les États-Unis, la France, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte. Ces pays, engagés dans un soutien diplomatique au Liban depuis la résolution de la vacance présidentielle avec l’élection de Joseph Aoun en 2025, exercent une influence notable sur les dossiers prioritaires. Selon les déclarations de Berri, les ambassadeurs de ces nations ont explicitement exprimé une préférence pour un report, arguant que les conditions actuelles ne sont pas propices à un scrutin serein. Cette position reflète une hiérarchisation des enjeux, où la stabilisation post-conflit prime sur le renouvellement parlementaire.

Le bureau médiatique de Berri a émis une clarification le même jour, précisant que ses remarques se limitaient à décrire une atmosphère générale au sein du quintette favorable à un délai, sans nommer explicitement un ambassadeur, que ce soit du groupe ou d’autres parties. Cette mise au point répondait à des interprétations circulant dans la journée, soulignant que Berri n’avait pas visé d’individus nommément. Néanmoins, dans des échanges ultérieurs, Berri a réaffirmé que les représentants des grandes puissances lui avaient clairement indiqué leur inclination pour un ajournement, tout en maintenant son opposition ferme. “Je ne soutiens pas le report ni la prolongation du mandat du Parlement”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait été le premier à annoncer sa candidature pour bloquer les allégations d’un désir de retard.

Les justifications avancées pour ce report portent sur plusieurs fronts. D’abord, les conditions sécuritaires dans le sud du Liban restent précaires, avec des violations récurrentes du cessez-le-feu par Israël, documentées par l’ONU. Berri, lors d’une rencontre avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier le 16 février 2026, a appelé à une pression internationale pour mettre fin à ces incursions, réaffirmant l’engagement total du Liban envers l’accord de novembre 2024. Ces incidents, incluant des raids aériens et des attaques quotidiennes, compliquent la logistique électorale dans les régions frontalières, où la population chiite est majoritaire et où Amal et le Hezbollah exercent une influence prépondérante.

Ensuite, la priorité est donnée à des dossiers sensibles comme les armes de la résistance, une référence implicite à l’arsenal du Hezbollah. Washington, en particulier, conditionne son soutien à un calendrier clair de désarmement, avec des phases estimées par le gouvernement libanais entre quatre et huit mois pour la deuxième étape entre le Litani et l’Awali. Des sources diplomatiques indiquent que les États-Unis cherchent un appui saoudien et français pour renforcer l’armée libanaise contre une reconstitution de cet arsenal au nord du Litani. Cette approche s’illustre par des sanctions récentes, comme celles imposées à la société Good Sarl pour ses liens présumés avec le Hezbollah.

Enfin, l’aspect économique pèse lourd. Le gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, en place depuis février 2025, a besoin de temps supplémentaire pour mener des réformes financières, économiques et administratives. Le budget soumis le 29 juillet 2025 au Parlement vise à réduire les déficits, mais des retards dans son approbation alimentent les spéculations. Selon un rapport du FMI de décembre 2025, sans ces mesures, la croissance pourrait stagner à moins de 1 % en 2026. La dette publique dépasse les 100 milliards de dollars, et l’inflation a franchi les 200 % en 2024, d’après les données de la Banque mondiale. Ces chiffres soulignent l’urgence des restructurations bancaires et de la transparence fiscale, conditionnées à l’aide internationale.

Contexte électoral et défis techniques

Les élections de 2026 marquent la fin du mandat du Parlement élu en 2022, un scrutin qui avait vu une fragmentation entre blocs pro-Hezbollah, indépendants et opposants. La loi électorale actuelle inclut des dispositions pour le vote des expatriés, un point technique source de controverses. Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a déclaré le 16 février 2026, avant une session du Cabinet au palais de Baabda, que les élections se dérouleraient conformément à la législation en vigueur, et que rien ne pourrait les arrêter sauf une décision du Parlement. “Personne ne veut de désaccord”, a-t-il ajouté, en référence aux tensions sur le vote de la diaspora. Hajjar a circulé une directive fixant les délais pour les candidatures, ouvrant les dépôts le 10 février 2026 et les clôturant le 10 mars 2026 auprès de la Direction générale des affaires politiques et des réfugiés.

Une opinion légale émise par l’Autorité de législation et de consultations du ministère de la Justice, en réponse à une requête du ministère de l’Intérieur, porte sur la possibilité d’annuler le district des expatriés sans amender la loi. Berri a qualifié cette opinion de “rejetée, bafflante et non ouverte à l’interprétation”, alléguant qu’elle révèle un plan pour empêcher les élections à temps, orchestré par une partie non nommée. Il a insisté sur le fait que cette mesure fait partie d’une planification anticipée pour bloquer le scrutin sous la loi actuelle.

Le débat touche également à la représentation de la diaspora via la seizième circonscription, posant des défis logistiques. Le ministère des Affaires étrangères prépare les ambassades et consulats pour le vote, mais les ambiguïtés légales pourraient mener à des contestations. L’absence de médiation entre Berri et Salam sur ce dossier illustre les désaccords internes sur la méthode et l’arbitrage politique. Walid Joumblatt, leader druze, a lié la question des armes à un retrait complet israélien, conformément à la résolution 1701 de l’ONU adoptée en 2006, avertissant des risques posés par les ambiguïtés et du coût d’image internationale d’un nouveau report.

Dynamiques internes et enjeux confessionnels

Sur le plan interne, cette controverse renvoie au rapport de forces politique. Le Parlement actuel, fragmenté, risque une recomposition. Saad Hariri, ancien Premier ministre, prépare son retour pour réaffirmer le leadership sunnite, visant une dizaine de sièges. Cela perturbe les calculs de Salam et de rivaux, avec une dynamique confessionnelle persistante : sunnites à Tripoli, chiites au sud. Berri, en insistant sur le calendrier, positionne Amal comme gardien de la constitution, déplaçant la charge de la preuve vers les partisans d’un report.

Les préparatifs avancent malgré les rumeurs. Le ministère de l’Intérieur a annoncé les timelines pour les listes électorales, marquant une étape administrative précoce. Berri a réitéré que les ambassadeurs du quintette lui ont indiqué une préférence pour un report, mais qu’il avance vers la tenue du scrutin sans soutenir de délai technique ni d’extension. “Il n’est pas permissible, au début d’une nouvelle ère, d’obstruer son lancement en perturbant, reportant ou prolongeant l’entité constitutionnelle la plus importante, qui est la base pour former les autorités et produire la vie politique”, avait-il déclaré le 13 février 2026, via l’Agence nationale d’information.

Les dynamiques régionales influencent le débat. Avec des priorités comme le désarmement du Hezbollah, conditionné par Washington à un calendrier clair – idéalement fin 2026 –, les pressions extérieures se font sentir. Des sanctions américaines récentes soulignent cette approche. Pourtant, Berri maintient que les élections sont un test de souveraineté, refusant que le Liban soit pris dans des injonctions contradictoires.

Histoire des reports et implications sécuritaires

Le débat sur le report s’inscrit dans une histoire d’ajournements passés : les élections de 2013 et 2018 ont été repoussées pour raisons sécuritaires. Aujourd’hui, avec un cessez-le-feu fragile et des violations israéliennes persistantes, les arguments similaires resurgissent, mais Berri les rejette, arguant que le scrutin est essentiel pour la légitimité institutionnelle. Sur le terrain, les forces politiques se mobilisent. Joumblatt lie les armes à un retrait israélien complet, tandis que Hariri vise à sécuriser un bloc significatif, disruptant les équilibres actuels.

Le gouvernement Salam, soutenu par le quintette, doit naviguer ces eaux troubles, avec des réformes en suspens qui pourraient justifier, aux yeux de certains, plus de temps. Les implications immédiates se concentrent sur la préparation logistique. Hajjar a insisté le 16 février que la loi est applicable et qu’il n’y a aucune possibilité d’obstruction. “Le scrutin aura lieu à la date prévue, sans report technique ni autre”, a-t-il déclaré.

Les échanges diplomatiques récents, comme la visite de Steinmeier, mettent l’accent sur le respect du cessez-le-feu, mais aussi sur le soutien à l’armée libanaise. Berri a réaffirmé l’engagement libanais, appelant à des pressions sur Israël pour cesser les violations quotidiennes, qui incluent des raids dans les zones frontalières. Ces incidents, documentés par l’ONU, compliquent la tenue d’élections dans le sud, où la population chiite est majoritaire.

Sur le plan économique, Salam poursuit des réformes soutenues par le FMI, conditionnées à des avancées sur la restructuration bancaire. Le budget 2026, en discussion, intègre des clauses pour la reconstruction du sud, un point de friction entre Berri et Salam. Berri a accusé Israël d’avoir escaladé les tensions moins de 24 heures après avoir pressé pour inclure cette clause, illustrant les interconnexions entre économie et sécurité.

Les États-Unis ont suspendu les visas immigrants pour le Liban en janvier 2026, une mesure liée à des préoccupations sécuritaires. Cette décision renforce les pressions pour un désarmement progressif, avec des phases supervisées par l’armée libanaise. Un député du Hezbollah a qualifié cela de “grave erreur”, soulignant les résistances internes.

Les aspects techniques du scrutin persistent comme un enjeu. Le ministère des Affaires étrangères coordonne le vote à l’étranger, mais les débats sur la seizième circonscription pourraient mener à des recours judiciaires. Berri, en refusant tout report, place l’accent sur la souveraineté électorale, même face aux demandes américaines.

Dans ce cadre, les mobilisations partisanes s’intensifient. Le mouvement Amal prépare des listes dans le sud, tandis que les forces sunnites, sous l’impulsion de Hariri, visent à consolider leur base à Tripoli et Beyrouth. Les indépendants, issus des protestations de 2019, cherchent à capitaliser sur le mécontentement économique.

Les violations israéliennes, rapportées quotidiennement par la FINUL, incluent des survols et des incursions terrestres, affectant la préparation dans les villages frontaliers. Berri a appelé l’ONU à renforcer sa pression, lors de sa rencontre avec Steinmeier, pour assurer un environnement propice au scrutin.

Le quintette, dans une réunion préparatoire au Caire sur le soutien à l’armée libanaise, a vu une représentation diplomatique jugée faible, illustrant un désengagement relatif. Cela renforce l’argument de Berri que le Liban n’occupe pas une place centrale dans les agendas internationaux, justifiant son insistance sur l’autonomie électorale.

Les réformes administratives sous Salam incluent la modernisation du secteur public, avec des coupes dans les dépenses estimées à 15 % du PIB. Le ministère des Finances, dirigé par le ministre en fonction, coordonne avec la Banque centrale pour stabiliser la livre libanaise, qui a perdu plus de 95 % de sa valeur depuis 2019.

Ces éléments soulignent les interconnexions entre le calendrier électoral et les priorités extérieures, avec la demande américaine comme pivot récent de cette tension. Berri, à 88 ans, navigue ces défis en visant à léguer un héritage de stabilité, tout en résistant aux pressions pour un report qui pourrait prolonger le mandat parlementaire de deux ans supplémentaires, une option discutée en coulisses selon des cercles politiques.

Les préparatifs logistiques avancent, avec le ministère de l’Intérieur publiant les guidelines pour les observateurs internationaux. Hajjar a réaffirmé que les élections représentent un jalon constitutionnel incontournable, alignant son ministère avec la position de Berri contre les manœuvres dilatoires.

Sur le front diplomatique, les États-Unis coordonnent avec le quintette pour un plan de soutien à l’armée, incluant des fonds pour le déploiement au sud. Cela conditionne potentiellement l’aide à un report, mais Berri maintient que le scrutin doit primer pour restaurer la légitimité institutionnelle.

Les tensions sur le vote expatrié persistent, avec des propositions pour reporter à juillet pour permettre aux diasporas de voter sur place, mais rejetées par Berri comme un risque d’ajournement indéfini. Le Conseil constitutionnel pourrait être saisi si des ambiguïtés persistent.

Dans les régions chiites, les listes d’Amal et du Hezbollah se forment, visant à conserver leur dominance malgré les pertes militaires post-2024. Hariri, de son côté, mobilise les sunnites modérés, perturbant les alliances traditionnelles.

Les implications immédiates incluent une surveillance accrue de l’ONU sur le cessez-le-feu, avec des rapports hebdomadaires sur les violations. Berri a insisté auprès de Steinmeier pour une intervention ferme, notant que ces incidents affectent directement la participation électorale au sud.

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