L’État d’Israël est au faîte de son influence en Europe et aux États-Unis, au point qu’il a réussi à se faire quasi identifier au peuple juif, jusqu’aux institutions publiques elles-même

La critique de l’État d’Israël relèverait de plus en plus de l’antisémitisme ou est, à tout le moins, susceptible de relever d’une telle accusation. De plus, celui-ci est rapporté par glissement, implicitement ou explicitement, à la menace soit d’une nouvelle shoah soit d’une accusation de remise en cause du précédent holocauste.

De nouvelles ambitions

La capitulation de la tribu des Saoud et de ses affidés à l’État d’Israël suite à leur peur panique de l’Iran et leur haine des chiites d’une part, et à la dénonciation publique en Occident même de son soutien multiforme aux intégristes djihadistes et à son idéologie rigoriste et mortifère d’autre part, permet à celui-ci de nourrir de nouvelles ambitions et lui permet de couronner une entreprise à l’œuvre depuis un moment déjà, à savoir soumettre l’islam à ses propres exigences : adhérer au dictat de la shoah, considérer l’islam comme antisémite et expurger le Coran, identifier le peuple juif à l’État d’Israël, renoncer à toute légitimité du peuple palestinien sur la terre d’Israël, celle-ci étant un don divin de Dieu au peuple juif.
Cela fait, en effet, de nombreuses années que des intellectuels musulmans et des imams en Europe n’arrêtent pas d’être sommés de se justifier et de multiplier les interventions publiques pour prouver leur non antisémitisme, exactement de la même manière qu’ils doivent quotidiennement justifier de leur intégration. C’est un procès sans fin, ou toute mise en demeure doit justifier la production d’une nouvelle preuve ou d’un acte de déférence.

Cette capitulation vient d’ouvrir la voie à une nouvelle exigence, celle d’un racket massif à hauteur de deux cent cinquante milliards de dollars contre certains pays arabes ou musulmans pour dédommager la dépossession des avoirs des juifs qui dû quitter ces pays, soit suite à des expulsions soit par peur de répression. Ce racket concerne notamment le Maroc, l’Irak, la Syrie, l’Égypte, le Yémen et l’Iran. Gageons que cette liste n’est pas définitive.

L’État d’Israël est cupide et insatiable. Il le prouve encore une fois. Toute soumission qu’il réussit à obtenir aiguise sa voracité et ouvre la voie à l’exigence d’une nouvelle soumission.

Fort de cette puissance d’influence aboutie, le revers de la médaille sera progressivement à la hauteur du rejet que cela finira par susciter.
Les exactions régulières commises par l’État d’Israël contre les palestiniens finissent toujours par percer malgré toutes précautions prises par des médias sous influence pour les présenter, quand ils ne peuvent plus les passer sous silence.
Y compris dans les institutions, les multiples silences finiront par peser de plus en plus lourd, pour finir par nourrir un ressentiment d’autant plus fort qu’il n’ose pas s’exprimer, sous peine de se voir isolé et perdre son statut.
Identifié à l’État d’Israël grâce à sa propre volonté et à la lâcheté des États qui ont accepté de s’y soumettre, le peuple juif en sera de plus en plus considéré comme comptable.

Une déferlante

Les efforts de toutes forces qui ont combattu l’antisémitisme tout en soutenant le peuple palestinien notamment, soutenu la distinction entre le sionisme et la politique de l’État d’Israël d’une part et le peuple juif d’autre part, ont finalement été vains devant la déferlante israélienne. Les militants qui ont mené ce combat, voire en ont été le fer de lance, sont aujourd’hui accusés d’être antisémites ou vivent sous cette menace permanente, avec le danger de devenir des parias à la moindre occasion.

La Pologne, un petit pays par sa force économique, a osé faire face à cette déferlante en votant une loi condamnant toute accusation visant une quelconque responsabilité dans le génocide juif, protégeant ainsi ses citoyens contre toute pression visant à les y soumettre. Face aux menaces israélo-américaines, elle a dû vite y renoncer sous prétexte de la liberté de la recherche, alors que dans d’autre pays cette même liberté est strictement interdite par la loi, si elle ne se soumet pas à la vérité officielle.

Les intellectuels, associations et institutions arabes ou musulmanes en Europe et aux États-Unis, les pays arabes et/ou musulmans oseront-ils faire face à la puissance de l’argent des pays du Golfe et aux multiples réseaux d’influence et de coercition de l’État d’Israël ?

Scandre Hachem

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2 COMMENTAIRES

  1. C’ est à peu près ce que l’ on constate d’ ici en Europe !
    Le problème qui se posera de plus en plus c’ est le conflit d’ intérêts !
    Je suis pour les israéliens et les palestiniens mais contre ceux qui les gouvernent parce que ils n’ arrive pas assurer tout deux une paix durable ! Je suis pour l’ Union européenne mais contre sa politique actuelle !
    Je suis pour la politique russe à l’ internationale, mais pas entièrement pour sa politique nationale !
    Je suis pour un gouvernement mondial mais contre sa dictature etc …
    Et ce sera comme çà partout et de plus en plus !
    Car on va arriver à une année miroir l’ année 2020 et cela va changer beaucoup de chose je pense ???

  2. Refuser d accepter une religion ou refuser d accepter une idéologie de la religion, cela revient au même.

    Mais ne pas accepter la suprématie nationale d un peuple avec ses frontières irrecusables ainsi que le monopole de la force par l armée cela revient à refuser la nation pour laquelle nous croyons nous battre et cela revient à créer un état dans un état.
    En Israël c est un peu pareil.
    Des religions distinctes avec suprématie ou déni national pour la distinction musulmane.
    Ou au liban, refus de la force armée pour assouvir le but d une milice.

    Ainsi, le sentiment national est souvent mal expliqué à l ensemble de la population.
    Une menace contre un état national est aussi mal expliqué surtout lorsque la menace est amenée aux frontières mêmes de la légalité souveraine.

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