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Liban : L’alerte de Nabih Berri face à la médiation américaine menace d’enflammer la crise du désarmement

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À l’approche de la session cruciale du Conseil des ministres du 2 septembre 2025, où un plan de désarmement du Hezbollah doit être examiné sous la pression des États-Unis et d’Israël, le Liban s’enfonce dans une crise politique d’une intensité rare. Nabih Berri, président du Parlement et leader du mouvement Amal, s’est imposé comme une voix centrale dans ce tumulte, dénonçant avec virulence la médiation américaine menée par l’émissaire Tom Barrack. Dans une série d’entretiens publiés le 28 août 2025, Berri a accusé Washington de trahir ses promesses, alignant ses exigences sur celles d’Israël, qui conditionne tout retrait de ses positions au sud du Liban à un désarmement effectif du Hezbollah. Dans un pays fracturé par une crise économique dévastatrice, marquée par des pertes bancaires de 70 à 100 milliards de dollars héritées des fraudes pré-2019 et une absence de bilans publics depuis, les mises en garde de Berri contre un « conflit interne » résonnent comme un cri d’alarme. Alors que les manifestations populaires s’intensifient et que le gouvernement de Nawaf Salam risque l’implosion, la session du 2 septembre pourrait déclencher des violences, voire raviver le spectre d’une guerre civile dans un Liban au bord du chaos.

Nabih Berri : une dénonciation sans détour de la médiation américaine

Dans une série de déclarations percutantes, Nabih Berri a fustigé la médiation américaine, accusant l’émissaire Tom Barrack de revenir sur les engagements initiaux. « Les Américains sont revenus avec l’opposé de ce qu’ils avaient promis », a-t-il asséné, dénonçant une approche qui, sous couvert d’une diplomatie « pas à pas », impose des exigences unilatérales pour désarmer le Hezbollah sans offrir de garanties sur un retrait israélien ou l’arrêt des 500 frappes menées par Tsahal depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, qui ont tué 230 combattants du Hezbollah et 83 civils, dont 15 enfants. Berri a qualifié cette médiation de « manipulation diplomatique », soulignant l’absence de réciprocité dans le plan proposé, qui reprend « mot pour mot » les conditions israéliennes, selon lui.

Berri a également critiqué le silence d’Israël face aux propositions libanaises, estimant que « le dossier est revenu à la case départ, dans une ambiance encore plus tendue ». « Les choses ne sont pas faciles », a-t-il résumé, une phrase qui reflète la gravité de la situation. Il a mis en garde contre les conséquences d’un vote précipité lors de la session du 2 septembre, avertissant que « chaque décision qui mène à une division dans le pays est condamnable ». Pour Berri, le Liban ne peut « ni céder à l’intimidation, ni être livré à des choix étrangers déguisés en initiatives diplomatiques », une position qui galvanise l’opposition au plan de désarmement, particulièrement dans les bastions chiites du Sud.

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Une session du 2 septembre sous haute tension

La session du Conseil des ministres du 2 septembre, convoquée par le Premier ministre Nawaf Salam, doit examiner un plan militaire en quatre phases : décret engageant le désarmement du Hezbollah, déploiement renforcé de l’armée au sud du fleuve Litani, élimination des arsenaux non étatiques, et retrait conditionnel d’Israël. Ce plan, élaboré sous la pression de Tom Barrack, est perçu comme un ultimatum aligné sur les exigences israéliennes, qui refusent de retirer leurs troupes des cinq positions frontalières occupées tant que le Hezbollah n’est pas désarmé. Cette posture, couplée aux violations continues du cessez-le-feu, alimente une colère croissante.

Le gouvernement est au bord de l’implosion. Le tandem Hezbollah-Amal, qui contrôle six des 24 portefeuilles ministériels et 27 des 128 sièges au Parlement, a menacé de boycotter la session si le désarmement est à l’ordre du jour. Plusieurs ministres ont accusé Salam de « soumission » aux injonctions américaines, certains envisageant des démissions qui pourraient faire chuter le cabinet formé en février 2025 après l’élection du président Joseph Aoun. « La session du 2 septembre est un piège. Elle risque de fracturer l’exécutif et de plonger le pays dans le chaos », a prévenu un député proche d’Amal. L’absence de consensus lors des réunions préparatoires renforce le spectre d’une crise institutionnelle majeure.

Mobilisations populaires : un risque d’embrasement

La colère populaire s’intensifie, particulièrement dans les régions chiites du Sud comme Khiyam, Marjayoun et Tyr, où des manifestations ont éclaté contre la médiation américaine. Les protestataires, dénonçant la « complicité » de Barrack avec Israël, ont bloqué routes et accès, forçant l’annulation de sa visite dans le Sud le 27 août. « Nous ne laisserons pas la résistance être désarmée alors qu’Israël occupe notre territoire et bombarde nos villages », a scandé un manifestant à Tyr. Ces mobilisations, soutenues par le Hezbollah et Amal, pourraient s’amplifier dès septembre, avec des appels à des mouvements étudiants, ouvriers et populaires pour défendre la « souveraineté nationale » et rejeter toute concession sur les points frontaliers, comme les fermes de Chebaa.

Le risque d’incidents violents est alarmant. Les manifestations pourraient dégénérer en affrontements avec les forces de l’ordre, notamment si l’armée tente d’imposer le désarmement dans les bastions chiites. À Beyrouth, des heurts entre factions pro et anti-Hezbollah ont déjà eu lieu, et les tensions communautaires – chiites contre chrétiens soutenant le désarmement – menacent de transformer le pays en poudrière. « Une étincelle, comme une intervention militaire contre le Hezbollah, pourrait déclencher une guerre civile », avertit un analyste politique.

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Newsdesk Libnanews
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