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Liban : Le vote du renouvellement de la FINUL est reporté

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Un vote reporté, des positions irréconciliables

Le 25 août 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies devait voter sur le renouvellement du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui expire le 31 août. Ce vote, initialement prévu lundi, a été reporté au 29 août pour permettre des consultations supplémentaires, révélant des fractures diplomatiques. Le Liban, soutenu par la France, défend le maintien de la mission, essentielle pour contrer les violations israéliennes répétées du cessez-le-feu de novembre 2024 et stabiliser le Sud-Liban. À l’opposé, les États-Unis et Israël, ce dernier responsable de la majorité des infractions recensées, critiquent l’efficacité de la FINUL, plaidant pour une réduction de ses effectifs, une refonte de son mandat ou un retrait progressif d’ici un an. 

Un report révélateur des divergences

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Des sources diplomatiques citées par RFI et la chaîne libanaise MTV ont confirmé le 25 août le report du vote au 29 août, à la demande de la France. Ce délai reflète l’incapacité à concilier les positions au sein du Conseil de sécurité. Le président libanais, Joseph Aoun, a réaffirmé lors d’une réunion avec des diplomates le 20 août que la FINUL est cruciale pour protéger la souveraineté nationale face à l’occupation israélienne de zones comme Ghajar et cinq autres points stratégiques. Les États-Unis et Israël, accusé de plus de 1 800 violations aériennes et 650 terrestres depuis novembre 2024, cherchent à limiter le mandat, arguant de son inefficacité. Pour le Liban, les critiques israéliennes visent à détourner l’attention de ses propres violations systématiques de la résolution 1701.

Le Liban défend la FINUL, bouclier contre l’agression israélienne

Dans un pays ravagé par une crise économique et politique depuis 2019, la FINUL est un pilier vital face aux agressions israéliennes. Joseph Aoun insiste sur un renouvellement sans modification du mandat, soulignant que les 10 800 Casques bleus soutiennent les Forces armées libanaises (FAL) et injectent des devises étrangères dans une économie exsangue. Le 17 avril 2025, le gouvernement a décidé de soutenir une extension d’un an, jusqu’au 31 août 2026. Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Rajji, a averti dans une lettre à António Guterres le 27 juin 2025 que toute limitation du mandat encouragerait l’escalade israélienne. Beyrouth valorise le rôle de la FINUL comme canal de communication avec l’armée israélienne via le mécanisme tripartite, inactif depuis octobre 2023 en raison des obstructions israéliennes. Selon Al-Jadeed, le Liban pourrait accepter un renouvellement conditionnel, mais uniquement avec des garanties sur la souveraineté nationale et une condamnation des violations israéliennes.

La France, un allié diplomatique clé

La France, rédactrice de la résolution, propose un renouvellement du mandat pour un an, jusqu’au 31 août 2026, avec une clause signalant un retrait progressif à long terme, conditionné à un renforcement de l’autorité libanaise. Selon un projet obtenu par Fox News, Paris cherche à préserver la mission tout en répondant aux pressions américaines et israéliennes. La France insiste sur le maintien des 10 800 soldats, dont 700 Français de l’opération Daman, estimant qu’une réduction encouragerait les violations israéliennes. Le texte condamne les survols aériens et incursions terrestres israéliennes, tout en évitant de nommer le Hezbollah pour ménager Beyrouth. Des diplomates cités par Nidaa Al-Watan indiquent que Paris pousse pour une meilleure coordination entre la FINUL et les FAL, ainsi que pour des discussions sur la démarcation de la frontière, bloquées par l’intransigeance israélienne.

Les États-Unis, complaisants envers Israël

Les États-Unis, avec leur droit de veto, critiquent la FINUL, alignés sur Israël. Washington reproche à la mission son prétendu échec à empêcher le réarmement du Hezbollah, tout en ignorant les violations massives israéliennes. Selon Al-Jadeed le 10 mai 2025, les États-Unis envisagent un renouvellement limité à un an, avec l’objectif de réviser ou de mettre fin au mandat d’ici 2026. Des analystes proches du département d’État, cités par le Jewish Institute for National Security of America, affirment que la FINUL a échoué depuis 1978, éludant la responsabilité d’Israël. Washington soutient le désarmement du Hezbollah dans le cadre du cessez-le-feu de novembre 2024, mais reste silencieux sur les incursions israéliennes, perçues par le Liban comme un soutien tacite à l’agression israélienne.

Israël, des critiques pour masquer ses violations

Israël réclame un retrait immédiat ou progressif de la FINUL. Selon Israel Hayom le 8 juin 2025, Tel-Aviv juge la mission inefficace, accusant les Casques bleus de limiter la liberté d’action de l’armée israélienne (Tsahal). Le Liban voit dans ces critiques une tentative de détourner l’attention des 1 800 survols aériens et 650 incidents terrestres israéliens depuis novembre 2024. Tel-Aviv reproche à la FINUL de ne pas documenter suffisamment les infractions du Hezbollah, bien que ses 55 rapports depuis 2006 incriminent majoritairement Israël. Le 19 août 2025, Israël a demandé aux États-Unis de soutenir la fin du mandat, selon Newsmax, proposant un mécanisme alternatif impliquant les FAL et Washington. Des rapports du centre Alma omettent que les attaques israéliennes, comme celles d’octobre 2024 blessant cinq Casques bleus et celle du 14 mai 2025 à Ras al-Naqoura, visent à intimider la mission.

Un mandat historique contrarié par Israël

Créée en 1978 par les résolutions 425 et 426, la FINUL vise à confirmer le retrait israélien, rétablir la paix et soutenir l’autorité libanaise. Renforcée en 2006 par la résolution 1701, elle surveille le cessez-le-feu, soutient les FAL et fournit une aide humanitaire. Avec 10 800 soldats de 49 pays, dont 700 Français, elle opère le long de la Ligne bleue, documentant les violations, majoritairement israéliennes. Entre novembre 2024 et juillet 2025, elle a signalé 293 caches d’armes aux FAL, mais son mandat de chapitre VI limite son action à l’autodéfense, une contrainte exploitée par Israël pour discréditer la mission.

Une mission sous les attaques israéliennes

Le cessez-le-feu de novembre 2024, négocié par la France et les États-Unis, a stoppé un conflit ayant causé plus de 4 000 morts. Il exigeait le retrait israélien, le désarmement des infrastructures du Hezbollah et un renforcement des FAL. Cependant, les violations israéliennes, incluant des survols quotidiens et des incursions, compromettent l’accord. Des attaques contre la FINUL, comme en octobre 2024 (cinq Casques bleus blessés) et le 14 mai 2025 à Ras al-Naqoura, ont été condamnées par António Guterres.

Les limites du mandat, exploitées par Israël

Sous chapitre VI, la FINUL ne peut ni désarmer le Hezbollah ni intervenir dans les propriétés privées, une limitation soulignée par Andrea Tenenti et exploitée par Israël. Les propositions américaines et israéliennes de passer au chapitre VII, autorisant l’usage de la force, ont été rejetées par le Liban et la France, qui y voient une tentative de légitimer les interventions israéliennes.

Le rôle vital de la FINUL pour le Liban

Malgré les pressions israéliennes, la FINUL reste un canal de communication essentiel entre les armées libanaise et israélienne. Elle documente les violations, majoritairement israéliennes, soutient la formation des FAL et fournit une aide humanitaire. Depuis novembre 2024, elle a renforcé sa posture opérationnelle, comme l’a indiqué le général Diodato Abagnara.

Un vote décisif pour la souveraineté libanaise

Le report au 29 août reflète la complexité des négociations. La France cherche un compromis face aux pressions américaines et israéliennes, tandis que le Liban, sous la direction de Youssef Rajji, insiste sur un renouvellement sans condition. Israël et les États-Unis pourraient accepter une extension d’un an avec des ajustements, mais un veto américain n’est pas exclu. Le sort de la FINUL, rempart contre l’agressivité israélienne, reste suspendu à ce vote.

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Newsdesk Libnanews
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