Le gouvernement libanais ferme face aux exigences israéliennes
Les autorités libanaises ont opposé un refus catégorique à une demande israélienne visant à prolonger le maintien des forces de Tsahal dans certaines zones du sud du Liban jusqu’au 28 février. Cette requête, révélée par les chaînes de télévision LBCI et Al-Jadeed, a été portée à la connaissance du comité de suivi du cessez-le-feu, chargé de superviser le retrait progressif des forces israéliennes et la stabilisation de la région.
Selon les informations diffusées par LBCI, la demande israélienne a été immédiatement rejetée par la partie libanaise. Al-Jadeed a précisé que le Liban propose à la place un déploiement des forces de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) ou de l’armée libanaise, accompagnées des observateurs du comité de cessez-le-feu, dans les cinq points que Tel-Aviv souhaitait conserver sous son contrôle temporaire.
Une négociation tendue sur le retrait israélien
Les discussions se poursuivent entre les différentes parties concernées, alors que la pression diplomatique monte pour garantir l’application intégrale de l’accord de cessez-le-feu signé entre Israël et le Hezbollah. Cet accord, en vigueur depuis le 27 novembre après plus d’un an d’hostilités, avait notamment prévu un retrait progressif des troupes israéliennes sur une période de 60 jours. Celle-ci avait été prolongée jusqu’au 18 février.
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Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a insisté sur la nécessité pour l’État de rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire national. Dans une interview télévisée accordée à Télé Liban, il a affirmé :
« Ce qui doit être mis en œuvre, c’est que l’État libanais étende son autorité par ses propres forces sur tout le territoire libanais. »
Il a également souligné l’importance d’un retrait total des forces israéliennes, affirmant que Beyrouth continuerait à mobiliser tous les efforts diplomatiques et politiques nécessaires pour atteindre cet objectif.
Le contexte d’un fragile cessez-le-feu
L’accord entre Israël et le Hezbollah a mis fin à une période de violences intenses, marquée par une guerre de deux mois qui a causé d’importants dégâts humains et matériels. Si l’engagement prévoyait le retrait de l’armée israélienne, il impliquait également un départ des combattants du Hezbollah des positions situées près de la frontière sud.
Toutefois, la mise en œuvre de cet accord demeure complexe. Israël justifie sa demande de prolongation de présence militaire par des impératifs sécuritaires, invoquant un risque de reprise des hostilités et la nécessité d’assurer une transition en douceur avant le retour exclusif des forces libanaises et internationales.
Face à cela, les autorités libanaises insistent sur le respect strict des engagements pris et refusent toute prolongation qui pourrait être perçue comme une occupation déguisée. L’option avancée par Beyrouth, qui consiste à renforcer le rôle de la FINUL et des forces libanaises, s’inscrit dans une volonté de préserver la souveraineté du pays tout en maintenant un cadre sécuritaire stable.
Un défi de reconstruction colossal
En parallèle des défis diplomatiques et militaires, le Liban doit faire face aux conséquences économiques désastreuses du conflit. Selon le Premier ministre Nawaf Salam, les estimations initiales du coût de reconstruction des zones dévastées s’élevaient à 8 à 9 milliards de dollars. Or, cette somme aurait déjà augmenté pour atteindre 10 à 11 milliards de dollars, un chiffre alarmant pour un pays en crise financière depuis plusieurs années.
Cette situation met encore davantage de pression sur le gouvernement fraîchement formé de Nawaf Salam, qui a pris ses fonctions après plus de deux ans de vacance du pouvoir. Son exécutif doit désormais non seulement assurer la transition sécuritaire et diplomatique post-conflit, mais aussi mobiliser des fonds internationaux pour financer la reconstruction et relancer une économie exsangue.



