Fouad Abou Nader, Charbel Nahas, Hanna Gharib, Najah Wakim
Fouad Abou Nader, Charbel Nahas, Hanna Gharib, Najah Wakim

Avec la montée en puissance des mouvements citoyens en réaction à la crise des ordures avec le collectif Tol3it Rihetkoum puis Badna Nhassib, des citoyens tous bords et toutes confessions confondues descendent à la rue pour crier leur rage et leur dégoût face à la situation inextricable dans laquelle ils se trouvent. Avec les médias libanais qui diffusent en direct à longueur de journée les développements de ces rassemblements, des visages de politiciens ou activistes ayant déserté la scène politique réapparaissent en soutien aux demandes citoyennes.

N’étant pas en contact direct avec les organisateurs des mouvements, ces derniers, le plus souvent aimé par le peuple, indépendants et écartés des partis traditionnels, sont là pour confirmer leur rejet du système corrompu. Agissant en tant qu’autorités morales parce qu’ils ont, chacun à sa manière, refusé d’être complice du système pourri, Charbel Nahas, Fouad Abou Nader, Najah Wakim et Hanna Gharib depuis samedi, ont fait partie de la foule. Avec un grand absent pour le moment, Ziad Baroud…Ces personnages appréciés par les masses, seront-ils plus tard, auprès des acteurs civils, les futurs protagonistes des nouvelles réformes, si toutefois ces dernières auraient lieu ? Entre-temps, (re)découvrons leurs profils.

Charbel Nahhas

Diplômé de l’École polytechnique et de l’École nationale des ponts et chaussées, Charbel Nahhas est également détenteur d’un doctorat en anthropologie sociale à l’École des hautes études en sciences sociales en France. De retour au pays en 1979, il enseigne à l’Université libanaise pendant douze ans.

Chargé de la reconstruction du centre de Beyrouth entre 1982 et 1986, puis entre 1986 et 1998, il œuvre dans la modernisation du secteur bancaire libanais d’après-guerre. En 1998-1999, il a présenté un «programme de correction financière » au gouvernement libanais et travaille depuis comme consultant et chercheur en économie. Il soutient également des dossiers d’ordre social et est apprécié par la majorité des Libanais pour sa probité et son appui aux justes causes.

Économiste consultant pour les réformes au pays des cèdres, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le Liban dont « Un Programme Socio-économique pour le Liban », « Les Chances pour Eviter la Crise et les Conditions pour la Surmonter ; Compte Rendu d’une Tentative de Réforme » (Dar An-Nahar, en arabe).

Il est désigné en 2009 par Michel Aoun, ministre des télécommunications du gouvernement de Saad Hariri, un des cinq ministres désignés par Michel Aoun ; puis également dans les rangs du CPL, ministre du travail du gouvernement Mikati en 2011. Cependant, refusant de signer le décret gouvernemental concernant les indemnités de transports des salariés qu’il estimait illégal, avec le soutien du Conseil d’État.

Fouad Abou Nader

Petit-fils de Pierre Gemayel, diplômé en médicine de l’USJ en 1982, il adhère adhéra aux Kataëb en 1970. En pleine formation des Forces libanaises, il crée avec Fadi Frem la troupe d’élite des FL, le Saddem. Il devient bras-droit de Bachir Gemayel Frem en 1982, puis commandant en chef des FL en 1984 après la guerre de la montagne. Il est à l’origine de la croix des FL et du logo delta.

Refusant de verser le sang chrétien lors des mouvements d’insurrection secouant les FL en 1985-86, il a été victime d’un attentat en 1986. S’opposant aux accords de Taef et à l’hégémonie syrienne en 1989, et participant aux rassemblement de Baabda, il quitte le bureau politique des FL, et forme avec Dany Chamoun, le nouveau Front Libanais appuyant la guerre de libération de l’armée Libanaise contre la Syrie. Suite à l’assassinat de son compagnon Elias Zayek et Dany Chamoun, il renonce à l’activité politique en 1990, pour revenir discrètement en 2005 afin de regrouper les anciens compagnons de Bachir Gemayel, fondateurs et anciens cadres. Apprécié pour son intégrité et son attachement aux principes de souveraineté et d’indépendance du Liban, il fonde avec ces derniers le mouvement politique Front de la Liberté, Jebhet el Horriyé.

Najah Wakim

Né à Barbara, le Gainsbourg de la politique libanaise avec son éternelle cigarette a débuté son activité politique auprès des mouvements nassériens. Il a été élu député grec-orthodoxe de Beyrouth en 1972, et réussit à se faire réelire de 1992 à 1996, renonce de se présenter en 2000 puis échoue aux élections de 2005 face à la liste du Courant du Futur.

Echappant en 1987 à une tentative d’assassinat menée par Samir Geagea, il s’oppose dans les années 1990 à l’incarcération de ce dernier ainsi qu’à l’exil du général Aoun. Il s’affronte également à la personne de Rafic Hariri, à son clan et à ses projets, qu’il accuse de corruption et de complicité avec l’axe israélo-américain.

Proche des mouvements altermondialistes prônant des valeurs comme la démocratie, la justice économique et sociale, la protection de l’environnement et les droits humains, Wakim fonde en 1999 le Mouvement du peuple, un parti politique de gauche radicale.

Hanna Gharib

La version libanaise d’Astérix avec ses moustaches imposantes, qui s’est battu d’une manière légendaire au sein de l’action syndicale avec son compagnon Nehmé Mahfoud, en vue de l’adoption de la nouvelle grille des traitements et salaires du secteur public. Haranguant la foule, menant une grève générale ouverte, il réussit pendant des mois à tenir tête au gouvernement, jusqu’à ce qu’il ne soit plus réélu à la tête du syndicat des enseignants sur lequel il a longtemps régné en maître.

Né à Qobbé, Tripoli, originaire de Rahbé au Akkar, et fils d’un soldat à la retraite, Gharib devient prof de chimie à Beyrouth après une enfance difficile, et intègre le partie communiste, dont il est aujourd’hui membre de la direction. En 1991, il est président de la Ligue des professeurs de l’enseignement public secondaire.

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Marie-Josée Rizkallah est une artiste libanaise originaire de Deir-el-Qamar. Versée dans le domaine de l’écriture depuis l’enfance, elle est l’auteur de trois recueils de poèmes et possède des écrits dans plusieurs ouvrages collectifs ainsi que dans la presse nationale et internationale. Écrivain bénévole sur le média citoyen Libnanews depuis 2006, dont elle est également cofondatrice, profondément engagée dans la sauvegarde du patrimoine libanais et dans la promotion de l'identité et de l’héritage culturel du Liban, elle a fondé l'association I.C.H.T.A.R. (Identité.Culture.Histoire.Traditions.Arts.Racines) pour le Patrimoine Libanais. Elle défend également des causes nationales qui lui touchent au cœur, loin des équations politiques étriquées. Marie-Josée est également artiste peintre et iconographe de profession, et donne des cours et des conférences sur l'Histoire et la Théologie de l'Icône ainsi que l'Expression artistique. Pour plus de détails, visitez son site: mariejoseerizkallah.com son blog: mjliban.wordpress.com et la page FB d'ICHTAR : https://www.facebook.com/I.C.H.T.A.R.lb/