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L’Iran menace les États-Unis et Israël de représailles en cas d’intervention américaine, tandis qu’Israël se place en état d’alerte maximale

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Les tensions entre Téhéran et Washington atteignent un nouveau pic ce dimanche 11 janvier 2026, alors que le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a averti que toute attaque américaine contre l’Iran entraînerait des ripostes contre les bases militaires américaines dans la région et contre Israël, qualifié de «territoires occupés». Cette déclaration, prononcée devant l’assemblée législative à Téhéran, intervient au moment où les manifestations antigouvernementales, qui secouent le pays depuis le 28 décembre 2025, entrent dans leur troisième semaine, avec un bilan humain qui s’alourdit et une coupure d’internet qui isole la population. Israël, de son côté, a élevé son niveau d’alerte à son maximum, craignant des répercussions régionales en cas d’implication américaine.

Les protestations, déclenchées par une hausse brutale des prix des carburants et amplifiées par des griefs économiques et politiques profonds, ont rapidement pris une ampleur nationale. Des milliers de manifestants descendent dans les rues de Téhéran, Ispahan, Chiraz et d’autres villes majeures, scandant des slogans hostiles au guide suprême Ali Khamenei et appelant à la restauration de la monarchie sous la figure de Reza Pahlavi, le prince héritier en exil. Des vidéos circulant malgré les restrictions montrent des feux d’artifice illuminant le ciel nocturne au-dessus de la place Punak à Téhéran, où des protestataires frappent sur des casseroles et entonnent des chants en hommage à la dynastie Pahlavi, renversée en 1979 par la révolution islamique.

La police nationale iranienne, dirigée par Ahmad Reza Radan, a annoncé ce matin avoir procédé à des «arrestations importantes» parmi les figures clés du mouvement. «Des arrestations importantes ont été menées contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes, qui, si Dieu le veut, seront punis après la fin des procédures légales», a déclaré Radan à la télévision d’État, sans préciser le nombre ni l’identité des détenus. Selon des organisations de défense des droits humains comme Amnesty International et Human Rights Watch, le bilan des victimes s’élève désormais à au moins 100 morts, avec des estimations plus élevées allant jusqu’à 150 tués lors des affrontements avec les forces de sécurité. Plus de 2 500 personnes auraient été arrêtées depuis le début des troubles, et des rapports font état de tirs à balles réelles par les Gardiens de la révolution islamique (IRGC) dans plusieurs quartiers de la capitale.

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Une coupure nationale d’internet, imposée par les autorités depuis le jeudi 8 janvier, persiste ce dimanche, atteignant plus de 72 heures selon l’ONG Netblocks, spécialisée dans la surveillance de la cybersécurité. Cette mesure vise à empêcher la diffusion d’images et de témoignages des manifestations, mais des vidéos authentifiées par des agences internationales comme l’AFP montrent des cortèges nocturnes à Téhéran, où des manifestants bloquent des artères principales et allument des feux pour défier les forces de l’ordre. Dans le nord de la ville, autour de la mosquée Rasool, des dizaines de protestataires ont mis le feu à des structures gouvernementales adjacentes, forçant les autorités à déployer des unités anti-émeute équipées de gaz lacrymogènes et de véhicules blindés.

Les menaces américaines au cœur des tensions

Le président américain Donald Trump, réélu en novembre 2024 et investi depuis peu, a multiplié les déclarations de soutien aux manifestants iraniens. Samedi 10 janvier, il a posté sur sa plateforme Truth Social : «L’Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant. Les États-Unis se tiennent prêts à aider!!!» Cette affirmation, reprise par les médias internationaux, a été interprétée comme un signal d’une possible intervention militaire, surtout après les bombardements américains sur trois sites nucléaires iraniens en juin 2025, qui avaient déjà exacerbé les relations bilatérales.

Selon des sources citées par le New York Times, Trump a été briefé ces derniers jours sur diverses «options» concernant l’Iran, incluant des frappes ciblées sur des installations militaires et potentiellement civiles. Le quotidien précise que le président n’a pas encore pris de décision finale, mais qu’il «envisage sérieusement» une action, motivée par les craintes d’une répression brutale contre les protestataires. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a, lors d’un entretien téléphonique avec le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou samedi, discuté de la situation en Iran, confirmant l’alignement étroit entre Washington et Jérusalem sur ce dossier.

En réponse, Qalibaf a durci le ton devant le Parlement : «Si les États-Unis osent attaquer l’Iran, nous viserons leurs sites militaires et leur transport maritime. Les territoires occupés [Israël] seront également des cibles légitimes.» Cette rhétorique rappelle les tensions de 2019, lorsque des menaces similaires avaient suivi l’assassinat du général Qassem Soleimani par les États-Unis. L’IRGC, pilier du régime, a placé ses forces en état d’alerte maximale, avec des rapports indiquant un renforcement des défenses autour des bases américaines en Irak, en Syrie et dans le Golfe Persique.

Israël en alerte maximale

Israël, allié historique des États-Unis, a élevé son niveau d’alerte à son maximum face à la possibilité d’une intervention américaine en Iran. Trois sources proches des consultations sécuritaires israéliennes, citées par Reuters, ont indiqué que l’armée israélienne surveille de près les développements, craignant des représailles iraniennes directes ou via ses proxies comme le Hezbollah au Liban. «Nous sommes prêts à toute éventualité», a déclaré un responsable israélien anonyme, soulignant que les discussions entre Netanyahou et Rubio portaient précisément sur les risques d’escalade régionale.

Cette vigilance s’inscrit dans le contexte d’une guerre de douze jours entre Israël et l’Iran en juin 2025, marquée par des échanges de missiles et des cyberattaques. Jérusalem considère l’Iran comme une menace existentielle, en raison de son programme nucléaire et de son soutien à des groupes armés hostiles. Des images satellite montrent un renforcement des défenses anti-missiles autour de Tel Aviv et de Haïfa, tandis que l’armée israélienne a promis de «protéger les biens publics» en cas de débordements, une formulation qui pourrait s’étendre à des opérations préventives. Le ministre israélien de la Défense a tenu une réunion nocturne pour évaluer les scénarios, et un haut gradé militaire a insisté sur la discrétion : «Nous devons rester silencieux, ne pas parler. Aucun officiel israélien ne devrait interférer dans ce qui se passe là-bas – ce que fait Trump est déjà suffisant.»

Les accusations de manipulation médiatique

Au milieu de cette crise, des allégations circulent selon lesquelles les premières vidéos des manifestations, diffusées fin décembre 2025, auraient été des faux montés par des étudiants américains pour discréditer le régime iranien. Ces accusations, propagées par des médias d’État iraniens et des comptes pro-gouvernementaux sur les réseaux sociaux, affirment que des images d’explosions et de foules en colère proviendraient de simulations créées dans des universités aux États-Unis, potentiellement avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle. Par exemple, une vidéo montrant une foule scandant «Mort à Khamenei» a été qualifiée de «montage hollywoodien» par la télévision officielle, qui l’a comparée à des séquences de jeux vidéo ou d’anciens conflits.

Bien que ces claims n’aient pas été corroborées par des enquêtes indépendantes, elles s’inscrivent dans une stratégie plus large du régime pour délégitimer le mouvement. Des experts en vérification, comme ceux de la BBC Verify, ont analysé des dizaines de vidéos et conclu que la majorité sont authentiques, provenant de sources locales malgré la coupure d’internet. Cependant, des cas isolés de faux ont été identifiés, tels que des images d’incendies à Téhéran datant de 2021 ou des vidéos d’explosions à Beyrouth recyclées. Ces manipulations, parfois attribuées à des usines à fake news opérant depuis l’Iran même, visent à semer le doute et à unir les élites autour du guide suprême.

La dimension internationale des protestations

Les manifestations ont trouvé un écho mondial, avec des rassemblements de soutien dans plusieurs capitales. À Londres, samedi 10 janvier, un manifestant a escaladé le balcon de l’ambassade iranienne et remplacé brièvement le drapeau de la République islamique par celui de l’ancienne monarchie, orné d’un lion et d’un soleil. Sous les acclamations d’une foule de plusieurs centaines de personnes, des slogans comme «Démocratie pour l’Iran, roi Reza Pahlavi» et «Justice pour l’Iran» ont retenti près de Hyde Park. Le drapeau historique est resté en place plusieurs minutes avant d’être retiré par le personnel diplomatique.

En France, le président Emmanuel Macron, aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz et du premier ministre britannique Keir Starmer, a condamné la «répression meurtrière» et appelé à la «retenue» des autorités iraniennes. Pierre Vermeren, historien français, a évoqué dans une tribune la «dette» de la France envers les Iraniens, rappelant le rôle des élites françaises dans l’avènement de la République islamique en 1979. «La chute de ce régime tyrannique serait un événement aussi considérable que la chute du mur de Berlin», a-t-il écrit, soulignant l’exportation du terrorisme par Téhéran depuis des décennies.

Aux États-Unis, des voix au sein du Parti républicain pressent Trump pour une action décisive, tandis que des analystes soulignent les risques d’une intervention. Le régime iranien, affaibli par des sanctions économiques et une humiliation militaire récente, fait face à son plus grand défi depuis 1979. Des rapports indiquent des défections potentielles au sein de l’armée régulière, poussant Khamenei à confier la répression aux IRGC, placés en état d’alerte maximale.

Critiques sur les intentions de Trump après le Venezuela

Toutefois, des critiques estiment que Trump pourrait attaquer l’Iran à la suite de l’opération au Venezuela, où les forces américaines ont capturé le président Nicolas Maduro début janvier 2026, mais qu’il ne possède pas les autorisations nécessaires pour une telle escalade. Des démocrates au Congrès, comme le sénateur Chuck Schumer, ont averti que toute action militaire contre l’Iran sans approbation législative violerait la Constitution américaine, rappelant les débats sur la War Powers Resolution de 1973. «Trump est un homme d’action, mais il n’a pas le feu vert pour transformer le Moyen-Orient en un nouveau théâtre de guerre», a déclaré un porte-parole du Sénat. Ces voix soulignent que l’intervention au Venezuela, justifiée par des motifs humanitaires et anti-narcotrafic, ne constitue pas un précédent pour l’Iran, où les enjeux nucléaires et régionaux compliquent toute initiative unilatérale.

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a réagi en accusant Israël et les États-Unis d’orchestrer les protestations, menaçant que «les soldats étrangers dans la région doivent être prudents désormais». Des rapports du département d’État américain, publiés en farsi, ont averti le régime iranien que «le président Trump est un homme d’action», en référence aux dizaines de morts et aux centaines d’arrestations rapportées.

Les implications régionales immédiates

Les protestations iraniennes influencent déjà la stabilité du Moyen-Orient. En Syrie, où l’Iran exerce une influence majeure, des affrontements entre forces gouvernementales et milices kurdes à Alep ont fait au moins 21 morts civils ce week-end. L’armée syrienne, soutenue par Téhéran, affirme avoir achevé ses opérations, mais les Kurdes démentent, appelant à un dialogue sous médiation américaine. Tom Barrack, émissaire américain, a exhorté toutes les parties à «cesser les hostilités immédiatement et à reprendre le dialogue».

En Irak, des bases américaines sont en état d’alerte accrue, avec des mouvements de troupes observés. Le Golfe Persique voit une augmentation des patrouilles navales américaines, alors que l’Iran menace le transport maritime. Des sources militaires indiquent que le porte-avions USS Ford, récemment libéré de missions au Venezuela, pourrait être redéployé vers la région si les tensions s’aggravent. L’avocat général iranien, Mohammad Jafar Montazeri, a qualifié les manifestants de «vandales» et «saboteurs» soutenus par les États-Unis et Israël, présentant les troubles comme un complot étranger.

À Téhéran, les manifestations nocturnes persistent malgré les risques. Des vidéos montrent des quartiers entiers illuminés par des feux de joie, avec des familles entières rejoignant les cortèges. Dans les provinces chiites du sud, des slogans invoquent la mémoire du shah Mohammad Reza Pahlavi, tandis qu’au nord, des Kurdes et des Azéris expriment des revendications autonomistes. Le régime, confronté à une mobilisation transconfessionnelle, déploie des hélicoptères pour surveiller les foules, et des rumeurs de peines capitales pour les «émeutiers» circulent.

Les dynamiques internes au régime

Ali Khamenei, âgé de 86 ans, a appelé à l’unité nationale dans un discours diffusé samedi, qualifiant les manifestants de «traîtres financés par l’étranger». Les IRGC ont arrêté un étranger accusé d’espionnage pour Israël, renforçant la narrative d’une conspiration occidentale. Des analystes estiment que les fractures au sein de l’élite – entre réformateurs et durs – s’accentuent, avec des rumeurs de défections parmi les bas rangs de la police. Des évaluations de renseignement israéliennes concluent que les troubles créent une menace réelle pour la stabilité du régime de Khamenei, pouvant mener à son effondrement.

Économiquement, l’Iran souffre d’une inflation galopante et d’un chômage massif, exacerbés par les sanctions post-2025. Les protestations, initialement économiques, ont évolué vers des demandes politiques, avec des appels à des élections libres et à la fin de la théocratie. Reza Pahlavi, depuis son exil aux États-Unis, a salué le courage des Iraniens sans appeler explicitement à une intervention étrangère, prolongeant son appel aux grèves nationales et aux occupations de centres-villes jusqu’à ce dimanche.

Les événements de ce dimanche matin illustrent l’escalade : à Chiraz, des manifestants ont bloqué une autoroute majeure, forçant les autorités à détourner le trafic. À Ispahan, des affrontements ont blessé des dizaines de personnes, avec des hôpitaux débordés rapportant des cas de blessures par balles. L’ONU, via son secrétaire général, a exprimé une «profonde préoccupation» pour les violations des droits humains, appelant à une enquête indépendante sur les morts. Des options comme le renforcement de la connectivité internet via satellites, de nouvelles sanctions contre des figures du régime ou des opérations cyber secrètes sont envisagées par Washington.

Dans ce contexte, les menaces de Qalibaf contre les États-Unis et Israël soulignent les risques d’un embrasement régional. Washington surveille les mouvements iraniens via des satellites, tandis que des diplomates européens tentent de désamorcer la crise par des canaux discrets. Les prochaines heures pourraient déterminer si les protestations forcent un changement interne ou si une intervention extérieure précipite un conflit plus large. Des rapports indiquent que plus de 20 manifestants ont été tués rien qu’à Ilam ce jour, avec le régime intensifiant sa violence pour réprimer rapidement les troubles.

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