lundi, février 9, 2026

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Naim Qassem salue la visite de Nawaf Salam au Liban-Sud comme une étape décisive pour la reconstruction du pays

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Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naim Qassem, a prononcé un discours dense et multifacette lors de l’inauguration du centre médical Liban à Hadath, dans la banlieue sud de Beyrouth, ce lundi 9 février 2026. Devant un parterre de personnalités médicales et civiles, il a mis en avant les avancées en matière de santé publique offertes par cette nouvelle infrastructure, tout en reliant ces initiatives à un contexte plus large de défis sécuritaires et politiques. Cette intervention survient au lendemain d’une visite remarquée du Premier ministre Nawaf Salam dans les villages frontaliers du Liban-Sud, marqués par les destructions récentes, et alors que la ville de Tripoli, au nord, fait face à une catastrophe immobilière qui a coûté la vie à au moins 14 personnes le 8 février. Qassem a ainsi articulé son message autour de l’engagement social du Hezbollah, de la menace persistante de l’agression israélo-américaine et de la nécessité d’une unité nationale pour rebâtir le pays.

L’inauguration d’un centre médical de pointe au cœur des défis sanitaires

L’événement central de cette journée a été l’ouverture du centre médical Liban, décrit par Naim Qassem comme un établissement universitaire complet, intégrant des départements étendus et spécialisés. Ce complexe, situé à Hadath, une zone densément peuplée de la banlieue sud de Beyrouth, s’inscrit dans une longue série de projets sanitaires initiés par le Hezbollah pour répondre aux besoins des populations locales. Qassem a souligné que ce centre n’est pas une initiative temporaire, mais un élément permanent d’un parcours engagé depuis des années pour assurer l’accès aux soins dans diverses régions du Liban. Il a précisé que l’établissement traite tous types de cancers, intègre la médecine nucléaire – qu’il a qualifiée de pratique saine et pacifique, loin des connotations militaires – et propose des greffes de moelle osseuse ainsi que des interventions chirurgicales robotisées pour les tumeurs cérébrales et autres pathologies complexes.

Les équipements du centre, parmi les plus avancés au Liban, incluent des technologies de pointe datant de cette année, intégrant l’intelligence artificielle pour des diagnostics rapides et précis. Qassem a insisté sur l’aspect financier : les tarifs pratiqués sont proches des coûts réels, allégeant ainsi les charges pour les patients dans un pays où l’accès aux soins reste précaire en raison de la crise économique persistante. Ce projet, suivi personnellement par des figures emblématiques du Hezbollah comme le défunt secrétaire général Hassan Nasrallah et Hachem Safieddine, reflète une vision où la santé est vue comme un pilier de la résilience sociétale. Le cheikh a rappelé une citation de l’imam Ali : « Le bonheur en ce monde réside dans la sécurité et la santé du corps, et la plénitude de la grâce dans l’au-delà est l’entrée au paradis. » Pour lui, la santé influence la productivité, le travail et la vie quotidienne, et bien que la responsabilité première incombe à l’État, le Hezbollah agit en complément pour soutenir les communautés.

Ce centre, érigé dans des conditions économiques et sécuritaires difficiles, sert également à traiter les conséquences des agressions extérieures, notamment les blessures liées aux conflits avec Israël. Qassem a loué le personnel médical, infirmier et administratif pour leur expertise, capable de rivaliser avec les meilleurs standards internationaux, tout en intégrant des valeurs d’humanité et de compassion. L’établissement respecte les normes les plus élevées en matière de sécurité, de durabilité et de qualité, et il est ouvert à tous les Libanais, indépendamment de leur origine géographique ou confessionnelle. Cette ouverture vise à renforcer la cohésion nationale, dans un contexte où les infrastructures sanitaires au Liban sont souvent fragmentées par les divisions sectaires et régionales.

Un engagement social au-delà des calculs politiques

Naim Qassem a tenu à clarifier que les initiatives du Hezbollah en matière de santé, de services sociaux, de logement et de reconstruction ne visent pas à gagner des voix électorales ou à élargir une base partisane. Il s’agit, selon lui, d’un devoir moral et religieux envers la population, ancré dans une éthique de service public. Il a évoqué les paroles du défunt secrétaire général Abbas al-Moussaoui : « Nous vous servirons avec les cils de nos yeux », pour illustrer cet engagement inconditionnel. Ces projets, a-t-il expliqué, font partie intégrante d’une approche holistique où le parti agit comme un pilier de soutien communautaire, compensant les défaillances de l’État sans pour autant se substituer à lui.

Dans un Liban marqué par une crise économique aiguë depuis 2019, aggravée par les répercussions des conflits régionaux, ces initiatives prennent une dimension vitale. Le centre médical Liban, par exemple, réduit les coûts pour les patients atteints de maladies graves, souvent contraints de chercher des traitements à l’étranger ou de renoncer aux soins faute de moyens. Qassem a insisté sur le fait que cet investissement dans la santé est un acte de résistance en soi, contribuant à la résilience du société face aux défis internes et externes. Il a noté que le projet a été lancé sous la supervision de figures clés du parti, malgré les sanctions internationales qui visent souvent le Hezbollah, mais sans que cela n’entrave les aspects civils et humanitaires comme la médecine nucléaire.

Cette dimension sociale s’étend au-delà de la santé : Qassem a mentionné les efforts en matière de reconstruction, d’hébergement et de soutien aux populations affectées par les conflits. Ces actions, a-t-il affirmé, sont menées toute l’année, sans interruption, et constituent un composant essentiel du travail avec les communautés. Dans un pays où le taux d’inflation a dépassé les 200 % en 2022 et où la dette publique avoisine les 100 milliards de dollars, selon les rapports du FMI, de telles initiatives comblent un vide criant. Elles illustrent également comment le Hezbollah maintient une présence forte dans les zones chiites, tout en s’ouvrant à d’autres communautés pour promouvoir une image d’unité nationale.

Les défis géopolitiques et la menace israélo-américaine

Passant à la sphère politique, Naim Qassem a dressé un portrait flatteur du Liban, soulignant ses atouts géographiques, sa diversité culturelle et confessionnelle, ainsi que le rôle de sa diaspora. Il a rappelé que le pays a su préserver son indépendance malgré sa petite taille et a libéré ses terres occupées grâce à la résistance. Cependant, il a identifié l’agression israélo-américaine comme le problème central entravant le développement du Liban. Selon lui, Israël nourrit des ambitions expansionnistes, cherchant à s’approprier les ressources économiques, sociales et démographiques du pays par la force, l’occupation et les crimes.

Qassem a retracé l’histoire des confrontations : depuis l’invasion israélienne de 1982 jusqu’à la guerre de 2006 et les événements récents, la résistance a protégé le Liban pendant 42 ans. Il a affirmé que les tentatives de désarmer le Hezbollah, soutenues par les États-Unis et d’autres puissances, visent à affaiblir la capacité défensive du pays. Il a évoqué les pressions exercées sur le gouvernement libanais, l’armée et le président de la République pour imposer une exclusivité des armes à l’État, en violation, selon lui, de la constitution et du droit à la défense. Ces efforts, incluant des incitations à la discorde interne entre l’armée, le peuple et la résistance, ont échoué grâce à la vigilance collective.

Il a détaillé les tactiques israéliennes récentes : assassinats de civils, destruction d’infrastructures, bombardements de zones résidentielles et agricoles, et même l’utilisation de pesticides toxiques pour anéantir la vie dans les régions frontalières. Le raid israélien du 9 février 2026 à Habariya, où des forces israéliennes ont enlevé un citoyen libanais de son domicile, en agressant sa famille, illustre, selon Qassem, cette stratégie de pression et d’intimidation. Ces actions, a-t-il dit, visent à créer un climat de peur et d’isolement, empêchant toute renaissance dans le Sud. Il a contrasté cela avec la résilience du peuple libanais, citant un programme télévisé sur la chaîne Al-Manar, « Et la terre témoigne », qui montre un soutien unanime à la résistance dans les villages du Sud, du Bekaa et de la banlieue de Beyrouth.

L’unité nationale face aux pressions externes

Qassem a insisté sur l’unité comme rempart contre les agressions. Il a salué l’alliance solide entre le Hezbollah et le mouvement Amal, malgré les tentatives de semer la discorde. Une récente réunion avec le président du Parlement Nabih Berri, impliquant des figures comme Ali Hassan Khalil, Mohammad Fneich et Hussein Khalil, a porté sur les élections, la reconstruction accélérée et la confrontation avec l’agression israélienne. Cette alliance, a-t-il dit, est enracinée et se concentre sur les enjeux nationaux majeurs.

Il a également évoqué les relations avec le président de la République et le gouvernement, notant des divergences stylistiques mais une convergence sur l’arrêt de l’agression, la libération du territoire et l’évitement des troubles internes. Une visite récente d’une délégation du bloc de la loyauté à la résistance au président a renforcé la coordination pour gérer les défis, y compris la stratégie de sécurité nationale. Qassem a averti que tout recul face à Israël équivaudrait à effacer le Liban de la carte des États indépendants, citant des déclarations israéliennes sur « Israël le Grand » et américaines sur le Liban comme « État défaillant ».

Il a défini deux priorités : arrêter l’agression avec toutes ses implications et sortir le Liban de sa crise financière, économique et sociale. Cela nécessite une coopération interne, impliquant l’État, l’armée, le gouvernement, le peuple et la résistance. Malgré les sacrifices énormes, dont la perte de Hassan Nasrallah, le peuple reste attaché à cette voie, plus résolu qu’avant la guerre récente.

Appel à la reconstruction et au soutien pour Tripoli

Naim Qassem a particulièrement salué la visite du Premier ministre Nawaf Salam au Liban-Sud les 7 et 8 février 2026, la qualifiant de positive et d’étape importante pour rebâtir le pays. Il a mis en exergue la déclaration de Salam : « Nous reconstruirons sans attendre l’arrêt de l’agression », alignée sur les demandes du Hezbollah. Cette visite, la première depuis que l’armée a annoncé avoir désarmé le Hezbollah au sud du Litani en janvier 2026, a inclus des arrêts à Tayr Harfa, Yaroun, Kfar Kila et Kfar Shouba, où Salam a promis des projets de reconstruction et une extension de l’autorité de l’État au-delà du déploiement militaire, englobant électricité, écoles et hôpitaux.

Qassem a appelé à une coopération entre le Hezbollah, le gouvernement et le Premier ministre pour réaliser ces objectifs, soulignant que l’unité face aux défis externes renforce le Liban. Il a exhorté le gouvernement à s’intéresser à Tripoli, cette ville historique et généreuse, touchée par l’effondrement d’immeubles le 8 février 2026 dans le quartier de Bab al-Tabbaneh. Cet incident a causé au moins 14 morts et sept blessés, avec des recherches en cours pour d’autres victimes piégées sous les décombres. La catastrophe, survenue dans un quartier pauvre négligé par l’État, a déclenché des explosions de bonbonnes de gaz et des incendies, mobilisant la Défense civile et la Croix-Rouge. Le maire de Tripoli a déclaré la ville zone sinistrée, alertant sur des centaines d’immeubles menacés d’effondrement en raison de décennies de négligence structurelle.

Qassem a proposé des mesures concrètes : évacuer les bâtiments dangereux, fournir des allocations de logement et reloger les habitants dignement en attendant des solutions durables. Il a insisté sur la responsabilité nationale envers les résidents de Tripoli, y compris ceux de Tabbaneh et de Qobbeh, qui souffrent de conditions précaires. Cette catastrophe met en lumière les failles infrastructurelles du Liban, avec 105 bâtiments à évacuer d’urgence à Tripoli et 700 nécessitant des interventions immédiates, selon les autorités locales. Le Premier ministre Salam a réagi en ordonnant au secrétaire général de la Commission supérieure de secours, Bassam Nablusi, de se rendre sur place pour coordonner les efforts.

Les implications immédiates des tensions régionales

Les propos de Qassem interviennent dans un climat tendu, marqué par des incidents frontaliers récents. Le 9 février 2026, des forces israéliennes ont pénétré à pied dans le village de Habariya, à Nabatieh, pour enlever un citoyen libanais affilié au groupe sunnite Jamaa Islamiya, allié du Hamas, de son domicile, en agressant sa famille et en vandalisant les lieux. L’armée israélienne a confirmé l’opération, indiquant que l’homme a été emmené en Israël pour interrogatoire. Cet enlèvement, condamné par le Hezbollah comme une « agression grave » inaugurant une nouvelle phase d’incursions, expose les populations du Sud à des risques constants et viole l’accord de cessation des hostilités de novembre 2024, prolongé jusqu’au 18 février 2025.

Parallèlement, un drone israélien a frappé un véhicule à Yanouh, tuant trois personnes, dont un enfant de trois ans et un membre des forces de sécurité libanaises, ainsi qu’un commandant d’artillerie du Hezbollah, Ahmad Ali Salami. L’armée israélienne a revendiqué la frappe, affirmant cibler Salami pour ses efforts de restauration des infrastructures du Hezbollah, en violation du cessez-le-feu, tout en enquêtant sur les victimes civiles. Un autre incident à Aita al-Shaab a coûté la vie à un membre du Hezbollah, accusé par Israël de recueillir des renseignements. Ces actions, qui ont causé plus de 50 frappes israéliennes en janvier 2026 – le double de décembre 2025 –, entravent la stabilité et la reconstruction, comme l’a noté le Premier ministre Salam lors de sa visite, où il a dénoncé l’occupation persistante de cinq points frontaliers et les violations quotidiennes de la souveraineté libanaise.

Le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025 avec 24 ministres, dont Yassine Jaber aux Finances et Ahmad al-Hajjar à l’Intérieur, fait face à ces défis tout en priorisant les réformes financières et la mise en œuvre de la résolution 1701 de l’ONU. La visite de Salam au Sud, accompagnée de ministres comme Joe Sadek (Énergie) et Rima Karami (Éducation), vise à relancer les infrastructures détruites, estimées à 11 milliards de dollars de dommages par la guerre de 2023-2024. Les patrouilles de la FINUL le long de la Ligne bleue ont été suspendues temporairement le 1er février en raison d’une substance chimique non toxique libérée par Israël, illustrant les frictions persistantes. Ces événements soulignent les difficultés immédiates pour le Liban : équilibrer la sécurité, la reconstruction et les pressions internationales, sans que les acteurs internes ne cèdent à des divisions qui pourraient aggraver la vulnérabilité du pays.

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