Un haut responsable libanais a révélé, dans des déclarations au journal al-Joumhouria, que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’oppose au retrait des forces de son pays du Liban, malgré les préférences de l’armée et du Mossad. Cette position, motivée par des calculs personnels et électoraux, met en lumière des divergences profondes au sein de l’appareil d’État israélien. Ces affirmations, relayées ce 13 février 2026 et attribuées à un officiel occidental, interviennent alors que les violations du cessez-le-feu se multiplient et que le délai pour le retrait, initialement fixé à janvier 2025 puis prolongé, reste ignoré.
Le responsable libanais a qualifié Netanyahu de « fou » et insisté sur la nécessité de protéger le Liban de sa « folie ». Il a souligné que la voie diplomatique demeure la seule option viable, avec une chance de succès estimée à cinquante pour cent. Selon lui, le Hezbollah doit renforcer la position de l’État libanais pour convaincre les Américains de presser Israël à se retirer et à cesser ses attaques. Toute idée de paix ou de normalisation avec Israël est exclue, mais après un retrait complet, le retour des prisonniers, l’arrêt des agressions et la démarcation des frontières, l’activation de l’accord d’armistice de 1949 pourrait être envisagée.
Ces révélations s’inscrivent dans un contexte de tensions persistantes. Israël maintient une présence militaire dans cinq positions stratégiques au sud du Liban, malgré l’accord de cessez-le-feu négocié en novembre 2024 sous l’égide des États-Unis, avec la médiation du Qatar et de l’Égypte. Ce pacte prévoyait un retrait progressif des forces israéliennes dans un délai de soixante jours, soit jusqu’au 26 janvier 2025. Ce délai a été prolongé unilatéralement par Washington jusqu’au 18 février 2025, mais Israël justifie sa présence par un prétendu non-respect de la démilitarisation par le Liban.
Les origines de l’escalade remontent à 2024, lorsque des échanges de tirs à la frontière ont dégénéré en guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah. L’offensive israélienne, lancée en octobre 2024, visait à démanteler les infrastructures militaires du groupe chiite au sud du Litani, en réponse à des tirs de roquettes sur le nord d’Israël. Les opérations terrestres ont conduit à l’occupation temporaire de villages libanais, avec des destructions importantes dans les régions de Tyr, Nabatieh et Bint Jbeil.
Un an après le cessez-le-feu, plus de 64 000 Libanais restent déplacés, selon des rapports récents. Les attaques israéliennes n’ont pas cessé, avec des villages rasés malgré l’accord. Le sud du Liban n’est pas considéré comme sûr, et le Hezbollah est censé se retirer au nord du Litani, tandis qu’Israël devait évacuer ses troupes.
Les dynamiques régionales en jeu
L’Iran, principal allié du Hezbollah, continue de fournir un soutien logistique et financier, malgré des sanctions internationales renforcées en 2025. Des convois d’armes traversent encore la frontière syro-libanaise, bien que perturbés par des frappes israéliennes. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré lors d’une session du Conseil de sécurité le 15 janvier 2026 que les violations répétées du cessez-le-feu menacent la stabilité régionale et appellent à une application stricte de la résolution 1701 de 2006. Cette résolution exige le désarmement des milices au sud du Litani et le déploiement exclusif de l’armée libanaise dans cette zone.
Au Liban, le gouvernement de Nawaf Salam, formé en février 2025, fait face à des pressions internes. Ce cabinet de 24 ministres, équilibré entre les communautés confessionnelles, inclut des figures sunnites, chiites, chrétiennes et druzes. Parmi les ministres clés figurent Yassin Jaber aux Finances, Youssef Raji aux Affaires étrangères, Joseph Saddi à l’Énergie, et Amer Bsat à l’Économie. Le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raji, a réaffirmé lors d’une conférence de presse à Beyrouth le 8 février 2026 que le Liban ne négociera pas tant qu’Israël n’aura pas retiré ses troupes des cinq collines occupées : Maroun al-Ras, Aïtaroun, Bint Jbeil, Yaroun et Rmeich. Ces positions, le long de la Ligne bleue, sont jugées stratégiques par Israël pour surveiller les mouvements du Hezbollah.
La résolution 1701 reste centrale. Elle stipule que seules l’armée libanaise et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) peuvent opérer au sud du Litani. La FINUL, renforcée à 15 000 hommes en 2025, a rapporté plus de 200 violations israéliennes depuis le cessez-le-feu, incluant des survols de drones et des incursions terrestres. Le commandant de la FINUL, le général Aroldo Lázaro, a indiqué dans un communiqué du 10 février 2026 que les patrouilles conjointes avec l’armée libanaise ont documenté des tentatives de réarmement, mais les tensions persistent en raison de la présence israélienne non autorisée.
Le Liban a déposé une plainte auprès de l’ONU le 26 janvier 2026, documentant 2 036 violations israéliennes de sa souveraineté au cours des trois derniers mois de 2025. Le ministère libanais des Affaires étrangères a appelé le Conseil de sécurité à contraindre Israël à se retirer complètement et à cesser ses agressions. Des experts de l’ONU ont averti, le 17 octobre 2025, contre les violations continues du cessez-le-feu, notant que les frappes israéliennes quasi quotidiennes sapent les efforts de désarmement du Hezbollah.
Les fractures au sein de l’État israélien
Les divergences internes en Israël sont palpables. L’armée et le Mossad préconisent un retrait pour éviter un enlisement coûteux. Des sources israéliennes indiquent que les chefs militaires, dont Herzi Halevi, estiment que les objectifs initiaux – affaiblir les capacités du Hezbollah – ont été atteints, avec la destruction estimée de 80 % des arsenaux de roquettes à longue portée. Netanyahu conditionne le retrait au désarmement complet du Hezbollah, comme il l’a déclaré lors d’une réunion du cabinet de sécurité le 24 janvier 2025 : « Le processus de retrait de Tsahal est conditionnel au déploiement de l’armée libanaise au sud du Liban et à l’application pleine et effective de l’accord, tandis que le Hezbollah se retire au-delà du Litani. »
Cette stance reflète des calculs politiques. Avec des élections en 2026, Netanyahu, confronté à des enquêtes judiciaires sur la corruption, cherche à consolider son image de leader sécuritaire. Des dissensions dans la coalition gouvernementale ont émergé, notamment avec le ministre de la Défense Yoav Gallant, qui a critiqué en septembre 2025 la priorisation d’autres fronts au détriment des otages. Un général à la retraite, Itzhak Brik, a averti le 8 février 2026 que Israël pourrait s’effondrer avant son centenaire en 2048, en raison de divisions internes et d’une aliénation internationale, pointant un leadership priorisant la survie politique.
Le rôle pivotal des États-Unis
Washington joue un rôle clé dans les négociations. Le président Trump, réélu en 2024, a autorisé l’extension du délai de retrait jusqu’au 18 février 2025. Des contacts secrets entre représentants israéliens et libanais ont eu lieu à Tampa, en Floride, en dehors du cadre de Naqoura, médiatisés par les États-Unis. Ces discussions, rapportées par Al-Akhbar le 9 février 2026, visaient un chemin politique direct. Israël y a exigé des inspections sur tout le territoire libanais, un report du retrait des points disputés et des limites à la reconstruction des villages du sud.
Le secrétaire d’État Mike Pompeo a déclaré lors d’une visite à Jérusalem le 20 janvier 2026 que les efforts pour désarmer le Hezbollah sont impératifs pour la sécurité d’Israël et l’avenir du Liban. Les autorités libanaises insistent sur le fait que le désarmement ne peut être conditionnel. Le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naim Qassem, a affirmé lors d’une commémoration le 28 décembre 2025 : « La piste du ‘désarmement’ vise à mettre fin à la résistance, à annexer une partie du Liban et à transformer le reste en un outil géré par les États-Unis et Israël. » Il a ajouté que le Liban n’est plus tenu de prendre des mesures avant qu’Israël n’ait rempli ses obligations.
Les incidents frontaliers récents
Les violations se multiplient. Le 1er février 2026, des drones israéliens ont survolé Beyrouth, provoquant des protestations officielles. Des frappes aériennes ont ciblé des positions près de Baalbek le 8 février 2026, tuant plusieurs combattants du Hezbollah et blessant des civils. L’armée libanaise, dirigée par le général Joseph Aoun, a déployé 10 000 soldats supplémentaires au sud du Litani depuis décembre 2025, en coordination avec la FINUL. Des patrouilles conjointes ont confisqué des armes légères, mais la présence israélienne entrave le processus.
Un incident notable s’est produit le 24 janvier 2026 près de Maroun al-Ras, où des troupes israéliennes ont tiré sur une patrouille libanaise, blessant deux soldats. Le porte-parole de l’armée libanaise a déclaré que cette agression viole directement l’accord. Israël a justifié l’action par la présence suspectée d’éléments du Hezbollah. Ces échanges rappellent les tensions de 2006.
Le 11 janvier 2026, Israël a frappé plusieurs sites au Liban, y compris Sidon, avant une réunion clé sur le désarmement. L’armée israélienne a ciblé des sites de stockage d’armes du Hezbollah et du Hamas. Le 8 janvier 2026, l’armée libanaise a annoncé avoir complété la première phase de son plan de désarmement, mais Netanyahu a jugé les efforts insuffisants, citant des tentatives de réarmement iranien.
Les enjeux économiques et humanitaires
Le Liban, fragilisé par une crise depuis 2019, subit les retombées du conflit. La dette publique dépasse 150 % du PIB, selon des rapports du ministère des Finances. Le budget 2026, fixé à environ 6 milliards de dollars, reflète une contraction du PIB de 55 milliards en 2018 à moins de 31 milliards. L’inflation, stabilisée autour de 50 % en 2025 grâce à des aides du FMI, est projetée à 15,2 % en 2025 et à un chiffre unique en 2026, pour la première fois depuis 2019. La croissance du PIB est estimée à 3,5 % pour 2025, révisée à la baisse en raison des tensions, et à 4 % pour 2026 si les réformes persistent.
Sur le plan humanitaire, plus de 100 000 déplacés internes peinent à rentrer en raison de mines et munitions non explosées. L’ONU a alloué 200 millions de dollars en aide d’urgence en janvier 2026, mais les besoins en reconstruction – routes, écoles, hôpitaux – s’élèvent à plus de 10 milliards. Le ministre des Affaires sociales coordonne avec des organisations internationales pour distribuer des kits de survie dans les camps près de Sidon et Tyr.
Les équilibres confessionnels au Liban
À Tripoli, bastion sunnite, des manifestations le 5 février 2026 ont soutenu le gouvernement Salam, exigeant un retrait israélien. Au sud, majoritairement chiite, le Hezbollah maintient son influence. Naim Qassem a insisté sur la solidarité avec Gaza comme justification initiale des hostilités. Le mouvement Amal, allié, a renforcé ses liens : « La relation entre le Hezbollah et le mouvement Amal est forte et solide, et nous resterons une seule main. »
Les chrétiens, via les Forces libanaises, appellent au désarmement national. Le patriarche maronite Béchara Raï a déclaré lors d’une messe le 1er février 2026 que le Liban doit retrouver sa souveraineté sans milices armées hors de l’armée nationale. Ces divisions, ancrées dans le pacte national de 1943, compliquent les négociations sur une stratégie de défense.
Les perspectives des négociations secrètes
Les discussions à Tampa révèlent un virage. Israël pousse pour démanteler la résolution 1701 au profit d’un accord bilatéral, incluant potentiellement un traité de paix. Les exigences incluent des inspections illimitées et un retard dans la reconstruction du sud. Le Liban refuse catégoriquement, insistant sur un retrait préalable. Ces pourparlers ont suscité une controverse à Beyrouth, où l’absence de consensus sur des négociations directes freine les avancées.
Netanyahu, dans une allocution télévisée le 3 décembre 2025, a répondu que le dialogue continuera, mais que le Hezbollah doit désarmer : « La coopération économique ne remplace pas les obligations sécuritaires. »
Les violations persistantes et leurs impacts
Les incidents récents soulignent l’instabilité. Le 10 février 2026, une frappe près de Hermel a détruit un dépôt d’armes, provoquant des incendies sur des terres agricoles. L’armée libanaise a riposté par des tirs limités. Le porte-parole de Tsahal a justifié l’opération par des efforts de réarmement iranien, tandis que le ministère libanais de la Défense a condamné une violation flagrante entravant le déploiement des forces.
Des survols de drones au-dessus de Beyrouth sont documentés par la FINUL. Le 12 février 2026, un drone a été abattu près de la Bekaa, la dixième interception depuis janvier. Les implications incluent des tensions locales, avec des villages comme Khiam et Kafr Kila partiellement évacués. L’armée libanaise patrouille 24 heures sur 24, en coordination avec l’ONU.
L’Union européenne a exprimé son inquiétude lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères le 11 février 2026, appelant au respect mutuel des engagements. Le haut représentant Josep Borrell a souligné que les cinq positions occupées constituent un obstacle à la confiance. Au Liban, 80 % des zones au sud du Litani sont sous contrôle étatique au 13 février 2026, selon le général Aoun. Cependant, des poches persistent, compliquées par la présence israélienne justifiant le maintien d’armes défensives. Les efforts de reconstruction, soutenus par des fonds qataris et saoudiens, avancent lentement, avec la réhabilitation de 500 logements à Aïta al-Chaab récemment achevée. Ces développements illustrent les défis, où chaque violation renforce les intransigeances.

