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Visite de Jean-Noël Barrot à Beyrouth : la France réaffirme son engagement pour la stabilité libanaise

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Beyrouth, le 6 février 2026. Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a tenu une conférence de presse au palais des Pins, résidence de l’ambassadeur de France au Liban, à l’issue d’une série de rencontres avec les plus hautes autorités libanaises. Cette visite, qui s’inscrit dans une tournée régionale incluant la Syrie et l’Irak, marque un moment clé dans les efforts diplomatiques pour consolider la souveraineté libanaise, un an et demi après le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël. Dans un contexte marqué par des tensions persistantes au Moyen-Orient, notamment entre l’Iran et les États-Unis, M. Barrot a insisté sur le soutien continu de la France au Liban, en mettant l’accent sur la sécurité, la gouvernance et la reconstruction économique.

Arrivé à Beyrouth en provenance d’Erbil, en Irak, le ministre français a entamé sa journée par des entretiens avec le président de la République, Joseph Aoun, au palais de Baabda. Suivirent des discussions avec le président du Conseil des ministres, Nawaf Salam, le président du Parlement, Nabih Berri, et son homologue libanais, le ministre des Affaires étrangères, Youssef Raji. Une rencontre avec le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Hikali, rentré récemment de Washington, était prévue pour le lendemain. Ces échanges, menés en présence de l’ambassadeur de France au Liban, Hervé Magro, ont permis de transmettre un message clair : la France se tient aux côtés du Liban pour l’application intégrale des résolutions internationales, en particulier celles relatives au cessez-le-feu et au contrôle des armes.

Lors de sa conférence de presse, M. Barrot a rappelé son attachement personnel au Liban, évoquant sa première visite en septembre 2024, au cœur d’un conflit qui avait causé des milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés et plus d’un million de déplacés. « Le Liban est dans mon cœur depuis cette période sombre où le pays faisait face à une guerre destructrice et à une crise institutionnelle profonde », a-t-il déclaré. Il a salué les progrès réalisés depuis le cessez-le-feu, fruit d’efforts américano-français, et les initiatives des dirigeants libanais pour restaurer la souveraineté de l’État, en particulier le confinement des armes et la reprise économique.

Un engagement renouvelé pour la sécurité libanaise

La sécurité figure au premier rang des priorités françaises, comme l’a souligné M. Barrot. Le cessez-le-feu de novembre 2024, qui a mis fin à des mois de violences intenses, prévoit le retrait des forces israéliennes des territoires libanais occupés et la protection des civils. Des négociations indirectes entre le Liban et Israël ont débuté dans le cadre du mécanisme tripartite libano-israélien, sous l’égide des Nations unies, marquant une avancée significative vers une paix durable. « Cette étape est essentielle pour progresser vers un règlement permanent », a affirmé le ministre, tout en avertissant que la situation reste fragile en raison des tensions régionales.

Le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani a été salué comme un accomplissement majeur. Dans les semaines précédant la visite, les forces armées libanaises ont pris le contrôle total de cette zone, éliminant les manifestations armées visibles et assumant pleinement la responsabilité de la sécurité frontalière. Le président Aoun, lors de son entretien avec M. Barrot, a insisté sur le fait que ce déploiement, combiné au retrait israélien, constitue la clé pour résoudre la situation au sud. « Sans le retrait d’Israël des territoires occupés, aucune solution positive ne pourra émerger », a-t-il déclaré, soulignant que l’armée libanaise est prête à assumer l’entière responsabilité une fois ce retrait effectif.

Cependant, M. Barrot a appelé à une extension de ces efforts au nord du Litani, où le confinement des armes reste incomplet. Il a reconnu les difficultés rencontrées par les autorités libanaises, mais a insisté sur la nécessité de persévérer. « Des pas importants ont été franchis par l’armée libanaise malgré les obstacles, mais il faut consolider ces acquis et avancer vers la phase suivante », a-t-il précisé. Cette position reflète les préoccupations internationales quant à la présence d’armes non étatiques, en particulier celles du Hezbollah, qui continue de poser un défi à la souveraineté libanaise.

Le rôle central de l’armée libanaise dans la stabilisation

Au cœur des discussions figure le renforcement de l’armée libanaise, vue comme le pilier de la stabilité nationale. La France, en coordination avec les États-Unis, l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Égypte, prépare activement la conférence de Paris du 5 mars 2026, co-présidée par le président Emmanuel Macron et son homologue libanais Joseph Aoun. Cette réunion vise à mobiliser un soutien international concret pour l’armée et les forces de sécurité intérieure, en réponse aux besoins opérationnels pour appliquer le plan de confinement des armes.

M. Barrot a détaillé les attentes de cette conférence : des engagements financiers et techniques pour former, équiper et renforcer les capacités de l’armée, notamment en matière de surveillance des frontières, de lutte contre le trafic d’armes et de protection des zones sensibles. « Nous espérons obtenir des promesses solides et efficaces pour répondre aux exigences de l’armée libanaise », a-t-il indiqué. Des réunions préparatoires sont prévues dans les prochains jours avec les partenaires régionaux, et l’envoyé spécial du président Macron poursuit ses efforts pour coordonner ces initiatives.

Le président Aoun a exprimé son appréciation pour le soutien français, notant que cette conférence est d’une importance capitale pour le Liban. Il a également évoqué la fin de la mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), prévue pour débuter fin 2026 et s’achever en 2027. Le Liban accueille favorablement une présence européenne post-Finul, qui pourrait assister l’armée dans ses missions. « Un tel engagement aurait des effets positifs et aiderait l’armée à remplir ses responsabilités », a déclaré M. Aoun, liant cela à l’application complète du plan de confinement des armes.

Les défis du confinement des armes et les tensions régionales

Le confinement des armes reste un enjeu central, avec des progrès notables au sud mais des résistances persistantes ailleurs. M. Barrot a exhorté toutes les parties libanaises à coopérer pour que l’État reprenne le monopole de la violence légitime. « Il est impératif que les autorités libanaises exercent un contrôle total sur les armes, conformément aux résolutions de l’ONU », a-t-il martelé. Il a salué le plan présenté par les autorités libanaises en août dernier, qui a permis des avancées concrètes, et a réaffirmé le rôle de la France au sein de la Finul, avec ses 700 soldats contribuant directement à ces efforts.

Dans un contexte régional tendu, M. Barrot a mis en garde contre les risques d’escalade. Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, exacerbées par des négociations indirectes sur le programme nucléaire iranien, pourraient déstabiliser le Liban. Il a appelé les groupes soutenus par l’Iran, dont le Hezbollah, à faire preuve de la plus grande retenue. « Une escalade militaire dans la région n’est dans l’intérêt de personne, et le Liban ne doit pas être entraîné dans un conflit comme cela a été le cas pour Gaza », a-t-il averti. Il a qualifié l’Iran de force déstabilisatrice, citant son programme nucléaire et son soutien à des groupes armés menaçant la sécurité régionale et européenne.

Le président Aoun a réfuté les allégations de trafic d’armes et d’argent via les frontières libanaises, affirmant que tous les passages – terrestres, aériens et maritimes – sont sous contrôle strict. « Ceux qui avancent de telles revendications doivent fournir des preuves aux autorités compétentes ; sinon, ce ne sont que des allégations sans fondement », a-t-il insisté. Il a également évoqué les progrès dans les relations avec la Syrie, incluant un accord sur les détenus syriens au Liban et le retour des réfugiés, une fois les conditions réunies.

Les impératifs de la réforme économique et de la reconstruction

Au-delà de la sécurité, M. Barrot a insisté sur la nécessité de réformes économiques pour restaurer la confiance des citoyens, des institutions et des investisseurs. Le Liban, plongé dans une crise financière depuis 2019, doit adopter des mesures claires pour renforcer son système bancaire et fiscal. Il a mentionné la loi sur le secret bancaire et d’autres réformes récemment approuvées, mais a appelé à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour sortir de l’impasse.

« Les pertes subies par le système financier libanais exigent des choix difficiles et des sacrifices, mais c’est la seule voie pour clore cette crise », a déclaré M. Barrot. Il a promis que la France est prête à mobiliser la communauté internationale pour une conférence dédiée à la reconstruction, une fois les réformes engagées et les décisions mises en œuvre. Cette initiative dépendra étroitement de la stabilité sécuritaire et de la transparence économique.

Le président Aoun a souligné l’importance de délier l’aide militaire des réformes sécuritaires, arguant que l’armée doit disposer des moyens nécessaires pour accomplir ses missions indépendamment. Il a également remercié la France pour son assistance dans la délimitation des frontières maritimes et terrestres avec la Syrie, en s’appuyant sur des archives et cartes françaises, en attendant la disponibilité du côté syrien.

La place des communautés dans un Liban uni

M. Barrot a réaffirmé l’importance de préserver le modèle libanais de coexistence confessionnelle. « La communauté chiite, comme toutes les autres, a une place essentielle dans la vie politique et économique du pays », a-t-il dit, insistant sur le fait que l’exclusion de quiconque compromettrait le sauvetage du Liban. Il a mis en garde contre le risque de lier le destin du Liban à des dynamiques régionales, comme les évolutions en Iran ou en Syrie, appelant à une émancipation pour protéger la singularité libanaise.

En comparant les répressions en Iran et les tensions sectaires en Syrie, il a loué les libertés et la pluralité libanaises. « La France croit fermement en la nécessité de préserver ce pays exceptionnel, qui, comme l’a dit le président Macron, est plus grand que lui-même en raison de sa civilisation millénaire », a-t-il conclu.

Les perspectives du retrait de la Finul et du soutien international

La visite de M. Barrot intervient alors que le retrait progressif de la Finul est programmé pour fin 2026 à 2027. Le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer l’armée libanaise pour combler ce vide, en coordination avec l’ONU et les partenaires internationaux. Des besoins opérationnels précis seront discutés lors d’une réunion régionale imminente, visant à définir les aides financières et techniques.

Le président Aoun a réitéré que le Liban est déterminé à poursuivre ses efforts, non pour plaire à la communauté internationale, mais pour l’intérêt national. Il a évoqué les 40 années écoulées depuis les décisions sur le confinement des armes, soulignant que la décision récente marque un tournant historique.

Dans ses réponses aux questions, M. Barrot a réaffirmé l’engagement français pour un Liban souverain, capable de protéger tous ses citoyens et de vivre en paix avec ses voisins. Il a salué la bravoure des autorités libanaises dans l’ouverture de dossiers sensibles, comme les négociations indirectes avec Israël, une première en 40 ans avec une participation civile.

Les implications immédiates des échanges bilatéraux

Les discussions ont également porté sur les relations libano-syriennes, avec des avancées comme l’accord sur les détenus et le retour des réfugiés. M. Barrot, venant de Damas, a suivi ces développements de près, louant la courage requise pour aborder ces sujets. Il a encouragé la poursuite du plan de confinement des armes au nord du Litani, estimant que cela renforcerait la confiance des alliés du Liban.

Sur le plan régional, le ministre a appelé l’Iran à des concessions majeures : cesser la répression interne, libérer les prisonniers, restaurer l’accès à internet et abandonner son programme nucléaire militarisé ainsi que son soutien aux groupes armés. « L’Iran doit cesser d’être une puissance déstabilisatrice », a-t-il déclaré, tout en exhortant les factions soutenues par Téhéran à la retenue pour éviter une escalade qui embraserait la région.

Le président Aoun a insisté sur la stabilité syrienne, qui impacte positivement le Liban, favorisant des coopérations sécuritaire, diplomatique et économique. Il a réfuté toute infiltration aux frontières, affirmant un contrôle total et invitant à des preuves concrètes pour toute allégation contraire.

Les préparatifs pour la conférence de Paris

En vue du 5 mars, M. Barrot a détaillé les priorités : sécurité, avec le respect du cessez-le-feu et le retrait israélien ; gouvernance, via le soutien à l’armée ; et reconstruction, conditionnée aux réformes. Des soldats français travaillent aux côtés des Américains pour superviser l’application du cessez-le-feu, et la France continuera à accompagner le Liban dans le contrôle des armes et la relance économique.

Le ministre a exprimé l’espoir que le Liban saisisse cette « fenêtre d’opportunité unique », malgré les résistances de certains acteurs. « Le peuple libanais est épuisé et aspire à reconstruire son pays en paix », a-t-il noté, appelant à la rationalité pour éviter le désespoir et la destruction.

Les dynamiques avec les partenaires internationaux

La coordination avec les États-Unis reste étroite, comme l’a illustré le mécanisme conjoint pour le cessez-le-feu. M. Barrot a salué les progrès dans les négociations libano-israéliennes, incluant pour la première fois des civils. Il a aussi évoqué le rôle de la France dans la délimitation des frontières avec la Syrie, en attendant la coopération damascène.

Sur les allégations de trafic, le président Aoun a réaffirmé le contrôle des transactions bancaires, écartant toute violation. Ces assurances visent à restaurer la confiance internationale, essentielle pour les aides futures.

Les enjeux du désarmement et de la souveraineté

M. Barrot a loué le plan de sécurité présenté en août, soutenu par les 700 soldats français de la Finul. L’objectif est une État fort, souverain sur les armes, protégeant tous les Libanais et en paix avec ses voisins. Le retrait de la Finul nécessite un renforcement de l’armée, basé sur les orientations des autorités libanaises et de l’ONU.

Les discussions préparatoires identifieront les besoins précis, mobilisant les partenaires pour un soutien adapté. Cette approche vise à consolider les gains du cessez-le-feu et à préparer le Liban à un avenir stable, malgré les défis régionaux persistants.

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