Le quotidien anglophone libanais Daily Star, a indiqué ce jeudi que le Tribunal International en charge de juger les personnes suspectées d’être impliquées dans l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri a accusé 4 ministres de ne pas coopérer dans le cadre de l’enquête.

Selon The Daily Star, le procureur général du Tribunal Daniel Bellemare aurait demandé le mois dernier, des informations supplémentaires,  informations auxquelles, les différents ministres nommés n’ont pas répondu.

Ces demandes ont été transmises via le bureau du premier ministre par intérim le 24 février dernier, selon des copies des lettres publiées par le quotidien. Saad  Hariri se serait ainsi adressé au ministre des transports Ghazi Aradi, pour lui demander de transmettre au TSL, des documents concernant certains fonctionnaires cités comme témoins. Il se serait également adressé au ministre Gébran Bassil en sa qualité d’ancien ministre des Télécoms, pour demander une série de données sur les réseaux, et également au ministre de l’intérieur, Ziad Baroud pour obtenir certains documents du Ministère dont il a la charge.

Saad Hariri a demandé au Ministre des télécoms par intérim Charbel Nahhas, une série de données sur les réseaux. Des sources proches de ce dernier cité, par The Daily Star auraient fait part de l’arrêt de sa coopération avec le TSL depuis le discours du secrétaire général du Hezbollah appelant au boycott. Charbel Nahhas aurait également estimé  ces demandes contraire à la loi 120 portant sur les écoutes téléphoniques, et violant la liberté publique. Il se serait également inquiété de la diffusion de conversations privées de ministres et de député. Le ministre des télécoms a indiqué au Président de la Chambre que les enquêteurs sont déjà en possession de ses bases de données, acquises de manière non officielle et ne permettant donc pas d’être utilisées dans le cadre d’une procédure légale.

L’organe judiciaire pourrait alors évoquer la situation avec l’ambassadeur du Liban à la Hague le 7 mars prochain, alors que certaines sources ont indiqué que le juge Daniel Bellemare pourrait inclure leurs noms dans la liste des personnes non coopératives.

Pour rappel, certains dirigeants libanais proches de l’ancienne opposition et actuelle majorité, avaient accusé le TSL d’avoir transmis des informations à Israël. Le contre-espionnage libanais avait également procédé à l’arrestation de responsables d’une société de télécommunication mobile, accusés d’être à la solde de l’état hébreu.