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L’institut international de la finance a indiqué dans un dernier rapport que la contraction de l’économie libanaise pourrait atteindre 24 % en 2020, au lieu d’estimations précédentes faisant état d’une contraction de 15 % avec la crise économique seule. Ces nouvelles estimations prennent en considération les suites de l’explosion qui s’est produite à l’intérieur du port de Beyrouth et qui a ravagé une grande partie de la capitale libanaise et de sa proche banlieue.

Ce même rapport note que 75 % des importations libanaises, du trafic maritime vers où depuis le Liban, dépendait du port de Beyrouth aujourd’hui non fonctionnel et cela pour plusieurs mois en dépit de l’annonce d’une reprise partielle de l’activité des portes containers. Cette activité de transport demain représente 85 % du trafic du port, mais il s’agirait essentiellement l’activité de hub, soit de déchargement de grands porte-containers de lignes internationales vers des cargos plus petits à destination d’autres ports régionaux.

Le trafic à destination du port concernant l’activité « cargo générale » est désormais transféré vers Tripoli au nord et la Saïda au sud de la capitale.

Parmi les principales conséquences de la crise économique actuelle à quoi se rajoutent celle liées à la pandémie du coronavirus et désormais celles liées à l’explosion du port de Beyrouth.

Ainsi, le PIB du Liban pourrait passer de 52 milliards de dollars en 2019 à 33 milliards de dollars à peine en 2020 avec les conséquences sociales et économiques qu’on pourrait imaginer. La dépréciation de la livre libanaise sur les marchés secondaires comme au marché noir, pourrait également s’accélérer.

L’accès à l’aide internationale du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale, et d’autres institutions financières, n’est pour l’heure pas d’actualité, en raison des échecs répétées, année après année, conférences après conférences, de la classe politique à ne pas mettre en place les réformes nécessaires. Il s’agit, rappelle l’institution, pour le parlement d’approuver les lois garantissant l’indépendance du système judiciaire, la nomination d’une autorité indépendante de régulation du secteur de l’électricité, de la ratification de certaines lois et notamment instaurant un contrôle formel des capitaux au Liban.

Seule la formation d’un gouvernement compétent autour d’une équipe économique et d’un soutien concret du parlement pourrait permettre l’obtention de l’aide du FMI via l’application réelle des réformes demandées.

L’institut international de la finance considère deux scénarios à moyen terme pour le Liban.

Selon le scénario A, un changement majeur en terme politique a lieu, avec la formation d’un nouveau gouvernement indépendant des allégeances sectaires, suivie d’élections législatives parlementaires anticipées afin de contrecarrer une possible crise politique. Ainsi, les autorités libanaises pourraient alors appliquer les réformes demandées pour le Fonds Monétaire International.

Il s’agira notamment de réformer le secteur de l’énergie et des télécommunications et de permettre une participation financière étrangère. Cela améliorera la confiance des investisseurs à la fois locaux et internationaux et ainsi pourrait provoquer un flux financier important vers le Liban, notamment dans le déblocage de l’aide du FMI estimée à 10 milliards de dollars et des fonds promis lors de la conférence CEDRE qui a eu lieu à Paris en avril 2018. Cela pourrait s’ajouter un soutien financier des pays du golfe.

Selon ce scénario, la Banque du Liban pourrait être capable d’unifier les différents taux de change actuels d’ici 2021. Les réserves monétaires pourraient alors augmenter et induire un rétablissement significatif de l’économie libanaise et des balances fiscales et externes. Selon l’institut international de la finance, la probabilité d’un tel scénario est de 60 %.

parallèlement au scénario A, le scénario B prend pour hypothèse des réformes économiques mineures avec aucun changement politique. Le financement externe sera limité à une aide d’urgence de la conférence de Paris, soit de 253.7 millions de dollars. La confiance des investisseurs continuera à se dégrader. La Livre libanaise continuera sa chute face au dollar dans les marchés parallèles et l’inflation atteindra des taux record. Les réserves monétaires brute de la BDL seront épuisés fin 2022. La dette publique continuera une trajectoire incontrôlée. La probabilité d’un tel scénario est de 40%

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