3 minutes à lire

Le Haut conseil supérieur de la justice a rejeté ce mercredi, les noms proposés par la ministre démissionnaire de la justice Marie-Claude Najem, dans le cadre de l’enquête concernant l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020. Cette décision du conseil pourrait encore retarder le début de l’enquête.

La ministre démissionnaire a nommé le juge Samer Younes que le conseil judiciaire estime trop proche du courant patriotique libre. Pour rappel, juste avant sa démission, le gouvernement du premier ministre Hassan Diab avait déféré l’affaire de l’explosion du port de Beyrouth au conseil supérieur de la magistrature. Cependant, l’enquête ne peut commencer jusqu’à ce qu’un juge d’investigation soit nommé. Il reviendra à ce juge de conduire l’enquête, de procéder à l’arrestation des personnes qu’il jurerait impliquées dans le cadre de cette affaire, et d’établir les faits et les circonstances autour de l’explosion.

Pour l’heure, 19 personnes seraient arrêtées en lien avec l’affaire, dont le directeur général de la douane Badri Daher, son prédécesseur, et le directeur du port de Beyrouth Hassan Koreytem proche du Courant du Futur.

Cependant, certains analystes, notent que ce rejet serait plutôt de nature politique, confirmant les propos tenus par Marie-Claude Najem sur Twitter et non tant que la composition est au conseil judiciaire est proche de certains courants politiquement opposés dont certains impliqués dans le cadre des trafics est en lieu dans le port de Beyrouth.

D’autres sources notent également des conflits d’intérêts, comme par exemple le fait que le procureur général de la république le juge Ghassan Oweidat, serai marié à la sœur de l’ancien ministre des travaux publics Ghazi Zeaiter, lors du transfert du nitrate d’ammonium depuis le navire Rhosus dans l’entrepôt où s’est déroulée l’explosion en 2014, avait accusé le quotidien An Nahar.

Ces mêmes sources indiquent que des enquêteurs internationaux sont déjà présents sur les lieux même du port de Beyrouth, et coopèrent avec les autorités libanaises dans le cadre de cette enquête. À l’équipe d’Interpol présente sur place, s’ajoutent des experts français qui rechercheraient actuellement la source du feu ainsi que les différents matériaux stockés avec le nitrate d’ammonium dont l’explosion a été à l’origine du drame.

Le bilan provisoire le ministère de la santé indique toujours que l’explosion aurait fait plus de 160 victimes, certaines sources évoquant le nombre de 170 victimes et plus de 6000 blessés.

La piste d’une explosion accidentelle de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium à l’intérieur d’un entrepôt du port de Beyrouth, saisies en 2014 à bord d’un navire poubelle, le Rhosus battant pavillon moldave, est pour le moment privilégiée par les autorités libanaises. Cette explosion équivaudrait à celle de 600 tonnes de TNT ou encore à un tremblement de terre de 3.3 sur l’échelle de Richter.
Elle aurait ainsi causé un cratère de 110 mètres de long sur 43 mètres de profondeur, indique le dimanche 9 août une source sécuritaire citant les propos d’experts français présents sur place.

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.