Ils savaient depuis février 2015 que les soldats libanais avaient été probablement exécutés … et pourtant il fallait négocier pour fournir à Daesh des vivres et de la nourriture et entretenir auprès des familles et à des proches de faux espoirs au lieu d’écraser la vermine qui a assassiné nos Hommes.

Ces responsables sont tout autant responsables de l’assassinat des 9 militaires libanais que Daesh. Il faut le dire haut et fort: Ils ont noyé le poisson dans le désert des contreforts de l’Anti-Liban en négociant de manière interminable avec cette vermine au lieu d’avoir le courage qu’on attend d’eux, en décidant de mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour que ces assassins paient le prix dès qu’ils ont appris le funeste destin de nos martyrs.

Une autre nation aurait vu une partie de son peuple aujourd’hui en deuil et descendre dans la rue afin de réclamer des comptes sur ce dossier. Une autre nation, un autre peuple aurait réclamé une commission d’enquête parlementaire sur la question des disparus de la guerre civile hier et aujourd’hui sur la question des disparus militaires kidnappés par Daesh. L’Armée Libanaise elle-même aurait dû réclamer des comptes à ces  mêmes responsables… comme le Général François Hajj avait eu le courage de faire après que des militaires aient été égorgés en 2007, ce qui a lancé l’opération contre les terroristes de Nahr Bared. Lui avait eu ce courage de s’opposer au pouvoir politique et il en a payé le prix par la perte de sa vie. Depuis, elle en a été empêchée de manière consciente depuis 2014 jusqu’au début de l’opération militaire Aube du Jurd contre Daesh. Cette commission aurait enquêté sur les responsabilités des hommes politiques et des autres responsables impliqués dans le dossier pour que plus jamais une telle situation ne puisse se reproduise.

Aujourd’hui, acculé par la situation en cours et notamment l’opération de l’Armée Libanaise qui n’est que trop tardive pour ces 9 martyrs, intitulée « Aube du Jurd » – il convient tout de même de saluer les militaires présents sur le terrain, de vrais Hommes -, Daesh a été dans l’obligation de faire des concessions comme la révélation d’un acte lâche et odieux, celui d’un assassinat. On en voit le résultat. Il serait également surprenant que les personnes impliquées dans le dossier n’aient pas aussi leur part de responsabilité dans cette situation d’une gravité extrême. Une Armée ne doit jamais abandonner ses hommes et bien au contraire, se battre dès le départ pour obtenir leur libération.

Les responsables de l’Armée Libanaise d’alors, dès le moment ou l’institution militaire aurait été informée, auraient dû enclencher une opération de justice par tous les moyens disponibles et non obéir au pouvoir politique bien empêtré par des calculs « politiques, confessionnels » peu importe mais de mauvais calculs.
Comme on dit, le coeur a des raisons que la Raison ignore… et la Raison n’était pas celle de l’intérêt de la Nation et de ses Institutions, bien au contraire.

Ces responsables ne sont pas pas des Hommes d’Etat. Il s’agit d’exiger que plus jamais l’Armée n’accepte d’abandonner ses hommes en raison de raisons plus fallacieuses les unes que les autres. Il s’agit d’exiger désormais que le pouvoir politique laisse faire l’Armée Libanaise quand la situation l’exige comme ce ne fut déjà pas le cas en 1975 ou comme aujourd’hui. Cette culture de l’impunité ou du Maalachi doit cesser. Il s’agit d’en finir avec ce silence devenu criminel qui nous caractérise malheureusement trop souvent face à l’innommable.

Mes pensées émues vont évidemment aux familles des militaires disparus qui doivent passer par des moments très durs. On comprendra leurs colères et leurs rages face au mensonge, face aux promesses et face surtout à l’incapacité des Institutions d’avoir pu protéger leurs enfants. Ces colères et cette rage sont partagées par de nombreuses personnes en ce jour.