dimanche, février 22, 2026

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Edito: Emmanuel Macron au Liban, une visite sous l’ombre des drones israéliens et des violations persistantes

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L’arrivée d’Emmanuel Macron au Liban, symbolisant les efforts français pour réaffirmer leur influence dans une région en crise, s’accompagne d’un rappel brutal des limites de la diplomatie face aux réalités sécuritaires. Les drones israéliens, omniprésents dans l’espace aérien libanais, incarnent ces violations répétées des résolutions internationales. À cela s’ajoute une série d’atteintes symboliques et concrètes au territoire libanais, alors que l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 arrive à son terme le 26 janvier. Ce contexte place le Liban à un moment critique, où les initiatives diplomatiques semblent en permanence sapées par la domination israélienne.

Un cessez-le-feu fragile, sur le point d’expirer

L’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, conclu pour contenir les tensions croissantes entre Israël et le Hezbollah, avait pour objectif d’apporter une accalmie temporaire. Pourtant, les violations israéliennes n’ont jamais cessé, illustrant le mépris des engagements pris. Les survols incessants des drones israéliens constituent une atteinte flagrante à cet accord, tout en contrevenant à la résolution 1701 des Nations unies, adoptée en 2006, qui exigeait la cessation des hostilités et le respect de la souveraineté libanaise.

Alors que l’échéance de cet accord approche, Israël intensifie ses actions : survols de drones, destructions de maisons dans les zones encore occupées au sud du Liban, et même le vol d’oliviers, symboles de paix et de résilience dans la région. Ces actes ne se contentent pas de violer les accords internationaux ; ils fragilisent également les efforts de médiation et la stabilité déjà précaire du Liban.

Une relance politique attendue : Joseph Aoun et Nawaf Salam

Dans ce climat tendu, l’élection du général Joseph Aoun à la tête de l’armée libanaise et la désignation de Nawaf Salam au poste de Premier ministre suscitent des espoirs d’un renouveau politique et institutionnel. Ces deux figures, perçues comme des acteurs capables de transcender les divisions confessionnelles, sont censées relancer le processus de négociation tout en réaffirmant la souveraineté libanaise face aux ingérences extérieures.

Joseph Aoun, respecté pour sa gestion de l’armée dans des périodes de crise, est vu comme un garant de la stabilité sécuritaire, notamment face aux défis posés par les violations israéliennes et les tensions internes. Nawaf Salam, ancien juge à la Cour internationale de justice et diplomate de renom, porte l’ambition d’une gouvernance plus transparente et d’une diplomatie libanaise réhabilitée sur la scène internationale.

Cependant, cette dynamique naissante se heurte à une réalité complexe, où les actions israéliennes et les ingérences régionales continuent de miner les fondations de l’État libanais. Si ces nominations représentent une opportunité de relancer les institutions libanaises, elles ne suffiront pas à elles seules à contenir les provocations israéliennes ou à restaurer pleinement la souveraineté du pays.

Une comparaison avec l’ère Chirac : la France avait pris position

Le contraste avec l’action du prédécesseur de Macron, Jacques Chirac, est frappant. Chirac, lors de son mandat, n’avait pas hésité à fournir à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) des équipements anti-aériens pour renforcer ses capacités de défense. Cette décision, bien que critiquée à l’époque, symbolisait une volonté claire de protéger le Liban des intrusions israéliennes. Cependant, ces équipements avaient été rapidement retirés sous pression internationale, laissant la FINUL dans une position affaiblie.

Aujourd’hui, la France semble hésitante face à la même problématique. Emmanuel Macron, tout en soutenant la résolution 1701 et en appelant à la stabilité, se retrouve limité par une diplomatie qui ne peut s’imposer face à la réalité militaire israélienne. L’absence de mesures concrètes pour contrer les violations israéliennes, comme l’avait tenté Chirac, souligne une perte d’audace qui affaiblit la portée des initiatives françaises.

Les drones israéliens : symboles de domination

Les drones israéliens, qui survolent régulièrement le Liban, ne sont pas de simples outils de reconnaissance. Ils sont des instruments de dissuasion et d’intimidation, envoyant un message clair à toutes les parties : Israël contrôle les cieux libanais et ne tolérera aucune contestation de cet état de fait. En déployant ces engins pendant les visites officielles et les moments diplomatiques clés, Tel-Aviv souligne son mépris pour les efforts internationaux et affirme sa supériorité militaire.

Ces actions, pourtant contraires au droit international, mettent également en lumière l’impuissance de l’État libanais à défendre son espace aérien. Les survols, qui violent la résolution 1701, sont accompagnés par des actes plus visibles et tout aussi condamnables, comme les destructions de maisons dans les zones frontalières et l’appropriation d’oliviers, véritable symbole de paix pour les populations locales.

La France face à une impasse diplomatique

Emmanuel Macron, tout en réaffirmant le soutien historique de la France au Liban, se heurte à une double impasse. D’un côté, la classe politique libanaise, divisée et affaiblie, peine à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour renforcer l’État. De l’autre, les actions israéliennes sapent en permanence les efforts diplomatiques, rappelant que toute initiative internationale reste subordonnée à la volonté des puissances régionales.

La posture de Macron contraste également avec celle de Jacques Chirac, dont l’engagement militaire indirect avait marqué une tentative audacieuse de protéger le Liban. En évitant d’aborder frontalement la question des violations israéliennes, Emmanuel Macron laisse planer un doute sur la capacité de la France à défendre réellement les principes qu’elle affirme soutenir.

Une souveraineté bafouée

Les violations israéliennes ne se limitent pas aux incursions aériennes. La destruction de maisons dans les zones encore occupées par Israël, combinée à l’appropriation des ressources naturelles comme les oliviers, illustre un mépris total pour la souveraineté libanaise. Ces actions exacerbent les tensions dans le sud du Liban, où les habitants, déjà éprouvés par des décennies de conflit, subissent un harcèlement constant. Cette situation met en lumière l’urgence d’une réponse internationale plus ferme pour préserver la stabilité.

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Newsdesk Libnanews
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