lundi, février 23, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Explosion d’un bâtiment à Bab Al-Thiniyah : nouvelle incursion israélienne au sud du Liban

- Advertisement -

Les forces israéliennes ont procédé, à l’aube du 7 janvier 2026, à l’explosion d’un bâtiment de trois étages dans la région de Bab Al-Thiniyah, à l’ouest de la ville de Khiam, dans le sud du Liban. Cet incident, rapporté par l’agence nationale d’information libanaise, s’inscrit dans une série d’opérations militaires qui persistent malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en novembre 2024. Cette action, qualifiée d’agression par les autorités libanaises, soulève des interrogations sur la stabilité de l’accord et les intentions d’Israël dans la région.

Le contexte des tensions persistantes

Depuis la mise en place du cessez-le-feu, négocié sous les auspices des États-Unis et entré en vigueur le 27 novembre 2024, le sud du Liban reste une zone de friction intense. Les hostilités entre Israël et le Hezbollah, qui ont culminé en une guerre ouverte entre octobre 2023 et novembre 2024, ont causé plus de 4 000 morts et des déplacements massifs, avec plus de 1,2 million de personnes affectées selon les estimations du gouvernement libanais. Malgré l’accord, qui prévoit le retrait progressif des forces et le désarmement des groupes armés au sud du Litani conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, les violations se multiplient.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Les forces israéliennes ont justifié leurs opérations par la nécessité de neutraliser des menaces persistantes liées au Hezbollah et à d’autres groupes comme le Hamas. Dans un communiqué daté du 5 janvier 2026, l’armée israélienne a indiqué avoir ciblé des infrastructures qualifiées de « sites militaires » dans plusieurs villages du sud, incluant des zones proches de Khiam. Ces actions incluent des frappes aériennes et des incursions terrestres limitées, souvent précédées d’ordres d’évacuation émis via des haut-parleurs ou des messages téléphoniques. Le 5 janvier, par exemple, Israël a émis des ordres d’évacuation pour quatre villages dans le sud et la vallée de la Bekaa, avant de procéder à des bombardements qui ont blessé au moins deux personnes.

Détails des incidents récents à Khiam et environs

L’explosion à Bab Al-Thiniyah, survenue aux premières heures du 7 janvier, a visé un bâtiment résidentiel de trois étages. Selon les rapports initiaux de l’agence nationale d’information, une force hostile – identifiée comme israélienne – a utilisé des explosifs pour détruire la structure, sans que des victimes immédiates ne soient signalées. Cet événement fait écho à d’autres opérations similaires dans la région de Khiam, une localité frontalière souvent au cœur des tensions. Le 3 janvier 2026, un véhicule a été incendié suite à une frappe israélienne dans le village de Khiam, comme l’a documenté l’agence de presse Reuters, avec des images montrant des pompiers et des civils éteignant les flammes.

Plus au sud, dans la localité d’Aita al-Shaab, une drone ennemie a ciblé une bulldozer dans le quartier d’Abou al-Laban à l’aube du même jour. L’attaque, rapportée par des sources locales à l’agence nationale, n’a pas fait de victimes mais a endommagé l’équipement, utilisé apparemment pour des travaux civils. Ces incidents s’ajoutent à une vague d’attaques : le 6 janvier, des frappes ont touché des zones côtières entre Saïda et Tyr, avec une activité intense de drones survolant le sud et la Bekaa. L’armée israélienne a revendiqué ces opérations comme des réponses à des menaces du Hezbollah, affirmant avoir éliminé un membre du groupe dans une frappe à 10 kilomètres de la frontière.

Le 7 janvier, deux personnes ont été tuées dans une frappe sur une maison à Kfar Dunin, dans le district de Bint Jbeil. L’agence nationale d’information a précisé que les victimes étaient des civils, tandis que l’armée israélienne a déclaré avoir visé deux operatives du Hezbollah, dont un ingénieur spécialisé dans les explosifs. Ces morts portent le bilan des victimes israéliennes au Liban depuis le cessez-le-feu à plus de 350, selon un décompte du ministère libanais de la Santé publique.

Rôle et réactions de la FINUL face aux violations

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), déployée depuis 1978 et renforcée par la résolution 1701 en 2006, joue un rôle central dans la surveillance de la Ligne bleue, la frontière délimitée entre Israël et le Liban. Avec plus de 10 000 casques bleus issus de 48 pays, la FINUL a documenté de multiples violations depuis le cessez-le-feu. Dans un communiqué du 5 décembre 2025, la mission a rapporté avoir observé une série de frappes aériennes israéliennes dans son aire d’opérations, touchant des villages comme ceux près de Khiam et Aita al-Shaab. « Ces frappes aériennes sont des violations claires de la résolution 1701 du Conseil de sécurité », a déclaré la porte-parole de la FINUL, Andrea Tenenti, soulignant que de telles actions menacent la sécurité des peacekeepers et entravent le retour des civils déplacés.

Le 16 novembre 2025, la FINUL avait déjà condamné des tirs israéliens près de positions onusiennes, qualifiant l’incident de « violation sérieuse » de la résolution 1701, qui interdit toute présence armée non autorisée au sud du Litani. Plus récemment, le 5 janvier 2026, des tirs israéliens ont atterri à moins de 50 mètres de peacekeepers dans le sud, une tendance qualifiée de « préoccupante » par la mission. La FINUL a appelé Israël à cesser immédiatement ces agressions, tout en exhortant les acteurs libanais à s’abstenir de toute riposte qui pourrait escalader la situation. Des patrouilles conjointes avec l’armée libanaise ont été intensifiées, mais les incidents persistent, avec des flares d’artillerie israélienne illuminant le ciel au-dessus de Ras Naqoura le 6 janvier.

Critiques et communiqués officiels libanais

Le gouvernement libanais, sous la direction du Premier ministre Nawaf Salam, en poste depuis février 2025, a réagi avec fermeté à ces événements. Le président Joseph Aoun, ancien chef d’état-major de l’armée élu en janvier 2025, a condamné les attaques lors d’une réunion du Conseil suprême de défense le 6 janvier. « Les agressions israéliennes sur des localités du sud, de la Bekaa et même de Sidon coïncident avec la réunion du comité de mécanisme et soulèvent de nombreuses interrogations », a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. Il a ajouté que ces actions visent à torpiller les efforts locaux, régionaux et internationaux pour stopper l’escalade.

Le ministre des Affaires étrangères, Tarek Mitri, a pour sa part qualifié les frappes de « violations flagrantes » du cessez-le-feu, appelant la communauté internationale à exercer des pressions sur Israël. Dans une déclaration du 5 janvier, le ministère a indiqué que ces attaques sapent les négociations sur le désarmement du Hezbollah, prévu en deux phases d’ici fin 2025. Le ministre de la Défense, le brigadier général Michel Mnas, a supervisé une évaluation de la situation sécuritaire avec le président Aoun le 5 janvier, confirmant le déploiement renforcé de l’armée libanaise le long de la Ligne bleue en coordination avec la FINUL.

Ces réactions s’inscrivent dans un cadre plus large où le Liban accuse Israël de chercher à déstabiliser le processus de désarmement. Le Premier ministre Salam, lors d’une allocution le 4 janvier, a réitéré l’engagement du gouvernement à appliquer la résolution 1701, tout en dénonçant les incursions comme des tentatives de sabotage. Des sources diplomatiques libanaises ont rapporté que Beyrouth a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU sur ces violations, demandant une intervention urgente pour protéger la souveraineté libanaise.

Implications pour le désarmement et la stabilité régionale

Le désarmement du Hezbollah reste au cœur des débats. Selon l’accord de cessez-le-feu, la première phase devait être achevée d’ici fin 2025, avec le retrait des armes lourdes au sud du Litani. Cependant, les attaques israéliennes récurrentes compliquent ce processus. Le Hezbollah, par la voix de son secrétaire général adjoint Naim Qassem, a déclaré le 31 décembre 2025 que le groupe ne déposerait pas les armes tant que les menaces israéliennes persistent. Cette position est soutenue par des alliés comme l’Iran, qui conditionne tout désarmement à une décision régionale.

Du côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a justifié les opérations par la nécessité de prévenir une reconstitution des capacités militaires du Hezbollah. Dans un discours du 5 janvier, il a affirmé que les frappes visaient des « terroristes » affiliés au Hezbollah et au Hamas, incluant des ingénieurs impliqués dans des projets d’armement. Ces justifications ont été contestées par des observateurs onusiens, qui notent que de nombreuses cibles incluent des infrastructures civiles, comme le bâtiment à Bab Al-Thiniyah ou la bulldozer à Aita al-Shaab.

La vallée de la Bekaa, traditionnellement un bastion du Hezbollah, a vu une intensification des survols de drones israéliens, avec des frappes rapportées le 5 janvier. Ces actions ont blessé deux personnes et endommagé des biens, selon le ministère libanais de la Santé. L’armée libanaise, renforcée par des unités spéciales, a mobilisé des troupes supplémentaires, mais évite toute confrontation directe pour ne pas rompre le cessez-le-feu.

Évolution des incidents et surveillance internationale

Les incidents se succèdent avec une régularité alarmante. Le 4 janvier, une frappe israélienne a tué deux personnes dans le sud, comme l’a annoncé le ministère libanais de la Santé publique. L’armée israélienne a revendiqué l’élimination d’un membre du Hezbollah, mais des témoins locaux ont décrit des civils touchés. Le 6 janvier, des frappes ont visé Al-Manara, détruisant des maisons et des commerces, précédées d’avertissements d’évacuation.

La communauté internationale suit de près ces développements. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a qualifié les attaques répétées d’Israël de « crimes de guerre » dans un rapport du 21 novembre 2025, soulignant les violations du droit international humanitaire. Des pays contributeurs à la FINUL, comme la France et l’Italie, ont exprimé leur préoccupation, avec des appels à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

Au Liban, les déplacements internes persistent, avec des villages comme Khiam et Aita al-Shaab vidés de leurs habitants. Les efforts de reconstruction, soutenus par des aides internationales, sont entravés par ces hostilités. Le gouvernement Salam, composé de 24 ministres issus de divers horizons – incluant des indépendants et des figures issues du secteur privé – priorise la réforme financière, mais la sécurité reste la priorité immédiate.

Dynamiques confessionnelles et influences régionales

Le sud du Liban, à majorité chiite, est influencé par le Hezbollah, qui maintient une présence forte malgré les pressions. Les coalitions politiques à Beyrouth, marquées par des équilibres confessionnels, compliquent les réponses unifiées. Le président Aoun, sunnite, navigue entre les intérêts des communautés, avec un soutien accru des forces armées libanaises pour contrer les milices.

L’Iran, allié du Hezbollah, a condamné les attaques israéliennes comme des provocations, tandis que les États-Unis, médiateurs du cessez-le-feu, appellent à la retenue. Des négociations indirectes entre Israël et le Liban, les premières en décennies, ont eu lieu le 4 décembre 2025, mais les frappes subséquentes ont miné la confiance.

Faits récents et implications immédiates

Le 7 janvier 2026, outre l’explosion à Bab Al-Thiniyah, des flares d’artillerie ont illuminé le ciel au-dessus de Ras Naqoura. Ces actions, combinées au ciblage à Aita al-Shaab, indiquent une poursuite des opérations de renseignement et de frappe préventive par Israël. La FINUL a rapporté une augmentation des patrouilles, avec des casques bleus français et italiens renforçant les positions. Le ministère libanais de la Défense a confirmé des réunions avec des commandants onusiens pour coordonner les réponses, tandis que des civils rapportent des survols constants de drones, affectant la vie quotidienne et l’agriculture dans la région. Ces développements immédiats soulignent la fragilité du cessez-le-feu, avec des villages comme Kfar Dunin et Khiam restant sous tension, et des appels persistants à une surveillance accrue pour prévenir une reprise des hostilités à grande échelle.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi