Dans un climat de tensions accrues à la frontière libano-israélienne, une source sécuritaire israélienne a déclaré ce lundi 22 septembre 2025 à la chaîne saoudienne Al-Arabiya que l’année 2026 serait « décisive » pour le Liban. Selon cette source, Israël pourrait étendre ses activités militaires à l’intérieur du territoire libanais si aucune mesure pratique n’est prise pour désarmer le Hezbollah. « Il n’y a pas de délai précis pour le Liban, mais Israël ne patientera pas longtemps », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’une « opération terrestre plus large » est envisageable « si nécessaire ». Ces propos insistent sur un désarmement complet du Hezbollah, sans « situation grise », et avertissent que quiconque construit des capacités militaires contre Israël, activiste ou dirigeant senior, n’est pas immunisé.
La source a également souligné que le Hezbollah tente de se reconstituer, exigeant une vigilance accrue, et qu’il manque de capacité pour intervenir dans un nouveau conflit avec l’Iran. Ces déclarations surviennent alors que des efforts diplomatiques, portés par les États-Unis, cherchent à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui impose le désarmement des groupes armés au sud du Litani et le retrait des forces israéliennes. Elles font écho à des incidents récents, comme les frappes aériennes israéliennes du 18 septembre 2025 sur des positions du Hezbollah à Nabatieh et Tyr, condamnées par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) comme des violations de la résolution 1701.
Les racines historiques des frictions libano-israéliennes
Les rapports entre le Liban et Israël sont empreints d’une instabilité récurrente depuis la guerre de 2006, qui avait opposé les forces israéliennes au Hezbollah, causant plus de 1 200 décès au Liban et environ 160 en Israël. Adoptée le 11 août 2006, la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies établit un cadre pour une cessation totale des hostilités. Elle prévoit le retrait des troupes israéliennes du sol libanais, l’extension de l’autorité étatique libanaise sur l’ensemble du territoire, notamment au sud du fleuve Litani, et le désarmement de toutes les milices armées, dont le Hezbollah.
Cette zone doit être placée sous le contrôle exclusif des Forces armées libanaises (FAL) et de la FINUL, qui mobilise environ 10 500 casques bleus issus de plus de 40 pays. La résolution prohibe toute présence armée non étatique et toute fourniture d’armes sans aval gouvernemental libanais. Malgré ces dispositions, des infractions persistantes sont relevées des deux côtés. Au Liban, le Hezbollah conserve des infrastructures militaires, incluant des tunnels transfrontaliers, des stocks d’armes et des sites de lancement de roquettes. Israël procède à des survols aériens réguliers et à des frappes ciblées pour neutraliser ces menaces.
En 2024, les échanges de tirs ont culminé en une escalade aboutissant à un cessez-le-feu en novembre, mais les accrochages se poursuivent. Des rapports onusiens font état de plus de 400 violations de la Ligne bleue – fixée en 2000 comme ligne de retrait israélien – en 2025, englobant des incursions aériennes israéliennes et des tirs de roquettes depuis le Liban. La FINUL, commandée par le major-général italien Diodato Abagnara depuis le 24 juin 2025, a intensifié ses patrouilles conjointes avec les FAL, couvrant plus de 1 000 kilomètres par mois, bien que les obstacles politiques et sécuritaires freinent leur efficacité. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a affirmé le 15 juillet 2025 que « la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 est vitale pour prévenir une escalade régionale », plaidant pour un soutien renforcé aux institutions libanaises confrontées à des influences extérieures.
Les opérations militaires israéliennes récentes dans le sud libanais
Ces dernières semaines, Israël a accru ses interventions contre des cibles attribuées au Hezbollah. Le 18 septembre 2025, les forces israéliennes ont mené des raids aériens sur des infrastructures du Hezbollah dans les secteurs de Nabatieh et de Tyr, après avoir sommé les habitants d’évacuer dans un délai d’une heure. Ces frappes ont ciblé des installations d’ingénierie et des dépôts d’armes, endommageant des voies routières et des habitations civiles, avec au moins cinq blessés signalés par le ministère libanais de la Santé. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dénoncé ces actes, déclarant que « ces agressions répétées minent les initiatives de stabilisation et violent flagramment la résolution 1701 ».
La FINUL a exprimé une « profonde préoccupation » le 19 septembre 2025, exhortant les Forces de défense israéliennes (FDI) à « mettre fin immédiatement aux frappes et à se retirer totalement du territoire libanais ». Plus tôt, le 3 septembre 2025, des drones israéliens ont largué des tracts et des grenades sonores sur des positions de la FINUL lors d’une opération de déblaiement de barrages routiers, un événement qualifié d’« attaque » par la mission onusienne.
Le sous-secrétaire général aux opérations de paix des Nations unies, Jean-Pierre Lacroix, a indiqué le 10 septembre 2025 que « les casques bleus préservent la stabilité de la Ligne bleue malgré les dangers croissants », insistant sur la nécessité d’un retrait mutuel des forces non autorisées.
L’implication américaine dans les pourparlers diplomatiques
Les États-Unis exercent un rôle pivot dans les médiations pour apaiser la crise, avec l’envoyé spécial Thomas Barrack conduisant des échanges bilatéraux. Le 24 août 2025, Barrack s’est entretenu avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur les dossiers libanais et syrien, soulignant un retrait israélien subordonné au désarmement du Hezbollah. « Israël ne se retirera pas des cinq points occupés tant que le Liban ne passe pas à des actes concrets », a-t-il déclaré récemment, évoquant les positions frontalières disputées tenues par Israël depuis 2000. Ces emplacements englobent des zones stratégiques telles que les fermes de Chebaa et Ghajar, jugées cruciales pour la sécurité israélienne.
Barrack a révélé que le Hezbollah perçoit environ 60 millions de dollars mensuels de sources non identifiées, entravant, selon lui, les progrès vers la paix. Lors d’un déplacement à Beyrouth le 18 août 2025, il a débattu avec des responsables libanais d’un plan de désarmement, promettant une assistance économique américaine et des investissements arabes en contrepartie. « Il est temps pour Israël de se conformer », a-t-il affirmé, tout en relevant le refus du Hezbollah de rendre les armes. Ces orientations alignent Washington sur la résolution 1701, avec des engagements pour une zone économique au Liban destinée à réinsérer d’anciens combattants du Hezbollah dans des activités civiles.
La sous-envoyée Morgan Ortagus a précisé le 26 août 2025 que la collecte des armes ne saurait s’achever d’ici fin 2025 sans un calendrier strict. Le département d’État a conditionné tout retrait israélien à des avancées libanaises tangibles, excluant une intervention militaire américaine contre le Hezbollah.
Les démarches libanaises pour respecter la résolution 1701
Le gouvernement libanais, dirigé par le Premier ministre Nawaf Salam depuis février 2025, affronte des défis internes pour appliquer la résolution 1701. Salam, ancien juge à la Cour internationale de justice, a constitué un cabinet de 24 ministres le 9 février 2025, succédant au gouvernement intérimaire. Le ministre des Affaires étrangères pilote les négociations internationales, tandis que le ministre de la Défense collabore avec les FAL pour déployer des unités au sud. Le 5 septembre 2025, le cabinet a approuvé un plan de l’armée pour désarmer le Hezbollah en quatre phases géographiques, sans fixer de délai en raison des sensibilités politiques. Ce plan, dénommé « Bouclier de la patrie », prévoit le démantèlement des armes lourdes, missiles et drones, sous surveillance onusienne.
Lors du vote, cinq ministres chiites ont quitté la séance, révélant les fractures confessionnelles. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que l’État assumera le monopole des armes, conformément à l’accord de cessez-le-feu de 2024. Le Hezbollah a répliqué que tout décret entraînerait l’arrêt de sa coopération, indiquant sa préparation à des scénarios conflictuels. Des sessions du cabinet les 6 et 7 septembre 2025 ont examiné une mise en œuvre progressive, avec des appels à prévenir un conflit interne. Le 30 août 2025, le Liban a soumis un plan formel de désarmement, attendu pour fin août selon Barrack, incluant des phases pour le sud du Litani.
Les influences régionales autour de l’Iran et des voisins
Le Hezbollah, appuyé par l’Iran, demeure un acteur central dans la région, avec des liens étroits à Téhéran fournissant armes et fonds. Des estimations chiffrent ce soutien à des dizaines de millions de dollars par mois, permettant de préserver ses arsenaux malgré les pertes. L’Iran a réitéré son soutien au Hezbollah, considérant toute agression contre le Liban comme une menace régionale. La Syrie, marquée par ses dynamiques internes, montre une hésitation à désarmer le Hezbollah, privilégiant le renforcement de ses propres forces.
Les influences confessionnelles imprègnent le paysage libanais : les communautés sunnites à Tripoli et chiites au sud exercent des pressions différenciées, avec des coalitions en évolution rapide. Le Qatar et l’Arabie saoudite, par des engagements d’investissements, soutiennent les initiatives de désarmement, en phase avec les efforts américains. Une zone économique projetée au Liban viserait à intégrer d’anciens membres du Hezbollah dans des sphères civiles après désarmement.
Les répercussions immédiates des tensions internationales
Les avertissements israéliens et américains intensifient la pression sur Beyrouth, avec des exigences pour un désarmement prompt au sud du Litani. Le Liban réclame un arrêt total des opérations israéliennes avant d’avancer, même dans les zones où le Hezbollah a accepté un retrait. Des frappes récentes, telles que celle du 18 septembre 2025 contre des positions du Hezbollah, ont provoqué des dégâts infrastructurels, contraignant des civils à l’évacuation. L’armée libanaise, comptant 80 000 hommes, coordonne avec la FINUL pour des patrouilles, mais sa relative faiblesse complique l’exécution sans appui international. Des débats au Conseil de sécurité en août 2025 ont examiné le mandat de la FINUL, prolongé d’un an sous la résolution 1701, marquant un engagement soutenu. Le Hezbollah, en phase de reconstitution, affronte une surveillance israélienne accrue, avec des sources notant son inaptitude à s’engager dans un conflit élargi avec l’Iran. Ces dynamiques immédiates mettent en lumière les obstacles pour le gouvernement Salam, aux prises avec des divisions internes et des menaces extérieures constantes.


