mardi, janvier 13, 2026

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Le Conseil de Sécurité met fin à la mission de la FINUL au Liban

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Le 28 août 2025, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté à l’unanimité une résolution renouvelant pour la dernière fois le mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), prolongeant ses opérations jusqu’au 31 décembre 2026, avant un retrait progressif sur une année supplémentaire. Cette décision marque la fin d’une mission de maintien de la paix instaurée en 1978, dans un contexte de cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hezbollah après une escalade militaire majeure en 2024. Demandée par le gouvernement libanais, elle vise à transférer la responsabilité sécuritaire aux Forces armées libanaises (FAL), mais les récents bombardements israéliens, y compris un incident mortel le 28 août 2025, soulignent les défis d’une région volatile.

Des pressions américaines et israéliennes pour clore une mission controversée

Les États-Unis et Israël ont exercé des pressions intenses pour mettre fin à la FINUL, qu’ils jugent inefficace face à l’armement du Hezbollah au sud du Liban. L’ambassadrice adjointe des États-Unis à l’ONU, Dorothy Shea, a qualifié la décision de « tournant historique », déclarant : « Après près de 50 ans, le terme ‘intérimaire’ dans FINUL doit être honoré. Le Liban doit assumer pleinement sa sécurité. » Elle a souligné que les coûts élevés de la mission, estimés à 500 millions de dollars par an, et son incapacité perçue à empêcher la militarisation du Hezbollah justifient son arrêt.

Israël partage cette position, accusant la FINUL de passivité face aux activités du Hezbollah. L’ambassadeur israélien à l’ONU, Gilad Erdan, a déclaré : « La FINUL n’a pas réussi à empêcher le Hezbollah de se réarmer, offrant une couverture à un groupe terroriste. » Israël a insisté pour que le mandat ne soit pas renouvelé au-delà de 2026, conditionnant son retrait militaire complet du sud du Liban au désarmement vérifiable du Hezbollah. Cette position reflète l’objectif stratégique de Tel-Aviv de neutraliser toute menace à sa frontière nord, après des années de tirs de roquettes et d’attaques transfrontalières.

La position libanaise : la FINUL, un témoin crucial des violations israéliennes

Le Liban a salué la prolongation du mandat jusqu’en 2026, la considérant comme vitale pour maintenir une présence internationale face aux violations israéliennes. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a exprimé sa gratitude aux 48 pays contributeurs, déclarant : « Le soutien de la communauté internationale reste essentiel pour protéger notre souveraineté. » Pour Beyrouth, la FINUL joue un rôle clé en tant qu’observateur indépendant, documentant les incursions israéliennes, y compris les survols aériens quotidiens et les frappes récentes, comme celles des 27 et 28 août 2025.

L’ambassadrice libanaise à l’ONU, Amal Mudallali, a insisté sur l’importance de la FINUL, affirmant : « Tant que les violations israéliennes persistent, la présence de témoins internationaux est cruciale pour protéger les civils et garantir la responsabilité. » Le Liban a dénoncé les destructions post-cessez-le-feu et les attaques sur des civils, des journalistes et des Casques bleus, appelant à une enquête internationale. Cette position reflète la crainte d’un vide sécuritaire qui pourrait permettre à Israël d’agir sans contrôle extérieur.

Une résolution finale pour la mise en œuvre de la 1701

La résolution du 28 août 2025 réaffirme l’engagement envers la résolution 1701 de 2006, adoptée après la guerre entre Israël et le Hezbollah. Ce texte exigeait un cessez-le-feu, le retrait des forces israéliennes, le déploiement exclusif des FAL au sud du fleuve Litani et le désarmement des groupes armés non étatiques. La nouvelle résolution ordonne une application stricte de ces mesures, avec un accent sur le respect de la Ligne bleue, frontière temporaire entre le Liban et Israël.

La FINUL cessera ses opérations le 31 décembre 2026, entamant un retrait coordonné avec Beyrouth pour éviter un vide sécuritaire. Avec plus de 10 800 militaires, la mission continuera ses patrouilles, soutiendra le retour des civils déplacés et assistera les efforts de déminage jusqu’à la fin de son mandat.

Les bombardements israéliens des dernières 48 heures : une escalade inquiétante

Les 27 et 28 août 2025, des frappes israéliennes ont visé plusieurs localités du sud et de l’est du Liban, exacerbant les tensions malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 novembre 2024. Le 27 août, l’aviation israélienne a ciblé des positions présumées du Hezbollah dans le sud, notamment à Houla et Aitaroun, causant des dommages matériels sans pertes humaines confirmées. Ces frappes ont été qualifiées de « préventives » par l’armée israélienne, qui a accusé le Hezbollah de préparer des attaques.

Le 28 août, un incident grave a marqué une escalade : deux soldats libanais, le lieutenant Mohammad Ismail et le sergent-chef Refaat Taimi, ont été tués à Naqoura lors de l’explosion d’un drone israélien qu’ils inspectaient après son crash. Deux autres soldats ont été blessés. L’armée libanaise a publié un communiqué confirmant l’incident, déclarant : « Lors d’une inspection d’une drone appartenant à l’ennemi israélien à Naqoura, une explosion a causé la mort de deux militaires. » Cet événement a suscité une vive condamnation de Beyrouth, qui a qualifié l’attaque de violation flagrante du cessez-le-feu.

Ces frappes s’inscrivent dans une série d’opérations israéliennes visant des infrastructures du Hezbollah, malgré l’accord de novembre 2024. Le Liban a rapporté que ces actions entravent le retour des civils et les efforts de reconstruction, tout en mettant en danger les observateurs internationaux, y compris la FINUL.

Un contexte d’affrontements intenses en 2024

Les hostilités de 2024 ont marqué un tournant dans le conflit israélo-libanais. Dès octobre 2023, des tirs transfrontaliers ont éclaté en parallèle à la guerre à Gaza, déclenchée par une offensive du Hamas. L’invasion terrestre israélienne du sud du Liban, lancée le 1er octobre 2024, visait à détruire les capacités militaires du Hezbollah. Selon Amnesty International, cette campagne a causé des destructions massives, avec des villages comme Khiam, Bint Jbeil et Maroun al-Ras rasés, et plus de 100 000 civils déplacés.

Un cessez-le-feu, négocié par les États-Unis et la France, est entré en vigueur le 27 novembre 2024 et prolongé jusqu’au 18 février 2025. Il a permis un retrait partiel des FDI, mais des violations persistent. Amnesty International a documenté des destructions post-cessez-le-feu, notamment entre novembre 2024 et janvier 2025, qualifiées de possibles crimes de guerre. « Des bulldozers israéliens ont nivelé des quartiers entiers après l’arrêt des combats », indique le rapport.

Le Hezbollah, affaibli mais actif, a menacé de reprendre les tirs si Israël intensifie ses opérations, affirmant que le cessez-le-feu ne couvre le désarmement qu’au sud du Litani. Les États-Unis exigent un désarmement complet, perçu comme essentiel à la stabilité régionale.

Une situation sécuritaire volatile au sud du Liban

Le sud du Liban reste une poudrière. Outre les frappes des 27 et 28 août, des survols israéliens quotidiens et des tirs sporadiques alimentent l’instabilité. Le président libanais, Joseph Aoun, a annoncé le déploiement de 10 000 soldats des FAL pour sécuriser la région, déclarant : « Seules l’armée libanaise et la FINUL porteront des armes au sud du Litani. » Ce déploiement vise à combler le vide laissé par le retrait partiel israélien, mais fait face à des défis logistiques.

La FINUL soutient ces efforts par des patrouilles conjointes et des opérations de déminage, ayant sécurisé plusieurs routes. Cependant, la mission a été ciblée : en octobre 2024, des positions à Naqoura ont été attaquées par Israël, blessant quatre Casques bleus. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné ces actes, déclarant : « Les forces de maintien de la paix doivent être protégées en tout temps. »

Les enjeux régionaux et internationaux

La fin de la FINUL interroge la stabilité future du Moyen-Orient. Le Conseil de Sécurité a autorisé la mission à maintenir ses activités jusqu’en 2026. Une conférence à Paris fin 2025 mobilisera des fonds pour la reconstruction, comme annoncé par Emmanuel Macron, qui a déclaré : « Le Liban doit être soutenu dans cette phase critique. »

Le Royaume-Uni, via James Kariuki, a exprimé des inquiétudes sur l’absence d’évaluation des risques, avertissant : « Un vide sécuritaire pourrait permettre au Hezbollah de se réarmer. » Le Liban insiste sur le rôle de la FINUL pour documenter les violations israéliennes, tandis qu’Israël exige un désarmement vérifiable.

Une crise humanitaire et un défi de reconstruction

Établie en 1978, la FINUL a géré de multiples crises, dont la guerre de 2006, qui a fait 1200 morts. Avec des contingents de l’Irlande, de l’Inde et de la Grèce, elle a soutenu le renouvellement du mandat. Plus de 100 000 déplacés rentrent dans des zones dévastées, avec des centaines de civils tués en 2024. La reconstruction est entravée par des mines et des débris.

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Newsdesk Libnanews
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