Le Conseil des ministres libanais, réuni lundi 16 février 2026 sous la présidence du chef du gouvernement Nawaf Salam, a validé une série de mesures fiscales visant à financer une revalorisation des salaires et des pensions dans le secteur public. Parmi ces dispositions figure une augmentation de 300 000 livres libanaises (LBP) sur le prix de 20 litres d’essence, une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 11 % à 12 %, ainsi qu’une révision des frais sur les conteneurs au port de Beyrouth. Ces décisions s’inscrivent dans un contexte de pressions budgétaires persistantes, alors que le pays continue de lutter contre les séquelles d’une crise économique amorcée en 2019, aggravée par le conflit de 2023-2024. Le ministère des Finances, dirigé par Yassin Jaber, a présenté ces ajustements comme indispensables pour équilibrer les comptes publics sans recours à de nouveaux emprunts, tout en précisant que la hausse de la TVA nécessite encore l’approbation du Parlement.
Dès le mardi matin suivant, le ministère de l’Énergie et de l’Eau a publié un nouveau tableau des prix des carburants, confirmant une augmentation effective de 361 000 LBP pour 20 litres d’essence. Les tarifs de l’essence 95 et 98 octanes ont ainsi atteint des niveaux records, tandis que le diesel a suivi une trajectoire similaire, quoique plus modérée. Ces hausses font suite à des ajustements récents : le 13 février, les prix avaient déjà progressé de 14 000 LBP pour l’essence et de 9 000 LBP pour le diesel, selon les données officielles du ministère. Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de générer des recettes supplémentaires, estimées à environ 207,7 millions de dollars annuels pour la seule hausse de la TVA, d’après les projections budgétaires pour 2026.
Cependant, ces mesures pourraient menacer le peu de croissance économique et la phase de rebond que le pays traverse actuellement.
Un budget sous tension
Le budget 2026, approuvé par le Parlement le 13 février, représente un tournant dans la gestion des finances publiques libanaises. Pour la première fois en huit ans, le gouvernement propose une augmentation de la TVA, intégrée à un projet de loi soumis au législatif. Le texte prévoit un équilibre budgétaire apparent, avec des recettes projetées à 5,97 milliards de dollars, en hausse de 20 % par rapport à 2025. Les dépenses, quant à elles, sont contenues à environ un tiers des niveaux d’avant-crise de 2019, reflétant une austérité imposée par l’absence de restructuration de la dette et la faiblesse des investissements. Les dépenses totales pour 2026 s’élèvent à 505 720 milliards de LBP, soit environ 5,65 milliards de dollars, en augmentation de 13,6 % par rapport au budget 2025 qui était de 445 214 milliards de LBP, ou 4,974 milliards de dollars.
Le ministre des Finances, Yassin Jaber, a déclaré lors d’une conférence de presse à Beyrouth : « Ces mesures ne visent pas à imposer de nouvelles taxes arbitraires, mais à renforcer la collecte fiscale et à combattre l’évasion, qui prive l’État de ressources essentielles. » Il a insisté sur l’installation de scanners aux ports, dont celui de Beyrouth, pour améliorer la traçabilité des importations. Le budget repose en grande partie sur des taxes indirectes, avec la TVA représentant la principale source de revenus fiscaux, générant plus du double des impôts sur le revenu, les profits et les biens immobiliers combinés – 47 % des recettes totales contre 18 %. Les recettes fiscales totales représentent 83 % des revenus prévus, avec une augmentation projetée de 439 millions de dollars provenant de la TVA, 131 millions des impôts sur les salaires et traitements, et 131 millions de revenus non fiscaux.
Cette approche s’ancre dans une logique historique : depuis la crise de 2019, les gouvernements successifs ont priorisé les recettes rapides via des frais et taxes sur la consommation, évitant des réformes plus profondes comme la taxation progressive des richesses ou la régularisation des propriétés maritimes vacantes, estimées à plus de 380 000 unités. Le Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport publié en janvier 2026 après une visite à Beyrouth, a exhorté les autorités à adopter une « approche plus ambitieuse » pour le budget, en insistant sur des réformes fiscales progressives pour financer la reconstruction et la protection sociale. « Sans restructuration bancaire et fiscale, le Liban reste vulnérable à des chocs externes », a averti le chef de mission du FMI, Ernesto Ramirez Rigo. Le FMI projette une croissance du PIB réel de 3,5 % en 2025 et de 4 % en 2026, portée par le tourisme et les envois de fonds, mais freinée par l’absence d’investissements et la reconstruction post-conflit, évaluée à 11 milliards de dollars.
Les mesures fiscales en détail
L’augmentation de 300 000 LBP sur 20 litres d’essence, effective immédiatement, s’ajoute à une série d’ajustements progressifs. Selon le tableau des prix publié le 17 février, l’essence 95 octane s’élève désormais à un niveau qui dépasse de 361 000 LBP les tarifs antérieurs pour 20 litres, intégrant à la fois la taxe et les fluctuations du marché pétrolier. Le diesel, essentiel pour le transport et l’agriculture, a vu son prix grimper de manière similaire, bien que les autorités aient maintenu le prix du gaz inchangé pour atténuer l’impact sur les ménages modestes. Cette hausse sur l’essence est estimée générer des recettes supplémentaires pour l’État, bien que les projections précises n’aient pas été divulguées dans le détail, mais elle s’inscrit dans une stratégie d’excises qui ont augmenté de 48 millions de dollars dans les prévisions budgétaires.
La hausse de la TVA à 12 % est projetée pour générer 207,7 millions de dollars supplémentaires annuellement, collectés dès l’approbation parlementaire. Cette mesure touche l’ensemble des biens et services, à l’exception des exemptions existantes pour les produits de base comme le pain et certains médicaments. Le ministre Jaber a précisé que cette augmentation compensera directement les revalorisations salariales dans le secteur public, incluant une hausse minimale des pensions et des salaires pour les employés et retraités. Selon des estimations officielles, ces augmentations pourraient atteindre 400 à 500 dollars par mois pour certains fonctionnaires, bien que les détails précis restent en discussion avec les syndicats. Le seuil d’enregistrement obligatoire pour la TVA a été relevé de 100 millions à 5 milliards de LBP sur une période d’un à quatre trimestres consécutifs, selon la loi budgétaire 2024, mais la hausse à 12 % marque une étape supplémentaire dans l’élargissement de la base fiscale.
Enfin, les frais sur les conteneurs au port de Beyrouth ont été révisés à la hausse, visant à capter une partie des 35 millions de dollars générés par la régularisation des empiètements sur le domaine maritime public. Ces ajustements s’inscrivent dans une stratégie plus large de numérisation de l’administration fiscale, avec l’unification des revenus imposables et l’introduction potentielle de taxes sur les biens de luxe, bien que ces dernières ne soient pas encore formalisées. Le budget prévoit également des restrictions sur la déductibilité de la TVA pour certaines dépenses, comme les voitures de passagers coûtant plus de 25 000 dollars (sauf pour les entreprises de location et de taxis), et la consommation d’eau, d’électricité, de communications, d’internet et d’essence, qui ne sont plus déductibles à des fins de TVA.
L’impact sur une population vulnérable
Ces décisions interviennent alors que 44 % de la population libanaise vit en situation de pauvreté monétaire, selon un rapport de la Banque mondiale publié en janvier 2026. Le taux de pauvreté monétaire a triplé depuis 2019, atteignant 44 % en 2022, avec un approfondissement du fossé : le montant minimal requis pour sortir les pauvres de la pauvreté a plus que triplé. Près d’un Libanais sur dix subsiste avec moins de 3 dollars par jour, exacerbé par l’inflation persistante et la dollarisation des salaires. La part des Libanais vivant avec moins de 4,20 dollars par jour est passée de 0,3 % à 16 %, tandis que ceux survivant avec moins de 8,30 dollars par jour ont bondi de 5,5 % à 50,7 % entre 2013 et 2023. Le conflit de 2023-2024 a aggravé ces chiffres, avec des estimations indiquant que plus de 55 % de la population est désormais piégée dans la pauvreté, luttant pour les nécessités de base. La pauvreté multidimensionnelle touche 73 % des Libanais et presque tous les résidents non libanais.
La concentration des richesses s’est accentuée : les 10 % les plus riches détiennent une part disproportionnée des actifs, tandis que la classe moyenne a quasiment disparu. Le ministre des Affaires sociales, Hanine Sayyed, a souligné dans un communiqué : « Ces hausses fiscales risquent d’aggraver les inégalités, surtout dans un pays où les importations représentent près de 21,076 milliards de dollars en 2025, avec un déficit commercial cumulé de 17,44 milliards de dollars. » Les importations, dominées par les produits pétroliers (24,83 % du total), les pierres précieuses et les produits chimiques, ont bondi de 24,70 % en 2025, atteignant 21,076 milliards de dollars, tandis que les exportations n’ont progressé que de 34,43 %, à 3,639 milliards. Pour les neuf premiers mois de 2025, les importations ont atteint 14,985 milliards de dollars (+15,79 %), contre des exportations de 2,715 milliards (+29,04 %).
Ce déséquilibre commercial, chronique depuis des décennies, pèse sur la balance des paiements. Les envois de fonds des expatriés, vitaux pour l’économie, ont représenté 12 % du PIB en 2018 mais ont chuté depuis, forçant une dépendance accrue aux importations pour couvrir les besoins essentiels. La Banque centrale du Liban (BDL) rapporte que les agrégats monétaires ont connu une évolution mitigée : M1 (monnaie en circulation et dépôts à vue en LBP) a augmenté à 111 019,2 milliards de LBP en novembre 2025, contre 107 831 milliards en octobre, indiquant une légère expansion. Cependant, M2 (M1 plus dépôts à terme en LBP) a suivi à 146 932,8 milliards, M3 (M2 plus dépôts en devises) à 6 061 261 milliards, et M4 (M3 plus bons du Trésor détenus par le secteur non bancaire) montre une stabilité relative, bien que les données hebdomadaires de janvier 2026 révèlent un retrait modéré dû à l’inflation résiduelle. En février 2026, M4 a atteint 6 066,06 billions de LBP, mais a ensuite reculé à 5 960,42 billions de LBP la semaine du 5 février, avec M1 à 107 587 milliards, reflétant une contraction de la liquidité.
Les conséquences d’une contraction monétaire persistante
Cette contraction des agrégats monétaires, notamment M4 en retrait relatif par rapport à 2024, indique une liquidité contrainte qui limite le crédit au secteur privé et aggrave les difficultés économiques. Malgré une inflation projetée à 15,2 % pour 2025 et en dessous de 10 % en 2026, la réduction de la masse monétaire amplifie les effets récessifs : elle freine la consommation privée, soutenue par les envois de fonds mais en déclin post-2019, et entrave les investissements. Le chômage pourrait atteindre 32,6 % d’ici la fin de l’année, affectant environ 1,2 million de travailleurs, selon des estimations du Programme des Nations unies pour le développement. Cette dynamique crée un cercle vicieux où la contraction monétaire, censée contenir l’inflation, alimente en réalité une spirale déflationniste pour les ménages vulnérables, tout en maintenant des pressions inflationnistes sur les biens importés.
Critiquer ces mesures revient à souligner leur caractère régressif : en augmentant les taxes indirectes comme la TVA et les carburants, le gouvernement frappe durement les classes moyennes et pauvres, déjà accablées par une inflation qui érode le pouvoir d’achat. Alors que l’inflation moyenne a chuté à 15 % en 2025 contre 221 % en 2023, la contraction monétaire risque de prolonger la stagnation, limitant l’accès au crédit et freinant la reprise. Les experts pointent un manque d’ambition : sans restructuration de la dette publique, qui dépasse 357 % du PIB, et sans refonte du secteur bancaire, ces hausses fiscales ne font que reporter les problèmes, protégeant les élites via des exemptions sur les propriétés vides tout en chargeant les résidents ordinaires.
Les dynamiques sectorielles exposées
Dans le secteur énergétique, la hausse des carburants aggravera les coûts pour les transports et l’agriculture, où le diesel représente une dépense majeure. Le ministre de l’Énergie, Joseph Saddi, a indiqué que ces fonds serviront à subventionner partiellement les importations pétrolières, évitant une rupture d’approvisionnement. Au port de Beyrouth, les nouveaux frais sur les conteneurs, appliqués depuis le 17 février, visent à générer 131 millions de dollars supplémentaires via une meilleure collecte des douanes. Les principaux partenaires importateurs – Chine (11,72 %), Grèce (7,85 %) et Suisse (6,96 %) – alimentent ce flux, avec les produits minéraux représentant 24,83 % des importations à 3,721 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2025.
Sur le plan social, les syndicats du secteur public ont accueilli favorablement les augmentations salariales, mais critiquent leur financement. Le président de la Ligue des employés publics, Ibrahim Nahal, a déclaré : « Ces hausses sont un pansement sur une plaie ouverte, alors que 80 % des Libanais peinent à survivre. » Les données de la BDL montrent que les dépôts en devises étrangères, inclus dans M3, restent stables à des niveaux élevés, reflétant une dollarisation quasi totale de l’économie. Cette dollarisation, tout en stabilisant partiellement l’inflation, exclut les plus vulnérables, accentuant les inégalités. La contraction monétaire, avec M4 en retrait, limite l’accès au crédit, aggravant le chômage à 29 % selon les enquêtes ménages, et poussant vers l’économie informelle.
Les implications immédiates pour l’économie réelle
Les prix des biens de consommation devraient connaître une nouvelle flambée, avec une inflation des services domestiques comme le loyer et l’éducation persistant malgré la stabilisation globale. Le déficit commercial, élargi à 17,44 milliards de dollars en 2025, risque de s’aggraver si les importations continuent de croître plus vite que les exportations, dominées par les bijoux et les produits agroalimentaires. Les principaux partenaires importateurs – Chine (11,73 %), Suisse (9,34 %) et Émirats arabes unis (8,07 %) – ont contribué à un total d’importations de 21,076 milliards de dollars en 2025, contre des exportations vers la Suisse (21,54 %), les Émirats (15,17 %) et la Syrie (4,67 %). Les produits importés incluent les minéraux (22,94 % à 4,834 milliards), les perles et métaux précieux (18,77 % à 3,957 milliards) et les produits chimiques (8,06 % à 1,699 milliard).
Le gouvernement prévoit un surplus budgétaire sur base de caisse, mais les experts soulignent la nécessité d’une taxation plus équitable. Le ministre Jaber a annoncé des mesures anti-évasion, comme la digitalisation des déclarations fiscales, pour capter 439 millions de dollars supplémentaires de la TVA et 131 millions des impôts sur salaires. Ces fonds financeront non seulement les salaires, mais aussi une modeste reconstruction, évaluée à 14 milliards de dollars suite au conflit de 2023-2024. La contraction cumulée du PIB réel depuis 2019 atteint près de 40 %, avec une chute de 7,1 % en 2024, mais une reprise modeste est attendue. Pourtant, la contraction monétaire persiste, avec M4 à des niveaux stables mais en retrait, indiquant une liquidité contrainte qui freine le crédit et amplifie les effets de l’inflation sur les vulnérables.
Les défis du secteur bancaire et monétaire
Les défis du secteur bancaire persistent, avec une dette publique à 357 % du PIB et une absence de restructuration complète. Les agrégats monétaires, avec M4 en retrait relatif par rapport à 2024, indiquent une liquidité contrainte, limitant le crédit au secteur privé. Cette contraction, malgré une inflation en baisse à 12,2 % en décembre 2025, crée des tensions : elle réduit la masse monétaire disponible, freinant la croissance et aggravant le chômage. Les envois de fonds, bien que cruciaux, ont diminué, forçant une dépendance accrue aux importations. Le budget 2026 inclut des allocations accrues pour les services sociaux, avec une augmentation de 38 % des coupes dans les réserves, suggérant une discipline accrue, mais les dépenses en personnel dominent toujours.
Critiquer cette approche met en lumière un paradoxe : alors que l’inflation ralentit, la contraction monétaire risque de plonger l’économie dans une stagnation prolongée, où les hausses fiscales alimentent l’inflation sans relancer la croissance. Sans réformes ambitieuses, ces mesures protègent les intérêts établis au détriment des citoyens, perpétuant un modèle régressif.
Les perspectives macroéconomiques sous examen
Le FMI et la Banque mondiale s’accordent sur une inflation en baisse, à 14,7 % au premier semestre 2025, grâce à la stabilité du taux de change à environ 89 500 LBP/USD. Cependant, les structures de marché maintiennent des pressions élevées. Les réformes initiales, comme la loi de restructuration bancaire avec 39 clauses, la nomination d’un nouveau gouverneur de la BDL en mars 2025, et les amendements à la loi sur le secret bancaire, visent à restaurer la confiance. Le plan de compensation des déposants priorise les petits comptes, mais l’insolvabilité du secteur bancaire reste un frein.
Dans le commerce extérieur, le déficit de 16,166 milliards de dollars pour 2025 (contre 13,222 milliards en 2024) reflète une hausse de 23,3 % des importations à 18,377 milliards, contre une augmentation de 28,7 % des exportations à 3,211 milliards. Les exportations vers l’Union européenne ont montré une résilience, atteignant 474,9 millions d’euros de janvier à octobre 2025, en hausse de 8 % par rapport à 2024, malgré une hausse des importations européennes à 4,52 milliards d’euros. Cela souligne l’urgence de renforcer la production locale pour réduire le déficit commercial, mais la contraction monétaire limite les investissements nécessaires.
Les implications pour les secteurs productifs
L’agriculture et l’industrie, déjà fragilisées par la crise, subiront un impact direct des hausses de carburants. Le diesel, clé pour l’irrigation et le transport, verra ses coûts augmenter, potentiellement réduisant la compétitivité des exportations agroalimentaires, qui représentent 12,26 % des exportations à 446 millions de dollars. Le ministre de l’Agriculture pourrait devoir introduire des subventions ciblées, bien que le budget n’en prévoie pas explicitement. Dans le manufacturing, les coûts énergétiques élevés risquent de freiner la reprise, avec une croissance projetée limitée par les pertes en capital estimées à des milliards suite au conflit.
Le tourisme, moteur de la croissance prévue pour 2025-2026, a rebondi post-ceasefire, mais les hausses fiscales pourraient éroder les marges des opérateurs. Les remittances, estimées à 12 % du PIB pré-crise, soutiennent la consommation privée, mais leur déclin post-2019 accentue la vulnérabilité. Le gouvernement Salam priorise la reconstruction du sud, avec des besoins à 6,8 milliards de dollars en dommages physiques et 7,2 milliards en pertes économiques, selon la Banque mondiale. La contraction monétaire complique ce financement, risquant de prolonger la précarité.
Les mesures complémentaires et leurs limites
Le budget intègre des initiatives comme la réduction des exemptions sur les véhicules électriques et l’augmentation des taxes environnementales, alignées sur des objectifs climatiques. Cependant, l’absence de taxes sectorielles sur les carrières et les biens de luxe maintient des injustices fiscales. Les syndicats appellent à une refonte, avec des critiques sur l’augmentation de 150 % des taxes sur salaires contre une chute de 59 % des impôts sur profits. Cette iniquité, couplée à la contraction monétaire, amplifie l’inflation pour les bas revenus sans stimuler la croissance.
Les données hebdomadaires de la BDL pour février 2026 montrent un retrait de M4 à 5 960,42 billions de LBP, avec M1 à 107 587 milliards, reflétant une contraction de la liquidité. Cela pourrait limiter l’accès au crédit, aggravant le chômage à 29 % selon les enquêtes ménages. Les ajustements en cours, comme l’unification des taux de change depuis août 2023, ont stabilisé l’inflation, mais la contraction monétaire menace cette fragile équilibre et pourrait prolonger la crise économique au final.


