mardi, février 24, 2026

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Le retrait israélien du Sud Liban toujours dans l’incertitude

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Israël a réaffirmé son engagement envers l’accord de cessez-le-feu avec le Liban, comme l’a déclaré le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, lors d’une rencontre avec la Coordonnatrice spéciale de l’ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Cependant, les tensions persistantes entre les deux pays et les défis de mise en œuvre de cet accord rendent la situation complexe.

Engagement d’Israël envers le cessez-le-feu

Lors de sa rencontre avec Jeanine Hennis-Plasschaert, Gideon Saar a souligné que son pays restait « engagé à aller de l’avant avec l’accord de cessez-le-feu avec le Liban ». Toutefois, il a précisé que ce processus serait mené de manière progressive et en tenant compte des besoins sécuritaires.

La visite de la Coordonnatrice spéciale de l’ONU, entamée lundi, vise à évaluer les avancées concernant la cessation des hostilités, entrée en vigueur le 27 novembre 2024, et à identifier les défis persistants. Parmi ces enjeux figure la mise en œuvre complète de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2006 pour encadrer les relations entre Israël et le Liban après la guerre de 34 jours.

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Progrès et défis sur le terrain

Jeanine Hennis-Plasschaert a salué le retrait partiel des Forces de défense israéliennes (FDI) de certaines zones du sud du Liban et le redéploiement de l’armée libanaise à ces positions. Elle a néanmoins insisté sur l’importance d’un engagement continu de toutes les parties pour maintenir la stabilité.

Le Hezbollah, acteur clé dans cette région, a pour sa part émis des avertissements clairs contre la prolongation de la présence israélienne au-delà de l’échéance du 27 janvier 2025. Selon le journal libanais al-Akhbar, le comité de suivi du cessez-le-feu, réuni lundi, a constaté une atmosphère tendue, laissant présager que le retrait israélien d’ici la fin du délai de 60 jours pourrait ne pas être respecté.

Contentieux autour des armes et du contrôle sécuritaire

Les tensions sont exacerbées par les accusations mutuelles concernant la gestion des armes au sud du Liban. Des sources citées par al-Akhbar rapportent que l’armée israélienne a reproché à l’armée libanaise son refus de saisir des armes appartenant à la résistance libanaise, qu’elle estime stockées dans des dépôts ou des maisons.

Ces critiques ont conduit Israël à agir unilatéralement, menant des opérations dans plusieurs localités du sud du Liban, notamment à al-Salhani, Wadi al-Slouki, Tallousa et Bani Hayyan. Israël a également menacé, par l’intermédiaire de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), de bombarder de nouveaux sites soupçonnés de contenir des armes de résistance si l’armée libanaise ne procédait pas à des raids.

Cependant, les autorités militaires libanaises ont réaffirmé leur neutralité, refusant de devenir un outil de sécurité au service des intérêts israéliens. Des perquisitions menées dans des localités comme Houmine et al-Amrousiyeh n’ont révélé aucune cache d’armes, selon des sources locales.

L’incertitude autour du calendrier de retrait israélien

Le Liban a demandé à Israël de fixer une date précise pour le retrait complet de ses troupes. Cependant, l’armée israélienne a refusé de s’engager sur un calendrier, invoquant la nécessité d’évaluer la situation sécuritaire sur le terrain. Cette ambiguïté alimente l’incertitude et les spéculations sur la réelle volonté d’Israël de respecter l’accord de cessez-le-feu.

Le rôle de la FINUL demeure central pour apaiser les tensions et superviser la mise en œuvre des termes de l’accord. Cependant, l’incapacité des deux parties à trouver un terrain d’entente risque de compromettre les progrès réalisés.

Résolution 1701 : un cadre sous pression

La résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies reste la pierre angulaire des efforts visant à stabiliser la région. Elle appelle au respect de la souveraineté du Liban, au retrait des forces israéliennes et au désarmement des groupes armés non étatiques, dont le Hezbollah.

Cependant, près de deux décennies après son adoption, la résolution demeure incomplètement appliquée. Les différends concernant les violations de la ligne bleue, le contrôle des armes et les incursions israéliennes dans l’espace aérien libanais restent des sources constantes de tension.

Héritage des tensions historiques

La relation tumultueuse entre Israël et le Liban est enracinée dans un passé complexe, marqué par des conflits armés et des hostilités prolongées. Le sud du Liban, en particulier, a longtemps été le théâtre d’affrontements entre les FDI et les forces de la résistance libanaise, principalement le Hezbollah.

Depuis le retrait israélien de 2000, le Hezbollah a consolidé sa présence dans la région, ce qui alimente les inquiétudes d’Israël quant à une menace permanente le long de sa frontière nord. Le dernier conflit majeur, en 2006, a exacerbé ces tensions, laissant place à un statu quo fragile sous l’égide de la résolution 1701.

Perspectives incertaines

Alors que le 27 janvier approche, la situation au sud du Liban reste imprévisible. La FINUL, en tant qu’intermédiaire, tente de maintenir un dialogue ouvert entre les deux parties. Toutefois, l’absence de progrès tangibles et les différends persistants soulignent les limites des mécanismes internationaux face à des enjeux profondément enracinés.

Pour les habitants du sud du Liban, le retour de l’armée libanaise dans certaines zones constitue un signe positif. Mais les menaces israéliennes et les tensions avec le Hezbollah laissent planer un climat d’incertitude. La prochaine étape dans la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu dépendra de la capacité des parties à surmonter leurs différends et à respecter leurs engagements.

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Newsdesk Libnanews
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