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Netanyahu accuse le chef du Shabak d’enquête non autorisée contre Ben Gvir

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Une tempête politique a éclaté en Israël. Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, a pointé du doigt Ronen Bar, le patron du Shabak, l’accusant d’avoir lancé en douce une enquête sur Itamar Ben Gvir, le ministre d’extrême droite, sans son feu vert. Tout a commencé avec un reportage de la chaîne 12, qui a dévoilé que le Shabak traquait depuis des mois une possible infiltration de militants radicaux dans la police, sous l’œil de Ben Gvir. Furieux, ce dernier a exigé le départ de Bar, menaçant de faire vaciller la coalition si Netanyahu ne cédait pas. Dans un communiqué cinglant, le bureau du Premier ministre a clamé que les rumeurs d’une autorisation donnée à Bar étaient « un mensonge éhonté ». Cette affaire jette une lumière crue sur les fissures d’un gouvernement déjà sous pression, entre luttes internes et crises régionales.

Une enquête qui met le feu aux poudres

L’histoire a pris racine dans une opération discrète du Shabak. Selon les infos qui ont filtré, l’agence soupçonnait des éléments d’extrême droite, proches des idées de Meir Kahane – un nom qui résonne encore dans les cercles radicaux –, de s’être glissés dans les rangs de la police. Itamar Ben Gvir, à la tête du ministère de la Sécurité nationale, était dans le viseur. Lui qui dirige la police depuis fin 2022, avec son parti Otzma Yehudit, a un passé sulfureux : condamné jadis pour incitation à la violence et soutien à Kach, un groupe banni comme terroriste. Le Shabak voulait savoir si cette infiltration changeait la donne sur le terrain – dans les heurts avec les Palestiniens ou près de la frontière libanaise, où la tension reste vive malgré le cessez-le-feu de novembre 2024.

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Pour le Shabak, c’est une question de survie nationale. Une police noyautée par des extrémistes pourrait devenir une sorte de milice parallèle, un cauchemar pour un pays qui jongle déjà avec des menaces extérieures. Mais pour Ben Gvir, c’est une déclaration de guerre personnelle. Lui qui rêve de durcir le ton, de Jérusalem-Est aux colonies, voit dans cette enquête une tentative de le mettre au pas.

Une coalition au bord du gouffre

Netanyahu se retrouve dans un sacré pétrin. Sa coalition, bâtie après les élections de 2022, est un patchwork fragile. Le Likoud, les ultra-orthodoxes de Shas et Yahadout HaTorah, et les durs comme Ben Gvir et Smotrich tiennent à peine ensemble. Avec ses six sièges, Ben Gvir est une pièce maîtresse, mais aussi un aimant à ennuis. Ses coups d’éclat – comme ses virées sur le mont du Temple – forcent Netanyahu à slalomer entre ses alliés radicaux et les regards scrutateurs de l’étranger.

Quand Ben Gvir a tapé du poing sur la table pour virer Bar, il a mis Netanyahu dos au mur. Céder, c’est calmer le jeu avec l’extrême droite et sauver son gouvernement, au moins pour un temps. Mais balancer le chef du Shabak, un type solide dans le monde sécuritaire, c’est jouer avec le feu. Ça pourrait faire tanguer les institutions et donner des sueurs froides aux alliés, États-Unis en tête. Et si Netanyahu dit non, Ben Gvir pourrait claquer la porte, faisant s’écrouler la majorité à la Knesset. Un pari risqué, alors que le Premier ministre traîne déjà ses casseroles judiciaires et les critiques sur le Liban.

Ben Gvir contre Bar : une vieille rancune

Entre Ben Gvir et Bar, le torchon brûle depuis longtemps. Le ministre n’a jamais digéré l’échec du Shabak face à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, un fiasco qui a laissé des cicatrices. Il reproche à Bar d’être trop mou, de ne pas avoir les reins assez solides pour cogner fort, que ce soit contre le Hezbollah ou dans les territoires occupés. Cette enquête sur la police ? Pour Ben Gvir, c’est la goutte de trop. Il y voit une vendetta, un moyen de briser son emprise sur un appareil qu’il veut façonner à son image : dur, inflexible, au service de son rêve nationaliste.

Virer Bar, ce serait un trophée pour Ben Gvir. Plus qu’un règlement de comptes, ça lui ouvrirait la voie pour serrer encore plus la vis à la police, en faire un bras armé de ses idées. Une police qui tolère les colons extrémistes ou qui mate sans hésiter toute révolte palestinienne, c’est le genre de vision qui le fait vibrer.

Le Sud-Liban en toile de fond

Pendant que cette bagarre fait rage à Jérusalem, le Sud-Liban reste une poudrière. Le cessez-le-feu de novembre 2024 avec le Hezbollah tient par un fil, avec plus de 1 100 accrocs israéliens – frappes, drones, et des soldats toujours dans 60 villages. Nawaf Salam, le Premier ministre libanais depuis février, martèle que la résolution 1701 doit être respectée à la lettre : Tsahal dehors, et personne d’autre que l’armée libanaise et la FINUL au sud du Litani. Les États-Unis et la France poussent leurs pions diplomatiques, avec des émissaires comme Morgan Ortagus et Jean-Yves Le Drian prêts à débarquer.

Mais si le Shabak vacille, ça pourrait tout faire dérailler. L’agence est un rouage clé pour surveiller le Hezbollah et éviter que les braises ne se rallument. Un Bar viré ou affaibli, c’est un signal de désordre que le Hezbollah pourrait saisir au vol. Et Netanyahu, occupé à gérer ses querelles internes, aurait les mains liées pour tenir le cap face aux pressions extérieures.

Le Shabak dans la tourmente

Cette histoire secoue aussi les fondations du Shabak. L’agence, c’est le rempart contre les menaces de l’intérieur, qu’elles viennent des Palestiniens ou des radicaux israéliens. Si Bar a enquêté sur Ben Gvir sans l’accord de Netanyahu, ça montre qu’il voulait tirer la sonnette d’alarme sur un danger réel. Mais ça dépasse aussi les lignes habituelles : le Shabak répond au Premier ministre, point barre. S’il a agi en solo, c’est un sacré pavé dans la mare, et ça donne du grain à moudre à ceux qui crient à la politisation.

Ben Gvir et ses copains de l’extrême droite détestent le Shabak depuis des lustres. Pour eux, c’est une clique de gauchistes qui freinent leurs ambitions. Vider Bar, ce serait leur offrir une victoire énorme, un moyen de mettre les services de sécurité au pas. Mais si Netanyahu tient bon, il garde un bout de contrôle, au risque de voir sa coalition exploser.

Un pari à quitte ou double

Pour Netanyahu, tout se joue sur un fil. Dire oui à Ben Gvir, c’est calmer le jeu à droite, mais ça sent le roussi avec les institutions et les alliés étrangers. Dire non, c’est garder un semblant de maîtrise, mais ça pourrait signer la fin de son gouvernement. Les rumeurs d’élections anticipées commencent à bruisser, et l’opposition – Lapid, Gantz – guette le faux pas. Pendant ce temps, les Israéliens regardent, partagés entre ceux qui veulent de l’ordre et ceux qui craignent un virage trop raide vers l’extrême.

Et puis, il y a le Liban. Nawaf Salam pousse pour que Tsahal déguerpisse, les Américains et les Français veulent une paix bancale qui tienne. Si Israël s’embourbe dans ses chamailleries, ça laisse la porte ouverte à tous les scénarios – y compris les pires. Le Hezbollah n’attend peut-être qu’un signe de faiblesse pour bouger.

Un chaos qui s’installe

Le 24 mars 2025, cette crise n’est pas juste une dispute entre gros bonnets. C’est un miroir des tiraillements d’Israël : un gouvernement qui tangue, une extrême droite qui gagne du terrain, des institutions qui craquent. Netanyahu, avec ses ennuis judiciaires et ses promesses de fermeté, joue gros. Ben Gvir, lui, veut marquer l’histoire, même si ça doit passer par le chaos. Et le Shabak, pris entre deux feux, risque de sortir amoché, quoi qu’il arrive.

Au Sud-Liban, les drones bourdonnent encore, les villages restent sous tension, et Salam insiste pour reprendre la main. Mais ici, à Jérusalem, c’est une autre guerre qui se joue – une guerre de pouvoir, où chaque coup peut faire basculer le pays. Le sort de Bar, de la coalition, et peut-être de la région, est en suspens. Et pour l’instant, personne ne sait qui va plier.

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