Le Mécanisme d’application de la cessation des hostilités, un comité réunissant cinq parties, a tenu sa troisième réunion à Ras Naqoura lundi, sur une position de la FINUL (Force intérimaire des Nations Unies au Liban). Cette réunion visait à superviser la mise en œuvre du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Co-présidée par Amos Hochstein, envoyé spécial des États-Unis, et le Major Général américain Jasper Jeffers, la session a rassemblé des représentants des armées israélienne et libanaise, de la FINUL, ainsi que des diplomates français et américains.
Un plan de retrait progressif en cours
Les discussions ont porté sur le retrait « phases » des forces israéliennes de la zone sud du Litani, parallèlement au déploiement de l’armée libanaise (LAF). Ce plan débute à l’ouest et progressera vers l’est. D’après un communiqué conjoint des ambassades américaine et française et de la FINUL, les préparatifs du LAF incluent le déminage de plus de 10 000 engins explosifs non explosés, en collaboration avec la FINUL. Cette opération est essentielle pour garantir la sécurité du déploiement des troupes libanaises.
Le retrait israélien a officiellement commencé lundi à 12h00, lorsque des unités stationnées à Naqoura ont entamé leur repli au-delà de la Ligne Bleue, frontière délimitée par l’ONU.
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Un fragile équilibre dans l’application du cessez-le-feu
Depuis le cessez-le-feu instauré le 27 novembre, ce retrait représente la deuxième étape concrète de désengagement israélien. Amos Hochstein a confirmé cette progression après des rencontres avec des responsables libanais, notamment le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre par intérim Najib Mikati. Ce dernier a insisté sur la nécessité de respecter la date limite de 60 jours fixée par l’accord.
Cependant, des tensions persistent. Israël accuse le Hezbollah de ne pas avoir respecté certaines conditions, notamment le retrait de ses forces au nord du Litani. De son côté, le Hezbollah reproche à Israël des violations répétées de l’accord.
Malgré ces différends, Hochstein a exprimé un optimisme mesuré. « Les progrès réalisés aujourd’hui à Naqoura montrent que nous sommes sur la bonne voie, » a-t-il déclaré. Il a toutefois refusé de confirmer si le retrait israélien serait totalement achevé dans les 20 jours restants.
Rôle de la FINUL et des forces armées libanaises
La FINUL joue un rôle clé dans la coordination des opérations. Outre son soutien logistique au LAF, elle surveille les violations potentielles du cessez-le-feu. La force de maintien de la paix travaille également en étroite collaboration avec le comité pentalatéral, qui réunit des représentants des cinq parties impliquées.
Le LAF, seul acteur national autorisé à assurer la défense du Liban selon les termes de l’accord, s’est progressivement déployé dans les zones libérées. Après Naqoura, des unités ont été stationnées dans la région de Khiam, marquant une avancée significative.
Enjeux politiques et économiques
Le contexte politique au Liban ajoute une complexité supplémentaire à l’application de cet accord. Amos Hochstein a souligné l’importance pour le pays de surmonter ses divisions politiques, notamment en élisant un président après plus de deux ans de vacance à ce poste. La situation est d’autant plus critique que le Liban traverse une crise économique sans précédent.
« Ce cessez-le-feu n’est pas seulement une question de sécurité, » a déclaré Hochstein. « C’est une opportunité pour le Liban de se concentrer sur ses réformes économiques et de restaurer la prospérité pour ses citoyens. » Le nom du commandant de l’armée libanaise, Joseph Aoun, est régulièrement évoqué comme potentiel candidat à la présidence.
Défis et perspectives
Le retrait israélien et le déploiement de l’armée libanaise représentent une étape majeure vers la stabilisation du sud du Liban. Cependant, de nombreux défis subsistent. Le Hezbollah, acteur influent dans cette région, est sous pression pour démanteler son infrastructure militaire au sud du Litani, une condition clé de l’accord. Parallèlement, la sécurité des zones libérées doit être garantie pour éviter de nouveaux affrontements.
La communauté internationale suit de près ces développements. La France et les États-Unis, impliqués dans la médiation, ont réaffirmé leur soutien à la FINUL et au LAF. En cas de succès, cet accord pourrait servir de modèle pour d’autres régions en conflit au Moyen-Orient.



