Le siège de l'Association des Banques du Liban après l'explosion du Port de Beyrouth. Crédit Photo: Libnanews.com
Le siège de l'Association des Banques du Liban après l'explosion du Port de Beyrouth. Crédit Photo: Libnanews.com

Une réunion des membres de l’Association des Banques du Liban est prévue ce soir pour discuter de l’application de la nouvelle circulaire 158 de la Banque du Liban, demandant aux établissements bancaires de permettre le retrait de 400 USD par mois en devises étrangères et de l’équivalent de 400 USD au taux de la plateforme électronique Sayrafa par mois pour un montant total de 50 000 USD sur 3 ans.

Certaines sources indiquent que l’ABL pourrait refuser d’appliquer cette nouvelle directives, la majorité des banques, si ce n’est pas toutes les banques, étant incapables d’assurer les quantités de devises étrangères nécessaires face à la demande actuelle. Ces mêmes sources estiment les banques libanaises en état de faillite en dépit des efforts de la Banque du Liban à maintenir l’illusion d’une résilience du secteur bancaire face à la crise économique. Elles notent ainsi que les banques locales sont débitrices de plus d’un milliard de dollar auprès des banques correspondantes alors que la Banque du Liban prétendait le contraire en février dernier.

Cette source souligne que l’ABL avait ainsi envoyé une lettre le 3 juin dernier à la Banque Centrale, estimant que “les banques ne sont pas en mesure de fournir des montants en espèces en devises étrangères quel que soit le montant”. Ce retrait ne pourrait être assuré qu’en réduisant le taux de réserves obligatoires de 1%. L’ABL rappelle à ce sujet que ces réserves peuvent être mobilisées dans des cas d’urgence “tels celui que traverse actuellement” le Pays des Cèdres. 

Un rapport publié par Standard & Poors le mois dernier estimait que les décôtes pourraient atteindre plus de 100% du PIB avant toute dévaluation officielle de la livre libanaise face au dollar. 

Cette restructuration et décôte des actifs des banques libanaises pourrait même atteindre 134% du PIB en 2021, estimaient ainsi les auteurs du rapport qui accusent les autorités monétaires d’avoir fait assumer aux déposants ces pertes et non aux actionnaires des banques via la circulaire 154 qui appelait à une hausse des fonds propres des établissements.

Le rapport rappelle que 60% des actifs des banques sont investis sous forme de Certificats de Dépôts investis auprès de la Banque du Liban et 11% sous forme d’Eurobonds et de bons du trésor en livre libanaise. 

Par ailleurs, la BdL elle même possèderait 44% de la dette publique et 26% des dettes des banques. 

Element clé, du rapport, le coût de la restructuration pourrait dépasser les 100% du PIB, 134% au pire même. 

Trois scénarios sont ainsi évoqués, avec un coût allant de 30% à 134% du PIB et leurs impacts respectifs sur les dépôts de la clientèle qui pourraient aboutir à des haircuts de 4% à 63%. À noter que selon les 3 scénarios, les fonds propres des banques sont tous épuisés au final, empêchant une relance de l’économie libanaise, amenant à ce nécessaire Bail-In de 4% à 63% des fonds. Pour rappel, un bail-in est un appel au déposants pour couvrir les pertes supplémentaires via transformation d’une partie de leurs fonds en action des banques.

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