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Revue de presse du 27/10/25: tensions régionales, frappes israéliennes et agendas diplomatiques conflictuels

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Les éditions datées du 27 octobre 2025 de la presse arabophone offrent un panorama contrasté mais convergent autour d’un thème central : l’intensification des tensions militaires entre Israël et le Liban, sur fond de déplacements diplomatiques américains, d’échecs politiques locaux et de déclarations géopolitiques explosives. Plusieurs quotidiens, tels que Ad DiyarAl 3arabi Al JadidAl Liwa’ et Al Sharq Al Awsat, consacrent leur première page aux conséquences humaines, militaires et politiques de cette nouvelle phase de confrontation. D’autres, comme Al QudsAl Akhbar ou Al Bina’, intègrent ces développements dans une grille d’analyse plus large, allant de la recomposition des équilibres régionaux à la gestion des tensions internes.

Multiplication des frappes israéliennes et riposte anticipée

Le ton est donné par Ad Diyar (27 octobre 2025), qui titre sur une intensification « large » des frappes israéliennes en territoire libanais. L’armée israélienne a ciblé plusieurs localités de la Bekaa, notamment Nabi Sheet, provoquant la mort de huit cadres militaires du Hezbollah entre le jeudi et le dimanche précédents. Le journal insiste sur l’usage systématique de drones dans ces frappes, lesquels seraient équipés de dispositifs capables d’identifier les téléphones mobiles par numéro et géolocalisation. Ces moyens technologiques seraient couplés à des renseignements fournis localement, accusant implicitement la présence de collaborateurs au sol.

Le même quotidien relaie la réaction du Hezbollah, par la voix du député Hussein Hajj Hassan, qui dénonce l’hypocrisie américaine et souligne l’échec du mécanisme de cessez-le-feu de Naqoura. Il rappelle que lors d’une précédente réunion, les bombardements israéliens avaient continué malgré la présence de hauts responsables libanais.

De son côté, Al 3arabi Al Jadid (27 octobre 2025) confirme la multiplication des frappes sur la Bekaa, le Sud et jusqu’à Baalbek, soulignant également que des cibles civiles ont été touchées, notamment des véhicules agricoles. Le journal décrit une pression militaire inédite sur le territoire libanais depuis les affrontements d’octobre 2023. Dans cette ambiance tendue, la visite annoncée de la diplomate américaine Morgan Ortagus à Beyrouth est perçue comme une tentative préventive d’encadrement diplomatique. Le quotidien précise que la diplomate a prévu de s’entretenir avec le président libanais Joseph Aoun et d’assister à une réunion du mécanisme tripartite à Naqoura prévue pour mercredi.

L’ambiguïté stratégique américaine mise en cause

L’intervention de Morgan Ortagus, largement couverte par Al Bina’ (27 octobre 2025), suscite des critiques du camp du 8 Mars, qui y voit un alignement systématique sur les intérêts israéliens. Le journal pointe les contradictions de la politique américaine : d’une part, Washington appelle à la retenue ; d’autre part, ses alliés multiplient les frappes et refusent toute initiative de désescalade effective. Les responsables politiques libanais cités dans l’article dénoncent un rôle américain de façade dans la médiation, en l’absence de pression réelle sur Tel-Aviv.

Al Sharq Al Awsat (27 octobre 2025) reprend une rhétorique similaire, relayant les déclarations du Premier ministre israélien qui affirme que son pays « exercera sa souveraineté sans limite sur ses frontières nord ». L’article met en lumière l’intention israélienne de maintenir la pression militaire comme levier diplomatique. Le même journal rapporte que l’Égypte a proposé son assistance pour le transfert des dépouilles de combattants libanais tués lors des derniers raids, une démarche perçue comme humanitaire mais aussi comme un message de médiation implicite.

Débat interne sur la gestion politique de la crise

Sur le plan politique interne, Al Joumhouriyat (27 octobre 2025) évoque l’échec d’un nouveau cycle de négociations indirectes entre Israël et le Hezbollah. Le journal note que l’absence de coordination gouvernementale et la paralysie de l’exécutif libanais affaiblissent toute réponse structurée à la crise. Un encadré fait état de tensions au sein du cabinet, alors que certaines factions demandent une déclaration officielle de solidarité avec la résistance, tandis que d’autres plaident pour une désescalade.

La même édition évoque un état d’alerte renforcé dans l’armée libanaise, qui serait confrontée à un déficit logistique croissant. Selon les chiffres internes relayés par le journal, près de 30 % des effectifs de première ligne manqueraient d’équipements de protection.

Un contexte régional inflammable

En parallèle, Al Quds (27 octobre 2025) s’intéresse aux échos régionaux de cette montée de tension. En Irak, les propos du chef du gouvernement kurde Massoud Barzani sur la « kurdistaniyya » de Kirkouk ont provoqué une réaction immédiate de la part de Mohammad Mahdi al-Bayati, cadre du mouvement Badr, qui a évoqué un “baril de poudre prêt à exploser”. L’analogie avec le Liban est implicite : la rhétorique identitaire et militarisée s’enclenche dans plusieurs foyers régionaux simultanément.

Le même quotidien fait état de la libération par les Houthis de la mannequin yéménite Intissar al-Hammadi, après cinq années de détention sous des accusations qualifiées de “politiques” par Amnesty International. Cette actualité, bien qu’éloignée du théâtre libanais, témoigne d’une centralisation des tensions autour des droits civiques et de la gouvernance autoritaire dans l’ensemble du Moyen-Orient.

Corruption, frustrations internes et détournement de l’attention

Al Akhbar (27 octobre 2025) donne un autre éclairage à la Une, en consacrant son dossier principal aux résultats d’une enquête administrative sur des fonctionnaires libanais impliqués dans des détournements de fonds liés à l’aide humanitaire. Le journal relie indirectement cette information à l’actualité militaire, en suggérant que certains responsables pourraient exploiter les tensions régionales pour éclipser des scandales internes.

Ce discours trouve un écho dans Al Sharq (27 octobre 2025), qui ouvre sur les répercussions économiques des affrontements. Le journal indique que plusieurs cargaisons d’exportation libanaise ont été suspendues suite à la fermeture temporaire du port de Tyr. Des experts financiers, cités dans la même édition, alertent sur un ralentissement commercial durable si les hostilités devaient se prolonger, avec une baisse prévue de 22 % des recettes douanières pour le mois de novembre.

Enfin, Al Liwa’ (27 octobre 2025) confirme la saturation médiatique par les tensions au Sud, mais relève également l’absence de couverture détaillée sur les victimes civiles. Le journal reproche implicitement aux autorités libanaises de ne pas avoir publié de bilan officiel ni de déclaration gouvernementale unifiée.

Politique locale: divisions internes et jeux d’alliances sous pression

La couverture médiatique du 27 octobre 2025 met en évidence une scène politique libanaise profondément fragmentée. Les développements sécuritaires aux frontières sud ravivent les tensions entre les différents pôles du pouvoir, sur fond d’agenda diplomatique international et de révélations embarrassantes sur la gestion interne de l’administration. Les journaux Ad DiyarAl Bina’Al JoumhouriyatAl Akhbar et Al Liwa’ livrent chacun une lecture spécifique de cette séquence critique, marquée par l’indécision gouvernementale et la fragmentation de la parole publique.

Le Hezbollah mobilise ses relais parlementaires contre les “illusions diplomatiques”

Dans Ad Diyar (27 octobre 2025), la voix du Hezbollah s’exprime à travers le député Hussein Hajj Hassan, membre de la formation “Al Wafa lil Mouqawama”. Ce dernier prend la parole lors d’une cérémonie publique à Baalbek pour dénoncer la “duplicité américaine” dans la gestion du mécanisme de cessez-le-feu tripartite, activé sous l’égide de la FINUL. Il rappelle que lors de la dernière réunion à Naqoura, les frappes israéliennes se sont poursuivies malgré la présence de hauts représentants de l’État, dénonçant un “nifaq amriki” (hypocrisie américaine) symptomatique d’un déséquilibre structurel dans les médiations régionales.

Le parlementaire insiste sur la nécessité d’une “mobilisation complète” et appelle à renforcer les capacités logistiques et sécuritaires face à un risque d’escalade militaire. Il souligne que “le parti n’est pas faible, contrairement à ce que prétendent certains” et que “tous les scénarios sont envisagés”. L’objectif de cette prise de position est double : réaffirmer la légitimité militaire de la résistance et pointer les failles d’un gouvernement perçu comme désuni et inefficace.

Les lignes de fracture au sein du pouvoir exécutif

Al Joumhouriyat (27 octobre 2025) donne un aperçu des dissensions internes au sein du cabinet libanais. Selon des sources anonymes citées par le journal, plusieurs ministres proches de formations centristes ont demandé la convocation d’un conseil des ministres exceptionnel pour adopter une position officielle face à la série de frappes israéliennes. Cette demande se heurte à une opposition ferme de la part des ministres affiliés au Hezbollah et au mouvement Amal, qui estiment que toute déclaration unifiée serait perçue comme une concession inutile.

Un encadré précise que le président du Conseil, Nawaf Salam, refuse pour l’instant de convoquer le cabinet, invoquant l’absence de consensus et le risque d’aggraver les tensions politiques. Il aurait sollicité l’avis du président Joseph Aoun, lequel privilégierait une “coordination informelle” avec les ministères de la Défense et des Affaires étrangères. Cette stratégie de temporisation est critiquée par l’opposition parlementaire, qui y voit une “forme de paralysie institutionnelle”.

Un agenda diplomatique controversé : Ortagus et les ambiguïtés françaises

Al Bina’ (27 octobre 2025) rapporte les réactions négatives de plusieurs figures politiques du camp du 8 Mars à la visite de Morgan Ortagus. Pour ces responsables, l’administration américaine tente de “s’ériger en médiateur alors qu’elle fournit un appui politique et militaire inconditionnel à Tel-Aviv”. Le journal souligne que la venue de l’émissaire américaine est interprétée comme une “opération de communication” visant à masquer l’échec de Washington à imposer un cessez-le-feu durable.

Le même article évoque aussi les réserves exprimées à l’égard de la France, accusée de mener une diplomatie “trop alignée sur les positions israéliennes” depuis l’épisode de la ligne maritime en 2022. Certains députés cités par le journal considèrent que Paris, en s’appuyant sur des relais locaux, tente de réorienter l’équilibre politique libanais en faveur d’un camp hostile au Hezbollah.

Scandales de corruption : l’autre face de la paralysie

Dans un registre différent mais tout aussi politique, Al Akhbar (27 octobre 2025) publie à la Une un dossier sur un rapport confidentiel de l’Inspection centrale, mettant en cause plusieurs hauts fonctionnaires pour détournement de fonds. Le journal cite des chiffres internes du ministère des Affaires sociales, indiquant que près de 3 millions de dollars de subventions destinées à des familles déplacées auraient été redirigés vers des comptes fictifs.

Le rapport pointerait directement la responsabilité de trois directeurs d’administration et d’un conseiller ministériel. L’article ajoute que l’un des suspects aurait tenté de quitter le pays via l’aéroport de Beyrouth, mais que les autorités ont suspendu son passeport in extremis. Le gouvernement n’a pas encore publié de communiqué officiel sur ces révélations, renforçant le sentiment d’impunité et d’absence de contrôle.

Un exécutif muet face à l’opinion publique

Al Liwa’ (27 octobre 2025) adopte un ton plus critique vis-à-vis du gouvernement dans son ensemble. Le journal note l’absence de toute déclaration formelle sur les bombardements récents et souligne que “ni le président, ni le Premier ministre, ni le ministre de la Défense n’ont jugé utile d’adresser un message à la population”. Cette carence communicationnelle est interprétée comme un “refus de nommer l’agression” et un signe d’impuissance politique.

Le quotidien rapporte également que plusieurs associations civiles et ONG humanitaires ont appelé à une conférence de presse commune pour dénoncer l’inaction de l’État. Certaines envisageraient même une saisine du Conseil d’État pour défaut de protection de la population civile.

Citation et discours des personnalités politiques: dénonciations, tensions internes et diplomatie en accusation

La presse libanaise du 27 octobre 2025 donne à lire plusieurs prises de parole de responsables politiques, dans un contexte sécuritaire marqué par les frappes israéliennes et la visite imminente de la diplomate américaine Morgan Ortagus. Ces déclarations, souvent fermes voire accusatoires, reflètent les profondes lignes de fracture qui traversent la scène politique nationale, notamment entre partisans de la ligne de résistance et défenseurs d’un repositionnement diplomatique du Liban.

Hussein Hajj Hassan : mise en accusation directe de Washington

Dans un discours prononcé lors d’un événement public à Baalbek, retranscrit dans Ad Diyar (27 octobre 2025), le député Hussein Hajj Hassan, membre du bloc parlementaire “Al Wafa lil Mouqawama”, s’est montré particulièrement virulent à l’égard des États-Unis. Il affirme : « L’hypocrisie américaine a atteint un sommet. Lors de la dernière réunion du mécanisme tripartite à Naqoura, les bombardements israéliens se sont poursuivis alors même que nos représentants officiels étaient présents. »

Il poursuit en accusant les États-Unis d’avaliser tacitement les frappes israéliennes, les qualifiant de “partenaire de l’agression”. Hajj Hassan insiste sur le fait que « les martyrs de la résistance ne sont pas morts en vain » et appelle à « une vigilance nationale accrue face aux tentatives de manipulation médiatique et diplomatique ».

Cette prise de parole, saluée par une partie du public, vise à renforcer la légitimité populaire du Hezbollah tout en attaquant frontalement les initiatives occidentales. L’objectif est clair : dénoncer les limites du cadre institutionnel actuel et appeler à une mobilisation parallèle fondée sur l’auto-défense et la légitimité populaire.

Camp du 8 Mars : critique du double jeu français et rejet d’une médiation étrangère

Al Bina’ (27 octobre 2025) retranscrit des extraits de réunions internes du camp du 8 Mars, au sein desquelles plusieurs responsables politiques expriment leur rejet des initiatives diplomatiques portées par Paris et Washington. L’un des participants, dont le nom n’est pas cité explicitement, déclare : « Nous ne sommes pas dupes des sourires diplomatiques. Ils viennent prêcher la paix tout en armant l’agresseur. »

Un autre ajoute : « La France joue un double jeu. Elle prétend défendre l’intégrité du Liban, tout en soutenant implicitement les conditions israéliennes. » Ces phrases, bien que non officielles, sont relayées comme des éléments de positionnement du bloc parlementaire, dans un contexte où les équilibres diplomatiques sont plus que jamais instables.

Ces citations témoignent d’une volonté de verrouiller le discours politique face à ce qui est perçu comme une tentative d’ingérence étrangère. Elles alimentent également une rhétorique d’auto-suffisance nationale, qui marginalise les appels au dialogue portés par l’exécutif.

Nawaf Salam : prudence et silence stratégique

Al Joumhouriyat (27 octobre 2025) rapporte, sur la base de sources proches du gouvernement, les propos tenus en cercle restreint par le Premier ministre Nawaf Salam. Interrogé sur la tenue d’un conseil des ministres exceptionnel, il aurait déclaré : « Il n’est pas encore temps de réunir le cabinet. La priorité est d’éviter l’escalade. Toute déclaration hâtive pourrait être interprétée comme une provocation. »

Ce choix de prudence, qualifié de “stratégique” par certains proches, est vivement critiqué dans d’autres cercles gouvernementaux. Le journal mentionne que plusieurs ministres, notamment issus de partis centristes, auraient demandé à Salam une clarification de sa ligne, estimant que « le silence est devenu un fardeau politique ».

Ces propos, bien que rapportés indirectement, révèlent une tension croissante entre la direction exécutive et les attentes de certaines franges de l’appareil d’État. Ils marquent aussi une tentative de gestion de crise fondée sur la temporisation, stratégie jugée insuffisante par les forces politiques plus militantes.

Officiels impliqués dans la corruption : langage d’esquive et défense institutionnelle

Al Akhbar (27 octobre 2025) révèle que, suite à l’ouverture d’une enquête sur des détournements de fonds dans les services sociaux, plusieurs hauts fonctionnaires ont été entendus par l’Inspection centrale. L’un d’eux, interrogé sous anonymat, déclare : « Il n’y a pas eu de vol. Il s’agit d’un défaut de coordination administrative. »

Cette ligne de défense est immédiatement contestée par les inspecteurs, qui affirment que les transferts ont été “systématiques et planifiés”. Un autre fonctionnaire, également sous le coup d’une interdiction de voyage, aurait déclaré : « C’est une cabale politique. Je suis un bouc émissaire dans une guerre entre clans. »

Ces citations, bien que limitées dans leur portée publique, illustrent une déconnexion entre la gravité des faits reprochés et la réponse institutionnelle. Elles nourrissent le sentiment d’impunité et de protection mutuelle au sein de l’administration.

Silence du président : une absence remarquée

Enfin, Al Liwa’ (27 octobre 2025) relève l’absence totale de déclaration du président Joseph Aoun depuis le début de la crise sécuritaire. Le journal écrit : « Le chef de l’État n’a pas pris la parole depuis 72 heures, alors que les bombardements s’intensifient et que la population attend un message de fermeté. » Bien qu’aucune citation ne soit fournie directement, le silence est ici interprété comme un choix politique, et sa portée est soulignée par plusieurs éditorialistes.

Cette absence de communication officielle contribue à une impression de désorganisation au sommet de l’État. Elle renforce également la perception d’un décalage croissant entre le pouvoir exécutif et les attentes de la population.

Diplomatie : pressions internationales et stratégie du silence libanais

La scène diplomatique libanaise, à la date du 27 octobre 2025, se trouve sous le feu croisé des tensions régionales et des initiatives étrangères. Les quotidiens Ad DiyarAl 3arabi Al JadidAl Bina’Al Liwa’ et Al Sharq Al Awsatdocumentent une séquence dominée par l’arrivée annoncée de l’émissaire américaine Morgan Ortagus, les critiques internes contre l’impartialité des puissances occidentales, et une posture diplomatique libanaise jugée passive, voire absente, face à la gravité des développements sécuritaires.

La visite de Morgan Ortagus : une mission technique à portée politique

Selon Ad Diyar (27 octobre 2025), Morgan Ortagus, haute diplomate américaine, est attendue à Beyrouth dans le cadre d’une mission liée au mécanisme de cessation des hostilités tripartite sous l’égide de la FINUL. Cette visite fait suite à une tournée régionale, incluant Tel-Aviv, et précède une réunion prévue à Naqoura avec les représentants des forces armées libanaises et israéliennes. Ortagus doit rencontrer le président Joseph Aoun, dans ce qui est décrit comme une tentative d’encadrer les réponses militaires du Hezbollah et d’éviter une escalade incontrôlée.

Al 3arabi Al Jadid (27 octobre 2025) insiste sur la dimension stratégique de ce déplacement : contrairement à sa dernière venue en septembre, où elle s’était limitée à des entretiens techniques, Ortagus a cette fois inscrit des rencontres politiques de haut niveau à son agenda. Ce changement est interprété comme un signal d’inquiétude de Washington, dans un contexte où l’extension du conflit à la frontière sud paraît de plus en plus probable.

Le journal souligne aussi que la diplomate sera accompagnée d’une équipe sécuritaire et logistique renforcée, et qu’un dispositif de sécurité inhabituel a été mis en place autour de l’ambassade américaine à Awkar. Ces précautions témoignent de la gravité du contexte et de la centralité du Liban dans la stratégie régionale américaine.

Accusations de duplicité occidentale : la parole du 8 Mars

Al Bina’ (27 octobre 2025) retranscrit les positions de plusieurs membres influents du courant du 8 Mars, qui dénoncent une manœuvre diplomatique à visée unilatérale. Pour ces responsables, la diplomatie américaine n’est plus perçue comme une force de stabilisation, mais comme une partie prenante du conflit. L’un des responsables déclare ainsi : « Nous n’attendons rien d’Ortagus. Elle vient avec un mandat d’écoute, pas de médiation. »

Ces critiques s’étendent à la diplomatie française. Le journal fait état de réserves croissantes vis-à-vis de l’engagement de Paris, jugé déséquilibré depuis l’épisode des délimitations maritimes. Les interlocuteurs cités accusent les deux pays d’avoir « couvert de manière tacite les frappes israéliennes » et d’avoir « refusé d’imposer un cessez-le-feu contraignant ».

Cette défiance structurelle s’exprime également dans le rejet de toute mission d’observation élargie à la frontière. Le camp du 8 Mars rejette catégoriquement toute augmentation du mandat de la FINUL, qu’il perçoit comme un instrument de surveillance au service de puissances extérieures.

Une diplomatie libanaise sous le signe de l’effacement

Al Liwa’ (27 octobre 2025) critique avec insistance le silence du ministère des Affaires étrangères, qui n’a ni convoqué d’ambassadeur, ni publié de communiqué depuis le début des raids israéliens. Le journal relève que même les canaux diplomatiques traditionnels avec la Syrie et l’Iran n’ont pas été activés publiquement, laissant penser à une absence de coordination régionale.

Cette absence de réaction officielle est d’autant plus marquante que l’ambassade de France aurait proposé une médiation discrète entre certaines formations politiques libanaises, proposition restée sans suite. Le journal y voit un signe d’isolement volontaire de l’État libanais, dans un contexte où les acteurs non étatiques (notamment le Hezbollah) occupent l’espace diplomatique informel.

Al Sharq Al Awsat (27 octobre 2025) rapporte pour sa part que des diplomates européens à Beyrouth s’interrogent sur l’absence de visibilité du ministère des Affaires étrangères libanais. Un diplomate anonyme est cité : « Nous ne savons pas qui contacter pour une lecture politique de la situation. La présidence et la primature semblent s’éviter, et le Quai d’Orsay n’a eu aucun retour depuis trois jours. »

Absence de relais internationaux et isolement croissant

La conséquence directe de cette absence de réaction structurée est le renforcement de la perception d’un Liban isolé sur le plan diplomatique. Aucun déplacement international de responsables libanais n’a été annoncé, et les missions permanentes auprès de l’ONU et de la Ligue arabe n’ont pas porté la situation libanaise à l’ordre du jour de manière officielle.

Plus encore, Al 3arabi Al Jadid (27 octobre 2025) note que les contacts bilatéraux entre le Liban et ses partenaires historiques, comme l’Égypte et la Jordanie, sont restés limités à des échanges techniques sans portée politique. Cela marque une rupture avec les pratiques des précédentes crises, où Beyrouth sollicitait activement l’appui des capitales arabes modérées.

Politique internationale : fragmentation régionale et nouvelles alliances stratégiques

Les développements géopolitiques relatés dans la presse arabophone du 27 octobre 2025 offrent un panorama de plus en plus éclaté des relations internationales au Moyen-Orient. À travers les journaux Al QudsAl 3arabi Al JadidAl Sharq Al Awsat et Al Akhbar, plusieurs lignes de fracture apparaissent entre les puissances régionales, les nouveaux rapports de force globaux et les tensions identitaires internes à certains pays, notamment l’Irak. L’accent est mis sur les recompositions stratégiques, les instrumentalisations politiques de certaines causes et le poids croissant des acteurs non étatiques.

Kirkouk, point de rupture kurdo-irakien

Al Quds (27 octobre 2025) consacre un long article à la crise autour de la ville pétrolière de Kirkouk. Dans une déclaration officielle, Massoud Barzani, président du gouvernement régional du Kurdistan irakien, affirme que “Kirkouk fait partie intégrante du Kurdistan, historiquement et politiquement”. Cette prise de position relance une tension ancienne entre le pouvoir central de Bagdad et l’administration kurde, quelques semaines avant la tenue prévue d’élections locales dans les gouvernorats contestés.

La réaction ne se fait pas attendre : Mohammad Mahdi al-Bayati, cadre influent du mouvement chiite Badr, déclare que cette affirmation “ouvre la voie à une confrontation armée”. Il ajoute que “le retour à une logique identitaire dans les rapports de force politiques constitue une provocation qui menace la paix civile”. Ces propos sont interprétés par le journal comme le signe d’une crispation croissante au sein de l’État irakien, où les équilibres communautaires sont de plus en plus fragiles.

L’article insiste également sur l’implication tacite de puissances étrangères. Le soutien discret d’Ankara à Erbil est mentionné, tout comme l’attention soutenue de Téhéran, soucieuse d’éviter une consolidation d’un pouvoir kurde fort à sa frontière.

États-Unis – Chine : coopération économique en marge de l’ASEAN

Dans un autre registre, Al 3arabi Al Jadid (27 octobre 2025) annonce un accord commercial de grande envergure signé entre Washington et Pékin lors d’une réunion bilatérale tenue en marge du sommet de l’ASEAN. L’accord, qualifié d’“économiquement structurant”, prévoit une réduction progressive des droits de douane sur les composants électroniques et les matières premières agricoles. Le journal cite des sources diplomatiques asiatiques pour souligner que cet accord vise à éviter un retour à la guerre commerciale de 2019-2020.

Le texte signé inclut également un volet technologique, dans lequel les deux parties s’engagent à favoriser la co-développement de puces semi-conductrices de nouvelle génération. Ce tournant marque une inflexion dans les relations sino-américaines, après des mois de tensions autour de Taïwan et de l’Intelligence Artificielle. Bien que n’impliquant pas directement le monde arabe, cet accord est présenté par le journal comme un signal adressé aux alliés régionaux : Washington cherche à redéfinir ses priorités économiques globales, ce qui pourrait relâcher sa présence proactive au Moyen-Orient.

Un extrémiste britannique accueilli en Israël : controverse internationale

Toujours dans Al Quds (27 octobre 2025), un article fait état de la visite en Israël de Tommy Robinson, militant britannique d’extrême droite connu pour ses positions islamophobes. L’invitation aurait été formulée par un groupe parlementaire israélien de droite, dans le cadre d’une conférence sur la sécurité intérieure et la lutte contre “l’extrémisme religieux”.

Le journal cite plusieurs réactions indignées, notamment celle de la communauté musulmane britannique, qui a dénoncé cette visite comme “un acte de provocation intentionnel”. Des ONG israéliennes de défense des droits humains ont également exprimé leur opposition, qualifiant la visite de “violation des principes de coexistence” et d’“encouragement au racisme institutionnalisé”.

Cette visite est perçue comme un épisode révélateur de la droitisation accrue d’une partie du spectre politique israélien, et d’un alignement idéologique avec certains courants politiques européens radicaux. Elle soulève aussi des questions sur l’utilisation de la rhétorique sécuritaire pour justifier des alliances controversées.

Silences du Golfe et calculs stratégiques

Al Akhbar (27 octobre 2025) revient sur l’absence de position officielle des monarchies du Golfe face à la multiplication des fronts militaires en Syrie, au Liban et en Irak. Le journal évoque des “consignes de silence” au sein du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), attribuées à une volonté d’éviter toute friction avec les États-Unis dans la perspective d’un rééquilibrage régional.

Des sources diplomatiques non citées avancent que Riyad et Abou Dhabi miseraient désormais sur une diplomatie économique plutôt que militaire, concentrant leurs efforts sur l’Afrique et l’Asie centrale. Le journal critique cette posture comme un désengagement moral, affirmant que “le monde arabe ne peut pas s’en remettre uniquement à la Turquie et à l’Iran pour définir les règles du jeu régional”.

Ce retrait apparent des monarchies du Golfe est aussi lu comme un signe de prudence, face à un environnement instable où les lignes d’alliance sont de moins en moins lisibles. Le journal conclut que “le jeu d’influence se redessine sans logique cohérente”, ouvrant la voie à de nouvelles zones de confrontation indirecte.

Économie : paralysie commerciale, fragilité financière et dérives institutionnelles

La presse du 27 octobre 2025 dresse un tableau préoccupant de la situation économique libanaise, à l’intersection entre les conséquences des tensions militaires avec Israël, la corruption institutionnelle persistante et l’immobilisme des structures de gouvernance. Les quotidiens Al SharqAl Akhbar et Al Liwa’ abordent différents aspects de cette crise systémique, entre données chiffrées alarmantes, perturbations logistiques et critiques virulentes sur l’absence de politique économique cohérente.

Suspension des exportations et perte de recettes douanières

Selon Al Sharq (27 octobre 2025), plusieurs cargaisons libanaises à destination des marchés européens et arabes ont été suspendues suite à la fermeture temporaire du port de Tyr, frappé indirectement par les bombardements israéliens sur des localités voisines. Le journal rapporte que ces perturbations ont affecté principalement les exportations agricoles et les produits transformés issus de la Bekaa et du Sud.

Un responsable des douanes, cité anonymement, estime que “le mois de novembre connaîtra une baisse de plus de 22 % des recettes douanières si les flux commerciaux ne sont pas rétablis dans les dix jours”. Ce chiffre repose sur une projection établie à partir des données du mois d’octobre, déjà en recul de 9 % par rapport à septembre. L’article mentionne également que les livraisons de fuel pour usage industriel sont désormais soumises à des délais de traitement deux fois plus longs.

Cette paralysie partielle du commerce extérieur intervient dans un contexte où le Liban peine toujours à redéployer ses outils de production, en l’absence d’investissements publics structurants. Le blocage institutionnel freine aussi la mise en œuvre de réformes douanières annoncées depuis début 2024 mais restées à l’état de projet.

Redirection des fonds publics : la corruption comme facteur aggravant

Dans un registre complémentaire, Al Akhbar (27 octobre 2025) dévoile une série de détournements de fonds au sein du ministère des Affaires sociales, impliquant plusieurs hauts fonctionnaires. L’enquête administrative en cours révèle que des aides financières allouées à des familles déplacées du Sud ont été redirigées vers des comptes bancaires liés à des sociétés-écrans.

Le montant estimé de ces détournements avoisinerait les trois millions de dollars, selon un rapport préliminaire de l’Inspection centrale. Un cadre du ministère, entendu dans le cadre de l’instruction, aurait déclaré : “Il ne s’agit pas d’un vol, mais d’un simple défaut de suivi administratif.” Cette ligne de défense est catégoriquement rejetée par les enquêteurs, qui évoquent une chaîne organisée de complicités administratives et de négligence volontaire.

Cette affaire, bien que relevant du domaine judiciaire, a des répercussions économiques directes : plusieurs donateurs internationaux, informés des irrégularités, auraient suspendu leurs versements prévus pour le quatrième trimestre 2025, notamment dans les volets éducation et logement temporaire.

Mutisme gouvernemental et inaction budgétaire

Al Liwa’ (27 octobre 2025) critique vivement l’inaction du gouvernement face à l’impact économique des événements récents. Le journal déplore l’absence de plan d’urgence budgétaire, de déclaration officielle sur les pertes économiques subies, et de toute initiative en direction du secteur privé. Il écrit : “Ni la présidence, ni la primature, ni le ministère des Finances n’ont esquissé la moindre réponse à une crise qui s’annonce aussi grave que celle de 2020.”

Le quotidien souligne que de nombreuses PME de la région de Nabatieh et de Baalbek ont dû suspendre leurs activités commerciales et logistiques, faute d’accès aux voies principales de distribution. Il précise également que certaines usines de conditionnement alimentaire fonctionnent désormais à moins de 40 % de leur capacité, sans perspective de redémarrage avant la stabilisation sécuritaire.

Cette paralysie se double d’un blocage politique : le projet de budget 2026, déjà repoussé à deux reprises, n’a pas encore été soumis au Parlement, faute de consensus sur le volet fiscal. Ce retard alimente une insécurité croissante parmi les entrepreneurs, qui dénoncent un “État absent et irresponsable”.

Justice : détournements d’aides publiques et impunité institutionnelle

La presse du 27 octobre 2025 révèle une affaire de détournement de fonds publics au sein du ministère des Affaires sociales, exposée par Al Akhbar. Bien que les sources journalistiques soient peu nombreuses à couvrir des dossiers judiciaires ce jour-là, l’ampleur de cette affaire, combinée à l’absence de réaction institutionnelle, soulève une nouvelle fois la question de l’état de droit au Liban, de l’efficacité de l’appareil judiciaire et de la tolérance politique envers la corruption.

Une opération de siphonnage financier organisée

Selon Al Akhbar (27 octobre 2025), une enquête interne menée par l’Inspection centrale a mis au jour des mécanismes de transfert illégal de fonds depuis les comptes du ministère des Affaires sociales vers des structures juridiques fictives. Ces fonds étaient initialement destinés à des familles déplacées dans les régions du Sud, en raison des tensions militaires croissantes avec Israël.

L’enquête révèle que plusieurs hauts fonctionnaires, dont trois directeurs de services et un conseiller ministériel, auraient facilité la redirection des aides sociales vers des entités commerciales sans existence réelle sur le registre des sociétés. L’ensemble des transferts se serait étalé sur une période de sept semaines, pour un montant total estimé à trois millions de dollars.

Ce chiffre, bien que partiel, est suffisant pour déclencher une réaction de la part des organismes de contrôle. Toutefois, à la date du 27 octobre, aucune annonce officielle n’a été faite ni par le ministère concerné, ni par la primature, ni par le parquet financier. Ce silence nourrit le soupçon d’une tentative d’étouffement judiciaire.

Défenses maladroites et climat de protection mutuelle

Les quelques responsables interrogés par les enquêteurs invoquent une “défaillance administrative” plutôt qu’une intention frauduleuse. Al Akhbar cite un haut cadre affirmant : « Il ne s’agit pas d’un vol, mais d’un dysfonctionnement dans la coordination entre les départements. » Un autre accuse ses collègues de “l’avoir piégé” pour couvrir d’autres irrégularités.

Ces lignes de défense, peu convaincantes pour les enquêteurs, traduisent surtout la solidité d’un système de protection mutuelle. Aucun des responsables impliqués n’a encore été suspendu de ses fonctions. Pire encore, selon le journal, l’un d’eux aurait tenté de quitter le pays avant d’être intercepté à l’aéroport de Beyrouth grâce à une interdiction de sortie émise en urgence.

L’absence de réaction du Conseil supérieur de la magistrature, souvent silencieux dans les affaires sensibles impliquant l’administration, laisse planer le doute sur la volonté réelle de poursuite judiciaire. Cette inertie institutionnelle est décriée par plusieurs ONG de lutte contre la corruption.

Réactions des bailleurs de fonds et menace sur les financements sociaux

Toujours selon Al Akhbar, certains partenaires internationaux informés de l’affaire — notamment des organisations onusiennes et des bailleurs bilatéraux — auraient décidé de geler temporairement leurs financements en attente d’un audit. L’un d’entre eux aurait transmis une demande formelle d’éclaircissements au ministère de tutelle, restée sans réponse à ce jour.

Cette suspension frappe particulièrement les programmes de relogement, les distributions alimentaires et l’accès aux soins dans les zones les plus affectées par les déplacements internes. Une source diplomatique citée par le journal affirme : « Nous avons besoin de garanties sur la traçabilité des fonds. La répétition des scandales sans réaction judiciaire nuit à la crédibilité du partenariat. »

Un dossier révélateur d’une justice sélective

Cette affaire illustre, une fois encore, les limites du système judiciaire libanais face aux malversations administratives. L’Inspection centrale, bien qu’autonome dans ses enquêtes, ne dispose pas des moyens coercitifs nécessaires pour imposer des mesures conservatoires. Le ministère public, de son côté, tarde à déclencher les poursuites pénales.

Le cas du ministère des Affaires sociales s’ajoute à une série d’affaires similaires survenues ces deux dernières années, notamment dans les ministères de la Santé et des Travaux publics. Aucun de ces dossiers n’a abouti à une condamnation définitive à ce jour. Cette impunité alimente la défiance populaire envers les institutions judiciaires, perçues comme dépendantes du pouvoir politique et réticentes à sanctionner les abus de fonction.

Société : populations déplacées, précarité croissante et silence de l’État

La situation sociale au Liban se dégrade sous l’effet conjugué de l’escalade militaire à la frontière sud et d’une gouvernance défaillante. La presse du 27 octobre 2025, notamment Ad DiyarAl AkhbarAl Liwa’ et Al Sharq, livre un aperçu fragmenté mais révélateur des tensions sociales croissantes dans les régions affectées. Les déplacés internes, le manque d’accès aux services essentiels et la colère des associations civiles composent un paysage marqué par l’invisibilisation des urgences humanitaires et l’absence d’une réponse de l’État.

Déplacements forcés dans le Sud : un exode silencieux

Selon Ad Diyar (27 octobre 2025), les bombardements israéliens des jours précédents ont poussé des centaines de familles à quitter les villages de Maroun el-Ras, Aïta el-Chaab et Khiam, pour rejoindre des localités plus éloignées du front, comme Nabatieh et Jezzine. Le journal rapporte que plusieurs écoles ont été transformées en centres d’accueil improvisés, souvent sans approvisionnement suffisant en vivres ou en produits d’hygiène.

Des responsables municipaux, cités anonymement, affirment que “l’État central n’a donné aucune instruction claire” sur la gestion de ces flux humains. Des ONG locales comme l’Association de secours d’urgence du Liban Sud indiquent que leurs capacités d’accueil sont saturées et que “les familles arrivent sans bagages, sans argent et sans solution d’hébergement stable”.

Cette vague de déplacements, bien que localisée, rappelle par son ampleur les déplacements internes de 2006, lors de la guerre de juillet. Mais contrairement à cette dernière, aucun dispositif coordonné n’a été mis en place à ce jour pour centraliser les informations et organiser les secours.

Aides sociales bloquées : détresse croissante dans les zones de repli

Al Akhbar (27 octobre 2025) relie directement cette situation à une crise plus structurelle des mécanismes de distribution d’aide. Le journal rappelle que plusieurs aides financières, notamment les versements liés au programme d’assistance sociale “DAEM”, sont suspendues depuis deux semaines en raison d’un audit interne. Cette interruption affecte principalement les familles déplacées qui devaient percevoir un soutien mensuel d’urgence.

Le journal ajoute que, selon un rapport préliminaire, les retards sont également dus à des procédures administratives mal coordonnées entre les ministères des Affaires sociales, de la Santé et de l’Intérieur. Plusieurs familles interrogées dans les régions de Tyr et Saïda affirment qu’elles n’ont reçu “ni vivres ni médicaments depuis quatre jours”, alors que les températures nocturnes chutent.

Ces carences se doublent d’un sentiment d’abandon : “On ne nous a pas appelés, on ne sait pas si l’État sait même que nous avons quitté notre maison,” témoigne une mère de trois enfants installée dans une école désaffectée à Jezzine.

Appels des ONG et silence gouvernemental

Al Liwa’ (27 octobre 2025) consacre un encadré à la mobilisation d’une vingtaine d’ONG, qui ont tenu une conférence de presse conjointe à Beyrouth. Elles y dénoncent l’inaction de l’État face aux besoins urgents de la population civile. Parmi leurs revendications figurent : l’établissement d’un état des lieux officiel des personnes déplacées, la réquisition de bâtiments publics inoccupés pour héberger les familles, et la relance immédiate des aides sociales suspendues.

Le journal note que ni le président Joseph Aoun, ni le Premier ministre Nawaf Salam, ni aucun ministre concerné ne se sont exprimés publiquement sur la situation des déplacés. Ce silence est interprété comme une forme de déconnexion institutionnelle, dans un moment où la visibilité politique est pourtant cruciale pour apaiser les tensions et organiser la réponse.

Un coordinateur humanitaire interrogé résume : “Nous avons les bras, les camions et les vivres. Mais il manque l’impulsion politique pour passer à l’action.”

Impact sur les enfants et le tissu scolaire

Enfin, Al Sharq (27 octobre 2025) s’intéresse à la désorganisation du calendrier scolaire dans plusieurs régions affectées. Dans le caza de Bint Jbeil, une dizaine d’établissements ont été fermés préventivement pour protéger les élèves des frappes. Les écoles accueillant des déplacés sont quant à elles partiellement désaffectées et ne disposent plus de matériel pédagogique.

Des parents rapportent que leurs enfants n’ont suivi aucun cours depuis près de deux semaines. Les enseignants, eux-mêmes déplacés dans certains cas, dénoncent un vide organisationnel. “On ne sait même pas si les examens du premier trimestre auront lieu,” indique un directeur d’établissement à Rmeich.

Revue de Presse Assistant a dit :

Culture : mémoire, poésie et scène artistique en mouvement

La scène culturelle libanaise, bien que marginalisée dans la couverture médiatique dominée par la crise sécuritaire, conserve une vitalité souterraine, portée par des initiatives littéraires, des expositions et des concerts. Les journaux Ad DiyarAl AkhbarAl 3arabi Al Jadid et Al Sharq Al Awsat du 27 octobre 2025 rendent compte d’une activité culturelle qui s’ancre dans la mémoire collective, interroge les blessures nationales, et continue d’offrir des espaces de respiration au cœur de l’instabilité.

Exposition “Souvenirs fragmentés” : art et mémoire en dialogue

Ad Diyar (27 octobre 2025) annonce l’ouverture à Beyrouth d’une exposition intitulée “Souvenirs fragmentés”, organisée dans les locaux de l’ancien cinéma al-Hamra, reconverti en centre culturel depuis 2022. L’évènement, porté par un collectif d’artistes libanais et syriens, explore les représentations visuelles de la mémoire traumatique à travers des installations, des photos d’archives et des objets du quotidien.

L’article souligne l’intention curatoriale du projet : “Chaque œuvre tente de combler un vide, de mettre en lumière des récits que l’histoire officielle a laissés de côté.” Le visiteur est invité à se déplacer dans une scénographie immersive, marquée par des bandes sonores de témoignages enregistrés entre 1975 et 2020. L’exposition interroge directement la capacité de l’art à produire une forme de réconciliation symbolique avec le passé.

L’entrée est gratuite, et des ateliers destinés aux scolaires sont annoncés pour les deux premières semaines de novembre. L’initiative bénéficie du soutien de plusieurs fondations locales et du Goethe-Institut.

Nouvel ouvrage de Yara Nahas : la poésie comme acte de résistance intime

Dans un encart consacré aux parutions récentes, Al Akhbar (27 octobre 2025) revient sur la sortie du recueil “Éclats de cendre” de la poétesse libanaise Yara Nahas. Ce livre, publié aux éditions Dar al-Moustaqbal, regroupe une cinquantaine de poèmes écrits entre 2021 et 2025, marqués par un ton introspectif et une attention aux gestes quotidiens.

L’article cite quelques vers du poème liminaire : “Je t’ai vu, pays, à l’heure de la rupture / dans le geste flou d’un père qui fuit.” Le journal salue la justesse du style et la capacité de l’autrice à évoquer, sans emphase, “les plaies lentes de la ville et les silences trop denses des vivants”. L’ouvrage est présenté comme un prolongement stylistique de la nouvelle génération d’écrivains libanais qui renouent avec une poésie directe, dépouillée et incarnée.

Des lectures publiques sont prévues à Saïda et à Zahlé courant novembre, en partenariat avec plusieurs librairies indépendantes.

Festival du film de Tripoli : débat autour d’une sélection contestée

Al 3arabi Al Jadid (27 octobre 2025) publie une critique sévère de la programmation du Festival international du film de Tripoli, dont la treizième édition s’est ouverte le 25 octobre. L’article, signé par un chroniqueur régulier du supplément culturel, s’étonne de la quasi-absence de productions locales : “Sur les quinze films projetés en compétition officielle, un seul est libanais, et il a été coproduit par une maison française.”

Cette disproportion, selon le journal, révèle une difficulté persistante à soutenir l’industrie cinématographique nationale. L’auteur s’interroge : “Faut-il importer des récits pour parler du Liban, ou bien notre imaginaire est-il devenu illisible pour nous-mêmes ?”

Le festival, malgré ces critiques, accueille plusieurs masterclasses et rencontres avec des réalisateurs, et maintient une fréquentation relativement stable, selon les organisateurs. Le film d’ouverture, une coproduction turco-iranienne intitulée “Les Lignes de poussière”, a été salué par une partie du public pour son traitement poétique de l’exil.

Concert à venir au théâtre Al Madina : le retour d’Issam Bou Khaled

Enfin, Al Sharq Al Awsat (27 octobre 2025) annonce le retour sur scène du musicien et compositeur Issam Bou Khaled, avec un concert prévu le 31 octobre au théâtre Al Madina. Le programme mêlera des morceaux issus de son album “Hawa Beyrouth” (2018) à des compositions inédites inspirées des rythmes orientaux et du jazz modal.

Le journal précise que l’artiste a choisi de reverser une partie des recettes à une ONG œuvrant pour les enfants déplacés du Sud. Ce geste, rare dans le contexte culturel actuel, est interprété comme une tentative de lier expression artistique et solidarité concrète. Le concert affiche déjà complet, preuve de l’attente du public pour des propositions musicales authentiques et engagées.

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