Intensification des discussions politiques internes autour de la «paper de Barak
Depuis plusieurs jours, la classe politique libanaise est plongée dans une séquence de consultations intenses autour de la proposition américaine transmise par l’émissaire Thomas Barak. La «paper de Barak», présentée lors de la visite de l’envoyé américain à Beyrouth, constitue désormais le centre des débats internes, comme le rapporte Al Akhbar dans son édition du 30 juin 2025. Le document préconise que le dossier du désarmement du Hezbollah soit transféré au Conseil des ministres, qui devra établir un mécanisme de mise en œuvre graduelle, selon la logique du «step by step». Cette approche conditionne la mise en œuvre d’étapes concrètes de désarmement à un retrait progressif des forces israéliennes de certaines zones du Sud-Liban.
D’après Al Joumhouriyat, également daté du 30 juin 2025, les trois présidences – Joseph Aoun pour la République, Nawaf Salam pour le gouvernement et Nabih Berri pour la Chambre – ont multiplié les concertations au cours du week-end pour définir une réponse unifiée à adresser à Washington. Une commission restreinte, incluant des conseillers comme André Rahal, Jean Aziz, Tony Mansour et Rabi’ al-Chaer pour la présidence, Ali Hamdan pour le Parlement et Farah al-Khatib pour le gouvernement, a été formée pour rédiger un projet de réponse.
Selon les informations relayées par Ad Diyar à la même date, les membres de la commission ont travaillé sans relâche pour finaliser un premier projet d’ébauche. L’objectif est de parvenir à une position libanaise consensuelle avant la prochaine visite de Thomas Barak, prévue dans les deux semaines à venir.
La position du Hezbollah : entre silence stratégique et escalade rhétorique
Dans ce climat de tension, le Hezbollah, par la voix de son secrétaire général Naim Kassem, a exprimé ses réserves face aux demandes internationales. Dans une déclaration relayée par Al Akhbar du 30 juin 2025, Naim Kassem a qualifié la démarche américaine de «tentative de renversement des priorités nationales». Il a affirmé que son parti n’était pas prêt à engager des discussions sur le désarmement tant que «le territoire libanais reste partiellement occupé et que les violations israéliennes persistent».
Al Diyar souligne que le Hezbollah pourrait retarder sa réponse officielle jusqu’à la fin des cérémonies de Achoura. Cette stratégie de temporisation vise à observer l’évolution des positions des autres acteurs politiques internes avant d’annoncer une position définitive.
Al Joumhouriyat précise que les responsables du Hezbollah ont reçu une copie de la «paper de Barak», mais ont demandé un délai supplémentaire pour formuler leur réponse, souhaitant attendre la fin des rituels religieux en cours.
Pressions diplomatiques internationales : Washington, Tel Aviv et les capitales arabes en action
Les pressions internationales s’intensifient également. Al Sharq Al Awsat, dans son édition du 30 juin 2025, souligne que Washington a activé ses réseaux diplomatiques régionaux pour obtenir une réponse rapide de Beyrouth. Les États-Unis auraient engagé des consultations rapprochées avec Israël et plusieurs pays arabes pour coordonner les étapes suivantes.
Selon Al Liwa’ du même jour, ces discussions régionales incluent aussi des aspects liés à la sécurité des frontières et à la lutte contre le trafic transfrontalier. Al Sharq indique que des réunions informelles ont eu lieu entre les ambassadeurs occidentaux à Beyrouth et les plus hauts responsables libanais afin d’évaluer la position de chaque partie.
Toujours selon Al Liwa’, les chancelleries européennes ont insisté sur la nécessité de préserver la stabilité du Liban, craignant qu’un refus catégorique du Hezbollah n’entraîne une escalade militaire israélienne.
Escalade militaire au Sud-Liban : frappes israéliennes et état d’alerte général
En parallèle des débats politiques, la situation sur le terrain au Sud-Liban s’est fortement dégradée. Selon Al Sharq, daté du 30 juin 2025, plusieurs villages frontaliers, notamment Aita al-Shaab et Ramiyeh, ont été la cible de frappes aériennes israéliennes. Ces attaques ont causé des destructions matérielles importantes, touchant notamment des habitations et des infrastructures civiles.
Nahar, dans son édition du même jour, rapporte que les bombardements ont provoqué l’exode temporaire de dizaines de familles vers des zones plus sûres. Les réseaux de distribution d’électricité et d’eau potable ont également été endommagés, aggravant la précarité des populations locales.
Toujours selon Nahar, les hôpitaux de Tyr et Nabatiyeh ont été placés en état d’alerte pour faire face à d’éventuelles victimes supplémentaires. Les ONG locales et la Croix-Rouge libanaise ont intensifié leurs opérations humanitaires sur le terrain.
Al Liwa’ évoque quant à lui des manœuvres de l’armée israélienne le long de la ligne bleue. Le quotidien précise que les troupes israéliennes ont renforcé leurs positions, craignant des représailles du Hezbollah. Les villages libanais de la zone frontalière ont ainsi été déclarés zones militaires par l’armée libanaise, afin de limiter les déplacements de civils.
Les divisions internes entre forces politiques libanaises
Sur le plan politique intérieur, les divergences entre les différentes forces restent marquées. Al Akhbar souligne que Nabih Berri, tout en prônant la recherche d’un consensus national, rejette toute solution qui imposerait des concessions unilatérales au Liban. Il aurait déclaré, selon le journal du 30 juin 2025, que «le plafond des exigences américaines est actuellement trop élevé et inacceptable en l’état».
De son côté, Nawaf Salam, Premier ministre, poursuit ses consultations avec les différents groupes parlementaires afin d’éviter une crise gouvernementale. Selon Al Joumhouriyat, il a multiplié les rencontres durant le week-end, notamment avec des représentants du Courant Patriotique Libre et des Forces Libanaises, cherchant à maintenir la cohésion du cabinet.
Al Diyar précise que plusieurs ministres ont exprimé en privé leurs craintes d’une déstabilisation politique majeure si aucune position consensuelle n’est trouvée rapidement.
Implications régionales et risques d’escalade
La dimension régionale du dossier est omniprésente. Al Sharq Al Awsat insiste sur le fait que la «paper de Barak» s’inscrit dans une dynamique plus large visant à redéfinir les équilibres de sécurité au Moyen-Orient, en parallèle des négociations en cours entre Israël et la Syrie.
Ad Diyar note que l’un des objectifs cachés de l’initiative américaine serait d’ouvrir la voie à un possible processus de normalisation entre le Liban et Israël, ce que démentent pour l’instant les autorités libanaises.
Selon Al Liwa’, les risques d’un dérapage militaire restent élevés. Plusieurs analystes cités par le journal estiment qu’une réponse négative du Hezbollah pourrait justifier de nouvelles opérations militaires israéliennes à court terme.
Enfin, Nahar rapporte que plusieurs diplomates européens et onusiens ont proposé d’organiser une conférence internationale sur la sécurité au Liban Sud, sans que cette proposition n’ait, pour l’instant, reçu d’écho favorable à Beyrouth.
Politique locale : Front commun gouvernemental face à la pression internationale et débats parlementaires intenses
Coordination des trois présidences autour de la réponse à la paper de Barak
La scène politique libanaise reste dominée par les consultations intensives entre les trois présidences en vue de formuler une réponse officielle à la « paper de Barak ». Selon Al Akhbar dans son édition du 30 juin 2025, Joseph Aoun, président de la République, Nawaf Salam, Premier ministre, et Nabih Berri, président du Parlement, ont tenu plusieurs réunions stratégiques durant le week-end. L’objectif affiché est de préserver l’unité nationale face aux pressions croissantes de Washington, qui attend une réponse claire de Beyrouth sur la question du désarmement du Hezbollah et la mise en œuvre de réformes structurelles.
Al Joumhouriyat précise que cette dynamique a conduit à la mise en place d’une commission technique chargée de préparer une ébauche de réponse. Cette commission réunit des représentants des trois pôles exécutifs : André Rahal, Jean Aziz, Tony Mansour et Rabi’ al-Chaer pour la présidence, Ali Hamdan pour le Parlement et Farah al-Khatib pour le gouvernement.
Le journal souligne que les membres de cette commission ont déjà tenu une session de travail de plus de cinq heures, au cours de laquelle une première version de la réponse a été rédigée.
Le dilemme du Premier ministre Nawaf Salam face aux équilibres politiques internes
Dans ce contexte, Nawaf Salam s’efforce de maintenir l’équilibre gouvernemental. Al Diyar rapporte que le chef du gouvernement a enchaîné les consultations avec les blocs parlementaires, notamment avec le Courant Patriotique Libre et les Forces Libanaises. Son objectif est d’éviter toute démission ministérielle qui risquerait d’entraîner la chute de son cabinet à un moment critique.
Selon Al Akhbar, Nawaf Salam a également multiplié les contacts avec les responsables sécuritaires afin de préparer d’éventuels scénarios de détérioration de la situation sécuritaire au Sud-Liban suite aux frappes israéliennes des derniers jours.
Nabih Berri et la stratégie parlementaire face au dossier sécuritaire
De son côté, Nabih Berri adopte une stratégie de temporisation. Comme le souligne Al Sharq dans son édition du 30 juin 2025, le président du Parlement se montre déterminé à éviter tout débat parlementaire précipité sur la question du désarmement du Hezbollah. Selon des sources parlementaires citées par Al Liwa’, Berri considère que ce dossier relève d’abord de la prérogative de l’exécutif et du dialogue national, et non de l’arène législative.
Néanmoins, des voix s’élèvent au sein de l’hémicycle pour réclamer une session extraordinaire consacrée à la sécurité nationale et aux moyens de préserver la souveraineté libanaise. Al Diyar précise que certains députés, issus principalement des Forces Libanaises et du Parti Socialiste Progressiste, ont réclamé un débat public sur le sujet.
Tensions autour de la réforme électorale et de l’élection des expatriés
Parallèlement au dossier sécuritaire, une autre crise agite le Parlement : celle de la réforme électorale et plus particulièrement du vote des expatriés. Nahar rapporte que la prochaine séance législative risque de tourner à l’affrontement politique. En cause, un projet de loi visant à suspendre temporairement le vote des Libanais de l’étranger, en raison de contraintes logistiques et budgétaires invoquées par le ministère de l’Intérieur.
Selon le même quotidien, cette proposition a suscité une levée de boucliers de la part de plusieurs formations politiques. Les Forces Libanaises et le Courant Patriotique Libre dénoncent une manœuvre visant à restreindre les droits civiques des expatriés, tandis que le Hezbollah et Amal adoptent une position plus prudente.
Al Akhbar précise que des manifestations d’expatriés libanais sont prévues devant les ambassades libanaises dans plusieurs capitales européennes pour dénoncer cette décision.
Déclarations clivantes de Naim Kassem sur le rôle futur du Hezbollah
Sur le plan des prises de parole politiques, la déclaration de Naim Kassem continue de faire polémique. Selon Al Akhbar, le secrétaire général du Hezbollah a réaffirmé dans son dernier discours que le parti n’envisageait pas de se dessaisir de son arsenal militaire. Il a ajouté que toute tentative d’imposer une décision extérieure au Liban serait considérée comme une « agression contre la souveraineté nationale ».
Al Diyar souligne que cette déclaration a renforcé les craintes au sein des milieux diplomatiques, certains craignant un durcissement des positions de part et d’autre, rendant toute solution consensuelle plus difficile.
L’opposition et la société civile montent au créneau
Enfin, Al Sharq Al Awsat consacre plusieurs colonnes à la montée en puissance des organisations de la société civile et des partis d’opposition. Plusieurs figures de la société civile ont publié des tribunes dans la presse dénonçant ce qu’elles appellent une « capitulation de l’État face aux diktats des groupes armés ». Elles appellent à la mobilisation citoyenne et à une relance du mouvement de contestation de 2019, suspendu en raison de la crise économique et sanitaire des dernières années.
Nahar précise que des appels à manifester sont lancés pour la semaine prochaine à Beyrouth et dans les principales villes du pays.
Citation et discours des personnalités politiques : Positions clivantes et rhétoriques autour de la crise sécuritaire et du désarmement
Naim Kassem : une dénonciation virulente des pressions internationales
Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a marqué la scène politique libanaise le 30 juin 2025 par un discours fortement critique à l’encontre des initiatives internationales visant à imposer le désarmement du parti. Selon Ad Diyar, il a dénoncé les tentatives de la communauté internationale de « renverser les priorités nationales », estimant que les demandes actuelles cherchaient à faire oublier aux Libanais l’occupation israélienne, le dossier des prisonniers et la reconstruction des zones affectées par les conflits passés.
Dans des propos relayés également par Al Akhbar, Naim Kassem a insisté sur le fait que son mouvement « ne déposera pas les armes tant que le territoire libanais reste occupé et que les agressions israéliennes se poursuivent ». Il a souligné que « toute tentative visant à imposer un calendrier de désarmement sans règlement préalable de ces questions fondamentales est inacceptable ».
Le dirigeant du Hezbollah a aussi interpellé les acteurs politiques locaux, les accusant de « jouer le jeu des puissances étrangères » et de vouloir faire porter au parti la responsabilité de la crise actuelle. Dans son discours, il a déclaré : « Comment peut-on parler de dialogue sur la stratégie de défense alors que nos prisonniers croupissent encore dans les prisons israéliennes et que notre territoire reste partiellement sous occupation ? ».
Joseph Aoun : une reconnaissance des défis mais un appel au dialogue
De son côté, le président de la République Joseph Aoun s’est exprimé lors d’un événement technologique à Beyrouth. Dans son discours rapporté par Al Sharq, il a insisté sur la capacité du Liban à faire face à ses défis grâce à son capital humain. Il a affirmé : « Malgré ses crises, le Liban reste doté d’un capital humain inestimable et d’une jeunesse créative qui a prouvé sa valeur sur la scène internationale ».
Joseph Aoun a également évoqué la nécessité pour les Libanais de « préserver l’unité nationale et de s’engager dans un dialogue franc et responsable sur les enjeux de sécurité nationale ». Il a déclaré : « Nous devons dépasser nos divisions et répondre ensemble aux défis sécuritaires et économiques qui se posent à notre nation ».
Nabih Berri : prudence institutionnelle et refus de la précipitation
Le président de la Chambre des députés, Nabih Berri, a lui aussi pris la parole de manière indirecte en recevant plusieurs délégations parlementaires à Ain el-Tineh. Selon Al Akhbar, il aurait déclaré à ses visiteurs que « toute décision concernant la question du désarmement doit être le fruit d’un consensus national et non d’une imposition extérieure ». Il a ajouté : « Nous refusons toute précipitation sur ce dossier hautement sensible pour l’équilibre national ».
D’après Nahar, Nabih Berri a également exprimé son soutien au Premier ministre Nawaf Salam dans ses efforts pour maintenir la cohésion gouvernementale, tout en avertissant que « toute rupture politique à ce stade pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la stabilité du pays ».
Nawaf Salam : volonté de préserver la stabilité gouvernementale
Le Premier ministre Nawaf Salam, quant à lui, a multiplié les déclarations au cours du week-end. D’après Al Joumhouriyat, il a affirmé lors d’une rencontre avec les représentants des médias que « le Liban ne cèdera pas à la logique des diktats extérieurs », tout en soulignant son engagement pour trouver un terrain d’entente entre les différentes composantes politiques du pays.
Il a insisté sur la nécessité de « préserver le fonctionnement des institutions » et d’« éviter tout vide politique ». Selon Ad Diyar, Nawaf Salam a également déclaré que « le gouvernement continue de travailler pour défendre les intérêts nationaux tout en maintenant un dialogue ouvert avec tous les partenaires internationaux ».
Bilan des positions parlementaires sur le désarmement et la sécurité nationale
Plusieurs députés ont également exprimé leurs positions au sujet de la « paper de Barak ». Selon Nahar, des membres des Forces Libanaises ont accusé le Hezbollah de « paralyser la vie politique et de prendre le pays en otage », appelant à des décisions fermes de la part du gouvernement et du Parlement.
De son côté, Bouchra Abdel Samad, députée indépendante, a plaidé dans Al Liwa’ pour « un processus de dialogue national impliquant toutes les forces politiques et sociales afin de sortir de l’impasse actuelle ».
Enfin, Baha Hariri, cité par Al Sharq Al Awsat, a insisté dans un entretien télévisé sur la nécessité d’un « règlement politique global incluant la réforme institutionnelle et le désarmement progressif ».
Diplomatie : Pressions internationales sur le Liban et recalibrage des alliances régionales
L’offensive diplomatique américaine et la paper de Barak au cœur des échanges
Le 30 juin 2025, la scène diplomatique libanaise a été marquée par l’intensification des pressions américaines. Al Akhbar rapporte que l’émissaire américain Thomas Barak, après avoir présenté la désormais célèbre «paper de Barak», multiplie les consultations avec les chancelleries occidentales et arabes afin de forcer Beyrouth à donner une réponse rapide et favorable. Washington exige du Liban un engagement clair en faveur de l’application des résolutions internationales, notamment celles concernant le désarmement du Hezbollah.
Selon Ad Diyar, la pression ne se limite pas à Beyrouth. Damas est également ciblée, les Américains souhaitant inclure la Syrie dans un processus global de désescalade régionale. L’objectif affiché est d’obtenir des avancées simultanées sur les dossiers libanais et syrien dans le cadre d’une stratégie de stabilisation plus large au Proche-Orient.
Médiations régionales et positions des pays arabes face à la crise libanaise
Sur le plan régional, Al Sharq Al Awsat souligne que plusieurs capitales arabes, dont Riyad et Doha, ont été sollicitées par les États-Unis pour jouer un rôle de médiateur. L’Arabie saoudite, en particulier, aurait transmis des messages à la présidence libanaise pour soutenir le processus de désescalade et encourager un dialogue national sur le désarmement.
Toujours selon le même quotidien, le Qatar aurait proposé d’accueillir une série de pourparlers interlibanais sous l’égide de la Ligue arabe. L’objectif serait de créer un cadre de dialogue multipartite, incluant les principales forces politiques libanaises et les représentants du Hezbollah.
Al Liwa’ évoque aussi des contacts entre les diplomates européens à Beyrouth et les représentants de la présidence libanaise. Ces discussions visent à rassurer les autorités libanaises sur l’absence d’intention immédiate d’isolement international, à condition que Beyrouth montre des signes d’ouverture au dialogue.
La Syrie face aux pressions américaines : position officielle et stratégies d’évitement
Dans ce contexte, la Syrie demeure un acteur clé. Ad Diyar indique que Damas adopte une position attentiste. Les responsables syriens redoutent que toute concession sur le Liban soit perçue comme un pas vers la normalisation avec Israël, ce que le régime de Bachar al-Assad refuse catégoriquement pour l’instant.
Al Akhbar précise que le président syrien aurait renforcé ses consultations internes, tout en envoyant des messages indirects à travers ses canaux diplomatiques à Moscou et à Téhéran. L’objectif serait de coordonner les positions en prévision de potentielles négociations régionales.
Toujours selon Al Akhbar, le gouvernement syrien craint qu’un fléchissement de la position du Hezbollah au Liban ne fragilise l’ensemble de l’axe de résistance.
La diplomatie libanaise à l’épreuve : discrétion et prudence
Sur le plan interne, la diplomatie libanaise reste discrète. Nahar rapporte que le ministre des Affaires étrangères a multiplié les consultations bilatérales avec ses homologues arabes et européens. L’objectif officiel est de « préserver la souveraineté libanaise tout en évitant l’isolement international ».
Al Joumhouriyat souligne que les diplomates libanais ont reçu instruction de la présidence de ne faire aucune déclaration publique avant la finalisation de la réponse officielle à la «paper de Barak». L’objectif est d’éviter toute cacophonie médiatique qui pourrait nuire à la position libanaise lors des prochaines phases de négociation.
Les perspectives d’une nouvelle médiation internationale
Enfin, Al Sharq Al Awsat indique que des discussions sont en cours pour envisager une médiation élargie sous l’égide de l’ONU ou d’un groupe de contact international. Plusieurs sources diplomatiques citées par le journal évoquent la possibilité d’une conférence de Genève sur le Liban, avec la participation des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et des principaux acteurs régionaux.
Cependant, selon Ad Diyar, cette option reste hypothétique à ce stade, en raison des divergences entre Washington et Moscou sur les modalités d’une telle conférence.
Politique internationale : Escalade régionale, élections contestées et tensions géopolitiques
Intensification de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza
La bande de Gaza a connu le 30 juin 2025 une nouvelle série de frappes aériennes israéliennes d’une ampleur inhabituelle. Al Liwa’ rapporte que plusieurs quartiers de Gaza-ville, Khan Younès et Rafah ont été touchés, provoquant d’importants dégâts matériels et des coupures d’électricité dans plusieurs zones.
Selon Al Sharq Al Awsat, l’armée israélienne décrit cette opération comme la plus importante depuis plusieurs mois. Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont revendiqué en riposte plusieurs tirs de roquettes en direction du sud d’Israël, notamment vers les localités d’Ashkelon et Sderot.
Al Diyar précise que cette montée de violence fait suite à l’échec des médiations menées ces derniers jours par l’Égypte et le Qatar. Les autorités israéliennes justifient leurs frappes par la nécessité de neutraliser des dépôts d’armement et des tunnels de contrebande utilisés par le Hamas.
Situation politique incertaine en Syrie et réponses sécuritaires de Damas
En Syrie, le climat politique reste tendu. Al Sharq Al Awsat mentionne des rumeurs d’instabilité au sommet de l’État syrien, suite à des allégations de tentative d’attentat contre le président Ahmad Char’. Le gouvernement syrien a rapidement démenti ces informations, accusant des médias étrangers, notamment israéliens, de mener une campagne de désinformation et de guerre psychologique.
Selon Al Akhbar, Damas reste préoccupée par les évolutions politiques au Liban, notamment en ce qui concerne la « paper de Barak ». La Syrie craint que tout compromis libanais concernant le Hezbollah n’ait des répercussions sur son propre positionnement régional.
Ad Diyar souligne que la capitale syrienne a renforcé les dispositifs de sécurité autour des bâtiments officiels et des infrastructures critiques, dans un contexte de méfiance vis-à-vis des intentions israéliennes et américaines.
Irak : Haider al-Abadi annonce le boycott des élections législatives
En Irak, l’ancien Premier ministre Haider al-Abadi a annoncé que son mouvement politique, la Coalition Al Nasr, ne participera pas aux élections législatives prévues pour novembre 2025. Al Sharq Al Awsat explique que cette décision est motivée par « l’absence de garanties de transparence électorale » et par la persistance du phénomène du « money politics » dans le système politique irakien.
Le journal précise que cette décision pourrait influencer la dynamique électorale dans plusieurs gouvernorats irakiens, notamment à Bagdad et Bassorah. Plusieurs autres partis envisageraient également un boycott en signe de protestation contre les conditions d’organisation du scrutin.
Conflit diplomatique entre la Libye et la Grèce sur la Méditerranée orientale
En Libye, le gouvernement de Tripoli a convoqué l’ambassadeur grec suite à de nouvelles opérations de prospection pétrolière menées par Athènes dans des zones maritimes contestées. Al Sharq Al Awsat indique que Tripoli considère ces actions comme une violation de sa souveraineté sur la zone économique exclusive libyenne.
La Grèce a réagi en affirmant que ses opérations se déroulent dans des eaux relevant de sa juridiction et conformément au droit international. Ad Diyar rappelle que cette querelle s’inscrit dans un contexte régional marqué par des tensions croissantes sur l’exploitation des ressources gazières et pétrolières en Méditerranée orientale.
Ukraine : escalade militaire russe sur Kiev et ses environs
Sur le front ukrainien, la nuit du 29 au 30 juin 2025 a été marquée par une vaste offensive aérienne russe contre Kiev. Al Sharq Al Awsat précise que plusieurs quartiers résidentiels ont été touchés par des missiles de croisière et des drones armés. Les autorités ukrainiennes déplorent au moins sept blessés et des dégâts importants sur les infrastructures électriques.
Selon Al Akhbar, cette attaque intervient alors que des tractations diplomatiques sont en cours pour organiser un sommet entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine. L’objectif serait de trouver des voies de désescalade sur le théâtre ukrainien.
Justice : Annonces judiciaires, litiges fonciers et lutte contre la corruption au cœur de l’actualité
Multiplication des annonces judiciaires dans les registres fonciers
La journée du 30 juin 2025 a été marquée par une série de publications officielles liées aux procédures en cours dans les registres fonciers libanais. Selon Al Joumhouriyat, plusieurs annonces concernent des demandes de délivrance de titres de propriété en remplacement de documents égarés ou détruits. Parmi ces dossiers, celui de Michel Youssef Hassoun, agissant en tant que mandataire de Nadia Khodr Amirat et de Moussa Ibrahim Mohammed, qui a déposé une demande de remplacement d’un acte de propriété concernant une parcelle située à Dekwaneh.
Toujours selon le même journal, d’autres demandes similaires ont été enregistrées à Bchamoun, Baabda et Bourj al-Barajneh, concernant des héritages ou des actes de propriété perdus, reflétant la complexité de la gestion foncière au Liban.
Al Sharq publie également plusieurs avis relatifs à des corrections d’enregistrements immobiliers, notamment un jugement rendu par le tribunal civil de première instance de Beyrouth concernant un différend entre Joseph Bassil et d’autres parties impliquées dans un litige immobilier à Mar Mikhael.
Procédures commerciales : radiations et dissolutions de sociétés
Sur le plan commercial, plusieurs annonces de radiation de sociétés ont été publiées. Nahar rapporte que la société Prime Oil S.A.L. a été officiellement dissoute et radiée du registre du commerce de Beyrouth, suite à une décision de son assemblée générale extraordinaire tenue le 5 juin 2025.
Dans le même registre, Al Akhbar précise que la société AWAYZ S.A.R.L., également basée à Beyrouth, a été supprimée de manière définitive du registre commercial, conformément à une décision prise le 24 juin 2025.
Ces mouvements traduisent, selon les observateurs économiques cités par Nahar, un climat économique difficile, marqué par une multiplication des cessations d’activités commerciales.
Exécution de jugements civils : cas de la succession Habib Ziyada
Dans le domaine de l’exécution des décisions judiciaires, Nahar rapporte qu’un jugement rendu par le tribunal civil de Qartaba en 2019 a donné lieu à une procédure d’exécution visant la succession de Habib Ziyada. Les héritiers, dont Elie Aqiqi et plusieurs membres de la famille Ziyada, sont invités par la Direction de l’exécution de Qartaba à comparaître pour la notification d’un avis d’exécution.
La même source précise que cette affaire concerne un litige immobilier vieux de plusieurs années, illustrant les délais parfois très longs d’exécution des jugements au Liban.
Contentieux civils : procédure en nullité de mariage
Sur le plan du droit de la famille, Al Sharq fait état d’une procédure engagée devant le tribunal de première instance de Zouk Mosbeh. Il s’agit d’une demande de nullité de mariage introduite par Lara Chokri Semaan contre Abbas Hani Kassam. Le tribunal a fixé un délai d’une semaine à l’époux défendeur pour présenter ses observations.
Cette procédure illustre les difficultés d’accès à la justice dans les affaires familiales, notamment dans les juridictions religieuses au Liban.
Débat public sur la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice
Enfin, Ad Diyar consacre un long article au débat sur la lutte contre la corruption au Liban. Le journal rappelle que plusieurs lois majeures ont été adoptées ces dernières années, dont la loi sur l’enrichissement illicite de 2020, la loi de restitution des fonds détournés de 2021, ainsi que le texte sur la protection des lanceurs d’alerte de 2018.
Cependant, Ad Diyar souligne que l’application de ces lois reste faible, en raison de l’absence d’indépendance réelle de l’appareil judiciaire. Le journal questionne : « Verrons-nous enfin l’application de ces textes sous ce mandat présidentiel, ou faudra-t-il attendre un changement politique majeur ? ».
Les observateurs juridiques cités insistent sur la nécessité d’une réforme profonde du Conseil supérieur de la magistrature, pour garantir un processus judiciaire indépendant et transparent.



