vendredi, février 20, 2026

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Revue de presse: duel parlementaire sur le quorum, et tension sécuritaire au Sud

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Parlement: une séance présentée comme un test de forces

Dans la plupart des titres, la séance législative est décrite comme un révélateur des équilibres internes. Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) parle d’une séquence politique tendue, où des forces d’opposition annoncent vouloir empêcher la tenue de la séance, au motif que l’ordre du jour n’inclut pas, selon elles, un texte prioritaire lié à la loi électorale.

Le même Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) insiste sur un climat de rivalités et de manœuvres, et présente l’affrontement comme une lutte d’influence sur la capacité du Parlement à légiférer, mais aussi sur la maîtrise du calendrier des prochaines échéances.

An Nahar (18 décembre 2025) met l’accent sur le rôle charnière d’un groupe parlementaire présenté comme décisif pour sécuriser le quorum. Le quotidien rapporte qu’une série de blocs annoncent la non-participation, tandis que ce groupe annonce finalement sa présence, au nom de textes « qui concernent les citoyens ». En parallèle, il demande que le projet de modification de la loi électorale transmis par le gouvernement soit inscrit à la première séance législative suivante.

Dans Ad Diyar (18 décembre 2025), la journée est décrite comme l’ouverture d’une fin de semaine « chaude », avec un bras de fer attendu au Parlement. Le journal évoque une fragmentation des forces qui poussaient une modification de la loi électorale, et note que certains de leurs acteurs se dirigent vers une stratégie de présence pour assurer le quorum.

Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025) détaille la même confrontation, en décrivant des contacts menés par le président du Parlement pour garantir le quorum, face à des blocs qui refusent de participer. Le quotidien lie ce blocage à la contestation de l’ordre du jour et à la demande d’intégrer un projet gouvernemental sur la loi électorale, notamment sur les modalités de vote des expatriés.

Loi électorale: un débat technique qui devient un enjeu de calendrier

Au-delà du principe du quorum, plusieurs journaux suggèrent que le nœud politique se situe dans la chronologie des élections. Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025) estime que le bras de fer, s’il se prolonge, peut alimenter des scénarios de report, allant d’un « report technique » jusqu’à des hypothèses de prolongation du mandat du Parlement.

An Nahar (18 décembre 2025) apporte un autre angle, plus procédural. Le quotidien évoque un débat sur la manière de calculer le quorum après le décès d’un député, et le besoin de clarifier la base de calcul. Il relie ce point aux tensions politiques qui entourent la séance.

Al Akhbar (18 décembre 2025) avertit, de son côté, que le calendrier législatif lui-même peut peser sur les délais. Le journal affirme que, si le Parlement ne se réunit pas de nouveau avant la fin de l’année, la priorité basculerait ensuite vers le budget, ce qui repousserait le retour du dossier électoral. Il cite aussi le ministre de l’Intérieur, Ahmad al-Hajjar, expliquant qu’un ajustement des procédures liées aux listes électorales exige au moins deux mois de travail.

Al Bina’ (18 décembre 2025) met en avant un message de prudence institutionnelle sur ce dossier. Le journal rapporte une position attribuée à Elias Bou Saab, selon laquelle une modification de la loi électorale ne peut se faire que par consensus politique, et non par un passage en force.

Joseph Aoun et Nawaf Salam: éviter la paralysie et encadrer le débat

La présidence et le gouvernement apparaissent dans plusieurs récits comme des acteurs qui cherchent à limiter le coût d’un blocage. Al Bina’ (18 décembre 2025) écrit que des députés proches de Joseph Aoun et de Nawaf Salam ont entendu des encouragements à ne pas entraver le travail législatif, ce qui est présenté comme un signal en faveur de la tenue de la séance.

Dans An Nahar (18 décembre 2025), cette logique est rapportée par la description d’une séance considérée comme proche de se tenir, mais « au bord de la chute », tant la ligne de quorum reste fragile. Le quotidien rappelle que la décision du bloc pivot, en faveur de la présence, vise une forme de compromis, tout en maintenant une demande explicite sur l’inscription future du projet électoral.

Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) prolonge cette lecture en présentant l’atmosphère comme une « lutte » politique à la veille de la fin d’année, et une tentative de certains camps de transformer l’ordre du jour en levier. Le journal souligne que la bataille est menée publiquement, et qu’elle se nourrit d’arguments de légitimité plus que d’une simple divergence administrative.

Sud-Liban: inspections, allégations de tunnels et pression sur l’armée

En parallèle de la scène parlementaire, l’actualité sécuritaire au Sud du pays est très présente. Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025) rapporte qu’une frappe de drone a visé une zone proche de Kfarkila. Il décrit aussi une inspection conduite par l’armée libanaise dans la localité de Tulin, à la demande d’un dispositif international de suivi, après des allégations israéliennes sur l’existence d’un tunnel. Le journal indique que la recherche a conduit à la découverte d’un tunnel attribué à Hezbollah.

An Nahar (18 décembre 2025) confirme, sur le même épisode, que l’armée a trouvé un tunnel sur le site inspecté. Le quotidien relie cette opération à une dynamique d’incidents répétés et à la sensibilité d’une zone qui avait déjà été visée par des frappes.

Al Akhbar (18 décembre 2025) place ces inspections dans une logique de pression extérieure. Le journal évoque des pressions américaines et israéliennes visant à imposer au Liban une « mécanique de vérification » via l’armée, et présente ce point comme un dossier politique autant que sécuritaire.

Dans Al Sharq Al Awsat (18 décembre 2025), le dispositif international est décrit plus explicitement comme une commission créée pour suivre l’application de l’accord de cessation des hostilités conclu entre le Liban et Israël en novembre de l’année précédente. Le journal note que Joseph Aoun a rencontré le chef de la délégation libanaise auprès de ce mécanisme, l’ambassadeur Simon Karam, et lui a donné des orientations à la veille d’une réunion annoncée.

Négociation au Sud: Joseph Aoun rejette la logique de guerre

Plusieurs titres reprennent un même fil conducteur: la présidence met en avant la négociation comme méthode, sans l’assimiler à une capitulation. Al Sharq Al Awsat (18 décembre 2025) cite Joseph Aoun affirmant que le Liban travaille par la négociation pour consolider la sécurité et la stabilité, surtout au Sud, et que négocier ne signifie pas se rendre.

Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) rapporte une déclaration similaire, prononcée devant une instance liée à la diaspora, où Joseph Aoun explique qu’il suivra toute voie qui sert l’intérêt du Liban, en liant la stabilité à la reconstruction et au développement de l’État.

Ce message est aussi mis en scène par Ad Diyar (18 décembre 2025), qui présente le pays comme cherchant à « gagner du temps » en attendant des positions américaines plus nettes, tout en gérant des tensions multiples entre le front sud, la diplomatie et l’équilibre interne.

Paris et la coordination: une diplomatie d’urgence sur le dossier Sud

Plusieurs journaux placent une réunion à Paris au cœur de la séquence. Ad Diyar (18 décembre 2025) annonce une rencontre avec la participation du commandant de l’armée, Rudolf Haykal, et la présence de responsables et émissaires français, américains et saoudiens. Le journal présente ce rendez-vous comme un moment de coordination sur le dossier sud et sur les paramètres régionaux qui l’entourent.

Al Liwa’ (18 décembre 2025) relie le rendez-vous de Paris à la situation au sud et au nord du Litani, et au débat sur la concentration des armes. Il évoque aussi un climat de menaces israéliennes et la crainte d’une opération plus large visant des zones de présence de Hezbollah, au-delà du Litani.

Dans Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025), la même période est décrite comme une phase où Israël dit se préparer à une confrontation, mais où le soutien américain à une escalade pourrait être moins automatique. Le journal rapporte aussi des informations de presse israéliennes dans ce sens, et inscrit cette lecture dans une séquence de pressions et de vérifications sur le terrain.

Gaza: cessez-le-feu fragile et bataille autour de la “phase deux”

L’actualité de Gaza pèse sur l’arrière-plan régional, et donc sur le Liban. Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025) publie un suivi politique de la phase deux attendue de l’accord de cessez-le-feu, en rapportant que le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abderrahman Al Thani, a dit s’être accordé avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio pour intensifier les efforts afin d’enclencher la deuxième phase. Le quotidien évoque aussi la préparation d’une réunion des médiateurs pour fixer un cadre de transition et limiter le risque d’effondrement de l’accord.

Dans le même journal, un autre article décrit la discussion autour d’une force de stabilisation potentielle à Gaza. Il présente un débat sur la mission d’une telle force, entre une logique de maintien de la paix et une logique de désarmement, ce qui explique, selon le texte, les hésitations et les refus de participation de plusieurs États.

Al 3arabi Al Jadid (18 décembre 2025) va dans le même sens, en citant une source décrivant la réunion de Doha sur une force internationale comme décevante au regard des attentes américaines, et en affirmant que plusieurs pays n’y ont pas participé.

Trump et Netanyahou: rendez-vous suivi de près dans la région

Enfin, la presse régionale suit l’impact des décisions américaines sur les fronts ouverts. Dans Ad Diyar (18 décembre 2025), Donald Trump est cité au cœur d’une controverse internationale, avec des réactions venues d’Amérique latine qui qualifient ses propos de menaçants pour la stabilité régionale.

Sur le plan proche-oriental, Al 3arabi Al Jadid (18 décembre 2025) évoque l’attention portée à la coordination entre Washington et Tel-Aviv, en reliant ce paramètre aux calculs politiques autour des différentes crises régionales, dont celles qui touchent le Liban par ricochet.

Politique locale: séance législative sous pression et friction autour de l’échéance électorale

Quorum et ordre du jour: une bataille de présence plus qu’un débat de fond

La séance législative convoquée à Beyrouth s’impose comme un test de force entre blocs. Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) décrit une volonté assumée, côté oppositions, de faire tomber la séance. Le motif affiché porte sur l’ordre du jour. Le grief central vise l’absence d’un projet gouvernemental de modification de la loi électorale, notamment sur le vote des expatriés. 

An Nahar (18 décembre 2025) souligne que la dynamique repose d’abord sur un calcul de quorum. Le quotidien cite le rôle pivot du bloc de l’Etidal national, présenté comme décisif. Il annonce sa présence « pour donner une chance à un compromis » et pour voter des lois jugées utiles. Il demande en échange que le projet de loi électorale du gouvernement soit inscrit à la première séance suivante. 

Dans le même journal, la crise est aussi liée à la méthode du président du Parlement. An Nahar (18 décembre 2025) rapporte que l’inscription d’un texte lié au lancement du chantier de l’aéroport de Qlayaat a été perçue comme un moyen d’attirer des députés, surtout du Nord. Cette manœuvre nourrit l’accusation d’un ordre du jour « instrumentalisé ». 

Ad Diyar (18 décembre 2025) décrit une scène politique qui se durcit, avec un affrontement attendu à Nejmé. Le journal insiste sur un point: des forces qui poussaient une modification de la loi électorale apparaissent moins soudées. Certaines se dirigent vers une stratégie de présence pour garantir le quorum. 

Geagea, Berri et l’escalade verbale: quand la séance devient un référendum politique

La confrontation ne reste pas confinée aux règles de procédure. Elle prend la forme d’une escalade directe entre figures politiques. Ad Diyar (18 décembre 2025) rapporte une charge de Samir Geagea contre Nabih Berri, centrée sur l’idée d’un « chantage » lié au dossier de l’aéroport de Qlayaat et sur la manière de piloter le travail parlementaire. Le journal souligne que Geagea conteste l’argument selon lequel des prêts de la Banque mondiale deviendraient caducs faute d’adoption immédiate des textes. 

Al Bina’ (18 décembre 2025) ajoute un élément qui illustre la montée du ton. Le quotidien rapporte que le député Ghassan Hasbani appelle les électeurs à retenir les noms des députés qui participeront à la séance, afin de « juger plus tard » dans les urnes. Le journal publie aussi la réponse d’Ali Khreiss, du bloc du Développement et de la Libération, qui affirme que son camp est pour la tenue des élections à la date prévue selon la loi en vigueur, et que pousser à des modifications équivaut, selon lui, à ouvrir la porte à un report. 

Cette bataille de discours place des députés « du milieu » sous pression. An Nahar (18 décembre 2025) estime que l’atmosphère de veille de séance a éclipsé d’autres dossiers, au point de structurer l’ensemble du paysage interne. Le quotidien note que la question n’est plus seulement de voter des lois, mais de définir qui détient la capacité d’imposer l’agenda. 

Loi électorale: le cœur du conflit reste le vote des expatriés et la mécanique du scrutin

Le nœud politique porte sur une équation sensible: comment intégrer le vote des Libanais de l’étranger. Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) présente l’enjeu comme un bras de fer autour d’un projet gouvernemental qui vise à permettre aux expatriés de voter pour l’ensemble des 128 députés. Le journal affirme que l’absence de ce projet à l’ordre du jour sert de prétexte aux forces qui veulent stopper la séance. 

Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025) détaille la portée politique de ce désaccord. Le journal décrit une tension aiguë entre le président du Parlement, qui mène des contacts pour sécuriser le quorum, et des blocs qui refusent de participer tant que le texte électoral n’est pas inscrit. Il indique que le débat inclut la suppression d’une circonscription dédiée aux expatriés, afin de leur permettre de voter dans leurs circonscriptions d’origine pour l’ensemble des sièges. 

Le dossier se complique avec la question des délais techniques. Ad Diyar (18 décembre 2025) rapporte que l’option d’ouvrir à nouveau une période d’inscription des expatriés revient dans la discussion, ce qui aurait des conséquences directes sur le calendrier. Le quotidien cite une logique simple: permettre un vote élargi implique des ajustements administratifs, donc un report technique. 

An Nahar (18 décembre 2025) confirme la circulation de ces hypothèses. Le quotidien affirme que la mention d’un report technique d’environ deux mois s’est frayée un chemin dans le débat public, ce qui reflète, selon lui, des scénarios discutés en coulisses sur l’échéance. 

Elias Bou Saab: appel au consensus et débat sur un report « technique »

Plusieurs journaux placent Elias Bou Saab au centre de cette séquence. Al Bina’ (18 décembre 2025) rapporte ses propos après une rencontre avec Joseph Aoun. Il explique y avoir perçu un souhait présidentiel: voir les députés participer à la séance parce qu’elle comporte, selon lui, des lois qui concernent les citoyens, y compris des textes « réformateurs » et des textes liés à des accords avec la Banque mondiale. Il ajoute que bloquer le travail législatif nuit à l’intérêt général et au fonctionnement des institutions. 

Ad Diyar (18 décembre 2025) prolonge cette ligne et rapporte une idée récurrente chez Bou Saab: les modifications de la loi électorale ne se font pas par confrontation, mais par accord politique. Le journal présente cette approche comme une tentative de calmer l’escalade, tout en laissant ouverte la porte à un report technique si un choix est fait en faveur d’un vote expatrié élargi. 

Dans Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025), Bou Saab est aussi présenté comme celui qui met en avant l’argument administratif. Le journal rapporte qu’un « rapport » sur la mise en œuvre de la loi électorale en vigueur serait encore en préparation, et que la demande de modifier la loi avant même la finalisation de ce travail a créé un malaise lors d’une réunion parlementaire. 

Face à cette rhétorique du consensus, d’autres voix réclament une logique plus tranchée. Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025) cite la réaction du député Fadi Karam, du bloc des Forces libanaises, qui insiste sur le respect du règlement intérieur, de la Constitution et de la date des élections. Il défend l’idée que, faute de consensus, la voie normale est le vote en séance plénière. 

Le risque d’un glissement du calendrier: entre « report technique » et soupçon de prorogation

La question du temps devient un sujet politique en soi. Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025) évoque une inquiétude: si le bras de fer continue, il peut ouvrir la voie à un report des élections initialement prévues au printemps, sous couvert d’un ajustement technique. Le quotidien mentionne aussi des discours qui vont plus loin, avec la crainte d’une prorogation plus longue du mandat parlementaire. 

Ad Diyar (18 décembre 2025) cite Wael Bou Faour, du bloc du Rassemblement démocratique, qui rejette toute manipulation de l’échéance et accepte seulement l’idée d’un report technique très limité, tout en rappelant le principe d’élections à la date prévue et le droit des expatriés à participer pleinement. 

An Nahar (18 décembre 2025) ajoute une dimension procédurale qui alimente l’incertitude. Le quotidien rapporte un débat sur le calcul du quorum dans un Parlement comptant 128 députés, avec des références à des précédents historiques. Il présente ce point comme un exemple de la façon dont des détails institutionnels deviennent des armes politiques. 

Conseil des ministres: la loi sur la « financial gap » et la concurrence des urgences

Dans l’agenda gouvernemental, la bataille parlementaire concurrence des dossiers économiques lourds. An Nahar (18 décembre 2025) rapporte qu’aucune séance du Conseil des ministres ne se tient ce jour-là, à cause de la concomitance avec la séance législative et la visite du Premier ministre égyptien à Beyrouth. Le quotidien indique toutefois une tendance à fixer une réunion exceptionnelle au début de la semaine suivante, avec au menu un projet attendu: la loi dite de la « financial gap », annoncée pour adoption dans sa forme finale. 

Le même An Nahar (18 décembre 2025) relie cette priorité à une logique de séquençage. Quand le politique bloque, les dossiers économiques s’empilent. Dans ce contexte, chaque report d’une réunion ou d’une séance est présenté comme un coût direct pour la crédibilité de l’action publique. 

Al Akhbar (18 décembre 2025) insiste, de son côté, sur la manière dont la hiérarchie des textes peut influencer le calendrier politique. Le journal affirme qu’un blocage prolongé du Parlement, puis l’arrivée du budget, risquent de repousser les discussions sur la loi électorale, et donc de tendre encore plus le calendrier. 

Front social: grèves du secteur public, revendications salariales et malaise administratif

La scène politique se déroule sur fond de pression sociale. Al Akhbar (18 décembre 2025) rapporte qu’une grève de trois jours dans la fonction publique s’est terminée sans résultats concrets. Le journal affirme que l’État n’a pas répondu, que le gouvernement ne s’est pas réuni, et qu’aucune hausse de salaires n’a été actée. Il anticipe une montée de la contestation au début de 2026, si rien ne bouge. 

Sur le terrain, le mouvement n’est pas homogène. Al Akhbar (18 décembre 2025) décrit une participation variable selon les ministères. Le journal affirme, par exemple, que certains services comme la Santé, l’Éducation ou les Finances n’ont pas suivi de façon uniforme. Il mentionne aussi des divergences entre enseignants contractuels et titulaires, et des demandes spécifiques dans le secondaire, dont une revalorisation massive exprimée en multiples du salaire actuel. 

Le quotidien décrit en parallèle une crise de représentation. Il rapporte des propos selon lesquels la structure administrative censée représenter les fonctionnaires n’est plus jugée légitime, faute de renouvellement et en raison de départs à la retraite. Cette faiblesse réduit la capacité à négocier, tout en augmentant le risque d’un bras de fer désordonné. 

Dans ce même contexte, Al Akhbar (18 décembre 2025) signale une initiative administrative qui vise les organes de contrôle. Le journal rapporte que la présidente du Conseil de la fonction publique, Nesrine Mashmoushi, prépare une série de propositions pour améliorer la situation des institutions de contrôle, en parlant d’une forme de « protection financière » sur le modèle d’autorités de régulation qui auraient bénéficié d’enveloppes élevées sous le gouvernement de Nawaf Salam. 

Sécurité intérieure: mise en garde contre une page de recrutement sur les réseaux sociaux

Au-delà de l’économie et du Parlement, un sujet de sécurité intérieure apparaît dans la presse. Ad Diyar (18 décembre 2025) rapporte une alerte de la Direction générale de la Sûreté générale. Elle met en garde citoyens et résidents contre une page sur les réseaux sociaux, présentée comme visant à recruter au profit d’Israël. Le journal cite les plateformes concernées et insiste sur le risque lié à toute interaction. 

Ce type d’avertissement illustre une réalité politique plus large. Les institutions tentent de montrer qu’elles gardent la main sur la sécurité intérieure, au moment où le débat national est saturé par les questions de guerre, de frontières et de calendrier électoral. La multiplication de ces signaux renforce aussi la pression sur le pouvoir politique, sommé d’éviter les crises parallèles au moment où il peine déjà à produire des compromis au Parlement.

Citation et discours des personnalités politiques: la rhétorique de la guerre, du quorum et de la souveraineté

Joseph Aoun: négocier sans céder, et dénoncer l’usage électoral de la peur

Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) attribue à Joseph Aoun une ligne simple. Il dit que l’État travaille « par la négociation » pour consolider la sécurité et la stabilité, surtout au Sud. Il ajoute que négocier ne veut pas dire se rendre. Il lie cette approche à un objectif concret. Il s’agit d’éloigner le risque de guerre. Il s’agit aussi de reconstruire et de renforcer l’État.

Dans la même séquence, Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) met en avant un second message, plus politique. Joseph Aoun insiste sur le droit des Libanais de l’étranger à participer au choix politique par les élections. Ensuite, il demande de « transmettre l’image réelle du Liban » à l’extérieur. Le journal rapporte aussi une critique directe de ceux qui, selon lui, déforment la réalité, propagent des rumeurs et effraient la population. Il leur reproche d’appeler à la guerre pour un intérêt électoral.

Al Sharq Al Awsat (18 décembre 2025) reprend cet axe, en le plaçant dans une narration de fermeté. Le quotidien cite Joseph Aoun sur l’idée que la négociation n’est pas une capitulation. Il insiste sur la priorité de stabiliser le pays. Il met en avant la reconstruction et le maintien des habitants sur leurs terres.

Al Sharq Al Awsat (18 décembre 2025) complète ce registre par une projection politique. Joseph Aoun y relie la sécurité à la lutte contre la corruption et au retour des terres et des habitants. Le journal ajoute qu’il présente la restitution des fonds des déposants comme un objectif majeur, ce qui inscrit son discours dans une promesse de redressement, au-delà du seul front sud.

Dans Al Bina’ (18 décembre 2025), la présidence apparaît aussi comme un acteur qui cherche à limiter la paralysie institutionnelle. Le journal affirme que Joseph Aoun encourage la participation à la séance législative, au nom de textes qui touchent la vie des citoyens. Il cite aussi l’idée que les ajustements de la loi électorale ne se font pas par affrontement, mais par accord politique.

Elias Bou Saab: la parole du compromis et la limite du passage en force

Al Bina’ (18 décembre 2025) met en avant la prudence d’Elias Bou Saab. Il insiste sur un principe de méthode. Les amendements électoraux, selon lui, doivent passer par un consensus politique. Cette formule vise à calmer le conflit sur le quorum. Elle vise aussi à éviter une modification imposée à une majorité circonstancielle.

Ce discours du consensus sert aussi de passerelle. Il permet de parler de la séance sans entrer dans une logique binaire de boycott ou d’alignement. Dans le récit d’Al Bina’ (18 décembre 2025), Bou Saab ne nie pas le débat. Il cherche plutôt à lui imposer un cadre. Il rappelle que la stabilité institutionnelle dépend d’une capacité à se parler, même quand les blocs se défient.

Cette posture se lit en miroir des tensions. Elle répond à une escalade qui transforme la procédure en arme. Elle tente aussi de protéger l’idée même de réforme. Une réforme votée dans l’humiliation d’un camp produit rarement un apaisement. Elle devient un carburant pour la contestation suivante.

Geagea, Berri et l’affrontement verbal: quand les mots remplacent le vote

Ad Diyar (18 décembre 2025) rapporte une montée du ton entre Samir Geagea et Nabih Berri. Le journal présente l’épisode comme une bataille de narration autour de l’ordre du jour et du rôle de la présidence du Parlement. Il souligne une accusation de « chantage » politique, liée à l’inscription de dossiers de développement, dont celui de l’aéroport de Qlayaat, dans un contexte de recherche du quorum.

Dans le récit d’Ad Diyar (18 décembre 2025), le cœur du conflit n’est pas seulement un texte. C’est la question de savoir qui fixe l’agenda. C’est aussi la question de savoir si des projets à dimension locale peuvent devenir des leviers de mobilisation des députés. Le journal relie ce débat à la crainte d’un glissement du calendrier électoral.

Al Quds Al Arabi (18 décembre 2025) insiste sur l’impact institutionnel de cette guerre des mots. Le quotidien décrit des contacts menés pour sécuriser le quorum, face à des blocs qui conditionnent leur participation à l’inscription d’un projet électoral. Il souligne que, derrière le vocabulaire du droit et du règlement, la crise révèle une méfiance profonde. Chacun soupçonne l’autre de chercher un avantage sur l’échéance.

Dans ce climat, le discours devient un instrument de contrôle. Il sert à mobiliser sa base. Il sert aussi à délégitimer l’adversaire. Enfin, il sert à déplacer le débat. On ne parle plus des textes. On parle de la légitimité de ceux qui les proposent.

Wael Bou Faour et la ligne rouge du calendrier: accepter un délai, refuser une dérive

Ad Diyar (18 décembre 2025) attribue à Wael Bou Faour une position qui cherche l’équilibre. Il refuse toute manipulation de l’échéance électorale. En même temps, il admet l’idée d’un report technique très limité, présenté comme un maximum de deux mois. Il lie cette tolérance à une exigence. Les expatriés doivent pouvoir participer pleinement au choix politique.

Ce type de discours tente de contenir deux peurs. La première est celle d’un report déguisé. La seconde est celle d’un scrutin administrativement bancal. Dans Ad Diyar (18 décembre 2025), l’argument est présenté comme une manière d’éviter le scénario le plus coûteux. Ce scénario serait un conflit sur la légitimité du processus, après le vote.

En filigrane, cette prise de parole souligne un point. La question électorale n’est pas seulement une technique. Elle touche la représentation. Elle touche aussi la confiance dans l’État. Lorsque la confiance chute, chaque délai devient suspect. Chaque correction devient une tentative de contrôle.

« Pas de guerre », « gestion des conflits »: le discours des sources et des signaux internationaux

Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) rapporte les propos attribués à un responsable occidental. Il exclut une guerre contre le Liban, selon le journal, parce que l’orientation américaine et internationale irait plutôt vers un chemin inverse, un chemin de désescalade. Le quotidien décrit un effort actif entre capitales majeures et régionales pour ouvrir un processus plus pacifique.

Dans la même édition, Al Joumhouriyat (18 décembre 2025) publie aussi une lecture attribuée à un diplomate arabe. Il estime que la région serait entrée dans une phase de « gestion des conflits ». Il ne s’agit ni de les régler, ni de les élargir. Cette formule, rapportée comme une appréciation, traduit une rhétorique de stabilisation minimale.

Ce vocabulaire a un effet direct sur la politique interne. Il encourage les acteurs à vendre la prudence. Il renforce aussi le poids des intermédiaires, des mécanismes et des réunions techniques. Enfin, il produit un paradoxe. Il réduit l’espace des grandes décisions. Il augmente l’espace des arrangements temporaires.

Donald Trump et la scène américaine: la parole comme signal stratégique

An Nahar (18 décembre 2025) cite une déclaration de Donald Trump, prononcée la veille. Il dit qu’il y aurait une « vraie paix » au Moyen-Orient et qu’il faut voir ce qui va se passer avec Hamas et Hezbollah. Le journal rapporte cette phrase comme un signal, sans la présenter comme une feuille de route détaillée.

Dans ce contexte, la formule sert surtout d’indicateur politique. Elle peut être lue comme une volonté d’annoncer un cap. Elle peut aussi être lue comme une phrase de campagne prolongée, adaptée aux rapports de force du moment. Quoi qu’il en soit, elle nourrit les calculs régionaux. Elle nourrit aussi les débats libanais sur le risque d’escalade.

Ad Diyar (18 décembre 2025) rapporte, sur un autre théâtre, une réaction du président vénézuélien Nicolas Maduro, qui critique les propos de Donald Trump et met en garde contre leurs effets sur la stabilité régionale. Le journal montre ainsi comment la parole américaine se diffuse, bien au-delà de la région, et devient un objet de confrontation politique globale.

Discours sur l’armée et la souveraineté: une bataille de crédibilité

An Nahar (18 décembre 2025) décrit une mise en scène des « pas » de l’armée sur le terrain. Le quotidien cite des sources qui considèrent que ces actions renforcent la position de l’institution, encouragent les donateurs et soutiennent les efforts pour éviter une nouvelle guerre. Le message implicite est politique. L’armée cherche à se montrer capable de tenir, si un soutien international arrive.

Dans ce récit, le discours public n’est pas un décor. Il devient une pièce du dossier. Il vise à rassurer la société. Il vise aussi à convaincre des partenaires étrangers. Enfin, il vise à couper l’herbe sous le pied de ceux qui mettent en doute la capacité de l’État à agir.

Al Liwa’ (18 décembre 2025) relie, de son côté, la parole politique libanaise à des échanges régionaux. Le journal présente la réunion de Paris comme un moment où se croisent les questions de sécurité au Sud, de contrôle des armes, et de menaces israéliennes. Même si les détails du débat restent rapportés à grands traits, l’effet est clair. Les responsables libanais parlent sous l’œil d’acteurs extérieurs. Ils doivent calibrer chaque phrase.

Le vocabulaire de la pression: vérification, mécanismes, et lignes rouges

Al Akhbar (18 décembre 2025) inscrit la séquence sécuritaire dans une bataille de mots autour d’un dispositif de vérification. Le journal décrit des pressions américaines et israéliennes pour imposer une logique de contrôle via l’armée libanaise. Dans cette approche, la discussion n’est plus seulement militaire. Elle devient un débat sur la souveraineté et sur la marge de manœuvre de l’État.

Ce cadre influence la parole des dirigeants. Il pousse certains à parler de fermeté. Il pousse d’autres à parler de pragmatisme. Entre les deux, Joseph Aoun tente d’occuper une position médiane. Il revendique la négociation. Il refuse l’idée de reddition. Il dénonce l’exploitation électorale de la peur.

Cette grammaire politique se voit aussi dans les « non-dits ». Beaucoup d’acteurs évitent les déclarations trop tranchées. Ils préfèrent des formules de méthode. Ils parlent de « consensus », de « stabilité », de « responsabilité ». En période de tension, ces mots sont aussi des outils. Ils servent à gagner du temps. Ils servent à éviter une rupture. Ils servent enfin à préparer le prochain round, celui du vote ou celui de la rue.

Diplomatie: Paris, Naqoura et Doha comme nœuds de négociation

Paris: une séquence française qui se veut structurante

Al Sharq Al Awsat, 18 December 2025, décrit un retour visible de Paris sur le dossier libanais, avec une activité diplomatique soutenue sur moins d’un mois. Le quotidien cite deux visites à Beyrouth de la conseillère d’Emmanuel Macron pour le Moyen-Orient et le monde arabe, Anne-Claire Legendre, ainsi qu’une visite de Jean-Yves Le Drian, envoyé personnel du président français pour le Liban. Le même récit évoque aussi des déplacements régionaux, dont l’Arabie saoudite, pour consolider des appuis.

Cette relance française est présentée comme une diplomatie de méthode. Elle insiste sur l’enchaînement des rendez-vous et sur la préparation en amont. Dans Ad Diyar, 18 December 2025, la tournée d’ambassadeurs et d’attachés militaires accrédités au Liban dans le secteur au sud du Litani n’est pas décrite comme un simple protocole. Le journal y voit un geste politique et sécuritaire. Il parle d’une mise en scène de terrain avant la réunion attendue à Paris, avec la présence annoncée du commandant de l’armée, Rudolf Haykal.

Ad Diyar, 18 December 2025, insiste aussi sur l’idée que « le terrain précède le discours ». Le journal souligne que les visites et constats sur place serviraient à fixer l’ordre des sujets. Ils serviraient aussi à limiter les lectures abstraites. Dans ce cadre, la diplomatie ne se limite plus à des déclarations. Elle devient une accumulation de preuves et de signaux.

Al Liwa’, 18 December 2025, place la réunion de Paris dans une configuration plus large, avec une présence française, américaine, saoudienne et libanaise. Le quotidien lie ce rendez-vous à plusieurs thèmes concrets: le sud et le nord du Litani, la question de la concentration des armes, et le risque d’une intensification israélienne au-delà de la zone méridionale.

Ce cadrage montre une constante. Les partenaires extérieurs cherchent des engagements vérifiables. Ils cherchent aussi une trajectoire, pas seulement une déclaration. Dans ce format, chaque partie arrive avec des attentes. Le Liban veut du temps, des garanties, et un espace d’action. Les autres veulent des résultats, même graduels. Cette asymétrie rend chaque mot sensible, car il devient une promesse implicite.

Naqoura et le “mécanisme”: la négociation sous surveillance

La diplomatie opérationnelle passe aussi par Naqoura. An Nahar, 18 December 2025, évoque une réunion du “mécanisme” en présence d’un diplomate français et d’un diplomate américain. Le quotidien précise que cette réunion est la deuxième depuis la désignation par le Liban de Simon Karam au sein du dispositif, et qu’elle est censée peser sur la direction des échanges et sur le cadre de la négociation.

An Nahar, 18 December 2025, insiste sur le contexte dans lequel se tient ce type de réunion. Le journal décrit une pression israélienne qui continue, même lorsque le Liban parle de négociation. Il avance que les opérations et les ciblages restent un moyen de peser sur les dossiers discutés. Cette logique rend la discussion plus technique en apparence, mais plus dure en réalité.

Dans Al 3arabi Al Jadid, 18 December 2025, une autre dimension apparaît. Le journal affirme que la désignation de deux membres supplémentaires au sein de ce mécanisme n’a pas encore été tranchée, selon ses sources. Cela suggère un dispositif encore en ajustement, donc un format de négociation qui peut évoluer.

Dans ce jeu, la diplomatie est aussi une bataille de composition. Qui siège, qui parle, qui consigne, qui vérifie. Ce sont des détails, mais ils fixent le rapport de force. Ils déterminent aussi qui peut dire ensuite que le Liban a respecté, ou non, un engagement. Par conséquent, la question du mécanisme devient un enjeu politique interne, même quand elle est présentée comme purement technique.

Un calendrier de visites: Le Drian, Le Caire et la logique des “stations”

Al Joumhouriyat, 18 December 2025, déroule une liste de rendez-vous qui illustre une diplomatie en séquence. Le journal cite d’abord une réunion en France le même jour. Il cite ensuite la visite annoncée du Premier ministre égyptien à Beyrouth. Il cite aussi la réunion du mécanisme le lendemain. Enfin, il évoque un jalon français supplémentaire, avec une nouvelle visite attendue de Jean-Yves Le Drian à Beyrouth durant la première semaine de la nouvelle année.

Dans cette présentation, l’Égypte apparaît comme un partenaire qui combine politique et soutien. Al Liwa’, 18 December 2025, relie la venue du chef du gouvernement égyptien à un ensemble plus large de discussions. Le quotidien évoque des échanges attendus et une forme de pari libanais sur ces contacts, dans un moment où le gouvernement est aussi confronté à des dossiers économiques urgents.

Le point important est la densité. Quand les stations s’enchaînent, le temps politique change. Les acteurs internes hésitent plus, car ils ne veulent pas contredire un partenaire extérieur la veille d’une réunion. En sens inverse, certains accentuent leur discours pour arriver en position de force. Ainsi, la diplomatie ne calme pas toujours. Elle peut aussi durcir, car elle fixe des échéances.

Israël et le discours de “normalisation”: une pression par le vocabulaire

La diplomatie se joue aussi par les déclarations. Al Joumhouriyat, 18 December 2025, rapporte des propos du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, exprimant le souhait d’une normalisation avec le Liban et l’idée que les différends seraient, selon lui, simples à dépasser. Le journal relaie aussi ses accusations contre Hezbollah, dans un registre qui vise à légitimer la poursuite d’opérations.

Ces propos s’inscrivent dans une stratégie de cadrage. Ils déplacent la discussion vers une question binaire, normalisation ou affrontement. Or, côté libanais, le débat est plus fragmenté. Il touche la souveraineté, les garanties, et la capacité réelle de l’État à faire appliquer ses choix. L’effet est immédiat. Chaque camp interne se sert de ce vocabulaire pour soutenir sa propre ligne.

Al Liwa’, 18 December 2025, ajoute un autre niveau. Le quotidien présente le risque d’une opération israélienne élargie comme un facteur qui pèse sur les discussions. Dans cette atmosphère, les mots de normalisation ressemblent, pour une partie de l’opinion, à un message de pression. Pour d’autres, ils servent à tester la disponibilité du Liban à un compromis plus large.

Doha et la “force de stabilisation”: quand Gaza reconfigure les médiations

La diplomatie régionale interfère directement avec le dossier libanais. Al Quds Al Arabi, 18 December 2025, rapporte une réunion à Doha avec des États parrains, des médiateurs arabes et internationaux, et des pays potentiellement candidats à une “force de stabilisation” destinée à être déployée à Gaza. Le journal précise que cette réunion intervient alors qu’Israël est absent de ce format, et qu’elle coïncide avec un échange entre l’émissaire américain Thomas Barrack et Benjamin Netanyahou.

Al Quds Al Arabi, 18 December 2025, insiste sur un point clé: la mission de cette force. Le débat porte, selon le journal, sur deux logiques opposées. L’une vise une force de maintien et de stabilisation. L’autre viserait une force associée au désarmement. Ce désaccord explique les hésitations de certains pays, car le mandat détermine le risque politique et militaire.

Al Joumhouriyat, 18 December 2025, évoque de son côté un cadre américain plus formel, avec un “prochain” rendez-vous à Doha dans un site lié au commandement américain, destiné à préparer le plan d’exécution d’une force internationale de stabilisation à Gaza. Le journal affirme aussi que Washington demande à Israël de ne pas provoquer d’escalade sur d’autres fronts, pour ne pas perturber cette trajectoire, dans l’attente du rendez-vous Trump–Netanyahou.

Ce point éclaire l’articulation avec le Liban. Quand Washington veut éviter l’élargissement, il pousse à des mécanismes, des réunions et des calendriers. Cela renforce les formats comme Paris et Naqoura. En revanche, quand Israël veut garder une liberté d’action, il maintient une pression continue. La diplomatie devient alors un couloir étroit. Elle fonctionne, mais sous contrainte.

Trump–Netanyahou: un rendez-vous qui pèse sur les capitales

Al 3arabi Al Jadid, 18 December 2025, place la rencontre Trump–Netanyahou du 29 décembre au centre des anticipations. Le journal écrit que ce rendez-vous sera déterminant pour “le parcours libanais”, selon ses informations, et décrit une période où plusieurs fronts seraient en attente, de Gaza au Liban, en passant par la Syrie et l’Iran, jusqu’à ce jalon politique.

Dans la même édition, Al 3arabi Al Jadid, 18 December 2025, estime que les décisions israéliennes sur le Liban peuvent être ajustées en fonction de cette fenêtre. Le journal décrit une “période d’attente” sans exclure une hausse soudaine de la pression, ce qui maintient un niveau de risque élevé, même quand le discours parle de négociation.

Ad Diyar, 18 December 2025, relie aussi cette attente à la difficulté libanaise. Le journal décrit les efforts de Rudolf Haykal pour renforcer une “ceinture de sécurité” autour de l’institution militaire et pour obtenir une compréhension américaine de la démarche officielle, en commençant par le sud du Litani, puis en élargissant progressivement, selon ses termes.

Dans cette optique, la diplomatie libanaise poursuit une logique de gradation. Elle cherche à éviter un choc interne. Elle cherche aussi à gagner du temps externe. Mais ce temps reste conditionné à des décisions qui se jouent hors de Beyrouth. C’est là la limite structurelle de la période. Le Liban peut optimiser ses arguments. Il ne peut pas contrôler la fenêtre stratégique des autres.

Politique internationale: Gaza sous tension, Syrie en recomposition, et signaux américains sur plusieurs fronts

Gaza: cessez-le-feu contesté, phase deux incertaine et débat sur une force de stabilisation

Le dossier de Gaza reste décrit comme une trêve fragile, exposée à des violations et à des lectures opposées de la “phase deux”. Al Quds Al Arabi (18 December 2025) rapporte des tirs et des incidents qui, selon le journal, illustrent la difficulté à stabiliser durablement le terrain, malgré un cadre d’accord censé réduire les affrontements.

Le même Al Quds Al Arabi (18 December 2025) met en avant l’implication du Qatar et des États-Unis dans la relance diplomatique. Le journal cite des échanges entre le Premier ministre qatari et le secrétaire d’État américain Marco Rubio, présentés comme un effort pour intensifier la médiation et créer les conditions d’un passage effectif vers la deuxième étape de l’accord.

Dans cette séquence, la question du “jour d’après” devient un point de friction. Al Quds Al Arabi (18 December 2025) décrit une réunion à Doha consacrée à l’idée d’une force internationale de stabilisation. Le journal souligne que le mandat de cette force divise. D’un côté, certains défendent une mission de stabilisation et de maintien d’un ordre minimal. De l’autre, le débat se durcit dès que l’hypothèse d’un désarmement est évoquée, car elle ferait basculer la force dans une mission coercitive.

Ce désaccord produit un effet immédiat. Les États hésitent à s’engager sans savoir s’ils devront tenir une ligne humanitaire, sécuritaire, ou militaire au sens strict. La crédibilité d’un dispositif dépend aussi de son acceptation politique locale. Or, si l’acteur déployé est perçu comme un instrument de contrainte, il devient une cible. À l’inverse, une force sans mandat clair devient une coquille vide. Ainsi, le débat sur le mandat est déjà un débat sur le risque.

La même journée, Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) replace le Qatar dans une posture d’intermédiaire central, tout en rappelant que sa médiation s’exerce sous pression et sous exposition politique. Le journal évoque des échanges à haut niveau entre Donald Trump, le Premier ministre qatari et Benjamin Netanyahou, décrits comme une séquence destinée à contenir des tensions et à maintenir un canal actif.

En filigrane, Gaza agit comme une matrice pour d’autres dossiers. Quand les médiations patinent à Gaza, les capitales redoutent l’extension des fronts. Quand elles avancent, elles cherchent à geler les autres foyers. Ce balancier explique la multiplication de formats de discussion, même quand le terrain reste instable.

Syrie: contrôle des frontières, trafic d’armes et négociations internes difficiles

La Syrie apparaît, elle aussi, comme un espace de recomposition où les enjeux de sécurité et de pouvoir se mêlent. Al Sharq Al Awsat (18 December 2025) décrit des efforts gouvernementaux intensifs pour contrôler la frontière et réduire les zones de passage, présentées comme des corridors de contrebande d’armes. Le journal rapporte une opération de prévention visant un transfert d’armes vers le Liban, dans un contexte où la frontière est décrite comme un enjeu majeur de souveraineté et de sécurité.

Dans ce récit, le contrôle des frontières n’est pas seulement une question de douane. C’est une question de stratégie. Celui qui contrôle les points de passage contrôle une part de l’économie informelle. Il contrôle aussi un levier politique. Chaque cargaison interceptée devient un message vers l’intérieur. Elle devient aussi un message vers l’extérieur, destiné à montrer que l’État tente de reprendre la main.

Al Quds Al Arabi (18 December 2025) aborde un autre volet, plus politique, en décrivant les difficultés d’application d’un accord entre le pouvoir syrien et les Forces démocratiques syriennes. Le journal met en avant des divergences sur la décentralisation et sur l’intégration des forces armées, et souligne que le processus reste exposé à un glissement vers une escalade politique ou militaire si les compromis ne tiennent pas.

Cette tension interne pèse sur le voisinage. Une Syrie en négociation incertaine produit une frontière plus poreuse. Elle alimente aussi la compétition entre parrains régionaux. Elle accroît enfin les risques de chocs locaux, qui peuvent être amplifiés par des rivalités plus larges.

Par ailleurs, Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) évoque l’environnement international de la Syrie à travers un rappel du débat américain sur les sanctions. Le journal présente la question comme un dossier économique lourd, dont les implications dépendent aussi de la capacité des autorités syriennes à engager des réformes internes et à stabiliser des institutions.

Iran et Russie: partenariat affiché, et bras de fer sur la méthode de négociation

Au niveau régional, Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) rapporte des déclarations du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, décrivant la relation entre la Russie et l’Iran comme avancée et fructueuse. Le journal relie ces propos à une période où Moscou cherche à consolider des partenariats, tandis que Téhéran veut préserver ses marges face aux pressions occidentales.

Le même Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) évoque aussi la ligne iranienne sur la négociation, en citant le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, qui rejette une discussion “par diktat” et insiste sur une méthode qui ne soit pas imposée. Le journal ajoute qu’Israël annonce vouloir empêcher un accord nucléaire jugé mauvais, ce qui rappelle que la négociation n’est pas seulement technique. Elle est aussi une bataille de récits et de dissuasion.

Dans ce cadre, la méthode compte autant que le contenu. Une négociation acceptée comme “imposée” devient politiquement toxique pour Téhéran. Une négociation sans garanties devient, pour d’autres acteurs, une simple pause. Ainsi, chaque camp parle de méthode pour parler, en réalité, de rapport de force.

Sud du Yémen: menace de gouvernement parallèle et rivalité au sein du camp anti-houthiste

Le Yémen refait surface sous l’angle des fractures internes. Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) rapporte que le Conseil de transition du Sud menace de former un gouvernement parallèle si les autorités ne reviennent pas à Aden. Le journal cite aussi des déclarations qui accusent la direction “officielle” de s’être défaussée de missions clés, et décrit un ultimatum lié au retour des institutions.

Ce type de menace révèle une crise de gouvernance. Elle ne se limite pas à une confrontation avec les houthis. Elle renvoie à la question du centre de décision, au partage des ressources et au contrôle des ports. En pratique, un gouvernement parallèle fragilise les négociations. Il brouille aussi la lecture des partenaires étrangers, qui ne savent plus à qui parler pour obtenir des engagements.

Même si le journal situe ces tensions dans le camp opposé aux houthis, l’effet dépasse ce camp. Une fragmentation institutionnelle ouvre des espaces à l’économie de guerre. Elle alimente aussi la concurrence entre alliés régionaux, chacun cherchant un partenaire local fiable.

Europe: prudence allemande sur l’Ukraine, débat sur les missions futures

En Europe, Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) rapporte des propos de Lars Klingbeil, présenté comme prudent sur l’idée d’une participation allemande à une future mission de maintien de la paix en Ukraine. Le journal insiste sur l’argument de séquence: ne pas débattre d’une étape lointaine avant d’avoir clarifié les premières conditions politiques et sécuritaires.

Cette prudence reflète un dilemme européen. Soutenir l’Ukraine reste un engagement politique majeur. Mais engager des troupes ouvre une autre catégorie de risque. Cela change le statut de l’Europe dans le conflit. Cela change aussi la perception russe. Ainsi, les responsables européens cherchent souvent à gagner du temps, à tester les intentions, puis à décider. Le discours sert ici à éviter un verrouillage prématuré.

Le même Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) souligne que l’Allemagne se présente déjà comme un soutien central à l’Ukraine. Cette position permet de défendre une ligne. Elle consiste à aider sans franchir certains seuils.

Afrique de l’Est: retrait d’Erythrée d’une organisation régionale

Le paysage international comprend aussi des signaux moins visibles mais structurants. Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) rapporte l’annonce du retrait de l’Erythrée de l’IGAD, une organisation régionale en Afrique de l’Est, dans un contexte décrit comme une crise de confiance. Le journal présente ce retrait comme un acte politique qui relance les débats sur l’efficacité des structures régionales.

Ce type de mouvement pèse sur la coordination régionale. Il complique aussi la gestion de dossiers transfrontaliers, comme les migrations, les conflits locaux et l’aide humanitaire. Même si ce front paraît éloigné, il rappelle une réalité. La fragmentation institutionnelle n’est pas propre au Moyen-Orient. Elle est un trait commun à plusieurs régions en tension.

Amériques: Donald Trump et l’escalade contre le Venezuela

Le dossier vénézuélien illustre, lui, l’usage de la pression par annonces successives. Ad Diyar (18 December 2025) relaie une réaction du président Nicolas Maduro, qui critique les propos de Donald Trump et met en garde contre leurs conséquences sur la paix régionale. Le journal situe ces déclarations dans un climat où la rhétorique américaine est perçue comme une menace.

Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) va plus loin sur la mécanique de l’escalade. Le journal évoque une annonce de Donald Trump sur un blocus maritime visant le Venezuela. Il replace cette annonce dans une série de mesures prises depuis son arrivée à la Maison-Blanche en janvier, et souligne les craintes liées à une montée de la pression américaine dans la zone caraïbe.

Le même Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) décrit des lectures inquiètes sur le calendrier et sur les objectifs. Il mentionne des analyses qui doutent d’une justification strictement liée à la lutte contre les drogues, et qui voient plutôt une manœuvre politique plus large.

Ce dossier montre une constante de la politique internationale contemporaine. La posture américaine ne se résume pas à un acte militaire. Elle s’appuie sur la pression économique, la communication et le signal. Chaque annonce vise à isoler, à dissuader, ou à forcer une concession. En réponse, les gouvernements ciblés cherchent à internationaliser la critique, à mobiliser des soutiens, et à transformer la contrainte en récit de résistance.

Méditerranée: drame migratoire au large de la Grèce et choc social en Égypte

La politique internationale se lit aussi à travers les drames humains, qui renvoient à des causes structurelles. Al Quds Al Arabi (18 December 2025) rapporte le naufrage d’un bateau de migration irrégulière au large de la Crète, avec des victimes et des disparus. Le journal décrit la détresse des familles dans plusieurs provinces égyptiennes, et mentionne une coordination entre l’ambassade d’Égypte à Athènes et les autorités grecques pour suivre le dossier.

Ce type d’événement rappelle que les routes migratoires restent actives malgré les contrôles renforcés. Elles restent aussi alimentées par des facteurs multiples. Il y a la pauvreté. Il y a les conflits. Il y a le manque de perspectives. Chaque naufrage devient alors un débat politique interne, en Égypte comme en Europe, sur la responsabilité des passeurs, l’efficacité des politiques de dissuasion, et la protection des vies.

Irak: opérations de sécurité et récit de stabilité

Enfin, Al Quds Al Arabi (18 December 2025) relate des opérations de sécurité en Irak, avec des arrestations et la destruction de repaires, dans une logique affichée de poursuite des cellules résiduelles de l’organisation État islamique. Le journal présente ces opérations comme un effort continu visant à renforcer la stabilité et à prévenir un retour de la menace.

Ce récit s’inscrit dans une stratégie étatique classique. Montrer l’action des forces de sécurité sert à rassurer. Cela sert aussi à justifier des budgets. Enfin, cela sert à affirmer que l’État garde la main dans un environnement régional encore instable.

Économie: budget sous contrainte, réforme bancaire pressée, et tensions sociales sur les salaires

Budget et finances publiques: le Parlement face aux “comptes” qui ne ferment pas

Dans Ad Diyar (18 December 2025), la Commission des finances et du budget apparaît comme un théâtre central des arbitrages. Le quotidien rapporte une séance présidée par le député Ibrahim Kanaan, avec l’adoption de plusieurs budgets ministériels. Le journal cite notamment des budgets liés à la modernisation administrative, à la technologie de l’information, au Fonds central des déplacés, au ministère des Déplacés, au tourisme, et à l’agriculture.

Al Bina’ (18 December 2025) donne un récit similaire, en insistant sur le fait que ces votes de budgets se font dans un climat de critique persistante du gaspillage public. Le journal cite Ibrahim Kanaan sur la profondeur des discussions et sur le problème des fonds et organismes qui continuent à recevoir des crédits, alors que leur fonctionnement est contesté ou incomplet.

Ad Diyar (18 December 2025) détaille cette critique en l’élargissant à la structure de l’État. Le quotidien évoque des conseils et des institutions “qui ne travaillent pas” tout en conservant des budgets de fonctionnement. Il cite des exemples d’organismes, et insiste sur un problème de vacance des postes qui peut dépasser 90%, avec parfois un seul employé. Le journal relie cette situation à une promesse ancienne de restructuration du secteur public, évoquée comme non réalisée depuis des années.

Dans Al Bina’ (18 December 2025), la même séquence est présentée comme une mise en accusation de la routine budgétaire. Le journal cite Ibrahim Kanaan sur l’absence de clôture de certains dossiers, et sur l’idée que la réforme ne peut pas rester un slogan. Il insiste sur le contrôle ligne par ligne. Il décrit une méthode qui veut empêcher le passage automatique des crédits.

Ad Diyar (18 December 2025) va plus loin sur l’argument de la reddition des comptes. Le quotidien mentionne un audit réalisé par la commission sur des dizaines de milliers de postes qui ne rempliraient pas, selon lui, les critères légaux. Il ajoute que les suites judiciaires tardent, et que cette inertie nourrit une question récurrente sur l’argent public.

Le fil rouge de ces récits est clair. D’un côté, le Parlement adopte des budgets pour que l’État continue de fonctionner. De l’autre, les mêmes séances deviennent des procès-verbaux d’échec de la réforme administrative. Cette tension pèse sur la crédibilité de toute politique économique. Elle pèse aussi sur la capacité du gouvernement de Nawaf Salam à présenter un cap, car chaque ligne de dépense renvoie à un problème ancien qui n’a pas été réglé.

Salaires et service public: une colère sociale qui revient par vagues

Al Akhbar (18 December 2025) place la question des salaires au cœur d’une séquence sociale tendue. Le quotidien rapporte la fin d’un mouvement de grève de trois jours dans la fonction publique, sans résultat concret. Il écrit que l’État n’a pas répondu, que le gouvernement ne s’est pas réuni, et qu’aucune hausse n’a été formalisée. Le journal ajoute que la discussion sur un ajustement des rémunérations n’a pas réellement avancé, ce qui prépare, selon lui, une escalade au début de l’année suivante.

Le même Al Akhbar (18 December 2025) présente un effet de calendrier budgétaire. Il cite des employés du ministère des Finances expliquant leur refus de rejoindre la grève, au motif que la fin d’année impose la clôture des budgets et l’achèvement des comptes. Le journal souligne ainsi une fracture au sein du secteur public. Certains mettent la pression par la rue. D’autres protègent l’appareil de collecte et de comptabilité, car l’arrêt du travail à ce moment-là aurait un coût direct sur les recettes et sur la préparation budgétaire.

Dans ce contexte, la question salariale dépasse la seule paie. Elle touche la capacité de l’État à assurer ses services. Elle touche aussi la confiance dans les administrations. Quand les mouvements s’enchaînent, les citoyens s’attendent à des retards. Ensuite, le secteur privé s’adapte, parfois en contournant l’État. Enfin, la légitimité de l’impôt se fragilise, car les contribuables demandent un service en échange.

Al Akhbar (18 December 2025) insiste sur ce risque. Le journal présente la séquence comme une accumulation. Il parle d’un mouvement qui n’obtient rien, puis d’une probabilité de hausse des mobilisations. Dans une économie déjà sous pression, la paralysie administrative devient un coût invisible, mais réel. Elle ralentit les permis, les contrôles, et les contentieux fiscaux. Elle bloque aussi des décisions de dépenses, ce qui provoque des retards en cascade.

Banque, dépôts et “financial gap”: l’urgence d’un texte, la peur d’un compromis injuste

Al Liwa’ (18 December 2025) situe l’économie au centre d’une double urgence. Le journal indique que Nawaf Salam accélère un projet lié à la “financial gap”. Il présente ce dossier comme un préalable politique et technique, car il conditionne les choix sur les pertes et leur répartition. Dans le même temps, Al Liwa’ décrit un pari libanais sur des discussions avec le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly, perçues comme un canal de soutien ou de coordination.

Le vocabulaire du “financial gap” renvoie à une question explosive. Qui paie les pertes. Comment elles sont chiffrées. Ensuite, comment elles sont étalées dans le temps. Enfin, comment l’État, les banques et les grands débiteurs sont mis à contribution. Le journal n’entre pas dans des chiffres précis dans l’extrait disponible, mais il donne un signal politique. Le gouvernement veut reprendre la main sur un dossier qui traîne, car sans cadre, aucun plan bancaire ne tient.

Ad Diyar (18 December 2025) alimente cette lecture par un discours venu d’un ancien ministre, Wadi Khazen. Le quotidien rapporte qu’il juge la crise des dépôts prolongée depuis 2019, avec des propositions successives, mais sans exécution réelle. Il insiste sur l’absence de mesures qui protègent l’argent des déposants et restaurent la stabilité bancaire.

Dans la même prise de position, Ad Diyar (18 December 2025) cite Wadi Khazen appelant à cesser le report et les promesses, et à assumer la responsabilité. Il présente comme “solution” un respect strict du Code de la monnaie et du crédit, afin de rétablir la confiance et de remettre les banques sur une trajectoire claire. Le quotidien souligne l’idée que le secteur a besoin de décisions et de règles, pas de slogans.

Al Bina’ (18 December 2025) reprend ce même argument, en citant le même responsable sur la nécessité de mesures effectives pour protéger les déposants. Le journal insiste sur la formule “un texte, pas des paroles”, et relie le retour de la confiance au respect du cadre légal et à des procédures concrètes.

Derrière ces déclarations, une inquiétude persiste. Toute réforme bancaire devient une bataille sociale, car elle touche directement des ménages qui ont vu leurs économies bloquées. Par conséquent, même une loi techniquement solide peut être rejetée si elle est perçue comme injuste. À l’inverse, une loi politiquement acceptable peut échouer si elle ne règle pas la question du financement et de la recapitalisation.

La Banque du Liban, dirigée par Karim Souaid, se retrouve au centre de cette équation. Elle doit soutenir une stabilité monétaire minimale. Elle doit aussi gérer la confiance, alors que le crédit est rare et que l’économie fonctionne en grande partie par ajustements informels. Dans ce cadre, le débat sur la “financial gap” n’est pas abstrait. Il détermine les limites de la politique monétaire et la capacité des banques à recommencer à prêter.

Fiscalité et recouvrement: l’État rappelle à l’ordre, mais la base fiscale reste fragile

Sur le terrain fiscal, plusieurs journaux relaient des annonces administratives qui montrent une priorité de court terme: récupérer des recettes. Dans Ad Diyar (18 December 2025), un avis général de recouvrement est publié au nom des services du ministère des Finances. Le texte appelle les contribuables à régler des impôts et taxes dus, et présente cet avis comme une forme de notification.

Dans Al Akhbar (18 December 2025), des avis liés à la taxe foncière apparaissent aussi. Le quotidien mentionne la mise en recouvrement de tableaux d’imposition et précise un cadre de contestation limité dans le temps, sous la forme d’un délai de deux mois à compter de la publication.

Ces avis ne sont pas spectaculaires, mais ils sont révélateurs. Ils indiquent que l’administration cherche à élargir, ou au moins à consolider, le recouvrement. Ils montrent aussi que l’État s’appuie sur des instruments classiques, comme la taxe foncière, qui reste une ressource potentielle lorsque l’impôt sur le revenu est difficile à collecter dans une économie fragmentée.

Cependant, cette stratégie a ses limites. Le recouvrement dépend de la capacité de l’administration à notifier, à traiter les objections, puis à faire exécuter. Or, Al Akhbar (18 December 2025) décrit une administration sous pression sociale, où une partie des agents menace de reprendre la grève. La collecte fiscale devient donc un enjeu de stabilité. Quand l’État doit choisir entre apaiser par des hausses salariales et financer des services, il se retrouve dans un cercle serré.

Investissement, infrastructures et partenariat public-privé: l’économie rattrapée par le rapport de force politique

Al Akhbar (18 December 2025) relie un dossier économique à la séance parlementaire attendue. Le quotidien évoque un débat autour d’une loi sur le partenariat entre le secteur public et le secteur privé, présentée comme essentielle pour lancer le chantier de l’aéroport de Qlayaat. Le journal rapporte aussi une pression politique autour de la participation des députés, et relie cette dynamique au sort du projet lui-même.

Ce point compte, car les infrastructures sont l’un des rares leviers de relance visibles. Elles créent de l’emploi. Elles attirent des services. Elles peuvent aussi rééquilibrer le développement régional. Mais elles sont coûteuses, donc elles poussent vers des montages financiers mixtes. Or, ces montages exigent un cadre légal stable et des garanties. Ils exigent aussi une gouvernance transparente, car le soupçon de rente ou de favoritisme peut faire fuir les investisseurs.

Al Bina’ (18 December 2025) décrit l’envers de ce décor. Le journal cite Ibrahim Kanaan sur des institutions qui reçoivent des budgets sans fonctionner correctement, et sur la nécessité de faire cesser le gaspillage. Cette critique nourrit une question simple. Comment convaincre des partenaires privés, ou des bailleurs, si l’État ne prouve pas d’abord sa capacité à contrôler ses propres dépenses. Dans un pays où les grands projets sont souvent soupçonnés, la crédibilité est un capital aussi important que l’argent.

Marchés, confiance et dépendance externe: une économie qui cherche des appuis

Al Liwa’ (18 December 2025) évoque, en parallèle du dossier de la “financial gap”, des discussions avec l’Égypte. La présence de Mostafa Madbouly à Beyrouth, selon le journal, s’inscrit dans une séquence où le Liban cherche des partenaires arabes capables d’offrir un soutien politique, une coordination technique, ou des pistes de coopération.

Cette recherche d’appuis n’est pas seulement diplomatique. Elle est économique. Elle touche l’énergie, la logistique, et les circuits d’approvisionnement. Elle touche aussi la perception internationale du risque libanais. Lorsque des capitales arabes affichent un engagement, cela peut rassurer certains acteurs. À l’inverse, lorsqu’elles prennent leurs distances, le financement se durcit.

Dans ce contexte, les débats budgétaires décrits par Ad Diyar (18 December 2025) prennent une dimension stratégique. Chaque budget adopté au Parlement n’est pas seulement une ligne comptable. C’est un signal. Il dit si l’État peut organiser ses priorités. Il dit si les dépenses sont contrôlées. Il dit enfin si la réforme du secteur public est réellement engagée, ou si elle reste un discours répété.

Le nœud économique, tel qu’il ressort des journaux du jour, est donc triple. Il y a le besoin d’un texte clair sur les pertes et les dépôts, évoqué à travers la “financial gap” par Al Liwa’. Il y a l’exigence d’un cadre légal et d’actions concrètes pour restaurer la confiance bancaire, martelée par Wadi Khazen dans Ad Diyar et reprise par Al Bina’. Enfin, il y a une bataille budgétaire qui révèle les failles de l’administration et du contrôle, décrite par Ad Diyar et Al Bina’ à travers le travail de la Commission des finances.

Justice: dossiers transfrontaliers, enquête du port, et réponses pénales sur fond de tensions

Accord judiciaire Liban–Syrie: le dossier des détenus au centre d’un bras de fer

Al Akhbar du 18 décembre 2025 décrit des négociations encore bloquées autour d’une “judicial treaty” entre Beyrouth et Damas. Le journal insiste sur un désaccord de méthode. Il parle d’une divergence entre responsables libanais sur la manière de gérer le dossier. Il rapporte aussi une demande syrienne d’élargir le champ, avec la question de détenus syriens au Liban.

Le même Al Akhbar du 18 décembre 2025 met en avant une phrase attribuée au ministre de la Justice. Il affirme que le Liban “ne gracie pas” des prisonniers, mais qu’il peut permettre leur transfert vers leur pays pour purger le reste de leur peine. Le journal précise que ce mécanisme exclurait des condamnés dans des dossiers sensibles, dont ceux liés à des militaires.

Dans Al Akhbar du 18 décembre 2025, un point revient comme ligne rouge juridique. Le journal explique que la suspension de poursuites contre des personnes recherchées ne peut pas être décidée par le gouvernement ou par le ministère. Elle exige une loi votée au Parlement. Cette précision est utilisée pour répondre à des demandes syriennes, et pour cadrer le débat dans le registre strict de la procédure.

Ce dossier expose un dilemme politique. Un accord peut réduire des tensions bilatérales. Il peut aussi calmer une pression sur les prisons. Mais, en même temps, tout geste perçu comme un “arrangement” peut déclencher une contestation interne. Le débat devient alors une question de confiance. Il touche le droit des victimes. Il touche aussi la capacité de l’État à séparer la technique de la politique.

Explosion du port de Beyrouth: déplacement du juge et pari sur une audition-clé

An Nahar du 18 décembre 2025 rapporte un tournant opérationnel dans le dossier de l’explosion du port. Le journal cite une source judiciaire qui affirme que le juge Tarek Bitar s’est rendu à Sofia en passant par Istanbul, afin d’interroger le propriétaire du navire. Le même récit précise que l’ambassade du Liban à Sofia doit assurer un greffier pour la rédaction du procès-verbal et un traducteur, et que des juges bulgares assisteront à la séance.

An Nahar du 18 décembre 2025 ajoute l’enjeu concret de cette audition. Les autorités libanaises comptent, selon la source citée, sur des informations liées à la cargaison de nitrate d’ammonium, à l’identité de ceux qui ont ordonné et financé le transport, et au point de savoir si Beyrouth était la destination réelle du navire.

Al 3arabi Al Jadid du 18 décembre 2025 complète ce tableau par une lecture venue du barreau. Le journal cite l’avocat Youssef Lahoud, membre du bureau de poursuite dans le dossier, qui estime que le cours de l’enquête peut changer si le propriétaire du navire livre des faits nouveaux. Il rappelle aussi, dans le même article, que l’homme avait déjà été interrogé peu après le drame du 4 août 2020, sans livrer alors d’éléments décisifs, selon cette version.

Ces éléments montrent une stratégie de relance. Le dossier a longtemps été décrit comme entravé par des conflits de compétence et des pressions. Un déplacement à l’étranger cherche à contourner des blocages locaux. Il vise aussi à produire une pièce “dure” au dossier. Ensuite, cette pièce peut influencer la suite, en termes d’accusations et de responsabilités.

Discours de haine et incitation: une décision d’instruction qui renvoie à la cour criminelle

Al Bina’ du 18 décembre 2025 rapporte un développement judiciaire présenté comme dissuasif face aux discours sectaires et racistes. Le journal écrit que le juge d’instruction de Beyrouth, Hassan Hamdan, a rendu une décision d’inculpation provisoire visant un avocat, Antoine S. Il considère que l’acte relève d’un crime au titre de l’article 295 du Code pénal, qui vise la propagande destinée à affaiblir le sentiment national ou à réveiller des tensions raciales ou confessionnelles en temps de guerre ou à l’approche d’un conflit.

Dans le même Al Bina’ du 18 décembre 2025, l’affaire est liée à une publication sur les réseaux sociaux, décrite comme un appel à ne pas donner son sang à des blessés d’une attaque aux “pagers” survenue en septembre de l’année précédente. Le journal précise que le dossier a été transmis à la chambre d’accusation de Beyrouth. Cette instance devra confirmer ou casser l’orientation. En cas de confirmation, le renvoi se ferait devant la Cour criminelle.

Cette séquence montre deux mouvements en même temps. D’abord, un usage offensif du droit pénal contre des paroles jugées dangereuses. Ensuite, un passage obligé par les filtres de la procédure, avant tout procès. Elle rappelle aussi un point pratique. Dans les dossiers d’expression, la bataille porte souvent sur la qualification. Elle porte aussi sur l’intention.

Cour criminelle de Nabatieh: condamnations par défaut et arsenal de mesures contre les fugitifs

Une part importante des contenus judiciaires du jour prend la forme de résumés de jugements publiés dans la presse. Ad Diyar du 18 décembre 2025 publie plusieurs extraits de décisions de la Cour criminelle de Nabatieh rendues par défaut. Elles visent des accusés en fuite, poursuivis pour trafic de drogue au titre de l’article 125. Dans ces jugements, la peine rapportée est celle des travaux forcés à perpétuité, assortie d’une amende de 100 millions de livres libanaises.

Ad Diyar du 18 décembre 2025 détaille aussi les conséquences civiles liées à la fuite. Le texte mentionne l’exécution d’un mandat d’arrêt, la déchéance des droits civiques, et l’interdiction de gérer ou de disposer de biens mobiliers et immobiliers pendant la période de fuite. Le jugement évoque aussi la désignation d’un curateur pour administrer les biens, comme pour les biens d’un absent, et la publication régulière de la décision selon les formes légales.

Al Akhbar du 18 décembre 2025 publie, dans le même registre, des extraits de jugements par défaut de la Cour criminelle de Nabatieh. Le journal rapporte une condamnation pour trafic de drogue sous l’article 125, avec travaux forcés à perpétuité et amende de 100 millions de livres libanaises. Il rapporte aussi une logique similaire de déchéance des droits civiques et de gestion des biens en cas de fuite.

Dans un autre extrait publié par Al Akhbar du 18 décembre 2025, une décision mentionne aussi un dossier distinct, qualifié sous l’article 638 du Code pénal, lié à un vol. Le texte reprend les mesures associées à l’état de fugitif, dont la désignation d’un curateur pour la gestion des biens.

Al Akhbar du 18 décembre 2025 publie enfin un passage qui renvoie à un dossier de mœurs et d’extorsion, avec références à des articles du Code pénal et à une loi sur les armes, sur fond de menaces, violence et chantage. Le texte présenté suit la même mécanique. Il insiste sur la privation de droits civiques et sur l’administration des biens pendant la fuite.

Ces décisions illustrent une politique pénale très stricte sur certains crimes. Elles montrent aussi une approche patrimoniale de la répression. L’objectif n’est pas seulement de condamner. Il est de réduire l’intérêt de la fuite. Il est aussi de protéger des droits civils, en limitant les actes que peut faire un condamné absent.

Justice civile et statut personnel: contentieux immobiliers et annonces de tribunaux

La page judiciaire se lit aussi dans les litiges du quotidien. An Nahar du 18 décembre 2025 publie une convocation dans un contentieux immobilier devant une chambre civile du Mont-Liban. Le document mentionne une action visant l’annulation d’un contrat de vente d’un appartement, en raison d’un défaut de livraison, et fixe la logique de notification et de comparution en cas d’absence de la société défenderesse.

Ad Diyar du 18 décembre 2025 publie également des annonces liées aux registres fonciers et à des démarches de duplicata de documents cadastraux, ainsi qu’une procédure de partage et de sortie d’indivision sur un terrain, avec délais pour recevoir l’assignation et déposer des observations écrites.

Dans le statut personnel, Ad Diyar du 18 décembre 2025 publie une annonce de la juridiction maronite unifiée, dans un dossier d’annulation de mariage. Le texte appelle l’épouse à se présenter au greffe pour prendre notification d’un jugement définitif rendu à une date mentionnée.

Al Joumhouriyat du 18 décembre 2025 diffuse une annonce similaire dans une autre affaire d’annulation de mariage devant la même juridiction, avec un délai de comparution pour notification d’un jugement.

Ces publications rappellent un point souvent ignoré. La justice ne se résume pas aux grands crimes. Elle traite aussi des contrats, des livraisons, des titres fonciers, et des litiges familiaux. Or ces dossiers touchent directement la stabilité sociale. Ils pèsent sur le marché immobilier. Ils pèsent aussi sur la confiance, car un conflit non tranché bloque des vies.

Mise en recouvrement et avertissements: la face “légale” de la crise fiscale

Enfin, plusieurs avis officiels publiés dans la presse donnent un aperçu de la pression fiscale. Al Akhbar du 18 décembre 2025 publie un avertissement général de recouvrement, qui appelle les contribuables à payer des impôts et taxes dus selon des tableaux, ordres de recouvrement et notifications, et précise que l’avertissement vaut notification personnelle, y compris comme acte interruptif de prescription.

Ad Diyar du 18 décembre 2025 publie, de son côté, une annonce du ministère des Finances sur des tableaux de taxe foncière, avec rappel de pénalités et précision d’un délai d’opposition fixé à deux mois, calculé à partir du lendemain de la publication mentionnée.

Ces avis ne sont pas de simples formalités. Ils posent une réalité. L’État tente de récupérer des recettes par la voie administrative et légale. Mais cette stratégie dépend d’un appareil qui doit notifier, traiter les contestations, et faire exécuter. Or, lorsque l’administration est fragilisée, chaque étape devient plus lente. Cela ouvre aussi un espace à l’arbitraire, si les règles ne sont pas appliquées de manière uniforme.

Société: grèves du public, santé sous pression, et montée des risques sur les marchés parallèles

Fonction publique et école officielle: la fatigue sociale devient un rapport de force

La tension sociale du jour se lit d’abord dans la rue et dans les administrations. Al Akhbar, 18 December 2025, décrit une grève de trois jours dans une partie du secteur public, sans réponse jugée suffisante par les syndicats. Le journal écrit que l’État n’a pas répondu, que le gouvernement ne s’est pas réuni, et qu’aucun projet clair de révision des salaires n’a été mis sur la table.

Dans ce même récit, Al Akhbar, 18 December 2025, rapporte des propos d’Ibrahim Nohal, présenté comme membre de l’organe administratif de l’association des employés de l’administration. Il réclame une correction salariale qui ramènerait la valeur des rémunérations à ce qu’elle était avant 2019. Il évoque une proposition chiffrée en “salaires supplémentaires”, avec une montée graduelle ensuite, pour récupérer une partie de la valeur perdue.

Le journal insiste aussi sur un fait social qui pèse lourd: la grève ne bloque pas tout. Al Akhbar, 18 December 2025, note que l’adhésion varie selon les ministères et les services. Il cite des secteurs qui n’ont pas suivi, dont la santé, l’éducation et les finances. Il ajoute que l’école officielle reflète une fracture interne. Les écoles de base auraient moins suivi, parce que les contractuels y seraient très nombreux. Les lycées auraient davantage fermé, car la proportion d’enseignants titulaires y serait plus élevée.

Cette disparité raconte une réalité simple. La contestation existe. Pourtant, elle est limitée par la peur de perdre le peu qui reste. Elle est aussi limitée par le calendrier. Al Akhbar, 18 December 2025, rapporte que des employés du ministère des Finances disent ne pas avoir participé, en invoquant la clôture de fin d’année et la finalisation des comptes. Le journal ajoute que la question de la représentativité syndicale revient, avec l’idée qu’une structure actuelle ne refléterait plus le corps des employés, notamment à cause des retraites et de l’absence de renouvellement.

Dans la même journée, la colère du secteur éducatif se voit à travers des rassemblements locaux. Al Bina’, 18 December 2025, évoque des sit-in menés par des réseaux de l’enseignement officiel, avec une revendication centrale: une hausse de salaires “37 fois”, et l’intégration des indemnités dans le salaire de base, ainsi qu’une hausse du taux horaire des contractuels.

Al Liwa’, 18 December 2025, décrit aussi une mobilisation devant des bâtiments officiels dans plusieurs zones, dont Saida, Nabatieh et Akkar, et rapporte des slogans centrés sur la dignité du salaire et la survie de l’école officielle. Le journal reprend la revendication de hausse “37 fois” et l’idée d’un calendrier d’exécution jugé indispensable.

Ad Diyar, 18 December 2025, relie ces deux colères, celle des employés et celle de l’éducation, en décrivant une convergence à Saida, où une partie des administrations en grève et les réseaux de l’enseignement officiel se retrouvent dans un même espace. Le journal présente ce croisement comme un signe de crise de revenu généralisée, au-delà d’un seul secteur.

Hôpital public: modernisation visible, mais pression constante sur la capacité

À côté des grèves, la presse met en avant une autre dimension sociale: la survie des services publics, surtout la santé. Ad Diyar, 18 December 2025, rapporte l’inauguration d’un appareil de “Scan CT” à l’Hôpital universitaire gouvernemental de Beyrouth. Le journal présente cette mise en service comme une amélioration des capacités de diagnostic et de prise en charge.

Le même Ad Diyar, 18 December 2025, précise que le ministre de la Santé, Rakan Nasser el-Dine, a effectué une visite de nouveaux espaces, dont un étage dédié à la médecine interne. Le journal indique que cet étage ajouterait 27 lits, afin d’améliorer la capacité d’accueil et de réduire la pression sur les services.

Ad Diyar, 18 December 2025, décrit aussi un geste symbolique. Il évoque une cérémonie de reconnaissance pour des employés ayant vingt ans de service. Le message est double. Il salue l’effort humain. Il tente aussi de rassurer sur la continuité.

Mais le journal n’ignore pas les limites. Ad Diyar, 18 December 2025, rapporte qu’au moment de la visite, 22 patients seraient en attente aux urgences. Il souligne le besoin de lits supplémentaires. Il cite aussi un discours qui présente cet hôpital comme un “hôpital des pauvres”, pour des patients qui ne peuvent pas assumer certains frais.

Dans la même séquence, Ad Diyar, 18 December 2025, évoque des investissements annoncés par le ministère dans un ensemble d’hôpitaux publics, avec un appui de bailleurs, et un taux d’avancement donné comme ordre de grandeur. Le journal inscrit ce soutien dans une logique de reconstruction graduelle du secteur public de santé.

Ce contraste reste central dans la scène sociale. Il y a des inaugurations. Il y a des améliorations ciblées. Pourtant, l’attente aux urgences demeure un indicateur brutal. Elle reflète une demande plus forte que l’offre. Elle rappelle aussi que la crise sociale n’est pas seulement une question de salaire. Elle devient une question d’accès aux soins.

Marchés parallèles et santé: l’esthétique comme risque sanitaire et comme économie de contrebande

Une autre tendance traverse la société: la montée des pratiques esthétiques, avec un marché qui attire aussi la fraude. An Nahar, 18 December 2025, décrit un engouement pour les actes esthétiques, présenté comme une mode qui touche les femmes mais aussi des adolescentes. Le journal parle d’un commerce alimenté par des “shops” informels et par des centres non autorisés, qui offriraient des prestations à bas coût, au prix de risques sanitaires.

Le quotidien appuie ce constat par un fait précis. An Nahar, 18 December 2025, rapporte une opération des douanes annoncée le 15 December 2025 à Antelias, avec inspection d’une pharmacie et d’un entrepôt. Le journal mentionne la découverte de grandes quantités de médicaments périmés, ainsi que de produits esthétiques et d’hormones introduits illégalement. Il indique que la pharmacie a été fermée sous supervision du parquet financier, et que le propriétaire a été arrêté pour enquête.

Dans le même article, An Nahar, 18 December 2025, pose une question de fond: qui contrôle réellement ce marché. Le journal cite Joseph el-Hello, présenté comme conseiller du ministre de la Santé. Il décrit ce dossier comme très sensible pour le ministère. Il affirme que des campagnes sont menées contre les centres non autorisés ou ceux qui utilisent des produits non conformes.

An Nahar, 18 December 2025, ajoute une idée importante: la responsabilité n’est pas seulement celle du ministère. Le journal cite Joseph el-Hello sur l’entrée de produits par contrebande, via les frontières terrestres, maritimes et aériennes, ce qui implique plusieurs administrations.

Le quotidien élargit enfin vers l’éthique professionnelle. An Nahar, 18 December 2025, cite le médecin Ali Wehbe, spécialiste en médecine esthétique. Il explique qu’un produit ou médicament doit être enregistré au ministère de la Santé. Il insiste sur l’achat via des sociétés spécialisées et sur la nécessité d’une facture officielle. Il affirme aussi que les sociétés ne vendent ces produits qu’aux médecins, et que la traçabilité est une condition de sécurité.

La dimension sociale de ce dossier est directe. D’un côté, il y a une demande de transformation du corps, souvent liée à l’image et au stress. De l’autre, il y a un marché illégal qui profite de l’appauvrissement. Le résultat est un risque qui se diffuse. Il touche la santé des personnes. Il touche aussi la confiance dans les circuits de soins et de pharmacie.

Sécurité et vulnérabilité numérique: alerte officielle sur des tentatives de recrutement

La fragilité sociale apparaît aussi à travers l’espace numérique. Ad Diyar, 18 December 2025, rapporte une mise en garde de la General Security contre l’interaction avec une page nommée “Unit 504” sur les réseaux sociaux. Le journal indique que la page viserait le recrutement au profit d’Israël. Il cite aussi les identifiants mentionnés pour Facebook, Instagram et X.

Cette alerte s’inscrit dans une logique de prévention. Elle rappelle que la crise économique et l’isolement social peuvent accroître la vulnérabilité. Le recrutement, quand il existe, ne passe pas seulement par la contrainte. Il passe aussi par l’appât, la promesse d’argent, ou la manipulation émotionnelle. Dans ce contexte, l’avertissement officiel prend une dimension sociale autant que sécuritaire.

Elle renvoie aussi à une question de confiance. Quand les institutions publient ce type d’alerte, elles cherchent à protéger. Elles cherchent aussi à prouver qu’elles surveillent. Or, dans une période où les citoyens doutent des capacités de l’État, chaque signal devient un test de crédibilité.

Mobilité et anxiété quotidienne: le climat de peur comme fait social

Enfin, le climat général agit sur des choix ordinaires, comme les déplacements. Al Liwa’, 18 December 2025, mentionne des avertissements de voyage émis par le Royaume-Uni, avec une liste de zones considérées à risque, dont des quartiers de Beyrouth et plusieurs régions.

Ce type d’avertissement a un effet social immédiat. Il pèse sur le tourisme. Il pèse sur les visites familiales. Il pèse aussi sur l’économie des services, surtout quand les périodes de fêtes approchent. Il renforce enfin un sentiment d’incertitude, déjà nourri par la tension au Sud et par la fragilité du revenu.

La société apparaît donc prise entre trois lignes de stress. La première est salariale, avec des grèves fragmentées et une école officielle en colère. La deuxième est sanitaire, avec un hôpital public qui se modernise mais reste sous pression d’affluence. La troisième est sécuritaire, avec la montée de risques liés aux marchés illégaux et aux tentatives de manipulation via les réseaux.

Culture: patrimoine libanais mis en scène, mémoire des livres à Beyrouth, et agenda des fêtes

Gibran à Bruxelles: une immersion culturelle portée par la diplomatie

An Nahar (18 December 2025) rapporte l’ouverture à Bruxelles d’une exposition immersive consacrée à Gibran Khalil Gibran, sous le titre “The Experience Immersive Love of”. Le journal présente l’événement comme une lecture contemporaine d’un héritage littéraire et artistique libanais devenu mondial. 

Selon An Nahar, cette exposition s’inscrit dans une logique de diplomatie culturelle, avec un parrainage du ministre des Affaires étrangères et des Émigrés, Youssef Rajji. Le quotidien insiste sur le lieu, la capitale belge, car ce choix renforce la portée internationale de l’initiative. 

L’intérêt de cette mise en scène réside aussi dans la forme. An Nahar décrit une expérience en trois dimensions d’environ 35 minutes. Le journal indique que le dispositif associe littérature et dessin autour d’un même créateur, en mobilisant des éléments de ses œuvres, de ses textes et de son univers visuel. 

Le même An Nahar précise que l’exposition a été organisée avec la société de production Belstein et l’artiste Massimiliano Siccardi, en coopération avec le Gibran National Committee. Le quotidien présente ce partenariat comme un signe de professionnalisation de la manière dont le patrimoine libanais se raconte à l’étranger. 

Au-delà de l’événement, cette séquence raconte un fait culturel plus large. Quand le patrimoine se déploie en formats immersifs, il change de public. Il vise des visiteurs qui ne viennent pas chercher un texte, mais une expérience. Ensuite, il simplifie souvent l’entrée vers une œuvre. Enfin, il peut ouvrir un retour vers la lecture, si l’immersion suscite une curiosité durable.

Iskandar Habash: une bibliothèque comme legs, et un lieu comme refuge

Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) met en avant un autre geste culturel, cette fois à Beyrouth. Le journal rapporte que l’Académie Dar al-Thaqafa, située dans le camp de Mar Elias, accueille l’héritage d’Iskandar Habash, écrivain et traducteur né en 1963 et décédé en 2025. Le quotidien précise que Habash a choisi de léguer sa bibliothèque à l’institution avant sa mort. 

D’après Al 3arabi Al Jadid, cette bibliothèque rassemble des milliers d’ouvrages en arabe, en français et en anglais. Le journal cite des champs variés, comme la poésie, la philosophie, la politique, le cinéma et les arts. Il mentionne aussi un ensemble d’archives de revues décrites comme rares, ce qui donne à ce don une valeur documentaire, pas seulement symbolique. 

Cette transmission touche un point sensible. Un camp de Beyrouth n’est pas seulement un espace de précarité. Il peut aussi devenir un espace de culture. Le lieu change alors de rôle. Il héberge un savoir. Il accueille des lecteurs. Il conserve une mémoire écrite qui, autrement, risquerait de se disperser.

Ce choix renforce aussi une idée simple. Une bibliothèque privée est souvent une autobiographie cachée. Le don de Habash, tel que le raconte Al 3arabi Al Jadid, transforme une trajectoire individuelle en ressource collective. 

Dans un pays où les institutions culturelles peinent parfois à financer la conservation, ce type de legs devient un acte de protection. Il réduit le risque de perte. Il facilite la transmission. Il permet aussi à un public plus large d’accéder à des livres qui restent souvent dans des cercles fermés.

Cinéma et mémoire: restauration, festivals, et récit de la diaspora

An Nahar (18 December 2025) consacre une page culturelle à la restauration de deux films d’Umm Kulthum, présentée comme un moment fort du Red Sea International Film Festival à Jeddah. Le journal explique que cette restauration remet en lumière une partie de son patrimoine cinématographique, longtemps prisonnier de copies abîmées. 

L’intérêt de cette information, dans une rubrique Culture libanaise, tient à son écho régional. Le Liban consomme ce patrimoine. Il le commente. Il le programme souvent dans ses ciné-clubs et ses festivals. Quand une restauration est annoncée, cela peut rouvrir une circulation d’images, donc une circulation de mémoire.

Sur un autre registre, Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) évoque un film récent intitulé “Yunan”, associé à l’acteur et réalisateur libanais Georges Khabbaz. Le journal relie l’intrigue à une expérience de l’exil et du retour, en décrivant un personnage, Munir, confronté à une vie qui continue malgré une blessure intérieure. 

Le texte insiste sur une idée de salut provisoire. Il ne vient pas d’un effacement de la distance, mais d’une acceptation. Il vient aussi de gestes simples de contact humain. Cette lecture rejoint un thème libanais récurrent. L’émigration n’est pas seulement une mobilité économique. C’est souvent une fracture intime. 

En rapprochant ces deux informations, on voit une continuité culturelle. D’un côté, la restauration protège le passé. De l’autre, le cinéma contemporain raconte une forme de présent libanais, marqué par la dispersion et le besoin de sens. Entre les deux, les festivals et les pages culturelles servent de passerelles.

Agenda culturel: fêtes, livre, et rituels de fin d’année

L’agenda culturel du jour se lit aussi dans les annonces locales. Al Liwa’ (18 December 2025) signale le lancement d’un livre de la Régie Libanaise des Tabacs et Tombacs, publié pour marquer un anniversaire de l’institution. Le quotidien situe l’événement à Beirut, au Seaside – Pavillon, en fin d’après-midi, sous le patronage du président du Parlement, Nabih Berri. 

Le même Al Liwa’ annonce une rencontre de Noël organisée à Maarab par le Lebanese Forces Party, avec une intervention annoncée de Samir Geagea. Le journal la présente comme un rendez-vous de saison, mais aussi comme un événement public structuré. 

Toujours selon Al Liwa’, l’ouverture de la “Saida Christmas Village” et l’illumination associée figurent dans les rendez-vous du soir, avec une invitation portée par la municipalité de Saida et l’autorité religieuse locale, dans le périmètre du vieux souk. 

Le journal mentionne enfin un autre rendez-vous de Noël à Jbeil-Byblos, dans une église, en soirée. L’annonce illustre une réalité culturelle stable. Les fêtes de fin d’année restent un calendrier public, même quand le pays traverse des crises lourdes. 

Ces éléments ne sont pas de simples “sorties”. Ils dessinent une vie culturelle à bas bruit. Elle passe par des rituels. Elle passe par des lieux. Elle passe aussi par un besoin collectif de normalité. Dans un climat tendu, les illuminations et les messages de Noël deviennent des gestes sociaux. Ils regroupent. Ils apaisent. Ils offrent une respiration.

Lectures régionales: critique de films et vie des lettres

La presse culturelle du jour ne se limite pas au Liban. Al Quds Al Arabi (18 December 2025) propose une critique de film autour d’un long métrage intitulé “Haqibat Safar”, présenté comme un récit qui met le personnage face à un choix moral difficile. Le journal le situe dans une catégorie de films liés aux milieux aéroportuaires et à leurs scénarios d’urgence. 

Ce type de critique joue un rôle clair dans l’écosystème culturel. Il oriente le regard. Il fournit des clés. Il aide aussi à relier une œuvre à un genre, donc à une attente du public. Même quand l’œuvre n’est pas libanaise, elle alimente la conversation culturelle régionale, qui circule ensuite à Beyrouth.

Al Quds Al Arabi publie aussi des pages de poésie. Le journal présente un poème signé par un auteur marocain, dans une mise en page qui rappelle la place encore accordée à la poésie dans la presse écrite. Cette présence n’est pas anodine. Elle indique que, malgré l’accélération numérique, certains journaux maintiennent une ambition littéraire.

Dans Al Quds Al Arabi (18 December 2025), un autre article évoque un parcours de lecture et de critique autour de poètes du Golfe, en prenant appui sur l’expérience d’un salon du livre au Koweït. Là encore, la scène libanaise n’est jamais très loin. Beyrouth reste un carrefour de ces textes, via les librairies, les traductions et les débats universitaires.

Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) propose enfin des réflexions plus larges sur l’écriture et les langues, en évoquant des trajectoires de romanciers africains qui s’appuient sur des langues locales et des récits populaires. Même si ce sujet est global, il résonne avec un débat connu au Liban. Celui du rapport entre langue, identité, et accès au public.

Une culture qui tient par les lieux, les livres, et les formats

Les éléments rassemblés par la presse du jour montrent une culture libanaise qui s’exprime de trois manières. Elle s’exporte, quand Gibran est présenté à Bruxelles dans un format immersif. Elle se conserve, quand une bibliothèque privée devient un bien commun dans un quartier vulnérable de Beyrouth. Elle se vit, quand des villes ouvrent des villages de Noël, allument des places, et maintiennent un calendrier de rencontres. 

Dans ce paysage, l’enjeu n’est pas seulement artistique. Il est aussi institutionnel. Il concerne la capacité à archiver, à programmer, et à rendre visible. Il concerne enfin la capacité à relier la diaspora, le centre, et les périphéries par des objets culturels qui circulent.

Technologie: intelligence artificielle, robots utiles et contrôle numérique accru

Guerre et IA: le débat sur les avions de combat “sans pilote”

Dans An Nahar (18 December 2025), un article pose une question qui traverse désormais les états-majors. Faut-il remplacer les pilotes humains par des avions de combat guidés par l’intelligence artificielle, ou limiter l’IA à un rôle d’appui. Le journal présente ce débat comme mal posé quand il se fonde sur des idées incomplètes des deux camps.

An Nahar décrit une confusion fréquente entre trois réalités. La première est l’automatisation, déjà ancienne, qui aide à stabiliser un vol ou à optimiser un trajet. La deuxième est l’assistance décisionnelle, qui propose des options à un pilote. La troisième est l’autonomie, qui implique qu’un système choisisse et exécute une action sans validation humaine. Le journal insiste sur le fait que le débat se crispe souvent sur l’image finale, celle d’un avion “sans pilote”, alors que les usages réels sont graduels.

L’enjeu n’est pas seulement technique. Il est aussi politique. Une armée qui confie davantage à l’IA gagne en vitesse de réaction. Elle peut aussi réduire l’exposition de ses pilotes. Cependant, elle accepte un nouveau type de risque. Elle accepte l’erreur logicielle. Elle accepte la défaillance d’un capteur. Elle accepte aussi l’incertitude sur la décision, quand une machine agrège des signaux de façon opaque.

Dans la lecture d’An Nahar, la question “IA contre humain” masque une réalité plus crédible. Le futur est plutôt hybride. Les humains restent au centre pour certaines décisions. En parallèle, l’IA prend des tâches à haute charge cognitive. Ensuite, elle rend possible des manœuvres plus complexes. Enfin, elle pousse les armées à repenser la formation et l’éthique.

IA et création: promesse d’outils, crainte d’une standardisation

Al Sharq Al Awsat (18 December 2025) s’intéresse à la manière dont l’IA entre dans les métiers créatifs. Le journal cite Amit Gupta, cofondateur de l’outil d’écriture Sudowrite, qui estime que l’IA peut aider à atteindre une large part de la qualité humaine, sans reproduire la “touche finale”.

Le même Al Sharq Al Awsat rapporte aussi une idée défendue par Sam Altman, directeur général de OpenAI. Selon cette lecture, l’IA pourrait compenser l’“humain moyen” dans de nombreux domaines. En revanche, elle ne remplacerait pas les meilleurs créateurs. Le journal souligne toutefois un problème dans cette logique. Les créateurs exceptionnels sont rares. Entre les deux, la majorité progresse par travail, essais et pratique.

Cette nuance est décisive. Si l’IA devient un outil de départ, elle peut abaisser le coût d’entrée. Elle peut aider un débutant à produire plus vite. Elle peut aussi accélérer la correction d’un texte. Mais, en même temps, elle peut pousser vers une écriture lisse, donc plus uniforme. Quand des milliers de personnes utilisent des modèles proches, les styles peuvent se rapprocher.

Al Sharq Al Awsat illustre cette tension avec une comparaison tirée de la photographie. Le journal cite l’idée que tout détenteur d’un iPhone peut prendre une très bonne photo. Pourtant, certaines images “de musée” ne se réduisent pas à la qualité technique. Elles reposent sur un regard. Elles reposent sur un choix d’instant. Elles reposent aussi sur une intention.

Dans cette approche, la technologie ne tue pas l’art. Elle le déplace. Elle rend certains gestes accessibles. Elle change aussi la concurrence. Le créateur doit alors défendre ce qui n’est pas automatisable. Il défend une perspective. Il défend une voix. Il défend une prise de risque.

Robots et logistique: la révolution discrète du “travail ennuyeux”

Ad Diyar (18 December 2025) rapporte une vidéo devenue virale dans l’écosystème robotique. Elle est partagée par Brett Adcock, présenté comme fondateur et directeur général de Figure AI. Le journal explique que la vidéo répond à un commentaire sceptique sur la capacité d’un robot à faire des tâches routinières, comme trier des milliers de colis sans erreurs.

Ce qui retient l’attention dans le récit d’Ad Diyar, ce n’est pas un robot spectaculaire. C’est un robot utile. Le journal insiste sur un choix de mise en scène. Le robot n’est pas présenté comme un combattant ou un danseur. Il est montré au travail. Il attrape des sacs et des boîtes. Il identifie l’emplacement d’une étiquette. Il place le colis sur un convoyeur avec une orientation précise.

Ad Diyar note aussi des limites. Il évoque des moments où le robot a une difficulté à saisir un objet. Cependant, le journal juge l’ensemble stable et rapide, ce qui suggère un niveau élevé de contrôle moteur et de pilotage par IA.

Ce type d’innovation vise d’abord la logistique. C’est un secteur où les gestes se répètent. Les coûts de main-d’œuvre sont lourds. Les marges sont souvent serrées. Un robot fiable peut donc changer l’équation. Il peut réduire la pénibilité. Il peut aussi déplacer l’emploi vers la maintenance et la supervision.

L’autre effet est social. Quand un robot accomplit les tâches jugées “ennuyeuses”, le débat se déplace vers la qualité de l’emploi restant. Il se déplace aussi vers la protection des travailleurs déplacés. Enfin, il pose une question de responsabilité. Si un robot blesse un employé, ou endommage une chaîne, qui répond. Le fournisseur. L’entreprise utilisatrice. Ou le concepteur du modèle.

Plateformes et contrôle d’État: la Russie comme laboratoire de la contrainte numérique

Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) consacre une page au durcissement du contrôle numérique en Russie. Le journal prend un exemple concret. Il évoque des perturbations de WhatsApp, avec des retards de messages, surtout ceux contenant des images ou des pièces jointes. Dans le même temps, l’autorité de régulation Roskomnadzor menace de bloquer l’application, en invoquant un refus de satisfaire des demandes liées à la prévention de crimes sur le territoire russe.

Ce récit illustre une mécanique connue. Les États commencent par la pression réglementaire. Ensuite, ils testent des restrictions techniques. Enfin, ils brandissent le blocage. Le but n’est pas seulement d’interdire. Il est de discipliner. Il est aussi de pousser les plateformes à internaliser des exigences de surveillance.

Dans ce modèle, la frontière entre sécurité et contrôle politique est floue. Le discours public se présente comme une lutte contre le crime. Pourtant, l’effet peut toucher l’ensemble de la société. Quand une messagerie devient instable, la vie économique ralentit. Les familles perdent un lien. Les médias perdent un canal. La défiance augmente, car les utilisateurs suspectent une manipulation.

Al 3arabi Al Jadid met ce cas en perspective en parlant d’un élargissement de la surveillance digitale. Le journal décrit un État qui cherche à maîtriser les flux. Il cherche aussi à réduire la dépendance à des services étrangers.

Égypte: l’absence de loi d’accès à l’information comme frein technologique et médiatique

Dans la même page, Al 3arabi Al Jadid (18 December 2025) évoque un autre angle. Le journal affirme que l’absence d’une loi sur l’information affaiblit le travail journalistique en Égypte.

Ce sujet relève aussi de la technologie. Dans une société connectée, l’information circule vite. Les données publiques deviennent une matière première. Sans cadre clair d’accès, les journalistes peinent à vérifier. Les citoyens peinent à contrôler l’action publique. Les rumeurs deviennent plus puissantes. Les campagnes de désinformation deviennent plus efficaces.

Il y a aussi un enjeu économique. Quand l’accès aux données est opaque, les acteurs privés hésitent. Les start-up qui dépendent de données publiques ne peuvent pas bâtir un service fiable. Les chercheurs ne peuvent pas analyser des tendances. Les politiques publiques ne sont pas évaluées de manière transparente. Ainsi, l’absence de loi n’est pas un détail juridique. Elle devient un frein à un écosystème numérique complet.

Menaces en ligne: quand la technologie devient un canal de recrutement et de manipulation

Dans Ad Diyar (18 December 2025), une alerte de la General Security est rapportée au sujet d’une page sur les réseaux sociaux, présentée comme un outil de recrutement au profit d’Israël. Le journal cite explicitement une mise en garde contre toute interaction et mentionne les plateformes concernées.

Ce type d’avertissement montre que la technologie n’est pas seulement un progrès. C’est aussi un terrain de guerre grise. Les réseaux sociaux réduisent le coût de contact. Ils permettent des approches individuelles. Ils facilitent la manipulation émotionnelle. Ils rendent aussi le repérage plus difficile, car les identités sont instables et les comptes se multiplient.

Dans un pays en crise, le risque augmente. La précarité rend certains publics plus vulnérables aux promesses d’argent. L’isolement rend d’autres publics plus sensibles à une relation artificielle. La technologie devient alors un accélérateur d’exploitation. Elle transforme une faiblesse économique en faille de sécurité.

Une constante: le progrès avance, mais la confiance reste le vrai champ de bataille

Les journaux du jour montrent une technologie qui avance sur trois lignes. D’abord, l’IA dans le militaire, où l’enjeu est la vitesse, donc le risque. Ensuite, l’IA dans la création, où l’enjeu est l’outil, donc l’uniformisation possible. Enfin, la régulation numérique, où l’enjeu est la souveraineté, donc la liberté.

An Nahar insiste sur l’importance de clarifier les termes et d’éviter les slogans dans le débat sur l’IA de défense. Al Sharq Al Awsat montre que l’IA créative pose moins un problème de talent pur qu’un problème de trajectoire et d’apprentissage. Ad Diyar illustre la bascule vers des robots utiles, avec une promesse industrielle réelle. Al 3arabi Al Jadid rappelle que le contrôle des plateformes et l’absence de règles d’accès à l’information peuvent transformer la technologie en outil de contrainte.

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