La bataille du calendrier électoral, entre rumeurs, démentis et bras de fer
Le débat sur un report des élections législatives occupe le centre de gravité de l’actualité politique, avec une séquence faite de déclarations, d’interprétations et de rectificatifs. Plusieurs titres convergent sur un même point: l’idée d’un décalage du scrutin circule, mais elle se heurte à des résistances internes et à des lectures contradictoires des signaux extérieurs. Al Akhbar du 24 février 2026 met en scène une dynamique où la question du report devient un instrument de négociation. Le quotidien rapporte des échanges et des messages attribués au président du Parlement, Nabih Berri, autour des formes possibles d’un décalage, du simple report technique de quelques semaines à une option plus longue, et insiste sur le refus d’un dispositif taillé sur des intérêts étrangers. Dans le même ensemble, Al Akhbar du 24 février 2026 décrit un paysage électoral agité dans la circonscription de Beyrouth I, avec une concurrence forte, des ambitions multiples et un jeu d’alliances difficile, ce qui renforce l’impression d’un cycle électoral sous tension et sous calcul permanent.
La même séquence se prolonge ailleurs, mais avec des cadrages différents. Annahar du 24 février 2026 rapporte un “écho” des propos attribués à Nabih Berri au sujet d’une demande de report associée au groupe de pays dit “quintette”, puis souligne l’intervention rapide du bureau de Berri pour préciser qu’il n’a cité aucun ambassadeur et qu’il a parlé d’une “atmosphère” favorable au report, sans attribution nominative. Annahar du 24 février 2026 ajoute un élément de contrepoids interne: des visiteurs du palais présidentiel disent avoir reçu de Joseph Aoun une position nette en faveur de la tenue des élections à la date prévue, et le député Firas Hamdan rapporte que le chef de l’État soutient la tenue du scrutin dans les délais, en liant l’enjeu à des mécanismes techniques et au vote de la diaspora. Ad Diyar du 24 février 2026 reprend le même épisode en insistant sur l’effet de surprise qu’a produit la déclaration initiale, et sur l’idée qu’une “froideur” diplomatique face à l’échéance aurait nourri, en coulisses, l’hypothèse d’une reprogrammation du calendrier.
Pressions extérieures et “dossier sécurité”, du soutien à l’armée aux exigences de monopole des armes
En parallèle du calendrier électoral, un deuxième fil s’impose: la discussion sur les conditions d’un soutien international et sur la question du contrôle des armes. Al Bina’ du 24 février 2026 décrit une préparation diplomatique et sécuritaire autour d’une conférence de soutien à l’armée libanaise annoncée à Paris le 5 mars, avec une réunion préparatoire au Caire à laquelle doivent participer le commandant de l’armée, Rodolphe Haykal, et le directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Raed Abdallah. Le journal rapporte aussi une phrase du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui présente l’objectif comme un renforcement des “outils” d’un État “fort” qui détient le monopole des armes, formule qui renvoie directement au débat libanais sur la souveraineté et la décision militaire. Annahar du 24 février 2026 rejoint cette lecture en soulignant que plusieurs capitales lient l’aide à des avancées concrètes, notamment sur la question du désarmement et sur des engagements économiques, ce qui inscrit l’appui extérieur dans une logique conditionnelle plutôt que dans une logique automatique.
Comparez rapidement les prix des vols avec Fly2Leb.
Cette équation se complique à cause d’un environnement sécuritaire instable et de la polarisation interne autour de la “résistance”. Al Quds du 24 février 2026 replace la conférence de Paris dans un contexte plus large: le quotidien évoque la reprise de réunions d’un mécanisme de suivi à caractère militaire, et rapporte une critique de ce mécanisme par le Hezbollah, au moment même où son secrétaire général, Naim Kassem, présente la guerre contre le Liban comme une guerre “américaine par intermédiaire israélien” et décrit des pressions politiques visant, selon lui, à retirer les armes de la résistance. Annahar du 24 février 2026 restitue aussi des propos de Naim Kassem, centrés sur la légitimité de la défense et sur une rhétorique de fermeté. Dans ce cadre, l’aide internationale devient un enjeu à double tranchant: elle est présentée comme nécessaire pour consolider l’institution militaire, mais elle se heurte à des lignes rouges politiques, ce qui risque de transformer la conférence en test de crédibilité pour le gouvernement de Nawaf Salam et pour la capacité de l’État à tenir une trajectoire claire.
Région sous tension, risques d’escalade et retombées directes sur le Liban
Le troisième fil, qui irrigue la plupart des unes, est régional. Al Akhbar du 24 février 2026 traite la séquence États-Unis–Iran comme un moment charnière, décrit comme un “dernier tour” où l’attente et l’inquiétude dominent, alors que les hypothèses vont d’un accord élargi à une confrontation ouverte. Le même numéro d’Al Akhbar du 24 février 2026 évoque un renforcement de la mobilisation américaine, une vigilance israélienne et une anticipation fébrile d’une possible frappe, ce qui nourrit, côté libanais, la crainte d’un choc qui dépasserait les frontières et imposerait des décisions rapides aux autorités. Al Joumhouriyat du 24 février 2026 aborde aussi la question sous un angle d’analyse stratégique, en posant la question d’un choix américain entre la pression maximale et le risque d’une guerre régionale, et souligne le coût politique et sécuritaire d’une confrontation frontale, même pour une puissance dotée d’une supériorité militaire. Cette toile de fond aide à comprendre pourquoi des acteurs libanais lisent l’agenda électoral, l’aide internationale et le débat sur les armes à travers un prisme de “fenêtre régionale” qui peut se refermer brutalement.
Dans cette même logique de retombées directes, Annahar du 24 février 2026 met en avant des “mesures temporaires” à Aoukar et un Liban qui “se prépare au coup”, formulation qui renvoie à des précautions sécuritaires et à une anticipation d’événements rapides, sans pour autant clarifier, dans la seule une, l’ampleur ou la nature exacte du scénario redouté. Al Liwaa du 24 février 2026, de son côté, relie l’horizon libanais à l’issue de contacts américano-iraniens facilités par une médiation omanaise, et présente l’évolution de ce canal comme un repère pour évaluer la suite, ce qui confirme le rôle central des dynamiques régionales dans la lecture quotidienne des risques. En complément, Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 insiste sur d’autres foyers de tension au Proche-Orient et dans le monde arabe, ce qui renforce l’idée d’une région entrée dans une phase d’incertitude, où les frontières politiques et diplomatiques deviennent plus fragiles.
Souveraineté aérienne, lignes rouges et lecture libanaise des demandes occidentales
Au-delà des grands arbitrages, un sujet plus technique, mais hautement symbolique, apparaît en une: la souveraineté et l’usage de l’espace aérien libanais. Al Akhbar du 24 février 2026 annonce que le Royaume-Uni demande une forme d’accès aux cieux du Liban, un titre qui place immédiatement la question sur le terrain de la souveraineté, de la sécurité et du rapport de force. Même sans entrer, dans la seule une, dans les détails opérationnels, cette mise en avant dit une chose: les demandes occidentales ne se limitent pas aux conférences de soutien ou aux déclarations politiques. Elles peuvent aussi toucher des instruments concrets, liés à la circulation, à la surveillance et à la conduite d’opérations, ce qui accroît la sensibilité de l’État libanais à toute perception d’empiètement. Dans ce contexte, la polémique sur le report des élections prend une coloration supplémentaire. Elle ne relève plus seulement d’un débat constitutionnel. Elle devient, aux yeux d’une partie de l’opinion et des acteurs, un indicateur du niveau de pression extérieure et de la marge réelle de décision nationale, surtout si le calendrier institutionnel est perçu comme variable d’ajustement.
Ce thème de souveraineté s’imbrique enfin avec le débat économique, qui pèse sur le climat social et sur la capacité de l’exécutif à tenir une ligne. Annahar du 24 février 2026 signale l’entrée d’un “projet de loi sur l’écart” dans une phase de débats parlementaires et mentionne des effets inflationnistes attendus de nouvelles taxes, ainsi qu’un rejet probable d’une hausse de taxe sur la valeur ajoutée, ce qui met en relief une contrainte majeure: chaque décision politique est filtrée par la peur d’un choc sur les prix et sur le pouvoir d’achat. Al Akhbar du 24 février 2026 met aussi l’accent, en une, sur la question des salaires et des prix, en suggérant que la population “mange” la correction salariale, formulation qui renvoie à l’érosion rapide des revenus face au coût de la vie. Dans ces conditions, l’enjeu de la souveraineté ne se joue pas seulement dans les dossiers stratégiques. Il se joue aussi dans la capacité de l’État à financer ses institutions, à soutenir son armée, et à tenir un cap économique cohérent, alors que l’aide extérieure est présentée comme conditionnée et que les tensions régionales maintiennent le pays dans une posture d’attente permanente.
Politique locale: bras de fer électoral et arbitrages gouvernementaux
Le report des législatives devient un levier, entre prix politique et bataille de récit
Le débat sur les élections législatives prend la forme d’un rapport de force interne. Les signaux sont multiples. Ils sont parfois contradictoires. Pourtant, un schéma se dégage. Le report n’est plus seulement une hypothèse technique. Il devient une monnaie d’échange. Annahar du 24 février 2026 évoque, dans sa rubrique de coulisses, qu’un “référent parlementaire” affiche une insistance sur la tenue du scrutin. Dans le même temps, ce même référent aurait chargé un juriste extérieur au Parlement de préparer une étude. L’objectif serait de trouver une issue juridique à un report des élections. Cette information installe une ambiguïté. Elle suggère une posture publique de fermeté, avec une préparation discrète d’options de repli. Dans le même mouvement, Annahar du 24 février 2026 rapporte une précision du bureau de Nabih Berri. Elle porte sur ce qui lui a été attribué au sujet de la “quintette”. La formulation centrale, telle qu’elle est relayée, insiste sur une “atmosphère” et non sur une demande directe d’ambassadeurs nommément cités. Ce détail compte. Il montre une bataille de récit. Elle vise à éviter que l’idée d’un report soit perçue comme une injonction extérieure. Al Quds du 24 février 2026 reprend aussi l’épisode. Le journal mentionne explicitement la clarification de Berri. Il insiste sur le fait qu’il n’a pas “mentionné” d’ambassadeur. Le même article relie la discussion électorale à des scénarios politiques. Il évoque l’idée d’un éventuel remaniement au sein du gouvernement de Nawaf Salam dans l’hypothèse d’une prolongation du mandat parlementaire. Cette articulation entre report et recomposition politique alimente la nervosité des partis. Elle change la nature du débat. Le cœur du sujet n’est plus la logistique. Il devient la redistribution des coûts. Qui paie le prix d’un report. Qui en tire un bénéfice. Annahar du 24 février 2026 avance, en citant des sources politiques, une lecture de la pression internationale. Ces sources lient une volonté de “garder la situation libanaise telle qu’elle est” à des engagements attendus du gouvernement. Deux axes sont cités. Le premier porte sur le désarmement. Le second porte sur un accord avec le Fonds monétaire international. Le raisonnement est dur. Sans progrès sur ces points, il n’y aurait pas de soutien financier extérieur. Dans ce cadre, le calendrier électoral devient un écran. Il cache, ou révèle, une négociation plus large. Elle touche aux engagements de l’exécutif. Elle touche aussi à la marge de manœuvre de la présidence.
Joseph Aoun et Nawaf Salam face au risque social, entre taxes, salaires et contestation juridique
La politique locale se joue aussi sur le terrain économique. Elle se joue sur la fiscalité. Elle se joue sur la paix sociale. Ad Diyar du 24 février 2026 adopte un ton critique. Le journal décrit une séquence où le gouvernement a accordé des augmentations attendues aux militaires et aux employés du secteur public. Puis il accuse le même gouvernement d’avoir repris d’une main ce qu’il a donné de l’autre. Il cite des mesures précises. Un droit sur le bidon d’essence est donné à quatre dollars. Une hausse d’un point de taxe sur la valeur ajoutée est aussi mentionnée. Ad Diyar du 24 février 2026 rapporte ensuite une justification attribuée au chef du gouvernement, Nawaf Salam. Selon ce récit, il aurait affirmé que ces augmentations ne toucheraient pas les plus pauvres et les revenus limités. L’argument avancé est que la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée toucherait davantage les plus aisés. Le journal conteste cette logique. Il la présente comme une “théorie” discutable. Dans le même temps, l’actualité institutionnelle montre que ces débats ne restent pas au niveau médiatique. Ils se transforment en contentieux. Al Bina’ du 24 février 2026 rapporte une démarche du barreau de Beyrouth, représenté par le bâtonnier Imad Mourtanos. Le texte évoque une requête d’annulation partielle et une demande de suspension. Elle vise une décision du Conseil des ministres portant sur une hausse d’un droit de consommation interne sur l’essence. Al Bina’ du 24 février 2026 précise que le dossier a été enregistré auprès du Conseil d’État, chambre compétente, avec un numéro et une date. Le sujet devient donc politique et juridique à la fois. Il met en cause la méthode de financement. Il met aussi en cause la robustesse de la décision publique. Dans ce contexte, la présidence cherche à occuper un rôle d’arbitre. Annahar du 24 février 2026 met en avant une formule attribuée à Joseph Aoun. Elle porte sur “l’engagement ferme” en faveur d’un développement équilibré. Le texte associe cette ligne à la phase à venir. Ad Diyar du 24 février 2026 rapporte aussi une activité présidentielle, avec la réception de délégations locales. Le journal mentionne une rencontre avec des représentants municipaux de Zahlé. Il présente le président comme insistant sur le développement et le redressement du pays. Cette insistance peut être lue comme un signal intérieur. Elle vise les régions. Elle vise aussi le Parlement. Elle vise enfin le gouvernement, au moment où les arbitrages fiscaux et sociaux se multiplient. La difficulté, toutefois, est structurelle. Toute décision sur les taxes réactive la colère sociale. Elle pèse sur l’image du cabinet. Elle pèse aussi sur la capacité de l’exécutif à porter un agenda électoral crédible.
Cartes locales et alliances fragiles, de Beyrouth I aux messages venus des périphéries
Le jeu local se lit dans les circonscriptions. Il se lit aussi dans la manière dont les forces se recomposent. Al Akhbar du 24 février 2026 s’arrête sur Beyrouth I. Le journal décrit une scène éclatée. Il évoque les difficultés de l’ancienne députée Paula Yaacoubian à sécuriser un “seuil électoral” sans alliés solides. Il souligne le risque d’une multiplication de listes issues des rangs dits “du changement”. Il met l’accent sur des divisions internes et sur une dispersion des voix. Dans ce récit, la question n’est pas idéologique. Elle est mécanique. Elle tient à la capacité de réunir les voix nécessaires. Al Akhbar du 24 février 2026 rapporte aussi l’idée d’une “option B”. Elle serait liée à la candidature de l’ancien député Michel Pharaon. Le journal présente cette piste comme conditionnée à un accord entre Pharaon et Yaacoubian sur une liste commune. Il évoque aussi des efforts pour y intégrer le député Nadim Gemayel. Ce type de montage montre une réalité locale. Les alliances ne reposent pas seulement sur des programmes. Elles reposent sur des calculs de sièges. Elles reposent sur des compatibilités de listes. Elles reposent aussi sur la gestion des ego. Dans ce cadre, l’incertitude sur la date du scrutin agit comme un poison lent. Chaque camp hésite à sceller des accords. Il attend le signal final. Il attend aussi la clôture officielle des candidatures. Annahar du 24 février 2026 évoque d’ailleurs l’idée que la sortie de crise sur le dossier électoral pourrait se préciser après une séquence régionale, mais “pas avant” la fin du délai de dépôt des candidatures. Cette temporalité crée un double calendrier. Il y a le calendrier légal. Il y a le calendrier politique. L’autre dimension locale se lit dans les tournées et les messages diplomatiques qui touchent directement la scène interne. Annahar du 24 février 2026 rapporte des déplacements de l’ambassadeur saoudien Walid Bukhari dans le Akkar et dans la région de Tripoli. Le journal indique, selon des informations recoupées, qu’il n’a pas abordé les alliances électorales. Ce détail, même s’il relève d’un registre diplomatique, produit un effet intérieur. Il nourrit des interprétations. Il alimente des lectures partisanes. Il peut aussi servir de matériau aux acteurs qui dénoncent une “ingérence” ou, à l’inverse, qui cherchent un signe d’appui. La politique locale se joue alors sur des micro-signaux. Une visite. Un mot. Une omission. Un démenti. À cela s’ajoute un indicateur de long terme, qui pèse sur l’idée même d’alternance. Al Quds du 24 février 2026 cite des données attribuées à la société “Al Dawliyya lil Maaloumat”. Le journal affirme qu’en comptant les élections depuis 1992, sept députés, dont Nabih Berri, ont conservé leur mandat sur une très longue période. Des noms sont mentionnés. Ali Assiran, Michel Moussa, Mohammad Raad, Ayoub Hmid, Akram Chehayeb et Marwan Hamadeh apparaissent dans cette liste. Cette permanence nourrit deux récits opposés. Le premier parle de stabilité. Le second parle de verrouillage. Dans les deux cas, l’enjeu reste local. Il porte sur la capacité des forces émergentes à transformer l’essai. Il porte aussi sur la capacité des forces installées à maintenir leurs réseaux. C’est dans cette tension que s’inscrit la question du report. Elle ne relève pas d’un simple ajustement. Elle touche au cœur de la compétition politique.
Citation et discours des personnalités politiques: lignes rouges, pressions et bataille de légitimité
Naim Kassem et le registre de la confrontation, entre récit de guerre et dénonciation des pressions
Les prises de parole de Naim Kassem dominent l’espace politique. Elles sont reprises comme un marqueur du climat interne. Elles servent aussi de boussole aux alliés et aux adversaires. Al Quds du 24 février 2026 rapporte que le secrétaire général du Hezbollah présente la guerre contre le Liban comme une guerre “américaine par intermédiaire israélien”. Il ajoute que des pressions politiques visent, selon lui, à obtenir le retrait des armes de la résistance. Dans ce récit, la question des armes est présentée comme indissociable d’une lecture globale du conflit, où l’ennemi n’est pas seulement militaire, mais aussi politique et diplomatique. Cette construction vise à légitimer une posture de refus. Elle vise aussi à rappeler que toute discussion sur le monopole des armes n’est pas, à ses yeux, un débat technique, mais une tentative d’affaiblissement stratégique.
Cette rhétorique trouve un relais dans d’autres journaux, qui mettent en avant l’idée de “lignes rouges”. Annahar du 24 février 2026 reprend une séquence de discours où Naim Kassem insiste sur la défense, et renvoie implicitement les appels au désarmement à une contrainte venue de l’extérieur. Le même numéro place cette parole dans un environnement régional chargé, ce qui renforce l’effet d’urgence. Le discours ne vise pas uniquement l’opinion. Il vise aussi les institutions. Il vise le gouvernement de Nawaf Salam, au moment où des partenaires internationaux lient l’aide au renforcement d’un État “fort” et à la question du monopole des armes. Cette concurrence de discours produit une polarisation. D’un côté, une exigence extérieure présentée comme condition de soutien. De l’autre, une narration interne de résistance présentée comme condition de survie.
Dans le même temps, ce type de parole a un effet sur le débat électoral. Il sert de toile de fond aux positions sur le calendrier des législatives. Il nourrit l’idée d’une période de transition dangereuse. Il donne des arguments à ceux qui plaident pour une prudence maximale. Il alimente aussi les soupçons de ceux qui voient dans le report une tentative de gagner du temps politique. Plusieurs titres relient d’ailleurs, directement ou indirectement, le débat sur les élections à des considérations de sécurité et à des lectures des intentions étrangères. La parole de Naim Kassem est alors utilisée comme une pièce dans un puzzle plus large. Elle sert à montrer que la souveraineté n’est pas une formule, mais une confrontation quotidienne.
Nabih Berri, la précision comme outil politique, et l’art de neutraliser l’accusation d’ingérence
La séquence attribuée à Nabih Berri illustre une autre forme de discours. Elle est moins idéologique. Elle est plus tactique. Annahar du 24 février 2026 rapporte qu’une phrase attribuée au président du Parlement a été interprétée comme un relais d’une demande de report des élections associée à la “quintette”. Le journal rapporte ensuite une mise au point du bureau de Berri. Cette clarification dit qu’il n’a pas mentionné d’ambassadeur et qu’il a parlé d’une “atmosphère” favorable au report, sans désigner d’interlocuteur. L’effet politique est immédiat. Il limite la portée de l’accusation d’ingérence. Il réduit aussi le coût symbolique d’une discussion sur un report. En se repositionnant sur le terrain d’une “atmosphère”, Berri garde une marge. Il évite un affrontement frontal avec des partenaires extérieurs. Il évite aussi d’apparaître comme un simple transmetteur.
Al Quds du 24 février 2026 reprend également cette clarification et la présente comme un élément central du moment politique. La précision est un outil. Elle permet de préserver un équilibre. Elle permet aussi de maintenir la discussion ouverte, sans l’enfermer dans une confrontation avec des capitales étrangères. Dans un pays où la légitimité se joue souvent sur la question de l’indépendance, cette nuance est décisive. Dire qu’un ambassadeur a demandé un report n’a pas le même impact que parler d’une “ambiance”. Dans le premier cas, l’acteur politique semble soumis. Dans le second, il semble observateur d’un climat. Cette différence alimente une gestion fine de l’opinion et des alliances.
Cette stratégie de précision renvoie à une constante de la scène libanaise. Les personnalités cherchent à maîtriser la lecture de leurs propos. Elles cherchent à empêcher qu’une phrase devienne une preuve. Elles cherchent aussi à garder le contrôle sur le tempo institutionnel. Dans cette logique, le discours n’est pas seulement un commentaire. Il est un acte. Il modifie les attentes. Il oriente les calculs. Il peut même geler ou accélérer des négociations électorales en cours, car les listes et les alliances ne se stabilisent qu’une fois le calendrier perçu comme solide. Le démenti ou la clarification devient alors un instrument de stabilisation politique. Il sert à éviter une crise ouverte. Il sert aussi à préserver les canaux de dialogue avec toutes les parties.
Joseph Aoun et la parole d’autorité, entre engagement électoral et promesse de développement équilibré
Dans ce paysage, la parole de Joseph Aoun se déploie sur deux registres. Elle se veut institutionnelle. Elle se veut aussi rassurante. Annahar du 24 février 2026 rapporte, par le biais de visiteurs du palais présidentiel, que le président affiche une position favorable à la tenue des élections à la date prévue. Le journal rapporte aussi une déclaration du député Firas Hamdan allant dans le même sens, en indiquant que Joseph Aoun soutient le respect de l’échéance. Cette parole s’inscrit dans une logique de crédibilité de l’État. Elle vise à limiter l’incertitude. Elle vise aussi à envoyer un signal aux partenaires internationaux, au moment où les discussions sur l’aide et sur la gouvernance sont suivies de près.
Annahar du 24 février 2026 attribue aussi au président une formule sur un “engagement ferme” en faveur d’un développement équilibré. Cette expression s’adresse à un autre public. Elle vise les régions. Elle vise les municipalités. Elle vise ceux qui attendent de la présidence un rôle de protection sociale indirecte, à travers une politique d’investissements et de services. Cette parole est importante dans un contexte où le gouvernement débat de taxes et de mesures de financement. Elle montre que l’exécutif n’est pas seul à parler d’économie. Elle montre aussi que la présidence veut apparaître comme un centre de cohérence, capable de relier le calendrier institutionnel à un horizon de vie quotidienne.
Ad Diyar du 24 février 2026 rapporte également une activité présidentielle tournée vers les collectivités locales, en mentionnant une rencontre avec des représentants municipaux de Zahlé. Cette mise en avant participe du même mouvement. Elle offre une image de proximité territoriale. Elle sert aussi à rappeler que l’État doit se reconstruire par ses structures de base. Toutefois, la portée réelle de cette parole reste conditionnée par les contraintes budgétaires, par la situation sociale, et par la capacité du gouvernement à tenir une ligne lisible sur la fiscalité. Dans ce cadre, la parole présidentielle agit comme un cadre. Elle ne remplace pas les décisions. Elle cherche à éviter que les décisions apparaissent comme purement punitives ou improvisées.
Nawaf Salam, justification fiscale et défense de l’équité, au cœur d’une contestation médiatique et juridique
Le discours de Nawaf Salam, tel qu’il est rapporté, se concentre sur la justification des mesures financières. Ad Diyar du 24 février 2026 lui attribue une défense de la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée, en affirmant que cette hausse ne toucherait pas les plus pauvres et les revenus limités, et qu’elle pèserait davantage sur les plus aisés. Le journal traite cette explication de manière critique. Il met en doute l’efficacité réelle d’un tel argument dans une économie où une large part de la consommation quotidienne est soumise aux mêmes taxes, quelle que soit la catégorie sociale. Dans ce contexte, le discours du Premier ministre vise à préserver un principe d’équité. Il vise aussi à protéger l’image du gouvernement, alors que les hausses de droits sur l’essence et d’autres mesures sont perçues comme des charges directes sur les ménages.
La tension ne se limite pas à la critique médiatique. Elle devient un enjeu juridictionnel. Al Bina’ du 24 février 2026 rapporte la démarche du barreau de Beyrouth devant le Conseil d’État, visant une décision du Conseil des ministres relative à une hausse d’un droit sur l’essence, avec une demande de suspension. Dans ce cadre, le discours gouvernemental sur l’équité se confronte à un débat de légalité et de méthode. La parole politique est alors soumise à une autre grille. Elle doit résister à l’examen administratif. Elle doit aussi justifier la proportionnalité des décisions. Cette judiciarisation du débat fiscal pèse sur la communication de l’exécutif. Elle oblige à détailler. Elle oblige à prouver. Elle peut aussi, à terme, modifier le contenu même des mesures, si le risque de suspension devient sérieux.
Diplomatie: conférence de soutien, signaux saoudiens et bataille des conditions
Paris et la conférence du 5 mars, soutien à l’armée et logique de conditionnalité
La séquence diplomatique la plus structurante tourne autour de la conférence annoncée à Paris le 5 mars, centrée sur le soutien à l’armée libanaise. Dans plusieurs journaux, ce rendez-vous est présenté comme une étape qui dépasse l’aide matérielle. Il devient un test politique. Al Bina’ du 24 février 2026 décrit une préparation en amont, avec une réunion au Caire destinée à établir une feuille de route de la conférence, et la participation attendue du commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, ainsi que du directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Raed Abdallah. Le journal insiste sur l’objectif affiché par la France. Il s’agit de renforcer les moyens d’un État capable d’imposer son autorité. Cette logique est résumée par une formulation attribuée au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui relie explicitement l’aide à l’idée d’un État fort détenant le monopole des armes. Cette phrase, reprise comme un repère, place la diplomatie au cœur d’un débat interne. Elle transforme l’assistance en message politique. Elle rappelle aussi que les partenaires internationaux ne dissocient plus facilement le soutien aux institutions et le débat sur la souveraineté sécuritaire.
Cette conditionnalité implicite ou explicite est décrite comme un facteur de pression sur le gouvernement de Nawaf Salam, mais aussi comme une contrainte pour les acteurs institutionnels. Annahar du 24 février 2026 rapporte que des sources politiques relient l’aide financière extérieure à des avancées concrètes, dont la question du désarmement et un accord avec le Fonds monétaire international. Le journal décrit une approche où les capitales partenaires veulent des engagements mesurables, et non des promesses générales. Dans le même mouvement, la question du calendrier électoral est lue comme un indicateur. Une partie de la scène politique craint que la diplomatie ne considère l’échéance législative comme un outil de stabilisation, ou au contraire comme un risque si le contexte régional se dégrade. Cette imbrication explique que la conférence de Paris soit évoquée comme un rendez-vous à double portée. D’un côté, une aide vitale pour une institution au cœur de la sécurité intérieure. De l’autre, un cadre qui peut durcir le débat sur la décision militaire et sur les marges de manœuvre du pouvoir civil.
Le mécanisme militaire et les réactions, entre coordination internationale et rejet du Hezbollah
Un autre axe diplomatique apparaît à travers la reprise ou la réactivation de mécanismes de suivi à caractère militaire, qui se situent à l’intersection entre diplomatie et sécurité. Al Quds du 24 février 2026 évoque le retour de réunions d’un mécanisme de suivi, présenté comme un cadre de coordination, et mentionne en parallèle une contestation de ce mécanisme par le Hezbollah. Dans le même article, le journal rapporte des propos de Naim Kassem qui dénonce des pressions politiques, et qui décrit la guerre comme une guerre américaine menée par intermédiaire israélien. Cette articulation est significative. Elle montre que, pour une partie du camp de la résistance, les dispositifs de coordination ne sont pas neutres. Ils sont perçus comme une extension d’un rapport de force, où l’objectif final serait d’imposer un changement dans l’équation des armes. La diplomatie devient alors un théâtre de confrontation. Elle n’est plus seulement une négociation sur des aides ou des cessez-le-feu. Elle est un débat sur la légitimité même des cadres internationaux proposés.
Dans cette logique, les déclarations françaises sur le monopole des armes prennent une dimension plus sensible. Elles ne sont pas entendues comme une formule de doctrine générale. Elles sont reçues comme une indication de trajectoire, et parfois comme une condition politique qui précède l’argent. Al Bina’ du 24 février 2026 met en avant la continuité entre la conférence de Paris et l’idée d’un État fort. Ce cadrage se heurte aux discours qui opposent souveraineté et conditionnalité. La diplomatie se retrouve prise entre deux impératifs. Le premier est la nécessité de consolider l’armée et les forces de sécurité. Le second est la nécessité de ne pas faire apparaître l’aide comme un instrument de contrainte interne, au risque de provoquer une réaction de blocage. Cette tension peut se traduire par des formules prudentes, par des ambiguïtés calculées, ou par des renvois à des principes généraux. Toutefois, elle demeure structurante. Elle influence la manière dont le gouvernement communique. Elle influence aussi la manière dont les forces politiques évaluent la conférence de Paris, soit comme une opportunité, soit comme un piège diplomatique.
Le rôle saoudien, déplacements de Walid Bukhari et lecture intérieure des signaux
La diplomatie saoudienne apparaît dans les journaux à travers des déplacements et des gestes publics, dont l’interprétation devient immédiatement un enjeu de politique intérieure. Annahar du 24 février 2026 rapporte des visites de l’ambassadeur d’Arabie saoudite, Walid Bukhari, dans le Akkar et dans la région de Tripoli. Le journal indique, selon des informations recoupées, que l’ambassadeur n’a pas abordé les alliances électorales. Cette précision, en apparence anodine, vise à contenir les spéculations. Elle répond à une habitude libanaise. Chaque visite diplomatique est souvent lue comme un soutien implicite à un camp. Elle devient un sujet de rumeurs, puis un facteur de pression sur les listes. En rapportant que les alliances n’ont pas été discutées, Annahar du 24 février 2026 installe un récit de neutralité officielle, tout en reconnaissant que la simple présence de l’ambassadeur dans des régions politiquement sensibles peut produire un effet d’image.
Cette séquence se lit aussi à travers le prisme du calendrier électoral. Quand l’hypothèse d’un report circule, les acteurs recherchent des indices. Ils scrutent les capitales arabes et occidentales. Ils cherchent des signes d’une préférence pour la stabilité, ou d’une impatience face au blocage. Dans cette atmosphère, la diplomatie devient un langage de signaux. Les déplacements, les rencontres et même les non-dits sont commentés. Ils sont mobilisés par les uns pour conforter une thèse. Ils sont mobilisés par les autres pour la contester. Le même mécanisme est visible dans la manière dont la “quintette” est évoquée. Annahar du 24 février 2026 rapporte la clarification du bureau de Nabih Berri, qui insiste sur le fait qu’il n’a pas mentionné d’ambassadeur et qu’il a parlé d’une “atmosphère” favorable au report. La nuance est diplomatique avant d’être politique. Elle évite de transformer des partenaires en accusés. Elle évite aussi de rigidifier la relation avec des capitales dont le Liban attend une aide. En même temps, elle confirme que les perceptions extérieures pèsent sur le débat interne. Même si aucun diplomate n’est cité, le simple fait que l’argument de “l’ambiance” soit jugé utile montre la centralité du regard international.
Londres et l’espace aérien, souveraineté et demandes opérationnelles
Un autre volet diplomatique, plus technique mais chargé politiquement, concerne la souveraineté et l’usage de l’espace aérien. Al Akhbar du 24 février 2026 place en une un titre indiquant que le Royaume-Uni demande l’accès au ciel du Liban. Le journal présente cette demande comme un fait politique, et non comme une simple requête administrative. La formulation met l’accent sur l’idée de souveraineté. Elle laisse entendre un enjeu opérationnel. Dans un pays où l’espace aérien est un sujet sensible, en raison des violations dénoncées et des tensions régionales, une demande d’accès devient immédiatement un sujet de débat sur la capacité de l’État à dire oui ou non. Le fait que cette question apparaisse dans un ensemble dominé par le calendrier électoral et par la conférence de Paris n’est pas neutre. Il suggère que la relation avec les partenaires occidentaux ne se limite pas au soutien financier ou institutionnel. Elle touche aussi à des aspects de sécurité et de surveillance.
Ce type d’information alimente, en arrière-plan, une lecture politique des conditionnalités. Si l’aide militaire est assortie d’attentes sur le monopole des armes, et si des demandes opérationnelles émergent sur l’espace aérien, la diplomatie est perçue comme un faisceau. Elle combine incitation et pression. Elle combine coopération et exigences. Cette perception renforce la prudence de certains acteurs, qui craignent une érosion progressive de la capacité de décision nationale. Elle renforce aussi la volonté d’autres acteurs, qui considèrent que la consolidation de l’armée et de l’État passe nécessairement par des partenariats plus structurés. La diplomatie devient alors un sujet de division interne. Elle n’est pas seulement un outil de sortie de crise. Elle est un terrain de compétition sur la définition même de la souveraineté. Dans ce cadre, la demande britannique, telle qu’elle est mise en avant par Al Akhbar du 24 février 2026, fonctionne comme un révélateur. Elle montre que la souveraineté n’est pas un débat abstrait. Elle se joue sur des décisions concrètes, qui engagent l’image de l’État, sa sécurité, et la perception de sa marge d’autonomie.
La diplomatie comme gestion du risque régional, de la médiation omanaise aux mesures de sécurité
Enfin, la diplomatie est décrite comme une gestion permanente du risque régional, avec des retombées immédiates sur le Liban. Al Liwaa du 24 février 2026 relie l’évolution de la situation libanaise à des contacts américano-iraniens facilités par une médiation omanaise. Le journal présente cette médiation comme un canal suivi de près, et comme un facteur de stabilisation possible, ou au contraire comme un indicateur de bascule si les discussions échouent. Dans une telle perspective, l’action diplomatique à Beyrouth se double d’une diplomatie d’observation. Les acteurs libanais attendent des résultats qui se jouent ailleurs. Ils ajustent leurs positions internes, y compris sur des sujets électoraux, en fonction d’un horizon régional incertain.
Cette incertitude se traduit aussi par des mesures de précaution qui deviennent visibles. Annahar du 24 février 2026 évoque des mesures temporaires à Aoukar et un climat de préparation à un choc. Même si le journal ne détaille pas, dans cette mention, tous les scénarios envisagés, l’information signale un réflexe de protection et une anticipation d’événements rapides. Cette anticipation pèse sur la diplomatie libanaise. Elle renforce l’importance d’afficher des partenariats. Elle renforce aussi le besoin de contenir les discours qui pourraient provoquer une escalade interne. Dans ce contexte, la conférence de Paris, les déplacements saoudiens, les clarifications sur la “quintette”, et les demandes comme celle attribuée au Royaume-Uni s’inscrivent dans une même dynamique. La diplomatie sert à éviter que le Liban ne devienne une variable passive d’une crise régionale. Toutefois, elle expose aussi le pays à une lecture conditionnelle de l’aide, et à une multiplication de demandes opérationnelles ou politiques, ce qui rend la tâche du gouvernement et des institutions plus délicate.
Politique internationale: Washington, Téhéran et l’ombre d’une escalade
L’option militaire en toile de fond, entre mobilisation américaine et calcul israélien
La politique internationale est d’abord lue à travers le prisme d’une confrontation possible entre Washington et Téhéran, avec une crainte persistante d’une frappe et d’une extension régionale. Al Akhbar du 24 février 2026 décrit une séquence où l’attente domine, mais où les préparatifs militaires et les messages politiques s’accumulent. Le journal évoque une mobilisation américaine et une vigilance israélienne, tout en insistant sur le caractère incertain du “moment de décision”. La scène est présentée comme un compte à rebours. Les hypothèses oscillent entre une reprise de négociation et une bascule vers une confrontation directe. Dans ce récit, la diplomatie n’est pas séparée des moyens de coercition. Elle est couplée à une démonstration de force destinée à modifier le calcul adverse.
Cette approche est reprise dans d’autres titres, mais avec des nuances. Al Joumhouriyat du 24 février 2026 aborde l’enjeu comme un dilemme américain, en s’interrogeant sur le coût d’une guerre régionale pour une administration qui doit aussi gérer des équilibres internes et des priorités stratégiques globales. Le journal insiste sur les risques d’un engrenage. Il souligne que la supériorité militaire ne garantit pas un contrôle des conséquences, surtout si la confrontation ouvre des fronts multiples ou déclenche des réactions indirectes. Cette lecture place la question iranienne dans un cadre plus large. Elle rappelle que les conflits contemporains ne sont plus linéaires. Ils se déploient dans l’espace, dans le temps, et par relais.
La même incertitude se retrouve dans les formulations, qui alternent entre l’idée d’un “dernier tour” de pression et l’idée d’un possible arrangement. Al Akhbar du 24 février 2026 qualifie la séquence de moment charnière, où chaque acteur teste la détermination de l’autre. Le journal évoque aussi la dimension psychologique de la crise, faite d’annonces, de fuites, de rumeurs et de messages indirects, qui rendent difficile l’identification d’une ligne stable. Dans cette atmosphère, la politique internationale devient un champ de signaux. Les décisions se lisent autant dans les gestes militaires que dans les mots. Elles se lisent aussi dans les canaux de médiation, qui peuvent servir de soupape ou de simple écran.
La médiation et les canaux indirects, de Mascate aux messages calibrés
Al Liwaa du 24 février 2026 place un accent particulier sur les canaux indirects. Le journal relie l’évolution de la crise à une médiation omanaise, présentée comme une voie de contact entre Washington et Téhéran. Cette mise en avant renvoie à un élément constant des crises du Golfe et du Proche-Orient. Lorsque les canaux publics se durcissent, des canaux parallèles prennent de l’importance. Ils permettent de tester des compromis. Ils permettent aussi de limiter les erreurs de calcul. Dans le récit d’Al Liwaa du 24 février 2026, la médiation devient un indicateur suivi au jour le jour, car elle peut annoncer une désescalade, ou révéler un blocage définitif.
Ce rôle des médiateurs s’inscrit dans une stratégie plus générale. Les grandes puissances cherchent à éviter de perdre la face. Elles cherchent aussi à éviter un recul sans contrepartie. Ainsi, les messages sont calibrés. Ils combinent menace et ouverture. Ils cherchent à conserver une porte de sortie tout en renforçant la pression. Dans ce cadre, les opérations de communication deviennent un outil central. Elles permettent de parler à l’opinion interne. Elles permettent aussi d’envoyer des signaux à l’adversaire et aux alliés. Le résultat est une politique internationale où l’ambiguïté devient une méthode. Cette ambiguïté accroît toutefois le risque de malentendu, surtout si des acteurs secondaires interprètent les signaux à leur manière, ou tentent d’exploiter l’incertitude pour avancer leurs propres objectifs.
L’administration américaine et l’équation de la pression, entre sécurité et crédibilité
La politique américaine, telle qu’elle transparaît dans les journaux, est décrite comme une politique de pression visant à modifier le comportement iranien sans basculer dans une guerre ouverte. Al Akhbar du 24 février 2026 insiste sur l’idée d’un durcissement progressif. Le journal décrit un environnement où la démonstration de force sert à renforcer la crédibilité. Il présente la dissuasion comme un outil politique. Le but n’est pas seulement de se préparer à frapper. Il est de rendre la menace assez crédible pour obtenir une concession. Cette logique, cependant, comporte une limite. Si la menace devient trop forte, elle enferme l’acteur dans une obligation d’agir. Si elle est trop faible, elle perd sa force. Le dilemme est donc permanent.
Dans ce contexte, la crédibilité est aussi une question de cohérence. Une administration doit être perçue comme capable d’aller au bout de sa stratégie. Elle doit aussi être perçue comme capable de contrôler l’après. Al Joumhouriyat du 24 février 2026 met en avant cette difficulté. Le journal évoque l’idée que la guerre peut produire des coûts qui dépassent la scène immédiate, en affectant les marchés, en élargissant le théâtre d’opération, et en générant des crises politiques dans des pays alliés. Même en cas de succès militaire, l’instabilité qui suit peut se transformer en charge durable. Cette idée renforce l’importance des canaux de médiation. Elle donne aussi du poids à l’argument selon lequel la pression maximale doit être calibrée, sous peine de déclencher un engrenage hors de contrôle.
Israël, calcul de sécurité et anticipation d’une fenêtre d’action
Les journaux évoquent aussi la place d’Israël dans cette équation, en le décrivant comme un acteur vigilant et potentiellement moteur d’une escalade, selon les scénarios. Al Akhbar du 24 février 2026 mentionne une posture israélienne attentive à l’évolution des contacts et des rapports de force. Le journal laisse entendre que l’hypothèse d’une frappe n’est pas seulement américaine. Elle peut aussi être liée à des priorités sécuritaires israéliennes, et à une lecture d’une fenêtre d’opportunité. Dans ce cadre, la politique internationale est décrite comme un jeu à plusieurs niveaux. Israël cherche à éviter un renforcement stratégique de l’Iran. Washington cherche à contenir sans perdre la maîtrise. Téhéran cherche à préserver ses capacités et sa marge de manœuvre.
Cette interaction rend la scène plus instable. Chaque acteur interprète les signaux des autres. Chaque acteur tente d’influencer les perceptions. Dans ce type de crise, la coordination entre alliés est cruciale. Elle permet de réduire le risque de décisions unilatérales. Elle permet aussi de répartir les responsabilités. Toutefois, la coordination peut aussi produire un effet inverse. Si elle apparaît comme une coalition, elle peut pousser l’adversaire à durcir sa position. Dans cette logique, les phrases publiques sont choisies avec prudence, mais les fuites et les déclarations de responsables peuvent aussi trahir des divergences. Les journaux décrivent alors une scène où la politique internationale se joue autant dans les déclarations que dans les préparatifs réels, et où la frontière entre dissuasion et provocation devient floue.
Les retombées sur les États arabes et la recomposition des priorités régionales
Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 élargit le cadre en mettant en avant d’autres dynamiques dans le monde arabe et dans la région, ce qui renforce l’idée d’un espace géopolitique en recomposition. Le journal traite de tensions et de dossiers qui ne se réduisent pas à l’axe Washington–Téhéran. Cette approche rappelle qu’une confrontation majeure, si elle éclate, ne se superpose pas à une région stable. Elle intervient dans un espace déjà fracturé, traversé par des crises politiques et économiques, et par des rivalités de souveraineté. La politique internationale doit alors être comprise comme une superposition de crises. Chaque nouvelle tension se greffe sur des fragilités existantes.
Cette superposition a un effet sur les priorités des États. Certains cherchent à éviter l’escalade pour protéger leur économie et leur stabilité interne. D’autres peuvent estimer qu’une confrontation affaiblirait un rival et ouvrirait un espace de négociation. Cette diversité de calculs explique l’importance des médiations, mais aussi la difficulté de produire une position arabe unifiée. Dans cette perspective, la politique internationale autour de l’Iran n’est pas seulement un duel. Elle est une scène où les États ajustent leur stratégie, parfois de manière silencieuse, parfois par des gestes diplomatiques visibles. Les journaux suggèrent ainsi un environnement où l’incertitude n’est pas un accident. Elle est la norme. Elle impose aux pays de la région, dont le Liban, une posture d’adaptation permanente.
Le Liban en périphérie immédiate, sans être un simple spectateur
Même si la section concerne la politique internationale, les journaux montrent que le Liban n’est pas un observateur distant. Il est dans la zone de retombée. Annahar du 24 février 2026 évoque des mesures temporaires à Aoukar et un climat de préparation, ce qui reflète une anticipation d’événements rapides. Cette mention illustre une réalité. Une crise majeure entre Washington et Téhéran n’est pas seulement un dossier de chancellerie. Elle peut produire des impacts sécuritaires immédiats, y compris dans les dispositifs de protection des représentations diplomatiques. Dans ce contexte, la politique internationale devient un facteur interne. Elle influence le débat électoral. Elle influence l’aide internationale. Elle influence aussi les discours politiques locaux sur la souveraineté et sur les armes.
Économie: hausses de taxes, crise des salaires et conditions du Fonds monétaire international
Fiscalité de crise et financement des hausses de salaires, le choc de l’essence et de la taxe sur la valeur ajoutée
Le débat économique se cristallise autour d’un choix simple en apparence et explosif en pratique: financer des augmentations de salaires par des recettes nouvelles, au moment où le coût de la vie reste élevé et où la confiance dans l’État demeure fragile. Ad Diyar du 24 février 2026 présente la séquence comme un mouvement en deux temps. Le journal évoque d’abord des augmentations accordées aux militaires et aux employés du secteur public. Il décrit ensuite un retour en arrière par la voie fiscale. Ad Diyar du 24 février 2026 cite un droit fixé à quatre dollars sur la “safiha” d’essence et une hausse d’un point de taxe sur la valeur ajoutée. Le même article rapporte une justification attribuée au Premier ministre Nawaf Salam, selon laquelle ces mesures ne toucheraient pas les plus pauvres et pèseraient davantage sur les plus aisés. Ad Diyar du 24 février 2026 conteste ce raisonnement et le présente comme une lecture discutable dans une économie où la consommation de base est largement taxée de la même manière pour tous.
Ce choix fiscal a aussi une dimension politique immédiate. Al Liwaa du 24 février 2026 décrit une montée de tension autour de la discussion budgétaire et des décisions prises après les hausses de salaires et d’indemnités dans le secteur public et pour les militaires. Le journal mentionne une hausse d’un point de taxe sur la valeur ajoutée et un droit de 300.000 livres sur la “safiha” d’essence, en soulignant que cette confrontation a débordé sur le terrain social. Al Liwaa du 24 février 2026 évoque des protestations d’anciens militaires et d’employés du secteur public, ainsi qu’un incident impliquant la police du Parlement, empêchant des manifestants d’entrer dans les salles lors d’une séance de discussion du budget. Dans ce récit, la fiscalité n’est pas seulement un instrument comptable. Elle devient un déclencheur de rue. Elle devient aussi un révélateur de fractures au sein de l’exécutif, car le journal associe la scène à un “conflit latent” dans le gouvernement.
Contestation juridique et débat sur la légalité de l’impôt, quand le budget devient un champ de bataille
La controverse dépasse le débat politique et prend une forme juridique. Al Bina’ du 24 février 2026 rapporte une argumentation détaillée dans une démarche d’annulation visant des décisions fiscales, en s’appuyant sur une série de principes de droit public. Le journal cite des motifs comme le dépassement de pouvoir, la sortie du cadre de délégation prévu par la loi de budget 2026, et la violation de principes comme l’égalité devant les charges publiques et la légalité de l’impôt. Al Bina’ du 24 février 2026 mentionne aussi des critiques portant sur la structure budgétaire, avec des références à l’unité et à la globalité du budget, ainsi qu’à la notion de sécurité juridique. Cette lecture donne une clé importante: l’impôt n’est pas contesté uniquement parce qu’il est impopulaire. Il est contesté parce qu’il est perçu, par ses opposants, comme mal encadré et fragile sur le plan procédural. Cette fragilité est décisive dans un pays où les décisions économiques sont souvent attaquées sur leur méthode, autant que sur leur contenu.
Cette judiciarisation pèse sur la capacité de l’État à imposer une trajectoire budgétaire stable. Elle pèse aussi sur la crédibilité de l’exécutif dans ses négociations extérieures. Ad Diyar du 24 février 2026 relie d’ailleurs la discussion fiscale au dossier du Fonds monétaire international, en évoquant des “conditions” et des réformes susceptibles d’être ralenties ou gelées avec l’entrée du pays dans une phase électorale longue. Le journal cite des “milieux ministériels” suivant les négociations, et affirme que le sujet des salaires et des rémunérations du secteur public revient de manière constante dans les échanges avec le Fonds. La formule centrale rapportée par Ad Diyar du 24 février 2026 est une règle de base: tout “dépense supplémentaire” doit être couverte par des “recettes supplémentaires”, sans que les sources des recettes soient toujours détaillées dans le débat public. Cette logique explique la tentation fiscale, mais elle explique aussi la contestation. Lorsque les recettes nouvelles viennent de taxes sur la consommation ou sur l’énergie, les catégories modestes ont le sentiment de financer l’ajustement. Lorsque ces taxes sont en plus attaquées sur leur légalité, la confiance recule encore. Le dossier devient alors circulaire. L’État taxe pour financer. La rue refuse car la vie est chère. La justice est saisie car la procédure est contestée. Enfin, les partenaires extérieurs demandent plus de garanties, ce qui accroît la pression sur l’exécutif.
Salaires, prix et “dollarisation” du coût de la vie, l’érosion silencieuse des revenus
Au cœur de la crise, une donnée revient comme un repère: la hausse du niveau des prix en dollars, qui annule de fait une partie des augmentations nominales de salaires. Al Akhbar du 24 février 2026 décrit une dynamique en plusieurs phases. Le journal explique que les prix en dollars ont baissé dans les premières années de crise, avant de remonter progressivement. Il mentionne un point bas en juin 2021, présenté comme un niveau proche de 29% des prix en dollars du début de 2019. Puis Al Akhbar du 24 février 2026 indique qu’à partir de cette période les prix ont recommencé à augmenter. Le journal cite ensuite un jalon: en juillet 2024, le niveau des prix en dollars redeviendrait comparable à celui du début de 2019. Enfin, Al Akhbar du 24 février 2026 affirme qu’au moment de la publication, les prix en dollars atteignent environ 120% du niveau du début de 2019, soit une hausse d’environ 20% par rapport à 2019. Cette trajectoire a une conséquence directe dans le récit d’Al Akhbar du 24 février 2026: elle “annule” les augmentations de salaires, car l’amélioration nominale ne résiste pas à l’augmentation des prix. Le journal lie cette évolution à une dégradation de la vie quotidienne des travailleurs et des employés, en décrivant une pression continue sur le pouvoir d’achat.
Ce diagnostic éclaire la conflictualité autour des taxes. Il explique pourquoi le débat sur l’essence et la taxe sur la valeur ajoutée est aussi nerveux. Quand les prix sont élevés en dollars et que les revenus restent fragiles, chaque taxe sur la consommation est perçue comme une coupe immédiate. La crise n’est pas seulement monétaire. Elle devient une crise de structure salariale. Ad Diyar du 24 février 2026 insiste précisément sur ce point, en décrivant un État qui cherche à financer des augmentations évaluées à environ 800 millions de dollars, et qui choisit une série de taxes et de droits pour réunir ces sommes. Même si les journaux n’emploient pas tous les mêmes mots, l’idée est la même: l’État tente de maintenir une forme de fonctionnement minimal, mais il le fait en se reposant sur des recettes qui touchent la vie quotidienne. Dans le même temps, Al Liwaa du 24 février 2026 montre que le coût politique de ce choix est immédiat, avec des manifestations et une tension autour de la discussion budgétaire. Cette tension devient un risque macroéconomique en soi, car elle peut provoquer des retards, des gel de décisions et des compromis de court terme, au lieu de réformes cohérentes. Enfin, Annahar du 24 février 2026 ajoute une dimension de conditionnalité extérieure. Le journal rapporte des sources politiques selon lesquelles l’absence d’accord avec le Fonds monétaire international priverait le Liban de soutien financier extérieur, ce qui place la question fiscale et salariale dans une logique de contrainte: il faut financer sans déstabiliser, réformer sans exploser socialement, et convaincre sans perdre la légitimité.
Justice: fiscalité contestée, contentieux administratifs et crise carcérale
Le Conseil d’État saisi, quand l’impôt devient un litige de principe
Le front judiciaire s’ouvre sur les décisions fiscales liées au financement de mesures publiques, avec un basculement du débat vers la légalité et la méthode. Al Bina’ du 24 février 2026 rapporte une contestation structurée contre la hausse d’un droit de consommation interne sur l’essence, avec une demande d’annulation partielle et une demande de suspension déposées devant le Conseil d’État. Le journal situe cette démarche dans un registre de droit public, en mettant l’accent sur des notions comme le dépassement de pouvoir, le respect des limites fixées par la loi de budget 2026, et la légalité de l’impôt. Al Bina’ du 24 février 2026 insiste sur l’idée que la contestation ne vise pas seulement l’opportunité de la taxe, mais sa base juridique et sa conformité à des principes présentés comme fondamentaux, dont l’égalité devant les charges publiques et la sécurité juridique. Dans le même dossier, le quotidien évoque aussi des arguments liés à la structure budgétaire, en rappelant des règles de cohérence du budget et des limites à l’usage de décisions gouvernementales lorsqu’il s’agit de créer ou d’augmenter des prélèvements. Cette présentation donne une mesure de l’enjeu. Une taxe sur un produit de base peut devenir un cas d’école. Elle permet de tester la capacité de l’État à lever des recettes sans fragiliser son dispositif légal, surtout dans un contexte où la confiance envers les décisions publiques est déjà affaiblie.
La judiciarisation intervient au moment où la pression sociale monte et où les arbitrages budgétaires provoquent des réactions directes. Al Liwaa du 24 février 2026 relate une séance de discussion du budget marquée par des protestations, en évoquant des tensions autour des hausses de salaires et d’indemnités, puis autour des taxes proposées pour financer ces mesures. Le journal décrit des mouvements d’anciens militaires et d’employés du secteur public, ainsi qu’un incident avec la police du Parlement, ce qui montre que la fiscalité n’est pas un sujet technique isolé. Elle touche la stabilité du débat institutionnel. Lorsque la rue s’invite dans l’enceinte politique, la voie judiciaire devient un autre moyen de contestation, plus structuré et plus durable. Dans ce cadre, la procédure devant le Conseil d’État prend une dimension politique. Elle peut retarder des mesures. Elle peut aussi obliger l’exécutif à justifier ses choix avec plus de précision, car la décision ne se joue plus seulement dans l’équilibre des forces au Parlement, mais dans l’examen des textes et des compétences.
Cette trajectoire souligne un point plus large. La justice administrative devient un espace où se rejoue le rapport entre l’État et les citoyens. Elle sert de filtre à la production normative. Elle sert aussi de terrain d’arbitrage sur la frontière entre décision gouvernementale et compétence législative. Al Bina’ du 24 février 2026, en détaillant les griefs juridiques, met en relief une inquiétude récurrente: la crainte que les dispositifs exceptionnels de crise deviennent des habitudes, et que l’argument d’urgence permette de contourner des garde-fous. Dans un pays soumis à de fortes contraintes de recettes, l’exécutif est tenté d’aller vite. Pourtant, plus il va vite, plus le risque de contentieux augmente. La justice se retrouve alors au centre d’une équation délicate. Elle doit trancher entre la nécessité de financer l’action publique et l’obligation de respecter les règles qui protègent l’égalité et la prévisibilité de l’impôt.
Annonces légales et contentieux du quotidien, quand les tribunaux gèrent l’ordinaire de la crise
Au-delà des grands dossiers, les journaux donnent un aperçu de la justice au quotidien, à travers des annonces et des notifications qui reflètent la densité des litiges civils, commerciaux et personnels. Ad Diyar du 24 février 2026 publie des avis de procédures et de registres. Le quotidien mentionne un avis de notification relatif à un appel dans une affaire devant le tribunal religieux jaafarite de Zahlé, avec un rendez-vous d’audience fixé au 24 mars 2026. La même page évoque aussi des avis de registre foncier dans la région de Baalbek-Hermel, et un avis du registre du commerce à Beyrouth sur une dissolution et une radiation, avec des délais d’opposition. Ces éléments, même lorsqu’ils relèvent d’un format administratif, éclairent l’arrière-plan de la crise. Les contentieux familiaux, fonciers et commerciaux continuent. Ils s’empilent. Ils reposent sur une administration judiciaire qui doit fonctionner malgré la pression économique et la fragmentation institutionnelle.
Nahar du 24 février 2026 publie également des documents judiciaires, avec des détails sur une vente aux enchères ordonnée dans le cadre de procédures d’exécution, en précisant des conditions de paiement, des délais et des obligations liées au dossier. Le journal publie aussi une notification civile issue d’une chambre du tribunal de commerce de Beyrouth, dans un litige portant sur une marque et sur une société défenderesse, avec un numéro de dossier. Ce type d’élément montre une réalité: la justice commerciale reste un lieu central pour les entreprises, y compris dans un contexte où la crise monétaire et la transformation des modes de paiement compliquent les transactions. Les détails sur les chèques, les garanties et les comptes en devises, tels qu’ils apparaissent dans les avis, suggèrent une adaptation des procédures à une économie marquée par la rareté de la liquidité et par la multiplication des conditions de paiement dites “fraîches”. Même si ces avis ne donnent pas le fond des litiges, ils révèlent la forme prise par la contrainte économique dans les mécanismes judiciaires.
Ces annonces disent aussi quelque chose de la temporalité de la justice. Les dates d’audience, les délais de recours et les procédures d’opposition structurent une vie juridique qui continue, même lorsque la politique monopolise l’attention. Dans les périodes de crise, cet ordinaire est souvent sous-estimé. Pourtant, il pèse sur la stabilité sociale. Un litige foncier, une exécution, une notification commerciale ou une procédure familiale peuvent avoir un impact immédiat sur des ménages et des entreprises. Les journaux, en publiant ces avis, montrent un État qui demeure présent par ses formalités. Toutefois, ils reflètent aussi un risque: lorsque la crise dure, la capacité des justiciables à suivre les procédures, à payer les frais, ou à garantir leurs droits devient plus fragile. La justice n’est alors pas seulement un arbitre. Elle devient un terrain où se révèle l’inégalité d’accès aux mécanismes de protection et de recours.
Crise carcérale et santé en détention, l’angle des droits et de la responsabilité publique
Un autre volet de la section justice concerne les prisons, où les questions de santé, de gestion et de responsabilité se croisent. Al Akhbar du 24 février 2026 consacre un sujet au “déclin” ou à la détérioration sanitaire dans les prisons, en posant une alternative de gestion, entre amélioration par une administration publique renforcée ou par des options de privatisation de la gestion. Le journal met en avant la dimension sanitaire et rappelle, par son cadrage, que la prison n’est pas seulement un sujet sécuritaire. Elle touche aux droits, aux conditions de détention et à la capacité de l’État à garantir des standards minimaux. Ce type de dossier renvoie à une responsabilité institutionnelle partagée, car la prison dépend d’un dispositif de sécurité, mais elle touche aussi au système de santé, à l’administration, et aux budgets alloués. Al Akhbar du 24 février 2026, en évoquant l’enjeu de gestion, signale un débat de fond: faut-il traiter la prison comme un service public à renforcer, ou comme une structure à confier à des opérateurs, sous prétexte d’efficacité.
Ce débat s’inscrit dans une réalité plus large de crise des institutions. Lorsque les ressources manquent, les services les plus invisibles deviennent les plus exposés. La santé en prison en fait partie. Le problème n’est pas seulement médical. Il devient aussi judiciaire, car une détention qui se dégrade peut ouvrir la porte à des litiges, à des accusations de négligence, et à des demandes de libération pour raisons de santé. Même si les journaux ne détaillent pas toutes ces procédures, l’existence même d’un dossier sur le sujet indique une pression croissante. Elle touche les familles. Elle touche les avocats. Elle touche aussi les organisations de défense des droits. Dans ce cadre, la question n’est pas seulement celle des prisonniers. Elle est celle de la responsabilité de l’État. Une prison qui n’assure pas des soins de base devient un symptôme de la crise de gouvernance. Elle devient aussi une source potentielle de contentieux, car les standards minimaux de dignité et de santé peuvent être invoqués devant les juridictions compétentes.
L’angle carcéral renvoie enfin à une question de choix publics. Une réforme des prisons implique des décisions budgétaires. Or, la période est marquée par des conflits sur la fiscalité et par des contestations de taxes. Cela crée un paradoxe. Plus l’État a besoin de recettes pour financer des services, plus les moyens de lever ces recettes sont contestés et attaqués. La justice se retrouve au centre de cette contradiction. Elle arbitre la légalité des prélèvements. Elle subit aussi, en tant qu’institution, les conséquences d’un sous-financement généralisé. Le dossier des prisons, tel que mis en avant par Al Akhbar du 24 février 2026, illustre ce cercle. La crise sanitaire en détention est un enjeu de droits. Elle est aussi un enjeu de gouvernance et de finances publiques. Elle relie, de manière directe, la question du budget à celle de la dignité humaine.
Société: vie chère, contestation sociale et services publics sous tension
Vie quotidienne et coût de la vie, quand les hausses nominales ne compensent plus les prix
La question sociale est dominée par un déséquilibre simple. Les revenus montent par à-coups. Les prix, eux, continuent de peser. Al Akhbar du 24 février 2026 décrit une évolution des prix en dollars qui éclaire le ressenti des ménages. Le quotidien rappelle que les prix en dollars ont d’abord baissé dans les premières années de crise. Puis ils ont remonté. Al Akhbar du 24 février 2026 situe un point bas en juin 2021. Il évoque ensuite un retour vers un niveau comparable à celui du début de 2019 en juillet 2024. Le journal affirme enfin qu’au moment de la publication, les prix en dollars dépassent ce niveau, autour de 120% par rapport au début de 2019. Ce cadre donne un sens aux plaintes sur les salaires. Une hausse nominale peut être mangée en quelques semaines. Elle peut même devenir invisible. Cette dynamique favorise une forme d’usure sociale. Elle se traduit par des arbitrages plus durs dans les foyers. Elle touche l’alimentation, le transport et les soins. Elle touche aussi les choix d’éducation. Dans ce contexte, le discours politique sur l’amélioration du pouvoir d’achat a moins d’effet. Il se heurte à des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Le même article d’Al Akhbar du 24 février 2026 lie cette trajectoire à une conclusion brutale: une partie des augmentations de salaires perd sa valeur réelle, car la hausse des prix suit un rythme plus rapide. Cette lecture renforce l’idée d’un pays où la stabilité apparente du taux de change ne suffit pas. Les prix peuvent continuer d’augmenter en dollars. Les ménages ne trouvent pas de repère durable. Cela nourrit une anxiété quotidienne. Cela nourrit aussi un sentiment d’injustice, car la hausse des revenus reste inégale selon les secteurs.
Cette pression du coût de la vie se combine avec des décisions publiques qui touchent directement la consommation de base. Ad Diyar du 24 février 2026 cite une hausse liée à l’essence et une hausse d’un point de taxe sur la valeur ajoutée. Le journal rapporte aussi une justification attribuée au Premier ministre Nawaf Salam, selon laquelle l’impact ne viserait pas les plus pauvres et toucherait davantage les plus aisés. Le même texte conteste cette lecture. Il insiste sur l’idée que la taxe sur la valeur ajoutée frappe la consommation. Elle s’applique donc à des dépenses courantes. Dans la réalité des ménages, ce type de taxe ne se répartit pas comme une taxe progressive sur le revenu. Elle est ressentie comme immédiate. Elle touche les produits, les services et les déplacements. Elle alimente alors un sentiment de recul social, même si l’objectif affiché est de financer des augmentations ou de stabiliser des services publics. Dans le même esprit, Al Liwaa du 24 février 2026 évoque des tensions autour du budget et des taxes destinées à financer des hausses de salaires et d’indemnités dans le secteur public et pour les militaires. Ce lien est central pour comprendre la société. Les ménages demandent un État qui paie mieux ses employés et qui protège. Pourtant, ils refusent de financer cet État par des taxes sur des produits essentiels. Les deux exigences entrent en collision. Cette collision explique une partie du climat de contestation. Elle explique aussi l’ampleur des réactions à chaque mesure fiscale, même limitée.
Mobilisations, colère et fatigue, la contestation sociale au contact des institutions
La contestation sociale apparaît comme un fait structurel, pas comme un épisode isolé. Al Liwaa du 24 février 2026 décrit une séance de discussion budgétaire marquée par des protestations. Le journal évoque la présence d’anciens militaires et d’employés du secteur public. Il parle d’un incident avec la police du Parlement, qui aurait empêché des manifestants d’entrer dans les salles. Cette scène dit beaucoup sur la tension sociale. Elle montre une colère qui cherche des lieux visibles. Elle montre aussi une frontière qui se durcit entre les institutions et la rue. Quand des manifestants tentent de pénétrer un espace de décision, ils veulent être vus. Ils veulent peser. À l’inverse, quand les forces de sécurité ferment l’accès, elles veulent protéger le fonctionnement institutionnel. Cette confrontation nourrit une méfiance réciproque. Elle transforme un débat économique en conflit de dignité. Le budget devient une affaire d’existence. Il ne s’agit plus d’équilibre comptable. Il s’agit de nourriture, de carburant et de santé. Dans ce cadre, les acteurs sociaux utilisent des formes de pression directes. Ils peuvent bloquer, crier, occuper. Les autorités répondent par des mesures de contrôle. Le risque, alors, est une spirale. Chaque durcissement entraîne une réponse plus vive. Chaque réponse plus vive justifie un nouveau durcissement. Le texte d’Al Liwaa du 24 février 2026 suggère aussi des tensions internes au gouvernement autour de ces choix. Cette dimension renforce l’instabilité sociale. Quand les ménages perçoivent un exécutif divisé, ils anticipent des décisions contradictoires. Ils cherchent donc à imposer leurs propres lignes rouges dans la rue.
La contestation ne passe pas seulement par la rue. Elle passe aussi par le droit. Ce basculement a un effet social. Il donne un langage aux frustrations. Al Bina’ du 24 février 2026 rapporte une démarche d’annulation partielle et une demande de suspension visant une hausse d’un droit sur l’essence, déposées devant le Conseil d’État. Le journal insiste sur des arguments de principe, comme l’égalité devant les charges publiques et la légalité de l’impôt. Cette judiciarisation n’est pas abstraite. Elle touche les citoyens de manière concrète. Elle peut modifier la manière dont les gens parlent de taxes. Ils ne disent plus seulement que c’est cher. Ils disent que c’est illégal ou mal encadré. Cela change l’équilibre social. Une taxe impopulaire peut être tolérée si elle est perçue comme légitime. Une taxe perçue comme fragile juridiquement devient explosive. Elle donne l’impression d’un État improvisé. Cette impression renforce la peur du lendemain. Elle renforce aussi l’idée que seuls les plus forts s’en sortent, car ils savent contourner. Dans le même temps, cette voie judiciaire donne un espoir. Elle permet de croire qu’il existe des contre-pouvoirs. Elle réintroduit un cadre. Cela peut apaiser une partie de la colère, mais seulement si les institutions judiciaires avancent vite. Si les procédures s’étirent, la frustration peut au contraire grandir. La société se retrouve alors dans un entre-deux. Elle attend une décision. Elle doute de la capacité de l’État à trancher. Elle continue de payer en attendant. Al Bina’ du 24 février 2026, en détaillant des griefs liés au dépassement de pouvoir et aux règles budgétaires, montre que la contestation sociale peut se structurer autour de concepts juridiques. C’est un signe d’évolution. La société ne manifeste plus seulement. Elle attaque aussi les mécanismes de décision.
Services publics, santé et détention, la dignité comme indicateur de la crise
Les tensions sociales ne se lisent pas seulement dans les prix. Elles se lisent aussi dans l’état des services publics. Elles se lisent dans ce que l’État garantit, ou n’arrive plus à garantir. Al Akhbar du 24 février 2026 consacre un sujet à la dégradation sanitaire dans les prisons. Le journal pose un dilemme de gestion. Il évoque l’idée d’une amélioration par une administration publique renforcée. Il évoque aussi l’idée d’une privatisation de la gestion. Même si le quotidien traite le sujet dans une logique de politique publique, l’impact social est direct. Une prison en crise est un danger sanitaire. Elle peut devenir un foyer de maladies. Elle peut aussi devenir un lieu de violations de droits. Dans une société déjà sous pression, ce type de dossier agit comme un révélateur. Il montre jusqu’où va l’affaiblissement des institutions. Il touche aussi les familles des détenus. Il touche les avocats. Il touche les personnels de sécurité. Il touche le système de santé, car les transferts et les soins coûtent cher. Al Akhbar du 24 février 2026, en mettant en avant la question sanitaire, déplace le regard. Il rappelle que la sécurité ne se résume pas à l’ordre public. Elle inclut la dignité. Elle inclut l’accès aux soins. Dans un pays en crise, ces sujets sont souvent repoussés. Ils reviennent pourtant de manière brutale, car la négligence devient visible.
Cette fragilité des services se retrouve aussi dans les mécanismes administratifs qui structurent la vie des citoyens. Ad Diyar du 24 février 2026 publie des avis de procédures, notamment dans des affaires liées à des tribunaux religieux, à des registres fonciers et à des délais d’opposition dans des démarches commerciales. Nahar du 24 février 2026 publie aussi des notifications liées à des procédures d’exécution et à des dossiers commerciaux. Ces éléments, même sous forme d’avis, donnent une image de la société en crise. Les litiges continuent. Les ventes aux enchères existent. Les contentieux sur des marques ou des sociétés existent. Cela signifie que des personnes et des entreprises basculent vers des procédures contraignantes. Cela signifie aussi que la pression économique se transforme en pressions juridiques. Une famille peut perdre un bien. Une entreprise peut être dissoute. Un commerçant peut se retrouver devant un tribunal. Cette réalité est sociale. Elle produit de l’angoisse. Elle produit aussi un sentiment de déclassement. Dans un contexte où beaucoup de transactions passent par des conditions de paiement strictes, la procédure judiciaire devient un instrument central de régulation. Les journaux ne donnent pas le fond des dossiers dans ces avis. Pourtant, ils montrent une tendance. La crise multiplie les frictions. Elle multiplie les cas limites. Elle multiplie les situations où les gens doivent recourir au droit pour survivre. Cette pression finit par peser sur les liens sociaux. Elle encourage la méfiance. Elle encourage le repli. Elle pousse aussi certains à chercher des solutions hors des institutions, ce qui affaiblit encore l’État.
Sécurité du quotidien et anxiété collective, précautions et climat d’attente
L’anxiété sociale se nourrit aussi d’un environnement de sécurité perçu comme instable. Annahar du 24 février 2026 évoque des mesures temporaires à Aoukar et un climat de préparation. La mention est brève, mais son effet social est fort. Lorsqu’un quartier lié aux représentations diplomatiques connaît des mesures exceptionnelles, le message se diffuse vite. Il alimente les conversations. Il nourrit les inquiétudes. Il renforce l’impression que des événements régionaux peuvent se traduire en chocs locaux. Dans une société déjà éprouvée par la vie chère, ce type de signal produit un double stress. D’abord, un stress sécuritaire. Ensuite, un stress économique, car la crainte d’une crise pousse souvent à stocker, à retirer, à anticiper. Même sans détails, la mention d’Annahar du 24 février 2026 s’inscrit dans une atmosphère où la politique internationale pèse sur le quotidien. Ce lien est social. Il se voit dans les comportements. Il se voit dans les dépenses. Il se voit dans la circulation. Il se voit aussi dans les attentes vis-à-vis de l’État, car les citoyens demandent à la fois protection et stabilité.
Cette anxiété se combine avec des messages politiques qui parlent de développement, d’équilibre territorial et de reconstruction. Annahar du 24 février 2026 attribue à Joseph Aoun une formule sur un engagement en faveur d’un développement équilibré. Ad Diyar du 24 février 2026 évoque aussi une activité présidentielle tournée vers des collectivités locales, avec des échanges liés à des régions comme Zahlé. Ces messages ont une portée sociale. Ils visent à rassurer. Ils visent à dire que l’État voit les régions et pas seulement la capitale. Pourtant, leur réception dépend des actes. Dans un contexte de taxes impopulaires et de contestations, la société juge vite. Elle compare la parole aux services. Elle compare la promesse au prix de l’essence. Elle compare le discours à la file d’attente. Elle compare enfin la stabilité annoncée à la peur de l’escalade régionale. Cette tension explique une caractéristique de la société libanaise telle qu’elle apparaît dans ces éditions. La société est à la fois mobilisée et fatiguée. Elle proteste, mais elle doute. Elle suit la politique, mais elle est absorbée par le quotidien. Elle attend des élections, mais elle craint l’instabilité. Dans ce mélange, le lien social devient fragile. Il tient souvent par des réseaux familiaux et communautaires. Il tient aussi par la capacité des institutions à éviter le pire. Les signaux de sécurité, comme ceux mentionnés par Annahar du 24 février 2026, agissent alors comme un baromètre. Ils renforcent une logique d’attente. Ils peuvent aussi pousser à des décisions individuelles, comme le départ, le retrait ou le repli. Ce sont des choix sociaux majeurs. Ils ne sont pas toujours visibles dans les chiffres du jour. Ils structurent pourtant l’avenir du pays.
Culture: scènes libanaises, mémoire collective et agenda des rendez-vous
Festivals et musique, un récit de transmission au cœur de la saison
La scène culturelle libanaise s’affiche d’abord par la musique et par la logique de festival, avec une mise en avant d’artistes dont le parcours s’inscrit dans une histoire nationale et dans une continuité familiale. Al Akhbar du 24 février 2026 met l’accent sur une programmation qui se démarque des habitudes du répertoire classique occidental, en soulignant que l’ouverture et la clôture se font avec des artistes locaux et au-delà des formats attendus. Le quotidien décrit une soirée d’ouverture portée par Marcel Khalife, avec une dimension familiale revendiquée, puisque sont cités Rami, présenté comme son fils et pianiste, ainsi que Sari, présenté comme son neveu et violoncelliste. Al Akhbar du 24 février 2026 associe ce moment à la présence de Charbel Rouhana, déjà passé par ce même cadre il y a plusieurs décennies, et à son fils Nadim, accordéoniste, avec une mise en scène de la rencontre entre générations. L’ensemble construit un message simple. La musique sert d’archive vivante. Elle sert aussi de passerelle entre les filiations artistiques et les publics, dans un pays où les trajectoires sont souvent brisées par les crises et les départs.
Cette mise en récit de la transmission culturelle se prolonge dans la description de la clôture, qui donne à voir une autre facette de la scène libanaise, entre chanson, poésie et répertoire arabe contemporain. Al Akhbar du 24 février 2026 rapporte que le concert de clôture est assuré par Jahida Wehbe, avec une soirée intitulée « Ahl al-Qasid », et précise que la chanteuse y interprète des œuvres inspirées de poèmes de Gebran Khalil Gebran, Mahmoud Darwich et Talal Haidar. Le journal cite aussi l’accompagnement d’un orchestre sous la direction d’André Hajj. Cette configuration insiste sur un point. La musique n’est pas ici un simple divertissement. Elle est une mise en voix d’un patrimoine littéraire et politique, où les poètes cités renvoient à des horizons de justice, d’exil, de mémoire et d’identité. Dans le contexte libanais, ce choix de textes et de formes revient souvent comme une manière de stabiliser un sens commun, alors que le débat public est saturé de conflit et d’urgence.
La logique de festival telle qu’elle apparaît dans Al Akhbar du 24 février 2026 offre aussi un indicateur de la façon dont la culture cherche à se maintenir malgré l’instabilité économique. Une programmation de ce type suppose des moyens, des partenaires et un public capable de se déplacer. Elle suppose aussi une capacité à organiser des répétitions, des déplacements d’artistes, et des dispositifs techniques. Même lorsque le journal ne détaille pas l’ensemble des contraintes, la simple annonce de ces soirées montre une volonté de normalité culturelle, au moins par instants. Cette normalité est fragile. Pourtant, elle joue un rôle social. Elle crée des rendez-vous. Elle redonne un rythme. Elle permet aussi une économie de métiers, des techniciens aux salles, des musiciens aux équipes de production. Dans un pays où la crise a comprimé les budgets et les habitudes, l’existence de ces événements devient un fait culturel et un fait économique.
Théâtre et adaptations, quand les classiques servent à dire la dureté du présent
Le théâtre apparaît dans ces sources comme un espace où les œuvres classiques sont reprises pour parler de la souffrance et de la fidélité, thèmes qui résonnent avec une société éprouvée. Ad Diyar du 24 février 2026 publie un texte sur une adaptation inspirée des « Misérables » de Victor Hugo, portée par Leila Ghossn, présentée comme actrice et metteuse en scène, aux côtés de l’acteur Julian Chayya. Le journal décrit une trame centrée sur la loyauté d’une femme envers celui qui a structuré son monde, avec une séparation longue, puis un retour où l’autre a changé, devenu dur et peu porté sur le pardon, avant une possible réouverture des sentiments. Cette lecture, telle qu’elle est rapportée, insiste sur l’endurance et sur la manière dont les crises, les années et la mort testent les liens. Même en restant au niveau du récit, la sélection de cette matière dit quelque chose de la scène libanaise. Les adaptations servent souvent de miroir. Elles permettent de parler des violences sociales, de la dureté économique et des fractures intimes sans les nommer directement.
Ad Diyar du 24 février 2026, en rappelant l’origine hugolienne de l’inspiration, suggère aussi une stratégie culturelle répandue. Les classiques européens, lorsqu’ils sont repris localement, peuvent se transformer en langage commun. Ils offrent des archétypes de misère, d’injustice et de dignité, qui peuvent être reçus par des publics très différents. Dans une société fragmentée, cette capacité à partager une histoire connue ou reconnue devient précieuse. Elle permet d’éviter les lignes de fracture immédiates. Elle offre un espace où les émotions circulent sans exiger un alignement politique. Cette fonction du théâtre est d’autant plus importante lorsque la parole publique est captée par les urgences. Le spectacle, tel que décrit, devient un lieu de respiration, mais aussi un lieu de confrontation douce avec des sentiments difficiles, comme la rancœur, la fidélité et l’espoir déçu.
Le même choix de thème, la misère et la dignité, rejoint un arrière-plan libanais où beaucoup de parcours individuels ont été bouleversés par la crise économique. Sans inventer des faits absents des articles, il reste possible de relever que les œuvres qui mettent en scène la pauvreté, le sacrifice et la persévérance trouvent souvent un écho dans le Liban contemporain, car elles touchent un vécu social marqué par l’insécurité matérielle et par l’attente. L’intérêt de ce type d’adaptation réside alors dans sa capacité à relier le très intime au très collectif, sans transformer la scène en tribune. Le théâtre devient une manière de dire la durée, là où l’actualité politique impose le court terme.
Patrimoine et architecture, Beyrouth comme palimpseste culturel
La culture se lit aussi dans l’espace urbain, dans la manière dont un bâtiment raconte des siècles et des couches de mémoire. Al Liwaa du 24 février 2026 propose un texte sur la Grande Mosquée Omar, en insistant sur l’idée d’accumulation des civilisations à Beyrouth. Le journal présente l’édifice comme un récit architectural où des éléments de périodes différentes coexistent, avec une image de superposition plutôt que de rupture. Le texte évoque la présence d’un héritage associé aux Croisés, mais insiste sur la continuité des usages et sur l’idée que les civilisations ne se heurtent pas forcément, qu’elles dialoguent à travers le temps. Cette manière d’écrire le patrimoine vise à produire un sens civique. Elle rappelle que Beyrouth n’est pas seulement une ville de crises et de divisions. Elle est aussi un espace façonné par des passages, des reconversions et des continuités.
Ce type d’article sur l’architecture n’est pas un simple texte de description. Il a un rôle culturel direct. Il réintroduit une temporalité longue dans une société soumise à l’urgence. Il donne aussi au lecteur un autre accès à la ville, par le regard, par l’histoire des pierres, par la notion de trace. Dans le contexte libanais, cette approche peut servir de ressource symbolique, parce qu’elle affirme une capacité de survie et d’adaptation. Lorsque Al Liwaa du 24 février 2026 parle de « philosophie de la survie » à propos de l’architecture, il construit un parallèle implicite avec une ville qui a été détruite, reconstruite, puis de nouveau fragilisée par des crises successives. La culture patrimoniale devient alors une forme de résistance douce, fondée sur la continuité, et non sur la confrontation.
La présence de ces récits patrimoniaux a aussi une dimension de transmission. Elle touche la manière dont les jeunes générations comprennent leur ville. Elle touche aussi le tourisme intérieur, car la visite d’un lieu patrimonial peut redevenir un geste de réappropriation. Dans une période où le départ et l’exil dominent souvent les récits individuels, le rappel de l’épaisseur historique d’un lieu agit comme un ancrage. Il ne résout pas la crise. Il offre un autre type de stabilité, symbolique, qui peut soutenir l’idée d’un avenir possible.
Figures culturelles et deuil, quand la mémoire devient un fait politique
Les pages culturelles reflètent aussi des disparitions, des hommages et la manière dont certaines figures se situent à la jonction de l’art, de l’engagement et de la représentation publique. Al Quds du 24 février 2026 relaie un texte attribué à « Mediapart » où le journaliste français Edwy Plenel rend hommage à Leila Shahid, présentée comme une voix de la justice de la cause palestinienne et comme un visage de son universalité. Le journal associe cet hommage à une photographie où elle apparaît aux côtés de Yasser Arafat, ce qui inscrit la figure dans une histoire politique autant que diplomatique. La dimension culturelle est ici dans l’écriture du deuil et dans la mise en récit d’une trajectoire. Elle montre comment une personnalité peut devenir un symbole, au-delà de ses fonctions, parce qu’elle incarne une cause et un langage, et parce que son image a circulé dans l’espace public.
Cette présence du deuil dans les pages culturelles n’est pas marginale. Elle rappelle que la culture n’est pas seulement une production d’œuvres. Elle est aussi une mémoire des figures. Elle est une manière de transmettre des repères et des héritages. Dans un espace régional traversé par des conflits, les hommages deviennent souvent des prises de position. Ils définissent des appartenances. Ils dessinent des continuités. Ils fixent aussi des archives émotionnelles. La culture est alors un outil de permanence, qui permet de traverser les changements brutaux en s’attachant à des voix et à des récits.
Annahar du 24 février 2026 mentionne également un moment de deuil, avec une référence à un adieu à Salma Mershak Salim, annoncé en une. Cette mention signale une autre réalité. Les journaux libanais utilisent souvent ces espaces pour marquer des départs qui touchent le monde intellectuel, artistique ou social, même lorsqu’ils ne sont pas détaillés sur la première page. La culture y apparaît comme un tissu de relations. Elle se manifeste par la cérémonie, par l’hommage, par la mémoire partagée, autant que par la scène et l’exposition.
Agenda culturel: concerts, projections et rendez-vous de fin février
L’agenda culturel qui ressort des sources disponibles se concentre sur des rendez-vous datés, centrés sur Beyrouth et sur la période de fin février. Al Akhbar du 24 février 2026 fournit d’abord un repère clair autour des soirées liées au festival évoqué, avec des concerts annoncés comme ayant lieu « ce soir et demain » pour la séquence d’ouverture décrite, puis une soirée de clôture datée du 22 mars, intitulée « Ahl al-Qasid ». Ces éléments donnent un horizon de programmation, entre l’immédiat et le moyen terme, et confirment que des salles et des équipes maintiennent une saison malgré l’instabilité.
Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 ajoute un rendez-vous de projections, en indiquant que la bibliothèque « Ta Marbouta » à Beyrouth accueille une « semaine du film égyptien » à partir de ce jour, et jusqu’au soir du 27 février. L’information est importante, parce qu’elle renvoie à une forme d’événement accessible, de format court, et ancré dans un lieu culturel identifié. La présence d’un cycle de films égyptiens rappelle aussi le rôle de Beyrouth comme plateforme culturelle ouverte sur le monde arabe, même lorsque la crise économique réduit les capacités d’importation et les budgets des institutions.
Al Liwaa du 24 février 2026 évoque, dans une page associée à l’atmosphère du Ramadan, un dispositif visuel et urbain, avec une référence à un « fanous Ramadan » au centre de Beyrouth, ainsi que des mentions d’espaces publics et de lieux connus. Même si ce contenu relève d’une ambiance plus que d’un programme détaillé, il signale un calendrier social et culturel qui structure la ville, avec des signes, des décorations et des pratiques collectives. Dans les périodes de crise, ces marqueurs comptent. Ils recréent une forme de normalité. Ils donnent un cadre aux sorties et aux rassemblements. Ils soutiennent aussi l’activité de commerces et d’artisans qui vivent de ces saisons.
Annahar du 24 février 2026 met enfin en avant un contenu lié aux BAFTA 2026, en annonçant un sujet sur les apparitions de stars et sur des tendances de mode à Londres. Ce type de page, même lorsqu’il n’est pas centré sur le Liban, fait partie de la consommation culturelle locale. Il nourrit des conversations, influence des métiers, et alimente un imaginaire de glamour dans une période marquée par la dureté économique. Sa présence rappelle que l’agenda culturel libanais n’est pas fermé. Il reste connecté à des grands rendez-vous internationaux, par l’image et par les réseaux sociaux, même lorsque le pays se replie sur ses urgences.
Technologie: réseaux sociaux sans repères et percées médicales sans chirurgie
Internet devenu hybride, quand l’algorithme brouille l’auteur et recycle le sens
Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 décrit une bascule discrète mais profonde: l’incertitude sur l’identité de celui qui écrit en ligne. Le quotidien explique que, pour une partie des internautes, il devient difficile de savoir si un texte est produit par une personne ou par une suite d’opérations automatisées. Cette perte de repères ne relève pas, dans l’article, d’un simple débat technique. Elle est présentée comme un changement de nature du réseau, qui n’est plus seulement un lieu d’échanges humains. Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 parle d’une transformation “structurelle”, où le numérique devient une “sorte de système hybride”. Cette hybridation tient à la circulation de signes et de contenus qui s’agrègent, se reproduisent et se recomposent, parfois sans intention humaine claire. L’article insiste sur une idée: le réseau ne se contente plus de refléter la conversation. Il réorganise le sens à l’intérieur de boucles de recommandation et de répétition, qui peuvent devenir quasi fermées. Le résultat, tel qu’il est décrit, est un espace où la compréhension du monde dépend moins d’un fil d’actualité choisi que d’un chemin construit par des mécanismes de tri, d’amplification et de sélection. Cette description replace la technologie au centre d’une question sociale. Elle ne porte pas seulement sur la performance ou l’innovation. Elle porte sur la confiance. Elle porte sur la capacité à distinguer information, imitation et montage. Elle porte aussi sur l’autorité, car l’ancienne hiérarchie des sources perd de sa force quand l’utilisateur reçoit des contenus qui se ressemblent, se répondent, et se copient. Dans ce cadre, la technologie agit comme une architecture invisible qui modifie la perception de la réalité.
Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 ajoute un point clé sur la manière dont les individus utilisent le numérique, ce qui éclaire la place du politique dans cette hybridation. Le quotidien évoque un usage du numérique d’abord lié à l’intégration sociale et à la gestion de la vie quotidienne, plutôt qu’à l’expression politique directe. Dans cette lecture, le réseau sert à se maintenir en lien, à consommer du contenu et à organiser la journée. L’expression politique, elle, est décrite comme secondaire ou limitée. Ce diagnostic a une conséquence. Si l’usage est surtout social et pratique, alors l’utilisateur accepte plus facilement les mécanismes de personnalisation qui simplifient. Il cherche du confort. Il cherche de la fluidité. Il tolère donc des règles de tri invisibles. Pourtant, ces règles finissent par structurer les horizons de pensée. Le paradoxe est net. La technologie se présente comme une aide au quotidien. Elle finit par orienter ce que l’on voit, donc ce que l’on juge important. Dans un environnement déjà saturé de rumeurs et de récits concurrents, l’idée d’un “internet hybride” décrite par Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 devient un risque politique et culturel. Le risque n’est pas seulement la désinformation. Il est aussi la fatigue. Quand le sens est recyclé dans des boucles, l’attention s’épuise. Quand l’auteur est incertain, la confiance s’effondre. Quand les contenus sont servis sans pause, la nuance disparaît. L’article propose ainsi une lecture de la technologie comme un filtre qui ne dit pas son nom. Il n’interdit pas. Il guide. Il ne censure pas toujours. Il hiérarchise. Et c’est cette hiérarchie qui finit par devenir un pouvoir.
TikTok comme “réalité sans filtres”, et la fabrique de l’attention dans les plateformes
Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 consacre un traitement spécifique à la plateforme TikTok, en la présentant comme un espace où la réalité serait montrée “sans filtres”. Le choix de cette formule signale une tension. D’un côté, la promesse d’une spontanéité et d’une authenticité. De l’autre, l’existence de mécanismes de montage, de sélection et de diffusion qui structurent ce qui devient visible. Dans le même ensemble, Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 met en avant l’idée que le numérique offre un espace alternatif d’expression, mais entouré de multiples formes de contrôle. Le quotidien évoque une pression qui pousse à l’autocontrôle, ce qui renvoie à un fonctionnement social bien connu. Sur les plateformes, les individus ne se contentent pas de publier. Ils anticipent la réaction. Ils testent les limites. Ils ajustent le ton. Ils apprennent, parfois de façon brutale, ce qui est valorisé ou sanctionné. La technologie n’est alors pas seulement un outil de diffusion. Elle devient une école de comportements. Elle enseigne la vitesse. Elle récompense l’émotion rapide. Elle pénalise la complexité. Cette logique est cohérente avec l’idée d’un réseau qui recycle le sens dans des boucles de recommandation. Le contenu n’existe plus isolément. Il existe dans une compétition. Il doit capter. Il doit retenir. Il doit relancer. Dans cette configuration, une vidéo devient une unité d’attention. Elle est évaluée par le temps de visionnage, par la répétition, par les réactions. Même quand l’utilisateur croit voir du “réel”, il voit du réel cadré par des règles de visibilité. Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 place ainsi TikTok dans une discussion plus large sur le contrôle du numérique, qui peut être direct ou indirect, politique ou social, mais qui reste présent.
Cette lecture des plateformes éclaire une autre dimension: la confusion entre information, divertissement et récit. Quand TikTok devient un canal dominant, il modifie l’ordre des priorités. Il favorise les formats courts. Il pousse à la répétition. Il peut aussi transformer un sujet sérieux en suite d’images, sans contexte. Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 décrit un espace où l’utilisateur consomme d’abord du contenu pour la vie quotidienne, et où l’expression politique reste limitée. Pourtant, même si la politique n’est pas l’intention première, elle entre par la bande. Elle entre via les tendances. Elle entre via les réactions. Elle entre via les codes de langage. Ce glissement est important. Il signifie que la technologie peut politiser sans discours politique explicite, simplement en hiérarchisant des thèmes, en rendant certains récits omniprésents et d’autres invisibles. Le contrôle, dans ce cas, n’est pas toujours une interdiction. Il est une économie de visibilité. Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 relie aussi ces usages à des formes de contrôle multiples, ce qui inclut l’idée que l’utilisateur se discipline lui-même pour rester dans ce qui est acceptable, ou dans ce qui “marche”. Cette discipline renforce la standardisation. Elle réduit la diversité. Elle peut aussi renforcer la polarisation, car les contenus qui performent sont souvent ceux qui divisent ou qui choquent. La plateforme devient alors un lieu où la réalité est présentée comme directe, mais où elle est en fait organisée par la logique de l’attention. Dans ce cadre, la question technologique n’est plus marginale. Elle devient une question d’hygiène mentale, d’éducation aux médias et de capacité à garder des repères communs.
Intelligence artificielle “compagnon”, anxiété et effets psychologiques de la délégation numérique
Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 aborde un angle plus intime: l’intelligence artificielle comme “compagnon” de l’humain, avec une attention portée aux épisodes d’angoisse et de panique. Le choix de cet angle est révélateur d’une évolution rapide. La technologie ne se limite plus à exécuter des tâches. Elle entre dans la relation. Elle propose du soutien. Elle imite une écoute. Elle répond à des émotions. Dans le traitement de Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026, cette présence peut être présentée comme un “accompagnement”. Pourtant, l’article attire l’attention sur un revers, en évoquant des “crises de panique”. Le sujet ne consiste pas à condamner l’outil. Il consiste à montrer une zone grise. Quand une personne délègue une partie de son apaisement à un système automatisé, elle peut aussi accroître sa dépendance au flux, ou sa peur du silence. Elle peut également se retrouver face à des réponses qui paraissent cohérentes, mais qui ne sont pas une relation humaine. Cette tension crée un terrain psychologique fragile. Elle peut nourrir une attente irréaliste. Elle peut aussi accentuer l’isolement, si la conversation avec un système remplace une conversation avec un proche. Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026 place ainsi l’intelligence artificielle dans un débat sur les usages, pas seulement sur la puissance. Le cœur de la question devient la santé mentale, la solitude et l’illusion de présence. La technologie cesse d’être extérieure. Elle devient un environnement affectif. Et dès qu’elle touche l’affect, ses effets deviennent difficiles à mesurer, parce qu’ils se construisent dans la répétition, dans l’habitude, et dans la fragilité de certains publics.
Cette question des effets psychologiques rejoint la description, par Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026, d’un espace numérique qui recycle le sens dans des boucles. Une personne anxieuse peut être particulièrement sensible à ces boucles. Elle peut chercher de l’assurance. Elle peut chercher une réponse immédiate. Elle peut aussi être attirée par des contenus qui confirment ses peurs, parce qu’ils donnent une impression de cohérence. Dans ce cadre, l’intelligence artificielle “compagnon” et la plateforme de contenus se rencontrent. Les deux proposent une réponse rapide. Les deux promettent une personnalisation. Les deux réduisent la friction. Pourtant, la friction peut être utile. Elle oblige à vérifier. Elle oblige à douter. Elle oblige à attendre. Quand la technologie retire cette friction, elle peut aussi retirer une partie des mécanismes de protection. L’article de Al 3arabi Al Jadiid du 24 février 2026, en mettant l’accent sur l’angoisse, rappelle que l’innovation ne se juge pas seulement sur l’efficacité. Elle se juge aussi sur la manière dont elle modifie l’équilibre intérieur des individus. Cette lecture oblige à regarder la technologie comme un produit culturel. Elle produit des habitudes. Elle crée des réflexes. Elle enseigne une manière de chercher du sens. Si ce sens est toujours disponible, toujours lisse, toujours immédiat, l’utilisateur peut perdre la capacité à gérer l’incertitude. Or, l’incertitude fait partie de la vie. La promesse d’un compagnon numérique peut alors devenir un piège, non parce qu’elle est fausse, mais parce qu’elle est trop séduisante. Dans un environnement où l’auteur d’un texte devient incertain et où la recommandation guide l’attention, l’arrivée d’une intelligence artificielle “relationnelle” ajoute une couche. Elle ne filtre plus seulement l’information. Elle filtre le rapport à soi.
Innovation médicale sans chirurgie, technologie clinique et nouvelle promesse de soin
Annahar du 24 février 2026 place un fait médical en évidence: la pose d’une valve pulmonaire auto-expansible, sans chirurgie. Le titre suggère un progrès technique concret, avec une promesse immédiate pour les patients. La formulation insiste sur l’absence de chirurgie, ce qui renvoie à une évolution majeure de la médecine moderne. Les gestes deviennent moins invasifs. Les interventions se déplacent vers des techniques guidées, souvent par imagerie, et par des dispositifs capables de se déployer dans le corps. Annahar du 24 février 2026, en mettant ce sujet en avant, inscrit la technologie dans une logique de santé publique. Une telle technique, quand elle est disponible, peut réduire les risques opératoires, raccourcir l’hospitalisation et accélérer le retour à la vie quotidienne. Elle peut aussi ouvrir des options pour des patients jugés trop fragiles pour une chirurgie lourde. Dans une région où les systèmes de santé sont sous pression, l’intérêt de ces innovations est double. Elles améliorent le soin. Elles peuvent aussi réduire certains coûts indirects, en diminuant la durée de séjour et les complications. Toutefois, elles exigent des équipements, des équipes formées et une chaîne d’approvisionnement fiable pour les dispositifs. Même si Annahar du 24 février 2026 ne détaille pas tous ces paramètres dans l’annonce, le sujet rappelle une réalité: l’innovation médicale ne se résume pas au geste. Elle dépend de l’infrastructure, de la formation et de la capacité à maintenir des standards.
Ce fait médical dialogue, par contraste, avec les autres thèmes technologiques du jour. Les plateformes numériques et l’intelligence artificielle touchent l’attention, l’émotion et l’information. La technologie médicale, elle, touche le corps, avec des résultats mesurables. Pourtant, les deux partagent un point commun: elles déplacent la frontière entre l’humain et l’outil. Dans un cas, l’outil répond à la parole. Dans l’autre, l’outil remplace une partie du geste chirurgical. Dans les deux cas, la confiance est centrale. Un patient doit faire confiance à un dispositif. Un utilisateur doit faire confiance à une réponse automatisée. Annahar du 24 février 2026 met ainsi en lumière une technologie qui, dans le meilleur des cas, sauve des vies ou améliore des parcours de soin. Cette mise en avant rappelle que la technologie n’est pas seulement une source d’inquiétude. Elle peut aussi être une source de réparation, à condition d’être encadrée. Dans un pays comme le Liban, la question implicite devient celle de l’accès. Les innovations existent. La science progresse. Mais l’accès dépend de l’économie, des assurances, des hôpitaux et de la capacité à attirer ou retenir des compétences. La technologie médicale, même quand elle est présentée comme une percée, renvoie donc à des choix publics et à des inégalités possibles. Elle peut créer un écart entre ceux qui peuvent bénéficier d’un soin de pointe et ceux qui restent bloqués dans des parcours plus lourds. Annahar du 24 février 2026, en mettant cette innovation sur la table, place la technologie au cœur d’un débat silencieux: comment maintenir un niveau de médecine avancée dans un environnement économique fragile, et comment éviter que l’innovation ne devienne un luxe.

